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Analyse pratique du médicament

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Description

Méthodes chimiques. Méthodes physiques. Méthodes instrumentales chromatographiques. Méthodes instrumentales spectrométriques. Méthodes instrumentales électrochimiques. Méthodes biologiques. L'analyse des matières premières. L'analyse des formes pharmaceutiques. L'analyse des médicaments dans les liquides biologiques. Annexes. Index.

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Ajouté le 01 mai 1992
Nombre de lectures 821
EAN13 9782743016432
Langue Français
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ANALYSE
PRATIQUE
D U MEDICAMENT
Coordonnateur
D. PRADEAU
inte r L'ANALYSE
PRATIQUE
DU MÉDICAMENT sous Tégide de l'APHIF
Associatio n de Pharmaci e Hospitalière de l'lle-de France
L'ANALYSE
PRATIQUE
DU MÉDICAMENT
Préface
de Yves COHEN
Coordonnateur
Dominiqu e PRADEAU
Editions Médicales Internationales
Allé e d e la Croix-Bossée
F 9423 4 Cachan Cedex LES OUVRA GES DE LA COLLECTION APHIF
(ouvrages publiés sous l'égide de l'Association de Pharmacie Hospitalière de l'île -de-France)
Chez Éditions Médicales Internationales
HYGIÈNE HOSPITALIÈRE PRATIQUE PHARMACIE CLINIQUE
Coordonnateurs : A. Dauphin, J.C Darbord Stratégies et communications
736 p., 15,5x24, 2" éd. 1988, nouveau tirage Introduction à la pratique des stages
1990. European Society of Clinical Pharmacy
96 p., 15,5x24, 1990.
LES MATIÈRES PLASTIQUES
À USAGE PHARMACEUTIQUE L'ANALYSE PRATIQUE DU MÉDICAMENT
Propriétés générales et biotechniques Ccordonnateur : D. Pradeau
Ccordonnateur : E. Postaire 1072 p., 15,5x24, 1992.
568 p., 15,5x24, ? éd. 1991.
Chez Frison-Roche
LE BON USAGE DES MÉDICAMENTS GUIDE DU MATÉRIEL MÉDICO-CHIRURGICAL
J.-M. Descoutures et Coll. A. Dauphin et Coll.
410 p.. 15x21, 1988. 464 p., (5x2), 1988.
TABLES D'UTILISATION DES MÉDICAMENTS MÉDICAMENTS, HEURE, TABAC ET ALIMENTATION
P. de Brandt et Coll. J.-L. Saulnier, M. Talbert
26 4 p., 11,5x 18, 1988. 236 p., 15x21, 2- éd. 1988.
© TEC & DOC - LAVOISIER, 1992
11, rue Lavoisier - F 75384 Paris Cedex 08
ISSN : 0297-8857
ISBN : 2-85206-658-0
Toute reproduction ou représentatition intégrale ou partielle, par quelque procédé que ce soit, des pages
publiées dans le présent ouvrage, faite sans l'autorisation de l'éditeur ou du Centre Français du Copyright
(6 bis, rue Gabriel-Laumain, 75010 Paris), est illicite et constitue une contrefaçon. Seules sont autorisées,
d'une part, les reproductions strictement réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utili­
sation collective, et, d'autre part, les analyses et courtes citations justifiées par le caractère scientifique
ou d'information de I' œuvre dans laquelle elles sont incorporées (loi du 11 Mars 1957 art. 40 et 41 et
Code Pénal art. 425). Préface
Voici donc un traité de Chimie Analytique fait par des pharmaciens pour
de s pharmaciens.
Monsieu r Dominique PRADEAU, chef du Service de Contrôle Physico-Chi­
miqu e à la Pharmacie Centrale de s Hôpitaux de Paris, a su amener à lui, grou­
pe r et orienter quarante pharmaciens, principalement hospitaliers mais aussi
officinaux, à l'occasion universitaires, afin de rédiger L'Analyse pratique du mé­
dicament.
La première rencontre avec l'ouvrage suscite un sentiment d'admiration de­
vant la réussite à la mesure de l'ampleur du projet, de la diversité des sujets
abordés , de la haute qualification des auteurs et du but précis assigné à cette
cohort e d e spécialistes.
Il es t vrai que le médicament a un visage multiple : il peut être un gaz mé­
dical, une plante, un compos é chimique simple ou complexe, dan s sa présenta­
tion propre à l'usage humain et parfois à l'usage vétérinaire. Le médicament est
constitu é du principe actif, de s substances auxiliaires (ou excipients) qui contri­
buen t à sa présentation, au « poids médicinal », du récipient qui le contient et
de s mentions portées sur l'étiquette accolée au récipient.
Tout doit être contrôlé, de la pureté du gaz, des éléments microscopiques
d e la plante, d e la pureté du compos é chimique actif, d e sa structure en trois di­
mensions , de s phases des excipients, d e la texture du récipient, de l'exactitude
de s textes étiquetés.
Son t impliqués, dans cette recherche assidue de la qualité, des connais­
sance s allant de la physique de la matière ou de la physique corpusculaire, à la
biologie moléculaire, laquelle sous-tend les biotechnologies sources de nou­
veau x principes actifs.
Le médicament fait appel à des connaissances scientifiques diversifiées et
pourtan t approfondies qui trouvent leur unité dan s le souci constant de la santé
publique . En amont de sa réalisation, une expérience solide est demandée au
producteu r dans les techniques de la chimie, de la botanique, de la
productiqu e ; e n aval, prédomine l'analyste habile à mettre en oeuvre la thermo­
dynamique , la protométrie, la spectrométrie ou encore Pimmunométrie et j'en
passe .
Rédig é par des scientifiques aiguisés à la pratique quotidienne de l'ana­
lyse, maîtres de la théorie mais conscients de ses limites, capables de choisir
entr e plusieurs options pour ne retenir que la meilleure, la plus efficace, la plus
reproductible , ce traité tient son originalité des développements scientifiques 4 L'analyse pratique du médicament
concis , quoique bien étayés, et d'un abord pratique, vécu et documenté, des
exposé s utiles au pharmacien praticien confronté, dans son isolement au sein
d e son laboratoire, à un devoir constant et répété d e qualité ou à de s difficultés
inopinées . Ce pharmacien praticien trouvera dans le corp s de l'ouvrage une ré­
pons e aux questions qu e lui pos e l'exercice si divers d e sa profession.
En effet, les auteurs, pharmaciens hospitaliers eux-mêmes, connaissent la
situation de leurs confrères et entendent les éclairer avec précision. Ils sont
dan s la tradition instaurée par un savant pharmacien, Charles MORIN (1910-
1972 ) qui, d e 1933 à 1972, a œuvr é au laboratoire de s Essais d e la Pharmacie
Central e des Hôpitaux de Paris, y a inventé des méthodes d'analyse suscep­
tible s d'être employées dans les hôpitaux, la plus célèbre étant la réaction
d'identification de l'atropine par l'acide nitrique en milieu potassique, dite réac­
tion de Vitali-Morin, et y a formé de nombreux élèves que l'on retrouve parmi
les signataires d e ce traité.
L'ouvrag e comprend dix parties, elles-mêmes subdivisées en chapitres.
L'introduction aborde le caractère réglementaire de l'analyse des médica­
ments , la notion d'assurance de la qualité, la validation des méthodes.
Viennen t ensuite les neuf autres parties qui traitent des méthodes phy­
sique s simples (thermoanalyse, réfractométrie, microscopie, viscosité, entre
autres) , des méthodes chimiques (notamment protométrie, complexométrie,
oxydo-réductimétrie) , des méthodes instrumentales chromatographiques et
spectrométriques , jusqu'aux plus récentes comme la spectrométrie de masse
o u la spectrométrie de résonance magnétique nucléaire, les méthodes instru­
mentale s électrochimiques, les méthodes biologiques (titrage microbiologique
de s antibiotiques, recherche des pyrogènes, détection des endotoxines bacté­
rienne s par le lysat d'amcebocyte de limule, contrôle de stérilité microbienne,
pa r exemple). Les dernières parties sont consacrées aux analyses des ma­
tière s premières, de s formes pharmaceutiques, des médicaments dans les mi­
lieux biologiques.
Un e bibliographie, récente et abondante sans excès, complète chacun des
chapitres . L'ouvrage s'achève sur des annexes (telles que la liste des centres
antipoiso n français) et un index de s matières.
C e traité sera d'une grande aide au praticien hospitalier, à l'industriel, à
l'universitaire dans la mise en œuvre de méthodes modernes d'analyse des
médicaments . Dans la profession et hors de la profession pharmaceutique, il
devrai t rencontrer un grand succès car il pourrait servir e n cosmétologie, en hy­
drologie , dan s le secteur agroalimentaire.
Le Président de la Commission nationale de la Pharmacopée française a
ét é heureux de rédiger cette préface en témoignage de l'estime qu'il porte au
travail effectué par les experts tant dans les commissions que dans les labora­
toire s et dont plusieurs ont collaboré à cet ouvrage.
Professeur Yves Cohen
Doye n honoraire de la Faculté de Pharmacie
Universit é de Paris XI Liste des auteurs
ACEZAT-MISPELTER F. Pharmacien, Laboratoire Sandoz Rueil-Malmaison
(HAUTS-OE-SEINE).
ANT1GNAC S. Interne, Groupe hospitalier Pitié-Salpétrière (PARIS).
BE1XANGER-POINTEREAQ A. Pharmacien des Hôpitaux, Groupe hospitalier Pitié-
Salpétrière (PARIS).
BELLENGER P. Pharmacien des Hôpitaux, Hôpital Saint-Louis (PARIS).
BOCQOET BWCKLEY V. Interne, Groupe hospitalier Pitié-Salpétrière (PARIS).
BOIME A. Inspecteur général adjoint des Installations classées de
la Préfecture de Police. Pharmacien des Hôpitaux, Phar­
macie Centrale des Hôpitaux de Paris (PARIS).
BROSSARD D. Professeur de Pharmacie galénique, faculté de Paris V
(PARIS) - Pharmacien des Hôpitaux, Hôpital de Saint-
Germain-en-Laye (YVELINES).
CHAIGNEAO M. Directeur honoraire. Laboratoire de Recherche sur les
gaz du C.N.R.S, Faculté Pharmacie Paris V (PARIS).
COURTEILLE F. Pharmacien assistant des Hôpitaux, Laboratoire de
Contrôle P.C.H. (PARIS).
DARBORD J.-C. Professeur de Bactériologie-Virologie, Faculté Paris V
(PARIS) - Pharmacien des Hôpitaux, Laboratoire de
contrôle P.C.H. (PARIS).
DEBEAOMARCHE M. Président honoraire de la Société des Pharmaciens
Agréés (PARIS).
DETOLLE S. Interne en Pharmacie, Laboratoire de Contrôle P.C.H.
(PARIS).
FARIMOTTI R. Professeur de Pharmacie Clinique, faculté de Paris XI
(HAUTS-DE-SEINE) - Pharmacien des Hôpitaux, Groupe
hospitalier Bichat-Claude Bernard. (PARIS).
GIARD-POISSON fi. Pharmacien des Hôpitaux, Hôpital Spécialisé - vlllejuif
(VAL-DE-MARNE).
GIRAUD C. Pharmacien des Hôpitaux, Hôpital Louis Mourier - Co­
lombes (HAUTS-OE-SEINE).
GOGRY V. Docteur ès Sciences, Université Paris V (PARIS).
GROSSIORD J.-L Maître de Conférence, Docteur ès Sciences Pharma­
ceutiques, Laboratoire de Physique Pharmaceutique
U.R.A.-C.N.R.S 1218 - Faculté Paris XI (HAUTS-DE-SEINE).
GOILLOTE. Interne, Groupe hospitalier Pitié-Salpétrière (PARIS).
GOYOMARD S. Pharmacien des Hôpitaux, Hôpital Cochin (PARIS).
HAMONM. Professeur de Chimie Analytique, Faculté Paris XI
(HAUTS-DE-SEINE) - Pharmacien Chef, Hôpital Necker
(PARIS). 6 L'analyse pratique du médicament
HAZEBROCJCQ G. Professeur de Pharmacie Clinique, Faculté Paris XI
(HAUTS-DE-SEINE) - Pharmacien des Hôpitaux, Hôpital
Cochin (PARIS).
LEBELLEY A.-Y. Interne en Pharmacie, Hôpital Bicêtre (VAL-OE- MARNE)
LEGAUDU A. Technicien de laboratoire. Laboratoire de Contrôle
P.C.H. (PARIS).
LE HOANG M.-D. Docteur en Chimie, Laboratoire de Contrôle P.C.H.
(PARIS).
LEMARQUAND S. Interne en Pharmacie, Laboratoire de Contrôle P.C.H.
(PARIS).
LKFORMAN J. Maître de Conférences de Physique, Faculté Paris V
(PARIS) - Pharmacien des Hôpitaux, Pharmacotechnie
P.C.H. (PARIS).
MOLLET M. Pharmacien des Hôpitaux, Inspecteur Général des Ser­
vices Pharmaceutiques - Assistance Publique - Hôpi­
taux de Paris (PARIS).
MONTAGNIER C. Pharmacien des Hôpitaux, Hôpital Jean-Verdier.Bondy
(SEINE-SAINT-DENIS).
PASCAL C. Pharmacien des Hôpitaux, Société Rhône-Poulenc
Santé - Vitry-sur-Seine (VAL-DE-MARNE).
PETIOT J . Ingénieur chimiste, Laboratoire de Contrôle P.C.H.
(PARIS).
PRADEAU D. Maître de Conférence de Chimie Analytique, Faculté
Paris XI (HAUTS-DE-SEINE) - Pharmacien des Hôpitaux, La­
boratoire de Contrôle P.C.H. (PARIS).
PRADIER F. Pharmacien des Hôpitaux, Pharmacotechnie P.C.H.
(PARIS).
POSTAIRE E. Maître de Conférence de Pharmacie Clinique, Faculté
Paris XI (HAUTS-DE-SEINE), Pharmacien des Hôpitaux, La­
boratoire de Contrôle P.C.H.(PARIS).
POSTAIRE-V1GRECIX M. Pharmacien des Hôpitaux, Groupe hospitalier Necker-
Enfants malades (PARIS).
PROGNON P. Maître de Conférence de Chimie Analytique, Faculté
Paris XI (HAUTS-DE-SEINE) - Pharmacien des Hôpitaux,
Laboratoire de Contrôle P.C.H. (PARIS).
SIOUFFI A.M. Ingénieur de l'ENSSPICAM, Professeur à l'Université
Saint-Jérôme ( MARSEILLE).
STEINMETZ-DELVORDRE A.-C. Pharmacien des Hôpitaux, Hôpital Tenon (PARIS).
TABCIRET A.-M. n des, Hôpital Bicêtre (VAL-DE-
MARNE).
TOD M. Pharmacien des Hôpitaux, Hôpital Avicenne - Bobigny
(SEINE-ST-DENIS).
TOURATIER S. Pharmacien des Hôpitaux, Hôpital Saint-Louis (PARIS).
VINCEMT F . Pharmacien Assistant des Hôpitaux, Laboratoire de
Contrôle P.C.H. (PARIS).
VIRIOT E Pharmacien des Hôpitaux, Hôpital de Gonesse
(VAL-D'OISE). TABLE
DES MATIÈRES
CHAPITRE 1
Aspects légaux des contrôles à l'officine
et dans les établissements de soins 17
M. MOLLET, M. HAMON, M. DEBEAUMARCHE
CHAPITRE 2
Dispositions réglementaires en matière d'étiquetage
des matières premières et produits finis 23
C. MONTAGNIER, F. PRADIER
CHAPITRE 3
L'assurance de qualité en matière de préparation
et d'analyse du médicament 45
D. PRADEAU, F. LAURENÇON-COURTEILLE
CHAPITRE 4
Démarche méthodologique
en analyse pharmaceutique 66
P. PROGNON, A.V. LEBELLE, A.M. TABURET, S. GUYOMARD, J.C. DARBORD
CHAPITRE 5
Validation d'une méthode analytique
appliquée aux dosages du médicament 115
S. TOURATIER, D. PRADEAU
CHAPITRE 6
La sécurité au laboratoire 143
A. BOIME, J.C. DARBORD
PARTIE ! METHODE S
PHYSIQUE S SIMPLES
INTRODCCTION 167
D. PRADEAU 8 L'analyse pratique du médicament
CHAPITRE 1
Pesée analytique 16 8
F. LAURENÇON-COURTEILLE, P. BELLENGER, P. PROGNON
CHAPITRE 2
Microscopie 17 6
D. PRADEAU, P. BELLENGER. J.C. DARBORD
CHAPITRE 3
Thermométrie 18 3
P. BELLENGER
CHAPITRE 4
Point de fusion et méthodes de thermoanalyse 18 7
S. DETOLLE, N. GIARD-POISSON, P. PROGNON
CHAPITRE 5
Réfractométrie 19 9
P. BELLENGER
CHAPITRE 6
Polarimétrie 20 5
N. GIARD-POISSON, P. BELLENGER
CHAPITRE 7
Viscosité 21 1
F. LAURENÇON-COURTEILLE, J.-L.GROSSIORD
CHAPITRE 8
Masse volumique et densité relative 23 3
F. LAURENÇON-COURTEILLE, N. GIARD-POISSON, P. BELLENGER
CHAPITRE 9
Osmolalité 24 7
F. LAURENÇON-COURTEILLE, N. GIARD-POISSON, M. HAMON
PARTIE II METHODE S
CHIMIQUE S
INTRODUCTION 26 3
D. PRADEAU
CHAPITRE 1
Mise en œuvre d'une méthode chimique d'analyse 26 4
A. LE GAUDU, P. BELLENGER, P. PROGNON 9 Table des matières
CHAPITRE 2
Intérêt et réalisation des essais limites
de la Pharmacopée Française 27 6
P. BELLENGER, P. PROGNON
CHAPITRE 3
Protométrie en milieu aqueux et non aqueux 287
A.C. DELVORDRE-STEINMETZ, P. PROGNON
CHAPITRE 4
Complexométrie RHO
P. PROGNON
CHAPITRE 5
335 Les appariements d'ions
P. PROGNON
CHAPITRE 6
352 Oxydo-réductimétrie
M.D. LE HOANG, P. PROGNON
PARTIE III MÉTHODE S
INSTRUMENTALE S CHROMATOGRAPHIQCIES
INTRODUCTION 38 9
A. M. TABURET
CHAPITRE 1
Chromatographic planaire 39 6
E. POSTAIRE, A.M. SIOUFFI
CHAPITRE 2
Chromatographic en phase gazeuse 41 8
A.M. TABURET, R. FAR1NOTTI
CHAPITRE 3
Chromatographic en phase supercritique 43 5
R. FARINOTTI
CHAPITRE 4
Chromatographic en phase liquide analytique 44 7
R. FARINOTTI
CHAPITRE 5
Chromatographic ionique 49 0
P. PROGNON 10 L'analyse pratique du médicament
PARTIE IV METHODE S
INSTRUMENTALE S SPECJHROMÉTRIQUES
INTRODUCTION 53 5
D. PRADEAU
CHAPITRE 1
Spectrophotométrie d'absorption moléculaire
dans l'ultraviolet et le visible 53 6
D. PRADEAU, E. POSTAIRE, P. PROGNON
CHAPITRE 2
Spectrophotométrie infrarouge 56 2
G. HAZEBROUCQ, A. BELLANGER-POINTEREAU
CHAPITRE 3 e d'absorption
et d'émission atomique — Émission plasma 57 2
J. PETIOT, D. PRADEAU
CHAPITRE 4
Émission de fluorescence 60 0
P. PROGNON
CHAPITRE 5
Emission de phosphorescence 621
P. PROGNON
CHAPITRE 6
Chimiluminescence 638
M. TOD
CHAPITRE 7
Spectrométrie de résonance magnétique nucléaire 64 9
J. LIKFORMAN
CHAPITRE 8
Spectrométrie de masse 68 3
P. PROGNON
PARTIE V METHODE S
INSTRUMENTALE S ÉLECTROCHIMIQUES
INTRODUCTION 70 3
C. GIRAUD, E. VIRIOT 11 Table des matières
CHAPITRE 1
Méthodes indicatrices et coulométriques 71 0
C. GIRAUD, E. VIRIOT
CHAPITRE 2
Électrodes sélectives 72 0
D. PRADEAU
CHAPITRE 3
La détection électrochimique
en chromatographic liquide haute performance 73 7
C. GIRAUD, E. VIRIOT
PARTIE VI METHODE S
BIOLOGIQUE S
INTRODUCTION 74 7
J.C. DARBORD
CHAPITRE 1
Méthodes immunologiques
de dosage des médicaments 74 8
R. FARINOTTI
CHAPITRE 2
Titrage microbiologique des antibiotiques 76 7
C. PASCAL
CHAPITRE 3
Dosage de l'héparine 78 5
V. GOURY
CHAPITRE 4
Essai des pyrogènes chez le lapin pour le contrôle
des préparations à usage parenteral _ 79 1
F. ACEZAT-MISPELTER
CHAPITRE 5
Recherche et dosage des endotoxines bactériennes
par le lysat d'amœbocytes de Limule 80 3
S. GUYOMARD, V. GOURY, J.C. DARBORD
CHAPITRE 6
Contrôle de stérilité 81 3
J.C. DARBORD
CHAPITRE 7
Efficacité antimicrobienne des conservateurs 82 1
J.C. DARBORD 12 L'analyse pratique du médicament
CHAPITRE 8
Essais de tolérance locale 829
F. VINCENT
CHAPITRE 9
Détermination de l'activité des antiseptiques
et des désinfectants 83
X. PREVOST, J.C. DARBORD
PARTIE VII L'ANALYS E
DE S MATIÈRES PREMIÈRES
INTRODUCTION 847
D.PRADEAU
CHAPITRE 1
L'eau et son contrôle 848
J. PETIOT, P. PROGNON
CHAPITRE 2
Le dosag e de l'eau 876
P. BELLENGER
CHAPITRE 3
Identification des matières premières
pharmaceutiques 883
A. BELLANGER-POINTEREAU, V. BOCQUET-BRICKLEY, E. GUILLOT,
S.ANTIGNAC, M.POSTAIRE-VIGREUX
CHAPITRE 4
Identification des principales poudres
ou plantes utilisées à des fins toxicomanogènes 921
C. MONTAGNIER, F. LAURENÇON-COURTEILLE
PARTIE VIII L'ANALYS E
DE S FORMES PHARMACEUTIQUES
INTRODUCTION 939
D. BROSSARD
CHAPITRE 1
Les gaz à usage médical 940
D. BROSSARD, C. LAUNAY-DUVAL, M. CHAIGNEAU Table des matières 13
CHAPITRE 2
Les formes liquides 954
E. POSTAIRE, 0 . BROSSARD
CHAPITRE 3
Les formes solides 964
D. BROSSARD
CHAPITRE 4
Les formes dermiques 97 1
D. BROSSARD
CHAPITRE 5
Les suppositoires 97 8
D. BROSSARD
CHAPITRE 6
Les tisanes 983
A. LE GAUDU, D. PRADEAU
CHAPITRE 7
Les mélanges pour nutrition parentérale 989
M. POSTAIRE-VIGREUX, D. BROSSARD, E. POSTAIRE
PARTIE IX L'ANALYS E DE S MEDICAMENTS
DAN S LES LIQUIDES BIOLOGIQUES
INTRODUCTION 999
D. PRADEAU
CHAPITRE 1
Le dosag e des médicaments 100 0
A.M. TABURET
CHAPITRE 2
Le contrôle de qualité du dosage des médicaments 103 2
S. TOURATIER, D. PRADEAU
CHAPITRE 3
La nomenclature des actes de laboratoire 1045
C. MONTAGNIER
ANNEXES. 105 1
INDEX 106 3 INTRODUCTION Chapitre
1
Aspects légaux des contrôles
à l'officine et dans les
établissements de soins
M. Mollet, M. Hamon et M. Debeaumarche
INTRODUCTION
Pendan t longtemps la notion de contrôle de la qualité des médicaments a été
considérée à tort comme ne concernant que l'industrie pharmaceutique. Cependant, la
préparation magistrale et la fabrication au niveau de l'hôpital, même réalisées "selon
l'art" pour reprendre l'expression de nos aînés, doivent être soumises également à des
règles précises.
L'application stricte des bonnes pratiques (Bonnes Pratiques de Fabrication et de
production pharmaceutique d'octobre 1985 - Bonness de préparations
officinales de 1988) ne dispense pas du contrôle du produit fini. En effet, malgré toutes
les précautions prises au niveau de la fabrication ou de la préparation, aucun praticien
n'est à l'abri d'incidents ou d'accidents survenus aux différents stades du processus.
1. ASPECTS LEGAUX
1.1. Le rôle de la Pharmacopée
Les méthodes d'identification (cf. 3.1.1.) et d'éventuel contrôle exhaustif nécessaire
(cf. 3.1.2.) sont celles de lae Française qui est un ouvrage officiel élaboré
par la Commission Nationale de la Pharmacopée et rendu opposable par arrêté
ministériel.
Ce t ouvrage comporte d'une part, des méthodes générales d'analyses, des
descriptions de réactifs... et, d'autre part, de s monographies qui serviront de référence
en cas de litige mettant en jeu la qualité du produit. 18 L'analyse pratique du médicament
Il va de sol que les normes fixées le sont en fonction de la méthode et des réactifs
Indiqués . D'autres méthodes peuvent cependant être utilisées. Dans ce cas, la
nouvelle technique ou se s simples modifications doivent être validées. En ca s de litige,
c'es t la seul e méthode de la Pharmacopé e qui est opposable.
Il convient de rappeler que l'emploi du nom correspondant à une monographie de la
Pharmacopé e pour désigner une substance ou une préparation destinée à l'usage
médicina l implique que cette préparation ou cette substance satisfasse aux
prescriptions de la monographie correspondante.
Le s monographies de la Pharmacopée comportent les rubriques suivantes :
- caractères
- identification
- essai
- dosage
- conservation
- étiquetage.
Le s caractères sont informatifs. Ces informations sont utilisables bien entendu, dans
toutes les branches de la profession. Ils présentent l'intérêt de permettre une rapide
reconnaissance .
Le s méthodes d'identification, d'essai et de dosage décrites sont les méthodes
officielles opposables dont dépendent les spécifications de la Pharmacopée. Elles ne
peuven t pas garantir contre la présence de toutes les impuretés potentielles et c'est la
connaissanc e du mode de synthèse qui, seul, permet de savoir s'il y a lieu de mettre
e n œuvre de s essais complémentaires.
Il est important de lire les préfaces de la Pharmacopée ainsi que les prescriptions
générale s qui précisent la portée des différentes parties de la Pharmacopée et
l'utilisation qui en est demandée aux différents branches de la profession.
Si le produit présente un caractère différent de celui qui est indiqué dans la
monographie, il convient de se renseigner auprès du fournisseur, qui le plus souvent
peu t apporter toutes explications utiles.
Dan s les cas où la matière première n'est pa s inscrite à la Pharmacopée Française, il
es t possible de faire appel à d'autres Pharmacopées, en donnant la préférence à celles
de s états membres de la C.E.E., ou à défaut à d'autres documents non officiels. Parmi
ceux-ci, les fiches de diagnoses rapides de la Société Française de Sciences et
Techniques Pharmaceutiques, élaborées par un groupe de spécialistes, méritent une
mention particulière.
