Eugène Carlu

Eugène Carlu

-

Français
268 pages

Description

Ecrit à plusieurs mains par des membres de sa famille et d'anciens collaborateurs, cet ouvrage est consacré à un personnage atypique, visionnaire, autodidacte, généreux, volontiers critique qui, durant toute sa vie, s'est engagé auprès d'associations et d'organisations professionnelles. Né dans une famille de paysans en 1925 dans le canton de Hucqueliers, Eugène Carlu a fondé avec d'autres la première Maison Familiale Rurale du Pas-de-Calais. A travers sa biographie familiale et socioprofessionnelle, c'est aussi l'évolution de l'agriculture et les transformations du monde rural et sociétal du XXe siècle qui se dessinent.

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Informations

Publié par
Date de parution 05 mars 2019
Nombre de lectures 2
EAN13 9782140115844
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Sous la direction de
Jean-Marie Carlu et Geneviève HenguelleEUGÈNE CARLU
La vie pleine d’un autodidacte
Cet ouvrage est consacré à Eugène Carlu.
Ce personnage atypique, visionnaire, autodidacte, généreux,
volontiers critique, ne laissait pas indi érent.
Durant toute sa vie, il s’engage auprès d’associations, d’organisations
professionnelles. Il passe du bleu de travail avec ses animaux au costume
cravate en réunion. EUGÈNE CARLU
Sensible à la formation, il fonde avec d’autres la première Maison
Familiale Rurale du Pas-de-Calais. La vie pleine d’un autodidacte
Qui était Eugène ? Qu’a-t-il fait de remarquable ? Pourquoi et
comment est-il devenu autodidacte ? Comment sa biographie familiale
et socioprofessionnelle rend-elle compte de l’évolution de l’agriculture,
des transformations du monde rural et sociétal ? Que nous donne à
ré échir et à penser cet ouvrage collectif ? Les questions sont ouvertes.
Les réponses se construisent à la lecture de l’ouvrage.
Témoignent ici des membres de sa famille et d’anciens collaborateurs.
Ont contribué à cet ouvrage : Géraldine Carlu, Grégory Carlu, Jean-Marie
Carlu, Anthime Caron, Jean-Claude Daigney, Alain Delcloy, Jean-Noël
Demol, François Desmons, Emma Henguelle, Geneviève Henguelle-Carlu,
Marcel Feuillet, Isabelle Holvoët, Robert Lachaume, Jean-Luc Lacheré,
André Lefranc, Pierre-André Leleu, Christian Lhomme, Guy Martel, Claudie
Monsterleet, Gaston Pineau, Jean-Marie Raoult et Philippe Vasseur.
Jean-Marie et Geneviève sont les enfants d’Eugène. Ils
sont retraités actifs de l’agriculture et engagés dans les
organisations professionnelles et associations.
Préface de Jean-Noël Demol
Postface de Gaston Pineau
ISBN: 978-2-343-16097-9
27
Sous la direction de
EUGÈNE CARLU
Jean-Marie Carlu et Geneviève HenguelleEugène Carlu
La vie pleine d’un autodidacte Histoire de Vie et Formation
Collection dirigée par Gaston Pineau

avec la collaboration de
Pierre Dominicé (Un. de Genève), Martine Lani-Bayle (Un.de Nantes),
José Gonzalez Monteagudo (Un. de Séville),
Catherine Schmutz-Brun (Un. de Fribourg),
André Vidricaire (Un. du Québec à Montréal),
Guy de Villers (Un. de Louvain-la-Neuve).
Cette collection vise à construire une nouvelle anthropologie de la formation,
en s'ouvrant aux productions qui cherchent à articuler « histoire de vie » et
« formation ». Elle comporte deux volets correspondant aux deux versants,
diurne et nocturne, du trajet anthropologique.
Le volet Formation s'ouvre aux chercheurs sur la formation s'inspirant des
nouvelles anthropologies pour comprendre l'inédit des histoires de vie. Le
volet Histoire de vie, plus narratif, reflète l'expression directe des acteurs
sociaux aux prises avec la vie courante à mettre en forme et en sens.

Dernières parutions
Volet : Histoire de vie
Joëlle SANCHEZ, L’énergie créatrice de Gwenaël Morin. Théâtre et autoformation
existentielle, 2018.
Marie-Hélène VERNERIS, Récits de vie en milieu carcéral, 2018.
Alain ROCHEFORT, L’instinct de vivre, 2017.
Virginie BAÏOCCHI, Bruissements de mots. L’envol de la colombe blessée, 2017.
Léa TARDIEU, Itinéraire d’une humaniste rebelle, Du quartier latin au Cévennes
ardéchoises, 2017.
Patrice SANCHEZ, Renaissance d’une apocalypse cérébrale, 2016.
Fadel KANJE, Transhumances interculturelles d’un Arabe de Nazareth, 2016.
Gilles DUGAL, Aux frontières du sacré et du politique, 2016.
Martine LANI-BAYLE, Récits et résilience, quels liens ? Chemins de vie, 2016.
Jean-Charles BONDU, STO : Sans Taire les Oubliés. Souvenirs éparpillés, 2016.
Corine CHAPUT-LEBARS, Histoires de naissances. Naissances d’histoires, 2016.
Simone LANDRY, Autopsie d’un mariage. De l’emprise à l’échappée, 2015.
Jacques SERIZEL et Armelle ROUDAIRE, Accompagner à
« re-connaître » les Acquis de l’Expérience en milieu carcéral, 2015.
Micheline THOMAS-DESPLEBIN, Ma maison était dehors, 2015.
Jacques SERIZEL et Armelle ROUDAIRE, Éducation populaire et croisements de
savoirs. L’Histoire de Vie Collective du Comité des Oeuvres Sociales du Conseil
Régional Nord-Pas-de-Calais, 2015.
Geneviève STOCK, De la rue à la lutte, 2014.
Marie BEAUCHESNE, Pouvoir devenir sujet. Un itinéraire de formation à la
reliance, 2014. Sous la direction de
Jean-Marie Carlu et Geneviève Henguelle





Eugène Carlu
La vie pleine d’un autodidacte






Préface de Jean-Noël Demol
Postface de Gaston Pineau
















© L’HARMATTAN, 2019
5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.editions-harmattan.fr
ISBN : 978-2-343-16097-9
EAN : 9782343160979 Remerciements

Concevoir et réaliser un ouvrage est un réel travail qui mobilise
nombre de capacités. N’étant pas habitués à écrire en vue d’être publiés,
nous avons jugé qu’il fallait nous entourer de compétences. C’est
pourquoi, nous remercions bien sincèrement toutes celles et tous ceux
qui ont contribué à réaliser ce pari ; pari de réussir à produire un
ouvrage collectif. En effet, cet ouvrage a été co-construit par la famille
et les amis d’Eugène. Leurs regards se complètent et nous font partager
souvenirs sensibles, anecdotes caractéristiques d’Eugène, et réflexions
multiples.

Merci à Géraldine, la seule petite fille, dont l’exigence et la ténacité
nous ont incités, encouragés à conduire à terme notre projet de
publication.

Un merci particulier également à Claudie Monsterleet pour
permettre d’enrichir cet ouvrage en acceptant de mettre à disposition du
lecteur la part d’une recherche universitaire consacrée à Eugène, dirigée
par le Professeur Pineau.

