Périnée - Tout ce que vous avez toujours voulu savoir... Sans jamais oser le demander !
87 pages
Français

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Description

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le PÉRINÉE.
Sans jamais oser le demander à votre kiné !

Périnée qui es-tu ? Au centre de bon nombre de conversations de femmes, ce muscle essentiel est trop souvent considéré comme tel une fois l'accouchement passé. Généralement on prend conscience de l'importance du Périnée quand il s'agit de le rééduquer. Clémentine et Delphine ont rédigé un guide, un manifeste, une bible qui donne à toutes les femmes (et aux hommes) les clés pour prendre soin quotidiennement de son périnée si précieux...


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 24 mai 2017
Nombre de lectures 48
EAN13 9782360755066
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0400€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Delphine CARRÉ & Clémentine SIMÉON

Périnée
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir… sans jamais oser le demander!

Les Éditions de l’Opportun
16, rue Dupetit-Thouars
75003 Paris
www.editionsopportun.com

Éditeur: Stéphane Chabenat
Suivi éditorial: Clotilde Alaguillaume / Pauline Labbé (pour l’édition électronique)
Mise en pages : Florence Cailly
Conception couverture: MaGwen
Illustrations: © Sébastien Hardy

ISBN: 978-2-36075-506-6

« Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre, est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la Propriété Intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales. »
Ce document numérique a été réalisé par Pinkart Ltd

