Remèdes et recettes à l'ortie

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Pour vous, l’ortie n’est sûrement qu’une détestable mauvaise herbe. En fait, elle s’avère dépurative, très riche en protéines et fertile… d’où l’utilisation du purin d’ortie dans le domaine du jardinage ! Voici plus de 50 remèdes et recettes à base d’ortie : shampoing à l’ortie, savon à l’ortie, soupe d’ortie, lasagnes aux orties, sorbet ortie-huile d’olive, infusion d’ortie…
Au sommaire :
Une présentation des différentes espèces d'orties
21 remèdes de santé-beauté
26 recettes de cuisine
5 moyens d'utilisation en déco et jardin
et des conseils et astuces pour utiliser efficacement l'ortie.

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Ajouté le 15 mai 2013
Nombre de lectures 104
EAN13 9782815304115
Langue Français
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Remèdes et recettes
à l' ortie
François Couplan
Illustrations de Nouchca
rruussttiiccaa éditionsAvant-propos
our vous, l’ortie n’est sans doute qu’une détestable mauvaise herbe, tout juste bonne à mettre au compost —
voire à noyer d’herbicide pour éviter de se piquer les doigts en l’arrachant… Grave erreur ! Je vous proposePP
d’observer la réalité sous un autre angle : l’ortie est, en fait, une plante pleine de ressources et de vertus,
probablement l’une des plus intéressantes qui soient. Partons donc à sa découverte…
Nous n’aurons pas à aller bien loin. L’ortie pousse spontanément le long des murs et des chemins, au bord des haies
ou des fossés, et bien sûr, comme beaucoup le savent, dans les jardins. On la rencontre également en montagne, où
elle voisine tout l’été avec le chénopode bon-henri et le rumex alpin autour des chalets d’alpage et sur les reposoirs
abondamment fumés par le bétail. En effet, son exigence est claire et précise : madame aime goulûment l’azote et ne
daigne venir que dans les terrains riches en cet élément éminemment nutritif. L’ortie est donc un bon indicateur de sols
fertiles : si votre terre en est couverte, réjouissez-vous, tout y poussera !
De tels végétaux, fréquents près des endroits habités ou des lieux engraissés par les animaux, sont traités par les
botanistes de plantes « rudérales », du latin rudus, ruderis, qui veut dire « décombres ». Ils suivent l’homme partout !Introduction
Lorsque j’enseigne les usages des plantes, au cours de
stages sur le terrain, les participants ne cessent de me demander :
Une plante facile à « Comment reconnaît-on cette plante ? Et celle-là ? Quelles sont les
caractéristiques qui la rendent identifiable à coup sûr ? » Pour l’ortie,reconnaître je n’ai aucun mal à répondre… mais ce n’est même pas la peine, tout
le monde sait la distinguer parmi le fouillis vert de la végétation
sauvage : en effet, elle pique ! Tant mieux, car grâce à ce trait
sensible, un aveugle serait capable d’identifier l’ortie de nuit par temps de brouillard !
