//img.uscri.be/pth/8c07a849159cb0b53c443a3c8a49bd1e27c76a7a
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 1,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB - PDF - MOBI

sans DRM

Bruce Lee

De
344 pages

Dans ce récit romancé, Bruce Lee se livre, vous conseille, vous dévoile les concepts révolutionnaires de son Art, système qui en termes d'efficacité sera le plus performant de son époque.
Revivez pas à pas avec lui : ses débuts dans le Wing Chun de Yip Man en 1953. Son débarquement en 1959. Ses difficiles années Américaines. Les défis relevés pour imposer sa vision des Arts Martiaux. Sa rencontre avec sa femme Linda, déterminante dans l'épanouissement de sa carrière. Découvrez le regard qu'il porte sur notre monde actuel. Ressentez cette force de la volonté qui, au fil des pages, fera que Bruce Lee c'est un peu vous. Revivez le tournage de son premier grand film Big Boss qui allait lui permettre de devenir « l'icône » qu'aujourd'hui on célèbre plus que jamais, dans le monde entier.

« Cet auteur écrit vraiment très bien. C'est très agréable à lire. Il a beaucoup d’humour. Ce livre donne envie de le lire sur d’autres sujets. C’est super ! Y’en a tellement qui font dans l’inflation éditoriale et qui ont du succès. Avec lui, Bruce Lee est vivant. Vivement la suite...»
Christiane, une lectrice.


Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

Couverture

Image couverture

Copyright

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-66868-4

 

© Edilivre, 2014

Du même auteur

Du même auteur :

• La douleur n’a pas d’amis (1985) Nouvelles.

• Lettres d’amour au silence (1986) Nouvelles.

• Autopsie d’une passion (1988) Poésies.

• Rendez-vous à 18h30 (1989) Poésies.

• De beaux voyages dans tes yeux (2011) Poésies.

• Petits meurtres par dépit (2013) Nouvelles.

• Les baisers froids du hasard (2014) Nouvelles.

 

En préparation :

Bruce Lee :

Parcours d’un épuisement (2014-2015) Roman.

images87

Image 1

 

 

 

 

ENTRETIEN

AVEC

UNE VIE
BIEN TROP

COURTE

 

 

 

 

« Soyez votre chemin.

Allez jusqu’au bout de vous-même. »

Bruce Lee 1940-1973

Commémoration 40ème anniversaire 2013-2014

Merci à mon ami d’enfance P.Y Bénoliel

 

Ce livre n’est pas une Biographie.

 

L’auteur fait revivre Lee afin que ses luttes contre le racisme, l’immobilisme, la dignité de l’individu à aller jusqu’au bout de ses rêves ne soient pas oubliées

 

« Sans Bruce Lee, les Arts Martiaux n’auraient  pas connu  l’essor qui est le leur aujourd’hui »

John Saxon

Image 3

Lettre offerte par Taky Kimura, élève le plus haut
gradé à B.Lionel. www.collectionbrucelee.com .

PROLOGUE

Image 1

« Une vie réussie est une vie où l’on continue de désirer ce que l’on a déjà. »

Saint Augustin

Si tu ne t’entraines pas, un autrele fera à ta place pour te botter le cul.

Bruce Lee

images88

A la mémoire de Laurent Fessler, Romain Balazot,
Logioco Gino

 

 

Dimanche 4 Novembre 2012. Début de la rédaction de ce livre. J’aborde la dernière partie de ma vie. Partout, je constate que le souvenir du plus grand pratiquant d’arts martiaux de tous les temps persiste. Il y a sans doute une raison à cela. Où doit-on la quérir ? Dans le cheminement de l’homme ? Dans son honnêteté envers tout ce qu’il entreprenait ? Dans son niveau technique, dans la fluidité de sa pratique ?

