Freud, le médecin imaginaire...d'un malade imaginé

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Français
114 pages
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Description

Dans cet ouvrage le docteur Roger Teyssou propose de démontrer de quelle façon l'auteur de la Clef des songes partant de prémisses erronées (l'hystérie et l'hypnose) a élaboré une doctrine désuète et despotique plus proche de la médecine spéculative des siècles passés que d'un abord objectif et pragmatique de la maladie mentale tant sur le plan de la physiologie que de la thérapeutique.

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Date de parution 01 septembre 2014
Nombre de lectures 26
EAN13 9782336354675
Langue Français

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Roger Teyssou

Freud,
le médecin imaginaire

… d’un malade imaginé











Freud,
le médecin imaginaire


Acteurs de la Science

Fondée par Richard Moreau,
professeur honoraire à l’Université de Paris XII
Dirigée par Claude Brezinski,
professeur émérite à l’Université de Lille


La collection Acteurs de la Science est consacrée à des études
sur les acteurs de l’épopée scientifique moderne; à des inédits
et à des réimpressions de mémoires scientifiques anciens ; à des
textes consacrés en leur temps à de grands savants par leurs
pairs ; à des évaluations sur les découvertes les plus marquantes
et la pratique de la Science.

Dernières parutions

Robert Locqueneux,Sur la nature du feu aux siècles classiques.
Réflexions des physiciens & des chimistes, 2014.
Roger Teyssou,Une histoire de la circulation du sang, Harvey,
Riolan et les autres, Des hommes de cœur, presque tous…, 2014
Karl Landsteiner. L’homme des groupes sanguins,édition
revue et augmentée, 2013.
Jean-Pierre Aymard,Karl Landsteiner. L’homme des groupes
sanguins,édition revue et augmentée, 2013.
Michel Gaudichon,L’homme quelque part entre deux infinis,
2013.
Roger Teyssou,Paul Sollier contre Sigmund Freud. L’hystérie
démaquillée,2013.
Gérard Braganti,Histoire singulière d’un chercheur de
campagne. L’invention de l’exploration cardiaque moderne par
Louis Desliens, vétérinaire, 2013.
Jean Louis,Mémoires d’un enfant de Colbert, 2012.
Elie Volf, Michel-Eugène Chevreul (1786-1889). Un savant
doyen des étudiants de France. Des corps gras et de la
chandelle à la perception des couleurs,2012.
Roger Teyssou,Gabriel Andral, pionnier de l’hématologie. La
médecine dans le sang, 2012.
Yvon Michel-Briand,Aspects de la résistance bactérienne aux
antibiotiques, 2012.
Roger Teyssou,Charcot, Freud et l’hystérie, 2012.


















































Roger Teyssou










Freud,
le médecin imaginaire

… d’un malade imaginé



































Du même auteur
Chez le même éditeur


Une histoire de la circulation du sang, Harvey, Riolan et les
autres…
Des hommes de cœur, presque tous, 2014.

Paul Sollier contre Sigmund Freud, l’hystérie démaquillée,
2013.

Gabriel Andral, la médecine dans le sang. Un pionnier de
l’hématologie, 2012.

Charcot, Freud et l’hystérie, 2012.

L'aigle et le caducée. Médecins et chirurgiens de la Révolution
et de l'Empire,2011.

Une histoire de l’ulcère gastro-duodénal. Le pourquoi et le
comment,2009.

Dictionnaire des médecins, chirurgiens et anatomistes de la
Renaissance,2009.

Dictionnaire mémorable des remèdes d’autrefois, 2007.

Quatre siècles de thérapeutique médicale du XVIe au XIXe
siècle en Europe, 2007.

La Médecine à la Renaissance,2002.






















© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-04105-6
EAN : 9782343041056















Nec me pudet, ut istos, fateri nescire quod nesciam.
(Je n’ai pas honte, comme ceux-là, d’avouer que j’ignore ce
que j’ignore).

Cicéron


La science est comme une corde que nous tenons à un bout que
nous voyons ; l’autre est dans l’eau et il tient à l’inconnu.
Toutes les fois que l’on prétendra présenter un travail complet
où rien ne reste inconnu, on pourra dire que cela est faux
.
Claude Bernard,Le cahier rouge, Paris, 1942.