Faisons les présentations…

Le pourquoi du comment…
Avant de commencer, nous tenons à vous expliquer comment nous en sommes arrivées à vouloir écrire un livre sur le périnée.
Delphine et moi (Clémentine), nous nous sommes rencontrées en 2012, lors d’une consultation pour une séance de kiné. Car après des études de kinésithérapie, je me suis rapidement formée à la rééducation du périnée. Autant vous dire que lorsque je réponds à la question « Q u’est-ce que tu fais dans la vie » , la réponse « kinésithérapeute » entraîne plutôt comme réaction « Ça fait deux semaines que j’ai mal au dos » plutôt que « Depuis que j’ai chopé cette satanée bronchite, j’ai des fuites urinaires ».
En observant mon entourage et mes patientes, je me suis vite aperçue que les femmes manquent cruellement de culture G : « Culture Gynécologique » et elles montrent pourtant un intérêt plus que certain à apprendre toutes ces petites choses de la vie courante relatives au périnée, des normes simples, des fonctions vitales dont elles ignorent l’existence : combien de fois je vais uriner dans une journée, pourquoi il m’arrive de jeter mon sac à main en rentrant chez moi pour courir aux toilettes…
J’ai la chance de pouvoir faire de la prévention face aux problèmes de périnée sur des courses à pied, d’être chargée d’enseignement auprès d’étudiants ou de professionnels de la kinésithérapie, ou encore d’intervenir dans des congrès médicaux. Ces publics paraissent bien éloignés mais, à chaque fois, ils me laissent l’impression que chacune a envie de comprendre et d’apprendre comment fonctionne cet ensemble musculaire et quelle est son utilité au quotidien.
Quant à moi, Delphine, mon parcours est bien différent : rien ne me prédestinait à devenir une experte en périnée (je n’ai pas pris cette option lors de mon cursus universitaire!) et même si je travaillais dans l’industrie pharmaceutique, je n’y connaissais vraiment rien. Tout au plus savais-je que j’en avais un et qu’il me servirait à un moment donné.
Il s’est rappelé à moi sous une forme un peu vicieuse. Il n’y est pas allé de main morte, il a mis une pagaille pas possible dans mon petit bassin et dans ma vie.
Cela fait huit années que les premières douleurs sont apparues et après deux années d’errance et d’absence de diagnostic, le verdict est enfin tombé: névralgie pudendale. En deux mots, il s’agit de l’atteinte d’un nerf qui innerve les différents muscles et organes du petit bassin (On vous en dit plus dans le chapitre « J’ai mal… ça va passer? » page 99). Parmi les nombreuses choses que j’ai mises en place pour traiter cette pathologie, j’ai des séances de kiné hebdomadaires. C’est là que mon parcours a croisé celui de Clémentine. Chaque semaine, nous travaillons pour soulager mes douleurs mais nous papotons aussi (nous ne sommes pas des filles pour rien!). À force de poser des questions, car je suis curieuse et j’ai besoin de comprendre comment tout fonctionne, je me rends compte que j’ignore vraiment tout de ce mystérieux périnée. Et en fait, je ne suis pas la seule…
Au fil des nombreux rendez-vous que nous avons eus, nous avons fini par sympathiser et devenir amies. Très souvent en évoquant les différents problèmes périnéaux qui amènent les femmes en consultation, nous arrivions toujours à la même conclusion : pourquoi ne sommes-nous pas plus informées en amont sur l’importance et l’utilité d’avoir un bon périnée? Pourquoi devoir se retrouver face à un problème pour s’y intéresser? Pourquoi commencer à se pencher sur notre périnée seulement après un accouchement? Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi? En effet, bien des soucis pourraient être évités si on avait accès à un minimum de prévention périnéale. À force de chercher ensemble le moyen le plus simple et le plus concret d’informer les femmes sur leur périnée, nous avons fini par nous décider et par rédiger un livre. Un livre pour les femmes, basé sur des anecdotes réelles, avec des explications simples et des solutions pratiques. Notre objectif : vous aider à apprivoiser votre périnée.
Un autre livre? Non, enfin, un livre pour VOUS!
Plusieurs ouvrages renseignent déjà les femmes sur la problématique périnéale. Pourquoi un livre de plus? Celui-ci n’a pas pour but de prodiguer un cours magistral aux lectrices. Nous voulons que vous arriviez à la fin du livre sans migraine! Il a été pensé comme une enquête auprès de vous, les femmes. Les questions, les histoires sont celles de sportives, étudiantes, mamans, grands-mères, femmes actives, profs de sport…