Un jour, aux « dossiers de l’écran » de l’année 1975, émission diffusée à la Télévision Française entre les années 1967 et 1991 qu’Armand Jammot, (scénariste, producteur, dialoguiste) lui consacrait sur Antenne 2, l’un des intervenants souligna : « Bruce Lee était un bon technicien, probablement du niveau d’un excellent deuxième dan. C’est vrai, devant la caméra, il avait tout le tempsde sélectionner des gestes répétéset enchainés à la perfection, mais cela demeurait du spectacle. On ne connaissait pas sa vraie valeur parce qu’on ne l’avait jamais vu en compétition… »

Faux ! Il avait été en compétition dans sa jeunesse. Ce témoin émettait une opinion des plus affirmatives à son endroit. Pourtant, il ne l’avait jamais rencontré. Il ne l’avait jamais testé. Sur le plateau : des représentants du Karaté-do, du Tae kwon do, de l’Aïkido, et du Jiu Jitsu. Tous, étrangers à l’entourage immédiat de Bruce Lee. Et cependant, ils reléguaient gaillardement son influence au rang de bon acteur ayant usé les arts martiaux à des fins personnelles.

Si ce jour-là, l’on avait contrebalancé l’opinion de ces respectables praticiens par l’intervention d’un Dan Inosanto, d’un Jesse Glover, d’un Steve Mc Queen, d’un James Coburn ou d’un Taky Kimura, tous très proches du juvénile et très doué Bruce Lee, l’impression des téléspectateurs sur la valeur du petit dragon aurait été toute autre. Mon beau-frère ‘‘Coco’’ ne s’en gêna d’ailleurs pas au lendemain de cette diffusion, lorsqu’il m’envoya tout de go du haut de son 1.70m, (alors que j’apparaissais tout petit de l’une des fenêtres du deuxième étage de mon immeuble) : « T’as vu Bruce Lee hier soir à la télé ? Un rigolo dans des combats réglés et truqués ! ». Il est plus facile de juger un absent vivant ou un absent mort, que quelqu’un de visiblement présent donc accessible et sur le même plateau que ses détracteurs.

Bruce Lee en aurait certainement rit. A moins que d’un bond il n’eût demandé, devant les caméras, au plus téméraire d’entre eux de le frapper de son arme naturelle la plus puissante et alors… Ça n’a plus d’importance maintenant. Partout dans le monde on vénère sa dextérité, ses recherches, sa simplicité, sa philosophique attitude qui a réveillé et mis en avant en lui tout ce qu’il est devenu. La création d’un musée retraçant sa vie, l’érection d’une statue en front de mer, « avenue des Stars » à Hong-Kong, l’élévation de l’homme -  loin devant Mao -  au  rang de « symbole national chinois »  et la sortie récente de plusieurs biopics sur sa vie, témoignent de façon indiscutable, le respect d’un peuple longtemps bafoué envers le courage isolé de l’un des leurs, confirment l’importance de son fulgurant passage dans ce monde.

Si sa patrie de cœur demeurait la Chine, le berceau de ses ancêtres, Bruce Lee n’aura pas eu le temps de faire un film comme vedette aux Etats-Unis, sa patrie de naissance. Et « Opération Dragon » me diront certains ?

Il n’en était que l’une des trois covedettes. Malgré le succès sans précédent, dans tout le sud-est asiatique de ses trois premiers longs métrages, Hollywood persistait dans sa volonté de ne pas faire reposer un budget entier sur les seules épaules d’un semi inconnu et chinois bien jaune de surcroît. Certes, le milieu cinématographique américain avait eu vent de ses athlétiques performances. Elles impressionnaient chaque jour davantage les têtes d’affiches hollywoodiennes. Et c’est bien cela qui décida le producteur William Dozier, après avoir visionné sa démonstration du coup de poing sans recul (one inch punch) au tournoi américain de Long Beach en août 1964 - à l’invitation d’Ed Parker, le père du Karaté Américain, et filmée par le brillant Jay Sébring, coiffeur des stars Hollywoodiennes du moment -  à lui attribuer en 1965 le personnage de Kato, l’un des rôles clés de la série « The Green Hornet » déclinée dans cette nouvelle version en 26 épisodes de 28 minutes.