Dan s le cas où la matière première ne fait l'objet d'aucune référence, il est nécessaire
d e s'enquérir de son origine. Cette dernière permet, en effet, d'orienter les recherches
d'impuretés, selon les indications que doit donne r le fournisseur.
1.2. L'élaboration de la Pharmacopée
Dan s un premier temps, les monographies sont publiées en notes techniques pro-
pharmacopoea , sous forme d'enquête publique, dan s la press e professionnelle et pour
certaine s d'entre-elles dans les Informations Pharmaceutiques, organe du Conseil
National de l'Ordre des Pharmaciens. L'avis de leur parution est publié au Journal
Officiel. Ces notes peuvent être obtenues sur simple demande au Ministère de la
Sant é - Direction de la pharmacie et du médicament - Bureau de la Pharmacopée. Les
utilisateurs potentiels doivent faire connaître si les essais indiqués sont réalisables
dan s leur domaine d'activités et le ca s échéant, proposer d'autres méthodes répondant 19 Aspect s légaux des contrôles à l'officine et dans les établissements de soins
mieux à leur besoin. En particulier l'identification devrait être systématiquement vérifiée
pa r toutes les branches de la profession. Ce n'est qu'après étude des remarques, des
critiques et des propositions par la Commission de la Pharmacopée (et si nécessaire
nouvelle enquête publique) que la monographie est publiée dans la Pharmacopée. La
publication a lieu soit sous forme d'un arrêté ministériel au Journal Officiel, soit sous
forme d'un supplément. La date d'application, dans ce dernier cas, figure en bas et à
gauch e de chaque monographie.
En cas d'impossibilité technique de réaliser un essai, la Commission Nationale de la
Pharmacopé e doit être prévenue afin d'y remédier au plus vite, si cela s'impose, ou
d'apporter les précisions complémentaires, si nécessaire.
2. CONTROLE DE L'ETIQUETAGE ET DU CONDITIONNEMENT
DE LA MATIERE PREMIERE
Le "contrôle" des matières premières commence, et ce quel que soit le mode
d'exercice, par l'examen du récipient afin d'en vérifier l'intégrité et l'étiquetage. Ce
dernier doit être conforme à la réglementation en vigueur et être parfaitement lisible et
précis. On doit pouvoir à tout moment retrouver l'origine et la qualité de la matière
première considérée. Une lecture attentive et critique de l'étiquette par un pharmacien
peu t éviter de s erreurs aux conséquences tragiques.
A titre d'exemple, nous citerons des cas vécus ayant eu des conséquences souvent
graves . C'est ainsi qu'une solution destinée à préparer un patient à une coloscopie a
ét é réalisée avec un polyoxyéthylèneglycol de faible masse moléculaire, toxique par
ingestion à la place du PEG 4000 prescrit.
D e même une huile essentielle de genévrier (tiges et feuilles riches en thuyone
convulsivante) a été délivrée au lieu d'huile essentielle de genièvre (baies souvent
utilisées en art culinaire). Une confusion également dangereuse a été constatée entre
alcool éthylique et alcool méthylique.
D'autres exemples intéressent les vitamines : confusion entre vitamines E et F mais
surtout entre la vitamine A (rétinol) et l'acide rétinoïque qui est loin d'être inoffensif.
Dans ce même ordre d'idée, un risque important concerne le reconditionnement des
poudre s livrées dans des récipients préétiquetés contenant un emballage souple
(pochette ou sac), lui mêm e dépourvu d e toute indication.
Le pharmacien ne doit pas transvaser dans un flacon de service sans prendre les
précautions nécessaires pour éviter trois risques :
- une erreur éventuelle de flacon (identification) ;
- la disparition du numéro de lot ;
- le mélange de plusieurs lots.
Ce s deux dernières erreurs empêchent toute remontée à l'origine du produit.
3 . CONTROLE DES MATIERES PREMIERES
Tout contrôle des matières premières devrait débuter par une "reconnaissance" du
produit, c'est à dire par l'observation de ses caractères organoleptiques. Il s'agit d'une
premièr e approche qui peut être très pertinente en cas d'erreur de produit ou
d'anomalie grossière. 20 L'analyse pratique du médicament
• L'aspect et la couleur éventuelle sont les premiers à considérer. Ils sont toujours
mentionnés dans les monographies de la Pharmacopée.
Ainsi parmi les sels ferreux, souvent verts (comme le sulfate ou le chlorure) peuvent se
trouver d'autres couleurs : le fumarate est brun et l'oxalate jaune.
De même, le sulfate de magnésium ou le sulfate de sodium officinal se présentent en
cristaux, alors que le sulfate de baryum est pulvérulent. Mais ces caractères de
cristallisation peuvent souvent disparaître : les acides citrique et tartrique qui étaient
naguèr e présentés en gros cristaux sont maintenant fournis pulvérisés.
• La densité d'une poudre est également à considérer ; les sels de mercure ou de
baryu m sont très lourds, alors que le carbonate basique de magnésium est
particulièrement léger.
• L'odeur est concluante dans certains cas, mais si certaines substances peuvent être
senties sans précautions particulières (huiles essentielles, acétone...) d'autres doivent
l'être ave c plus d e précautions (acide acétique, ammoniaque, formaldehyde...).
• La notion de goût n'est plus mentionnée dan s les textes officiels (Pharmacopée) pour
de s raisons de responsabilité et d e risques éventuels par un opérateur inattentif.
Toutefois, si elle est utilisée avec prudence, elle permet une indication intéressante. Un
tel essai aurait pu permettre d'éviter l'erreur récente commise dans un laboratoire
d'analyse s biologiques, où il a été délivré au lieu de glucose une poudre blanche qui
était du fluorure de sodium (substance toxique de saveur salée).
• Pour les produits chimiques ou galéniques, il es t ensuite possible de réaliser
quelque s essais à l'eau : vérification de la miscibilité du glycerol et de l'insolubilité de
l'huile de vaseline, détermination du pH à l'aide d'un papier indicateur pour différencier
les phosphates mono, di ou tri-alcalins.
• Des essais à la flamme (fusion et combustion du glucose ou de la caféine,
changemen t de teinte de l'oxyde de zinc.) peuvent utilement compléter des essais
préliminaires.
• Pour les plantes, l'observation des caractères est particulièrement indispensable
(feuilles, racines...). Ces simples essais évitent déjà beaucoup de d'erreurs mais ils
doivent être complétés par de s identifications plus précises.
3.1 . Le contrôle proprement dit
Au plan légal les obligations du pharmacien au niveau des matières premières sont
différentes selon l'origine de ces dernières.
3.1.1 . Origine pharmaceutique
Dan s le cas où le produit provient d'un fabricant possédant le statut d'établissement
pharmaceutiqu e (Article L 596 du Code de la Santé Publique) c'est à dire dont le
responsabl e est un pharmacien inscrit en section B ou C de l'Ordre et comme tel,
soumi s au contrôle de l'inspection, seule l'Identification est exigée ainsi que l'étude
critique du bulletin d'analyse effectué selon la Pharmacopée. En effet quelle que soit
so n origine, qu'il s'agisse d'un principe actif ou d'un excipient, dans tous les domaines
pharmaceutique s (pharmacie d'officine, pharmacie hospitalière, établissement
pharmaceutiqu e industriel), la matière première doit faire l'objet d'une identification
lorsqu'elle change d'établissement pharmaceutique selon la méthode proposée par la
Pharmacopé e lorsque la monographie y figure et selon des spécifications préétablies
et apportant des garanties suffisantes dans les autres cas. 21 Aspects légaux des contrôles à l'officine et dans les établissements de soins
Il est à noter que peu à peu s'est dégagé le concept de méthodes alternatives. En
effet, les méthodes d'analyses de la Pharmacopée sont choisies pour leur bonne
reproductibilité et évitent dans la mesure du possible, le recours à des appareils trop
coûteux. Or, il est parfois préférable pour de s identifications en série de pouvoir utiliser
de s méthodes dont la mise en œuvre est plus rapide même si l'investissement en
matériel nécessaire est plus lourd. A l'inverse certaines techniques ne peuvent pas être
mises en œuvre en officine. Ceci a amené la Pharmacopée à envisager, toutes les fois
où cela est possible, des méthodes alternatives d'identification dont la qualité est
pleinement satisfaisante et le choix laissé au libre arbitre d e l'utilisateur.
Un e étude est actuellement en cours au sein de la Commission Nationale de
Pharmacopé e pour proposer des identifications encore plus aisément réalisables à
l'officine ou dan s les établissements de soins.
Il faut être conscient que l'Identification est réellement Indispensable, tout
particulièrement pour les poudres blanches où des erreurs dramatiques peuvent être
évitées .
Quelque s exemples vécus par l'un ou l'autre d'entre nous peuvent en témoigner. Les
premiers concernent des confusions au niveau d'un contenant. Ainsi récemment a été
fourni un produit étiqueté sulfate de magnésium et qui était du chlorure de calcium. De
mêm e parmi de nombreux sacs de sucre en poudre, un contrôleur a pu identifier un
sa c étiqueté comportant les mêmes indications mais contenant de la chaux vive. Ceci
a conduit à souligner que, comme l'ont hélas montré des cas bien connus d'erreurs
commise s dans des industries cosmétiques (confusion entre talc et anhydride
arsénieu x ou hexachlorophène), il est nécessaire de pratiquer impérativement
l'identification sur chaque contenant.
Ceci est encore confirmé par une erreur d'étiquetage survenu dans une société
pharmaceutique honorablement connue et qui avait pour cause une faute commise
chez l'imprimeur d'étiquettes. L'ensemble des flacons d'un lot d'acide acétique pur était
convenablement étiqueté avec la mention du numéro de lot adéquat, à l'exception de
17 échantillons qui, sous ce même numéro de lot portait l'indication "ammoniaque".
C'est probablement dans des circonstances analogues qu'autrefois un pharmacien a
reçu et délivré san s identification de la solution de formaldehyde (rendue laiteuse par la
précipitation de trioxyméthylène) à la place d e l'eau blanche prescrite.
Un autre type d'erreur doit être signalé. C'est ainsi qu'après livraison d'un fût de 50 kg
étiqueté stéarate de magnésium, le prélèvement, à l'aide d'une sonde à logettes
permettant l'échantillonnage à plusieurs niveaux du récipient, a permis de montrer que
le fond du fût contenait non du stéarate de magnésium mais le sel de zinc
correspondant . Si un grossiste avait utilisé ce fût, sans prendre des précautions
sérieuse s de prélèvement, pour répartir en conditionnement de 500 g ou de 1 kg,
quell e aurait été la sécurité du pharmacien qui aurait reçu ce produit avec un
étiquetage convenable et un numéro de lot également convenable.
C e type d'incident est loin d'être unique dans les annales puisque plus récemment
encore , il a été observé que parmi plusieurs fûts de sulfamide, il s'en trouvait un
contenant au fond une couche de 10 à 15 cm d'acide acétylsalicylique.
3.1.2 . Origine non pharmaceutique
Si la matière première ne provient pas d'un établissement pharmaceutique ou si elle
provient d'un établissement pharmaceutique mais n'a pas été contrôlée par lui, le
pharmacien doit procéder ou faire procéder au contrôle analytique complet II est utile
d'envisage r parallèlement un audit approfondi du fournisseur correspondant avec
vérification des conditions de fabrications et de stockage (contamination croisée
éventuelle). 22 L'analyse pratique du médicament
Il est important d e souligner à ce propos l'existence sur le marché français d e produits
françai s ou importés (frauduleusement ou non) qui ne présentent pas la qualité
pharmaceutique . Les tonnages utilisés en pharmacie sont souvent très faibles par
rapport à la production totale et les impératifs de santé publique ne peuvent pas
nécessairemen t être totalement pris en compte par l'industriel non pharmacien pour
de s raisons économiques. C'est notamment le cas de certains excipients.
Dan s tous les cas, une procédure doit être mise en place afin d'indiquer sans risque
d'erreur si la matière première est e n attente de contrôle, acceptée ou refusée .
4. CONTRÔLE DU PRODUIT FINI
• Il peut s'agir d'une préparation pour un malade nommément désigné, c'est le cas le
plus général à l'officine. Il s'agit d'une préparation magistrale véritable qui doit être
préparé e selon les recommandations décrites dans le guide des bonnes pratiques de
fabrications officinales. Elle est alors inscrite à l'ordonnancier avec un numéro d'ordre
reporté sur l'ordonnance et le conditionnement.
• Le produit fini doit faire l'objet d'un contrôle qui comporte au minimum un examen
approfondi des caractères organoleptiques. et un contrôle de l'étiquetage.
Il est hautement souhaitable et parfois nécessaire, de réaliser le dosage du principe
actif lorsque la marge thérapeutique est étroite (préparation à base de sels de lithium,
d'hétéroside s cardiotoniques...). Ceci représente une véritable difficulté en officine,
mais il est préférable de renoncer à faire des préparations hasardeuses si l'on n'a pas
les moyens de doser ou de faire doser le principe actif.
En milieu hospitalier, la plupart des préparations réalisées sont destinées à plusieurs
malades . Elles doivent relever, de ce fait, de s recommandations décrites dans le guide
de s Bonnes Pratiques de Fabrication et de production industrielles. Ces fabrications
doivent être réalisées par un personnel qualifié sous la surveillance effective d'un
pharmacien diplômé inscrit à l'Ordre. Dans ce cas, un contrôle efficace doit être mis en
œuvre . Si le praticien n'est pas en mesure de le réaliser lui-même, il lui est loisible de
faire appel à un laboratoire spécialisé de l'établissement pour réaliser un dosage
particulier voire un contrôle d e stérilité.
De s techniques modernes, simples et facilement réalisables, notamment en milieu
hospitalier, sont apparues plus ou moins récemment. Elles sont décrites dans le corps
d e cet ouvrage et doivent permettre la réalisation de ces objectifs. Chapitre
2
Dispositions réglementaires en
matière d'étiquetage des matières
premières et produits finis
C. Montagnier et F. Pradier
INTRODUCTION
"D'une manière générale, l'étiquetage des médicaments est soumis aux obligations
internationales et nationales régissant la matière. Dans certains cas particuliers, les
renseignement s indispensables devant figurer sur l'étiquette, sont précisés dans la
e
monographie." (Pharmacopée Française X édition et Pharmacopée Européenne).
L'étiquetage des médicaments suivra donc les dispositions du Code de la Santé
Publique (C.S.P.) ainsi que d'autres obligations qu e nous allons détailler par la suite.
Dans tous les cas, l'étiquetage d'un médicament doit comporter au moins (Article
R5094 du C.S.P, décret D56-1197 du 26 novembre 1956, J.O.du 28 nov.1956) :
- Le nom du pharmacien
- La désignation du produit, c'est à dire le nom et la dose de chacune des substances
contenue s dans le, sauf en cas de préparations magistrales.
et ceci sur tous les éléments du conditionnement.
Les pharmaciens ne peuvent délivrer aucun remède secret [Article L506 alinéa 4 du
CS P décrets 53-1001 du 5 octobre 1953 (J.O. du 7 octobre 1953) et 56.907 du 10 sep­
tembre 1956 (J.O. d u 12 septembr e 1956)].
Est considéré comme remède secret (article R 5094 du C.S.P.), tout médicament
simple ou composé détenu en vue de la vente, mis en vente ou vendu alors qu'une ou
plusieurs des mentions suivantes ont été omises sur un des éléments de son condi­
tionnement : 24 L'analyse pratique du médicament
a) Le nom et l'adresse du pharmacien, sauf sur les ampoules médicamenteuses dont
le s dimensions ne permettent pas cette inscription et qui doivent être délivrées au
public dan s une boîte portant elle mêm e les indications requises.
b) Le nom et la dose de chacune des substances actives contenues dans le produit
préparé.
Ce s deux dernières indications définies aux articles R 5095 et R 5096 du C.S.P. doi­
vent être remplacées ainsi qu'il suit :
- S'il figure à la Pharmacopée Française, ou au Formulaire National (Article R 5006 du
C.S.P.) par le nom attribué au médicament dans ces recueils, suivi s'il y a lieu de la
référence de l'édition.
- Si le produit terminé a une composition peu définie, par l'application du nom et des
qualités des matières premières employées pour sa préparation ainsi que des procé­
dé s opératoires suivis, la référence et la description de ces derniers devant être suffi­
sammen t précises pour permettre, en les reproduisant, l'obtention d'un remède de
composition identique à celui en cause.
En aucun cas, sauf en ce qui concerne les préparations magistrales, un numéro d'ins­
cription au registre d'ordonnances ne peut remplacer les mentions visées au
b) ci-dessus.
Article R5095 (D56-1197 du 26 novembre 1956, J.O. du 28 novembre 1956) :
Son t qualifiées substances actives pour l'application de l'article précédent, les sub­
stance s qui sont réputées posséder des propriétés médicamenteuses, ainsi qu e celles
qu e le pharmacien préparateur déclare contribuer à l'efficacité curative ou préventive
d u produit.
Le nom de chaque substance active s'entend de sa dénomination scientifique usuelle
ou de son nom commun défini à l'article R 5135; toute notation en symboles chimiques
n e pouvant intervenir qu e comme complément de dénomination.
Article R 5096 :
La dos e de chaque substance active s'entend :
- Soit d e son poids par unité de prise déterminée.
- Soit, s'il s'agit d'un produit titré en unités biologiques, du nombre d'unités contenues
pa r unités de prise, par centimètre cube ou pour une quantité pondérale déterminée du
produit, avec la définition de l'unité biologique employée si cette définition est néces­
saire à la détermination de l'activité du médicament.
En France, l'emploi de la langue française est obligatoire (loi n°75/349 du 31 décembre
1975). Selon la directive du Conseil Européen 65/65/CEE du 26 janvier 1965 article 8,
les indications doivent être rédigées sur l'emballage extérieur et sur le récipient des
spécialités pharmaceutiques dans la ou les langues du pays d e la mise sur le marché.
1. ETIQUETAGE DES MATIERES PREMIERES
Un certain nombre de matières premières sont inscrites à la Pharmacopée Française.
Il faudra donc vérifier s'il ne figure pas dans ces monographies des mentions particu­
lières à rajouter sur l'étiquetage. Dispositions réglementaires en matière d'étiquetage des matières premières et produits finis 25
1 . 1. Substances vénéneuses (décret 88-123 2 du 2 9 décembr e 1988,
J.O. du 31 décembre 1988)
1.1.1 . Définitions (article R.5149 du CSP)
Sont comprises comme substances vénéneuses, les substance s :
- dangereuse s énumérées à l'article R.5152
- stupéfiantes
- psychotropes
- inscrites sur la liste I ou II
On entend par substances les éléments chimiques et leurs composés comme ils se
présentent à l'état naturel ou tels qu'ils sont produits par l'industrie, contenant éventuel­
lement tout additif nécessaire à leur mise sur le marché.
On entend par préparations les mélanges ou les solutions composés de deux sub­
stance s ou plus.
1.1.2 . Liste I (Articl e R. 520 6 du CSP)
Les récipients contenant des substances de la liste I (équivalent à l'ancien tableau A)
doivent porter une étiquette d'un format adapté à leur volume et fixée de manière à ne
pouvoir être volontairement détachée.
Les mentions suivantes doivent figurer en caractères lisibles et indélébiles:
1 - La dénomination du contenu
2- Le nom ou la raison sociale et l'adresse ou le siège social du fabricant ou du distri­
buteur ou d e l'importateur
3- Une tête de mort à tibias croisés imprimée en noir, sur un fond carré de couleur
orangé-jaun e et de dimensions suffisantes; ce carré est placé à l'angle supérieur
gauch e de l'étiquette.
1.1.3 . Liste II (Article R.5206 du CSP)
Les récipients contenant des substances de la liste II (équivalent de l'ancien tableau C)
doivent porter un étiquetage identique à celui des produits de la liste I à la différence
près que la tête et les tibias croisés sont remplacés par une croix de Saint André noire.
1.1.4 . Stupéfiants (Article R-5174 du CSP)
Les récipients ou emballages renfermant des stupéfiants et servant à leur importation,
à leur transport ou à leur détention sont revêtus d'une étiquette de format adapté au
volume, apposé e de manière à ne pouvoir être involontairement détachée.
Cette étiquette porte en caractères noirs indélébiles et lisibles les indications suivantes:
1°) Pour une substance: la DCI recommandée par l'O.M.S. chaque fois qu'elle existe,
ou dans le cas contraire, celle de la pharmacopée européenne ou française ou à
défaut la dénomination scientifique.
2°) Pour une préparation : s a dénomination commerciale, s'il y a lieu, accompagnée du
nom d e la o u des substances stupéfiantes qu'elle renferme exprimée comme ci-dessus. 26 L'analys e pratique du médicament
3°) Le poids brut et net.
4°) Le nom et l'adresse du fabricant, du distributeur ou d e l'importateur.
5°) Une tête d e mort à tibias croisés (cf. liste I).
6°) Un numéro de référence pour chaque récipient ou emballage.
Toutefois en cas de transport, les emballages extérieurs des colis ne doivent comporter
aucun e autre indication que le nom ou l'adresse de l'expéditeur et du destinataire. Les
colis sont cachetés ou scellés à la marqu e de l'expéditeur.
1. 1.5. Psychotropes (article R. 518 8 du CSP)
Les spécifications de l'étiquetage des stupéfiants s'appliquent aux substances psychotropes
ou leurs préparations à l'exclusion de celle qui est relative au numéro de référence.
2. ETIQUETAGE DES PREPARATIONS MAGISTRALES
2.1 . Définition
Une préparation magistrale peut être définie comme étant une préparation exécutée
extemporanémen t à partir d'une ordonnance qui en précise la formule.
Cette prescription est destinée à un malade déterminé et donne lieu à une inscription
su r une ordonnance. L'étiquetage de ce type d e préparation varie en fonction des sub­
stance s contenues.
2.2. Préparation magistrale n e contenan t pa s d e substance s vénéneuses
(list e I, liste II, stupéfiants)
Dan s ce cas, l'étiquette est de couleur blanche. Elle porte :
- Le nom et l'adresse du pharmacien.
- Le numéro d'inscription à l'ordonnancier.
- Le mode d'emploi.
Elle doit aussi indiquer au patient les précautions à suivre afin de garantir l'efficacité et/ou
l'innocuité du médicament. Par exemple : tenir à l'abri d e la lumière, à conserver au frais...
Le s indications ne doivent pas reprendre de mentions réglementaires comme "ne pas
avaler" ou figurer sur des étiquettes de couleur rouge déjà utilisées pour des étique­
tage s réglementaires.
2.3. Préparations contenant des substance s vénéneuse s à doses
no n exonérée s (article R 5200 du CSP)
L'étiquette des préparations magistrales destinées à la médecine humaine doit com­
porter :
- Le nom et l'adresse du pharmacien.
- Le numéro d'inscription à l'ordonnancier.
- La posologie et le mode d'emploi. Dispositions réglementaires en matière d'étiquetage des matières premières et produits finis 27
L'étiquette est blanche lorsque le médicament est destiné aux voies nasale, orale, per-
linguale, sublinguale, rectale, urétrale ou est injectable.
Elle est rouge avec la mention "Ne pas avaler" imprimé en caractères noirs pour les
autres voies d'administration. Elle peut comporter un espace blanc de dimension suffi­
sant e pour permettre d'inscrire le numéro d'enregistrement, la posologie et le mode
d'emploi.
Dans tous les cas, ces préparations portent une contre étiquette rouge avec la mention
"Respecter les dose s prescrites" en caractères noirs.
2.4. Préparations contenant des substances vénéneuses
à doses exonérées.
Dans ce cas, l'étiquetage est identique à celui des préparations ne contenant pas de
substance s vénéneuses. La liste de s exonérations ainsi que les substances inscrites à
un tableau figurent dans la brochure rf 1209 publiée par le Journal officiel intitulée
Substances : législation, réglementation, tableaux, exonérations.
2.5. Cas particuliers
Vaccins, sérums et allergènes préparés pour un seul individu. Circulaire du 23 juillet
1965. Décret du 7 juin 1960.
Ce s préparations constituent des médicaments au sens de l'article L 511 du CSP, mais
par dérogation prévue par l'article L 51 3 du même code, leur préparation et leur débit
échapp e au monopole pharmaceutique.
Etiquetage des conditionnements :
- Nom et adresse du titulaire de l'autorisation de fabriquer la préparation.
- Forme pharmaceutique et voie d'administration suivies du numéro sous lequel le pro­
duit est inscrit sur le registre de préparations.
- Posologie indiquée par le prescripteur.
- Nombre par millilitre de chacun des germes appartenant aux espèces microbiennes
éventuellement utilisées ou composition en substances actives par unité de prise.
- Date de préparation.
- Date de péremption :
Elle doit figurer en clair sur l'étiquette et ne doit pa s excéder :
. Soit la durée d'utilisation prévue par le prescripteur.
. Soit 6 mois.
- Référence et date de l'arrêté autorisant la préparation et la délivrance de ce type de
préparation, adressé à tout bénéficiaire de l'autorisation ministérielle. 28 L'analyse pratique du médicament
3. PRODUITS OFFICINAUX DIVISES
3.1. Définition
Sont considérés comme produits officinaux divisés les produits figurant à l'arrêté du
2 3 juillet 1965 (1° d e l'article R 5098-1 du C.S.P.).
3.2. Etiquetage
(décret 62.509 du 13 avril 1962 - J.O. du 19 avril 1962)
"L'étiquetage du récipient qui les renferme ainsi que celui de leur emballage éventuel
doit respecter, outre les règles prévues par l'article R. 5094, les dispositions fixées ci-
aprè s :
al La dénomination du produit ne peut être que celle du Codex (de la Pharmacopée)
ou du Formulaire National.
b / Le nom et l'adresse du pharmacien sont ceux du pharmacien d'officine qui le débite.
En aucun cas le nom ne peut suivre la dénomination du produit ou y être accolé.
cl L'étiquette du récipient ainsi que celle de l'emballage éventuel doivent porter le
numér o de l'autorisation ministérielle d'ouverture de l'établissement fabricant, à l'exclu­
sion du nom de celui-ci, et le numéro du contrôle effectué en application des disposi­
tions d e l'article R. 5115-7.
d/ Dans le cas de solutés injectables, la voie d'administation doit être précisée.
e/ Aucune mention autre que celles prévues à l'article R 5094 ou celles limitativement
énumérée s par le présent article, notamment aucune thérapeutique, ne doit figurer sur
les récipients ou leur emballage."
Article R. 5098-2 : "Les produits officinaux divisés doivent satisfaire aux exigences du
Code x ( d e la Pharmacopée)."
Les mentions portées sur le conditionnement des produits "S.L.F." devront être celles
de s préparations magistrales.
3.3. Liste des produits officinaux divisés
(Arrêté du 23 juillet 1965 - J.O. du 29 août 1965)
- Observation importante : les produits figurant sur la présente liste doivent répondre
aux formules et aux spécifications de la Pharmacopée ou du Formulaire National.