Il nous fallait un accompagnateur d’expérience. Sur les conseils
d’amis, c’est vers Jean-Noël Demol que nous nous sommes orientés. Il
est habitué à écrire et à publier. Professeur à l’Université de Lille I, il
dirige depuis 1997 la publication d’ouvrages collectifs aux Editions
L’Harmattan. Il codirige, chez le même éditeur, la collection
Ingénieries et Formations. Un merci tout particulier à toi, Jean-Noël.

Tous nos remerciements au Professeur Gaston Pineau pour l’accueil
bienveillant accordé à notre projet et la rédaction de la postface de cet
ouvrage.

Merci enfin, à Christiane Lacheré (cousine). Elle a été, pendant près
de quarante années, secrétaire dans le Groupe Alliance (groupe agro-
alimentaire). Elle a participé à la réalisation du livre notamment pour
les travaux de rédaction et dactylographie. Merci également à Isabelle
Logez, retraitée active de l’Université de Lille 1 (contribution,
réalisation et diffusion des Cahiers d’Etudes du Centre Universitaire
Economie Education Permanente CUEEP de l’Université de Lille 1,
devenus depuis TransFormations). Elle nous fait bénéficier de ses
compétences de relecture et de mise en pages aux normes de l’éditeur. Merci aux contributeurs, à tous ceux qui, de près ou de loin, nous ont
aidés à faire des recherches et à ceux qui ont permis que cet ouvrage
soit achevé.

Souhaitons que le lecteur ait le plaisir de le lire.
6 Les auteurs

Géraldine CARLU, est la petite-fille d’Eugène Carlu, mariée à
Alexandre et la maman de deux garçons. Géraldine exerce le métier de
formatrice en Coiffure pour la Chambre des Métiers et de l’Artisanat
des Hauts de France. Au-delà des nombreux échanges
intergénérationnels, elle a sollicité son grand-père lorsqu’elle a été
amenée à reprendre des études à l’Université Lille 1, dans le cadre de
son parcours professionnel. Et c’est ainsi qu’Eugène a participé aux
réflexions puis à la relecture des mémoires de Licence et de Master 2
en Ingénierie de Formation.

Grégory CARLU, est le petit-fils d’Eugène Carlu et frère aîné de
Géraldine. Il débute sa carrière professionnelle dans une petite société
de prestations en informatique et automatisme industriels. Après deux
ans, Grégory quitte cette entité pour un bref passage au service
électrique de l’usine Arc International (fabricant d’arts de la table). Un
nouveau recrutement l’emmène dans le Loiret auprès d’une agence
EDF spécialisée dans les opérations de maintenance des centrales
nucléaires. Grégory, même enfant discutait avec Eugène. Il voit son
grand-père, lors de ses retours dans le Pas-de-Calais et échange
volontiers avec lui de son métier dans la fonction publique. Il rencontre
Marie-France dans la Région d’Orléans avec laquelle il se marie en
2007. Ils habitent dans le Loiret (45) où Eugène leur rend visite à
plusieurs reprises, généralement en Septembre.

Jean-Marie CARLU, est le fils d’Eugène Carlu. Marié à Annick
Bigant, et père de trois enfants : Grégory, Géraldine et Guillaume.
Après deux ans de formation de Brevet d’Etudes Professionnelles
Agricoles (BEPA) en Maison Familiale Rurale (MFR) de Campagne
1 les Boulonnais (62), Jean-Marie devient aide-familial de 16 à 23 ans.
Puis, avec son père, il s’installe agriculteur en 1974 jusqu’au départ en
er retraite d’Eugène en décembre 1991. Le 1 mars 2008, Jean-Marie
Carlu cède l’exploitation familiale à son plus jeune fils Guillaume. Dès
1977, Jean-Marie Carlu s’engage dans le syndicalisme agricole local,
cantonal dans les années 1990, puis départemental dans les années
2000-2010. Il est également membre de la Chambre d’Agriculture du
Nord-Pas-de-Calais depuis 1995. Anthime CARON, originaire de Lisbourg (petit village rural du
Pas-de-Calais) se revendique comme un « fiu d’sincier » (garçon de
fermier). Il travaille à la ferme et aux champs dans son enfance. Devenu
prêtre missionnaire de la Compagnie de Marie (Montfortains) dont il
est le Provincial, il est successivement ingénieur de recherche au centre
nucléaire de Saclay, chef d’un laboratoire de recherche universitaire sur
les prototypes de résonateurs à quartz pour le pilotage des horloges
atomiques, vice-recteur de l’Université Catholique de Paris, puis curé
en banlieue paganisée. De retour dans le Pas-de- Calais, il côtoie
Eugène, à l’orgue, au cours d’offices religieux.

Jean-Claude DAIGNEY est né en 1951. Après des études
d’ingénieur agronome et une expérience dans un centre de recherche
puis en coopération en Tunisie, il est recruté par l’Union des MFR en
1977. Il débute comme adjoint technique au sein de la nouvelle
Fédération Régionale Nord-Picardie. Travaillant à mi-temps au centre
de Sailly Labourse (62), il découvre les conseils d’administration et les
équipes des MFR grâce à l’accompagnement de Jacques Delcloy. Il est
chargé par l’Union des MFR du suivi de la mise en place du Brevet de
Technicien Agricole (BTA) par alternance. Cette expérience le conduit
trois ans plus tard à rejoindre l’équipe de l’Union. Il y sera d’abord
responsable technique puis chargé du Département Développement
avant d’en devenir Directeur de janvier 1990 à septembre 2011.

Alain DELCLOY a été trois ans moniteur à la MFR de Campagne-
les-Boulonnais (62) avant d’en prendre la direction de septembre 1969
à août 1981. C’est durant cette période qu’il travaille le plus avec
Eugène alors membre du Bureau et secrétaire du Conseil
d’Administration de la MFR. Il assume ensuite la Direction de l’Institut
d’Anchin à Pecquencourt (59) de 1983 à 2006, à l’issue d’une formation
d’ingénieur de deux ans à Dijon.

Jean-Noël DEMOL a été aide-familial agricole, puis stagiaire de la
Promotion Sociale (1968-1970). Il devient ensuite formateur au Centre
de Promotion Sociale de Sailly-Labourse (62) puis au Centre
Pédagogique des MFR à Chaingy (45). Il est chargé de cours à
l’Université François-Rabelais de Tours de 1986 à 2000. Il devient
Professeur associé à l’Université de Lille 1 (1997-2010). Il assume la
responsabilité des Cahiers d’Etudes du Centre Université Economie et
Education (CUEEP) puis de TransFormations de la même Université
8
de 2000 à 2010. Retraité actif, il dirige depuis 1997 la publication
d’ouvrages collectifs aux Editions L’Harmattan (Paris). Parallèlement,
il participe activement à la création de partenariats entre l’Université de
Lille et des Centres de Formation de Cadres de Santé. Enfin, il poursuit
des activités de formation et de direction de mémoires en Master
Ingénierie de Formation et Gestion des Ressources Humaines parcours
Cadres de Santé de l’Université de Lille. Il partage avec Eugène Carlu
nombre de questions éducatives et sociétales dans une complicité
réciproque.