Le périnée, vous en avez toutes entendu parler. Ce terme quasiment honteux en France — en tout cas assez tabou il n’y a pas si longtemps — est presque devenu tendance. On peut trouver de l’information sur cette zone de notre anatomie dans de nombreux médias : la presse féminine, les forums Internet, les émissions télévisées, les applications pour téléphone, etc. Aujourd’hui, on prononce plus facilement le mot… et c’est vraiment une bonne chose. Le périnée devient même fashion : en août 2015, un défilé dédié à la lingerie pour personnes incontinentes a eu lieu lors de la Fashion Week néo-zélandaise. Non, vous ne rêvez pas… Fini les hideuses culottes en coton blanc, maxi couvrantes. Quel soulagement, les fuites urinaires ne condamnent plus les femmes à mettre de côté leur féminité!
Mais alors, pourquoi le périnée reste-t-il si mystérieux? Quand on en parle, ce n’est pas clair. C’est vrai qu’il est bien caché, qu’il sait aussi se faire très discret. Malheureusement, quand il fait parler de lui, c’est souvent très désagréable. Alors, avant qu’il se rappelle à nous, on essaie de le localiser, de le serrer, ou de le contracter. Et franchement, ce n’est pas si facile. On ne sent pas vraiment ce qu’il se passe… Une chose est sûre : quand on le travaille, on ne voit rien et on ne sait pas trop si l’on fait bien… Si c’est le bon muscle qui se contracte!
La presse féminine et même générale nous donne régulièrement des astuces pour avoir « un bon » périnée, une vie sexuelle épanouie, mais ça ne suffit pas. Il serait bien d’en connaître un peu plus. Qu’est-ce que cela implique exactement d’avoir un « bon » périnée? Peut-on en avoir un « mauvais »?
Dans un épisode de la série américaine Sex and the City , Samantha Jones nous expliquait en 2003 comment les exercices de Kegel (gynécologue américain dans les années 50) permettent aux femmes de rester « serrées en bas »! Ce personnage incarne une femme sûre d’elle et sans tabou. Elle parle de sexe ouvertement, sans détour, avec des termes que l’on pourrait qualifier de crus! Et pourtant, elle ne nomme pas ce muscle… Elle reste évasive. On a l’impression qu’elle parle de quelque chose d’abstrait, d’innommable!
La presse nationale nous a même parlé en 2009 du coach du périnée de l’ancien président Nicolas Sarkozy. Si l’intérêt de cette information reste très discutable, nous apprenons à cette occasion que… les hommes aussi ont un périnée! Ce scoop anatomique a fait son effet à l’époque!
D’ailleurs, pas de sexisme dans ce livre. Nous aussi nous aborderons le périnée masculin… Parité périnéale oblige! Cet aparté sur l’anatomie de l’homme a pour but d’informer, mais surtout d’engager la discussion. Le périnée peut devenir un sujet (presque) comme un autre au sein du couple.
Quoi qu’il en soit, cette mise en avant d’histoires de périnée pourrait nous laisser penser qu’il n’y a plus rien à dire sur cette zone de notre anatomie mise à nu. Pourtant, quand on commence à entrer dans les détails, le constat reste sans appel : les notions sont désespérément superficielles.
Plusieurs études se sont intéressées à la connaissance des femmes sur leur périnée. Les résultats sont surprenants. En effet, beaucoup de femmes ignorent les fonctions exactes de ce groupe musculaire.
Le paradoxe entre la médiatisation du périnée et le manque de connaissance des femmes à son sujet nous a poussées à mener l’enquête. Il est évidemment difficile de mettre en application ces « astuces périnée » si nous n’avons pas quelques notions concernant son anatomie, sa mécanique et ses fonctions!
Nous avons commencé par aller vous questionner afin de recueillir vos témoignages. Puis nous les avons retranscrits le plus fidèlement possible. Les réponses à vos questions se veulent simples et avant tout concrètes.
De quoi parle-t-on lorsqu’on évoque des problèmes de périnée? De tous les problèmes qui peuvent surgir à un moment donné dans votre petit bassin. On parle évidemment de muscles, de vessie, de fuite, d’utérus, mais aussi d’anus, de rectum, de selles, de gaz, de sport, d’abdos, de douleur, et de sexe! Ça va, vous n’êtes pas trop choquée? Tant mieux car vous allez en connaître tout un rayon à la fin de cet ouvrage sur votre périnée. Vous allez apprendre, entre autres choses, combien de fois on doit uriner dans une journée, comment calmer une envie urgente d’uriner, la bonne position pour aller à la selle… On découvre des astuces pour préserver son périnée et pour l’entretenir. Tout un programme!