Certes, il s’était grassement fait remarquer aussi, par ses nombreux défis lancés à qui voulait l’affronter. Son but étant de démontrer la suprématie de son “Système”, le Jeet Kune Do, (La voie du poing qui intercepte), qui s’appuyait sur le principe “d’attaque dans la défense” mis en avant par le Wing Chun de Yip Man dont Bruce Lee fut l’élève indirect de 1953 à 1958.

A fortiori aussi, notre homme avait fini par être repéré à travers l’ouverture de ses écoles de Seattle, d’Oakland puis du Chinatown de Los Angeles, qu’il regroupa sous la dénomination de “Jun Fan Kung Fu Institute”, (son vrai nom chinois), avant de toutes les fermer en 1969, lorsqu’il se rendit compte que ces centres étaient davantage fréquentés par les uns pour sa popularité cathodique, par les jeunes filles pour sa plastique corporelle que pour apprendre du “résultat” de ses recherches, de la qualité de son concept martial ou de l’influence de ce système “no style” sur le développement personnel du pratiquant et qu’il mettra en scène dans ses notables apparitions de la série Longstreet sous l’appellation de Jeet Kune Do.

John Saxon, Angela Mao - dont le rôle dans le film Opération Dragon, la fera passer auprès de ses fans pour sa “Sœur Cinéma” longtemps encore après la mort de Lee -  Shih Kien qui n’avait rien à envier techniquement à Bruce Lee, Bolo Yeung et Jackie Chan entre autres, deux débutants en 1973, (dont on sait la carrière qu’ils ont faite depuis), lui donneront la réplique dans cette première coproduction internationale entre Warner Bros, la “Concord film”, la société de Bruce Lee, et la “Golden Harvest” de Raymond Chow qui avait âprement insisté comme producteur de ses précédents films et coactionnaire de la “Concord”, pour être de la partie dans cette nouvelle aventure que l’on diffuserait partout dans le monde et que  l’on nommerait Opération Dragon en France, “I tre dell’operazione Drago” en Italie, “Enter the Dragon” aux Etats-Unis. Et si la “Warner Bros” avait finalement donné son feu vert, à ce soigné et original scénario de Michael Allin, (malgré la dubitative  position des studios sur la rentabilité de cette commande au budget léger de 850 000 dollars), c’était probablement parce que Ted Weintraub, de concert avec Ted Ashley pour imposer ce projet, cherchait ainsi à se faire pardonner le report répété de la “Flute Silencieuse” dont Bruce Lee avait imaginé le synopsis quelques années auparavant et qui devait le voir apparaître aux côtés de l’un de ses plus célèbres et discrets élèves, mais aussi l’un de ses plus grands admirateurs de l’époque : Steve Mc Queen. – Pas le très bon réalisateur black  d’aujourd’hui…mais notre Steve de Nevada Smith, la tour infernale, Bullitt, l’affaire Thomas Crown  -

Le film sortit à Hong Kong 8 jours après sa mort, ne coûtera au final qu’un petit million de dollars mais en remportera vingt fois plus aux Etats Unis lors des premières semaines d’exploitation. Au final, il dépassera les 60 millions de dollars au cours de la première année d’exploitation  monde, détrônant John Wayne et Clint Eastwood au  box office cette année-là en 1973 pour atteindre les deux cent millions de dollars cumulés aujourd’hui, dans son exploitation salles et vidéo, faisant de ce film la pellicule la plus rentable de toute l’histoire du cinéma Américain.

En moins de 13 ans, ce petit chinois ayant subit bien des brimades, bien des discriminations, bien des altercations, bien des défis. Ce petit individu insignifiant venant d’une Asie longuement soumise par Japonais, Anglais et Français, arrivera à hisser le pays de ses ancêtres, jusqu’alors méconnu, au bord de l’attention mondiale.

Il y parviendra en moins de cinq films, car l’un d’entre eux était inachevé au moment de sa disparition, et réussira à engouer autour de sa personne une humanité fascinée par ce qu’un seul individu, sous le feu de son ardente volonté, a réussi à faire de son potentiel physique naturel, allant jusqu’à en développer des muscles nul part ailleurs présents sur un autre pratiquant.