PREMIERE PARTIE
Produits chimiques et drogues simples
inscrites à la pharmacopée
Les produits chimiques inscrits sur la liste des produits officinaux divisés ne peuvent
être divisés à l'avance par un fabricant et mis en vente par le pharmacien d'officine,
selon les dispositions du décret 62-509 du 13 avril 1962, qu'aux seules présentations
et poids mentionnés ci-dessous : Dispositions réglementaires en matière d'étiquetage des matières premières et produits finis 29
Acide borique cristallisé : 3 0 g
Alun de potassium : 125 g - 250 g
Amidon de maïs : 125 g
Bicarbonate de sodium (carbonate monosodique) : 125 g - 25 0 g - 500 g
Borate de sodium officinal : 125 g - 25 0 g
Farine de lin (emballage imperméable) : 25 0 g - 50 0 g
Farine de moutarde (emballage imperméable) : 60 g -12 5 g
Magnésie hydratée (flacon verre) : 9 0 g
Perborate de sodium : 125 g - 25 0 g
Sulfate de magnésium officinal (emballage imperméable) : 3 0 g -12 5 g e de sodium officinale) : 3 0 g -12 5 g
Talc :125 g-25 0 g-500 g
Plantes médicinales - les divisions pouvant être utilisées avec un maximum autorisé de
deux présentations par plante sont les suivantes : 15 g, 25 g, 50 g, 75 g, 100 g et 200 g.
Le poids exact de plante contenu dans chaque emballage devra y être indiqué.
DEUXIEME PARTIE
Préparations stables décrites par le Codex
ou par le Formulaire National
Comprimés d'aspirine à 0,50 g : 2 0 et 100
Eau pour préparation injectable : ampoule s 1 ml, 2 ml, 5 ml, 10 ml, 20 ml (boîte de 1,6
et 12 ampoules).
Pâte s officinales sucrées (Codex) : 100 g
Pommad e antiseptique composée iodoformée (reclus) : 2 5 g (tube) e à l'argent colloïdal :15 g (tube)
Pommad e boriquée (vaseline boriquée) : 2 5 g (tube) e camphrée : 2 5 g (tube)
Pommad e de Dalibour : 2 5 g) e mercurielle faible (onguent gris) : 2 5 g (tube)
Pommad e à l'oxyde jaune de mercure 5 pour 100 : 2 5 g (tube) e àe de zinc (vaseline à l'oxyde de zinc) : 2 5 g (tube)
Saccharure granulé de glycerophosphate de calcium : 25 0 g eé de Kola : 25 0 g
Sinapismes en feuille : 10 feuilles
Soluté injectable d'atropine sulfate 0,025 g pour 100 ml : ampoule s 1 ml (6)
Solutéeee 0,05 g pour 100 ml : s 1 ml (6)
Soluté injectable isotonique de chlorure de sodium : ampoule s 1 ml, 2 ml, 5 ml, 10 ml,
20 ml (1,6 et 12 ampoules)
Soluté injectable hypertonique de chlorure de sodium 10 g pour 100 ml : ampoules
10 ml, 20 ml (6)
Soluté injectablee de chlorure de sodium 20 g pour 100 ml :s
10 ml, 20 ml (6)
Soluté injectable d'extrait fluide d'ergot de seigle 1 ml = 1 g ampoule 1 ml (6) ée isotonique de glucose 5 g pour 100 ml : ampoule s 5 ml, 10 ml, 20 ml (6)
Soluté injectable hypertonique dee 30 g pour 100 ml : s 5 ml, 10 ml, 20 ml (6)
Solutée de procaine chlorhydrate 1 g pour 100 ml : ampoule s 1 ml, 2 ml, 5 ml,
10 ml, 20 ml (6)
Soluté injectable de procaïne chlorhydrate, 2 g pour 100 ml : ampoule s 2 ml, 5 ml, 10 ml (6)
Solutée de sparteine sulfate, 5 g pour 100 ml : 1 ml (6) é injectable dee, 10 g pour 100 ml : ampoule s 1 ml (6)
Solutée de strychnine sulfate, 0,10 g pour 100 ml : s 1 ml (6 et 12) é injectable dee, 0,20 g pour 100 ml : ampoule s 1 ml (6 et 12)
Solutée officinal de carbonate monosodique, 14 g pour 1000 ml : ampoules
60 ml (1 ampoule) ; ampoule 125 ml (1) ; ampoule et flacon 250 ml (1) ; ampoule et
flacon 500 ml 30 L'analyse pratique du médicament
Soluté injectable isotonique de chlorure de sodium : ampoule 60 ml (1) ; ampoule
125 ml (1) ; ampoule et flacon 250 ml (1) ; ampoule et flacon 500 ml (1) ; flacon
1 000 ml (1)
Solut é injectable isotonique de glucose à 5 g pour 100 ml : ampoule 60 ml (1) ;
ampoul e 125 ml (1) ; ampoul e et flacon 250 ml (1) ; ampoul e et flacon 500 ml (1)
solutée hypertonique de glucose à 30 g pour 100 ml : ampoule 60 ml (1) ;
ampoul e 125 ml (1) ; ampoul e et flacon 250 ml (1) ; ampoul e et flacon 500 ml (1)
Suppositoires à la glycérine (adultes) : 10, 25 , 50,100 s à lae ( enfants) : 10, 25 ,0 s à la glycérine (nourrissons) : 10,25 , 30, 100
Vaseline mentholée : 2 5 g (tube) e officinale : 2 5 g (tube) ; 5 0 g (tube)
4. MEDICAMENTS SPECIALISES DE L'OFFICINE
4.1. Définition
(Article R. 5097 du C.S.P., décret 60.326 du 5 avril 1960 - J.O . du 7 avril 1960) :
"On entend par médicament spécialisé de l'officine, tout médicament préparé à
l'avance, dosé au poids médical, présenté sous un conditionnement particulier et des­
tiné à être vendu dans une seule officine."
4.2. Etiquetage
(Article R. 5098 du C.S.P., décret 60.326 du 5 avril 1960 - J.O . du 7 avril 1960) :
" Tout médicament spécialisé de l'officine doit être entièrement préparé dans l'officine
d u pharmacien qui en assure la vente et sous son contrôle direct. Il n e peut être mis en
vente que s'il remplit les conditions suivantes :
1° Porter sur son conditionnement :
a) le nom et l'adresse du pharmacien qui le prépar e et le met en vente ;
b) le nom du médicament qui peut être une dénomination de fantaisie ;
c) le nom et la dos e de chacune des substances actives entrant dans sa composition ;
Les dispositions des deux derniers alinéa de l'article R. 5094 et celles des articles R.
509 5 et R. 5096 concernant les remèdes secrets sont applicables. Notamment, en
aucun cas, la mention d'un numéro d'ordonnancier ne peut remplacer l'indication du
nom et de la composition du médicament ;
d ) sauf dérogation accordée par l'inspecteur d e la pharmacie, la dat e d e péremption ;
e) la posologie ;
2° Correspondre à une formule permettant la délivrance du médicament sans ordon­
nanc e médicale ;
3° Respecter les tableaux de posologie de la Pharmacopée ;
4° Avoir obtenu, pour le conditionnement et, le cas échéant, pour les prospectus, un
visa de l'inspecteur de la pharmacie, dans les conditions fixées par arrêté du ministre
d e la sant é publique et d e la population ;
5° Ne faire l'objet de publicité d'aucune sorte." Dispositions réglementaires en matière d'étiquetage des matières premières et produits finis 31
5. ETIQUETAGE DES SPECIALITES PHARMACEUTIQUES
5.1. Définition (Article L601 )
"On entend par spécialité pharmaceutique tout médicament préparé à l'avance, présenté
sous un conditionnement particulier et caractérisé par une dénomination. Aucune spécialité
ne peut être débitée à titre gratuit ou onéreux si elle n'a reçu, au préalable, une autorisation
d e mise sur le marché délivrée par le ministre de s affaires sociales".
Cette autorisation peut être suspendue ou supprimée par le ministre chargé de la santé.
5.2. Règles communes aux spécialités pharmaceutiques
délivrées avec ou sans ordonnance
(Article R 514 3 - Décret 85 1216 du 30 octobre 1985 - Décret 87-772 du 23/09/87)
Les indications suivantes doivent figurer en caractères suffisamment lisibles sur le réci­
pient et sur le conditionnement de la spécialité :
a : La dénomination de la spécialité
Quan d la dénomination est un nom de fantaisie et que la spécialité ne comporte qu'un
principe actif, la dénomination commune internationale (à défaut, celle de la pharmaco­
pé e européenne ou française ou la dénomination scientifique) doit figurer en carac­
tères très apparents immédiatement au-dessous du nom de fantaisie.
b : La forme pharmaceutique (peut ne figurer que sur l'emballage extérieur).
c : La composition qualitative et quantitative en principes actifs par unité de prise ou
pour un volume ou un poids déterminé, en utilisant les dénominations communes inter­
nationales ou celles d e la pharmacopée française ou européenne.
d : Le mode d'administration.
e : La date limite d'utilisation en clair accompagnée chaque fois que nécessaire d'une
mention précisant que cette date n'est valable :
- que si le conditionnement est intact
- qu e si les conditions de conservation sont convenables.
f : Le nom et l'adresse du responsable de la mise sur le marché et du fabricant si celui
ci est différent.
g : Le numéro d'identification administrative de la spécialité,
h : Le numéro de lot d e fabrication.
i : Le nombre d'unité de prise ou à défaut la contenance du récipient (cette mention
peut ne figurer que sur l'emballage extérieur).
j : Précautions de conservation.
k : Le prix limite d e vente au public.
Une notice doit être jointe au conditionnement si les précautions suivantes ne sont pas
portées sur l'étiquetage du récipient et du conditionnement. :
- Voie d'administration.
- Durée du traitement s'il doit être limité.
- Posologie usuelle.
- Sauf décision contraire des autorités compétentes, les indications thérapeu­
tiques, les contre indications, les effets indésirables et les précautions particu­
lières d'emploi. 32 L'analys e pratique du médicament
5.2.1. Cas de s ampoules
Elles peuvent ne porter qu e les indications suivantes (Article R 5143) :
- La dénomination spéciale.
- Le numéro d e lot d e fabrication.
- La date de péremption.
- La composition quantitative en principe actif et la voie d'administration (sauf
dérogation accordée par le ministre chargé d e la santé).
5.2.2. Etiquetage des présentations unitaires
destinée s aux établissements hospitaliers
Le cahier des charges établi par de s représentants des pharmaciens hospitaliers, de
l'industrie pharmaceutique, du Ministère de la Santé, de la Société Française des
Science s et Techniques Pharmaceutiques (SFSTP) et de la CNAMTS (Caisse
Nationale d'Assurance Maladie et de s Travailleurs Salariés) précise que "Chaque unité
conditionnée doit être parfaitement et facilement identifiable dans les conditions habi­
tuelles d'emploi".
O n distingue :
• Les mentions obligatoires :
- Dénomination spéciale.
-n internationale, sauf si elle est contenue dans la dénomination spéciale.
- Dosage : en chiffres (les unités d e mesure ou d'activité exprimée en abréviations
conformes à la réglementation internationale).
- N° d e lot san s la mention "lot n°".
- Date de péremption sans la mention "date limite d'utilisation" avec trois lettres identi­
fiant le mois et les deux derniers chiffres de l'année ( ex : JU L 87).
- Mentions réglementaires liées au régime des substances vénéneuses "Respecter les
dose s prescrites", "Ne pas avaler", "Ne peut être obtenu que sur ordonnance médicale"
imprimés en noir sur fond rouge.
- Code d'identification : e n code barre normalisé "3 parmi 9".
• Les mentions facultatives :
- Le nom du laboratoire pharmaceutique.
- Les mentions utiles pour le bon usage du médicament (ex : voies d'administration,
précautions d'emploi,...).
5.3. Etiquetage des spécialités pharmaceutiques inscrites sur les
listes des substances vénéneuses
5.3.1. Définitions (article R. 5149 du CSP)
Se reporter au § 1.1.1 . Dispositions réglementaires en matière d'étiquetage des matières premières et produits finis 3 3
5.3.2. Classification
(arrêté du 22 février 1990, J.O. du 7 jui n 1990).
Les tableaux A, B et C sont supprimés.
Le tableau B est remplacé par le régime de s stupéfiants.
Le tableau A est remplacé par la liste I, le tableau C par la liste il.
ARTICLE R. 5204 du CSP :
Les listes I e t II comprennen t :
Les médicaments ou préparations vénéneuses présentant pour la santé des risques
directs ou indirects.
La liste I compren d les substances ou préparations et les médicaments et produits pré­
sentant les risques les plus élevés pour la santé.
ARTICLE R. 5190 du CSP :
Lorsqu'un médicament ou un produit non classé contient plusieurs substances ou pré­
parations relevant d'un classement différent, il est soumis au régime le plus strict se
rapportant au classement de ces substances ou préparations selon l'ordre décroissant
suivant : stupéfiants , liste I, liste II.
5.3.3. Etiquetage de s spécialités de la liste I e t II (article R. 5201, R. 5207 du CSP).
• L'emballage extérieur
doit comporter en plus de s mentions obligatoires figurant au chapitre 5.2. :
- un espace blanc de surface suffisante dans lequel sont inscrits le nom du pharmacien
ou du médecin dispensateur,
- son adresse,
- son numéro d'ordre,
- et la posologie prescrite.
Cet espace est placé sous la dénomination spéciale de la spécialité pharmaceutique.
Cet espace est entouré d'un filet rouge pour la liste I
d'un filet vert pour la liste II
• L'emballage extérieur et le récipient
doivent comporter les mentions suivantes, en caractères noirs sur fond rouge :
- "Respecter les doses prescrites" pour les voies nasale, orale, perlinguale, sublin­
guale, rectale, vaginale, urétrale, injectable.
- "Respecter les dose s prescrites" et "ne pa s avaler" pou r les autres voies.
- "Ne peut être obtenu que sur ordonnance médicale" pour toutes les voies. 34 L'analyse pratique du médicament
5.3.4 . Etiquetage des spécialités suivant le régim e des stupéfiants
(R- 520 1 etR- 5211).
• L'emballage extérieur
doit comporter en plus de s mentions obligatoires figurant au chapitre 5.2. :
un espace blanc d e surface suffisante, dans lequel sont inscrits :
- le nom du pharmacien ou du médecin dispensateur,
- son adresse,
- son numéro d'ordre,
- la posologie prescrite.
Ce t espace est placé sous la dénomination spéciale de la spécialité pharmaceutique.
Ce t e est entouré d'un simple filet rouge.
• L'emballage extérieur et le récipient
doivent porter les mentions suivantes, en caractères noirs sur fond rouge :
- "Respecter les doses prescrites" pour les voies nasale, orale, sublinguale, rectale,
vaginale, urétrale et injectable.
- "Respecter les dose s prescrites" et "Ne pa s avaler" pour les autres voies.
- "Ne peut être obtenu que sur ordonnance médicale" pour toutes les voies.
• Chaque unité
doit comporter un numéro individuel d e référence.
6. ETIQUETAGE DES MÉDICAMENTS N'AYANT PAS FAIT
L'OBJET D'UN CONDITIONNEMENT DESTINÉ AU PUBLIC
ET CONTENANT UNE SUBSTANCE VÉNÉNEUSE
6.1 . Liste I e t liste II (articl e R. 5206)
Le s récipients ou emballages contenant ces médicaments portent un étiquetage iden­
tique à celui de s matières premières décrit en 1 -1 .
6.2 . Stupéfiants (article R. 5211)
L'étiquetage de ces médicaments est identique à celui décrit en 1-1-4
7. ETIQUETAGE DES PRODUITS POUR ESSAIS THÉRAPEUTIQUES
(Décret 90.872 du 27 septembre 1990 — J.O. du 29 septembre 1990)
L'étiquetage de ces médicaments ou produits comporte : Dispositions réglementaires en matière d'étiquetage des matières premières et produits finis 35
- Le nom du promoteur et son adresse.
- La référence de l'essai en cours.
- Lae permettant de connaître leur formule intégrale, leur numéro de lot de
fabrication, leur date de péremption.
- Les indications nécessaires à leur bonne conservation.
- L'inscription suivante : "Utilisation sous stricte surveillance médicale (art. R.5123 du
Cod e de la Santé publique)".
8. ETIQUETAGES PARTICULIERS
8.1 . Etiquetage lié à un e forme galénique
e8.1.1 . Bains de bouche (Pharmacopée Française X édition)
L'étiquette du récipient ou celle d e l'emballage indique :
- La teneur en principe actif dan s 100 ml de préparation,
- Le mode de préparation si le bain de bouche est préparé à partir d e solutions concen­
trées, de poudres ou de comprimés.
e8.1.2 . Collutoires (Pharmacopée Française X édition)
L'étiquette du récipient ou celle d e l'emballage indique :
- La teneur en principe actif dans 100 ml d e préparation.
e
8.1.3 . Collyres (Pharmacopée Française X édition)
L'étiquette du récipient indique en particulier :
- Dans le cas des récipients multidoses, la durée d'utilisation comptée à partir de
l'ouverture du récipient, après laquelle le contenu ne peut plus être utilisé.
L'étiquette du récipient ou celle de l'emballage indique en particulier :
- Le nom et la concentration du ou des agents antimicrobiens et de toute substance
ajoutée à la préparation.
Dans le cas des préparations présentées en dose unique, chaque récipient qui, en rai­
so n de sa taille, ne peut porter d'étiquette, est marqué d'une référence établissant
l'identité du contenu et la concentration du principe actif, mais l'étiquette de l'emballage
indique, en toutes lettres, le nom et la concentration du principe actif.
e
8.1.4 . Compresses imprégnées (Pharmacopée Française X édition)
L'étiquette de l'emballage indique :
- La teneur en principe actif par centimètre carré de matériau de la compresse impré­
gnée .
- Eventuellement :
. la nature du support,
. la nature de la substance d'imprégnation. 36 L'analys e pratique du médicament
8.1.5 . Préparations pharmaceutiques pressurisées
e(Pharmacopé e Française X édition)
L'étiquette du récipient et celle de l'emballage indiquent :
- le mode d'emploi,
- la mention d'agiter le récipient avant l'emploi, si nécessaire,
- si nécessaire, les précautions à prendre, par exemple :
. ne pas inhaler
. éviter le contact avec les yeux et autres muqueuses,
- que le récipient ne doit pas être conservé ou exposé à une température supérieure à
50° C et ne doit pa s être exposé au soleil,
- dan s le ca s de récipients à valve doseuse , la quantité en principe actif d'une unité de
pulvérisation,
- que le récipient ne doit pa s être endommagé et qu'il ne doit pa s être détruit par le feu.
e8.1.6 . Pommades (Pharmacopée Française X édition)
L'étiquette du récipient indique :
- Le nom et la concentration de tout agent antimicrobien incorporé dans la préparation.
- La mention "stérile" si nécessaire.
N.B. : Pour les pommades ophtalmiques, l'étiquette de l'emballage également doit
comporter le nom et la concentration de tout agent antimicrobien ainsi que de toute
substanc e ajoutée à la préparation.
e
8.1.7 . Lyophilisats (Pharmacopée Française X édition)
Dan s le cas des lyophilisats pour préparations injectables, l'étiquette du récipient
indique en plus :
- La nature ou la composition du solvant, ainsi que la quantité à ajouter.
- Le délai d'utilisation de la préparation reconstituée.
8.1.8 . Ampoules
Si le conditionnement est trop petit et ne peut recevoir toutes les mentions obligatoires,
les ampoules peuvent ne porter que les indications suivantes (Bulletin de l'Ordre des
Pharmaciens , n°277, 1984) :
- Dénomination spéciale.
- Numéro de fabrication.
- Date d e péremption.
- Composition quantitative en principes actifs et voie d'administration (sauf dérogation
accordé e par le Ministre chargé de la santé). Dispositions réglementaires en matière d'étiquetage des matières premières et produits finis 3 7
N.B . Quand le produit est uniquement destiné à une voie d'administration
(Pharmacopé e Française), il doit porter la mention :
"Exclusivement destinée à l'administration par voie sous-cutanée (ou intramusculaire)"
- ex : Suspensio n injectable de cortjcotropine ou d'hydroxyde de zinc.
• Contenant des substances inscrites au x tableaux des substance s vénéneuses
Dan s le cas où les impressions sont réalisées directement sans utiliser d'étiquettes
(circulaire du ministère de la Santé Publique et d e la Sécurité Sociale du 10 mai 1972),
toutes les inscriptions seront de couleur rouge-orangé. Toutefois, les mentions obliga­
toires pourront apparaître en lettres évidées sur une bande rouge-orangé.
• Contenant des solutés sclérosants (Formulaire National)
Les ampoules contenant ce type de solutés doivent porter de façon apparente la men­
tion : "Attention, soluté sclérosant."
• Contenant des solutés hypertoniques
Les mentions spécifiques doivent être portées de façon apparente sur fond bleu.
De s mentions diverses existent selon la nature du soluté injectable et son volume
(Formulaire National).
Exemples de mentions à faire figurer :
- "Soluté hypertonique alcalinisant" (bicarbonate de sodium hypertonique).
- "Attention, soluté hypertonique - A diluer avant emploi" (Ampoules < 20 ml de chlorure
d e sodium à une concentration < 30%).
- "Attention solutée - A utiliser sous contrôle médical" (Ampoules > 20 ml
d e chlorure de sodium à une concentration < 30%).
- "Soluté hypertonique - A injecter lentement" (glucose à une concentration > 10 %) .
8.1.9 . Liquides pour administration orale
L'étiquette du récipient pour gouttes indique :
- le nombre de gouttes par millilitre de préparation ou par gramme de préparation,
lorsque la dos e est mesurée en gouttes.
Si le liquide est obtenu après reconstitution de poudres ou de granulés, l'étiquetage
doit indiquer :
- le mode de préparation de la solution ou de la suspension,
- les conditions et la durée de conservation après reconstitution.
8.2. Etiquetage lié à l'utilisation du produit
8.2.1. Préparations radiopharmaceutiques (Pharmacopée Française
e
X édition)
Définitions
Les préparations radiopharmaceutiques sont des préparations contenant un ou plu­
sieurs radionucléides. 38 L'analyse pratique du médicament
Un nucléide est une espèce atomique caractérisée par le nombre de protons et de
neutron s contenus dans son noyau (et, par conséquent, par son numéro atomique et
so n nombre de masse) et par l'état énergétique de son noyau. Les isotopes d'un élé­
men t sont des nucléides ayant le même numéro atomique mais des nombres de
mass e différents. Les radionucléides, c'est-à-dire les nucléides qui sont radioactifs, se
transforment spontanément en d'autres nucléides.
Etiquetage
L'étiquette du récipient indique :
- le nom d e la préparation,
- le nom du fabricant,
- un numéro d'identification,
- pour une préparation liquide, la radioactivité totale du contenu du récipient ou la
teneur en radioactivité par millilitre à la date et, si nécessaire, à l'heure indiquée ainsi
qu e le volume du liquide dan s le récipient,
- pour une préparation solide par exemple un produit cryodesséché, la radioactivité
totale du contenu à la dat e et, si nécessaire, à l'heure indiquée,
- pour des capsules, la radioactivité de chaque capsule à la date et, si nécessaire, à
l'heure indiquée ainsi qu e le nombre d e capsules dan s le récipient.
L'étiquette de l'emballage porte en plus les informations suivantes :
- la mention "usage médical",
- la voie d'administration,
- la durée de validité ou la date de péremption,
- le nom et la concentration du ou de s agents microbiens ajoutés,
- la mention d'une conservation particulière.
e
8.2.2. Solutions pou r hémodialyse (Pharmacopée Française, X édition)
L'étiquette du récipient indique :
- la formule de la solution concentrée exprimée en grammes par litre,
- le volume de solution dan s le récipient,
- si la solution est stérile et/ou apyrogène,
- les conditions d e conservation,
- que la solution ne doit pa s être utilisée si elle contient de s particules solides,
- que la solution concentrée doit être diluée au moment de l'emploi avec de l'eau de
qualité appropriée,
- qu e le volume à utiliser doit être mesuré exactement,
- la formule ionique de la solution diluée prête à l'emploi en millimoles par litre,
- le taux de dilution à pratiquer. Dispositions réglementaires en matière d'étiquetage des matières premières et produits Finis 39
8.2.3 . Solutions prêtes à l'emploi pour dialyse péritonéale et solutions
einjectable s pour hémofiltration (Pharmacopée Française, X édition)
L'étiquette du récipient indique en particulier :
- la formule de la solution prête à l'emploi pour dialyse péritonéale ou pour hémofiltra­
tion exprimée en grammes par litre et en millimoles par litre,
- le volume de la solution prête à l'emploi pour dialyse péritonéale ou par hémofiltration
dan s le récipient et, s'il est inférieur, la capacité nominale du récipient,
- la mention "stérile et apyrogène",
- la mention "vérifier la limpidité d e la solution avant l'emploi",
- les conditions de conservation.
e8.2.4 . Préparations antiseptiques (Pharmacopée Française, X édition)
L'étiquette du récipient et celle d e l'emballage indiquent en particulier :
- la concentration en principes actifs,
- la nature de l'activité,
- les indications,
- la durée de contact nécessaire,
- reactivation par de s substances interférentes,
- les incompatibilités,
- la date limite d'utilisation.
8.2.5 . Vaccins ou immunosérums pour usage humain
e
(Pharmacopé e Française, X édition)
L'étiquette de chaque récipient et celle de chaque emballage indiquent, sauf indication
contraire dans la monographie :
- le nom de la préparation,
- le numéro du lot final ou autre référence,
- la voie d'administration,
- les conditions de conservation,
- la date de péremption ; dan s le cas des récipients d e 1 ml ou moins, conditionnés en
emballage unitaire, la date de péremption peut être omise sur l'étiquette du récipient, à
condition qu'elle figure sur celle de l'emballage extérieur, accompagnée de l'indication
qu e le récipient doit rester danse jusqu'au moment de l'utilisation.
L'étiquette de l'emballage comporte, en plus, les informations suivantes : 40 L'analyse pratique du médicament
- le nom et la quantité d e tout agent antimicrobien ou de toute autre substance ajoutés
a u vaccin ou à l'immunosérum,
- la mention des substances susceptibles de provoquer des réactions secondaires, des
contre-indications pour l'utilisation du vaccin ou de l'immunosérum, si l'information ne
figure pas dan s la notice jointe à l'emballage,
- Dans le ca s de s vaccins et de s immunosérums cryodesséchés :
• le nom ou la composition et la quantité du liquide à ajouter,
• la mention "à utiliser immédiatement après reconstitution",
- Le nom et l'adresse du fabricant.
N.B. : Doivent figurer e n plus les Informations suivantes :
Pour les immunosérums :
Su r remballage : le nom de l'espèce animale d'origine.
Su r l'emballage et sur le récipient : le nombre d'unités internationales par millilitre
lorsqu'elles existent.
Pour les vaccins :
Su r remballage et sur le récipient : l a dos e humaine recommandée.
e
8.2.6 . Immunoglobulines humaines (Pharmacopée Française X édition)
L'étiquette du récipient et celle de l'emballage indiquent :
- dans le cas d'un produit liquide, le volume de préparation dans le récipient et la
teneur en protéines exprimée en grammes par litre,
- dan s le ca s d'un produit cryodesséché, la quantité d e protéines dans le récipient,
- la voie d'administration,
- le nombre d'unités internationales dan s chaque récipient.
L'étiquette de l'emballage ou la notice jointe indique en outre :
- Dans le cas du produit cryodesséché, le nom ou la composition et le volume du
liquide à ajouter.
8.2.7 . Produits sanguins
e• Récipients en matière plastique pour le san g (Pharmacopée Française X édition)
L'étiquette du récipient indique en particulier :
- le nom et l'adresse du fabricant,
- un numéro de lot permettant de connaître les antécédents du récipient et de la
matière plastique dont celui-ci est composé.
