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David et Anna

De
128 pages
Monique a dix ans ; il l'a fait fuir. Elle a trente ans, il la rattrape, lui, le médecin, marié de vingt - cinq ans son aîné, luii, l'homme à femmes, à la vie dissolue. Elle a raté deux mariages. Elle découvre la passion avec heurts et bonheurs. Pendant douze ans, il la subjugue, la domine, la trompe. L'aimait-il?
Expérience désastreuse ou aventure extraordinaire ? Monique Idec raconte ici douze années de passion douloureuse.
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DAVID ET ANNA

PASSIONS

@

L'Hamlattan,

2003

5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris L'Hamlattan, - France Italia s.r.l.

Via Bava 37 10124 Torino L'Hamlattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest ISBN: 2-7475-5039-7

Monique IDEC

DAVID ET ANNA

PASSIONS

L'Harmattan

AVANT PROPOS

Le cours de mon existence paraît totalement romanesque, mes rencontres peu ordinaires mais j'ai tout vécu intensément. Pourquoi nos conduites, ici et puis là ? Pourquoi Cela peut paraître effrayant. nos actions nous ont menés les erreurs, les errements?

De fait, si l'on observe un peu à distance ce magma, un sens ou plusieurs affleurent. Mais qu'il est long de percevoir L'essentiel quelque chose. qui m'a habité pendant douze ans est

une passion pour un homme de vingt ans mon aîné, un homme marié. Qui peut croire à une passion qui dure douze plus tôt? ans et qui tient ses sources de beaucoup

Maintenant, le bonheur

je rédige cette expérience les beaux

en narrant passés

et le malheur,

instants

avec David, émotions, émerveillements, jamais violence ni rancune. L'écriture

détresses mais de la haine ne avec poésie

vaut rien. Je veux écrire avec bienveillance, peut-être.

Il s'agit aussi de déceler Existe-t-il extraordinaires, jour? Aujourd'hui, tiens. Que Dieu midinette

si ce long épisode

fut

une belle histoire ou un raté de l'existence. entre deux êtres des liens hors du commun qui rompent un

je vis une autre vie. Celle-là j'y me préserve d'écrire comme une

ou de faire du baratin.

-8-

CHAPITRE UN

LA RENCONTRE

« Démêler entremêlés

les

fl1s Si fatalement

croisés WHARTON,

et

du tissu de sa vie» EDITH

Les New-Yorkaises.
J'ai rencontré David. Quel en fut le jour? Je peux citer, bien sûr, celui, banal, où il m'embrassa pour la première fois. Ce fut le véritable départ d'une liaison, d'une aventure amoureuse. Mais au plus profond de moi, je perçois le tout différemment ni immédiat, et ni avec singularité. Ce ne fut ni fortuit

l'issue d'un passé récent. Cette rencontre, je la revois dans un passé ancien, puis prenant racine dans le temps, se préparant ensuite au fl1 d'une suite d'événements qui ne ressemblent pas à grand-chose mais qui se succèdent avec une forme de logique. Notre rencontre amoureuse n'appartient ni au hasard, ni à l'insignifiant; un sort étrange l'a conduite qui fait que notre vécu, nos routes ne pouvaient pas ne pas se croiser même si elles suivaient toutes deux des voies fort différentes, séparaien t. Tout vers David donne étrange et exaltant. Elle nous même si vingt-cinq ans nous

ce long cheminement à notre tient

tracé qui me mena son caractère êtres et

histoire des

éloignés

autres

humains. C'est une histoire venue d'ailleurs. Reste à relater tout ce trajet entremêlé élastique au terme duquel nous fûmes unis.

