Alexandre Dumas - Monsieur le général

Alexandre Dumas - Monsieur le général

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Français
122 pages

Description

Quand on lui demande de parler de sa ville natale, il est bien forcé de s'apercevoir qu'on le prend pour un extraterrestre. La Terre étant l'Europe, et l'Europe seule. — Guinaudée, vous dites!... Par quel engin on y va, et quand vous fermez les yeux, quel paysage vous voyez, sans réfléchir? Il se prête au jeu et répond: — Mon paysage mental, ce sont les collines verdoyantes de la Grand' Anse qui se reflètent en aquarelle dans la rivière du même nom. Né à Haïti d'un père blanc issu de la noblesse et d'une mère esclave noire, premier général d'origines afro-antillaises de l'armée française, père et grand-père de deux célèbres écrivains... Tout en explorant méticuleusement la généalogie Dumas, ce portrait de Thomas Alexandre Davy de la Pailleterie, dit le général Dumas, alterne passages romancés, extraits de correspondances et autres écrits authentiques: une oeuvre hybride et immersive pour mieux découvrir l'homme et l'époque qu'il marquera aux côtés de Bonaparte et Louverture.

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Date de parution 04 mars 2014
Nombre de lectures 31
EAN13 9782924312322
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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Mérès Weche Alexandre Dumas Monsieur le général Préface d’Alexis Marise Bique Société des Écrivains
Sur simple demande adressée à la Société des Écrivains, 14, rue des Volontaires – 75015 Paris, vous recevrez gratuitement notre catalogue qui vous informera de nos dernières publications. Texte intégral © Société des Écrivains, 2014Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
La peinture de la page de couverture a été réalisée par l’auteur, en mars, à l’occasion de la commémoration à Jérémie, Haïti, du 250e anniversaire de la naissance du général Alexandre Dumas.
Préface « Ô horrible souvenir d’une nuit de carnages 1 où le sang de beaucoup d’innocents a coulé à flots. »
Guillaume Sévère Saint-Domingue, aujourd’hui. Le pays où la misère est si grande et la beauté des paysages si majestueuse. La Grand-Anse d’hier, avec en son cœur Jérémie, la ville nourricière déjà resplendissante. On ne sait qui de Saint-Domingue, à la veille de redevenir Haïti, ou de Césette Dumas, a donné hier à la France, aujourd’hui au monde, la belle progéniture d’écrivains connus sous les noms de Dumas-père et Dumas-fils. Ces deux-là forment un duo éternel, l’un cachant l’autre, l’autre protégeant l’un. On en oublierait et Césette et le général. Mérès Weche a décidé de ranimer la mémoire de la mère et de son fils prodige qui ne reviendra jamais au pays. Il me choisit pour rédiger la préface. C’est un honneur et un plaisir. Le plaisir de la découverte, car je ne connaissais ni Mérès Weche ni son œuvre, quand j’ai reçu cette demande inattendue pour être l’auteur de la préface du nouveau roman d’un écrivain déjà renommé. Les historiens grecs Hérodote et Thucydide faisaient des préfaces simples et courtes. Est-ce 1 Guillaume Sévère.– Commentaires àMérès Weche n'a pas oublié les vêpres de Jérémie
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possible, devant l’ambition de ce court récitd’une centaine de pages ? Rédiger une préface, c’est critiquer. S’adresser à une historienne pour rédiger la préface d’un roman qui se déroule dans l’espace-temps qu’elle préfère, c’est s’exposer à la critique. Critiquer c’est questionner. Mérès Weche a dû répondre à un flot de questions: il s’agissait de savoir si le roman et l’histoire font bon ménage. À quelle distance est le texte par rapport aux sources? Je voulais savoir à quel moment le récit devient roman et quelle est la géographie du temps dans l’ouvrage. Alexandre Dumas, Monsieur le généralprésente se 2 comme un roman sur la vie de Thomas Alexandre Dumas qui fut dans sa jeunesse Thomas Alexandre Davy de la Pailleterie et demeure, dans l’histoire coloniale et militaire de la France, le général Dumas. Magnifiant ainsi le nom de la mère. Magnificat que son petit-fils et son arrière-petit-fils feront chanter par l’Humanité entière à travers les noms matriciels nés de la substance du pays natal.La traviata de Giuseppe Verdi n’en est pas le moindre des chants. D’abord qui est l’auteur? Il suffirait que Mérès Weche soit né à Beaumont, commune du département de la 3 Grand’Anse, dans l’arrondissement de Corail en Haïti , pour être habité par une préoccupation sans limites de l’humain et de son inextinguible soif de liberté et faire jaillir de cette soif une identité complexe. Mais, en plus, l’arc du guerrier a plusieurs cordes: Mérès Wèche est artiste-peintre, critique d’art, journaliste et, en bout de course, écrivain. Mérès Weche est né à Beaumont mais, il parle de Jérémie, lieu de naissance du général Dumas au temps de la colonie, de l’esclavage et du préjugé de couleur. Il s’est nourri de la 2 Prologue, pdf page 1/88. 