Les mystères de l
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Les mystères de l'âme

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Description

Toute notre vie nous sommes face à des situations qui génèrent en nous des émotions plus ou moins fortes.

Certaines nous emportent, d’autres nous torturent, mais aucune ne nous laisse indifférents.

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Informations

Publié par
Nombre de lectures 8
EAN13 9791034812813
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0030€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Les Mystères de l’âme
Julie De La Vega


Les Mystères de l’âme


Couverture : Maïka


Publié dans la Collection Samsara





© Evidence Editi ons 2019
Note de l’éditeur

Evidence Editions a été créée dans le but de rendre accessible la lecture pour tous, à tout âge et partout. Nous accordons une grande importance à ce que chacun puisse accéder à la littérature actuelle sans barrière de handicap. C’est pourquoi nos ouvrages sont disponibles en format papier, numérique, dyslexique, malvoyant, braille et audio.
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Une mort peu ordinaire



Je transpire, la fièvre envahit tout mon corps, j’ai l’impression que je vais bientôt mourir.
Avant de mourir, il semblerait que l’on voit sa vie entière défiler devant ses yeux, que la mort soit lente ou rapide.
Chaque scène, chaque passage marquant, les merveilleux moments tout comme les mauvais, que l’on pense aux personnes à qui l’on tient et que l’on va bientôt laisser derrière soi.
Mais, pour moi, rien de tout ça.
J’aurais aimé pouvoir tout changer, pouvoir revenir en arrière, mais c’est trop tard, je viens de rendre mon dernier soupir.
Quand la police m’a trouvée morte, je baignais dans mon sang.
Je me suis toujours dit que, quand je mourrais, ce jour serait entièrement parfait, que tout serait en ordre, que j’aurais fait le nécessaire pour.
J’aurais tout organisé pour que ce jour soit une journée ordinaire parmi tant d’autres.
Comme tous les matins, je me serais levée tôt pour me préparer, j’aurais ensuite accompagné ma fille à son école, je me serais rendue à mon travail, rien de très extraordinaire en somme.
J’aurais pris la peine de laisser une lettre dans un de mes tiroirs de la commode de mon bureau expliquant les moindres détails de mon geste, un journal intime avec plein de mots, des poèmes que je n’aurais peut-être pas eu le temps d’achever, des photos des gens qui ont compté dans ma vie.
Mais, finalement, rien de cela dans la pièce où j’ai quitté ce monde, la police ne retrouva rien de plus que mon sac à main noir et blanc posé sur un lit deux places dans lequel étaient rangés mes effets personnels, mon portefeuille rouge, mon préféré, avec ma carte d’identité et aucune photo de quiconque, cela, à première vue, pouvait signifier qu’il n’y avait personne d’assez important dans ma vie.
Je portais à l’annulaire de la main gauche une bague en or blanc, elle signifiait ce que je représentais aux yeux de mon mari, la femme de sa vie que j’étais et que je resterais malgré les circonstances de ma mort.
Lui et ma fille, dans quelques heures, allaient apprendre mon décès, ces deux personnes chères à mon cœur allaient souffrir, m’en vouloir pour ce geste incompréhensible, car j’étais heureuse.
J’étais censée l’être, même si ce n’était pas réellement le cas, je désirais l’être.
Pour mon entourage, pourquoi je ne l’aurais-je pas été, j’avais un mari que j’aimais comme au premier jour, une jolie petite fille prénommée Rose.
On vivait dans un bel appartement en banlieue parisienne, meublé, décoré par mes soins, j’avais un métier, certes pas toujours passionnant, mais qui permettait de vivre correctement et de jouir des plaisirs que la vie nous offrait, comme pouvoir aller dans un très bon restaurant une fois par mois, partir un week-end par an dans une ville différente, faire un voyage à l’étranger pour découvrir de nouvelles coutumes.
J’avais réussi à obtenir tout ce que j’ai toujours voulu pour être bien, c’est en tout cas ce dont je voulais me convaincre.
Mon seul désir depuis mon enfance, c’était d’atteindre le bonheur absolu, mais en grandissant, ce rêve me faisait douloureusement souffrir, car je savais que ce n’était qu’illusion et que je ne pourrais jamais totalement m’accomplir.
Je voulais faire de grandes choses et être reconnue aux yeux de tous.
Je voulais être admirée, jalousée, aimée.
Je voulais l’épater, je voulais que Viviane, ma grand-mère, soit fière de moi, être belle à ses yeux.
Avoir autant de valeur que mon Martin, mon aîné.
J’aurais aimé parfois que Martin n’existe pas, qu’il ne me fasse pas de l’ombre, cela ne m’empêche pas de l’aimer si fort, il me manque.
Il est parti dans un pays lointain où il me semble plus heureux qu’ici.
Parfois ce manque devient très douloureux et, pour l’apaiser, hormis m’effondrer en larmes sur mon lit et regarder les photos de notre enfance, je ne connais pas meilleur remède.
J’aurais aimé être en pleine lumière, que l’on ne voit que moi, que l’on ne me compare pas à lui.
J’aurais aimé être différente, être un peu comme lui, avoir plus de connaissances, avoir moins de difficultés.
