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Le poids de ma souffrance

De

Après un passé douloureux, Marie, l’auteure, sombre dans une très grosse

dépression. Elle est devenue boulimique. La nourriture devient sa meilleure

amie. Mais à aucun moment, elle se voit grossir. Lors d’une visite annuelle

chez son médecin traitant, la balance, son ennemie, lui annonce 45 kg en

trop, comme une sentence, un énorme choc.

Anéantie par le bilan, elle décide d’entamer un régime sans résultat. Elle est

obsédée par les aliments, ses repas ne sont pas équilibrés. Le sport n’est

pas dans son programme. Elle culpabilise tout le temps. Son travail n’arrive

pas à lui faire oublier ce cercle infernal. Un psychologue s’impose.

Puis un jour, un médecin lui propose de placer un « anneau gastrique »

sur son estomac pour l’aider à maigrir. Une technique révolutionnaire à

cette époque, la perte de poids est sérieusement envisageable. Mais les

complications à répétition s’installent très rapidement, elle doit subir une

ablation de son anneau en urgence. Elle doit faire face à cet échec. Elle

retombe dans la catégorie des « Obèses morbides » elle souffre d’apnée du

sommeil et de diabète.

Puis, la rencontre avec un chirurgien de l’obésité change complètement

sa vie. L’opération de la dernière chance s’appelle Sleeve. Le principe est

simple, une grosse partie de l’estomac est enlevée pour l’empêcher de

manger des grosses quantités.

Enfin ! Elle est parvenue à perdre ces maudits kilos. Son existence change

radicalement : elle est devenue une nouvelle personne. Elle apprécie

maintenant son corps et son image depuis qu’elle a relevé le défi ! Suivez

son parcours.


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© Les éditions TROPICAL Éditions – 2015

Tous droits de traduction, et d’adaptation, en totalité ou en partie, réservés pour tous pays. La reproduction d’un extrait quelconque de cet ouvrage, par quelque procédé que ce soit, tant électronique, que mécanique, en particulier par photocopie ou par microfilm, est interdite sans l’autorisation écrite des Éditions TROPICAL éditions.

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AVERTISSEMENT

Ceci est une histoire vraie.

Pour des raisons évidentes, quelques noms ont été changés
afin de préserver l’anonymat des personnes.

Remerciements

Je veux remercier particulièrement mon compagnon, Jack et mes filles Kelly et Sarah pour leur amour, leur aide et leur soutien au quotidien.

Merci aussi, à Fanfan et Nanou qui m'ont encouragée à ce combat.

Merci à tous les professionnels de la santé qui m'ont aidée dans ma perte de poids.

Je tiens à remercier chaleureusement INTERMED pour l'aide financière accordée à cette ouvrage.

AVANT-PROPOS

Je m’appelle Marie. J’ai 50 ans avec un passé douloureux et une maladie pesante : l’obésité.

Je suis obsédée par la nourriture du matin au soir, je mange de façon déséquilibrée. J’ai des pulsions incontrôlables vis-à-vis des aliments salés et surtout les sucreries. Je me considère comme toxicomane sans drogue. Des sentiments de honte, de culpabilité et de dégoût profond sont ancrés en moi. Je pèse une tonne d’écœurement et des kilos de découragement.

Depuis ma dépression, il y a 7 ans, j’ai pris 50 kg alors que je mesure 1 m 63. Je ne reconnais absolument pas mon corps. Vision obscure… Tristesse infinie ! Ma faim est à la mesure de ma souffrance et de ma douleur. Lorsque mon psychisme est au plus mal, mon corps hurle en silence sa souffrance insupportable.

Je suis une « obèse morbide ». Cette maladie entraîne des difficultés dans ma vie de tous les jours. Elle peut également menacer ma santé et provoquer des dégâts comme le diabète, l’hypertension artérielle, les apnées du sommeil, ou raccourcir tout simplement ma durée de vie !

Sans parler des régimes interminables et décevants, diètes inefficaces, privations sans fin ni résultats. Je suis franchement fatiguée par ces échecs à répétition.

Gênée par le regard des autres, handicapée à mon travail, dans mes gestes du quotidien, je ne supporte plus ma situation et encore moins mon physique.

Alors, après des années de souffrances, j’ai enfin décidé d’en finir avec mon surpoids.

Prête à tout pour maigrir, je me décide à passer par la chirurgie de l’obésité. Je veux perdre du poids… Bannir ces rondeurs détestées afin de retrouver mon image et goûter enfin au bonheur que j’ai toujours désiré. Débarrasser ce stock de graisse indésirable de mon anatomie et aider mes organes à mieux fonctionner.

