//img.uscri.be/pth/ba13c2d1995bef75c4200eb55ef7fd03a2ec14d4
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 2,49 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : MOBI - EPUB

sans DRM

Aperçu topographique et médical sur les eaux minérales d'Enghien

De
1 page

IL existe en France une immense quantité de sources d’eaux thermales, sulfureuses ou ferrugineuses. Quelques-unes ont obtenu une réputation méritée ; quant aux autres dont les propriétés ne seraient peut-être pas moins efficaces, leur situation, la difficulté d’en entreprendre l’exploitation, et surtout l’absence de bâtimens à la commodité des malades, les ont fait abandonner.

Tous ceux qui ont écrit sur ces phénomènes hydrologiques, se sont efforcés de donner aux sources de leur pays une grande antiquité d’usage.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


Voir plus Voir moins
Illustration

À propos de Collection XIX

Collection XIX est éditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bibliothèque nationale de France.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…

Édités dans la meilleure qualité possible, eu égard au caractère patrimonial de ces fonds publiés au XIXe, les ebooks de Collection XIX sont proposés dans le format ePub3 pour rendre ces ouvrages accessibles au plus grand nombre, sur tous les supports de lecture.

F. Damien, Alexandre Barginet

Aperçu topographique et médical sur les eaux minérales d'Enghien

A MM. LES MEMBRES

 

 

Composant la Commission des Eaux minérales, près de S. Exc. le Ministre de l’intérieur.

 

 

 

 

 

MESSIEURS,

 

 

 

C’est par vous, c’est par vos savantes recherches, que les Eaux minérales, si importantes dans le thérapeutique moderne, ont produit des effets heureux. Vous avez deviné les secrets de la nature, analysé ses substances bienfaisantes, et déterminé leur application dans les maladies qui affligent l’humanité.

Je prends, MESSIEURS, une liberté que m’inspirent les encouragemens que vous avez bien voulu me donner, en vous offrant ce premier aperçu sur les Eaux minérales d’Enghien. Si le succès n’a pas toujours répondu à mes efforts, vous y verrez du moins que je n’ai rien négligé pour mériter les bontés dont vous m’avez honoré.

Daignez agréer,

 

MESSIEURS,

 

Le respectueux hommage de votre très-humble et très-obéissant serviteur.

 

DAMIEN.

PREMIÈRE PARTIE

Histoire, Géologie, Hydrologie, Botanique, Géographie

IL existe en France une immense quantité de sources d’eaux thermales, sulfureuses ou ferrugineuses. Quelques-unes ont obtenu une réputation méritée ; quant aux autres dont les propriétés ne seraient peut-être pas moins efficaces, leur situation, la difficulté d’en entreprendre l’exploitation, et surtout l’absence de bâtimens à la commodité des malades, les ont fait abandonner.

Tous ceux qui ont écrit sur ces phénomènes hydrologiques, se sont efforcés de donner aux sources de leur pays une grande antiquité d’usage. Quoiqu’une longue suite d’observations puisse en effet ajouter d’heureuses probabilités dans l’application des remèdes, une fois que les élémens thérapeutiques d’une substance sont analysés et connus, il ne reste plus qu’à en diriger l’effet sur des sujets convenables. Les sources d’eaux sulfureuses d’Enghien, sont une découverte précieuse dont on a trop long-temps négligé la salutaire application. J’ai donc pour but dans ce mémoire d’en déterminer l’importance et l’utilité en décrivant leur origine, le résultat de leur décomposition chimique, et leurs propriétés médicales. Il me semble nécessaire d’entrer avant dans quelques détails historiques et graphiques sur les lieux où coulent ces eaux précieuses.

La ville d’Enghien-Montmorency est avantageusement située à quatre lieues N.N.O. de Paris. Elle domine une vallée riche, fertile et renommée, remarquable par ses sites enchanteurs et l’air pur qu’on y respire.

Il ne faut point chercher l’étymologie de ce nom, avec l’art augural de certains historiens, qui ont donné pour des probabilités les opinions plus ou moins bizarres que leur ont inspirées les familles ou les lieux sur lesquels ils écrivaient. Il est extrêmement douteux de savoir si Montmorency tient ce nom des seigneurs célèbres qui l’ont autrefois porté, ou si ces seigneurs l’ont eux-mêmes emprunté de cette ville. Quoi qu’il en soit, de grands souvenirs environnent encore ces lieux hospitaliers, marqués à diverses époques pour le champ d’exil, de la gloire, de la philosophie, du malheur.

La famille des barons, et plus tard des ducs de Montmorency, est sans doute d’une antique origine et d’une illustration non contestée. Mais, à une époque où les sciences ont porté la lumière sur toutes les parties de l’histoire, il faut craindre de tomber dans le ridicule, en adoptant les aventureuses opinions des vieux chroniqueurs. Par exemple, le plus ancien historien de la maison de Montmorency1 prétend que le titre de premier baron chrétien que portait le chef de cette famille, est une preuve suffisante que son existence politique a précédé la monarchie. Il oublie sans doute que c’est seulement sous les Rois de la seconde race que le nom de baron fut employé pour désigner un officier chargé de certaines fonctions sous les ordres d’un comte ou gouverneur de province. Qu’en second lieu, ce n’est que sous les successeurs de Hugues Capet que la noblesse et les dignités devinrent héréditaires, et qu’avant cette époque, toutes les charges de l’Etat étaient à la nomination du Roi. On ne peut donc remonter plus.haut que l’établissement du gouvernement féodal et des fiefs seigneuriaux, pour fixer l’origine d’une famille. Le titre de premier baron de la chrétienté ne signifie donc que le plus puisssant peut-être, et non pas le plus ancien.

Depuis Mathieu de Montmorency, dit Le-grand, qui reçut l’épée de connétable, sous Philippe-Auguste, après la bataille de Bouvines, cette famille donna des titulaires aux premiers emplois de la monarchie. Peu de personnes ignorent la fin tragique d’Henri, second du nom, maréchal de France et duc de Montmorency. Remarquable par de grandes qualités, un courage invincible et des dehors séduisans, Henri de Montmorency prit parti pour Gaston d’Orléans dans les guerres civiles qui éclatèrent sous le règne du faible Louis XIII. Livré au parlement de Toulouse, Montmorency fut condamné à mort et exécuté dans cette ville, le 13 octobre 1639, à peine âgé de 37 ans. Vainement la France entière s’intéressa au sort de ce jeune héros ; Richelieu fut inflexible, et il eut raison de croire utile à l’affermissement du pouvoir du Roi, le trépas d’un sujet rebelle.

Henri mourut sans postérité, et les biens de ses pères passèrent, parles femmes, dans la maison de Condé.