François DESMONS est un fils d’agriculteurs du Boulonnais qui
bénéficie en 1974 d’un stage de six mois à l’Union Régionale des
Coopératives d’Elevage et d’Insémination Artificielle Nord (URCEIA
NORD) pendant son cycle de formation de l’Institut Supérieur
d’Agriculture (ISA) de Beauvais (60). Son mémoire de fin d’études,
relatif à l’insémination porcine, est jugé par un comité d’experts et deux
représentants de l’URCEIA NORD : Eugène Carlu, Vice-Président, et
Yves Vanhaecke, Directeur. Suite à ce stage, et à l’issue de sa
formation, il commence son activité professionnelle à l’URCEIA
NORD, en août 1976, pour en prendre la direction avec un statut
d’adjoint dans un premier temps, le 6 janvier 1979, concomitamment à
la prise de Présidence de cet ensemble coopératif par Eugène Carlu.

Marcel FEUILLET a été ouvrier agricole de 14 à 27 ans chez
Eugène, puis il a été chauffeur laitier 10 ans. Il a terminé sa carrière à
la Direction Départementale de l’Equipement (DDE).

Emma HENGUELLE est la fille d’Aurélie et Bruno Henguelle,
petite fille de Paul-Henri et Geneviève Henguelle, première arrière-
petite-fille d’Eugène Carlu. Agée de 17 ans, elle est scolarisée au lycée
Notre Dame de Sion à Saint-Omer (62). En tant qu’aînée des arrière-
petits-enfants, et de par son âge, Emma est celle avec laquelle Eugène
a le plus échangé, à notre connaissance.

Geneviève HENGUELLE est mariée à Paul-Henri, fille d’Eugène
Carlu, mère de 3 enfants : Bruno, Jean-François et Luc. Elle est élève à
la MFR de Hucqueliers (62), où elle obtient le Brevet d’Apprentissage
Agricole (BAA). Elle est exploitante agricole jusque 2005 et membre
du Groupement Développement Agricole (GDA). Elle est membre de
9
l’Association Féminine de Développement Agricole (AFDA).
Geneviève est une retraitée active.

Isabelle HOLVOËT, après une formation d’Ingénieur à l’Institut
Supérieur d’Agriculture de Lille (ISA), débute sa vie professionnelle en
1980 au Groupement d’Intérêt Economique (GIE) Lait-Viande Nord-
Picardie présidé par Eugène Carlu, de 1981 à 1995. A partir de fin 2005,
elle devient Directrice de la Société Coopérative Agricole spécialisée
dans le conseil en élevage et le contrôle des performances en Picardie.
Depuis 2012, elle dirige la coopérative Avenir Conseil Élevage, qui
emploie 200 collaborateurs au service de 2500 élevages bovins lait et
viande dans les Hauts de France. Elle aime souligner que, bien que
d’origine citadine, elle a fait le choix de consacrer sa vie professionnelle
aux éleveurs des Hauts de France, choix qu’elle n’a jamais regretté et
qui continue de stimuler sa motivation et son engagement.

Robert LACHAUME est né en Côte-d’Or. Ses parents sont
polyculteurs-éleveurs. Il intègre l’Ecole Nationale Supérieure
Agronomique de Montpellier (Ingénieur Agronome en 1960). Il
effectue son service militaire (2 ans) en Algérie : école d’Infanterie de
Cherchell, officier dans les Sections Administratives Spécialisées
(SAS). Il participe directement au rapatriement des Harkis. Puis il
reprend ses études à l’Agro de Paris et devient Ingénieur des Services
Agricoles. Il opte pour l’enseignement agricole. Sa carrière : Lycée
Agricole du Robillard (14) enseignant et directeur adjoint, directeur du
Lycée Agricole d’Arras, Chef de Service à la Direction Régionale de
l’Agriculture et de la Forêt (DRAF) de Rouen, Directeur de la Chambre
d’Agriculture du Pas-de-Calais, Ingénieur Général au Conseil Général
d’Agronomie au Ministère de l’Agriculture. Il travaillera avec
Monsieur Eugène Carlu pendant 19 ans, pour le développement
agricole, Eugène Carlu étant Président du Service d’Utilité Agricole et
du Développement (SUAD) et de l’EDE (Etablissement Départemental
de l’Elevage).

Jean-Luc LACHERE, neveu d’Eugène, est retraité actif. Ancien
élève de MFR, après un Brevet de Technicien Supérieur (BTS),
« spécialisation laitière », il participe, entre autre, à l’ouverture du
Centre de Sailly-Labourse avec Jacques Delcloy et Jean-Noël Demol.
Dans le cadre du service coopération, il est affecté à Sokodé (Togo). Il
est chargé de la pédagogie et de l’animation des différentes associations
10
de MFR, du recrutement des futurs moniteurs et de leur formation. La
Fédération des MFR du Pas-de-Calais engage une collaboration étroite
avec l’Union des MFR du Togo et décide la création d’une association :
l’Agouti (Action Générosité Ouverture Union Toutes Initiatives),
association interne à la MFR chargée des relations dans certains pays
étrangers. Eugène en prend la présidence. C’est en tant qu’ancien
Responsable Pédagogique des MFR du Togo, qu’il participe à la
mission d’évaluation des MFR du Togo, conduite par Eugène.

André LEFRANC, est Ingénieur de l’École Supérieure
d’Agriculture (ESA) d’Angers, et diplômé de l’Institut Français de
Gestion (IFG) de Paris. Il a été successivement conseiller technique puis
Directeur de l’Etablissement Départemental de l’Elevage (EDE),
Chambre d’Agriculture du Pas-de-Calais, Ingénieur régional de l’ITP
(Institut Technique du Porc de Paris) et animateur de l’interprofession
porcine Nord-Picardie, Responsable sur le marché de l’agriculture au
Crédit Mutuel Nord-Europe, Chargé de missions et Consultant en audits
stratégiques, dans le Réseau CER France du Centre d’Economie Rurale
(CRE) et jusqu’en 2014, intervenant en Ecoles d’ingénieurs à Lille, à
Purpan-Toulouse, dans les réseaux MFR et du Conseil Régional des
Établissements Agricoles Privés (CREAP). Il anime actuellement de
nombreuses conférences.

Pierre-André LELEU, fils d’agriculteur, est un ancien élève de
MFR. Après avoir été formateur à la MFR de Campagne-les-
Boulonnais, de 1976 à 1981, il prend la Direction de cet établissement,
jusqu’en 2011. Il dirige ensuite la Fédération Départementale du Pas-
de-Calais puis la Fédération Régionale de Haute-Normandie. Il devient
Directeur de la Fédération Régionale des MFR des Hauts-de-France.
Une collaboration et des liens de proximité se tissent avec Eugène Carlu
pendant plus de trente ans au sein du réseau des MFR d’une part et dans
les associations « Campagne Service » (association de réinsertion) et
« Campagne Entreprendre » : journée de promotion de l’artisanat et des
métiers du monde rural à l’occasion d’un salon.

Christian LHOMME est d’origine non agricole. Après le service
national, il devait être employé en janvier 1985 au contrôle laitier du
Pas-de-Calais. Des réductions de subventions d’Etat en ont décidé
autrement. Il est alors allé chez "France Maïs" pour être commercial
prospecteur. Il est rappelé par Monsieur Hembert et Eugène Carlu en
11
juin 1987 pour prendre un poste de responsable informatique au
Contrôle Laitier du Pas-de-Calais. Il en est promu Directeur en 1989.