L'étiquette de l'enveloppe protectrice ou du récipient visible à travers l'enveloppe
indique : Dispositions réglementaires en matière d'étiquetage des matières premières et produits Finis 41
- la date de péremption,
- que le récipient une fois retiré de son enveloppe protectrice doit être utilisé avant
1 0 jours.
e• Sang humain (Pharmacopée FrançaiseXédition)
L'étiquette du récipient indique :
- le nom de la préparation,
- le nom et I adress e du producteur,
- le numéro d e référence,
- le groupe sanguin ABO,
- le groupe Rh : "Rh positif ou "Rh négatif,
- la composition et le volume de solution anticoagulante,
- la date de prélèvement du sang,
- la date à partir d e laquelle le sang ne doit être utilisé pour la transfusion,
- les conditions de conservation,
- la mention "le sang ne doit pas être utilisé pour la transfusion s'il présente des signes
visibles d'hémolyse ou d'autres détériorations",
- dans le cas du sang du groupe O, une mention que le sang ne doit être administré
qu' à un sujet ayant un sang de ce groupe, sauf si l'absence d'hémolysines a été
démontrée par un essai approprié.
• Solution d'Albumine humaine et solution de protéines plasmatiques humaines
L'étiquette du récipient indique en particulier :
- le nom de la préparation,
- le volume d e la,
- la teneur en protéines, exprimée en grammes par litre,
- la teneur en sodium, exprimées en millimoles par litre,
- la mention que le produit ne doit pas être utilisé s'il est devenu trouble ou s'il s'est
formé un dépôt,
- le nom et la concentration de toute substance ajoutée (par exemple les stabilisants),
- un avertissement qu'une fois entamé, le contenu du récipient doit être utilisé dan s les
3 heures et que tout produit non utilisé doit être rejeté.
N.B. Pour l'albumine humaine, faire figurer en plus sur le récipient :
- l'origine physiologique, veineuse ou placentaire, du produit.
Des mentions particulières figurent à la Pharmacopée pour d'autres produits sanguins.
Il convient donc de s e rapporter à la monographie correspondante. 42 L'analyse pratique du médicament
e
• Rbrinogène humain cryodesséché (Pharmacopée Française X édition)
L'étiquette du récipient indique en particulier :
- la quantité d e fibrinogène dans le récipient,
- le volume d'eau pour préparations injectables nécessaire pour reconstituer la préparation,
- que la préparation doit être utilisée immédiatement après reconstitution,
- que lan reconstituée ne doit pas être utilisée si la dissolution est incom­
plète ou s'il s e forme un gel,
- qu e la préparation doit être administrée à travers un filtre approprié,
- la date de péremption,
L'étiquette de l'emballage ou la notice accompagnant l'emballage indiquent le nombre
d e donneurs à partir duquel le produit est préparée.
• Facteur VIII d e coagulation sanguine humai n cryodesséché
e
(Pharmacopé e Française X édition)
L'étiquette du récipient et celle de l'emballage indiquent en particulier :
- le nombre d'unités internationales dans le récipient,
- la quantité d e protéines dans le récipient,
- la quantité éventuelle d'héparine dans le récipient,
- les conditions d e conservation,
- la quantité d'eau pour préparations injectables à ajouter pour reconstituer la prépa­
ration,
- que la préparation reconstituée ne doit pas être utilisée si la dissolution est incom­
plète ou s'il s'est formé un caillot.
L'étiquette du récipient ou la notice jointe indique :
- qu e le contenu doit être utilisé en une seule fois,
- le nom et la quantité de toute substance ajoutée,
- qu e la préparation ne peut être garantie comme étant exempte du virus d e l'hépatite,
-la teneur maximale en fibrinogène,
- si la préparation peut être utilisée pour le traitement de la maladie de von Willebrand.
• Facteur IX d e coagulation sanguine humain cryodesséché
e
(Pharmacopé e Française X édition)
L'étiquette du récipient et celle de l'emballage indiquent, en particulier :
- le nombre d'unités internationales par récipient,
- la quantité éventuelle d'héparine par récipient, Dispositions réglementaires en matière d'étiquetage des matières premières et produits finis 43
- le nom et le volume du liquide nécessaire pour reconstituer la préparation,
- que le contenu doit être utilisé immédiatement après la reconstitution et en une seule
fois,
- que la préparation reconstituée ne doit pas être utilisée si elle présente un trouble ou
si la dissolution est incomplète,
- les conditions de conservation.
L'étiquette du récipient ou la notice jointe indique :
- le nom et la quantité de toute substance ajoutée,
- la quantité des protéines dan s chaque récipient,
- que la préparation ne peut être garantie comme étant exempte d'agents d'infections
transmissibles. 44 L'analys e pratique du médicament
BIBLIOGRAPHIE
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caments destinés aux établissements hos­
pitaliers. Cahier des charges — Aspects [6] Pharmacopée Européenne. Edition
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Edition Maisonneuve
[2] Annuaire LP 89, Edition de Santé, Paris.
[8] "Substances vénéneuses : tableaux, exo­
[3] Code de la Santé publique - Edition Bulletin de nérations, législation, réglementation".
tOrdre des Pharmaciens, juin 1989 Brochure n° 1209 du Journal officiel.
[4] Décret n° 88-1232 du 29 décembre 1988 rela­ [9] Recommandations de la commission
tif aux substances et préparations et modifiant d'éthique professionnelle sur l'information
le code de la santé publique (deuxième par­ du médicament (CEPIM). Bulletin de
tie). J.O. du 31 Décembre 1988. l'Ordre des Pharmaciens, n° 277,1984. Chapitre
3
L'assurance de qualité
en matière de préparation
et d'analyse du médicament
D. Pradeau et F. Laurençon-Courteille
1. INTRODUCTION
La mise en place d'un système d'assurance de qualité [5, 6, 8] dan s des structures
pharmaceutiques officinales ou hospitalières intéresse les trois principaux domaines
d'activité de la profession que sont la dispensation, la fabrication et la fonction labora­
toire [7].
Après avoir défini les fondements d'un tel système, nous détaillerons les deux activités
concernée s par l'ouvrage, c'est-à-dire les préparations et le laboratoire.
• La qualité
La qualité, selon l'Association Française de Normalisation (AFNOR), est l'aptitude d'un
produit ou d'un service à satisfaire les besoins d e l'utilisateur.
• L'assurance de qualité
Pour obtenir durablement la qualité, il est nécessaire de mettre en place un système
d'assuranc e de la qualité qui est défini selon l'AFNOR comme : "la mise en œuvre d'un
ensembl e approprié de dispositions préétablies et systématiques destinées à donner
confiance en l'obtention de la qualité requise".
Cet ensemble de mesures peut être établi à partir de deux recueils de recommanda­
tions concernant la fabrication :
- les Bonnes Pratiques de Fabrication et d e Production Pharmaceutique [1J
- les Bonnes Pratiques de Préparations Officinales [3] 46 L'analyse pratique du médicament
Il es t à noter qu'il n'existe pas actuellement de Bonnes Pratiques de fabrication hospi­
talière. En revanche, les Bonnes Pratiques de Dispensation en milieu hospitalier [4]
traitent d'un autre aspect de l'activité hospitalière.
• Vérification du niveau d e qualité
Il es t bien sûr nécessaire de vérifier régulièrement la qualité des fabrications (contrôle
d e qualité) et le respect de s procédures mises en place (auto-inspection et audit).
• Le contrôle d e qualité
Il a pour rôle d e vérifier régulièrement le niveau de qualité de s fabrications. Il s e maté­
rialise, dans le cas de structures importantes de fabrication, par l'acceptation ou le
refus des matières premières, produits semi-finis, finis, l'estimation de la stabilité des
fabrications, l'examen des produits retournés et la surveillance de s échantillothèques.
A l'officine, il ser a réduit à de s vérifications plus simples telles que les caractères orga-
noleptiques, l'identification voire le dosag e dans les ca s particuliers.
• L'auto-inspection
Elle correspond à un examen détaillé et périodique des conditions et des procédures
d e travail en usage, par une équipe du lieu de production en vue de vérifier l'applica­
tion des bonnes pratiques de fabrication quelles soient officinales ou industrielles et de
propose r aux responsables d'éventuelles mesures de correction.
• L'audit d e qualité
Il s'agit d'une évaluation de tout ou partie du système d'assurance de qualité mis en
place. Il est réalisé par un spécialiste ou une équipe désignée à cet effet. Il peut être
effectué si besoin auprès de fournisseurs et d e sous-traitants.
• Procédures
C e sont des instructions écrites qui précisent les opérations à effectuer, les précau­
tions à prendre ou les mesures à appliquer dans un domaine donné, en rapport direct
ou indirect avec le médicament. Elles font partie intégrante du système d'assurance de
la qualité et ont pour but de supprimer les risques inhérents a toute communication
orale.
2. LES BONNES PRATIQUES DE PREPARATIONS
2.1. La fabrication
• Dans le ca s d'une préparation individuelle dite "magistrale", elle sera réalisée extem-
poranémen t selon la formule indiquée sur la feuille de prescription ; le nom du malade
ainsi que la formule complète comportant l'origine des matières premières (numéro de
lot, fournisseur) y compris les substances auxiliaires sans oublier l'eau, seront reportés
su r l'ordonnancier réglementaire. Sur l'étiquette, devra figurer soit le nom du malade,
soit le numéro d'identification de la préparation. Ces recommandations sont appli­
quée s aussi bien à l'officine qu'à l'hôpital. Il est préférable que la préparation circule
ave c le numéron et le no m du malade, ce qui est en accord à la fois avec
l'humanisation des hôpitaux et les Bonnes Pratiques de Dispensation en milieu hospi­
talier [4]. L'assurance de qualité en matière de préparation et d'analyse du médicament 47
• Dans le cas d'une fabrication pour plusieurs individus dite "par lot", en milieu hospita­
lier, il sembl e difficile de ne pas appliquer, en l'absence de texte propre aux établisse­
ment s de soins, les recommandations des Bonnes Pratiques de Fabrication et de
production pharmaceutique [1 ]. Il serait, à ce propos intéressant de voir comment les
autorités anglaises réussiront à faire concorder le texte européen applicable à tous
ave c les recommandations du "Médecine Act" [9] qui avait prévu des règles particu­
lières pour les préparations hospitalières.
En ce qui concerne les pharmaciens d'officine amenés à réaliser des préparations par
lot, nous ne pouvons que leur conseiller de se conformer aux Bonnes Pratiques de
Préparations à l'officine [3].
Le point de départ de fabrication par lot est l'établissement d'une feuille de fabrication
(formule de fabrication, type de conditionnement, étiquette, numéros de lot de la pré­
paration et des matières premières, date de fabrication...). Elle pourra être soit prééta­
blie soit rédigée après un essai préalable.
Par ailleurs, le ticket de pesée des différents constituants ainsi que l'éventuel dia­
gramm e de stérilisation devront être conservés.
La feuille de fabrication ainsi que ces documents annexes constituent une partie du
"dossier de lot" qui sera archivé pendant la durée de vie du produit augmentée d'au
moins un an. C'est, en effet, le seul document opposable en cas d'instruction judi­
ciaire.
• En tout état de cause, quel que soit le type de médicaments, les différentes étapes
d e la fabrication se rapporteront à de s procédures écrites.
2.2. Le prélèvement destiné à l'analyse
Il doit être représentatif du lot prélevé, aussi bien pour les matières premières ou les
articles de conditionnement que pour le produit fini. Cependant, il n'a un sens que si le
lot est homogène. En effet, il n e peut être que statistique.
Comm e précédemment, les prélèvements s'effectuent selon des procédures précises.
2.2.1 . Matières premières et articles de conditionnement
Ils proviennent d'un établissement pharmaceutique avec un bulletin d'analyse. Dans
c e cas, seules une vérification de l'étiquetage ainsi qu'une identification seront faites
sur chaque conditionnement. Dans tous les autres cas, y compris les réactifs utilisés
comm e matières premières, tous les conditionnements doivent être prélevés. Une véri­
fication de l'étiquetage et une identification seront faites sur chaque conditionnement
ainsi qu'une analyse complète sur un mélange moyen reconstitué à partir de x conte­
nants (5 voire 10).
Il est à noter que lorsque l'on compare les prix de matières premières, il faut tenir
compte des frais d'analyse ainsi que de l'assurance de qualité pharmaceutique du pro­
duit qui s'ajoute au simple prix d'achat de la matière première [8].
2.2.2 . Produit fini
Le prélèvement varie selon la taille du lot, en particulier pour les contrôles de stérilité. Il
existe des méthodes de calcul permettant de déterminer l'échantillonnage : Normes
AFNOR X 06-022 et X 06-021. 48 L'analyse pratique du médicament
2.2.3. La pharmacothèque ou échantillothèque
• Matière première
• Si elle provient de l'industrie pharmaceutique, à partir du moment où elle est identi­
fiée par un numéro de lot et accompagnée d'un bulletin d'analyse, il n'est pas néces­
saire d'en conserver un échantillon. En effet, en ca s d e litige ou d e réclamation, il sera
toujours possible de retrouver le produit dan s l'échantillothèque du fournisseur.
• En revanche, si la matière première provient de l'industrie chimique, il es t nécessaire,
pour pouvoir s e défendre, d e conserver un échantillon.
• Produit fini
En dehors des préparations magistrales, un échantillon de tous les lots fabriqués doit y
être conservé.
La quantité conservée, que ce soit dans le cas de la matière première ou du produit
fini, doit être suffisante pour effectuer au moins une analyse complète. Il est, cepen­
dant, conseillé de prévoir la quantité nécessaire pour réaliser l'expertise et la contre
expertise.
Les échantillons d'une fabrication hospitalière doivent être conservés dans les condi­
tions normales prévues pour le produit pendant une durée au moins égale à leur durée
d e validité augmentée d'un an.
Dans le cas des préparations par lots réalisées en officine de ville, l'échantillon devra
être conservé jusqu'à sa date limite d'utilisation prolongée, par sécurité, de deux mois
environ.
2.3. Stabilité
Dan s le cas de préparations magistrales, en l'absence d'essais de conservation, la
durée de validité ne peut être que très courte. Elle ne peut en aucun cas dépasser la
duré e légale d e validité de l'ordonnance qui ne peut excéder un mois selon le Cod e de
la Santé publique.
Dans le cas des préparations dites par lot en officine de ville, il est vivement recom­
mand é d'indiquer systématiquement une date limite d'utilisation qui n e saurait excéder
un an sauf justification appropriée.
Dans le ca s des préparations hospitalières, en l'absence de textes spécifiques, la date
limite d'utilisation sera, comme pour les préparations industrielles, fixée à la suite
d'essai s de conservation en temps réel.
3 . LES BONNES PRATIQUES
DE LABORATOIRE D'ANALYSES (1,2,3,5)
Certaine s pharmacies hospitalières et officinales disposent d'un laboratoire soit de
contrôle de médicament, soit de toxicologie, soit de biochimie. La mise en place de
recommandation s concernant les Bonnes Pratiques de Laboratoire d'analyses visent à
garantir la qualité et l'intégrité de s résultats obtenus. Il es t important d e préciser que le
fascicule Bonnes Pratiques de Laboratoire a été rédigé dans l'optique d'un laboratoire L'assurance de qualité en matière de préparation et d'analyse du médicament 49
d e toxicologie expérimental et que les Bonnes Pratiques de Contrôle sont intégrées
dan s les guides de Bonnes Pratiques de Fabrication.
3.1. Procédures opératoires
Comm e la fabrication, la fonction contrôle doit être organisée autour de procédures
écrites, techniquement validées, datées, et dûment approuvées afin d'assurer la qua­
lité et l'intégrité des données obtenues au cours d'une étude. Ces procédures opéra­
toires ne sont pas figées dans le temps et s'adaptent à l'évolution des connaissances.
Cependant, il n e faut pas oublier que, lors de modification de toute, le docu­
ment annulé doit être archivé.
Il peu t s'agir d e fiches techniques pour l'analyse d'un produit. L'exemple du contrôle de
pilulier d e glycine à 500 mg figure en annexe 1.
Il peut s'agir d e procédures plus générales pour la réalisation d'une opération. La pro­
cédure décrit la liste et la chronologie des actes prévus pour cette opération . A titre
d'exemple, vous trouverez en annexe 2 le protocole correspondant à la rédaction et à
la validation des bulletins d'analyses physico-chimiques.
3.2. Appareillage
En ce qui concerne l'appareillage, les indications suivantes s'appliquent aussi bien à
du matériel de laboratoire qu'à du matériel de fabrication.
Les appareils de mesure doivent être qualifiés à leur réception dans le service afin de
vérifier leur aptitude à la fonction. Ils doivent être périodiquement et convenablement
inspectés, nettoyés, entretenus, étalonnés, selon des procédures écrites. C'est ainsi
qu'il est indispensable de valider journellement la justesse d'une balance (annexe 3)
ou celle d'un pH-mètre (annexe 4), ou. d'étalonner un osmomètre avant chaque utilisa­
tion (annexe 5). Lorsqu'il existe des contrats d'entretien avec des entreprises exté­
rieures, il es t nécessaire d'archiver less et d e vérifier leur bonne exécution.
3.3. Résultats
Le laboratoire émet des bulletins récapitulant les résultats d'analyse qui constituent la
deuxième partie du dossier de lot dans le cas d'une fabrication pour plusieurs indivi­
dus .
3.4. Archivage
Dan s le cas d'un archivage papier, les deux documents les plus importants sont le
cahier de laboratoire du technicien avec les enregistrements (spectres, chromato-
grammes...) et le bulletin d'analyse où sont reportés les résultats d'analyse.
Il es t à noter qu'un archivage Informatique est parfaitement acceptable.
Il es t conseillé de conserver les archives dix ans. 50 L'analyse pratique du médicament
BIBLIOGRAPHIE I
[1] Bonnes Pratiques de Fabrication et de [5] Guide de bonnes pratiques de fabrica­
production pharmaceutique. - Ministère tion de s médicaments. CB5589722 F.R.
de s Affaires Sociales et de la Solidarité vol IV - Office des publications des
Nationale - Secrétariat d'état chargé de Communautés Européennes, Luxem­
la Santé - Fascicule spécial 85-19 bis, bourg, 1990
1985, Paris
[6] POLLET F., CAVALAN N., DEPAILLAT
[2] Bonnes Pratiques de Laboratoire - A.M., ERNIEL L., LAUGIER CH.,
Ministère des Affaires Sociales et de la MAGNAVAL C , POUPOT B., VAEDE F.,
Solidarité Nationale - Secrétariat d'état 1990, Organisation des systèmes
chargé de la Santé - Fascicule spécial d'assurance de la qualité. Rapport d'une
84-17 bis, 1984, Paris commission S.F.S.T.P. - S.T.P. Pharma,
6, 3, 194-198
[3] Bonnes Pratiques de préparations Offici­
nales - Ministère des Affaires Sociales et [7] PRADEAU D. et HAMON M. 1983, Le
de l'emploi. Ministère chargé de la Santé contrôle de qualité en milieu hospitalier. -
et de la famille. - Direction de la Rôle du pharmacien. - Techniques
Pharmacie et du Médicament - Fascicule Hospitalières, 451, 38-41
spécial 88-7 bis, 1988, Paris
[8] TROTTMAN D., 1990, Vers une assu­
[4] Bonnes Pratiques de Dispensation en rance qualité totale (AQT) - S.T.P.
milieu hospitalier - Ministère des Affaires Pharma, 6, 4, 248-250
Sociales et de l'emploi. Ministère chargé
de la Santé et de la famille. - Direction de [9] WILLIAMS A.R., PHAF C.W.R., MOLLET
la Pharmacie et du Médicament - M., 1981, Contrôle des préparations hos­
Fascicule spécial 86-11 bis, 1986, Paris pitalières. - A.D.P.H.S.O., 6, 1, 11-27 51 L'assurance de qualité en matière de préparation et d'analyse du médicament
N° G 14 P-1
ANNEXE1
GLYCINE - POUDRE
PILULIER 500 mg
Quantité d e produit nécessaire à l'analyse : 2 piluliers
Temp s nécessaire à l'analyse : 2 heures (CCM = 4 h)
Précautions particulières de manipulation : R.A.S.
Référence bibliographique : Interne au laboratoire.
FORMULE : Glycine 500 mg
ETIQUETTE : Consulter le classeur de s étiquettes validées Laboratoire N° 308.
PEREMPTION : Non déterminée à ce jour.
CARACTERES
• Aspect : Poudre blanche cristallisée
• Présentation : Pilulier en verre blanc de 18 ml avec bouchon plastique contenant une
capsule déshydratante.
IDENTITE
— Principe : C C M
— Plaque : cellulose non fluorescente
— Phase mobile : Butanol-1 40 ml
Acide acétique 10 ml
Eau 50 ml
Mettre le mélange dans une ampoule à décanter, agiter, laisser en contact au mini­
mum une heure. Mettre la phas e supérieure dans la cuve.
Edition n°2 Ce document comporta : 3 pages
Pharmade Centrale des Hôpitaux de Paris - Fer-a-Moulin - Laboratoire de physicochimie
Vérifiée par : F. Courteiile Approuvée par : P. Prognon Rédigée par : M. Chassaing
Date : 19/12/88 Date : 22/12/88 Date : 19/12/88
Signature : Signature : Signature : 52 L'analyse pratique du médicament
N° G 14
P-2
— Solutions à préparer : Traiter la glycine à contrôler et la glycine témoin (N° 1686) de
la façon suivante :
Dan s une fiole jaugée de 10 ml, peser 100 mg de glycine. Dissoudre la glycine avec
HCI N pui s compléter au volume avec de l'eau.
— Dépôts : -1 uJ e t 10 uJ d e la solution témoin d e glycine
- 1 uJ et 10 uJ d e la solution de glycine à contrôler
— Révélation :
• Révélateur :
Ninhydrine 25 ml
Nitrate d e cuivre 1,5 ml
• Pulvériser la plaque, la laisser sécher et la mettre à 105° C pendant 10 à
15 minutes.
• La glycine apparaît sous forme d'une tache violet-jaune.
• Rf voisin de 0,16.
ESSAI : Poid s unitaire
— Numéroter les flacons et leur bouchon
— Peser le pilulier N° 1 plein. Soit P^
— Peser le pilulier N° 1 vide (après avoir enlevé la poudre qu'il contient et l'avoir passé
à l'eau et séché à l'acétone en faisant attention de ne pas décoller l'étiquette). Soit P . 2
— Poids d e poudre dan s le pilulier N° 1 : P - Pi
2
— Opérer d e mêm e pour le pilulier N° 2
— Théorie : 50 0 mg.
— Normes : ± 5 % soit : 47 5 à 525 mg.
Ce document comporte : 3 pages Edition n°2
Pharmacie Centrale des Hôpitaux de Paris - Fer-a-Moulin - Laboratoire de physicochirrfe
Rédigée par : M. Chassaing Vérifiée par : F. Courteille Approuvée par : P. Prognon
Date : 19/12/88 Date : 19/12/88 Date : 22/12/88
Signature : Signature : Signature : L'assurance de qualité en matière de préparation et d'analyse du médicament 5 3
p.3 N° G 14
DOSAGE
— Principe : protométrie en milieu non aqueux
— Technique : Peser environ exactement 50 mg de glycine, dissoudre dans 30 ml
d'acide acétique préalablement neutralisé par l'acide perchlorique 0,1 N en présence
d'a-naphto l benzéine.
— Calcul
Soit:
n : le volume de HCI0 0,1 N en ml utilisé 4
t : le titre d e HCI0 (environ 0,1 N) 4
Mr : la mass e relative de la glycine = 75,07
P e : la prise d'essai en mg
— Théories : T : 100 %
— Normes d'acceptation :
T:(±5% ) soit 95 à 105%
Ce document comporte : 3 pages Edition n°2
Pharmacie Centrale des Hôpitaux de Paris - Fer-à-Moulin - Laboratoire de physico-chimie
Approuvée par : P. Prognon Rédigée par : M. Chassaing Vérifiée par : F. Courteille
Date : 19/12/88 Date : 22/12/88 Date : 19/12/88
Signature : Signature : Signature : 54 L'analyse pratique du médicament
ANNEXE 2
REDACTION ET VALIDATION
DES BULLETINS D'ANALYSES
SECTEUR PHYSICO-CHIMIE
PROCEDURE G016
Ce document comporte : 6 pages
Date d e la publication : 06.06.199 0 (1~ publication)
Rédacteur : F. COURTEILLE, Pharmacien assistant
Vérification du texte : F. LE HEIGET, Interne
Acceptation du texte avant diffusion :
D. PRADEAU, Pharmacien-Chef des Hôpitaux
P. PROGNON, Pharmacien des Hôpitaux
Destinataires :
P. CLEMENT, C. LHUILLIER : Secrétaires
M.D. LE HOANG, J. PETIOT : Ingénieurs chimistes
C. BERNARD, F. LE HEIGET : Internes en pharmacie
F. COURTEILLE : Pharmacie n assistant 5 5 L'assurance de qualité en matière de préparation et d'analyse du médicament
I REDACTION D'UN BULLETIN D'ANALYSES
1) Les bulletins d'analyses sont rédigés par les ingénieurs ou les pharmaciens du labo­
ratoire.
2) Ils sont rédigés puis dactylographiés (sur feuille blanche) en suivant la présentation
d e la page 56.
3) Rubrique produit : inscrire la dénomination de la matière première ou du produit fini.
Dans le cas d'une matière première, inscrire à côté de son nom la mention « matière
première ».
Dans le cas d'un produit fini, inscrire :
• dénomination
• concentration
• volume
• voie d'administration
4) L'ordre d'apparition des rubriques dans la colonne spécifications suit le plan des
fiches techniques, c'est-à-dire par ordre :
• ETIQUETTES (produits finis)
• CARACTERES
• IDENTITES
• ESSAIS
• DOSAGES
S e reporter page 57 pour exemple.
5) Colonne normes de référence
* Dans cette colonne sont reportées les normes de la fiche technique
* Pour la spécification Etiquettes, inscrire comme norme de référence : classeur
p . 308 pour les produits fabriqués par la Pharmacotechnie, classeur p. 309
pour les produits Distribution Nan terre
* Pour les spécifications Essais et dosages, inscrire comme référence des
normes chiffrées, limites de coloration, etc.
* Lorsqu'une norme n'est pas déterminée, inscrire en cours de détermination
(exemple p. 57).
• * Si la place le permet, inscrire les théories dans cette colonne. Sinon, les théo­
ries peuvent être notées dans la colonne Spécifications (voir pag e 57).