Sans ce long métrage qui lui attribuera une gloire posthume sans équivalent pour un acteur asiatique et la douceur diplomatique quotidienne de sa femme, tant appréciée par les techniciens du long métrage car elle égalisera bien des difficultés sur le plateau de tournage de la première production de film d’Arts Martiaux sino-américaine, il n’y aurait jamais eu “Opération Dragon”, l’œuvre qui imposa le Petit Dragon au monde entier.

Il n’y aurait jamais eu de Bruce Lee né en 1940 à St Francisco, au hasard d’une tournée de son père au profit de l’Opéra Chinois dans les nombreuses communautés asiatiques américaines. Il n’aurait jamais été reconnu comme cet être d’exception qui à travers ses films, sa vision du combat et de l’âme humaine, allait être célébré depuis dans plus de 160 pays à travers le monde, comme le plus grand expert en Arts Martiaux de tous les temps. »

images89

Chapitre 1
Nous naissons tous différents

Image 3

Quand la différence enrichit celui qui la côtoie,

la richesse emprisonne celui qui l’additionne.

Pierre-Tony

 

 

Pourquoi Mozart ? Mozart, phénomène de la nature, enfant espiègle qui produisait déjà des chefs-d’œuvre de composition bien avant l’âge de 10 ans alors que dans le même temps ses confrères, dans le discernement d’un do, rencontraient au même âge des difficultés presque insurmontables ou ne savaient résoudre dans l’excellence une division à deux chiffres et sans virgule !

Mozart, tout au long de sa vie, l’incompris de ses pairs parlant pourtant plusieurs langues alors que dans de réguliers rapports, ses contemporains concédaient à l’homme une finesse d’esprit surprenante et une vitalité intellectuelle incomparables, lui reconnaissaient tant à l’homme qu’à ses idées, une qualité d’observateur averti capable de lui permettre d’analyser sans tromperie aucune, le travail de son prochain avec la même assidue impartialité que s’il avait eu à se juger le sien. Pourquoi tant des dons en un seul homme espiègle, par ailleurs fréquemment vulgaire et sans douceur lorsqu’il se rabattait obsessionnellement sur la « chose » comme bien plus tard, le fera un insouciant D.S. Kadom !

Et Freud ? Un homme brillant sur le point de devenir juriste avant de plonger in-extrémis dans une carrière de médecin et qui mourra d’un cancer de la mâchoire à la veille de la seconde guerre mondiale ! Freud et son génie dans l’approche des mystères de l’inconscient humain. Freud qui a abandonné au monde, une œuvre autant décriée qu’adulée, respectée que vomie, mais essentielle !

Freud, dont l’unique motivation de sa vie ne fut que d’opposer une vision globale de l’être humain, de la complexité de sa personne et des ressorts qui la tourmentent, à l’obscurantisme d’une caste empêtrée dans les dogmes de son siècle, en l’abordant sous un angle entièrement novateur et rationnel.

Et l’imprévisible Picasso ? Le surdoué du figuratif, de l’impressionnisme, de ce curieux et très déroutant cubisme. L’espagnol débutera la peinture très jeune et livrera, dès sa huitième année, sous le nom de sa mère, ses premières toiles. A 6 ans, là où d’autres n’en maîtriseront la technique et le symbolisme que beaucoup plus tard, il avait déjà tout compris de l’importance du dessin, du travail sur le trait plutôt que du travail sur la couleur. Que penser de Mozart, Freud, Picasso, Nietzsche, Darwin, Spinoza, Platini, De Gaulle, ces génies issus des mêmes ingrédients de vie que vous est moi lecteur ?

Selon Frédéric Lenoir, dans son « petit traité » de vulgarisation de la philosophie, « la vie est multiple dans ses combinaisons. On le voit tous les jours dans les choix d’un “vivant” qui empruntent des milliards de chemins différents, pour patiemment aboutir à une multitude de réalisations qui semblent n’être en apparence que le fruit d’un pur hasard. » La vie est plurielle dans ses conceptions certes, mais si ces chemins sont parfois merveilleux, ils sont également parfois troublants, inexplicables et cruels.