Guy MARTEL, agriculteur en Groupement Agricole
d’Exploitation en Commun (GAEC) avec son fils depuis 1999. Il a suivi
une formation agricole à la MFR de Campagne-les-Boulonnais (62).
Lorsque son fils est élève en MFR, Guy Martel est sollicité en 1990
pour rejoindre le conseil d’administration. Il devient membre du bureau
de l’Association et Président en 2003. Il est également membre du
Conseil d’Administration de la Fédération Départementale des MFR du
Pas-de-Calais. Depuis 2009, il préside la Fédération Régionale des
MFR des Hauts de France. Depuis 2018, il est vice-président de l’union
nationale des MFR. C’est grâce à ces engagements qu’il a eu l’occasion
de rencontrer Eugène Carlu.

Claudie MONSTERLEET a été formatrice à la MFR de
Campagne-les-Boulonnais, Directrice adjointe du Plan Local pour
l’Insertion et l’Emploi (PLIE) et depuis 2017 elle assume la
responsabilité de Directrice de la Mission Locale de Saint Omer (62).
Elle se préoccupe des politiques publiques pour l’insertion sociale et
professionnelle des jeunes, plus précisément celles liées à l’emploi. En
parallèle de sa première expérience, elle conduit une recherche
appliquée avec l’Université François-Rabelais de Tours sur le thème de
l’autoformation. Elle conforte sa réflexion en analysant un parcours de
vie, celui d’Eugène Carlu. L’essentiel de son étude est formulé dans son
mémoire de Diplôme d’Etudes Approfondies (DEA) Sciences de
l’Education et didactiques, intitulé «Parcours de vie et autoformation,
étude de la conduite d’un autodidacte » (Tours, 1998), sous la direction
de Monsieur Le Professeur Gaston Pineau.

Gaston PINEAU, Responsable de la Collection Histoire de vie et
formation. Gaston Pineau a commencé sa vie professionnelle comme
ouvrier agricole. Il est entré à l’université à 25 ans. D’abord conseiller
d’orientation d’adultes au Centre Universitaire de Coopération
Économique et Sociale (CUCES) de Nancy, il émigre au Québec
comme responsable de recherche à la Faculté de l’Éducation
Permanente (FEP) de l’Université de Montréal de 1969 à 1985. Engagé
à l’Université de Tours en 1985, sur un poste profilé Alternance et
éducation des adultes, il sera, jusqu’à sa retraite en 2007, en alternance
géographique entre Tours et Montréal. Depuis 2015, il a regroupé ses
12
forces restantes à Montréal. Il est chercheur émérite au Centre de
recherche en Éducation et formation Relatives à l’Environnement et à
l’Écocitoyenneté (Centr’Ère) de l’Université du Québec à Montréal
(UQAM).

Jean-Marie RAOULT s’installe agriculteur en 1965 dans une
exploitation de polyculture-élevage. Dans le cadre du Centre
Départemental des Jeunes Agriculteurs (CDJA), il s’engage dans la
défense des producteurs de lait. Puis il est Président de la Fédération
Départementale des Syndicats d’Exploitants Agricoles du Pas-de-
Calais (FDSEA) et Président de la Fédération Nationale des
Producteurs de Lait (FNPL). Il est également Président de la Chambre
d’Agriculture, membre du bureau et du conseil d’administration de la
Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FNSEA).
Il est membre du bureau de l’Assemblée Permanente des Chambres
d’Agricultures (APCA) et Président de la commission économique. Au
cours de sa carrière, il a toujours été aux côtés d’Eugène Carlu pour
défendre les intérêts des éleveurs de leur Région. Eugène Carlu avait
ses idées et Jean-Marie Raoult tout autant les siennes. De ce fait, ils
n’étaient pas toujours en harmonie et cela générait quelques frictions
légendaires autant que productives.

Philippe VASSEUR, ancien journaliste économique, est élu Député
du Pas-de-Calais à quatre reprises. C’est à cette époque qu’il rencontre
Eugène lors de réunions professionnelles agricoles. De 1995 à 1997, il
est Ministre de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation. Au début
de l’an 2000, il décide de renoncer à tous ses mandats politiques et il
devient Président du Crédit Mutuel Nord-Europe. Il préside également
la Chambre de Commerce et d’Industrie de Région Nord de France
(2011-2016) avant d’être nommé Commissaire Spécial à la
Revitalisation et à la Réindustrialisation des Hauts-de-France. Il est
également Président du Réseau Alliances pour la Responsabilité
Sociétale des Entreprises et du Forum Mondial de l’Economie
Responsable.
13
Préface

Jean-Noël Demol

Situons le texte dans son contexte et dans la brève histoire de cet
ouvrage.
2 Le préfacier que je suis a accompagné le projet de cet ouvrage de sa
genèse à sa finalisation. Habituellement, ce n’est pas le cas puisque le
préfacier est sollicité lorsque l’ouvrage est en voie de finition. Pour le
cas présent, les enfants d’Eugène, Jean-Marie et Geneviève portent la
responsabilité de l’ouvrage et une attention particulière au contenu des
contributions. Pour ma part, je suis plutôt attentif à la mise en forme de
la publication. Voici notre petit groupe de travail. Géraldine, petite-fille
d’Eugène apporte son avis décentré, critique et encourageant. Sa
3posture relève en quelque sorte du tiers inclus .
Des réunions de travail abordent aussi bien le contenu des textes que
leur mise en forme. Les deux sont intimement liés. Il y eut des
4 confrontations, des rencontres à la fois cordiales, respectueuses et
animées. A leur issue chacun repart avec un travail à faire selon une
certaine souplesse de temporalité en fonction des activités des uns et
5des autres. En fait, ce travail nous travaille et s’inscrit dans la durée .
A la suite du départ d’Eugène (2015) commence notre travail. Se
pose alors la question de quelle trace écrite laisser. Nous n’éprouvons
pas la nécessité de nous inspirer de publications en rapport avec
l’histoire d’une personne. De fait, nous n’avons ni modèle préconçu, ni
6exemple de référence . Nous ne nous sommes pas dotés d’une structure
préconstruite au risque d’en être prisonnier. Toutefois, en ce qui me
7 concerne, ce fut l’opportunité de revisiter des travaux de G. Pineau et
autres auteurs. Au commencement, « …rien n’est donné, tout est
8construit… » écrit G. Bachelard . A nous d’ouvrir les possibles et de
choisir ce qui paraît convenir. Nous avons construit le chemin en
9marchant , comme le navigateur essaie de se frayer un passage parmi
10les icebergs de l’Atlantique Nord . Au demeurant, nous avons un projet
partagé. Nous sommes déterminés à le faire aboutir.
Les contributions rassemblées présentent une certaine hétérogénéité
d’écriture. Nous respectons la richesse de la variété. Alors, les puristes
15
en stylistique, tout autant que les amateurs d’une homogénéité formelle
ou encore autres habitués à une histoire selon une chronique
événementielle peuvent être quelque peu heurtés. C’est un risque.
Chacun écrit avec son style, toutefois, la mise en forme a exigé la
suppression de redondances.
11Cet ouvrage donne à voir, saisir, comprendre et non pas à analyser
des domaines émergeants de la vie d’Eugène. Par comparaison, nous ne
voyons que des faces émergées de l’iceberg. Nombre de sujets
demeurent dans l’ombre comme par exemple : l’organisation d’une
journée du lever au coucher d’Eugène, Eugène et la politique, la culture
12 13paysanne locale, Eugène et la lecture et l’écriture nocturnes , etc.
Tout ceci n’est pas un oubli. Les thèmes développés ici trouvent leur
intitulé à partir des contributions rassemblées. Elles sont complétées par
des précisions jugées utiles à la compréhension du texte par tout lecteur
potentiel et anonyme. Ainsi en va-t-il de tout écrit public qu’il s’agisse
de mémoires universitaires ou de publications sous forme de livres.
L’ouvrage met en exergue des aspects de la vie d’Eugène. D’autres
demeurent dans l’ombre. Que trouvons-nous entre les deux ?
Réfléchissons ! Entre le clair (l’écrit) et l’obscur (non écrit), une lecture
transversale des textes proposés autorise la construction de réponses à
des questions comme : qu’ai-je appris des transformations du travail
d’Eugène ? Quelles mutations de l’agriculture puis-je repérer ?
14 Comment Eugène d’abord paysan, est-il devenu agriculteur ?
Comment Eugène a-t-il continué à se former, à s’instruire après l’école
primaire ? Comment Eugène, avec d’autres s’est-il investi dans la
formation ? Comment ont évolué les organisations professionnelles
agricoles ?etc. Pour faire bref, qu’ai-je appris de l’un ou l’autre des
thèmes ?
Le lecteur aura compris que ce qui est écrit à propos d’Eugène se
situe dans le temps et dans l’espace, dans des contextes spécifiques et
15évolutifs . Selon chacun, l’ouvrage peut être perçu comme l’histoire
d’une personne : Eugène, comme un exemple singulier non pas à imiter
(faire comme). La vie d’une personne engagée, et ce fut la sienne rend
16compte de l’évolution d’une société, d’une époque . Certes, il s’agit
bien ici d’une histoire particulière. Elle illustre et complète des
approches plus globalisantes de l’histoire relatives aux mêmes thèmes
comme par exemple : se former tout au long de la vie, collaborer et
16 coopérer, etc. L’histoire se conçoit, s’écrit selon différents points de
vue. Les uns enrichissent les autres. Prenons un exemple. Les récits
singuliers des combattants des tranchées à Verdun ou ailleurs illustrent
cet épisode de notre histoire, de l’histoire des manuels scolaires, de
l’histoire enseignée. Il n’y a pas d’histoire supérieure à une autre. C’est
une conception !

