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Avant j’étais schizo, maintenant je suis bipolaire

De
56 pages

À 20 ans, l’auteur sembla enfin trouver un début d’équilibre après une adolescence chaotique. Des projets plein la tête, il vit avec optimisme son insouciante jeunesse, mais un voile sombre vient couvrir son esprit et le voilà perdu dans un monde qui n’a plus de sens. Il se retrouve alors dans un hôpital psychiatrique, sans avoir compris ce qui lui arrive.
Comment vivre lorsque notre cerveau nous ment ? Que ressent-on lorsque l’on est rempli d’une angoisse incontrôlable ? Comment perçoit-on le monde lorsqu’on est frappé de bouffées délirantes ? Seul un homme ayant connu de telles détresses pourrait le dire.
Entre phases de délire et rémissions temporaires, l’auteur livre ici un témoignage sans tabou sur ses épreuves face à la maladie.


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Cet ouvrage a été composér Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-414-02061-4

 

© Edilivre, 2017

Avant j’étais schizo, maintenant je suis bipolaire

 

AVRIL 93

Comme tous les soirs, depuis quelque temps, j’attendais patiemment, en regardant Nulle part ailleurs, la petite demi-heure qui allait me mener jusqu’à 20 heures.

Je venais d’avoir 20 ans et je me sentais au printemps de ma vie.

Tout allait enfin commencer pour moi. Ma terminale G (commerce-vente) se passait très bien, après deux redoublements en seconde et en première ; j’avais enfin la sensation d’avoir trouvé mon rythme de croisière et j’envisageais sereinement une fac d’espagnol pour devenir professeur.

Mon rêve d’enfant de fonder un groupe de musique prenait tournure. Cela faisait deux ans que je n’écoutais que du reggae et, avec quelques collègues qui partageaient cette même passion, nous voulions nous lancer…

De plus, depuis quelques mois, j’étais amoureux de Corinne et il semblait qu’elle éprouvait de son côté le même sentiment.

Comme l’avait dit Voltaire dans Candide, « tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes » !

Durant mon année de terminale, je buvais, surtout les week-ends pour faire la fête, comme beaucoup de jeunes de mon âge.

Ma consommation de cannabis avait, quant à elle, sérieusement augmenté et, à ce moment-là, je fumais au moins une dizaine de pétards par jour.

La période de l’adolescence avait été compliquée comme pour beaucoup ; moi, je pensais avoir trouvé mon équilibre…

Ce soir d’avril, je me rendis, comme souvent, chez mon ami d’enfance, Florent. Nous passions beaucoup de soirées à dupliquer des cassettes de groupes de reggae sur sa chaîne Akai, tout en discutant de tout et de rien, ceci agrémenté de quelques pétards…

Je dis ce soir-là à Florent, peu avant de rentrer, que j’avais l’impression d’avoir tout compris ! Comme si, de mes analyses, un puzzle s’était formé.

Je rentrai donc me coucher et j’ai le souvenir, cette nuit-là, d’avoir rêvé d’orage et d’éclairs ! Ce que je ne savais pas en me couchant c’est que ma vie d’avant ce jour-là et ma vie d’après allaient être séparées.

Bienvenue dans l’histoire d’une schizophrénie !

Ce matin-là, je me levai, pris mon café, puis passai chercher Florent pour aller prendre le car de 7 heures, à la salle des sports, qui nous emmenait au lycée.

C’était un vendredi et c’était le jour des vacances de Pâques. Une fois à l’école, mon pétard fumé et mes deux cafés bus, je me rendis en cours, pour toute la matinée. La sonnerie de 13 heures retentit et, comme à mon habitude depuis quelques mois, je quittai le lycée René Cassin à Tarare pour me rendre sur Lyon rejoindre deux amis : Stéphane, dit Zomb, et Natacha qui avaient un appartement situé à Villeurbanne.

Je descendis donc la colline de la Plata pour me rendre à la sortie de la ville sur la RN7, afin de faire du stop…

Le temps était couvert et j’avais, depuis le matin, une étrange sensation, comme si quelque chose avait changé.

Je n’y attachai pas trop d’importance et passai le week-end à faire la fête à Villeurbanne dans l’appartement (bières, pétards, musique, guitare…).

Le week-end terminé, je rentrai à Amplepuis en train et une petite voix me disait dans mes pensées : « Avant », comme si elle voulait me prévenir que quelque chose s’était passé et je me disais « Avant quoi ? »

En ce dimanche soir, j’arrivai à la maison où je vivais avec maman, Jean-Noël (mon beau-père), Sonia (ma sœur) et Damien (mon demi-frère, enfin mon petit frère).