G016(1 " édition) 56 L'analyse pratique du médicament
BULLETIN D'ANALYSES ORDRE
PHARMACIE CENTRALE DES HOPITAUX DE PARIS
7, rue du Fer-à-Moulin
LABORATOIRE D'ANALYSES PHYSICO-CHIMIQUES
Produit :
Numéro d e LOT : Numéro de Contrôle
NORMES
SPECIFICATIONS DE REFERENCE RESULTATS
DATE : VISA DU TECHNICIEN :
CONCLUSION : VISA DU PHARMACIEN
Edition n° : Etabli le :
Fiche technique N°
G016(1 ~ édition) 57 L'assurance de qualité en matière de préparation et d'analyse du médicament
BULLETIN D'ANALYSES ORDRE :
PHARMACIE CENTRALE DES HOPITAUX DE PARIS
7, rue du Fer-à-Moulin
LABORATOIRE D'ANALYSES PHYSICO-CHIMIQUES
Produit : OLIGO-ELEMENTS ENFANT DILUE AU 1/15—1 litre
Numéro de LOT : Numéro de Contrôle
NORMES
RESULTATS DE REFERENCE SPECIFICATIONS
classeur p.308 ETIQUETTES
CARACTERES
Aspect : liquide limpide, incolore
FI. verre blanc 1000 ml Présentation :
bouchon + capsule
type injectable
présence Vide
IDENTITE S
Na, Zn, Mn,
Cu, Cr,
Fe, Se, F présence
lodures
Chlorures
Sulfates
ESSAIS :
>1000 ml Volume
en cours de PH
détermination Osmolalité
DOSAGES : en mg/1
% 24,68 à 27,28 mg/1 mg/1 Sodium (T* - 25,98)
mg/1 % Cuivre (T* - 13,33) 12,66à14mg/l
6,34 à 7 mg/I mg/1 % Manganèse(T* - 6,67)
% mg/1 Zinc (T* - 66,66) 63.33 à 70 mg/1
mg/1 % Fer ( T - 66,67) 63.34 à 70 mg/1
mg/1 % Sélénium (T* - 2) en cours
mg/1 % de Chrome (T* - 1,33)
mg/1 % Fluor (T* - 20) détermination
* T - Théorie
DATE : VISA DU TECHNICIEN :
CONCLUSION :A DU PHARMACIEN :
Edition n° : 1 Etabli le : 10.04.90
Fiche technique N° O G016 (1 - édition) 1 058 L'analyse pratique du médicament
6) Colonne RESULTATS
* Cett e colonne sera remplie par la personne réalisant les analyses.
* Afin de faciliter le report des résultats, mettre des pointillés en face de chaque spéci­
fication.
* En face des rubriques DOSAGES, inscrire les unités retenues par la fiche technique
(mg/l dans l'exemple retenu p. 57) mais aussi le sigle % pour que les résultats soient
exprimés en pourcentage par rapport à la théorie.
7) Rubrique EDITION : inscrire le numéro d'édition du bulletin d'analyse. Lorsque le
bulletin est rédigé pour la première fois selon cette procédure, inscrire : Edition N°1.
Lorsque le bulletin est rédigé pour la nième fois selon cette procédure : Edition N° n.
8) Rubrique FICHE TECHNIQUE
A chaque bulletin d'analyses correspond une fiche technique validée selon la procé­
dure G006. Reporter à côté de cette rubrique le numéro de la fiche technique.
9) Rubrique ETABLI LE
Inscrire la dat e de dactylographie du bulletin d'analyses.
10) Les rubriques ORDRE, N° DE LOT ET DE CONTROLE, DATE, CONCLUSION,
VISAS seront complétées après analyse.
Il VALIDATION D'UN BULLETIN D'ANALYSES
1 ) Après avoir été rédigé puis dactylographié et enfin corrigé par son rédacteur, le bul­
letin d'analyses (feuille blanche) est soumis pour contrôle à un pharmacien des hôpi­
taux.
2) Comparativement à la fiche technique, ce dernier peut demander des modifications
ou des précisions. Dans ce cas, refaire dactylographier le bulletin d'analyses.
3) Lorsque tous les intervenants (ingénieur et pharmacien) ont retenu le même
modèle , le bulletin d'analyses est photocopié ou tiré au Macintosh :
— sur feuille orange (1 exemplaire)
— sur feuilles blanches (une dizaine d'exemplaires)
4) La feuille orange est datée et signée par les différents intervenants (date et signa­
ture s originales).
5) La dizaine d'exemplaires (feuilles blanches) n'est pa s signée :
• 2 feuilles seront introduites avec la feuille orange signée dans une chemise en plas­
tique. Le tout est archivé dans les ORDEX FICHES TECHNIQUES situés dans le
burea u 301 (se reporter à la procédure G015).
G01 6 (l'édition) 59 L'assurance de qualité en matière de préparation et d'analyse du médicament
• Les autres feuilles sont introduites dans le dossier fiche technique (procédure G015).
6) La validation est alors terminée.
Ill APRES LA VALIDATION
1) CAS D'UN BULLETIN VALIDE, NECESSITANT UNE NOUVELLE DACTYLOGRAPHIE
• Corriger le numéro de l'édition
• Faire valider le nouveau bulletin
2) CLASSEMENT ET ARCHIVAGE DES BULLETINS D'ANALYSES
S e reporter au protocole G015.
G016(1 " édition) 60 L'analyse pratique du médicament
ANNEXE 3
BALANCES AUTOMATIQUES ÉLECTRONIQUES
METTLER (VALIDATION JOURNALIERE)
PROCEDURE N°T0T4
Ce document comporte : 1 page.
Date de la publication : 2 4 Mai 1988.
Rédacteur : Jocelyn e PETIOT, Ingénieur.
Acceptation du texte avant diffusion : Françoise COURTEILLE, Pharmacien assistant
Destinataires : Technicien s et pharmaciens du laboratoire de contrôle physicochimique
1) Vérifier que la bulle de niveau est bien positionnée au centre.
2) Ces balances ont un peson Incorporé. La première personne qui utilise la balance
vérifie le poids du peson (théorie: 100,0000 g). Noter le résultat sur le cahier de la
balance.
Ne recalibrer la balance que si le poids est incorrect, c'est-à-dire à ± 0,3 mg. Dans le
ca s d'une recalibration revérifier le poids du peson.
Dans le ca s de balances dont le recalibrage s'avère difficile ou si la lecture est très
instable, avertir la personne chargée de la maintenance.
Le 25 Mai 1988 (CP) T01 4 L'assurance de qualité en matière de préparation et d'analyse du médicament 61
ANNEXE 4
PH-METRE METROHM
TECHNIQUE ET VALIDATION
PROCEDUR E N°T005
Ce document comporte : 2 pages.
Date de la publication : 24 Mai 1988.
Rédacteur : Sabine DETOLLE, Pharmacien.
Acceptation du texte avant diffusion : Françoise COURTEILLE, Pharmacien assistant
Destinataires : Techniciens et pharmaciens du laboratoire de contrôle physico-chimique 62 L'analyse pratique du médicament
REMARQUES
— L'électrode utilisée est une électrode de verre,
— Bien rincer l'électrode à l'eau distillée avant et après chaque usage, puis l'essuyer à
l'aide d'un papier filtre,
— Maintenir l'électrode dans l'eau distillée entre chaque utilisation.
1) Etalonnage de l'appareil tous les matins, avant la première utilisation, avec les solu­
tions tampon pH 4 et pH 7 (Titrisols MERCK).
• Le bouton noté pH est enclenché (à vérifier),
• Pour lire une mesure: enclencher le bouton noté meas,
• Entre deux mesures: mettre en position stand by en enclenchant le bouton correspondant,
• Le bouton noté t/°C doit indiquer 20.
•» Etalonnage à pH 4 : plonge r l'électrode dans la solution tampon pH 4.
a ) Enclencher le bouton meas,
b) Lire le pH et ajuster si besoin avec le bouton de droite noté pH 4,
c) Remettre en position stand by aprè s lecture du pH.
•» Etalonnage à pH 7 : plonger l'électrode dans la solution tampon pH 7.
a) Enclencher le bouton meas,
b) Lire le pH et ajuster si besoin avec le bouton d e gauche noté pH 7,
c) Remettre en position stand by aprè s lecture du pH.
Noter sur le cahier prévu à cet effet que l'étalonnage a été réalisé.
2) Mesure
a) Enclencher le bouton meas,
b) Remettre en position stand by aprè s lecture du pH.
Le 24 Mai 1988 (CP) T00 5 L'assurance de qualité en matière de préparation et d'analyse du médicament 63
ANNEXE 5
ETALONNAGE DU MICRO-OSMOMETRE AUTOMATIQUE
ROEBLING
PROCEDURE N° T 002
Ce document comporte : 3 pages.
Date d e la publication : 2 7 Juillet 1989 (2* édition)
Rédacteur : Sabin e DETOLLE, Pharmacien.
Acceptation du texte avant diffusion : Françoise COURTEILLE,
Pharmacien assistant
Destinataires : Techniciens et pharmaciens du laboratoire de contrôle physico-chimique 64
L'analyse pratique du médicament
— Allumer l'appareil en actionnant le bouton O en position I,
— Attendre 5 à 10 minutes avant d'entreprendre les premières mesures.
1) Réglage du zéro ave c l'eau déminéralisée
a) pipetter 100 uJ (à l'aide d'une pipette) d'eau déminéralisée dans un godet (Société
SARSTEDT) livré avec l'appareil.
b) fixer le gode t sur la tête de mesure.
c) abaisser la tête de mesure pour introduire le godet dans le compartiment réfrigéré.
Remarqu e : la température de surfusion est atteinte après 1 minute 30 s environ.
Lorsque l'affichage atteint 1 000, l'aiguille se déplace automatiquement et plonge envi­
ron 1 second e dans le godet. L'aiguille reprend ensuite sa position initiale.
d) lorsque l'affichage se stabilise, régler à zéro à l'aide du " trimmer " gauch e noté 0
tout en appuyant sur le bouton vert ©. Pour cela vous disposez d'environ 30 secondes.
C e réglage doit être ajusté à + 0000, (- 0000 n'est pa s accepté par l'appareil).
e) relever la tête d e mesure
f) enlever le godet. Attention : lorsque l'échantillon est totalement congelé (à la fin du
plateau dans le ca s de l'eau), il faut d'abord réchauffer le godet échantillon avec les
doigts avant d e le retirer.
g) nettoyer la thermistance à l'aide d'un linge souple.
2) Etalonnage à l'aide d e solutions standard de chlorure de sodium
1 1 1Le s solutions standard à 100 mOsm.kg- , 300 mOsm.kg- et 400 mOsm.kg- sont
conservée s au réfrigérateur (laverie)
a) verser dans un godet 100 ut de la solution standard
b) et c) étapes à suivre selon 1)
d) lorsque l'affichage reste stable, régler selon la solution standard utilisée à l'aide du
"trimmer "droit noté CAL, tout en appuyant sur bouton vert ©. Si besoin, procéder à
un e nouvelle manipulation pour contrôle. Pour chaque mesure, un nouveau prélève­
men t d e l'échantillon est nécessaire.
3) Mesures d'osmolaJIté
Les étapes a, b, c, d, e, f et g sont identiques. 100 uJ sont nécessaires pour réaliser
cette détermination.
Pour arrêter l'appareil, mettre le bouton O en position 0.
T 002 (2* édition) L'assurance de qualité en matière de préparation et d'analyse du médicament 65
4) Remarque sur les gamme s de chlorure d e sodium et d e glucose—notion de linéarité
1
La gamme d'étalonnage de NaCI est linéaire jusqu'à 2500 mOsm.kg . Au-delà de
-1cette valeur, les écarts types deviennent trop importants (de l'ordre d e 20 mOsm.kg ).
1Celle de glucose est linéaire jusqu'à environ 600 mOsm.kg .
En règle générale, il est conseillé de diluer les échantillons à contrôler afin de lire des
osmolalités proches des valeurs de s solutions standard. Cependant, le résultat obtenu
n'est significatif que de la dilution choisie.
T002 (2* édition) Le 27 juillet 1989 (CP) Chapitre
4
Démarche méthodologique
en analyse pharmaceutique
P. Prognon, A.V. Lebelle, A.M. Taburet,
S. Guyomard et J.C. Darbord
INTRODUCTION
Le dosag e et l'identification de toute molécule médicamenteuse font appel à de s procé­
dé s analytiques très divers dont le choix n'est pas toujours aisé. Il y a donc lieu avant de
mettre au point ou d'adapter une technique analytique plus ou moins complexe et oné­
reuse (en temps et en matériel) de bien bien positionner le problème à résoudre : s'agit-
il d'un contrôle pharmaceutique, d'un dosage dans un milieu biologique... ? En effet la
méthod e analytique à utiliser sera fonction :
• de la composition du milieu :
• dan s une matière première, le principe actif est le constituant essentiel ;
• dans une forme pharmaceutique, le ou les principe(s) actif(s) coexiste(nt) avec des
excipients et de s conservateurs ;
• dans les liquides biologiques, le principe actif doit être séparé des protéines et
de s composés endogènes. Démarch e méthodologique en analyse pharmaceutique 67
m des caractéristiques des méthodes analytiques :
Certaines méthodes sont plus ou moins sensibles ou spécifiques. Ainsi les méthodes ti-
trimétriques ou spectrophotométriques seront utilisables sur des milieux limpides en l'ab­
sence d'interférence importante ; à l'inverse, les méthodes chromatographiques seront uti­
lisées lorsqu'il y a lieu d e séparer le principe actif de substances endogènes ou d'autres
molécules à propriété voisine. La figure 1 indique les zones d'utilisation usuelle des prin­
cipales techniques.
PHOTOMETRIE
CHROMATOGRAPHIE SUR COUCHE MINCE
auORIMETRIE
CHROMATOGRAPHIE LIQUIDE HAUTE PERFORMANCE
IMMUNO-ENZYMOLOGIE
CHROMATOGRAPHIE EN PHASE GAZEUSE E EN PHASE GAZEUSE + SPECTROMETRIE DE MASSE
RADIO-IMMUNOLOGIE
Figure 1 : Limite de sensibilité de quelques méthodes courantes
• des caractéristiques de la molécule :
• Les caractères organoleptiques de la molécule permettront dans certains cas simples
une identification ;
• Les caractères physico-chimiques tels que le point d e fusion, le pouvoir rotatoire, les lon­
gueurs d'onde d'absorption UV ou IR peuvent aider à l'identification d'une substance. Le
caractère acide/base, les propriétés spectrales (UV, fluorescence), la volatilité, la solu­
bilité, la stabilité, la polarité... permettent de mettre au point l'extraction et le dosag e de la
molécule ;
• Les caractéristiques pharmacocinétiques de la molécule ne sont pas à négliger pour la
mise au point de son dosage dans les liquides biologiques. En effet, selon les médica­
ments, les concentrations dans le plasma, les urines, les tissus sont comme le montrent
les exemples du tableau I, trè s variables.
Tous ces critères doivent faciliter la sélection de la technique la plus adaptée aux be­
soins ; et ne pas oublier qu'un minimum de "bon sen s pratique" permet de gagner beau­
coup d e temps !
Tableau l
Domaine de concentrations plasmatiques
Produits Concentration maximales In vivo
mg/l
Salicylés 250 —
Phénytoïne 25 —
Warfarine 10 -
Diazepam 2 -
Pindolol 0,1
Digoxine 0,003
Co-dergocrine 0,0003 68 L'analyse pratique du médicament
Il est à noter que si la littérature scientifique est riche en publications concernant le do­
sag e des médicaments dans des milieux biologiques, il est beaucoup plus difficile de trou­
ver une méthode de dosage d'un principe actif dans une matière première ou une forme
pharmaceutique surtout si celle-ci ne figure pas à la Pharmacopée ! C'es t pourquoi dans
c e chapitre la démarche méthodologique d'un contrôle pharmaceutique sera plus dé­
taillée.
Dans ce chapitre introductif, nous laisserons volontairement de côté des contrôles très
spécifiques, tels que l'identification des plantes ou le contrôle de s gaz médicaux et ceux
concernant l'hydrologie et la bromatologie.
1. LES METHODES D'IDENTIFICATION
1.1. Matières premières
1.1.1 . Principes générau x d'identification d'une matière première
Les diagnoses effectuées sur les contenus de s divers emballages d'un même lot récep­
tionné, ont pour but de s'assurer, par de s méthodes suffisamment spécifiques, qu'il s'agit
bien d e la substance annoncée par l'étiquette.
Ce s méthodes doivent être simples et d'une rapidité compatible avec un travail en série,
mais elles ne peuvent pas garantir la pureté d'une substance.
Une première série d'opérations de contrôle permet d e s'assurer que le lot reçu n' a pas
ét é l'objet d'une erreur grossière d'étiquettage lors d e la manutention. Ce sont :
- La vérification du libellé exact de toute s les étiquettes et de s inscriptions apposées sur
les divers emballages.
- L'examen de s caractères organoleptlques, c'est-à-dire :
• l'aspect : on examinera la limpidité et la fluidité des liquides, l'homogénéité des poudres
e t des produits pâteux ; la forme et la dimension de s cristaux pour les solides sachant
qu'elles dépendent souvent du procédé de purification du produit.
• la couleu r : on examinera la couleur des matières premières. En effet, certains produits
altérés peuvent être de couleur différente de celle de s produits purs.
• l'odeur : elle est souvent caractéristique pour les préparations d'origine naturelle. Une
odeur anormale permet de déceler une souillure ou une altération dans une huile (par
exemple rancissement).
• la saveu r : ce t essai doit être pratiqué avec discernement surtout dan s le ca s d e vérifi­
cations de produits toxiques à goût très prononcé et pour les réceptions en série où la
langue finit par s'accoutumer à la saveur.
- La vérification des solubilités : la Pharmacopé e définit les substances en très solubles,
peu solubles, très peu solubles, pratiquement insolubles, en fonction de la quantité de sol­
vant nécessaire pour dissoudre une partie de substance.
Ensuite, en fonction de la matière première il faudra choisir une ou plusieurs de s tech­
niques suivantes basées sur la détermination d'une constante physique ou d'une pro­
priété chimique : Démarch e méthodologique en analyse pharmaceutique 69
- Le point de fusion : cette détermination ne s'applique, en pratique, qu'aux poudres. La
température de fusion d'une espèce chimique est une constante caractéristique de
chaqu e composé dont lan permet de vérifier l'absence de substances étran­
gère s (si la substance est impure, on observe généralement une diminution du point de
fusion). Il es t déterminé pratiquement à l'aide d'un banc de Koeffler qui présente un gra­
dient de température linéaire de 50 °C à 265 °C. Le point de fusion est déterminé en éta­
lonnant l'appareil à l'aide d'une substance dont le point d e fusion est le plus proche de ce­
lui du produit à analyser.
Certaines substances se subliment. On notera donc le point d e fusion instantané, sans at­
tendre 10 secondes. D'autres substances se décomposent à la fusion. On observera
alors fréquemment, sur le banc, un point d e fusion plus élevé que celui indiqué dans les
monographies ou les tables. Dans ce cas, la lecture après 10 secondes fournit les
meilleurs résultats. La méthode de détermination décrite à la Pharmacopée est celle du
tube capillaire.
- Le pouvoir rotatoire : c'est la propriété que représentent certaines substances de dévier
le plan de polarisation de la lumière polarisée. L'appareil utilisé est un polarimètre. La
Pharmacopé e définit l'angle de rotation optique, le pouvoir rotatoire spécifique d'un li­
quide, d'une substance ou d'une solution. Le pouvoir rotatoire est particulièrement inté­
ressant pour l'identification des acides aminés, de s sucres, des composés à carbone asy­
métrique comme la méthyl-dopa, la spironolactone.
- L'Indice de réfraction : mesuré à l'aide d'un réfractomètre, il permet l'identification des
huiles et de nombreux liquides purs.
- La densité relative : mesuré e grâce à un pycnomètre à solide ou à liquide.
- Les Indices chimiques : l'indice d'acide, de peroxyde et l'insaponifiable s'applique à
l'identification des corps gras.
- Le point d'ébullltJon : s a détermination met en oeuvre l'appareil décrit à la Pharmacopée
pour déterminer un intervalle de distillation.
Enfin, deux groupes de méthodes sont facilement réalisables mais nécessistent un
échantillon de substance pure qui tiendra lieu d'étalon :
- Les méthodes spectrales : si une molécule absorbe dans l'UV ou dans le visible, elle de­
vra présenter le spectre attendu dans un solvant défini et par conséquent posséder une
ou plusieurs bandes d'absorption dont le maximum correspond à la longueur d'onde in­
diquée dans la monographie. En infrarouge, on devra vérifier la superposition des bandes
du spectre de la substance à analyser et d'une substance de référence. En aucun cas l'in­
frarouge ne peut servir de critère d e pureté, par contre, c'est une méthode d'identification
rapide et fiable.
- Les méthodes chromatographiques : la chromatographie couche mince est une mé­
thode spécifique et très sensible largement utilisée pour l'identification des molécules. Il
s'agit de comparer le déplacement d'un échantillon à analyser en solution dans un solvant
volatil et d'un produit de référence chromatographie en même temps. Dans les mono­
graphies de la Pharmacopée sont indiquées des valeurs de Rf approximatives, men­
tionnées à titre indicatif car la migration doit toujours être effectuée en parallèle avec un
témoin.
A côté d e ces techniques physiques d'identification des matières premières, la Pharma­
copé e décrit de s réactions d'identité des ions et de s groupements fonctionnels. Le prin­
cipal inconvénient réside en la préparation des nombreux réactifs nécessaires et en la
complexité de certaines réactions. 70 L'analyse pratique du médicament
Le pharmacien dispose pour connaître les caractères physico-chimiques d'une matière
première de différents documents. Parmi les plus couramment utilisés :
e• Les Pharmacopées française (VIII, IX, X éditions) et européenne qui renseignent sur
les caractères organoleptiques, les solubilités, les points de fusion, le pouvoir rotatoire, les
réactions colorées, les conditions d e CCM.
• L'index Merck qui fournit la formule développée, le point de fusion, le pouvoir rotatoire,
1la longueur maximum d'absorption en UV e t visible, le A ^ , la classe pharmacologique.
• Les fiches SFTP : (Société Française de Techniques Pharmaceutiques) qui précisent les
solubilités, les essais à la flamme, le point de fusion, l'indice de réfraction, les réactions
colorées, les conditions d e CCM.
• Les fiches techniques et les dossiers techniques fournis par les laboratoires fabricants
qui consignent généralement l'ensemble de s renseignements nécessaires à l'identification
et au dosage d'un principe actif.
1. 1.2. Critères de pureté d'une matière première chimique
Après identification de la matière première, il es t nécessaire de s'assurer que celle-ci n'est
pa s contaminée (résidus d e synthèse en cas de purification insuffisante, produits de dé­
gradation en cas de mauvaise conservation ...). Le s méthodes suivantes, plus ou moins
spécifiques, sont utilisables :
- CCM : un corps pur ne donne qu'une seule tache après révélation. Cette méthode, très
facile à mettre en œuvre, permet la mise en évidence d'impuretés ou de produits de dé­
gradation.
- Spectrophotométrie UV : le A]^ ou coefficient d'absorbance spécifique est caracté­m
ristique de la substance dans un solvant déterminé. On se place à la longueur maximale
d'absorption. L'absorption mesurée doit être comprise entre 2 limites définies par la mo­
nographie ou la fiche technique de la matière première.
Si le produit et les impuretés à analyser absorbent en UV, on observe une augmentation
d e l'absorption en présence d'impuretés.
Si seul le produit absorbe et non les impuretés à rechercher, le coefficient d'extinction
spécifique augmente avec le degré de purification.
Si le compos é n'absorbe pas, les impuretés peuvent absorber ; le tracé d'un spectre UV
peut donc présenter un intérêt.
- Perte de mass e par dessiccation : ce t essai permet de connaître le degr é d'hydratation
et de mettre en évidence d'éventuels solvants volatils cristallisés avec le produit à ana­
lyser (ex. colchicine). C'est un critère important à connaître puisque la présence d'eau
abaiss e le titre d e matière première. Elle peut être déterminée par différentes méthodes
selon les indications de chaque monographie.
- Cendres sulfuriques : cette recherche met en évidence la quantité de matière minérale
contenue dans une substance organique (ex. catalyseurs minéraux utilisés lors d'une syn­
thèse) .
- Essai limite de s métaux lourds : la Pharmacopée décrit 5 procédés pour la recherche
de s métaux lourds correspondant à chaque type de matière première en fonction de son
état et destinés à libérer les métaux lourds retenus dans la matière première. Chaque mo­
nographie indiquera le procédé à utiliser. Démarch e méthodologique en analyse pharmaceutique 71
- Recherche d'impuretés particulières : certaines impuretés particulières à chaque matière
première peuvent être recherchées. Une impureté de fabrication, de dégradation. Dans
chaque monographie ou dans chaque dossier technique, des essais particuliers pourront
donc être indiqués.
En conclusion, il convient d'insister sur le fait que si les recherches d'impuretés ou essais
limites sont bien décrits lorsque la matière première à analyser est décrite dans une mo­
nographie ; il es t très difficile à l'analyste de proposer de s essais limites sur une matière
première non inscrite à une pharmacopée sans connaissance des voies de synthèses.
La transposition d'essais existants à partir d e molécules voisines n'est pas toujours jus­
tifiée et en l'absence de documentation, il est préférable de ne pas faire de recherche
d'impuretés que de rechercher des impuretés qui n'ont pas de raison d'être.
1. 2 . Médicaments dans les liquides biologiques :
"dépistage toxicologique"
L'identification des médicaments dans les liquides biologiques après intoxication aiguë est
souvent complexe : la gamme des médicaments à identifier est vaste, les réactions
d'identification doivent être spécifiques des médicaments et non de substances endo­
gènes , les concentrations peuvent être inférieures au seuil de détection ...
Dans la pratique, le médicament est recherché dans le liquide de lavage gastrique, le
plasma et les urines. Mais c'est dans le liquide de lavage gastrique qu'il sera le plus facile
d'identifier un médicament et ce d'autant que le médicament subit de s biotransformations
importantes.
Les méthodes d'identifcation peuvent schématiquement être divisées en 3 groupes :
- Identification par réactions colorées : ce s réactions sont caractéristiques d'un groupe­
ment chimique ; elles s'effectuent directement sur le liquide de lavage gastrique ou l'urine.
C e sont par exemple :
• la réaction de Trinder pour l'identification des salicylés ;
• la réaction de Forest pour les imipraminiques ;
• la réaction de Pari pour les barbituriques.
L'interférence avec de s substances endogènes peut conduire à des réactions faussement
positives. C'est ainsi que la réaction de Forest est positive en présence d'oestrogènes, de
pigments biliaires ou de salicylés ! Elles ont pour avantage de pouvoir être effectuées au
lit du malade.
- Identification après séparation : c'est la méthode la plus employée. Elle consiste à iden­
tifier les médicaments après séparation par chromatographie sur couche mince ; leur Rf
est comparé à celui de substances témoins déposées sur la plaque en même temps que
l'extrait du liquide biologique. Cette technique nécessite :
• une extraction préalable : solvant organique, résine... ;
• le choix de s solvants de migration en fonction des substances à séparer ;
• une "révélation" par un réactif aussi spécifique que possible. 72 L'analyse pratique du médicament
- Identification par les méthodes Immunologiques : ce s méthodes développées pour le
dosag e des médicaments ont été appliquées aux recherches toxicologiques. Les anti­
corps sont spécifiques de classes médicamenteuses : barbituriques, opiacés, benzo­
diazepines...
Ce s méthodes sont de s méthodes de dépistage qui ont l'avantage d'être rapides et donc
d e pouvoir orienter le médecin dans les plus brefs délais. Il es t bien évident que dans cer­
tains cas difficiles, seules des méthodes telles que spectrométrie de masse couplée à la
CP G ou à la CLHP permettront une identification sans ambiguïté.
2. LES METHODES DE DOSAGE
Il convient, avant tout développement, de définir très simplement et très brièvement les
critères analytiques fondamentaux des techniques de dosage dans les trois milieux qui
nous intéressent :
• Pour les matières premières :
- Le point fondamental est la précision : un e pureté doit pouvoir être déterminée à 0,1 %
près.
- La justess e de la méthode est en fait secondaire car elle peut être compensée par un
facteur de correction que l'on introduit dan s le calcul, ainsi que la spécificité (compensée
par de s techniques poussées d'identification et de recherches d'impuretés, cf : mono­
graphies Pharmacopées).
• Pour les formes pharmaceutiques :
- Le titre du ou des principes actifs doit pouvoir être assuré à ± 5 % selon la législation
européenn e en vigueur, sinon il conviendra d e justifier un dépassement de ces normes.