La singularité dont il est ici question heurte frontalement la pensée
d’Aristote pour qui : il n’y a de science que du général. D’autres
17 philosophes anciens s’inscrivent dans cette pensée dite classique. Elle
demeure encore présente dans l’inconscient collectif, voire chez les
esprits clos et imperméables à tout questionnement de leur façon de
penser.

Depuis Aristote, les conceptions ont évolué notamment à partir du
ème début du XX siècle avec les travaux de physiciens et de philosophes.
18Ils aboutissent au Nouvel Esprit Scientifique . Que veut dire ceci pour
notre travail ? Concrètement, nous faisons le deuil de l’exhaustivité.
Nous tentons de nous rapprocher le plus possible des faits en épurant
au mieux les textes de biais (erreur de méthode) ou de jugements de
valeur. Nous considérons que l’écriture finale d’un texte ne peut se
dissocier de son auteur. Dit autrement, à défaut d’être objectif, nous
sommes plutôt subjectivement objectifs. D’où nombre de relectures
correctives et du temps occupé. Et le temps passe. La temporalité
calendaire, celle de l’agenda, et des échéances obligées s’accorde
difficilement avec la temporalité scripturale, celle du temps de l’écriture
pour être lu. C’est un fait.

Dernier volet de l’histoire de ce livre : quel titre donner à l’ouvrage ?
Un titre se doit d’être concis, formulé en peu de mots. Il renseigne de
ce dont il est question dans l’ouvrage. Au final, nous retenons deux
concepts : l’autodidactie et la vie pleine.

L’autodidactie correspond aux relations entretenues par Eugène avec
l’institution scolaire, à son autoformation tout au long de la vie selon
l’expression usitée, à sa formation par l’expérience travaillée et
réfléchie, à sa conception de la formation. Eugène fut un autodidacte
19 dans le sens où il s’est enseigné lui-même sans Maître (enseignant,
professeur) à la sortie de l’école primaire.
17
Ceci ne signifie pas qu’il fut seul. Nombre de relations, de rencontres
20avec telle ou telle personne, la participation active à la JAC , des
21 lectures choisies apportèrent une aide, un accompagnement à
l’autoformation d’Eugène. Ainsi, la formule autodidaxie accompagnée
trouve ici sa pertinence.
Les origines de l’autodidactie sont relativement imprécises. Les faire
22 correspondre à la Renaissance paraît pertinent puisqu’à l’époque il
s’agit bien de se libérer des dogmes afin que renaisse l’Homme tel que
l’humanisme grec le concevait dans l’Antiquité. L’autodidactie se
manifeste par l’aspiration à connaître, à se cultiver, à pouvoir avoir
accès au livre et à s’exprimer. Elle ne nait donc pas d’une théorie à
appliquer. L’entreprise n’a rien d’aisé puisque l’instruction primaire
n’est, à l’époque, qu’à ses balbutiements. Le mouvement est manifeste
ème au milieu du 19 siècle. Nombre d’écrits de compagnons témoignent
de cette effervescence. Toutefois, son existence et sa validité seront
contestées jusqu’à ce qu’elle revienne à l’ordre du jour et légitime à
partir des années 1960-70 et après.
Depuis ses débuts, les contextes ont changé : prolongation de la
scolarité, nouvelles formes d’accès au savoir, émergence de nouveaux
termes et pratiques : autoformation, auto-apprentissage, auto-direction,
etc. L’autodidactie concerne d’autres acteurs ; d’où l’expression de
néo-autodidactes. Les formes changent. Les fondements demeurent.
Des exemples vivants existent.
23L’expression de vie pleine est inspirée des travaux de C. Rogers .
Pour la petite histoire, Rogers se passionne très jeune pour le jardinage
et l’élevage. Il aide son père aux travaux de la ferme. Il prend goût aux
disciplines scientifiques et devient agronome. Sensible aux conditions
difficiles des jeunes enfants et adolescents, il décide de s’orienter vers
la pédagogie et la thérapie. Rogers conçoit la vie dans ce qu’il y a de
meilleur, dans un processus d’écoulement et de changement où rien
n’est fixe. Cette conception fait écho à ce qu’Eugène connut et mit en
mouvement.
De même, la vie se présente comme un processus, une direction, un
mouvement vers l’ouverture à l’expérience, à ses sentiments, à vivre
pleinement. Eugène était pleinement présent, ouvert à l’expérience de
24la vie, pleinement investi et congruent .
18 Voici les principales références, ici résumées, utilisées afin de
formuler le titre de l’ouvrage. Il est à présent terminé et disponible à la
lecture.

Je tiens à saluer particulièrement l’initiative de Jean-Marie,
Geneviève et Géraldine Carlu. Donner à lire des parcelles de vie d’un
membre très proche, c’est de mon point de vue rendre public ce qui est
de l’ordre du privé. Ceci mérite respect, retenue et considération.

A présent, au lecteur de toutes ces contributions s’ouvrent nombre
de prolongements : que retenir ? En fait, la question parait simple : que
donne à penser, après sa lecture, le livre consacré à Eugène ? Le champ
des réflexions est ouvert aux pensées personnelles et/ou partagées.