Je veux améliorer ma qualité de vie, retrouver l’estime de soi, les possibilités d’activités physiques, les relations sociales, mon appétit sexuel et surtout augmenter mon espérance de vie.

Je m’engage à un long suivi psychologique afin de comprendre pourquoi je me suis enlisée dans une telle situation.

Je décide de subir l’opération de la « Sleeve gastrectomie ». Cette technique restrictive consiste à retirer environ les deux tiers de l’estomac. C’est une opération lourde, à ne pas prendre à la légère, et j’en suis plus que consciente.

L’opération ne fait pas tout ! Ce n’est pas un coup de baguette magique qui efface mes rondeurs, même si c’est un réel coup de pouce… Il faut adopter une bonne hygiène de vie, changer mon régime alimentaire parce que la sleeve ne m’empêchera pas de reprendre du poids.

La minceur me donnera plus de dynamisme, m’apportera un esprit clair et je gagnerai, sans aucun doute, un bien-être.

Écrire ce livre est ma façon de partager ce cheminement. Une aventure, oui, mais surtout une opération de la dernière chance… C’est mon histoire EN GROS !

JE SUIS OBÈSE

L’obèse

Je suis une femme d’une cinquantaine d’années, plutôt ordinaire : ni trop belle, ni trop laide, toujours démotivée et sans aucune volonté. Ma vie sociale est monotone, répétitive. Je passe les jours à faire « boulot-maison » la semaine, le week-end est consacré aux tâches ménagères. Je vis sans vraiment vivre ! Malgré tout, je dois assurer mon foyer et surtout élever mes filles depuis ma séparation. Être une maman à plein-temps, savoir être juste, donner de l’amour, c’est un combat du matin au soir. Les préoccupations occupent mon esprit en permanence, je me suis beaucoup isolée et je ne sais pas vers qui me tourner pour être soutenue. J’ai été orpheline très jeune : en perdant mes parents, une partie de mon identité a disparu avec eux. Désormais, qui sera là pour m’apporter des conseils ? Je mérite pourtant une attention particulière. Il y a également les difficultés financières mais aussi les coups durs ; c’est très serré. Je jongle comme je peux mais je fais en sorte que mes filles ne manquent de rien. Pas de doute, au quotidien, c’est usant…

Ma vie de mère célibataire est une galère en continu. C’est la sensation de porter ma famille à bout de bras. C’est moi qui fais tout. Je me couche le soir en pensant déjà aux difficultés du lendemain. Mon sommeil est très léger, mon cerveau est en veille. Je ne me repose jamais totalement. Mais ce sont aussi mes filles qui me font tenir. Et, heureusement, il n’y a pas que des difficultés. Il y a aussi le plaisir… le plaisir de manger !

Je trouve du réconfort dans la nourriture. Je suis tellement triste dans ma vie que pour me consoler, j’achète à manger. Je suis une accro de la nourriture, manger est pour moi un réel plaisir. J’ai développé une addiction à la malbouffe. J’ai même prévu un budget de 10 000 FCFP par mois pour mes gâteries. J’investis dans d’énormes sandwichs, du chocolat, des boissons gazeuses, des gâteaux. Et pendant ces années mises à rude épreuve, j’ai pris 50 kilos. Cela se voit et, je sens que mes vêtements sont trop serrés. J’ai de la difficulté à me déplacer.

Puis un jour, lors d’une visite médicale, mon médecin de famille me demande de me peser. J’évite souvent la balance. Monter sur cette machine à chiffre n’est pas mon activité préférée.

Je monte alors sur la balance, et en redescends…

Le praticien s’exclame :

– Waouh, va falloir que tu arrêtes de manger de la glace !

Intérieurement, j’ai senti un déséquilibre. Je ne suis pas certaine de comprendre tout ce qu’implique cette remarque, mais je réalise brusquement que j’ai pris énormément de poids dernièrement, et que je suis mal. Sa remarque est une sonnette d’alarme ; j’ai vraiment dû franchir la ligne jaune. Il détermine mon indice de masse corporelle et me déclare en surpoids, à la limite de l’obésité. C’est une évidence ! J’ai des kilos en trop et mon poids joue gros sur mon moral. Mon image : une vraie figure géométrique ! Ronde, les angles sont toujours arrondis. Cette masse pondérale a pris en otage mon anatomie.

Je suis sortie de son bureau la tête basse et honteuse. Aucune question ne m’a été posée : comment, pourquoi, cette prise de poids… Pourtant, une vérité a été imposée : je mange trop de glaces.

C’est vrai que j’aime la glace à l’italienne surtout à la vanille de Madagascar…

J’aurais aimé qu’il s’intéresse vraiment à ma situation qu’il se montre moins froid, moins distant… juste humain et cherche à savoir la véritable raison de cette considérable prise de poids. Il s’attardait surtout à remplir ma fameuse fiche…

De retour chez moi, je téléphone à mon amie Éva et lui raconte ma visite chez le médecin. Elle m’écoute calmement et ne répond pas. Prenant mon courage à deux mains, je lui demande de me dire en toute franchise si je suis obèse.

– Non, tu n’es pas obèse !

Je soupire exagérément de soulagement.

– Cependant, me dit-elle, il est vrai que tu as quand même pris du poids.

Quand je lui demande de me dire combien de kilos je dois perdre. Elle me répond :

– 30 kilos !

Éva raccroche. Sous le choc, je me rends rapidement dans ma chambre et m’approche du miroir. Et pour la première fois de ma vie, je me regarde toute nue dans la glace. Je m’inspecte, je me touche, j’agrippe mes bourrelets et remonte mon ventre bedonnant. Je comprends mieux pourquoi je ne rentre plus dans mes jeans. Je mets cela sur le compte de l’âge.

– Je vieillis, c’est normal ! Avec le temps la morphologie change. Des excuses pour ne pas voir la réalité en face.

Pour moi, les obèses sont ces Américains qu’on voit à la télévision, qui monopolisent une grande partie du canapé. Ils ne parviennent plus à se lever sans aide en disant : « Je ne me nourris que de hamburgers et de boissons gazeuses. » C’est faux, archifaux ! Le nombre de personnes obèses ou en surpoids dans le monde ne cesse d’augmenter. Ce phénomène est d’autant plus inquiétant qu’il est en pleine expansion. Bref, je suis bête et naïve d’avoir cru que ça ne m’arriverait jamais.

Cela se voit que je suis ronde, mais je n’ai jamais imaginé que je puisse entrer dans la catégorie « obèse ». Je ne suis pas certaine que cela m’ait dérangé jusqu’à ce qu’on me force à prendre conscience que je ne suis plus normale. Comment en suis-je arrivée là ? Pourquoi je suis obèse ? Qu’est-ce que mes kilos m’apportent ? Toutes ces questions me polluent l’esprit, elles me minent. Aujourd’hui, je peux me contenter d’une seule réponse : « C’est parce que je mange trop. » J’ai négligé mon corps, je l’ai complètement zappé. Le réveil est plutôt brutal ! À l’aide ! Je ne me suis pas vue grossir !

La vérité, je la connais. Je suis devenue obèse parce que je suis dans la souffrance. J’ai utilisé la nourriture par manque d’amour. Comme si ma vie n’était pas suffisamment difficile comme ça. La complication est le fruit d’un mental fragile. Quand je suis triste, la nourriture remplit mon cœur. Quand je suis seule, la nourriture me tient compagnie. Pour toutes mes émotions, la nourriture ne m’a jamais abandonnée, toujours présente de jour comme de nuit.

La nourriture

J’ai tendance à me jeter sur la nourriture. Je n’oublie jamais mon assiette. Du coup, je me force, depuis toujours, à finir ma gamelle. En fait, j’ai un gros problème avec l’alimentation. Je ne peux pas m’empêcher de manger du matin au soir. Ce qui est certain, c’est que je suis obsédée par la nourriture, elle me hante. Elle m’alimente et me détruit par la même occasion.

J’ai en quelque sorte des crises de « fringales », plus ou moins fréquentes, même s’il m’arrive de me contrôler et de diminuer mes rations. J’en ai tellement honte qu’il m’arrive de sortir de mon travail à toute vitesse pour foncer au libre-service du coin et dévaliser les rayons salés ou sucrés… Pour ensuite passer à la caisse en priant que la vendeuse ne se moque pas de moi intérieurement. Parfois, je n’y prends aucun plaisir et je culpabilise une fois la crise passée.

Lorsque je suis chez moi, je ne pense qu’à manger, manger, manger… L’envie de me nourrir est omniprésente, je me sens bien puis tout à coup, la tentation est, là, sans que je sache ce qui l’a déclenchée. Et je ne pense plus qu’à ça. Impossible de la déprogrammer de mon cerveau. J’ai faim dans ma tête et non dans mon ventre. Me remplir car je me sens vide.