Dès ma naissance, ma vie a été comme un cadeau empoisonné.
Marcher, parler m’avait été impossible à l’âge normal d’un enfant.
Je n’arrivais pas à m’exprimer correctement à l’oral, alors j’écrivais, même sur les murs, le papier peint de ma chambre en a bien souffert.
Triste sort qui me poursuivit dans mon enfance, mon adolescence, j’ai souffert de dyslexie.
J’aurais aimé que les gens arrêtent de me coller cette étiquette, comme si pour eux cela était la seule chose qui me définissait.
Quand je dis aux gens que j’écris, on me dit : « Toi qui fais autant de fautes d’orthographe, tu as l’âme d’une poète. » Comme si cela n’avait pas d’importance à leurs yeux.
J’aurais aimé être plus comme les autres.
Ce n’était pas toujours facile d’être moi.
Voilà sûrement pourquoi j’ai mis fin à mes jours.
Je voulais me forcer à être heureuse, je voulais faire bonne figure, car je ne supportais pas l’échec.
Me confier, parler de mes problèmes ou de tout autre chose m’était interdit.
Je voulais prouver que je pouvais faire de belles et grandes choses, que je pouvais réussir ma vie, qu’elle valait autant qu’une autre.
Je voulais cacher les apparences comme je l’ai toujours fait quand j’allais véritablement mal, c’était sourire devant les gens, souffrir derrière leur dos tourné.
Je pleurais en secret, derrière mes sourires parfois se cachaient une larme et quelques cicatrises qui ne se voyaient pas à l’œil nu, j’avais appris à faire semblant.
Je suppose que j’ai su être comédienne, moi qui avais rêvé d’en faire mon métier. Inconsciemment, je le mettais en pratique.
J’avais dans mon enfance la fâcheuse habitude de mentir, d’exagérer les choses, je voulais selon mes propres termes être comme tout le monde.
Je ne me sentais pas comme tous les autres, car je pleurais beaucoup, j’étais toujours triste, voire parfois boudeuse, mais je ne me rappelle pas du tout pour quelles raisons, j’espère juste qu’elles étaient réelles.
Pour mes camarades de classe, je passais pour la fille trop émotive et qui avait toujours peur, oui, j’avais peur, mais pas de ce que je n’arrivais pas à faire, peur de montrer ce que je pouvais faire.
À l’école, j’étais au fond de la classe, je me voulais discrète alors que je rêvais en secret de paillettes, d’être en haut de l’affiche, mais j’avais honte.
On me voyait souvent comme une enfant distraite, avec une mémoire de poisson rouge, avec une tristesse étrange.
Alors, comment pouvais-je oser cela ?
Je rêvais d’être sur les planches, moi qui avais le trac, moi qui prenais toujours un petit rôle quand en classe on jouait des pièces de théâtre, souvent mes partenaires se moquaient de moi, car je n’arrivais pas à dire correctement mon texte.
Alors que je connaissais sur le bout des doigts la pièce entière.
Je pense que je ne voulais pas que l’on voie que j’étais passionnée, que c’était une grande partie de ma vie.
J’avais peur qu’on puisse rire de moi.
Alors, je le gardais comme un grand secret.
En y réfléchissant à deux fois, en fin de compte, en grandissant, je voulais être différente, je désirais être unique en mon genre, c’est sûrement pour la même raison que j’étais devenue végétarienne vers l’âge de vingt ans, une grande partie pour mes convictions et une petite encore inconsciente à l’époque, pour dire, pour montrer aux gens : « Je ne suis pas comme tout le monde, je ne veux pas l’être. »
J’ai dû dans mon enfance trop souvent regarder le film Le Cercle des poètes disparus.
J’aimais ce film, je ne savais réellement pas pour quelle raison il me touchait, en grandissant, quand je l’ai revu, j’ai tout de suite su pourquoi.
L’amour de la poésie, le fait de vouloir être soi, de ne pas avoir peur, d’être solidaire, d’être vraie, d’être vivante.
D’après mes souvenirs, j’avais tellement été obsédée par le regard des autres que j’ai dû comprendre que mes faiblesses pouvaient, en certaines circonstances, être une force.
Je savais pourtant que le chemin que j’avais choisi allait être dur, j’avais décidé fermement de le suivre malgré les obstacles qui le jonchaient devant moi.
Je souffrais malgré mes résolutions, je voulais vivre ma vie selon mes propres choix, mes propres codes de conduite que je n’arrivais pas toujours à respecter, à assumer.
Car j’avais été tellement conditionnée dès l’enfance à devoir faire ce que les adultes voulaient de moi.
Je n’arrivais pas à me défaire de cette image, c’était plus fort que moi.
Et quand je me regardais devant un miroir, je détestais voir dans le reflet ce que j’étais devenue, de m’être laissée faire, d’être devenue un pantin, d’avoir suivi le troupeau moi qui avais mes propres convictions.
C’est pour cela que je suis véritablement morte.
Je ne me suis pas vraiment suicidée, ce sont eux qui m’ont tuée sans même le savoir, car ils n’ont jamais su quel impact ils avaient eu sur mon existence.
Que ce soient les moqueries dans la cour de l’école, certaines personnes de ma famille qui me rabaissaient sans cesse, des personnes que j’ai croisées sur mon chemin qui me jugeaient.
Les psychologues disent souvent que notre vécu dans la petite enfance a toujours des conséquences à l’âge adulte, et ils ont raison.
 