Notes et références bibliographiques

Les notes et références bibliographiques complètent le texte.
Elles ne sont pas indispensables à la lecture de l’ouvrage. Chacun
les consulte ou non selon son choix de lecture. Situées en fin
d’ouvrage ou de chapitre, comme c’est le cas ici, elles explicitent un
mot, une expression. Elles apportent une ouverture, une possibilité
de recherche à qui souhaite approfondir notion et/ou concept.
1 Aide familial : enfant, frère, sœur du chef d’exploitation agricole vivant sur
l’exploitation et participant à sa mise en valeur sans avoir la qualité de salarié.
2 Accompagner signifie ici être à côté, marcher à côté, ni suivre, ni diriger.
L’accompagnement ne date d’aujourd’hui. Socrate philosophe grec accompagnait
par la maïeutique ou l’art d’accoucher les esprits les apprentissages. Il ne donnait
pas de leçons. Il interrogeait sans cesse et pointait les contradictions, etc. La
maïeutique constitue aujourd’hui un domaine majeur de la formation des sages-
femmes qui aident à accoucher. Depuis les années 1974-85, l’accompagnement
est de plus en plus d’actualité à la suite de bouleversements de tous ordres : crise
économique, chômage multiplié par 6 en France entre 1974 et 1981, chute du mur
de Berlin et ses conséquences, crise de l’autorité (mai 1968), perte de confiance
du schéma : école, travail, retraite, etc. Voir à ce sujet, Beauvais, M. et Demol, JN.
o(2009). Accompagnement en éducation et formation. Lille. TransFormations n 2.
Université Lille1. Les formes d’accompagnement se diversifient, un domaine de
recherche s’ouvre et donne lieu à nombre de publications. Parmi les thèmes
concernés vient récemment celui de l’accompagnement à l’écriture des histoires
de vie. Cf. Gratton, E. Lainé, A. et Trekker, A. (2016). Penser l’accompagnement
biographique. Louvain-la-Neuve : Academia-L’Harmattan.
19
3 Le concept de tiers inclus parait abstrait. Dans le cas présent, Jean-Marie et
Geneviève, enfants d’Eugène, constituent une entité. Moi-même en constitue une
autre. Et, la posture de Géraldine en représente un autre. Chaque unité assure une
fonction. Ceci fait trois entités distinctes en interactions ; d’où l’expression de tiers
inclus. Cf. Lupasco, S. (1986). L’homme est ses trois éthiques. Monaco : Le
Rocher ; Serres, M. (1991).Le Tiers-Instruit. Paris : Gallimard ; Le Moigne, JL.
(1990). La modélisation des systèmes complexes. Paris : Dunod ; Sibony, D.
(1991). L’entre-deux. L’origine en partage. Paris : Seuil. : Pineau, G. (1983).
Produire sa vie : autoformation et autobiographie. Montréal, Paris : St Martin
Edilig ; Lerbet, F. (1994). La relation duale complexité, autonomie et
développement. Paris : L’Harmattan ; Lerbet, G. (1986). Biocognition, formation
et alternance. Paris : L’Harmattan ; Guillaumin, C. (2002) (dir.). Actualité des
nouvelles ingénieries de la formation et du social. Paris : L’Harmattan. Les
références citées ne sont pas exhaustives.
4 Le concept de rencontre est ici inspiré de G. Pineau. L’auteur écrit que la rencontre
d’abord déformatrice peut devenir transformatrice, etc. Cf. Pineau, G. (2001). La
rencontre : un synchroniseur de l’alternance. L’alternance : une pédagogie de la
rencontre. Paris : MFR Editions. p. 369-378.
5 La durée fait ici référence à la notion de temps perçue comme indivisible, de sorte
que ni l’avant, le pendant et l’après ne peuvent se séparer. D’où l’expression
populaire : ça dure depuis longtemps ! Cf. Bergson, H. (1938/1993). La pensée et
le mouvant. Paris : PUF. p. 166-167.
6 « La notion de modèle recouvre toute représentation d’un système réel… » selon
Walliser (1977, p.116). Un modèle peut être abstrait comme par exemple un
modèle en mathématiques. Il peut être très concret comme par exemple un modèle
en fonderie ou en coupe couture. Un modèle ou une représentation artificielle
n’existe pas dans la nature. On le construit dans sa tête. Il se matérialise sous des
formes variables : dessin, symboles, etc. Cf. Le Moigne, J-L. (1990). La
modélisation des systèmes complexes. Paris : Dunod. Il n’y a pas de forme unique
de modèle d’où la variété de forme de modèles : modèle numérique, modèle
graphique, etc. Cf. Walliser, B. (1977). Systèmes et modèles. Paris : Seuil.
L’exemple, à la différence du modèle se réfère à l’existant ou à ce qui a existé. Il
sert d’illustration, d’inspiration voire d’imitation. Une histoire de vie de untel ou
d’un autre peut servir d’exemple et non pas de modèle. C’est le cas ce qui fait
l’objet de cet ouvrage.
7 Notons ici l’ouvrage majeur, à bien des égards, de Pineau, G. (1983). Produire sa
vie : autoformation et autobiographie. Montréal : Saint-Martin. Ajoutons : Pineau,
G. et Legrand, J-L. (2002). Les histoires de vie. Paris : Puf. ; Education
o Permanente (1984). Histoires de vie. N 72-73. ; Bachelard, D. et Pineau, G.
(2009). Le biographe, la réflexivité et les temporalités. Paris : L’Harmattan.
8 Cf. Bachelard, G. (1938). La formation de l’esprit scientifique. Paris : Vrin.
9 Référence ici faite au poème d’Antonio Macchado. (1917). « Marcheur, il n’y a
pas de chemin, le chemin se trace en marchant… ».
10 Pour faire suite, l’ouvrage de M. Serres. (1980). Le passage du Nord-Ouest. Paris :
éd. de Minuit trouve ici tout son sens. Un peu de géographie ! Le passage du Nord-
Ouest relie les océans Atlantique et Pacifique par le grand nord canadien. Or, ce
20
vaste territoire est peuplé d’icebergs mouvants. De fait, il n’existe pas de cartes,
de routes établies ; d’où l’aventure de chaque traversée. L’aventure fut la nôtre en
construisant cet ouvrage.
11 L’analyse (analusis) décompose, sépare les constituants, par ex : analyse de l’air,
de sol, de sang, analyse logique et/ou grammaticale. Démonter vise également à
séparer, par ex. : démonter une roue de voiture, un moteur et les remonter, etc.
Nous avons affaire à des objets inertes au repos. Une personne n’est pas un objet
inerte ; d’où le recours à une autre manière d’aborder le sujet. Au lieu d’analyser,
essayons de comprendre. La compréhension saisit par interprétation du sens, par
approximations successives. Cf. Weber, M. (1971). Economie et société. Paris :
Plon. p.8. L’approche compréhensive trouve sa pertinence lorsque nous avons
affaire au vivant qu’il soit végétal, animal ou humain. Dans le cas contraire, le
sujet se trouve mutilé et vidé de sens .On ne démonte une grenouille comme on
démonte un vélo ou un scooter ou encore un Airbus ! Réfléchissons, La vie
d’Eugène, auteur d’écrits dans cet ouvrage n’est pas la vie d’Eugène. La vie d’un
auteur n’est pas la vie de la personne .Cf. Valéry, P. (1894/1957). Introduction à
la méthode de Léonard de Vinci. Paris : Gallimard. p. 113.