« La génétique cavale après une fortune de maillages aléatoires avec une telle intelligence que lorsqu’elle ne l’est apparemment pas, sa logique impénétrable allant du génie à l’handicapé, du surdoué à Eléphant Man, continue malgré tout de se borner à imposer chez l’un, ce que d’autres auront la forte illusion de croire pouvoir obtenir, en extirpant d’eux-mêmes le meilleur jus, alors qu’en réalité ils n’ont en eux qu’un limité conditionnement naturel qui ne les hissera jamais à un niveau comparable à ces favorisés de la providence. »

Le hasard incontrôlable ou la volonté fine d’un ou plusieurs dieux ensemble, est-il à l’origine de ces brillantes  répartitions ? Si duo formé entre le hasard d’une part et ces dieux pluriels d’autre part il y a, pourquoi la vie offre-t-elle facilement aux uns ce qu’il niera d’autorité aux autres ? Pourquoi dans cette vie Freud le médecin, Mozart le musicien, Picasso le Maître des couleurs et des formes originales ? Quelle est la fonction première de ces exceptions dans le continuum de l’humanité ? Que signifient pour l’homme banal de la rue, ces phares aveuglants du Savoir, plantés debout devant lui un bref moment ?

Toujours Frédéric Lenoir : « Ainsi, dès notre arrivée sur Terre, nous ne contrôlons pas « tout ». Et c’est parce que nous ne choisissons pas « tout » de ce qui fait de « nous » tout ce que « nous » sommes, que nos difficultés vont de pair avec la qualité du « donné » octroyé par un Dieu ou son contraire hasard. »

Pourquoi alors dans cette société, « tout » est-il fait pour nous amener à croire le contraire ? Pourquoi nous assène-t-elle, à coups de clichés bien ciblés, l’idée que « tout individu » peut « tout » ou il semblerait à peu près « tout » sur son propre libre arbitre, condition clairement essentielle pour que fonctionne, sur des rails désignés par une poignée d’égoïstes décideurs, une société développée par ces mêmes individus, dans l’unique intention de ne servir que leurs intérêts prioritaires ?

Quel rôle doit jouer ces millions d’infortunés de l’existence, quant à eux, déchouqués de toute once de génie ? Autrement dit, quel est l’utilité particulière de ces besogneux, de ces malheureux, de ces souffreteux grassement oubliés par la roue imaginative d’une vie dont les cercles nombreux de la répartition est des plus discriminants ?

« Alors que l’ambition n’est en fait que le lent mûrissement d’une obsession, induite avec énergie par l’apparent parcours autonome d’une série d’enchainements commandés par de simples gênes,l’individu peut-il  réellement réussir lorsque sa rage de vaincre, qui n’est que le fruit culturel entravant de contraintes inculquées à sa naissance par la société dans laquelle il vit, entre en contradiction avec sa propre nature ? » Autrement dit, malgré autant d’entraves imposées à son parcours par la sélection naturelle, l’individu peut-il se surpasser lorsque les combinaisons du hasard ou de la volonté d’un pauvre Dieu  lui sont défavorables ?

Constatons renchérit Lenoir - par de classiques lieux communs pour celui d’entre nous qui se penche un tantinet sur lui-même - « Nous ne choisissons pas de vivre. La décisionne vient pas de nous mais de nos parents.Le capital génétique reçu pour moitié de l’un et pour moitié de l’autre nous détermine le corps que nous avons, le futur de notre taille, la couleur de nos yeux, l’aspect de notre peau, la nature de notre personnalité, de nos capacités, de nos qualités, de notre intelligence…

Le déterminisme est peut-être bien là, tapi dans des circuits chimiques aléatoires paradoxalement dressés et contrôlés par lui ET dictant à l’individu l’anda,à travers des réactions étonnamment uniques, des combinaisons abouties, ce que cette unique personne l’anda pourra faire ou ne pas faire durant toute sa vie à venir. »

Sans le plein d’essence, un moteur à explosion ne peut permettre à l’automobile équipée d’un moteur thermique d’avancer. Sans des dispositions physiques initiales, un sportif ne peut prétendre atteindre le haut niveau d’excellence espéré par ses pairs et parvenir aux premières places attendues par eux.