Halte aux idées reçues!
Vous ignorez tout de ce mystérieux périnée? Vous n’êtes pas la seule!
Pendant plusieurs semaines, nous avons donc mené l’enquête. Notre objectif était clair : savoir où en sont les femmes de la connaissance de leur périnée. Nous avons demandé à des femmes de répondre à dix questions simples sur le périnée. Nous vous proposons de répondre à ces questions si vous le souhaitez pour voir à quel niveau vous vous trouvez en début de lecture (cf. page 173). Et si nous avons bien travaillé, vous devriez être capable de répondre de manière précise à toutes ces questions après avoir refermé ce livre.
En commençant nos investigations sur le périnée, nous avons été confrontées à plusieurs types de réactions. La première, et non des moindres, étant la surprise des femmes qui ne comprenaient pas vraiment pourquoi nous perdions notre temps à enquêter sur cette zone intime.
Nous demandons à Marie, 43 ans, qui se rend à son cours d’aquabike, si elle peut prendre quelques instants pour répondre à un questionnaire sur le périnée. Elle nous fixe quelques secondes, semblant vouloir vérifier que nous n’avons pas dit « Pyrénées »… Ce qui l’aurait arrangée! Mais l’étonnement ne dure pas. Nous lui expliquons que même si cette région du corps est de plus en plus abordée dans les médias et par les femmes, nous voulons savoir quelles sont les connaissances concrètes des femmes à ce sujet. « C’est étonnant comme démarche, mais c’est vrai que je n’ai jamais vraiment pris le temps de m’intéresser à ce “petit” muscle [nous verrons qu’il n’est pas si petit que ça]. Vous savez, je risque de ne pas bien répondre… » Elle s’isole un instant pour répondre aux questions avant de venir nous voir et de nous raconter « son » histoire de périnée.
Nos interviews ont souvent été accueillies avec enthousiasme. De nombreuses femmes ont verbalisé l’envie d’en savoir un peu plus sur ce mystérieux périnée. Effectivement, l’étonnement a rapidement cédé place à la curiosité. Une fois le dialogue lancé, les questions ont fusé. Nos entrevues se sont souvent régulièrement conclues par : « Mais pourquoi on ne nous explique pas ça avant! »
Lors de notre entretien avec Brigitte, 58 ans, nous avons pu déceler un sentiment de soulagement. Finalement, quelqu’un semblait s’intéresser à ses problèmes de périnée. Le simple fait d’en parler a permis de rompre le silence. « C’est intéressant comme démarche, je ne suis donc pas la seule! Moi, je n’y connais pas grand-chose au périnée… » En comprenant pourquoi elle souffre de pesanteurs dans son vagin, elle a réussi à les accepter. Dans un second temps, elle a pu trouver des solutions afin de gérer la situation. « Je me sens plus légère à bien des égards! Fini les angoisses, j’ai fait de mon périnée un précieux allié . »
Isabelle, 47 ans, a répondu avec enthousiasme à nos questions. Gênée par des envies urgentes et fréquentes d’uriner, elle s’est décidée à réagir. « Je suis impatiente de connaître vos conseils et astuces pour m’éviter de visiter toutes les toilettes que je croise sur mon chemin . »
Certaines ont pris conscience qu’il leur faudrait une session de rattrapage dans le module « périnée et vie quotidienne ». Même si, dans un premier temps, elles paraissaient bien sûres d’elles quant à leurs connaissances anatomiques, elles commencent très vite à douter :
« À quoi sert vraiment le périnée au quotidien? C’est vrai que parfois j’ai des petites fuites mais comme tout le monde, non? Tout compte fait, est-ce que je contracte correctement mon périnée? »
Les résultats de ce sondage sont clairs : les femmes ont conscience d’avoir un périnée et savent à peu près où le situer, même si cela reste vague. En revanche, elles sont désarmées quand il s’agit de savoir comment l’utiliser dans leur vie quotidienne.
Voici quelques exemples de réponses que nous avons eues à la question : D’après vous, qu’est-ce que le périnée et à quoi sert-il?
Une très grande majorité de femmes interrogées (71 %) sait qu’il s’agit d’un muscle ou d’un ensemble de muscles.
En revanche, il est difficile pour un grand nombre d’entre elles de le situer :
« Il s’agit d’un muscle situé en bas de notre anatomie . »
« Petit espace qui sépare l’anus de la vessie. »
« Entre le vagin et l’utérus . »
« Un muscle du bas- ventre. »
Et la palme d’or est attribuée à :
« C’est un petit muscle dans le vagin. »
Dans certains cas, nous avons été confrontées à d’autres réponses… qui s’éloignent clairement de la question!