12 Pour le quidam ordinaire, vous ou moi, lire la nuit se conçoit tout à fait lorsque
l’insomnie s’installe. Mais écrire la nuit : quelle idée ? pour celui qui ne s’y est
jamais essayé ! et de plus n’y aurait-il rien de mieux à faire ? Laissons ces
questions à ceux qui se les posent par rapport à autrui invitons les, à se questionner
sur leur propre rapport à l’écrit ! Cf. Tabary, Ph. (1999). Vues de vies. Paris : éd.
Nanga. p. 305-309.
13 Nous savons peu de choses sur les activités nocturnes d’Eugène. Ses proches
rapportent qu’il dormait peu, qu’il lisait, écrivait, mais, écrivait-il la nuit ? Hormis
les activités obligées, la nuit laisse dans l’obscurité tout autre chose, d’ailleurs fort
peu étudiée. Selon le discours commun (doxa), elle est faite pour dormir. Or, nous
vivons 24 heures sur 24. Cf. Pineau, G. (1986). Temps et contretemps en formation
permanente. Paris : éd. Universitaires. p. 111-128. La nuit y apparait comme
temps de sommeil mais aussi temps à soi, à son imaginaire, à son imagination.
Pendant la nuit, la formation continue à son œuvre. Cf. Honoré, B. (1992).
L’œuvre de formation. Paris : L’Harmattan. Voir également, Lesourd, F. La
chrono-formation et l’expérience de la nuit. Dans Bachelard, D. et Pineau, G.
(2009). Le biographique, la réflexivité et les temporalités. Paris : L’Harmattan. p.
127-137. Un exemple de l’accompagnement de nouveaux infirmiers en service de
nuit illustre de façon saisissante les références citées plus haut. Cf. Lapotre, S.
L’accompagnement au clair de lune. Dans Demol, J-N et Guillaumin, C. (2014).
Former et prendre soin. Paris : L’harmattan. p. 35-53.
14 Le terme paysan, quelque péjoratif, pour ceux qui ne dépassent leurs stéréotypes,
se distingue de celui d’agriculteur d’un point de vue sociologique. Cf. Boudon, R.
et alii (2018). Dictionnaire de sociologie. Paris : Larousse. p. 313-315. Egalement,
Mendras, H. (1976). Sociétés paysannes. Paris : Armand Colin ; Alary, E. (2016).
L’Histoire des paysans français. Paris : éd. Perrin ; Malassis, L. (2001). La longue
marche des paysans français. Paris : Fayard ; Pierrard, P. (1976). La vie
ème quotidienne dans Nord au XX siècle Artois-Flandre-Hainaut-Picardie. Paris :
21
Hachette. Gaviaud-Fontaine, G. (1996). La révolution rurale dans la France
e e contemporaine XVIII -XX siècle. Paris : L’Harmattan.
15 Une des questions est de savoir ce que recouvre l’expression contexte spécifique
et en quoi est- il spécifique. Nous sommes alors face à un entrelacs de sociologie
rurale, de politiques agricoles nationales et européennes, de révolutions agricoles,
de transformations des modes de travail et de vie au quotidien etc. Et, La terre
toujours recommencée comme l’écrit Ph. Tabary. (2010). Paris : Le cherche midi.
Les tensions sont à l’œuvre comme : du local au global, des regrets aux progrès,
des souvenirs et des devenirs, des défis et des dépits, des temps et des gens, etc.
Cf. Tabary, Ph. 1999/2000). Villerville : éd. Nanga. Le lecteur avide de
comprendre la vie et les complexités du milieu agricole et rural du temps d’Eugène
(1925-2015) trouvera chez l’auteur originaire de l’Avesnois, journaliste à la
commission européenne et profondément attaché aux valeurs agricoles et rurales,
des textes frappants de ressemblance avec le contexte de vie d’Eugène ; et le tout
avec un pointe d’humour finement aiguisée.
16 La méthode biographique offre la possibilité de lire une société à travers une
histoire de vie. Cf. Jobert, G. (1983). Les histoires de vie : entre la recherche et la
° formation. Dans Education Permanente. N 72-73, p. 5-14. Voici ce que cet
ouvrage ouvre comme recherche à partir de l’exemple d’Eugène.
17 Situons le contexte. La pensée, les enseignements au Moyen-Age demeurent de
l’affaire de l’Eglise et les dogmes, par définition ne se discutent pas. Dans les
premières universités (la Sorbonne est fondée en 1257) les enseignements ont lieu
à partir des écrits grecs ou latins. La tradition s’impose y compris en sciences. La
logique aristotélicienne binaire (vrai-faux, blanc-noir. etc.) s’impose. La théologie
e et la philosophie se mêlent étroitement. Les propositions de Descartes au 17
arrivent à point nommé. Résumons trop brièvement : faire table rase de ce que j’ai
appris, avoir une perception claire des évidences, me défaire des opinions toutes
faites, suivre des conseils pratiques : ceux de la méthode. Cf. Descartes, R.
(1637/2016). Discours de la méthode. Paris : Flammarion. Les critiques à la
méthode cartésienne furent et demeurent aussi vives que bien fondées : Pascal,
Leibniz, Vico, Valéry, etc. Autrement, mais dans une logique proche, A. Comte
développe le courant positiviste. Pour faire trop bref, Comte a l’ambition de
réorganiser les sciences, d’où les sciences étant seules source de progrès,
d’évolution positive et d’où le positivisme comme philosophie. Celle-ci se donne
pour objectifs d’établir une physique sociale, de construire des lois générales en
vue de prédire des faits et des comportements, de classer toutes les connaissances
à enseigner. Voici pour l’essentiel. Cf. Comte, A. (1849/1949). Cours de
philosophie positiviste. Paris : Garnier. t1 et t2. Ce qui préfigure comme avancée
ne tient pas dans la durée. La confusion entre l’inerte et le vivant, le dictat du
pluriel sur le singulier et d’une science définitivement close creuseront la tombe
de ces théories mortifères pour le vivant et toutes tentatives heuristiques.
18 e Au début du 20 siècle se concentrent nombre de travaux en matière de physique :
physique quantique (Planck), principe d’indétermination (Heisenberg), union de
l’onde et de la particule (Bohr), etc. Suivront de très près les travaux de
philosophes comme Bachelard, Popper, Kuhn, Lupasco, Prigogine, etc. et de
Piaget en psychologie. Ainsi, un nouveau paradigme, le constructivisme s’érige
22
progressivement comme façon pertinente de voir, lire, le monde en évolution et
les phénomènes vivants proches ou lointains. L’avancée est majeure parce que ces
propositions affectent certes le domaine de la pensée et surtout de l’agir, du faire.
Cf. Bachelard, G. (1934/2003). Le Nouvel Esprit Scientifique. Paris : Puf. ;
Bachelard, G. (1940/1983). La philosophie du non. Paris : Puf. Bachelard, G.
(1938/1936). La formation de l’esprit scientifique. Paris : Vrin. ; Bohr, N.
(1958/1991). Physique atomique et connaissance humaine. Paris : Gallimard. ;
Kuhn, T. (1983). La structure des révolutions scientifiques. Paris : Flammarion. ;
Popper, K. (1984). L’univers irrésolu. Plaidoyer pour l’indéterminisme. Paris :
Hermann. ; Prigogine, I. (1996). La fin des certitudes. Paris : O. Jacob.