- Le point le plus important est la spécificité (interférence des excipients) ainsi que la sen­
sibilité dan s certains cas.
• Pour les milieux biologiques :
Les deux critères essentiels sont la sensibilité et la spécificité, la précision de la méthode
étant acceptable jusqu'à 10 % environ.
En conclusion, nous observerons donc, de s matières premières pharmaceutiques aux mi­
lieux biologiques :
- une diminution progressive de la précision des dosages due, entre autre, à un alour­
dissemen t de la méthodologie à mettre en œuvre,
- une amélioration très nette de la spécificité basée sur l'exploitation successive des ca­
ractéristiques chimiques de la molécule à doser (souvent peu spécifique) pour les ma­
tières premières, puis physique (forme pharmaceutique et milieu biologique) et parfois im-
munologique (milieu biologique),
- 2- une amélioration considérable de la sensibilité de 10 M pou r une matière première à
1 510" M pour certaine technique de chimiluminescence en milieu biologique.
Pour de s raisons de clarté, matières premières et formes pharmaceutiques seront abor­
dée s séparément. 73 Démarch e méthodologique en analyse pharmaceutique
2.1. Matières premières
2.1.1 . Le dosag e des éléments minéraux
Nous définirons dans ce chapitre les substances minérales comme :
1 ) Les combinaisons d'anions et de cations du tableau périodique des éléments de Men-
deleïev, à divers états d'oxydation.
2) Ce s combinaisons comportent essentiellement de s sels et des complexes dissociés en
milieu aqueux.
• Dans ce chapitre les dosage s des anions ou des cations des sels d'acide ou de base
sont volontairement exclus et seront évoqués avec les formes pharmaceutiques. En ef­
fet, leur dosag e est le plus souvent une détermination indirecte de la molécule organique
associé e (ex : chlorhydrate d'alcaloïde).
Dans la mesure du possible l'analyste doit s e fixer comme objectif de doser les 2 parties
ioniques de la molécule, mais ceci n'est pas toujours possible.
Exemple : bleu de Prusse
Dans ce cas, seul le "fer total" es t dosable par absorption atomique.
• Cations
a) Les alcalins : Na, K, Li, Ce , Fr, Rb (colonne IJ
C e sont les métaux qui, combinés à l'oxygène, forment de s alcalis.
Leur potentiel d'ionisation relativement bas permet de les doser facilement par spectro-
photométrie d'émission atomique (SAE) encore appelée photométrie de flamme.
C'est la méthode la plus simple et la plus spécifique (utilisation de la raie d e résonance
d e l'élément à doser).
La gravimétrie des sels doubles d'uranium (autrefois méthode de référence), n'est plus
utilisée que pour l'identité du sodium (Réactif de Streng).
b) Les alcalino-terreux : Ba, Mg, Ca, Sr, Rd (Colonne 11A)
• Leur potentiel d'ionisation plus élevé que les alcalins ne permet pas d'utiliser pratique­
ment le phénomène d'émission : c'est pourquoi, analytiquement, la méthode de choix est
l'absorption atomique (SAA) en raison de sa précision et de sa spécificité. Pour une ma­
tière première, il n'y a guère de problème de matrice et une bonne réponse en flamme
est obtenue à l'aide d'une surcharge de 1 % (v/v) en chlorure de césium/chlorure de lan­
thane.
En fajt, l'absorption atomique est rarement une méthode officielle et les monographies
de s pharmacopées lui préfèrent, pour des raisons de facilité et de coût de matériel, les
méthode s chimiques comme la complexométrie (ou complexonométrie).
Ce s méthodes complexométriques sont aussi précises que la SAA mais beaucoup moins
spécifiques et sensibles, leur mise en œuvre est en général plus simple. Elles exigent ce­
pendant une bonne maîtrise de l'appréciation des virages. Le dosag e peut être direct ou
en retour. 74 L'analyse pratique du médicament
c) Les métaux de transition (Colonnes 111 à Mg) e t certains non métaux (lll à v y A B
Ils correspondent dans le domaine médical aux oligoéléments et à certains minéraux
(métaux lourds) [Cr, Mn, Fe, Co, Ni, Cu, Zn, Ag, Cd, Sn, Bi, Pb], divalents ou trivalents
pour la plupart sauf Ag ; leur détermination se fait sélectivement par absorption atomique
(SAA). En effet, leur potentiel d'ionisation élevé ne permet pas d'exploiter de façon sa­
tisfaisante leurs caractéristiques d'émission. Rappelons encore que la SAA présente
l'avantage d'une parfaite identification lors du dosage. Dans une matière première le do­
sag e est aisé lorsqu'il s'agit du cation correspondant à doser, et la précision est d e l'ordre
d u pour cent.
Enfin dernier point, il n e faut pa s oublier qu e la SAA dos e l'élément et non pas l'état d'io­
2 + 3 +
nisation possible de l'élément (Fe et Fe ne peuvent être distingués), elle permet uni­
quemen t une approche globale. Il faudra utiliser d'autres méthodes (polarographie, élec­
trode spécifique) pour obtenir une information plus précise sur l'état de valence.
Une autre alternative pour les éléments de transition est la titrimétrie soit par formation de
chelate (complexométrie, dans le ca s présent) soit par oxydoréductimétrie.
- Formation de chelate : l'agent complexant est le plus souvent l'EDTA.
Comm e nous l'avons vu pour les alcalinoterreux, le pH doit être particulièrement contrôlé
car toute chelation s'accompagne d'une libération de protons (acidification), le milieu est
donc tamponné.
- Ce s méthodes sont aisées, peu coûteuses, mais encore une fois la spécificité n'est pas
absolue. Cependant, la maîtrise du pH autorise de s dosages spécifiques d'un nombre li­
mité d'éléments en solution (Fe, Ba), mais jamais deux états d'oxydation d'un même élé­
2+ +ment (Hg , Hg ). Enfin, les prises d'essais sont importantes : 100 mg environ.
- L'oxydoréductimétrie
Basé e sur l'existence d'une réaction chimique entre la forme réduite d'un couple oxydo-
réducteur de potentiel normal et la forme oxydée d'un second couple oxydoréducteur
d e potentiel normal Ej avec E£ < Ef ...
L'oxydoréductimétrie peut donc être chimique (ci-dessus) ou électrochimique lorsque le
potentiel oxydant ou réducteur est celui d'une électrode.
Au laboratoire, dan s l'immense majorité de s cas, il s'agit d'oxydoréduction titrimétrique ;
cependan t dans le domaine qui nous intéresse les applications sont peu nombreuses :
chromimétrie, cérimétrie pour le dosage des sels ferreux :
2+manganimétrie : dosag e du sel de Mohr (Fe ) qui sert à l'étalonnage de la solution titrée
d e KMn0 .
4
d) Autres
Les autres éléments du tableau de Mendeleïev (terres rares, lanthanides) échappent le
plus souvent au domaine pharmaceutique et, d e toute façon, au cas pratique qui nous in­
téress e ; c'es t pourquoi nous ne les évoqueron s pas dans ce chapitre.
• Anions
Dan s les Pharmacopées le dosage d'un sel minéral est soit le dosage du cation
2 +(exemple : Ca dans CaCI ) soit d e l'anion (exemple : CI" dan s NaCI), l'élément de
2
charge opposée n'étant qu'identifié. Démarch e méthodologique en analyse pharmaceutique 75
Dans un contexte plus général, notre expérience nous a montré l'intérêt de doser à la fois
le cation et l'anion sur une matière première. Une erreur de conditionnement reste en ef­
fet toujours possible et peut échapper au schéma d'identification.
a) Les halogénures (F", Cl", Br", I" : colonn e VIIQ)
1) Argentimétrie
• Argentimétrie directe :
CI", Br", I" on t de s produits d e solubilité suffisamment faible sou s forme de sels d'argent
-1 7 -9 7 -1 3
SAgl = 1,5 .10 SAgCI = 10 - SAgBr = 5.10 pour être dosé par argentimétrie di­
recte en utilisant le nitrate d'argent 0,1 N comm e réactif titrant et en utilisant une détection
potentiométrique à l'aide d'une électrode d'argent.
Cependant, un certain nombre de sels d'argent sont peu solubles, en particulier POJ"
SeOf", et il convient de s'en méfier surtout lors des essais limites, ces combinaisons
argentiques sont en outre solubles en milieu acide fort, l'acidification du milieu (par un
acide non halogène) permet donc un dosage ou un essai spécifique de CI", Br", I".
• Méthode de Mohr pour les Chlorures (Cl").
La technique est basée sur la différence de produit de solubilité entre AgCI
s 9 7 -12
( Agc i = 10- ' ) et Ag Cr0 (S , = 10 ) le chlorure d'argent va donc précipiter en 2 4 A g CrC 4
premier et lorsque tous les ions cnlorures auront été précipités sou s forme de AgCI (Point
d'équivalence) Ag Cr0 va commencer à précipiter en milieu neutre (couleur chamois) 2 4
2) Autres méthodes utilisant les réactions d e précipitation
• Méthode de Charpentier-Vohlard.
Il n'est pas toujours possible d'appliquer la technique de Mohr en particulier pour des rai­
sons de pH ; à pH acide on utilisera la méthode de Charpentier-Vohlard. Les techniques
de Mohr et Charpentier-Vohlard permettent de doser en principe n'importe quel anion
chlorure dans n'importe quelle matière première. La simplicité d e la technique de Mohr en
fait la méthode de choix alors qu'elle n'est pas toujours utilisable pour les formes phar­
maceutiques (pH acide). Dans ce cas, il faudra avoir recours à la technique de Char­
pentier-Vohlard.
3) Dosage par électrode spécifique.
Développé pour de nombreuses espèces anioniques ou cationiques ; dan s le ca s des ha­
logénures, on utilise tout particulièrement l'électrode spécifique à fluorure pour les pré­
parations pharmaceutiques et les milieux biologiques. Cependant, l'emploi d'électrode
spécifique est plus délicat et nous semble moins bien adapté, pour des problèmes de
précision, au dosage de F" dan s les matières premières.
En effet, le premier problème de l'électrode spécifique est s a conservation entre les
série s de dosage. Un usage relativement fréquent (une série de mesures par se­
maine) est une garantie de bon fonctionnement ; autremen t dit d e grandes périodes
d'inactivité (plusieurs semaines, parfois plusieurs mois) sont particulièrement néfastes
mêm e si l'électrode baigne dans sa solution de conservation (solution diluée tam­
ponné e de NaF). 76 L'analyse pratique du médicament
Autre inconvénient, une bonne mesure n'est effectuée que lorsque la force ionique de la
solution de mesure est voisine de la solution d'électrolyte interne à l'électrode (ce qui est
rarement le cas). Il existe aussi une limitation de pH : comm e pour toutes les électrodes
spécifiques, les pH alcalins attaquent les cristaux de sel de fluor qui permettent la dé­
tection, une parade est possible à l'aide d'une protection adaptée.
L'électrode de verre, électrode à pH est, elle aussi, une électrode spécifique (aux pro­
tons). Elle n'est pas utilisée pour les mesures quantitatives de la concentration des ions
H en solution aqueuse, ces déterminations sont faites par acidimétrie.
4) Méthode complexométrique avec le nitrate d e thorium pour le dosag e des fluorures.
C'est la méthode de choix pour le dosag e de s sels minéraux fluorés : simple, rapide, spé­
cifique, très précise (1%). L'addition de thorium provoque l'apparition d'un précipité de
fluorure de thorium à pH 3,5. La fin d e la réaction est mise en évidence par du bleu de
méthylthymol.
5) Dosage oxydoréductimétrique des iodures.
C'est là encore la méthode la plus simple et la plus précise mais, comme toutes les tech­
niques d'oxydoréduction, sa spécificité est très mauvaise puisque tous couples oxydo-
réducteurs dont le potentiel Eo sera supérieur à EoOg/l") = + 0,57 V, risquent d'interférer
dan s le dosage . Sur le plan pratique, il faut donc utiliser une verrerie parfaitement propre,
ainsi qu'une eau distillée san s aucune trace d'oxydant.
b) Les anions "complexes"
On définira ici l'anion "complexe" par la combinaison de deux éléments chargés négati­
vemen t :
Il es t rare, en fait, que ces anions soient dosés lors du contrôle d'une matière première.
On préfère déterminer le cation correspondant (sodium, potassium...) dont le dosag e est
souvent plus simple et plus précis.
On peut cependant proposer un certain nombre de méthodes qui sont souvent mieux
adaptée s au contrôle d'une forme pharmaceutique.
Ne seront envisagés ici qu e les anions principaux utilisés dan s le domaine pharmaceu­
tique.
1) Sulfates (SO|l
Forme oxydée (+ VI) du soufre, cet anion ne s e prête bien qu'à un dosage par formation
d e sel de baryum insoluble
C'est une méthode très simple, développée dans la Pharmacopée pour le dosage du
soufre organique après minéralisation dans une fiole de Schôninger et qui peut être ap­
pliquée directement aux sels minéraux. Précise, relativement spécifique, il s'agit d'une
technique bien adaptée aux contrôles des matières premières.
On peut citer le dosag e direct des sulfates en milieu acide acétique par l'acide perchlo-
rique, cette méthode est peu utilisée en pratique malgré la simplicité de sa mise en
œuvre . Démarch e méthodologique en analyse pharmaceutique 77
2) Nitrates, nitrites (NCÇ, NO^)
Souvent dosés en bromatologie et en hydrologie, ce s anions le sont rarement pour une
matière première minérale. Les techniques usuelles sont colorimétriques ou relèvent de
l'utilisation d'une électrode spécifique avec tous les inconvénients évoqués dans le do­
sag e des fluorures par cette technique.
Les méthodes colorimétriques développées pour les NOg sont des réactions de diazo-
tation mises au point au siècle dernier par Griess, modifiées par Zambelli, les NO3, eux,
sont réduits en NOg (cadmium, zinc en milieu acide, charbon palladié, photoréduction).
3) Cyanures (CN)
L'électrode spécifique est ici intéressante, en raison du caractère toxique de l'anion (avec
les réserves déjà mentionnées).
4) Phosphates (PO?")
Les réactions de précipitation ne sont pas utilisées en raison de leur caractère trop peu
spécifique.
L'anion lui-même est dosé par colorimétrie d'un complexe phosphomolybdique Qaune)
éventuellement réduit (coloration bleue qui permet, en principe, une meilleure spécificité).
Là encore, ce type de dosage des phosphates dans une matière première est rare car
trop peu précis (5 % environ). Par contre, il s'agit d'une bonne méthode pour le contrôle
de s fabrications pharmaceutiques.
2.1.2 . Le dosag e des molécules organiques
Les substances organiques peuvent être définies comme des combinaisons moléculaires
formées des atomes de C, H, N, S, O, et éventuellement d'autres éléments. Il peut s'agir
d e bases, d'acides, de molécules san s pK, d e sels.
Lorsqu'elles ne sont pa s salifiées, les molécules organiques sont peu solubles dans l'eau
car peu ionisées. Ce critère n'est pas absolu. Les ose s ne sont pas ionisées mais sont
très solubles dans l'eau en raison d'une forte solvatation due aux nombreuses liaisons
hydrogènes contractées avec le solvant.
Pour titrer une molécule organique en tant que matière première, l'analyste doit sélec­
tionner dans lae considérée un groupement fonctionnel susceptible d'être mis en
jeu dans une méthode de dosage rapide, simple, très précise (de l'ordre du pour cent),
aussi exacte que possible, comme il a été défini au début d u chapitre. Si ce choix est par­
fois évident (monobase ou monoacide, composé carbonylé simple), il est parfois com­
pliqué par la présenc e au sein d'une même molécule :
- d e plusieurs fonctions de même nature (basiques par exemple) mais de
pK différents,
- de fonctions "antinomiques" (acides et basiques, ex : amino-acide) ou bien
enfin l'absence de groupement organique susceptible d'être exploité ana-
lytiquement avec suffisamment de précision. Un bon exemple est celui des
héterosides cardiotoniques de la Pharmacopée Française (X<» édition) et
d'hormones stéroïdiques comme la progestérone. 78 L'analyse pratique du médicament
Pa r ailleurs, beaucoup de médicaments organiques, du fait de leur faible solubilité en mi­
lieu aqueux, sont salifiés lorsqu'ils possèdent une ou plusieurs fonctions basiques ou
acides ; cett e salification permet l'administration par voie parentérale.
Pour une matière première où la spécificité du dosag e n'est pa s une caractéristique fon­
damentale , le cation (pour les acides) et l'anion (pour les bases) salifiants peuvent être
dosé s parfois plus facilement que la partie organique de la molécule.
Il s'agit donc, dans ce cas, de dosage indirect d'une espèce chimique organique par la
détermination d'une espèce chimique minérale associée. Cet aspect très important de
l'analyse pharmaceutique des matières premières sera donc envisagé dans ce chapitre
qui sera ainsi divisé en deux parties :
- le dosag e des médicaments organiques eux-mêmes
- le dosag e des sels de médicaments organiques.
2.1.2. h Dosage des médicaments organiques
Il existe de nombreuses réactions de chimie organique applicables à l'analyse et qui sont
parfois très spécifiques d'une structure précise, ex : Réaction de Koenig pour les pyri-
midines. Nous n'aborderons ici que les groupements fonctionnels susceptibles d'être ti­
trés avec la précision exigée pour une matière première, c'est-à-dire essentiellement la
volumétrie. Nous adopterons une classification arbitraire, discutable, car de nombreux mé­
dicaments peuvent appartenir à chacune de ces classes.
• Les acides
Dans l'eau, tout acide est défini par so n pK ou pK , cett e valeur est voisine de 0 pour les
a
acides forts très dissociés (réaction déplacée vers la droite) et peut atteindre des va­
leurs > 7 pour des acides très faibles, ex : phénol
Si le pK est suffisamment faible (pK < 3,5) l'acide peut être dosé directement par une
bas e forte en milieu aqueux.
Si le pK est supérieur à cette valeur, un dosage dans un milieu exaltant l'acidité sera né­
cessair e (milieu basique).
Il peut s e produire avec les acides faibles un autre phénomène : étan t peu dissociés, ils
sont souvent peu solubles en milieu aqueux et leur dosag e se fera avec avantage dans
de s solvants organiques polaires (alcools) que l'on prendra soin de neutraliser.
Le dosag e des acides faisant intervenir la mobilité du proton, on aura donc :
• l'acidimétrie en milieu aqueux
Le médicament acide (AH) est dosé directement par une base B titrée selon la réac-
tion :
Le point d'équivalence est apprécié :
- visuellement à l'aide d'un indicateur coloré dont le virage correspond dans ce cas à sa
déprotonation, après que tout le médicament AH a été déprotoné. Démarch e méthodologique en analyse pharmaceutique 79
- par potentiométrie à l'aide de la mesure du saut d e potentiel au point d'équivalence, tou­
jours intéressant lorsque les molécules à doser sont colorées. Les acides suffisamment
forts pour être dosés directement (ou en retour) en milieu aqueux sont relativement peu
nombreux en pharmacie (ex : l'acide acétylsalicylique).
• l'acidimétrie en milieu non aqueux
- l'utilisation d'un solvant basique est peu fréquent : pa r exemple, le dosag e dans le for-
mamide (base faible, plus dissociante que l'eau) du thalidomide et d e la nifuroxazide ;
dan s la pyridine pour les barbituriques.
- l'utilisation d'un solvant non aqueux permettant une meilleure dissolution du principe ac­
tif est par contre fréquente :
ex : - acétone
préalablement neutralisés
- éthanol
dan s ce cas, le réactif titrant est une solution alcoolique ex : KOH alcoolique 0,5 N (KOH
alcoolique doit toujours être conservé dans un récipient translucide car l'alcalinité du mi­
lieu favorise une polycondensation de dérivés de l'éthanol qui sont détruits photochimi-
quement).
Par exemple le dosag e de l'acide benzoïque par KOH 0,5 N, le dosag e des barbituriques
par KOH alcoolique en milieu acétonique et en présence de AgN0 . Ici l'acétone est uti­3
lisée pour son pouvoir solvant en particulier pour de s molécules peu solubles dans l'eau.
L'introduction de nitrate d'argent dans le milieu sert à bloquer l'équilibre lactame-lactime
et facilite donc la libération du proton par déplacement de l'équilibre.
Dans ce ca s de figure, un seul proton est dosé (celui dont le pK est le plus faible).
Il est, ainsi, important de noter que tout hydrogène situé sur un azote entre deux carbo-
nyles vicinaux (comme pour les barbituriques) présente une certaine mobilité donnant un
caractère acide à la molécule.
• Les bases
Comm e pour les acides, les dosages peuvent s'effectuer en milieu non aqueux ou
aqueux, le choix est fonction de la force de la base , les dosage s en milieux étant
réservés aux bases fortes et le milieu non aqueux aux base s plus faibles.
Les dosages en milieu aqueux n'appellent que peu de commentaires, nous nous inté­
resserons surtout au dosage des bases en milieu non aqueux.
La méthode classique est celle de Pifer et Wollish développée dans les années 1950 ; s a
simplicité, s a rapidité, s a très grande précision (de l'ordre du pour cent) l'on fait adopter
d e façon universelle et elle figure dans de très nombreuses pharmacopées.
Le principe est le suivant : la basicité de la molécule à doser est exaltée par dissolution
dan s l'acide acétique ; c e dernier par solvatation va libérer un ion acétate qui va pouvoir
être dosé par un acide fort comme HCI0 0,1 N.
480
L'analys e pratique du médicament
Le dosage est donc indirect puisque l'on dose en milieu acétique l'ion acétate (base
conjuguée se comportant comme la bas e la plus forte dans le milieu).
Un point important est à souligner tout de suite, le caractère absolument non spécifique
d e la techniqu e : le principe actif pourra être complètement dégradé (oxydé, réduit...) si la
molécule a conservé son ou se s groupements basiques susceptibles d'être solvates dans
l'acide acétique, le dosag e donnera d'excellents résultats.
Cas particuliers : ils son t importants à connaître
• lors d u dosage d'une molécule polybasique (amine primaire, tertiaire, secondaire) et fai­
blement soluble, il est parfois nécessaire d e chauffer, il y a alors un risque d'acétylation
de s groupements aminés :
qui risque de diminuer le nombre des sites basiques disponibles.
• les ammoniums quaternaires : ce sont des bases très fortes chargées positivement quel
qu e soit le pH. Leur solubilité dans l'eau est due à leur caractère ionique de sel, la basité
es t supportée par la particule chargée négativement : X"
X = halogénure, hydroxyle, phosphate
Dan s le cas où X est un halogénure et en particulier un chlorure ; X en milieu acétique
s e comporte comme une base forte et peut être titré directement par HCI0 0,1 N. 4
En effet, un ammonium quaternaire peut être considéré comme l'acide conjugué de la
bas e amine tertiaire correspondante puisque le doublet d'électron de l'azote est engagé
dan s une liaison covalente. S a charge positive permanente lui interdit don c toute parti­
cipation à une réaction acide-base, seul l'anion salifiant CI" es t susceptible de réagir et de
s e solvater :
Solvatation :
Titration :
Le principe est donc le même que celui vu précédemment avec les base s non chargées,
l'anion acétate étant dosé stœchiométriquement à l'anion CI" et donc à l'ammonium qua­
ternaire.
Il existe cependant des exceptions et dans certains ca s le chlorure d'ammonium qua­
ternaire peut être dos é soit directement, soit indirectement par libération d'acétate après
addition d'acétate mercurique (ex : chlorur e d e méthacholine).
• Dans le cas où l'introduction d'acide formique (acide dissociant) est absolument né­
cessair e pour de s raisons d'insolubilité de la molécule dan s l'acide acétique, la quantité
d'acide formique introduite doit être la plus faible possible.
En effet, l'acide formique (pK de 3,75 < au pK de l'acide acétique : 4,75) , malgré le ni­
vellement opéré par le solvant majoritaire, est susceptible de neutraliser une petite quan­
tité de bas e à doser avant même d'ajouter l'acide perchlorique. 81 Démarch e méthodologique en analyse pharmaceutique
L'acide formique risque donc de se comporter, en partie du moins, comme un acide tort
titrant et donc de donner des résultats par défaut : c'est le cas pour le dosage de la
phenylalanine.
• Les molécules carbonylées
Aldéhyde et cétone (ex : glutaraldéhyde , formaldehyde) peuvent réagir de façon quanti­
tative avec l'hydroxylamine, surtout si la fonction oxo ne présente pas d'encombrement
stérique sur les carbones en a (oximation).
C'est une technique volumétrique simple applicable à de nombreux composés carbony-
lés ne possédant pas d'autres fonctions organiques caractéristiques.
• Les polyols simples
Nous avons regroupé sous ce terme toutes les molécules polyhydroxylées souvent utili­
sée s en pharmacie : sucres , dérivés du glycerol, etc.
Ce s molécules possèdent toute la caractéristique pour pouvoir être dosée s par périodi-
métrie en raison de la présence dans leur structure d'hydroxyles vicinaux.
Certaines d'entre elles, en particulier dan s la série de s sucres, ont la propriété d'être op­
tiquement active en raison de la présence d'au moins un carbone asymétrique.
ex : glucose , galactose, mannose, fructose...
Enfin, tous les aldoses et cétoses ont un pouvoir réducteur dû à la présence de groupe­
ments cétoniques ou aldéhydiques.
Pour doser ces molécules, la méthode de choix reste la périodimétrie : précise , simple,
reproductible, elle figure dans de nombreuses monographies de la Pharmacopée (ex :
glycerol) ; mais elle présente une limite bien nette : la périodimétrie doit être réservée au
dosag e des monoholosides ; le s diholosides et polyholosides peuvent, en théorie, être
dosé s mais les conditions opératoires de l'oxydation périodique sont très délicates à re­
produire et, de plus, variables en fonction de chaque molécule (saccharose, lactose...)
La périodimétrie en tant que technique de dosage de matière première présente donc
une spécificité remarquable qui a d'ailleurs fait son succès en analyse structurale : le
nombre de coupures (N) est égal à N + 1 carbon e hydroxylé.
Lorsque la périodimétrie n'est pa s utilisable, il reste 2 solutions :
- soit exploiter le pouvoir réducteur d'un aldose ou d'un cétose (réduction d e la liqueur de
Feiling).
- soit déterminer le titre pa r polarimétrie pour les sucres possédant un pouvoir rotatoire
spécifique. 82
L'analyse pratique du médicament
Dans les deux cas, il s'agit d e méthodes peu adaptées au titrage d'une matière première
e n raison de leur faible précision (= 3 %) elles doivent plutôt être réservées aux dosages
dan s les formes pharmaceutiques quand cela est possible.
• Les molécules oxydoréductibles
Elles sont, bien sûr, très nombreuses et il n'est pas question ici d'exposer un catalogue ;
il es t cependan t important de dégager certains points.
Lorsque l'on veut doser une matière première pharmaceutique organique par une telle
technique, il faut bien avoir présent à l'esprit le manque de spécificité du dosage en ques­
tion et il n e faut pratiquer ce type de dosag e que s'il n'y a pas d'autres méthodes dispo­
nibles.
En revanche, les techniques utilisées répondent bien aux critères définis précédemment
pour le titrage d e matières premières.
L'oxydation ou la réduction mise en je u pour le dosag e peuvent être :
directe :
e x : cystein e dosé e directement par l'iode
indirecte :
ex: dosag e de l'hydrazine (libérée par hydrolyse de l'isoniazide) par KMn04.