« Moi , je le contracte, enfin je le serre, bref je sais m’en servir! » répond énergiquement Marie… en levant les épaules!
Vous souriez car vous savez bien que le périnée n’est pas dans les épaules. Marie aussi le sait et pourtant…
« Le périnée, je connais . J’ai eu deux accouchements il y a sept et neuf ans… mon gynéco m’a dit que c’était ok. Aujourd’hui, je ne sais pas vraiment si ça va… De temps en temps, quand je tousse, j’ai des petites fuites… »
« Moi , je suis sportive donc forcément je dois avoir un bon périnée… » déclare fièrement Julie.


***

Ne croyez plus jamais que :
 Le périnée est un petit muscle dans le vagin
 Seules les femmes ont un périnée
 J’ai de la chance, je ne vais uriner que deux fois par jour ; je dois avoir un bon périnée
 J’ai mal lors des rapports sexuels, il n’y a rien à faire
 Je pousse fort pour bien vider ma vessie et éviter les infections urinaires
 L’incontinence ne concerne que les personnes âgées
 On ne peut pas avoir mal au périnée
 Les problèmes urinaires sont une fatalité
 Tous les sports abîment le périnée
 J’ai 60 ans, il est trop tard pour m’occuper de mon périnée
 Les descentes d’organes, ça n’arrive qu’après la ménopause
 J’ai du mal à aller à la selle, pas d’autre solution qu’utiliser des laxatifs
 J’ai des fuites urinaires, je vais avoir une descente d’organe
 Depuis mon accouchement, j’ai moins de sensations lors des rapports sexuels et mon vagin fait du bruit : il n’y a rien à faire
 Ma solution pour éviter les fuites urinaires : aller aux toilettes dès que j’en trouve !
 Je suis sportive, je n’ai pas besoin de faire d’exercices du périnée
 La rééducation du périnée n’est prescrite et remboursée qu’après les accouchements
 Le meilleur moyen de renforcer son périnée, c’est de faire le stop pipi !

Ni que :
 Le périnée, c’est trop compliqué !
Le périnée, ce n’est pas compliqué et c’est ce que nous allons voir ensemble!

Un muscle bien caché? Posons les bases!
Localiser son périnée
Il se situe dans le petit bassin, entouré par des parois osseuses. On retrouve en avant le pubis, et en arrière le coccyx et le sacrum.
Mais à quoi ressemble-t-il exactement?
Première découverte : il ne s’agit pas d’un seul et unique muscle, mais d’une zone musculaire.
Pour comprendre cette notion de groupe de muscles, prenons un exemple connu de tous : les abdos. Vous les connaissez bien car eux sont plus (ou moins) visibles. En tout cas, tout le monde sait comment les faire travailler…, surtout à partir du mois de juin, lorsqu’il s’agit d’aller acheter son nouveau maillot.
Pour poursuivre le parallèle avec les abdominaux, cette région musculaire est composée de différentes « couches » de muscles : le transverse de l’abdomen, les obliques et les grands droits. Le périnée se compose lui aussi de différents groupes musculaires : le périnée superficiel, moyen et profond.