19 Le Maître ou L’instituteur de l’école primaire descend directement des hussards
de la République. Dans les villages, il assure très souvent le secrétariat de mairie,
fonction qui lui permet de connaître les administrés. Socialement, il représente le
savoir. Il partage ce privilège avec le curé du village sans que ce dit savoir soit de
même nature et pas plus pour le reste ! Il officie à l’école des garçons et la
maîtresse à l’école des filles. Il est chargé de l’instruction des enfants et de
l’enseignement des valeurs républicaines. Il applique une pédagogie
traditionnelle : cours, exercice et devoir (contrôle) héritée des maîtres égyptiens
3000 ans av. JC. Autorité, savoir, mémoire, punition, récompense (bon point)
respect, silence dans les rangs, citoyenneté, civilité et discipline sont
principalement des maîtres mots de sa posture et de son métier. Pas sûr qu’Eugène
et ses camarades adhèrent dans leur jeunesse à ces références ! La discipline a une
double fonction : discipline dans la classe et apprentissage à discipliner son esprit
selon Buisson, F. (1911). Nouveau dictionnaire de pédagogie et d’instruction
primaire. Paris : Hachette. p. 487-489. Cf. également, Vandendriessche, L. (2000).
Qui étiez-vous, hussards ? destins d’instituteurs et d’institutrices du Pas-de-Calais.
Abbeville : Paillart, éd.
20 La JAC, Jeunesse Agricole Catholique s’inscrit dans le courant d’éducation
e populaire de la fin du 19 siècle et plus précisément dans la mouvance du
christianisme social et de l’action catholique des mouvements de jeunes. Cf.
Ducomte, J-M. et alii (2013). Anthologie de L’éducation populaire. Toulouse :
Privat. p. 143-171. Parallèlement, se développe tout un mouvement d’inspiration
laïc. Outre l’aspect religieux, la JAC se donne des missions de transformation
sociale, d’émancipation et de socialisation des jeunes. Cf. Cordelier, S. (2008).
JAC-F, MRJC et transformation sociale. Paris : doc. Polycopié, MRJC. 94, p. ;
JAC et modernisation de l’agriculture de l’ouest. (1980). Rennes : INRA. Pour
faire court, l’offre de la JAC correspond aux attentes de jeunes ruraux : rencontres,
confrontations, réflexions sur des thèmes de la vie, valorisation et reconnaissance
de chacun, encouragement à la responsabilité professionnelle et sociale, etc.
Nombre de responsables agricoles ou non seront des anciens de la JAC. Eugène
était de ceux-là.
21 Eugène lisait. Parmi ses ouvrages, un recueil lui a servi de guide précieux, de livre
de chevet. Edité par la JAC en clandestinité (1942) nous avons entre les mains un
précieux document. Il se résume en quatre parties. La première fournit des conseils
pour la méthodologie de travail intellectuel. La deuxième oriente le lecteur vers le
développement de sa culture, La troisième jalonne la route de repères spatio-
23
temporels et scientifiques enfin la quatrième (très brève) invite à l’engagement
chrétien et social. Cf. Gaudillière, M. (1942/1945). Eléments d’une culture
paysanne. Paris : JAC. Coll. Semailles. J’exprime ici la valeur de ce document
pour qui souhaite se former au-delà de l’école. Je m’interroge à propos du bien-
e fondé de l’ajout du qualificatif intellectuel accolé à culture dans la 2 édition
comme si les paysans étaient amputés d’intellect ! Enfin, l’absence de références
et le tutoiement du lecteur font pour moi, de l’auteur un mentor (adulte à respecter,
à aimer, etc.). Quid de l’autonomie et de l’éthique de l’accompagnement ? Cf.
o Paul, M. (2202). L’accompagnement : une nébuleuse. Education Permanente, n
153, p. 43-55. Quid de l’accompagnement autonomisant ? Quid de l’emprise ? Cf.
e Pagès, M. (1979). L’emprise de l’organisation. Paris : Puf. 2 partie, l’emprise
idéologique, p. 79-104. Terminons ce point en invitant la consultation,
l’appropriation des conseils à ceux qui étudient et à ceux qui écrivent (et pas
qu’eux) d’un ouvrage majeur quasi introuvable (dommage !), cf. Guitton, J.
(1951/1986). Le travail intellectuel. Paris : Aubier.
22 Eugène était un autodidacte. Il appartient, comme d’autres dans son cas à
l’autodidaxie, de auto (soi) et de didaktikos (j’enseigne). Il s’est auto enseigné
après ses études primaires. L’autodidaxie n’est pas une philosophie ni une
idéologie. Nul besoin d’y adhérer. Elle relève d’une pratique de formation hors les
murs, hors formation instituée. Voici de quoi troubler les cadres de pensée. Ils (les
autodidactes) n’ont que le Certificat d’Etudes Primaires (CEP) et ils font une
carrière hors du commun en politique, en entreprises et même à l’Université. Ce
sont des faits et ils ne sont pas rares. Avides de savoirs, curieux, ouverts à la pensée
des autres, volontaires pour écrire la leur et courageux, ils continuent à s’instruire,
à se former. Les pratiques sont anciennes. L’archétype de l’autodidacte demeure
J-J Rousseau qui pendant une dizaine d’années, alors jeune adulte s’est nourri des
ouvrages de la bibliothèque de Mme de Varens. Les autodidactes compagnons au
e e 19 siècle furent nombreux et ils laissent de très beaux textes. En ce début du 21
siècle, avec la prolongation des études, l’accès à l’information via internet et les
possibilités de formation continue, les autodidactes existent toujours. Les
pratiques changent, l’autoformation demeure. A propos d’autodidaxie, cf.
Cacérès, B. (1967). Les autodidactes. Paris : Seuil. ; Le Meur, G. (1996).
Autodidaxie. Nantes : Cultures et techniques. ; Pineau, G. (1986). Temps et contre
temps en formation permanente. Paris : éd. Universitaires. p. 121-156. ; Marion,
S. (1996). L’école de la vie ou la France autodidacte. Paris : Lattès. ; Le Meur, G.
(1998). Les nouveaux autodidactes. Lyon : Chronique Sociale. Demol, J-N. (dir.)
(2003). Didactique et transdisciplinarité. Paris : L’Harmattan. p. 8-12. ; Bonnet,
Ph. (2012). Soif d’idéal. Paris : Duval. ; Bezille, H. (2003). L’autodidacte. Paris :
L’Harmattan.
23 Il y eut à propos du titre de l’ouvrage un vrai débat constructif entre deux
versions : une vie bien remplie et la vie pleine. La première renvoie à une
expression courante du bien rempli sans plus de précision et surtout elle est sujette
à de multiples représentations. Elle correspond à un état. D’ailleurs, que signifie
bien ? bien par rapport à quoi ? et puis remplie, remplie comment ? remplie de
quoi ? La seconde se réfère aux travaux de C. Rogers. La vie pleine relève d’un
processus, d’une dynamique vers l’expérience. La personne s’ouvre à ses
24
sentiments et devient plus libre à vivre ses expériences, à s’investir. Cette
expression correspond à un processus, processus de vie, comme le fut celui
d’Eugène. Cf. Rogers, C. (1942/1970). La relation d’aide et la psychothérapie.
Paris : ESF. ; