Alexandra David-Neel

Alexandra David-Neel

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Français
225 pages

Description

Alexandra David-Neel fut tout à la fois cantatrice, féministe, voyageuse et exploratrice, orientaliste, écrivaine, bouddhiste. Elle est célèbre pour être la première étrangère à atteindre Lhassa en 1924, dans un Tibet alors inaccessible car interdit par les Anglais. Mais ce qu'on sait moins, c'est qu'elle a cherché toute sa vie les racines du bouddhisme originel en parcourant l'Asie, 25 ans durant. Sa quête est une rencontre intime avec le Bouddha ; sa recherche intérieure est celle du nirvâna. Y parvint-elle ? Cet ouvrage propose des réponses et éclaire cette personnalité passionnée et hors du commun.

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Date de parution 17 mars 2020
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EAN13 9782140145483
Langue Français
Poids de l'ouvrage 37 Mo

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plus attachantes de la fin du 20 la première étrangère à atteindre Lhassa en 1924, dans un Tibet
les racines du bouddhisme originel en parcourant l’Asie 25 ans
Illustration de couverture : ID 7826862 © Wong Yien Keat.
: 978-2-343-19755-5 22,50
Olivier DESHAYES
ALEXANDRA DAVIDNEEL
L’Asie passionnément 18681969
Alexandra David-Neel L’Asie passionnément 1868-1969
Collection « Histoire, Textes, Sociétés »dirigée par Monique Clavel-Lévêque et Laure LévêquePour questionner l’inscription du sujet social dans l’histoire, cette collection accueille des recherches très largement ouvertes tant dans la diachronie que dans les champs du savoir. L’objet affiché est d'explorer comment un ensemble de référents a pu structurer dans sa dynamique un rapport au monde. Dans la variété des sources – écrites ou orales –, elle se veut le lieu d'une enquête sur la mémoire, ses fondements, ses opérations de construction, ses refoulements aussi, ses modalités concrètes d'expression dans l'imaginaire, singulier ou collectif. Déjà parus Christiane Chaulet Achour et Anne-Marie Petitjean (coord.), Codicille à la querelle des Anciens et des Modernes, 2019. Laure Lévêque,Jules Verne. Un lanceur d’alerte dans le meilleur des mondes, 2019. Daniel Faivre,La Bible ou le livre des plaisirs corrompus, 2019. René Nouailhat,La leçon de Malicornay, 2019. Daniel Garrigue,Le temps des gaullistes de gauche, 2018. Yves Ansel,De l’enseignement de la littérature en crise, 2018. Laure Lévêque (dir.),2000 ans de guerres en paix, 2018. Daniel Faivre (dir.),Religion et violence. Regards croisés sur une dualité problématique, 2018. Marie-Claude L’Huillier et Anne Jollet (dir.),Nation(s), mondialisation(s) : toute une histoire, Quatrièmes rencontres d’histoire critique,2017. Monique Clavel-Lévêque, Laure Levêque, Rome et l’histoire. Quand le mythe fait écran, 2017. Laure Lévêque, Philippe Bonfils, Yusuf Kocoglu, Thierry Santolini, Delphine van Hoorebeke (dir.),Vulnérabilités, échanges et tensions dans l'espace méditerranéen, L'Amer Méditerranée,2017.
Olivier DESHAYES ALEXANDRADAVID-NEELL’Asie passionnément 1868-1969
Du même auteur aux éditions l’Harmattan : Jean-Léon Gérôme. Désir d’Orient (1824-1904), 2018.Paul Delaroche. Peintre du juste-milieu ? (1797-1856), 2016. me Le Destin exceptionnel deM de Genlis (1746-1830) Une Éducatrice et femme de lettres en marge du pouvoir, 2014. D’Érosà Agapè me ou la Correspondance de M du Deffand avec Horace Walpole,2011. Le désir féminin ou l’impensable de la création. De Fragonard àBill Viola,2010. e Le Corps déchu dans la peinturefrançaise duXIXsiècle,2004.© L’Harmattan, 2020 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-19755-5 EAN : 9782343197555
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Dédié à Alexandra David-Neel, ce livre achève une trilogie consacrée à des femmes exceptionnelles que l’histoire a oubliées ou méconnues. Négligence ou ingratitude ? Il est difficile de répondre à cette question. Quoi qu’il en soit,Alexandra David-Neel. L’Asie passionnément (1868-1969)complète un premier ouvrage dédié à la 1 marquise du Deffand , et un second sur la comtesse de 2 Genlis . Nos recherches, qui s’échelonnent sur seulement e e trois siècles – duXVIII auXX–, mettent en lumière siècle ces caractères atypiques et ces physionomies féminines singulières ; elles tirent de l’oubli de remarquables témoins qui permettent d’éclairer leur époque sous un jour original. me De la grande salonnière parisienne (M du Deffand) à la voyageuse intrépide (A. David-Neel) en passant par me l’étonnante pédagogue (M de Genlis), toutes jouent un rôle important, toutes gagnent dans la société une place qui ne leur est pas acquise, toutes enfin font preuve d’une intelligence, d’une finesse, d’une pugnacité et d’un courage exceptionnels. C’est peu de dire qu’elles sont hors normes, chacune dans son genre et son style particuliers, mais là n’est pas leur moindre mérite. Il est essentiel de souligner à quel point elles sont des actrices de leur temps, prenant part à la vie intellectuelle, artistique et culturelle d’une communauté d’esprit et de mœurs.
me Avec M du Deffand, les Lumières surgissent à travers la correspondance assidue que la marquise adresse à l’aristocrate Horace Walpole – improbable amant anglais. La me cour à Versailles, M du Barry, la déchéance du duc de
me 1 D’Éros à Agapèoudu Deffand avec Horace Walpolela Correspondance de M , Paris, L’Harmattan, 2018. me 2 de Genlis (1746-1830),Le Destin exceptionnel de M Paris, L’Harmattan, 2014.
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Choiseul, ses relations avec Voltaire et d’Alembert, tout est décrit avec perspicacité et analysé avec une ironie mordante.
me Avec M de Genlis, c’est la monarchie de Juillet qui est convoquée. Celle qui est nommée gouverneur de Louis-Philippe – titre et fonction accordés à une femme pour la première fois dans l’histoire de l’éducation des princes du sang – se distingue par ses intuitions pédagogiques fulgurantes, qu’elle doit en partie à Rousseau. La comtesse mettra son sens de la controverse à profit pour éditer ses très nombreux ouvrages à l’usage des parents et de leurs enfants.
L’observatrice infatigable qu’est Alexandra David-Neel ne suit pas la voie classique de la recherche universitaire, mais elle met à la portée de tous ses lecteurs les nuances d’un bouddhisme vivant, vécu de l’intérieur, transcrit simplement, mais précisément. On en oublierait presque qu’elle est la première femme à pénétrer en 1924 à Lhassa au Tibet, alors que la capitale du dalaï-lama est à cette époque interdite à 3 tout étranger par les Anglais , les Chinois et les Tibétains eux-mêmes. Mais l’exploit qui la fait connaître en Europe et aux États-Unis auprès du grand public ne doit pas occulter la femme au tempérament caractériel, la chercheuse aux idées lumineuses, l’écrivain aux analyses toujours actuelles. Cette exploratrice cherche durant toute sa vie à sortir des chemins battus pour des sentiers de traverse, au sens propre comme au figuré. Cette caractéristique est certainement l’une des raisons de sa réussite. Pas seulement. Elle doit l’autorité qu’on lui accorde aujourd’hui à sa solide connaissance de l’Orient, à la clarté de son style, à sa vocation didactique qui rend accessibles les philosophies de l’Asie à un lectorat cultivé sans être nécessairement érudit. Bref, ellevulgariseles
3 Les Britanniques contrôlent Lhassa depuis août 1904, date à laquelle leurs troupes entrent dans la ville sainte sous le commandement du lieutenant-colonel Francis Younghusband (1863-1942).