L'usage de l'iode comme réactif titrant direct revêt un faible caractère de spécificité en rai­
so n de la faible valeur du potentiel redox Eo (l^r ) = + 0,57 V.
• Divers
a) Les molécules comportant de s groupement s fonctionnels basiques et acides :
Le meilleur exemple est l'acide aminé : un e fonction amine (basique) et un groupement
carboxyle (acide).
• Acide a aminé classique
• Acide Y amin é :
• Acide y amin é non carboxylique, ex. : taurine 83 Démarch e méthodologique en analyse pharmaceutique
• Acide aminé interne : bétaïne
L'abord du problème est complexe, la fonction acide ou la fonction basique peuvent être
dosées .
• Dosage de la fonction acide :
C'est la méthode Sôrensen (formol-titration).
Le formaldehyde est mis à réagir sur l'aminé primaire pour former une imine et la fonction
carboxyle est dosé e par une base forte :
Cette méthode est moins précise, plus longue que la protométrie, elle est particulièrement
bien adaptée au dosage des acides aminés. Elle est souvent prise en défaut lorsque la
molécule contient d'autres groupements basiques que les groupements aminés primaires
NH (ex : proline, arginine, lysine). 2
Cependant, cette technique est considérée par la plupart des auteurs comme la tech­
nique de référence pour le dosag e de l'azote a aminé des acides aminés. Elle est adap­
table aux acides y aminés , la taurine donne de bons résultats. Dans le ca s tout à fait par­
ticulier de s sels internes (bétaïne) c'est le carboxyle qui est dosé par HCI0 puisque le 4
groupement basique ammonium quaternaire n'est plus susceptible de capter un proton.
Le groupemen t carboxyle est donc solvate par l'acide acétique et libère ainsi en quantité
stœchiométrique l'anion acétate.
• Dosage de la fonction basique
Les acides aminés sont des molécules amphotères dont le groupement amine est fai­
blement basique, ils vont donc pouvoir être dosés comme une base en milieu non
aqueux puisque l'acidité de la fonction carboxyle sera nivelée par l'acide acétique.
Ceci est vérifié pour les acides a et y aminés carboxyliques. En revanche, lorsque la fonc­
tion acide est très forte comme un groupement sulfonique (S0 H) l'acidité de l'acide acé­3
tique est insuffisante pour niveler l'acidité de S0 H et le dosag e par HCI0 devient im­
3 4
possible (cas de la taurine : NH — (CH~) — S0 H) , la seule alternative possible est la 9 2 3
formol-titration.
b) Molécules organiques pouvant former des complexes métalliques
En plus des dérivés de l'EDTA utilisés en analyses minérales, un certain nombre de mo­
lécules sont capables de chélater des métaux comme le cuivre ou le mercure et cette
complexation peut être utilisée à de s fins analytiques.
Les molécules possédant des groupements fortement électronégatifs sont potentiellement de
bons chélateurs : COOH, SH et, à un moindre degré, NH2 (présence d'un doublet libre).
Ainsi les dérivés soufrés peuvent être dosés par formation de complexe très stable thiol-
mercure : 84 L'analys e pratique du médicament
Les acides aminés peuvent être dosés à l'aide d'une solution titrée d e sulfate de cuivre.
La stœchiométrie de ces réactions est évidemment intimement liée à la structure des dif­
férents chélateurs, il n'est donc pas possible de dégager une règle générale simple, va­
lable par exemple pour tous les acides a aminés.
c) Molécules ne possédant aucun groupement fonctionnel exploitable en vue de leur do­
sage en tant que matière première
Un bon exemple est celui de s psoralènes :
- pa s d e pK (pas d e protométrie possible)
- fonction lactonique ne pouvant être oximée
- très grand e stabilité chimique
Seule s les propriétés physiques (absorption UV, fluorescence) sont exploitables, mais la
précision des mesuress rendent ces méthodes délicates pour les matières pre­
mières.
Par ailleurs, l'ouverture du noyau pyronne en milieu alcalin permet l'apparition d'une fonc­
tion phénol susceptible d'être diazotée.
Cette méthode colorimétrique est peu précise et avantageusement remplacée par une
spectrophotométrie directe malgré les réserves émises plus haut.
Autre exemple, les hétérosides cardiotoniques inscrits à la Pharmacopée (digitoxine, di-
goxine).
- aucun groupement fonctionnel n'est directement exploitable pour le dosage . On réalise
un picrate en milieu alcalin fortement coloré en jaune qui permet une détermination co­
lorimétrique.
L'ensemble de ces techniques, répétons-le, n'est pa s a priori adapté au dosage des ma­
tières premières.
2.1.2.2. Dosage des sels de médicaments organiques
Beaucou p de médicaments organiques sont salifiés pour faciliter la dissolution du prin­
cipe actif en milieu aqueux.
Deux ca s sont possibles :
- le médicament est une base B :
est le sel correspondant 85 Démarch e méthodologique en analyse pharmaceutique
ex : pou r un chlorhydrate :
n = m = 1, A" = CI", on écrit : BH+, CI"
pour un sulfate :
n = 2, m = 1, A" = SO|", on écrit : BHg SOj "
- le médicament est un acide AH :
n - m +
A < > Me < > est son sel
ex : gluconat e d e calcium
_
A = gluconate : n = 2, Me = Ca, m = 1
Pour de s raisons d e clarté, nous traiterons les deux cas séparément.
• Dosage des sels de bases organiques
Il s'agit là d'un aspect très important des méthodes de contrôle de s matières premières.
Les principaux sels de bases utilisés en pharmacie sont :
- les chlorhydrates
- les bromhydrates
- les sulfates
- les mesylates
La protométrie est souvent en défaut lorsque la bas e est salifiée. La bas e étant le plus
souvent faible, l'anion salifiant (X~) provenan t d'un acide fort (Cr, Br) constitue une base
d e force non négligeable. Donc X" e t Br" peuvent, en théorie, être dosés par HCI0 . 4
Pour éviter l'interférence de X", on introduit dan s l'acide acétique un excès d'acétate mer-
curique qui complexe X" sou s forme de |HgX | soluble dans l'acide acétique, car non dis­2
socié :
La technique d e Pifer et Wollish permet de répondre pratiquement à tous les cas d e fi­
gure des dosages de sels de bases.
Les ca s particuliers vus dans le dosage des bases restent valables ici.
La seule critique que l'on peut lui apporter est l'usage de sel de mercure dont la toxicité
est bien connue. C'est pourquoi, récemment, a été introduite une nouvelle technique par
+ Billon. Le principe est totalement différent de la technique d e Pifer et Wollish : c'es t BH
(donc l'acide fort conjugué de la bas e faible B) qui est dosé.
Le solvant est ici l'éthanol à 96% (e = 24), il dissou t un grand nombre des bases, même
salifiées.
Dan s une première étape, un excès d'HCI est ajouté pour obtenir une salification totale
de la bas e B, en considérant que cette salification peut ne pas être complète ; ceci s e tra­
+
duit par la présenc e d'un faible pourcentage de B par rapport à BH ,X , soit : 86 L'analyse pratique du médicament
excè s
+La deuxième étape consiste à doser les espèces acides en solution (HCI excès + BH ),
+la différence de pK entre HCI et BH est telle qu e les deux points d'équivalence sont net­
tement séparés. Le point d'équivalence est déterminé par potentiométrie.
Il es t encore trop tôt pour dire si cette technique remplacera l'utilisation de l'acide per-
chlorique en milieu acétique sur toutes les base s aminées pharmaceutiques mais des ap­
plications d e cette méthode sont déjà décrites dans la Pharmacopée Européenne (do­
sag e de s amines dans la monographie : chlorure de Benzalkonium).
Elle peut présenter un certain nombre de limitation :
- tous les sels d e base organique ne sont pas solubles dans l'éthanol à 96 %
+
- quand les base s sont très faibles on ne peut plus distinguer BH (acide conjugué donc
+très fort) de l'excès de proton H apporté par HCI, on aura donc dans ce cas, un dosage
pe u précis.
- le dosag e fait obligatoirement appel à un mode de détection potentiométrique.
Un tableau peut résumer les caractéristiques analytiques des deux techniques mention­
née s :
PlferetWollish Billon
Prise d'essai 100 mg 100 mg
Précision excellente excellente
Praticabilité bonne bonne
Automatisation possible possible
Spécificité nulle améliorée
Aspect utilisation de absenc e d'utilisation de
toxicologique dérivé organomercuriel dérivé organomercuriel
• Dosage des sels d'acide organique
exemple s :
- acétat e de Zinc :
- gluconate de sodium :
Le cation, l'anion, ou les deux espèces peuvent être dosés,
a) Dosage du cation
Le s méthodes peuvent être variables lorsque le cation salifiant est bi- ou trivalent. Une
technique complexométrique peut être pratiquée, l'absorption atomique pour les alcalino-
terreux et les métaux de transition peut être utilisée, exemple : acétat e de Zinc. 87 Démarch e méthodologique en analyse pharmaceutique
Lorsque le cation salifiant est monovalent il peut être dosé par photométrie de flamme
(gluconate de sodium).
Cependant, le dosag e du cation représente ici un dosage indirect et le sel peut toujours
être titré par le dosage , plus spécifique, de l'anion.
b) Dosage de l'anion
Dans ce type de sel, l'anion est basique, puisqu'il correspond à la bas e conjuguée de
l'acide concerné, exemple :
+ Acide acétique acétate+ H
+
Acide gluconique gluconate + H
On peut ainsi doser l'anion dans ces sels, directement en milieu acétique par l'acide per-
chlorique 0,1 N.
L'utilisation d'acétate mercurique est évidemment inutile dan s ce cas.
Le problème pratique le plus important va être de dissoudre ces sels, très solubles dans
l'eau, peu en milieu acétique. Il faudr a chauffer pour obtenir une dissolution complète, ce
qui risque parfois de dégrader la molécule.
2.1.3 . Schéma dichotomique du dosage d'une matière première pharma­
ceutiqu e (résumé)
MINERALE
ANIONS CATIONS
- Halogène: argentimétrie. (alcalino-terreux). (alcalins)
métaux de transition (Mohr, Charpentier-Volhard)
*SAA, complexométrie *SA E
- iodométrie
- PO?" colorimétrie
- SO f titrimétrie
- NOg NO 3 1 coiorjmétrie
- CN~ J
ORGANIQUE
SEL S MOLECULES
oses acides bases carbonylés autres bases acides
1 4, i X X "l"
oximatJon UV protométrie dosage du périodimétrie protométrie protométrie/
réductimétrie CHCOOH colorimétrie en CH3COOH cation 3
protométrie / +(CH COO) correspondant 3 2
EtOHg
* SAA = Spectrométrie d'Absorption Atomique
* SAE = Spectrométrie d'Emissione 88 L'analys e pratique du médicament
2.2. Les formes pharmaceutiques
On appellera forme pharmaceutique au sens large, toute présentation galénique liquide,
solide ou pâteuse nécessaire à l'administration selon une voie définie d'un ou plusieurs
principes actifs chez l'homme.
Un grand nombre de techniques évoquées dans le paragraph e matières premières peu­
vent être utilisées pour le contrôle du produit fini ; il n e sera pas question ici de les re­
développer, nous tenterons de dégager les caractéristiques spécifiques du dosage des
médicament s dans les formes pharmaceutiques en nous appuyant sur de nombreux
exemples .
Pour de s raisons de clarté, nous reprendrons, comme pour les matières premières, la di­
vision entre le dosag e des substances organiques et minérales, ayant bien présent à l'es­
prit que minéraux et molécules organiques peuvent être ici associés en tant que principes
actifs, excipients et conservateurs.
2.2.1 . Dosage des minéraux dan s les médicaments
Nous reprendrons la séparation cations-anions utilisée dans le chapitre précédent.
2.2.1.1. Cations
Les méthodes évoquées pour les matières premières (photométrie de flamme, absorption
atomique, colorimétrie, oxydoréductimétrie...) sont, globalement, applicables aux formes
pharmaceutiques .
Cependant , il n e faut pas perdre de vue, qu'ici, les éléments minéraux peuvent être as­
sociés entre eux parfois en très grands nombres (exemple : oligoélément s injectables) et
associés à de s molécules organiques en tant qu e principe actif (exemple : nitrate d'argent
et butacaïne), ou en tant qu'excipient (exemple : chlorure de sodium comme isotonisant
d e nombreuses préparations injectables).
Ce s associations peuvent, en effet, amener l'analyste à prendre certaines précautions.
• Associations minérales strictes
C e sont, par exemple, les oligoéléments et certains solutés massifs : polyoniques, les
concentrés pour hémodialyses ou hémofiltrations.
La concentration assez élevée de ces préparations (de l'ordre du pour cent, sauf pour les
oligoéléments) nécessite généralement une dilution aqueuse.
Dilution pouvant servir en théorie, soit à un dosage :
- chimique (complexométrie)
- colorimétrique (dithizone, bathophénanthroline...)
- physique par émission ou absorption atomique.
En fait, la complexité du mélange minéral rend très rapidement inutilisable les techniques
volumétriques comme la complexonométrie avec lesquelles on peut rarement doser plus
d e deux métaux dans le mêm e milieu (Ca + Mg, Pb + Bi). De plus, les faibles concen­
-1trations parfois rencontrées (de l'ordre du mg.L ) rendent la prise d'essai le plus souvent
trop importante (exemple : plusieurs dizaines d'ampoules). 89 Démarch e méthodologique en analyse pharmaceutique
Cependant lorsque les circonstances le permettent (forte concentration, un seul cation en
solution), les techniques titrimétriques sont très utiles en raison de leur praticabibilité, de
leur faible coût et d e leur bonne précision, exemple : ampoule s de chlorure de calcium.
Le deuxième type d e dosage possible est fondé sur la formation de complexes colorés
permettant une lecture spectrophotométrique. La liste d e ce type de complexes est en fait
2 + 2 +extrêmement importante : Fe par les dérivés de la phénantroline, Cu par le P.A.N (py-
ridyl-2', azo-1, naphtol-2), métaux lourds (Pb, BL.) après extraction sous forme de com­
plexes colorés par la dithizone.
Généralement suffisamment précises, pour satisfaire aux normes d e ± 5 % d e la valeur
2 +
nominale, parfois spécifiques d'un état d'oxydation d'un élément (Fe par la phénan-
throline), elles peuvent être largement utilisées d'autant plus qu'elles ne nécessitent qu'un
appareillage courant au laboratoire.
Mais lorsque l'analyste doit résoudre le problème de dosage multiéléments dans une pré­
paration pharmaceutique, il s e tournera vers une méthode physique d'émission (photo-
métrie de flamme) pour les alcalins et d'absorption (SAA) pour les autres éléments.
Plusieurs raisons viendront guider ce choix :
- la simplicité de mise en oeuvre : dilution et surcharge de la prise d'essai, absence de
préparation de réactifs parfois coûteux et à réaliser extemporanément (colorimétrie),
- possibilité d'automatisation de mise en œuvre plus aisée que pour les réactions colori­
métriques (passeur d'échantillons, calibration, lecture des gammes, impression des ré­
sultats),
- spécificité presque "absolue" d e la mesure basée sur l'émission ou l'absorption de la
raie d e résonance caractéristique de l'élément : dosag e et identification simultanés. Les
risques d'interférences sont en théorie levés, ce qui n'est jamais réellement le ca s avec
les techniques complexométriques et colorimétriques,
- très grande sensibilité, variable selon l'élément, la matrice, pouvant aller d e 1 ppb en
SAA-volatilisation électrothermique (four) à quelques ppm en SAA-flamme. Donc les di­
lutions de la prise d'essai seront importantes,
- très bonne précision, puisque l'on peut tenir le pourcent sur un dosage de sodium après
dilution au 1/5 000. Il faudra donc travailler avec une verrerie étalonnée (type ASP IN
classe A) pour ce type de dosage et une eau déminéralisée de bonne qualité pour ef­
fectuer les dilutions.
Ce s aspects positifs ne doivent pas faire oublier que la qualité de ces dosages sont tri­
butaires du soin particulier apporté à l'appareillage (nettoyage des brûleurs, système de
nébulisation) et à la validation de l'opération de dilution précédant la lecture.
De plus, l'effet matrice, c'est-à-dire l'influence du milieu, est toujours important, malgré la
forte dilution. En effet, pour avoir le dosag e le plus juste possible il faut, entre la solution
à doser et l'étalonnage, la similitude la plus étroite possible (viscosité, pH, même état
d'oxydation de l'élément) ; ceci n'est en fait que très rarement le cas.
L'utilisation d'une surcharge pour éviter les oxydes réfractaires et favoriser l'atomisation
d e l'élément à doser est rendue pratiquement obligatoire, en particulier pour les pour les
alcalino-terreux.
Par ailleurs, la méthode dite de s ajouts dosés, bien que critiquable sur certains points,
peut permettre de compenser l'effet de matrice par surcharge du prélèvement avec une
quantité connue de l'élément à doser. 90 L'analyse pratique du médicament
Enfin dan s ce domaine des solutés polyioniques, l'émission atomique par plasma induit
haute fréquence (ICP = inductive coupled-plasma) semble une voie d'avenir, en raison de
la possibilité de dosage simultané d'au moins 20 éléments, de la grande gamme dyna­
1 1
mique de lecture (du rng.L" au g.L ) permettant de travailler sur une seule dilution pour
l'ensemble des éléments dosés.
Ce s caractéristiques semblent bien adapter l'ICP aux dosages des polyioniques pharma­
ceutiques, seul le coût très élevé de l'instrumentation limite pour l'instant sa diffusion.
• Association avec des molécules organiques
Ce s associations fréquentes en pharmacie : soluté s d e remplissage, solutés nutritifs, po­
sent, a priori, moins de problème qu'un mélange complexe strictement polyionique.
En effet, pour les techniques volumétriques, il n'y a guère d'interférences possibles,
mêm e si l'on est en présence, dans la solution, d'un chélateur faible type acide citrique :
l'EDTA déplacera tous les éventuels complexes formés.
Les techniques colorimétriques ne peuvent être que rarement mises en défaut puisque la
mesur e spectroscopique se fera dans le domain e du visible et très peu de principes ac­
tifs associés absorbent à ces longueurs d'onde.
Le dernier groupe de méthodes physiques (émission et absorption atomique), lui aussi,
subit peu l'influence de la matrice puisque toutes les molécules organiques sont détruites
lors du processus d e minéralisation-atomisation, soit dan s la flamme, soit au sein du four.
Une interférence est à noter pour ce dernier groupe de méthodes : celle de s molécules
soufrées qui lors d e la minéralisation peuvent libérer de s fumées du type S0 , respon­2
sable s d'une absorption non spécifique non négligeable et donnant des dosages par dé­
faut.
Autre point à noter, les molécules organiques associées (glucose, acides aminés...) peu­
vent être responsables dans certain cas d'une forte viscosité de la solution à doser ; il
faudra prendre garde à prélever à l'aidee pipette à sec et à diluer suffisamment
(dans les limites d e la technique) pour obtenir une viscosité identique dans la dilution de
dosag e et dan s la gamm e d'étalonnage.
2.2.1.2. Anions
Comm e pour les cations, un grand nombre de méthodes de dosage de matières pre­
mières sont, ici, transposables.
Seul s quelques points précis seront évoqués :
• les dosage s volumétriques sont très pratiqués à partir du moment où une seule espèce
anionique est en cause, et quand la concentration est supérieure à 100 ppm (chlorures).
O n utilisera pour les halogènes la techniqu e d e Mohr ou, quand le pH est inférieure à 3,
la technique d e Charpentier-Vohlard.
Un cas particulier est le dosag e des chlorures dans les mélanges nutritifs pour alimen­
tation parentérale. Il s'agit là d'un dosage global : chlorures de s sels minéraux + chlorures
de s chlorhydrates d'acides aminés présents.
Si l'on effectue un dosage par argentimétrie directe en potentiométrie, on obtiendra un ré­
sultat systématiquement par excès d'environ 10 à 15 % de la théorie.
Cela s'explique par la consommation d'une partie du réactif titrant AgN0 par les grou­3
pement s thiols de la cysteine présente dans la solution. Démarch e méthodologique en analyse pharmaceutique 91
Un résultat correct est obtenu après minéralisation permanganique acide et à chaud, de
la prise d'essai, ce qui détruit les acides aminés soufrés avec dégagement de S0 ; la 2
consommation d'AgN0 est ensuite due uniquement à la formation d'AgCI. 3
L'argentimétrie, comme nous venons de le voir, peut faire l'objet d'interférences ; e n voici
une autre : les chlorures ne peuvent être titrés par argentimétrie en présence de dérivés
phénoliques car les phénates d'argent précipitent sous forme de précipités blancs et
consomment donc le réactif titrant AgN0 (exemple : ampoule s de benzerazide [ce prin­3
cipe actif est un triphénol] isotonisée avec du chlorure d e sodium).
• Les électrodes spécifiques peuvent être utiles (F", CN", SCN~, N0 , N0 ) mais néces­2 3
sitent un entretien très rigoureux (voir matières premières).
• Les méthodes oxydoréducrJmétrlques sont d'un emploi limité du fait d e leur manque de
spécificité. De nombreux anions et cations peuvent interférer, ainsi que d'éventuelles mo­
lécules organiques associées.
On utilise néanmoins des techniques oxydoréductimétriques dans le dosag e classique
de s solutés d'hypochlorite (Dakin, Labarraque, Eau de javel).
• En fait, une voie d'avenir dans le dosag e des anions dan s les formes pharmaceutiques
apparaît être la chromatographie ionique.
En effet, tous les anions dont nous venons de parler ainsi que les anions "complexes"
(SOf~, PO|"3 N0 , N0 ...) peuvent dans certaines conditions être dosés simultanément 2 3
par chromatographie ionique.
Pour schématiser, deux grandes modalités de dosage sont possibles en fonction du type
d e détection envisagée :
1 - l'utilisation d'une technique directe : ave c détection directe de l'anion par conductivi-
métrie ; la colonne utilisée est généralement une résine échangeuse d'anions. C'est le
système le plus simple, mais il nécessite, en principe, une thermostatisation de la colonne
pour obtenir des résultats reproductibles.
2 - l'utilisation d'une technique de détection indirecte par utilisation d'une phase mobile
contenant un contre-ion absorbant dans l'ultra-violet (exemple : phtalate) . Le contre-ion
ser a déplacé par l'injection du ou des anions à doser. Une diminution de la concentration
en phtalates sera ainsi observée dans la cellule de détection,n proportionnelle
à la quantité d'anion injectée ; la détection se fera par spectrophotométrie d'absorption
dan s l'ultra-violet.
Dans ce cas la colonne est d e même nature qu'au paragraphe 1. On peut toujours, en
détection indirecte, tenter de réaliser des paires d'ions avec les anions à doser et une
molécule présente dans la phas e mobile. C'est cette combinaison pseudomoléculaire qui
ser a ensuite détectée par UV après séparation sur une colonne de phase inverse.
Quoi qu'il en soit, ces méthodes développées à l'origine pour l'analyse des eaux ont un
grand avenir en contrôle de médicament en raison de leur automatisation et de la pos­
sibilité d e doser dans une même solution, tous les halogénures, nitrates, nitrites, sulfates,
phosphate s avec une précision de l'ordre de 5 %.
Cependant, la technique est encore pénalisée d'une part :
- par le manque de recul pour le dosage des formes pharmaceutiques (molécules inter­
férantes dans une détection indirecte par exemple), 92 L'analyse pratique du médicament
- par la relative fragilité des colonnes de résine, malgré l'utilisation d'une précolonne, en
raison de la surcharge rapide du support en divers excipients molécules organiques qui
provoquent rapidement de s tassages et donc une perte de sélectivité, le milieu injecté
étant beaucoup plus complexe qu'une eau, même polluée.
Enfin, une technique chromatographique présente, même bien maîtrisée, une certaine
lourdeur de mise en œuvre qui ne peut être justifiée que par de très grandes séries de
dosage s d'un même anion ou par les dosages simultanés d'un grand nombre d'anions
(c'est le ca s en hydrologie).
2.2.2 . Dosage des molécules organiques
C'est le problème le plus couramment rencontré lors du contrôle du produit fini, la grande
majorité des médicaments relevant d e la chimie organique. Encore une fois, bon nombre
d e méthodes citées dans le chapitre matière première peuvent être reprises. En revanche
la spécificité de la forme pharmaceutique (quelle que soit s a nature) entraîne pour un
mêm e principe actif un choix souvent différent pour le dosag e matière première et produit
fini. Le problème étant, bien plus qu'en analyse minérale, la spécificité du dosage et par­
fois sa sensibilité.
• En effet, en contrôle de produit fini, l'analyste doit développer une méthode parfaitement
spécifique du produit à doser. Toutes les interférences, avec d'autres principes actifs as­
sociés, excipients doivent être évitées, ceci n'est pas toujours réalisable et seules les mé­
thode s chromatographiques permettent d'atteindre ce but.
• La sensibilité de la technique est un e notion qui peut paraître surprenante en contrôle
d e médicaments, mais le problème peut être posé lors du dosage de molécules très dif­
ficiles à détecter (absence de groupement chromophore, fluorophore, électroactif de très
forte polarité). Les dérivés d e la choline posent, nous le verrons par la suite, de s pro­
blème s importants au niveau de la sensibilité de détection.
2.2.2.1. Le choix d'une méthode de dosage
Les critères d e choix sont nombreux, il faut citer entre autres :
- le contexte de l'analyse (l'équipement du laboratoire)
- la physicochimie du principe actif et de s excipients
• Le contexte d e l'analyse
D'une manière générale, le dosag e doit permettre d e s'assurer, avec un maximum de ga­
rantie pour la santé publique, de la qualité du produit, dans un minimum de temps et au
moindre coût. Il n e faut pas oublier que le produit fabriqué l'a été à partir d e matières pre­
mières pharmaceutiques conformes, soit à une monographie officielle (Pharmacopée)
soit à un cahier de s charges analytiques très strict. Ainsi le contrôle de s matières pre­
mières étant très complet, la démarche logique voudra que lee de s produits finis
soit le plus simple possible tout en garantissant la sécurité d'utilisation.
C'est à ce niveau qu'interviennent les notions, importantes à notre sens, de contexte de
l'analyse.
En effet, un même problème analytique doit pouvoir être résolu dans des endroits aussi
différents que l'hôpital ou le laboratoire industriel, avec des moyens, bien sûr, différents.
A l'hôpital le dosag e du principe actif pourra être fait par absorptiométrie dans l'ultra-vio-
let, voire par volumétrie lorsque la forme le permet. Dans l'industrie souvent par CLHP en Démarch e méthodologique en analyse pharmaceutique 93
raison de l'importance de la production et des possibilités offertes par les passeurs
d'échantillons automatiques.
Dans les deux cas, malgré des caractéristiques analytiques différentes, la sécurité ap­
portée par le contrôle doit être la même (Bonnes Pratiques de Laboratoires).
Dans ce sens, de nombreux laboratoires hospitaliers équipés pour le dosag e de médi­
cament s en milieu biologique, et possédant de ce fait des équipements chromatogra-
phiques très complets, pourraient être amenés à exploiter ce matériel à des fins de
contrôle et donner à l'analyse une impression sécurisante.
Ceci ne doit pas faire oublier qu e des analyses très fiables parfaitement validées sur le
plan de la spécificité et de la sensibilité peuvent être pratiquées à l'aide d'une burette.