Je ne me souviens pas trop de ce soir-là, mais comme je l’ai dit auparavant, je ressentais depuis le vendredi un sentiment bizarre. Je me couchai un peu fatigué par ce week-end de fiesta.

Le lundi matin, mes sentiments pour Corinne étaient à leur apogée. J’en avais parlé à Florent quelques semaines auparavant.

J’avais écrit à Corinne une lettre pour lui dire ce que j’avais sur le cœur. Malheureusement, il s’est avéré qu’elle ne l’a pas reçue. Je lui fis un résumé le vendredi soir quand je la vis, et elle était visiblement amoureuse de moi…

Quand quelque chose n’allait pas chez moi, j’avais pris pour habitude de faire une liste de ce qui pouvait me perturber. Sentant le malaise grandir, je décidai d’arrêter de fumer du hasch : mon malaise ne pouvait venir que de là. Je montai déposer mon shit chez Florent pour ne pas être tenté, puis je rentrai après en avoir fumé un petit quand même. Ceux qui ont déjà fumé connaîtront le terme de « mauvais délire » après un joint… Je montai dans ma chambre, m’installai sur mon lit et ce que je croyais être juste un « bad trip » allait prendre des proportions incommensurables.

Du « mauvais délire », j’étais passé à la crise d’angoisse dont j’ignorais complètement l’existence et la teneur.

Je restai plusieurs heures allongé sur le lit, avec mon cœur qui battait la chamade, une énorme angoisse, des images de guerre et de sang, comme si ma tête allait exploser avec un sentiment de mort imminente.

Que m’arrivait-il ? Est-ce que je devenais fou ? De plus, je n’avais aucune connaissance des maladies psychiques.

L’angoisse retomba et ma mère ouvrit la porte de ma chambre, sans doute étonnée de me voir là à cette heure de la journée, moi qui faisais plutôt partie de la famille des volatiles depuis tout petit.

Je ne parlai à personne de cet épisode. Le soir même, je montai voir Florent, je bus quelques bières et fumai quelques pétards, mais contrairement à AVANT, je ne me sentais pas bien. J’étais traversé par des pensées et des images bizarres. Je redescendis donc chez moi et me couchai en espérant que tout cela ne soit que passager ou un mauvais rêve.

Je passai la semaine avec, à chaque réveil, une énorme angoisse qui me sortait de mon sommeil. À quoi était dû cela ? J’étais perdu, désespéré et je n’osais en parler à personne…

Mes amis, Steph et Nath, ayant vraisemblablement vu que j’éprouvais un malaise, me dirent que Corinne allait descendre avec eux sur Amplepuis pour le week-end, pensant qu’elle en était la cause.

Cela apaisa quelque peu mes angoisses et nous passâmes le week-end à faire la fête aux alentours d’Amplepuis. Corinne me déclara sa flamme, moi aussi, j’étais heureux.

Une fois le week-end terminé, je rentrai à la maison me coucher. Le lundi et le mardi matin virent une nouvelle fois mon sommeil stoppé par l’angoisse. Elle était certainement due au shit, mais peut-être aussi à Corinne. Je dis à ma mère de m’emmener à la gare pour me rendre à Villeurbanne, il fallait que j’en aie le cœur net.

J’arrivai à l’appartement, Corinne était là avec son mec… (je ne vous ai pas dit qu’elle était en couple, mais avait l’intention de le quitter). Steph et Nath étaient là aussi, je leur dis que je payais ma bouteille de tequila et me rendis à Carrouf l’acheter.

Cela faisait deux jours que je n’avais pas fumé, l’angoisse semblait s’être apaisée même si, visiblement, je me masquais la réalité.

Je revins avec la bouteille, je m’assis dans le salon avec tout le monde, fumai un peu et attaquai la tequila. Le fait de fumer me fit remettre en cause tout ce que j’avais pensé depuis deux jours, comme si le shit me faisait voir la réalité de la situation. J’enquillais les tequilas, désespéré au milieu de tout le monde sans le montrer.

Je regardais le mec de Corinne en me disant que j’étais un sacré enculé de lui faire ça, il était aussi très amoureux et plutôt sympa. J’eus une discussion brève avec lui ; Corinne vint me voir, mais je la repoussai : elle devait être la cause de mon mal-être, je devais arrêter… S’ensuivit une dispute entre elle et son mec. Je m’enfermai dans la salle de bains où je dormais, en général, puis me couchai avec la douleur de devoir laisser partir la femme que j’aimais.

Le lendemain, le téléphone sonna. C’était Corinne ! Je dis à Nat que je voulais que l’on me laisse tranquille et, comme une grande sœur protectrice, elle transmit le message.

Les angoisses s’étaient atténuées, mais avaient laissé place à une sorte de désordre psychique qui semblait ne pas être perceptible par les autres. Mon entourage proche avait bien...