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doctrines extrême-orientales avec un rare bonheur, révèle des religions lointaines jusque-là peu accessibles et diffuse en Occident les préceptes de Bouddha. L’Europe découvre avec elle ce maître fondateur dont les préceptes, l’humanité et le mysticisme impressionnent. Les nombreux ouvrages qu’elle lui consacre, directement ou indirectement, ont un retentissement manifeste, passionnent une époque qui se remet peu à peu de deux guerres mondiales et reste en quête de valeurs spirituelles.
A. David-Neel doit aussi sa réussite à sa qualité d’écrivaine. Sa plume alerte décrit méthodiquement, analyse rigoureusement et conclut sans fermer la discussion ni clore le débat. Les vérités éternelles du bouddhisme sont ainsi exposées avec exactitude, limpidité et bienveillance, laissant le lecteur décider en dernier ressort : « […] nous nous garderons de vouloir […] imposer [à notre voisin] notre manière de voir. Regardant tout genre de dogmatisme comme déraisonnable et néfaste, nous pratiquerons une intelligente tolérance seule capable d’amener à sa suite les meilleurs des biens auxquels l’homme puisse prétendre : la 4 concorde et la Paix . »
Enfin, sa vie personnelle nous est connue, notamment 5 par sa correspondance avec son mari Philippe Neel , où sont relatés tous les faits et gestes de l’exploratrice lors de ses pérégrinations. La relation épistolaire, bien qu’incomplète, 6 est abondante . Il faut dire que le premier voyage
4 A. David-Neel,Les Enseignements secrets des bouddhistes tibétains,Paris, Éditions Adyar, 2013, p. 135. 5 Diplômé de l’École Centrale, P. Neel (1861-1941) est ingénieur à la compagnie du chemin de fer Bône-Guelma. Il a quarante-trois ans lorsqu’il épouse Alexandra David le 4 août 1904 à Tunis. 6 Cette correspondance, dont l’édition est posthume, fut caviardée par M.-M. Peyronnet qui en expurgea ce qui lui semblait difficilement publiable. Par ailleurs, certaines lettres ont été détruites par Alexandra ou par son mari ; d’autres, enfin, ont définitivement disparu. Voir A. David-
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qu’Alexandra projette de faire en Asie, en quelques mois, s’achève en réalité quatorze années plus tard, durant lesquelles elle écrit régulièrement à son mari. La situation est pour le moins singulière : un homme espère patiemment que sa femme revienne au domicile conjugal pour y couler des jours heureux. Il attendra longtemps et finira par se résigner, laissant Alexandra se construire une autre destinée, tout à la fois religieuse et spirituelle, à l’opposé de ses désirs plutôt casaniers. Le couple ne s’est toutefois jamais séparé officiellement, malgré la distance et le temps qui les isolent et les confinent, l’un et l’autre, dans des vies parallèles. La longévité de cette relation, dont l’impossibilité de faire vie commune est le ressort secret, est surprenante. Leurs missives en sont la preuve, où se perçoivent les accords et les tensions des époux que peu de choses semblent relier finalement. N’était le lien ténu, indéfectible et paradoxal entre deux êtres pas vraiment faits l’un pour l’autre, mais qui partagent une communauté d’âme qui leur permet de toujours rester en contact.
Comme les ouvrages précédents consacrés à la marquise du Deffand et la comtesse de Genlis, celui-ci n’est pas une biographie, encore moins une psychobiographie. Il ne s’inscrit pas non plus dans une réhabilitation qui sortirait cette personnalité hors du commun d’une histoire confidentielle. Les mémoires la concernant sont maintenant relativement nombreux et certains font autorité. Le lecteur 7 s’y reportera sans peine . Le présent livre regroupe plutôt de grandes « thématiques » qui traversent l’œuvre d’une orientaliste dont la vocation, nous venons de le dire, consiste à populariser et à propager les enseignements du Bouddha. De ce point de vue, la mission dont A. David-Neel se sent investie est une réussite. Mais la bonne fortune a ses revers
Neel,Journal de voyage. Lettres à son mari, tomes I et II, Paris, Plon, respectivement 1975 et 1976. 7 Voir la bibliographie, p. 213.
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