• Physicochimie du principe actif et d e la forme galénique
C e préambule étant établi, nous avons choisi de rassembler dans un même paragraphe
ce qui nous semble, par expérience, strictement indissociable : la physicochimie de ce
que l'on veut doser et la physicochimie du véhicule associé.
En effet, les médicaments se définissent par leur infinie variabilité de dose et parfois la
complexicité de leur formulation galénique.
Il faut abandonner l'idée que la forme pharmaceutique est un milieu simple, posant peu
de problèmes : la simple variation d'un excipient, d'un conservateur, le changement de la
nature du sel du principe actif, peuvent rendre obsolète une méthode de dosage par
ailleurs parfaitement validée.
C'est dans ce sens que concevoir un dosage d'une molécule médicamenteuse en dehors
d e son véhicule galénique paraît peu réaliste.
A titre d'exemple, la codéine peut être dosé e dans un sirop soit :
- par absorptiométrie directe dan s l'ultra-violet après dilution
- par CLHP après dilution (avec différents modes de détection).
Par ailleurs la codéine peut être dosée dans un suppositoire :
- soit directement par appartement d'ions, le chloroforme utilisé dans ce dosage permet
d e dissoudre l'excipient du suppositoire
- soit, après extraction acide du sel de codéine, par UV ou CLHP. Il n'y aura donc pas de
méthode préférentielle de dosage de notre alcaloïde (par exemple CLHP), mais une tech­
nique de choix guidée par la nature du véhicule : la CLHP ainsi que l'UV conviendront
bien au dosage du sirop. Par contre il est clair que pour des suppositoires, une technique
volumétrique par appartement d'ions sera de loin préférable par s a simplicité et s a rapi­
dité d e mise en œuvre.
Dans cet esprit, nous évoquerons le dosag e du principe actif en reprenant la mêm e clas­
sification que pour les matières premières.
a) Les médicaments acides
Pour ces molécules, les techniques acidimétriques décrites dans le chapitre "matières
premières" ne peuvent être employées qu'en milieu neutre ou quand le pH n'est pas
ajusté pour une raison de stabilité de s principes actifs. 94 L'analys e pratique du médicament
Dans tous les autres cas (ajustement d'un pH en cours de fabrication, addition d'un prin­
cipe actif basique), l'acidimétrie directe est impossible.
L'analyste devra donc s e tourner vers des méthodes physiques du type absorptiométrie
dan s l'UV (barbituriques pour les formes sèches et pâteuses). Pour les injectables, les
techniques enzymatiques (exemple : acid e lactique, citrique, ascorbique), très commodes
d'emploi, spécifiques, sont bien adaptées.
Pa r ailleurs, un certain nombre de petits acides (acétique, fumarique...) peuvent être do­
sé s par chromatographie en phase gazeuse après 'Hash methylation" ; le point délicat
étant l'extraction lorsque cela est possible (absence de glucose et d'acides aminés), il
vaut mieux évaporer à sec la prise d'essai avant de reprendre par du methanol et de mé-
thyler.
Enfin, certains petits acides dicarboxyliques (tartrique, fumarique...) peuvent être dosés
pa r CLHP UV à 205 nm sur colonne C avec comme éluant de l'eau pure. 1 8
L'UV est une solution simple pour le contrôle de s injectables à condition de bien maîtriser
le pH. La CLHP est la solution la plus élégante, dans ces mêmes milieux, lorsque de
nombreuse s molécules associées absorbent dans l'ultra-violet.
b) Les médicaments basiques
C e groupe constitue la majorité des médicaments (sous forme de base et de sel de
base). Ici les base s et leurs sels forment un mêm e ensemble car les méthodes indirectes
d e protométrie en milieu non aqueux ne sont que rarement applicables en contrôle de
formes pharmaceutiques.
En effet, les techniques en milieu non aqueux exigent, par définition, l'évaporation à sec de
toutes les prises d'essais liquides, cette evaporation est longue et peut dégrader chimi­
quemen t le principe actif ainsi que l'excipient (caramélisation du glucose par exemple).
Seul s des cas favorables d'ampoules injectables d'un sel de base organique en solution
dan s l'eau peuvent relever d'une protométrie en milieu non aqueux. Les sels de bases or­
ganique s isotonisés par le chlorure d e sodium ne peuvent, eux, être dosé s en raison de
la présence de s ions Cl' du chlorure de sodium (voir 1.1.2.). Enfin, il faut rappeler qu'un
dosag e précis par ces techniques exige environ 100 mg de prise d'essai, ce qui parfois
peut entraîner des quantités considérables de phase aqueuse à évaporer (exemple :
morphine chlorhydrate à 0,5 mg/ml, ampoules injectables).
C'est pourquoi les médicaments basiques (et leur sels) peuvent être titrés plus commo­
démen t par trois groupes de techniques :
* volumétrie en phase hétérogène avec appariement de paire d'ions.
* absorptiométrie directe dan s l'ultra-violet
* méthod e chromatographiques : CP G ou plus souvent CLHP.
- Les méthode s par appartement d'ions :
A l'aide du laurylsulfate de sodium ou dioctylsulfosuccinate de sodium [DOSS], encore
appelé docussate de sodium (très bonne précision : CV < 1 %) , ce s techniques volumé-
triques sont très utiles pour un contrôle rapide au niveau hospitalier.
En effet, la prise d'essai en principe actif peut être ramenée entre 10 et 40 mg, ce qui
permet d e doser la plupart de s principes actifs obtenus dans une forme pharmaceutique ;
la nature de la prise d'essai n'a que peu d'importance (aqueuse, sirop dilué, suppositoire,
pommade...). Démarche méthodologique en analyse pharmaceutique 95
Les véhicules aqueux se dilueront dans la phase aqueuse du dosage : les véhicules or­
ganiques et gras (suppositoire, pommade) se dissoudront dans la phase chloroformique.
La nature du sel n'a aucune importance car il passer a en phase aqueuse. Si l'on titre une
base, celle-ci passera en phase chloroformique.
On a donc là une technique aussi simple de mise en œuvre que la protométrie mais
beaucoup plus spécifique en raison des exigences de fvL (> 150) et de polarité des prin­
cipes actifs. Dans ce sens, il faut souligner la plus grande spécificité du laurylsulfate qui
ne forme des paires d'ions qu'avec des bases très apolaires, contrairement au DOSS.
- L'absorptjométrie dans l'ultraviolet
C'est en fait une méthode de choix, car beaucoup de médicaments basiques présentent
une structure aromatique permettant une absorption entre 200 et 400 nm (ou plus).
Le problème ici est la présence de l'excipient. En effet, les lectures directes en UV ris­
quent d'être entachées d'une erreur systématique due à une absorbance de la matrice.
Plusieurs méthodes peuvent être utilisées : correction d'Allen, spectroscopie dérivée, de
meilleure efficacité, reconstitution d'un témoin contenant l'excipient (analyse multicom-
posant).
En contrôle, c'est généralement la troisième solution qui est adoptée car la plus simple et
ne nécessitant aucun appareillage particulier comme en spectroscopie dérivée.
Dans certains cas favorables, le témoin reconstitué n'est pas nécessaire : par exemple
pour les molécules absorbant au-dessus de 300 nm (metronidazole). Le cas est plus dé­
licat lorsque la préparation contient des conservateurs dérivés de l'acide paraamino-
benzoïque dont la concentration maximum tolérée (1,5 %o ) est parfois gênante pour de
faibles concentrations en principe actif absorbant entre 240 et 280 nm : une méthode par
paire d'ions ou chromatographique peut permettre alors de résoudre le problème.
Les réactions colorées ne doivent être mises en œuvre que lorsque le principe actif
n'absorbe pas dans l'ultra-violet. En effet, leurs utilisations s'accompagnent toujours de
consommation de réactif et de manipulations qui peuvent diminuer la précision des tech­
niques, enfin elles ne sont pas toujours d'une absolue spécificité (ex : benzodiazepines).
- Chromatographle
La chromatographie est le seul moyen de doser un mélange complexe de composés
avec une bonne reproductibilité. La chromatographie permet par exemple de doser le
principe actif et les conservateurs. Dans ce domaine, la CLHP a supplanté incontesta­
blement la CPG pour plusieurs raisons :
- plus grande simplicité de préparation de l'échantillon (une simple dilution parfois suffit),
le plus souvent absence de réaction de dérivation, contrairement aux dosages en milieux
biologiques.
- la calibration du système d'injection permet le cas échéant et uniquement après vali­
dation de s'abstenir de l'étalonnage interne — le problème de la détection ne se pose
pratiquement pas, la plupart des molécules absorbant dans l'UV, celles qui n'absorbent
pas (sparteine, choline ...) peuvent être appariées par des réactifs chromophores intro­
duits dans la phase mobile (dérivés des acides naphtalènes sulfoniques). C'est la paire
d'ions ainsi formée qui est détectée. En contrôle, il n'est généralement pas nécessaire
d'utiliser d'autres détections que l'UV : ainsi le contrôle d'une préparation injectable de
quinine pourra se faire aussi facilement par CLHP-UV que par mesure sur une très 96 L'analyse pratique du médicament
grande dilution de la fluorescence de l'alcaloïde. La précision de la méthode absorptio-
métrique sera supérieure en raison d e la moindre manipulation effectuée.
c) Les polyols ( sucres )
Ils peuvent être dosés par voies enzymatiques (glucose), par périodimétrie, ou par CLHP-
réfractométrie et polarimétrie.
Comme nous l'avons précisé dans les matières premières, la périodimétrie ne peut être
employée que pour les monoholosides et peut, par sa spécificité, être utilisée dans un
mélange médicamenteux complexe, par exemple : inositol dans une potion polyvitami-
nique.
L'usage du réfractomètre est justifié par l'absence de groupement chromophore dans les
molécules d'osés. On peut ainsi doser facilement mono et polyholosides, sucres réduc­
teurs ou non. La mise en œuvre de tels dosages est relativement délicate et nécessite
une colonne de résine cationique faible, une cellule thermostatée pour avoir des résultats
reproductibles.
d) Autres molécules et exemples pratiques
La plupart des médicaments qui n'appartiennent ni à la catégorie des sucres, ni à celle
des acides et des bases peuvent être dosés soit par UV direct (stéroïdes à 238 - 240 nm)
après dilution ou extraction (extraction éthanolique des corticoïdes à partir d'huile végé­
tale et dosage UV) ; soit par une détection spécifique (électrochimique) dans le cas des
catecholamines, des dérivés de la cysteine.
Dans certains cas complexes : mélanges de plusieurs principes actifs, de concentrations
très différentes entre eux, on peut avoir recours à des méthodes indirectes, exemple : do­
sage du penthoténate de calcium dans un mélange de polyvitamine. Dans ce cas précis,
on ne peut utiliser une méthode de protométrie en milieu non aqueux (pour le dosage de
l'anion penthoténate) en raison des faibles concentrations de ce sel de calcium et de la
présence de différentes vitamines. La forte absorbance des vitamines associées, à par­
tir de 197 nm interdit toute utilisation de l'UV. Le moyen le plus simple dans cet exemple
est de doser le calcium par absorption atomique, car celui-ci est uniquement apporté par
le penthoténate. Pour compléter ce dosage (ici non spécifique, car indirect) on réalise la
CCM du sel pour l'identification.
Il n'y a pas de règle générale et l'élimination de l'interférence des excipients est le prin­
cipe de base du dosage avant même le mode (physique ou chimique) de quantification.
Exemples pratiques :
• Suppositoires
L'extraction des suppositoires est un problème particulier en contrôle, par exemple pour
doser un suppositoire de theophylline : le moyen le plus efficace d'extraction est de dis­
soudre lee dans l'eau, (la theophylline est soluble dans l'eau chaude : pensez
au thé !) et de filtrer à chaud. La détection se fera ensuite sur le filtrat, soit par UV, soit par
CLHP, jamais par le DOSS (les bases xanthiques ne forment pas de paire d'ions avec ce
réactif).
Pour doser la morphine dans un suppositoire de suppocire® une façon simple de procé­
der est de dissoudre le suppositoire dans du chloroforme et d'extraire dans une ampoule
à décanter par une solution de soude N : la morphine passe sous forme de phénate de Démarche méthodologique en analyse pharmaceutique 97
FORME PHARMACEUTIQUE
Tableau II : Schéma dichotomique du dosage d'un médicament 98 L'analyse pratique du médicament
sodium hydrosoluble et on réalise sur le filtrat, soit une lecture UV, soit un dosage en
CLHP.
A noter que ce type d'extraction du principe actif des suppositoires est très spécifique de
la morphine, puisque la plupart des alcaloïdes sous forme de base sont solubles dans le
chloroforme. Ainsi pour un autre, après dissolution du suppositoire dans le chlo­
roforme on aurait extrait le sel correspondant en milieu acide (sous forme de chlorhy­
drate, par exemple).
On peut aussi (cas de suppositoires de metronidazole) dissoudre les suppositoires dans
du tétrahydrofuranne (THF), rajouter l'étalon interne, injecter directement en CPG.
• Sirops
Pour les sirops après dilution à l'aide d'une pipette à sec, on dose généralement par UV
ou CLHP.
• Pommades
Les pommades posent souvent des problèmes d'extraction en particulier lorsque des
principes actifs lipophiles sont disperses dans un excipient gras ou une emulsion a phase
continue lipophile. Le cas d'une pommade grasse (vaseline cholestérol) au triméthyl-
psoralène (TMP) est intéressant à ce titre.
En effet, l'extraction du TMP à partir d'un tel véhicule est impossible et on obtient en fait
la dissolution de l'excipient et du TMP par un solvant organique. On peut arriver à titrer
cependant la pommade par fluorescence directe de la pommade dispersée dans du chlo­
roforme. La précision d'un tel dosage permet de satisfaire aux exigences légales de
± 5 % de la théorie. Dans ce cas, une méthode CLHP n'est pas envisageable en raison
du risque très important de colmatage de la colonne de l'injection simultanée des exci­
pients avec le TMP
2.3. Liquides biologiques
C'est bien entendu dans les milieux biologiques que le dosage des médicaments est le
plus complexe puisqu'il faut séparer le médicament à doser des substances endogènes
susceptibles d'interférer et, éventuellement, des metabolites. Rappelons aussi qu'en fonc­
tion des caractéristiques pharmacocinétiques du médicament, les concentrations à me­
surer sont très variables.
Les principaux facteurs à prendre en compte sont bien sûr la spécificité et la sensibilité de
la méthode, mais également la vitesse d'exécution, ainsi que la possibilité d'utiliser des
microprélèvements (pédiatrie).
La quasi-totalité des médicaments étant des molécules organiques, historiquement ce
sont les méthodes spectrophotométriques qui ont été les premières utilisées mais, depuis
une dizaine d'années, des techniques beaucoup plus sensibles et spécifiques se sont dé­
veloppées et sont à la portée de la plupart des laboratoires. Nous allons décrire suc­
cinctement les avantages et les inconvénients de chacune d'elles. Nous n'évoquerons
pas ici le dosage d'éléments minéraux qui relèvent soit du domaine de la biochimie, soit
de techniques spécifiques (photométrie de flamme pour le lithium, SAA pour le plomb,
l'aluminium en toxicologie).
Les méthodes microbiologiques, encore très utilisées par certains laboratoires pour do­
ser les antibiotiques, ne seront pas développées. Elles nécessitent l'équipement et les
compétences d'un laboratoire de bactériologie. Démarche méthodologique en analyse pharmaceutique 99
Les méthodes spectrophotométriques UV ou visibles ou fiuorimétriques ne sont plus
guère utilisées ; du fait de leur manque de spécificité, elles nécessitent des étapes d'ex­
traction et de purification longues et plus ou moins complexes et souvent un volume de
prélèvement important.
Dans la pratique, comment choisir une méthode ? Si l'on regarde la littérature spéciali­
sée, le nombre de techniques de dosage qui paraît tous les ans est énorme et s'y re­
trouver n'est pas toujours chose évidente ! Les méthodes utilisées à l'heure actuelle
pour le dosage des médicaments sont de deux types : chromatographiques ou immu-
nologiques. Parmi les méthodes chromatographiques, les plus utilisées sont la chro­
matographic en phase gazeuse (CPG) et la chromatographie liquide haute performance
(CLHP).
2.3.1 . Méthodes immunologiques
La sensibilité des méthodes radioimmunologiques a permis de doser des substances en­
dogènes présentes à l'état de traces telles que les hormones; depuis elles ont été ap­
pliquées au dosage de médicaments présents en faible concentration dans le plasma tels
que les glucosides cardiotoniques (digoxine dont les concentrations sont de l'ordre du na-
nogramme par ml).Ces méthodes ont été supplantées par les méthodes chimiques : im-
munoenzymologie et immunofluorescence.
Toutes ces techniques nécessitent la production d'anticorps spécifiques du médicament
à doser ; les réactifs sont donc fournis sous forme de "kit" prêt à l'emploi, la mise au point
au niveau de l'utilisateur est alors minime. Par contre il faut qu'il existe le "kit" corres­
pondant au médicament que l'on veut doser, l'application n'est donc pas universelle.
Certains metabolites dont la structure chimique est proche de celle de la substance-mère
peuvent interférer, si la spécificité de l'anticorps n'est pas suffisante : le fabricant doit four­
nir la liste des substances dont la présence risque d'entraîner une erreur dans le dosage.
Cependant des progrès ont été réalisés avec les anticorps monoclonaux. Mais si toutes
ces techniques sont basées sur une réaction antigène-anticorps (celui-là étant le mé­
dicament à doser ou haptène du médicament), elles se différencient par le mode de
quantification du complexe antigène-anticorps formé. Nous renvoyons au chapitre où est
détaillé le principe de ces méthodes, en phase homogène ou hétérogène, immunoenzy-
mologie ou immunofluorimètrique.
La plupart de ces méthodes ont été validées en particulier avec des méthodes chroma­
tographiques et l'analyste est alors essentiellement confronté au choix de l'équipement
qui dépend de l'orientation et de l'activité du laboratoire :
- la méthode EMIT®, la plus ancienne, est utilisable avec un chronomètre et un bon spec-
trophotomètre classique puisque la lecture s'effectue à 340 nm. Elle a par ailleurs été
adaptée a de nombreux automates de biochimie (Abbott, Isamat, analyseur centrifuge,
Syva QST, Cobas-Mira...) qui utilisent les kits du fabricant sans modification; la Société
Du Pont de Nemours fabrique des "trousses des dosages unitaires" utilisables sur
l'ACA®.
De même, la réaction révélatrice de la technique ELISA® peut être lue avec n'importe
quel type de spectrophotomètre et est automatisable.
Lorsque le système de détection est plus sophistiqué, l'utilisateur doit employer un
appareil spécifique. L'exemple le plus classique est le système TDX distribué par les
laboratoires Abbott qui permet de mesurer la fluorescence polarisée avec une grande
précision. 100 L'analyse pratique du médicament
Toutes ces techniques sont en pleine évolution et les laboratoires Miles ont mis au point
un système de dosage de la theophylline sur bandelette réactive d'une simplicité et d'une
rapidité d'utilisation remarquable I
Tous les détails pratiques complémentaires seront trouvés auprès des fabricants cor­
respondants.
2.3.2. Méthodes chromatographiques
Puisque la CCM se prête difficilement à des réactions de quantification, seules seront
évoquées ici la CPG et la CLHP.
A l'inverse des méthodes immunologiques précédemment citées, les techniques chro­
matographiques sont plus longues, elles nécessitent une mise au point, donc un per­
sonnel mieux formé ; de plus une étape de traitement de l'échantillon (extraction, concen­
tration, déprotéïnisation...) est indispensable avant injection. Ces méthodes s'appliquent
au dosage de très nombreux médicaments ainsi qu'à leurs metabolites.
Dans tous les cas, l'analyste devra choisir :
- un mode de détection : en CPG, ionisation de flamme, thermoionique, capture d'élec­
trons, fragmentométrie de masse ; en CLHP, UV, fluorimétrie, électrochimie.
- une colonne : polarité et nature de la phase stationnaire, diamètre, longueur ;
- les conditions opératoires : température et débit du gaz vecteur en CPG, composition et
débit de la phase mobile en CLHP.
La sélection entre CPG et CLHP se fera en premier lieu en fonction des caractéristiques
physicochimiques de la molécule à dose r :
- La CPG s'appliquera aux molécules volatiles (gaz, alcools) ou facilement volatilisables
par dérivation (méthylation par exemple). A l'inverse la CLHP sera utilisée pour doser des
molécules instables à la chaleur et polaires.
- Les médicaments facilement extraits par un solvant organique pourront être dosés par
l'une ou l'autre méthode. La CLHP en phase inverse permet l'injection d'une phase
aqueuse ; la préparation des échantillons est alors facilitée puisqu'une simple déprotéï­
nisation du plasma ou dilution des urines est suffisante avant l'injection.
- Les possibilités de détection sont importantes à prendre en compte. La spécificité et la
sensibilité d'un dosage CPG seront augmentées si l'on peut utiliser un détecteur ther­
moionique (présence d'un atome d'azote, de phosphore ou de soufre dans la molécule)
ou un détecteur à captutre d'électrons (présence d'un groupement électrophile Cl, F,
N0 ...). Les médicaments qui absorbent de façon intense dans l'ultra-violet ou qui fluo­
2
rescent pourront être dosés par CLHP avec les détecteurs correspondants. Notons que
les détecteurs électrochimiques permettent d'atteindre une bonne sensibilité mais sont
d'utilisation plus délicate.
Il est important de prendre en compte les caractéristiques pharmacocinétiques du mé­
dicament. Les cardiotoniques n'ont jamais pu être dosés dans le plasma par chromato­
graphie, faute de sensibilité suffisante ; à l'inverse, il est inutile de mettre au point une
méthode susceptible de détecter le picogramme, si les concentrations plasmatiques sont
de l'ordre du microgramme ! Notons cependant que l'apparition de techniques de plus en
plus sensibles a permis de mettre en évidence une phase "d'élimination lente" dont l'im­
portance en thérapeutique ou toxicologie est indéniable, comme c'est le cas des amino-
sides par exemple. Démarche méthodologique en analyse pharmaceutique 101
Enfin, lorsque l'on veut doser des metabolites dont les concentrations sont souvent in­
férieures à celles de la substance-mère, il est souvent nécessaire d'utiliser la technique
la plus sensible possible et de procéder à une étape d'extraction-concentration. Un ré­
sumé des avantages et inconvénients des techniques chromatographiques ou immuno-
logiques figure dans le tableau II : les méthodes immunologiques permettent de doser
tous les médicamants pour lesquels il existe des kits ; les méthodes CPG, et plus encore
CLHP, permettent de doser une gamme importante de médicaments et leurs metabo­
lites ; la complexité de la technique étant variable en fonction des caractéristiques phy­
sicochimiques et pharmacocinétiques de la molécule.
Tableau III
Caractéristiques des méthodes chromatographiques
(CPG, CLHP) et immunologiques
Méthodes
chromatographlquM bnmunoloQiquM
Mise au point nécessaire minime : fiche technique du laboratoire
Préparation des échantillons extractbn-déprotéinisation dilution
Sensibilité dépend du détecteur et des oui
caractéristiques de la molécule
Réactifs tampons et solvants d'usage " kls" vendus par les industriels
courant dans le laboratoire
Temps d'analyse variable rapide
Automatisation possible : injedeur automatique automate spécifique : adaptation
intégrateur sur automate de biologie
Spécificité oui dépend de ranticoros
Dosage des metabolites possible non
Domaine d'application recherche, routine routine
CONCLUSION
Au terme de ce bref exposé, il est clair que proposer une démarche méthodologique en
analyse pharmaceutique n'est pas chose aisée, en raison de l'extrême diversité des pro­
blèmes analytiques rencontrés.
Au vu des exigences analytiques développées dans l'introduction (précision, spécificité,
justesse et sensibilité), il convient d'insister sur le coût modique de la méthodologie à
mettre en œuvre (CCM, burettes, tubes à essais...). Cet équipement modeste ne doit en
aucune manière être tenu pour dépassé sur le plan de la rigueur de l'analyse autrement
dit la sophistication instrumentale ne doit pas être perçue comme un gage de sécurité.
En définitive, l'analyste doit aborder chaque cas avec pragmatisme. Ainsi, bon sens, ex­
périence et connaissances scientifiques sont les clés qui lui permettent de faire le choix
raisonné de la meilleure technique a utiliser.
Complément naturel des méthodes physico-chimiques, les aspects microbiologiques de
l'analyse pharmaceutique termineront donc cette vue d'ensemble.
3 . CONTRÔLE MICROBIOLOGIQCIE
3.1. Les matières premières
3.1.1 Cas général
Les matières premières entrant dans la composition des préparations pharmaceutiques
stériles ou non stériles doivent répondre à des critères de propreté microbiologique. 102 L'analyse pratique du médicament
3.1.1.1. Dénombrement des bactéries ou champignons
eSelon la Pharmacopée Française (X édition V. 2.1.8), un dénombrement correspond à la
numération de la flore totale aérobie sur des milieux de culture. Si la matière première est
liquide ou bien solubilisable dans l'eau, elle sera dénombrée soit par inclusion directe en
plaque de gélose, soit par filtration sur membrane. Si la matière première est solide et in­
soluble dans l'eau, on utilisera la technique du nombre le plus probable (NPP) en milieu
liquide (annexe I).
* Interprétation
Le dénombrement nous donne le nombre de germes par gramme (ou millilitre) de ma­
tière première.
En l'absence de normes de propreté microbiologique dans une monographie de la Phar­
macopée, la valeur pouvant être recommandée est au maximum de 100 germes/gramme
pour les solides ou 100 germes/ml pour les liquides. Lorsqu'une limite est prescrite dans
2une monographie, elle doit être interprétée comme suit : 10 microorganismes, limite
2 3maximale d'acceptation : 5 x 10 ; 10 microorganismes, limite maximale d'acceptation :
35 x 10 , et ainsi de suite.
3.1.1.2. Recherche de microorganismes spécifiés
Pour certains produits, il peut être recommandé de faire une recherche de certaines es­
pèces bactériennes ou fongiques. Par exemple :
- Une recherche de Salmonelles pour des produits d'origine animale.
- Une recherche de contaminants fécaux (£. coli, Conformes, Clostridies) et de Pseudo-
monas aeruginosa.
- Une recherche de Staphylococcus aureus pour des produits subissant de nombreuses
manipulations.
Ce type d'analyse est valable uniquement si la prise d'essai est suffisante (sensibilité) et
parfaitement définie.
Certaines monographies de la Pharmacopée demandent une recherche de ces mi­
croorganismes spécifiés et précisent une norme. Les techniques et les milieux de culture
à utiliser sont détaillés dans lae (VIII. 10).
3.1.1.3. Recherche d'endotoxines
Pour les matières premières servant à la réalisation de solutés injectables nécessitant
d'être apyrogènes (gros volume, voie intrarachidienne, produit d'origine biologique), il
peut être conseillé d'effectuer un dosage d'endotoxines par l'essai au Lysat d'Amœbocyte
de Limule (LAL). Il n'existe pas de normes officielles, mais des normes de validité peu­
vent être évaluées selon la concentration d'utilisation maximale du produit fini, comme il
est défini dans le chapitre consacré aux endotoxines.
3.1.2. L'eau
La qualité microbiologique de l'eau employée pour la préparation des médicaments est
très importante et doit être contrôlée régulièrement. La propreté microbiologique de l'eau
potable représente le minimum de qualité à atteindre. Elle est définie dans le Journal of­
ficiel (tableaux I, III et IV). L'USP XXI distingue plusieurs qualités d'eau dont le tableau II