3 Beaumont sur la carte OpenStreetMap de Haïti.
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« dichotomiede la société jérémienne» de son enfance: « Toutemon enfance et ma jeunesse, je les ai coulées à Jérémie, dans des ambiances de création littéraire et artistique. Si Beaumont demeure mon berceau, Jérémie 4 constitue mon lit d’adulte et mon territoire intellectuel». Son œuvre romanesque et son esthétique sont le reflet de la complexité de l’homme. Porte-t-il en lui la marque de la religion ? Au-delà de l’opposition blanc/noir que symbolisent ses deux héros, dansLe plus long jour de Chasteté,paru en 2004, il met en scène les deux religions qui impriment leur sceau en Haïti: le christianisme et le vaudou. Mais, je ne trouve pas l’auteur très tendre avec l’expression religieuse de Voltaire. Jérémie n’est pas qu’un havre de paix, le paradis des mères qui donnent naissance aux grands hommes. Le grand drame de la Révolution haïtienne s’est aussi déroulé dans cette ville du sud-ouest d’Haïti. Ainsi, dans la fureur de l’opposition entre colons blancs et Hommes libres de couleur, « Trois cents mulâtres furent arrêtés dans un jour, conduits à bord, et prêts à être foudroyés au premier signal par le canon 5 des forts de Jérémie. Les habitantsfirent plus, ils armèrent 6 leurs nègres». Mérès Weche veut-il combler le silence de la nuit ?Forcer la résurgence de la mémoirechez le peuple haïtien ?De plus, il composeLe songe d’une nuit de carnagece drame honteux, ce crime crapuleuxraconte « et commis par des soldats de l’armée haïtienne et des macoutes
4 Mérès Weche n'a pas oublié les vêpres de Jérémie. Le Nouvelliste , 23 mai 2012. 5 Lire «les colons blancs» plus souvent désignés par le vocable « Blanc », tout court. 6 Entendons : « leurs esclaves ».
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7 zélés de Papa Doc », le 5 août 1964, à Jérémie, et qui ressemble trop à la scène originelle sous la Révolution. La Une de couverture deLeSonge d’une nuit de carnageest illustrée d’un tableau du peintre espagnol Francisco de 8 Goya,El tres de mayo del 1808 en Madrid, où les soldats français de Napoléon Ier et de son frère aîné Joseph Bonaparte devenu roi d’Espagneen représailles à la révolte madrilène du jour précédent exécutentles 43 patriotes espagnols faits prisonniers au cours de la bataille. Il me semble qu’il y a là un indice pour comprendre la genèse du nouveau roman. Par son style, son sujet et son intention, l’œuvre de Goya marque un tournant dans l’art pictural mais aussi une rupture dans la manière de s’opposer à la France dominatrice, conquérante, coloniale et esclavagiste. En faisant de son frère le monarque de l’Empire espagnol, l’empereur français vise le Portugalempire un qui s’étend sur la Planète. Il voudrait reprendre pied sur l’Île Dayitioù Saint-Domingue qui, après avoir aboli l’esclavage, mené une guerre longue et meurtrière contre l’Europe coloniale et esclavagiste, s’est muée en République indépendante sans esclaves. La France, par cette guerre à l’Espagne, étouffe dans l’œuf les mouvements d’indépendance et surtout anti-esclavagistes qui grondent sur le continent latino-américain. Dos de Mayo s’intituleaussiLa Charge des mamelouks. Dans ce tableau, les patriotes espagnols s’affrontent aux Mamelouks de la Garde impériale de Napoléon Bonaparte qui les avait amenés de son expédition en Égypte. Laquelle préfigure le redéploiement de la colonisation européenne vers e l’Afrique et vers l’Asie au XIXsiècle. En mettant ce tableau
7 Dieulermesson Petit Frère.- Mérès Wèche s’insurge contrel’oubli, Paroles en archipel, 23 mai 2013 8 Francisco de Goya.- El tres de mayo de 1808 en Madrid, 1814
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