Etre d’exception ou pas, déterminisme ou pas, à notre naissance, les chances de réussir tous les objectifs qu’un individu va se fixer tout au long de son existence sont comptées.

Au-dessus de nos têtes hautaines, quelque chose de « contrôlé » conditionne et verrouille certainement d’une main génétique de fer, le cheminement social, économique et personnel de chacun d’entre nous sur cette planète d’eau bleue et de glaise grise. Quelque chose qui nous entoure et qui ne rend pas le monde humain plein de plats, tant en termes de capacités intellectuelles, physiques que d’ouverture d’esprit.

Ecouté pour lui-même, l’individu industrieux offre souvent à son environnement  immédiat ce qu’il est de plus sincère, et démontre que presque chaque personne dispose en lui de moyens suffisants pour contribuer à l’avancement de la collectivité.

Par contre, lorsque notre individu se laisse happer par un système de pensée qui le domine, c’est alors, sous la dictature de ce contrôlé lien, qu’est détruit le feu prometteur de la motivation personnelle ou collective le cas échéant. Le déterminisme c’est aussi parfois cela.

Y’a-t-il des êtres, dans cette vie, qui échappent totalement à la manipulation d’un apparent hasard ? Difficile d’imaginer que des lois régissant la chimie terrestre voulues, par un Dieu unique ou un hasard pluriel aient pu s’ignorer à elles-mêmes au point d’en méconnaître toutes ces exceptions de génie qu’elle a pourtant produites !

Difficile d’admettre que ces lois aient, sans aucune raison et sur un simple coup de bluff, autorisé la venue de personnes comme Nietzsche, Platini ou Bruce Lee, sans un projet précis pour l’humanité !

Pourquoi le déterminisme n’aurait-il pas accès lui aussi à des limites de « repos » comme l’Univers a les siennes, avant que du format réduit de l’esprit de l’homme, ne sourdent de nouvelles frontières encore interdites à sa logique actuelle, à sa compréhension de maintenant ?

images90

Chapitre 2
Moi ! Pourquoi ?

Image 4

Etre différent, de la naissance à la fin du voyage,

c’est être seul toute sa vie

Pierre-Tony

 

 

Je suis issu de l’immigration Lorraine des années soixante. L’immigration qu’on attendait. Celle tout de suite après un Reggiani, une Dalida, un Cavanna écrivain, un Goujaud-Cavanna pâtissier, un Flamini, un Adamo, un Claude ou Frédéric François. Les saisons s’écoulaient une à une tranquillement dans ma campagne à la nature silencieuse, calme mais lieu  de profusion coloré qui m’éloignait plaisamment de tout. De ce tumulte ouvrier, débouchant malheureusement sur des événements avouant si difficilement leur véritable nature, et que dans l’immédiat l’on nommait dans les médias : « le chaos parisien de Mai 1968 ».

Ma scolarité fleurait bon les sévères bancs en bois de l’école de la république dont l’encadrement, fagoté dans sa sempiternelle blouse grise, imposait d’autorité une fermeté à aucun mo… ment remise en cause, ni par les parents de l’élève, ni par le téméraire élève lui-même. A l’époque bénie du respect lié à l’âge, (R.L.A), l’effort alors exigé de chacun était obéi par tous sans discussion aucune. C’était le temps béni où l’on pouvait être sûr que les plus faibles d’une classe, allaient tout essayer chez eux pour conjurer au mieux ce sort qui s’acharnait sur leurs maigres capacités. C’était un temps où nos élèves studieux tentaient de comprendre au plus précis, ces choses à assimiler que par nature ils n’arrivaient pas à apprendre aisément.