Cette particularité évidente pour tous est à l’origine du nom de la plante : ortie, Urtica pour les botanistes, provient du latin urere, « brûler »,
qui a également donné urine, urètre et uretère… Les innombrables poils qui la recouvrent, facilement visibles à l’œil nu et fort
impressionnants à la loupe, sont tout autant de minuscules seringues hypodermiques remplies d’un venin urticant. Chaque poil, creux, est
formé de silice et se brise au moindre choc, produisant une cassure coupante qui incise l’épiderme et y laisse pénétrer un mélange de
substances allergisantes, renfermant en particulier de l’histamine et de l’acétylcholine. Il ne faut pas plus d’un dixième de milligramme pour
déclencher une réaction ! C’est pour cela que se forment sur la peau après une piqûre d’ortie de disgracieux boutons rouges qui
démangent terriblement. Mais tout mal connaît son remède, et il suffit de frotter une feuille écrasée de plantain à l’endroit sensible pour que
la douleur cesse en moins d’une minute ! Et la nature doit être bien faite, car on est presque toujours assuré de trouver du plantain là où
poussent les orties. Le plantain renferme en effet une substance capable de décomposer (on dit, plus précisément, « lyser ») le « venin »
des orties. Véritable pharmacie de la nature, il se montre également efficace contre les piqûres d’insectes — même aussi virulentes que
celles des guêpes, dont la sensation cuisante s’estompe rapidement. Par ailleurs, un cataplasme de feuilles broyées, appliqué sur les
blessures, permet à ces dernières de cicatriser vite et bien, sans risque d’infection.L’un de nos meilleurs
légumes sauvages
Le mépris que l’on affiche trop souvent pour l’ortie disparaît dès que l’on
s’y intéresse un tant soit peu. Cette « mauvaise herbe » détestable s’avère une
source alimentaire à la fois nutritive, agréable… et quasiment inépuisable ! La soupe
d’ortie est bien connue, et rien ne peut remplacer sa saveur caractéristique. Dans de
nombreuses campagnes, on continue à la déguster chaque printemps, mettant à
profit ses vertus dépuratives et son pouvoir de régénérer l’organisme au sortir de
l’hiver. Aux côtés du chénopode bon-henri, l’« épinard sauvage » des alpages, l’ortie
entrait jadis à la montagne dans la composition de « soupes de chalet » revigorantes.
Mais elle se prépare aussi en omelette, en quiche, en gratin, en soufflé ou en
timbale, et certains grands chefs ne dédaignent pas de l’intégrer sous une forme ou
une autre à leur menu. L’ortie est même cultivée commercialement dans le
sudouest de la France et la « mauvaise herbe » mise en conserve se vend à prix d’or aux
États-Unis et au Japon ! N’oublions pas non plus l’ortie en dessert. Les gâteaux de
riz, les flans et les entremets divers à base de semoule ou de tapioca sont encore
meilleurs si l’on y adjoint quelques cuillerées de pointes d’ortie blanchies puis
passées au mixeur. Et que dire des tartes, des crêpes, des gaufres ou des beignets
qui seront métamorphosés par sa venue ? L’ortie peut même se déguster en sirop et
en limonade !
Pour profiter au mieux de la finesse de sa saveur, il faut savoir cueillir l’ortie : on ne
ramasse que les jeunes pousses et les quelques feuilles du sommet des tiges.
Lorsque ces dernières se développent au cours de la saison, elles acquièrent un goût
plus fort, qui rappelle étrangement celui du poisson — ce peut d’ailleurs être
l’occasion de préparer une intrigante « brandade » d’ortie… Heureusement, il est
facile de récolter presque en toute saison de fraîches repousses en coupant réguliè
rement les tiges dès qu’elles commencent à monter. Ces tendres rejets sont aussi
savoureux qu’au début du printemps. Les feuilles d’ortie peuvent se faire sécher au
soleil, dans un four entrouvert ou simplement sur un radiateur. Pour s’en servir, il
suffit de les réduire en paillettes en les froissant entre les mains : pas de crainte,
sèches, elles ne piquent plus. Au cours de la saison froide, on les saupoudre sur les
aliments pour y ajouter en plus d’un goût agréable, les vitamines et les
oligoéléments gages d’une bonne santé hivernale.
Et les orties en salade ? Pas de quoi dresser les cheveux sur la tête : quelques
pousses finement ciselées et mélangées à d’autres légumes et à une sauce
onctueuse ne risquent absolument pas de piquer. Elles apportent une incomparable
saveur fraîche et « verte » qui évoque le haricot vert, bien différente de celle de l’ortie
cuite. On en prépare également de goûteux « canapés » à déguster à l’apéritif. De
toute façon, les orties perdent plus ou moins rapidement leur pouvoir urticant après
la cueillette, et elles sont inoffensives une fois mouillées. Cela inciterait à les récolter
sous la pluie... — car revient régulièrement la question : comment cueillir l’ortie sans
douleur ? Certains ont des «trucs», comme aborder la plante de bas en haut, retenir
sa respiration, voire parler au végétal... Dans les faits, on finit toujours par se laisser
surprendre, et ce n’est jamais bien grave. La solution ? Repérer le plantain à
proximité… ou bien mettre des gants !