Localisation du périnée par rapport aux différents organes





Coupe gynécologique: localisation des muscles du périnée

On ne le retrouve pas simplement à l’avant du bassin. Beaucoup de femmes imaginent que cet ensemble musculaire se limite au vagin.
Donc, deuxième scoop, et surtout répétez-le à qui veut bien l’entendre : le périnée ne se réduit pas au vagin!
Pour mieux comprendre, il faut identifier trois plans musculaires distincts :
• Le périnée superficiel , qui se compose du sphincter de l’anus (solidarisé au coccyx par le ligament ano-coccygien), du muscle transverse superficiel et du muscle bulbo-caverneux (s’unissant en arrière du clitoris).
Ces trois muscles convergent en une structure appelée le noyau fibreux central du périnée. Pour en prendre conscience, vous pouvez palper vous-même cette zone entre votre vagin et votre anus. Elle remonte quand vous contractez votre périnée… et redescend lorsque vous relâchez (ou si vous inspirez en gonflant le ventre).
• Le périnée moyen est formé du muscle transverse profond et du sphincter de l’urètre. Ce sphincter contrôle le passage de l’urine à travers l’urètre depuis la vessie.
• Le périnée profond est constitué de la plaque des releveurs de l’anus. Ce diaphragme musculaire est quant à lui composé de différents muscles, tels que les muscles coccygiens, ischio-coccygiens et le muscle pubo-rectal. Cet ensemble joue un rôle fondamental dans la continence urinaire, ano-rectale et le maintien des organes. On commence à comprendre pourquoi il va falloir vous réconcilier avec votre cher périnée!
Certains de ces faisceaux musculaires s’insèrent à l’arrière du bassin au niveau du coccyx, pour finir leur course sur le pubis. Le périnée est aussi appelé plancher pelvien. Fonctionnellement, vous devez imaginer que ces fibres musculaires associées forment un trampoline, permettant d’amortir les pressions abdominales.
Quel lien avec la vessie, le rectum et l’utérus ?
Il est un véritable soutien pour les organes du petit bassin (vessie, utérus, vagin et rectum pour les femmes). Ce plancher est percé par trois orifices chez la femme : le vagin, l’urètre et l’anus. Le plancher pelvien assure le maintien des organes qu’il supporte, il joue ainsi un rôle d’amortisseur et assure l’étanchéité des sphincters.
C’est le plancher du ventre. Mais pas un sol dur! Bien au contraire, c’est une structure souple et déformable capable de se tendre et de se relâcher… et parfois un peu trop.
Les muscles du périnée sont innervés par le nerf pudendal (qu’on appelait auparavant « nerf honteux »!) ainsi que d’autres branches nerveuses (le nerf dorsal du clitoris, le nerf ano-coccygien…). L’innervation par multiples branches nerveuses explique la complexité du traitement des douleurs périnéales ainsi que toutes ces différentes atteintes. Quand on parle d’atteintes nerveuses, on peut sous-entendre différentes pathologies : des étirements du nerf, des compressions, des irritations, parfois même des dénervations.


***

À retenir Anatomie du périnée
Les plans musculaires
Superficiel
Moyen
Profond
Le cadre osseux
En avant, le pubis
En arrière, le coccyx et le sacrum
L’innervation
Le nerf pudendal et autres branches nerveuses (…)
Les voies évacuatrices
Urètre
Canal anal
Les organes
Utérus
Vessie
Rectum



Avoir un périnée, ça sert à quoi?
À ne pas avoir de fuites !
« Depuis quelques mois, j’ai des problèmes de vessie. » Laurence, 57 ans.
Les femmes n’utilisent pratiquement jamais le mot « incontinence ». Elles préfèrent parler de problèmes de vessie. Définissons tout d’abord ce terme si lourd de sens, l’incontinence urinaire, qui désigne toute perte d’urine involontaire.
On qualifiera le problème en parlant de petites pertes, d’accidents… ou encore de fuites.
Mais attention : il y a fuite et fuite!
On peut identifier trois sortes d’incontinences urinaires, provoquant toutes des pertes d’urine involontaires. Entre ces trois catégories, c’est en fait le mécanisme qui change.
• L’incontinence urinaire à l’effort : vous toussez, vous vous mouchez, éternuez, soulevez un poids, faites du sport… et votre périnée est soumis à de trop fortes pressions .
• L’incontinence urinaire par urgence : comme leur nom l’indique, les fuites se produisent lors d’une envie impérieuse et irrépressible d’uriner. Vous avez du mal à vous retenir, le délai de sécurité est trop court : c’est la tyrannie vésicale !
• L’incontinence urinaire mixte : les fuites peuvent se produire lors d’une envie urgente, mais aussi consécutivement à un effort. C’est la double peine!

En pratique
La sévérité de l’incontinence est objectivée par la fréquence et le volume des pertes d’urine. Le nombre de protections utilisées est aussi un indicateur. Si vous souffrez d’incontinence sévère : le seul moyen d’objectiver vos pertes, de savoir combien vous perdez d’urine, est de peser vos protections. Le poids de la protection permet alors de chiffrer en grammes l’incontinence. Cette mesure est appelée « pad test », elle est employée par les professionnels de santé responsables des problèmes urinaires.