 
 
Quand les policiers ont annoncé à mon mari et ma fille mon décès, je savais qu’obligatoirement ils feraient leur enquête, qu’ils essaieraient de trouver des réponses à certaines questions, par exemple, comment se faisait-il que je fusse dans une chambre d’hôtel au moment où j’étais morte ? Avais-je eu une dispute avec mon mari ? Avais-je eu un amant ? Était-ce un crime passionnel ? Ils chercheraient le suspect, le coupable.
Je le savais bien que ma mort était suspecte, que la police scientifique n’allait pas relever d’autres empreintes que les miennes dans la chambre, qu’ils n’allaient pas trouver l’arme du crime et aucune trace de lutte, pas de vêtements déchirés.
On avait l’impression que tout avait été soigneusement nettoyé avant même que les coups de feu n’éclatent.
Deux balles ont été tirées, une vers le cœur, et l’autre à l’épaule, la première tirée évidemment pour que je prenne conscience de ma souffrance et celle que j’allais infliger aux autres.
Je savais bien pourquoi tout cela, moi qui aimais la perfection, je m’étais faite élégante comme je désirais l’être durant toute mon existence. Je portais un chemisier violet, mais très sobre, une jupe noire plissée, des chaussures noires à talons et à mon cou le collier de perles que mon mari m’avait offert pour nos trois ans de mariage.
On pouvait penser que je venais d’aller chez l’esthéticienne, car mes ongles étaient bien manucurés.
J’aimais être parfaite, cela venait de l’influence de Viviane.
Dans mon adolescence, j’ai vécu une période difficile, je cherchais mon style et à être reconnue.
Quand je sortais avec ma grand-mère, c’était tout un défilé de mode, il fallait que je mette la tenue appropriée à chaque sortie, que ce soit pour aller au cinéma, au théâtre, au restaurant ou même juste pour aller faire des courses.
Il ne fallait pas qu’il y ait un cheveu de travers, que les chaussures soient impeccables et la tenue vestimentaire irréprochable.
Viviane m’a tout appris de la grâce, de la beauté, autant comment bien se tenir...