Avant-propos



L’œuvre de Sigmund Freud est devenue une idéologie
doctrinaire. Les psychanalystes adoptent à son égard
l’attitude du croyant vis-à-vis des vérités de la foi. Ils s’en
imbibent, glosent sur elles, défendent bec et ongle sa
légitimité, appliquent aveuglément ses principes. La
formation analytique est un rite initiatique moliéresque et
l’on verrait très bien le maître donner quitus à son disciple
1
en disant, une fois la cure terminée:Dignus est entrare.
Cette théorie s’est propagée dans le langage, les mœurs et
l’activité quotidienne du public et de beaucoup de
praticiens, pas seulement les psychiatres et les
psychologues, mais aussi les médecins généralistes ou
spécialistes :on connaît les ravages effectués par l’abus
des diagnostics dits psychosomatiques. Les philosophes,
les sociologues, nombre d’éminents penseurs ont été
contaminés. Ce retour en force de la scolastique fut une
régression vers des pratiques d’exercice de la médecine et
un mode de raisonnement qui avaient fait florès dans
l’Antiquité, au Moyen Age et jusqu’aux premières
e
décennies du XIXsiècle. A l’époque, les professionnels
de santé étaient soumis au principe d’autorité et au
corporatisme. Ils raisonnaient par affirmation et par
déduction purement logiques. Ce poison a inhibé tout
progrès pendant des millénaires. Sa diffusion a été

1
Molière,Le malade imaginaire, acte III, scène XIV :
Bene, bene, bene, bene respondere.
Dignus,dignus est entrare
Innostro docto corpore.

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facilitée par l’ignorance totale des mécanismes de
fonctionnement de l’organisme, Harvey ayant le premier
jeté un peu de lumière dans ce domaine en démontrant
l’absurdité du système humoral et l’inanité des théories de
Galien (129-201). La situation était similaire lorsque
Freud a échafaudé ses théories du fonctionnement
cérébral. Il a bénéficié de la faiblesse des connaissances
neurologiques de son époque et d’un contexte social qui
lui facilitait une interprétation purement philosophique de
phénomènes métaboliques, interprétation hypocritement
attifée d’un déguisement pseudo scientifique. La
psychanalyse appartient au folklore, à la mythologie, à
l’histoire des religions, à l’art, à la littérature. Elle est aussi
étrangère à la médecine que l’astrologie à l’astronomie ou
la chiromancie à la chirurgie de la main.
Ce livre est divisé en cinq chapitres: ils passent en
revue quelques symboles freudiens, les topiques, la
médecine psychosomatique, la nosographie puis la
thérapeutique, tels que les conçoit la psychanalyse. Ses
dogmes et ses sophismes sont comparés aux anciennes
théories médicales les plus probantes concernant le
système nerveux et la folie. Les spéculations, les méthodes
et les résultats de la psychanalyse sont confrontés ensuite
aux acquisitions récentes dans le domaine de la
neurophysiologie, de l’interprétation et du traitement de
certaines maladies mentales.
Le titre choisi trouve sa justification dans ces lignes
écrites par Freud, en 1927, dans la postface de son
Nachwort zur Frage der Laienanalyse (Laquestion de
l’analyse profane):… La psychanalyse n’est pas une
spécialité de la médecine. Je ne vois pas comment on peut
refuser de le reconnaître … Après 41 ans de pratique
médicale, la connaissance que j’ai de moi-même me fait

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dire que je n’ai pas été un véritable médecin, au sens
2
propre du terme.Voilà pour le médecin imaginaire.
Quant au malade imaginé, il résulte du fait que la cure
psychanalytique ne vise pas la guérison ou la disparition
d’un symptôme mais ambitionne de découvrir une vérité
qui est souvent celle d’un psychanalyste sincère projetée
sur un patient naïf. Ce n’est pas le moindre paradoxe de la
psychanalyse freudienne que d’avoir prétendu que le sujet
souffrait d’une méconnaissance de soi à l’intérieur de la
fausse transparence d’un moi construit par l’imaginaire,
alors que le psychanalyste projetait son propre imaginaire
sur l’analysé devenu un malade… imaginé.


2
L’attitudede Freud vis-à-vis de la médecine et des médecins apparaît très
explicitement dans ces quelques lignes dont il est l’auteur :Il faut considérer
que le médecin, dans les Facultés, reçoit une instruction qui est à peu près le
contraire de ce qu’il faudrait comme préparation à la psychanalyse. Son
attention est dirigée vers des faits objectifs démontrables, d’ordre
anatomique, physique, chimique, de la vraie compréhension et du maniement
desquels le succès de l’action médicale dépend. Psychanalyse et médecine.On
trouvera une transposition de ce texte dans la conclusion de ce livre, p. 91.

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