Bon à savoir : Il n’y a aucun lien évident entre la sévérité d’une incontinence et la gêne qu’elle occasionne.

On ne vous a probablement jamais vraiment expliqué quelle quantité d’urine notre vessie pouvait contenir ni combien de fois nous devions aller au petit coin dans la journée et la nuit. Alors, prenons un instant pour un cours express de culture urologique!
Votre vessie est un réservoir élastique. Elle a la possibilité de se laisser distendre lorsque vous n’avez pas la possibilité de la vider. En moyenne, notre vessie a une capacité d’environ 400 ml. En moyenne, tout simplement parce que certaines femmes ont une vessie de plus petite capacité. On imagine aisément que leurs envies d’uriner seront alors plus fréquentes.
« On m’a toujours appelée la pisseuse quand j’étais jeune… J’ai une petite vessie je pense! »
Martha, 36 ans.
Martha boit entre 1 litre et 1,5 litre de liquide par jour (sans abuser du café, thé, vin blanc, champagne irritants pour sa vessie), elle urine entre cinq et six fois par jour. La nuit, elle ne se lève pas plus d’une fois pour aller au petit coin…
Les nombres de mictions diurne et nocturne d écrits sont tout à fait normaux. Martha est donc, d’un point de vue urologique, loin d’être une pisseuse!
D’autres ont une vessie de plus grande capacité, jusqu’à plus d’un litre chez certaines femmes !
« Moi, j’ai de la chance, je n’ai besoin d’uriner que deux fois par jour! » Julie, 29 ans.
Mais attention, si comme Julie vous avez une « maxi » vessie; il n’y a pas forcément matière à s’en féliciter. Cela est très souvent la conséquence directe de mauvaises habitudes mictionnelles des femmes qui ne vont pas assez souvent uriner. Ces « méga-vessies » pourront provoquer de vrais inconforts au fil du temps : infections urinaires à répétition, fuites urinaires, voire descente de vessie…
« Quand j’urine, je pousse à la fin… pour finir de bien vider ma vessie. Pour éviter qu’il en reste un peu. J’ai peur des infections urinaires! » Louisa, 48 ans.
Rien ne sert de pousser, la vessie n’est jamais complètement vide. Louisa peut aller aux toilettes toutes les dix minutes, elle aura toujours deux ou trois gouttes à uriner. Ce résidu urinaire doit rester minime pour éviter la prolifération des germes dans la vessie, et par conséquent les infections urinaires.
Pour mesurer la capacité d’une vessie avec plus de précision, il existe différents examens complémentaires tels que l’échographie vésicale, le bilan urodynamique, la débimétrie.


***

Et si on essayait de comprendre le comportement de ce précieux réservoir
Votre vessie se remplit tout au long de la journée sans que vous en ayez la sensation, et heureusement – imaginez l’angoisse si vous la ressentiez se remplir goutte après goutte. Vos besoins d’uriner sont progressifs. On ressent d’abord une légère petite envie, puis un besoin plus important, puis il n’y a plus de doute… Il faut aller aux toilettes !
Vous êtes-vous déjà demandé s’il y avait une technique particulière pour uriner? Bien sûr que non! Ce petit moment où vous êtes seule face à la porte des toilettes, qui paraît si naturel, si évident…
Les toilettes, ce lieu stratégique mal aimé des cours de récréation, si convoité dans la salle d’attente d’un cabinet médical ou à la sortie des salles de cinéma… Désespérément absent lors de nos virées shopping…, ce qui entraîne le « Où sont les toilettes? » très récurrent auprès du serveur de café!