– Mais vide de quoi ?

De faim, d’amour, d’amitié ou de vie ? Je rassasie mon estomac sans qu’il ne crie famine.

Je ne sais pas préparer un repas ou mettre la table sans piocher dans tout ce qui se mange, comme une tranche de jambon, un morceau de pain… Je peux finir mon repas sur un dessert et ensuite reprendre de l’entrée. Rien ne m’arrête. Le soir, en rangeant la cuisine, je dévore une tablette de chocolat avant d’aller au lit. Ainsi, le besoin d’engloutir de la nourriture est commandé par un ordre supérieur de ma conscience.

Je me lève même la nuit, dans un demi-sommeil, pour avaler une quantité importante d’aliments. Ma dernière solution - pour tromper ma faim nocturne - est de prendre des somnifères ainsi, j’évite de cadenasser mon frigo… Pourtant, entre le réfrigérateur et moi, c’est le froid glacial.

Une évidence a fini par s’imposer à moi : la nourriture est une drogue. Dépendre des aliments pour ne plus souffrir. Je dois en avoir toujours sur moi. J’ai peur d’être en carence. J’en stocke même dans mon sac à main comme si je risque la pénurie. Quand je vais au travail, je suis inquiète d’avoir faim et j’emporte toujours des biscuits avec moi, au cas où… J’emmagasine aussi dans mon corps en mangeant au-delà de ma faim, prévoir le manque pour la journée, tout en faisant des réserves en cas de crises. À chaque repas, j’engloutis comme si la famine était pour demain…

Je veux tellement me libérer de cette « dépendance morbide » aux aliments. Parfois, je me dégoûte de manger sans limite et donc je n’ai plus aucune confiance en moi. À quand les 5 fruits et légumes par jour en mangeant et en bougeant ? Malheureusement, je dérègle mon organisme par des grignotages injustifiés ; impossible de faire diversion ! Les aliments sont mes antidépresseurs. La nourriture sert à apaiser mes angoisses.

Je mange vite

Quand j’engloutis distraitement et vite, sans prêter attention à ce que je mange, je ne fais que remplir mon estomac, et la seule chose capable de m’arrêter, c’est qu’il soit plein. Je m’aperçois maintenant que je dévore jusqu’à me sentir rassasiée, voire gavée. Cela génère une vie stressante, peu saine.

Je suis constamment pressée. Le matin, j’avale mon petit-déjeuner en me préparant pour aller au travail, le repas de midi est expédié en 15 minutes et le soir je grignote devant la télévision. Les distractions m’empêchent de remarquer à quelle vitesse je mange. Cet effet hypnotique m’évite d’apprécier vraiment ce que je mange. Privée de tout plaisir gustatif, j’absorbe, j’engloutis encore et encore davantage.

J’ai sans cesse l’impression que je vais manquer de temps. Voir les minutes qui s’envolent m’affole. Je ne marche pas, je cours ; je ne mange pas, j’avale. Pourtant, je suis consciente de ces nuisances. À force de presser mes filles, notamment, je sens bien que je les étouffe. Et je n’arrive pas à profiter pleinement d’elles, parce que je suis toujours dans le souci de ce qu’il nous reste à faire et du temps qui défile. Trouver des moments pour soi dans cette course quotidienne devient impossible lorsqu’on a pris l’habitude de vivre à toute allure. Mais les journées n’ont que 24 heures.

Derrière cette précipitation se cache un sentiment d’insécurité. Mon angoisse resurgit chaque fois que je suis dans les embouteillages. Le matin comme le soir, sentir la perte de temps m’est insupportable. Pour éviter d’en perdre, je fais tout pour en gagner. Je me dépêche d’arriver à mes fins.

Sans compter qu’en mangeant vite, c’est aussi beaucoup d’air que j’avale. Cela provoque d’autres désagréments et inconforts. Mon estomac sécrète moins de sucs gastriques et je digère très mal. Je souffre atrocement de lourdeurs et ballonnements.

Mon corps

Depuis le temps que nous cohabitons, mon corps et moi, j’avoue que j’ai regretté plus d’une fois de l’avoir abîmé. Je me suis détruite simplement en prenant 50 kg. Les bourrelets se sont greffés durablement et je suis passée de 62 kg à 112 kg.