Un silence pesant encadrait le déroulement des cours, ce qui me seyait. Je pouvais à mon rythme en convoyer ainsi tous les développements dans la plus grande des sérénités. Ce n’était pas le dénoyautage des maigres connaissances de mes parents, n’ayant aperçu de l’école primaire de leur pays que ses deux premières classes, ou l’audition conjointe à longueur d’enfance du Sicilien et de l’Italien qui pouvaient me conduire d’emblée, à m’exprimer dans un acceptable Français ou me permettre d’acquérir cette analyse pertinente et confortable, que tout bon éduqué Hexagonal de souche renvoyait en réponse à chacun des sujets de devoirs qu’on lui intimait de commenter.

A l’image de cette question qui me fut posée en primaire, devant toute une classe habituée à guetter ma prochaine erreur. Une fois commise, tous ne manqueraient pas de libérer un fou rire général en réaction à ce qui venait de m’être proposé par mon professeur,  « Jeune homme, dis-moi ce que signifie le mot “caméra” dans la langue de Dante ? » je lui livrai avec fierté  la définition suivante : « appareil à capter des images en 8, super 8, 16 ou 35 mm » au lieu de lui fournir la seule traduction qu’il attendait de moi, à savoir : « Chambre à coucher ».

Ou cette piètre tentative de débroussaillage de l’expression « A pas de loup » qui fit s’esclaffer une fois de plus, tous mes collègues d’école primaire, parce que ma culture d’alors la catalogua comme un loup marchant tout doucement pour ne pas se faire remarquer de son entourage. (Un entourage de gibier de potence penserais-je aujourd’hui, non sans une pointe d’humour).

Je n’étais pas doué. Loin s’en faut. Mais, comme ma nièce aujourd’hui  -  est-ce une coïncidence ou bon sang ne saurait-il mentir - je m’acharnai sur mes devoirs. Pendant des heures, je les répétais comme des pièces de théâtre. J’apprenais tout et par cœur. Des soirées entières. Des mois complets sans la moindre sortie récréative à consacrer à d’autres intérêts personnels, si ce n’est ces traditionnelles fin de semaine à me rendre à la Maison de la Presse d’une localité dont je m’évite d’en dévoiler le nom  - tant la mentalité de cette petite ville pue -  afin d’y retirer le Télé poche du vendredi soir que je dévorais comme une récompense en os qu’on offre à un chien qui a bien fait ce qu’on attendait de lui. Des années complètes à négliger, ligne après ligne apprise, ce que mon affectif naissant de jeune homme retardait de son cœur, de ses pensées, de ses bras. Des années complètes à tenter de fixer, page par page dans ma mémoire, ce que j’avais pourtant retenu avec forte concentration à l’amphithéâtre de mon université, durant ces longues et trainantes heures de cours pendant lesquelles, mes  racines italiennes avaient pris le temps de maintes fois torturer la compréhension d’une riche pensée Française, à la fois mienne par la naissance et dans le même temps si éloignée des codes de ma culture d’origine. La cause de cette amnésie totale, à la sortie de cours cependant fraichement dispensés quelques minutes plus tôt ? La raison mortelle de cet acharnement d’alors, qu’il m’arrive parfois de réitérer encore aujourd’hui ? Ce stable et profitable environnement familial, à même de m’armer à la fois pour des études longues et bénéfiques que  de me dérouter d’une délinquance possible dont la spirale attractive aurait pu précipiter mon avenir vers une inéluctable marginalisation, sans le sévère encadrement de ses bienheureux principes.

Bien des années plus tard  - alors qu’au moment où j’écris ces lignes, je me souviens toujours du mauvais regard qu’il posait sur ma sympathie pour Bruce Lee -  je continue de remercier mon père pour cette stabilité-là qui manque tant à nos couples actuels.