On passe le moins de temps possible aux toilettes, mais prend-on le temps de bien uriner?
Quand vous allez aux toilettes, même si vous êtes déjà en retard sur votre planning, que vos enfants hurlent et que le téléphone sonne, il faut absolument adopter le « pipi zen ».
Ne poussez pas pour accélérer la miction. Les femmes qui accompagnent le jet d’urine en augmentant la pression sur leur vessie en contractant leurs abdos n’en ont pas conscience, mais elles se font plus de mal que de bien : en réalité, elles risquent d’aggraver des symptômes vésico-sphinctériens qui, in fine , pourront provoquer fuites, urgences, voire descentes d’organes…
Pour se vider, le muscle de votre vessie se contracte. Par conséquent, la meilleure attitude à adopter est tout simplement… de se détendre, et de ne pas pousser après s’être assise confortablement sur les toilettes.
Nous insistons ici sur la « bonne position » à avoir lorsque vous urinez car elle est loin d’être celle la plus fréquemment adoptée. Comment voulez-vous vous détendre si vous êtes en équilibre à 50 cm de la lunette, les genoux serrés, la culotte tout juste baissée! En résumé : on s’assoit, les deux pieds au sol, le slip bien baissé et on laisse sa vessie se vider.
Ne faites pas d’exercice du périnée pendant la miction : évitez de stopper le jet urinaire… Ne faites pas de « stop pipi » à titre d’exercice pour renforcer votre périnée. Le fait de suspendre la miction est d’une part antiphysiologique et d’autre part augmente les risques d’infection urinaire.
La miction doit être rapide, productive, efficace, non douloureuse : c’est la définition urologique officielle!
Si vous buvez entre 1 l et 1,5 l par jour (tous liquides confondus), vous devez uriner 5 à 6 fois par jour, soit toutes les 3 à 4 h.
Et juste après…
« Après avoir uriné, je crois avoir fini… Mais j’ai so uvent des gouttes retardataires. C’est embêtant, car je me retrouve avec ma culotte mouillée! » Sophie, 43 ans.
Vous venez d’uriner, vous croyez que tout est fini… Eh non! Quelques gouttes viennent mouiller vos sous-vêtements. Ces gouttes d’urine correspondent souvent à la vidange de votre urètre.

Le « pipi zen », mode d’emploi
Adoptez la bonne technique :
 Asseyez-vous confortablement sur les toilettes.
 Détendez-vous.
 Ne poussez pas.
 Stop au stop pipi !


Bon à savoir : Le mot d’ordre, c’est de prendre son temps.
Et si vous avez régulièrement des « gouttes retardataires » : essuyez-vous debout. Vous n’aurez plus d’humidité dans vos sous-vêtements. Si ces gouttes persistent, parlez-en à votre médecin.


***

À soutenir nos organes
Nous avons vu que le périnée formait un véritable trampoline. Ce soutien musculaire permet l’amorti des pressions abdominales.
Le périnée est soumis à différents niveaux de pression :
• La pression exercée par la pesanteur dans vos gestes du quotidien : marche, piétinement, port de charges…
• Une pression plus importante lors des efforts de la vie courante : toux, mouchage, éternuements, port de charges lourdes, …
• Et une pression d’un niveau encore supérieur lors de la pratique de certains sports et notamment des sports « à impact » , comme la course à pied.
Si les cordages de ce trampoline sont détendus et que les abdominaux continuent à pousser dessus, forcément, le maintien sera moins bon! La pression abdominale s’exerçant sur vos organes risque d’être délétère et de les faire descendre. Vous risquez alors d’être gênée par des sensations de pesanteurs ou de lourdeurs dans le vagin.
À assurer la continence anale
Le périnée joue également un rôle dans la continence anale : en nous permettant de retenir les gaz et les selles.

Attention

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  • 5. vous engager à mettre en oeuvre tous les moyens existants à ce jour pour empêcher n'importe quel mineur d'accéder à ce document.
  • 6. déclarer n'être choqué(e) par aucun type de sexualité.

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