Et ce fut le début de la dégringolade, la chute libre, la descente dans l’enfer des kilos. Je me suis complètement enfouie dans ma corpulence. Mon corps est perdu dans sa graisse. Le gras aime s’étaler dans les pires endroits possible de ma morphologie. J’ai fabriqué mon lard volontairement sur mon ventre, mes hanches, mes cuisses et encore plus sur mes fesses. Même mon ventre se met à gargouiller quand je n’ai pas faim. Il me rappelle à l’ordre avec des bruits disgracieux. Impossible de le mettre en « mode silence ».

S’habiller est un supplice. Difficile de trouver des vêtements qui me plaisent. Pour le shopping, je suis condamnée au rayon « grande taille ». Je suis très enveloppée, j’ai tendance à vouloir camoufler mes rondeurs. Être grosse en mode « camouflage » équivaut à « sac » avec des habits tristes et sans forme. Ce n’est pas toujours évident de définir correctement sa morphologie. J’ai une silhouette en O : mes rondeurs sont réparties sur l’ensemble de mon corps. J’ai toujours porté des ensembles pantalons sombres comme le noir, le bleu marine ou le marron foncé. Ces pièces normalisent mes formes et allongent ma silhouette grâce à un effet trompe l’œil. Il est important de cacher mes

défauts, je me permets de porter des vêtements flous et évasés mais bien taillés. J’évite d’ajouter à ma carrure quelques centimètres. Pour éviter les fautes de goût, je ne cumule pas les volumes pour une même tenue.

Mes pieds sont crevassés au talon. Râper, poncer, limer la peau n’est pas facile à faire car souvent j’ai tendance à négliger cette partie de mon anatomie. Je transpire beaucoup, encore pire lorsqu’il fait chaud. Cela entraîne de mauvaises odeurs. Transpirer, c’est naturel. Sentir des pieds, ce n’est pas le top. Me chausser est très rebutant. Dès que mes yeux se posent sur une paire d’escarpins, pour miser sur l’éternel féminin, mon cœur se met à battre. Quand la vendeuse me dit qu’elles ne sont pas disponibles dans ma pointure, j’ai le cœur brisé. C’est compréhensible, j’ai des pattes d’éléphants à cause de la rétention d’eau !

Mon corps est soumis à la rude épreuve de l’obésité. Malheureusement, mes sous-vêtements ne sont pas adaptés à ma corpulence. Il faut maintenir mes seins qui plongent sous l’effet de la pesanteur vers le bas, par des soutiens-gorge dont les bretelles sont tellement larges que l’on peut tirer à l’arc avec ! Avoir de la « bedaine » est mauvais pour la santé, ça n’est pas une nouveauté. J’ai un gros ventre et déteste mes bourrelets qui coincent mes jeans à chaque passage. Comment habiller mes fesses pulpeuses ? Quand je suis dans une cabine d’essayage et que rien ne me va, je fais la grimace. Hep ! Moi aussi, j’ai envie d’être à la mode !

Sans oublier les slips, qui sont mal coupés et auxquels ma culotte de cheval s’adapte avec difficulté. Donc en gros, oubliés les bikinis taille basse et autres bouts de tissus de mes années d’adolescente. J’ai même dû affronter les moqueries de mes filles lorsqu’elles voient mes culottes étendues sur le séchoir : elles les comparent à des serpillières ! Trouver de la jolie lingerie grande taille n’est pas toujours facile, et plus on monte en taille, plus la recherche est compliquée.

Ma peau ne sent pas bon car elle regorge de sébum. Ma transpiration m’apporte une gêne désagréable à chaque mouvement.

– Qui a installé des kilomètres de tuyaux dans mon corps ?

Mon pire ennemi est le soleil, c’est normal, je vis dans le Pacifique. Sous sa chaleur, je sue à grosses gouttes sans pour autant perdre ma graisse. Tandis que mes amies sont resplendissantes dans leurs jolis hauts, moi je cache mes auréoles sous les bras. Ma peau est distendue, sans parler de mon ventre, une vraie bouée de sauvetage ! Je me sens vraiment mal dans ma peau. Je bannis de mon corps toute forme de beauté et de santé.

Ma sexualité de grosse a été souvent difficile, mais pas impossible. Évoquer ma vie intime de femme obèse est un sujet délicat. De toute façon, « les hommes préfèrent les grosses ». C’est un fantasme et non une réalité ! Quand un homme vous dit : « On ne se voit que chez toi, on ne va pas au restaurant, ni dans la rue ensemble. » C’est un constat cruel pour un être humain.