Dans le foyer, mon père seul s’autorisait le droit de travailler, préservant ainsi, à son sens, l’équilibre et l’homogénéité de sa famille. Pour mon père, voir une femme contribuer aux ressources d’un ménage, fissure à la longue l’entente du couple. Probablement, préférait-il en réalité se réserver l’exclusivité des regards qu’on poserait sur elle en en limitant comme il le pouvait ceux des autres, ma mère devant se contenter de n’être qu’une simple et très jolie âme parfaitement soumise à ses exigences. Mais cette soumission n’était qu’apparente et ne se bornait pour elle qu’à se taire copieusement les jours d’orage, pour mieux riposter frontalement dès le lendemain.

A son arrivée en France, le salaire que mon ascendant rapportait à la maison était maigre. Et la présence d’une mère au foyer, entourée petit à petit de quatre enfants, en soulignait tous les jours la cruelle évidence. Chez nous, les moyens restèrent longtemps comptés. Pourtant, mon père ne s’économisera pas pour tirer vers le haut, des revenus dont il voulut toute sa vie, demeurer l’unique origine. Il les tirera du cumul de plusieurs emplois rendu alors possible par la florissante activité économique des trente glorieuses. Il respectait ainsi, pour le bonheur mérité de son foyer, cette promesse de réussite qu’il s’était fait à lui-même le jour où il posa ses marques en France métropolitaine.

Mon paternel était un autodidacte. Et bien avant Bruce Lee, l’homme que j’admirais le plus : c’était lui. A peine plus d’un mètre soixante. Et dans la jeunesse de ses dix huit ans, beau comme un petit Alain Delon. Il collectionnait les femmes avec la même facilité que l’original de cinéma. « Beau certes, mais pas “stupido” (con) à la fois », semblaient avoir remarqué ces dames qui s’intéressaient à lui sans que mon père n’ait à se confondre en efforts.

D’autant plus que son surnom de petit Delon, ce samouraï des polars noirs Français, cachait un second atout, (et non des moindres) : s’il le fallait, le jeune père de famille nombreuse savait mouvoir ses pattes, l’une dans le sens de la marche, l’autre dans le sens opposé à son mouvement naturel. Il savait glisser avec maestria sur le parquet sombre de ses nuits blanches, notre acteur de bals populaires. Non pour y passer en possible macho repenti la serre pierre  - d’où mon prénom plus tard  -  mais pour aller y mordre, comme un vampire avéré assoiffé de sexe, les consentantes victimes de bal musette, bien trop heureuses d’avoir enfin été choisies par les dents professionnelles et voraces de ce noctambule éclatant, avant d’espérer se faire aspirer par sa folle promesse d’une soirée à venir de débauche qui ne manquerait pas, jusqu’aux premières lueurs de l’aube naissante, de les  rapprocher de sa couche si convoitée.

« Hé oui tout arrive qu’est-ce que vous voulez ! » pourrait répliquer Arletty d’une voix trainante et nasillarde. Ses fans-femmes séduites le trouvaient harmonieux. Cet infime petit court-métrage original d’amuseur-séducteur sur la piste que  les amuseurs-noceurs faisaient briller,  lui rapportait.

Pourtant, malgré cette vie discrètement dissolue qui cependant fit souvent souffrir secrètement ma mère – comportement qu’il abandonnera brutalement en 1963 à la naissance de sa quatrième et dernière bouche à nourrir – mon père s’en remettra toujours à ses indéfectibles  Règles d’Or :

– Ne jamais abandonner dans les eaux de vaisselle d’un divorce, une personne qu’il a courtisée à 15 ans, épousée à 22 ans,  avant de la faire venir quarante jours plus tard de leur Sicile natale.

– Tout mettre en œuvre pour que ses enfants et son épouse ne manquent de rien.

Comme tous les chefs de famille dignes de ce titre, je l’ai chéri pour ses rares absences malheureusement toutes énigmatiques à ma compréhension d’enfant. Je l’ai aimé pour s’être occupé de nous tous. Je l’ai admiré pour la dignité avec laquelle il affrontait ses responsabilités. Je l’ai contesté pour son écrasante personnalité. Je l’ai combattu pour son étouffante autorité. Parfois même, je l’ai haï pour son angle macho très directif.