- Il -

J'avais cinq ans. Je jouais avec une camarade se faisait fort de m'apprendre diverses acrobaties du nez le ciment. Le sang coula, affolement,

qui en

duo. Le résultat ne se fit pas attendre. Je chus, heurtant panique. A cet âge, un enfant qui saigne croit qu'il va mourir. On appelle donc le médecin car l'on craint pour mon nez et pour mes yeux qui ne voient plus très clair. C'est ainsi que je me retrouve sur les genoux d'un jeune médecin. Rien de grave, bien sûr. Cependant je me sentis très mal à l'aise. Que peut éprouver une fillette effrayée sur les genoux d'un étranger? Il m'impressionnait déjà. Tel fut le début qui, bien sûr, ne laissait présager Mais une peur m'avait habitée. Quelques seule dont doublement inquiets années plus tard, en classe de primaire, de la « cuti». Pourquoi fus-je la de rien.

eut lieu l'événement

«la cuti avait viré»? J'étais donc effrayée. Je ne comprenais absolument mes parents été à propos étaient de ma ils l'ont toujours

pas ce que cela signifiait. D'ailleurs comme

santé. J'étais leur fille unique, leur fille chérie. Il fallut se rendre chez le docteur x, devenu

notre médecin de famille. Je fis tout pour vaincre ma peur, du haut de mes neuf ans. Tel fut son verdict: « Si l'on ne fait rien, cela peut tourner me souviens fûmes guère au vinaigre ». Je ne en exactement de ses paroles. Nous rassurés, pourtant j'étais loin d'être - 12-

danger. Mais ce médecin, avec sa belle assurance, son autorité, se plaisait à effrayer ses patients. Etait-il capable d'apporter un réconfort? Tout se passait comme si dans la vie, il n'y avait ni paix, ni répit mais toujours le mal en action. Curieuse personnalité qui inoculait la peur à ses malades. Lui-même était-il habité par un mal secret? Le jour où il fut question de retourner consultation, démesurée. je ressentis Le médecin une panique en

totale, une peur

ne me faisait aucun mal mais

sa personnalité me glaçait. Nous nous rendions chez lui à pied et mon père me tenait par la main. Aux abords du cabinet, je lâchai brusquement la main de mon père et je me mis à courir dans la rue, n'importe où, pour échapper à la consultation. Mais dans ma course je fus bientôt dans l'embarras. Où aller? J'allais me perdre. J'arrêtai donc ma fuite et la terrible visite eut lieu. Ce fut la dernière. Je réagissais avec une telle souffrance, angoisse que mes parents me confièrent médecin. une telle à un autre

Que pouvait-il s'être passé dans ma petite tête? Me dévêtir devant cet homme si élégant dans ses gestes me remplissait violemment. Enfm individu non dépourvu Je fus soulagée drame parut résolu. de honte. je n'étais Ma pudeur pas Pourquoi réagissait à cet si tôt? insensible

de séduction.

de ne pas avoir à le revoir et le

- 13 -

Mes parents continuèrent de consulter le docteur x. Ainsi, adolescente, je le revis, lorsqu'il venait examiner mes parents à domicile. Ma mère avait une santé médecin ridicule fragile. J'avais était attirant, devant grandi, je percevais sa petite que le au m'attirait. Et j'avais peur d'être voiture

lui. J'admirais

moteur puissant, ses vestes de cuir élégantes. Il avait une voix pénétrante. Je demeurais cependant humble et effacée malgré de confuses pensées. Un tel homme ne pouvait attacher ses regards à une gamine comme moi. D'ailleurs amoureux. Je devins une jeune fille et le docteur x était loin de mes pensées. J'étais étudiante à Lyon, dans un autre monde. Je fus bientôt mariée, à vingt et un ans, trop jeune. J'avais connu mon époux sur les bancs de l'école, sauf que garçons et filles étaient séparés. Je fus l'élève de sa mère, il fut celui de son père. J'étais la première de la classe, il était de même le premier. Bien sûr, on peut dire que nous étions faits pour nous rencontrer réputation. car nous nous Nous habitions connaissions de vue, de le même quartier si bien De trajet. où le même j'étais encore peu sensible aux émois

que je le voyais rentrer mon côté, je rentrais Mon amie Catherine

de son lycée à bicyclette. à pied, suivant A l'endroit

m'accompagnait.

nos routes se séparaient, nous nous arrêtions et nous parlions. J'avais seize ans et je dis à Catherine que Jean-Louis ne m'était pas - 14 indifférent et je ne le