Faire l’amour dans le noir a été un problème pour mon ancien couple ; l’envie d’obscurité n’est plus un jeu érotique mais une incapacité à se dévoiler ! Comment rallumer la lumière avec tous mes complexes ? Je refuse de dévoiler mon corps à mon compagnon. Cette pudeur est inscrite dans ma tête : impossible de me présenter dans ma nudité devant quiconque…

La santé

Je suis atteinte d’une maladie que les médecins nomment « boulimie ». Besoin de manger pour m’apaiser, sinon la douleur est trop forte. La nourriture est devenue une sorte de pansement pour tous les maux de mon quotidien.

J’ai tout le temps mal au dos : c’est normal ! Avec le stress que j’endure au quotidien. Je suis toujours tendue, sans trop savoir pourquoi. Je me demande ce qui me pèse, ce qui me tend. C’est comme si je portais le poids d’un sac de randonnée… Un porte-bagages serait plus confortable pour mon corps qui est lourd à porter. Trop souvent, mon dos est l’objet d’un mauvais traitement.

Durant les mois d’été, la chaleur provoque de la rétention d’eau. De plus, lorsqu’il fait très chaud, j’ai tendance à moins bouger. Ce phénomène s’accompagne d’une sensation de jambes lourdes et de douleurs aux pieds, avec un sérieux inconfort. La situation est généralement plus pénible le soir que le matin.

L’été doit être, en principe, synonyme de détente, de vacances ; mais pour moi, c’est le début d’un calvaire. Je suis une femme ronde, trop ronde… De ce fait, mes cuisses se touchent et s’irritent, ce qui, mêlé à la transpiration peut aller jusqu’à la brûlure de la peau. Vive les crèmes hydratantes pour éviter les échauffements…

L’une des choses les plus difficiles un été, c’est l’épreuve du maillot de bain à la piscine. Pas très gracieux ! J’enfile ma cellulite et mes vergetures dans une taille 50 et dès que je montre un bout de peau j’attire les regards… C’est le choc ! Je me fais la désagréable impression d’être un animal de cirque… Si la natation soulage mon dos, elle ne m’est d’aucun secours pour gommer mes complexes.

La nuit, mes ronflements sont de plus en plus fréquents et j’ai la bouche sèche le matin. Je souffre d’être en permanence fatiguée, épuisée. Je ronfle fort, paraît-il. Je dors mal, toujours d’un sommeil léger à cause de ces apnées qui entraînent des micro-réveils à répétition. Les conséquences sont sérieuses et affectent principalement mon humeur, ma capacité à travailler, mon entrain. J’ai souvent mal à la tête au réveil.

Mon poids sur la balance est une façon de mesurer la gravité de ma santé. Je m’inflige cette mesure… Mais au fond, est-ce autre chose que le constat amer d’un alignement de chiffres sur un cadran ? Même si mon médecin traitant me dit de me fier au résultat sur la balance, j’ai découvert que la pesée était une étape nécessaire dans la perte de poids.

Les émotions en kilos

J’essaie de contrôler mes envies pour soulager ce poids, mais j’ai du mal à me sortir de là. Le problème qui m’accable n’est pas résolu, donc je grossis. Car la véritable cause de ma surcharge pondérale n’est pas sur moi, mais au fond de moi… Je me suis mise à manger mes émotions afin de me réconforter. Mes pensées sont stockées dans un entrepôt de réserves alimentaires. Mon corps ressemble à une grande surface, à un hypermarché du style Mammouth.

Mon surpoids a également des conséquences émotionnelles. Je suis jugée moins jolie, moins désirable par les autres, mais aussi comme quelqu’un qui manque de volonté. Et la charge d’émotions négatives que produit ce rejet renforce ma surcharge pondérale. Je tombe dans la facilité en mangeant. Je préfère étouffer mes émotions plutôt de les affronter. À aucun moment, ma personne et mon corps ne sont respectés. Ce manque de confiance en soi est très présent dans ma vie de tous les jours. La nourriture est un problème qui mérite une vraie et durable solution.

Les régimes

Le monde des régimes est une jungle où je peux me perdre facilement. Il y a tellement de mythes sur les diètes et encore plus de programmes inadéquats sur « comment perdre du poids ». À chaque printemps, la folie de la privation refleurit, avec toutes ses promesses de corps parfait pour l’été prochain.

Suivre un régime ! Décidée, je les ai tous essayés, abandonnés et repris… Pour mener à bien un régime, pas de mystère : faire attention 24 heures sur 24 à ce que l’on mange. Une vraie filature de soi ! Ne pas grignoter entre...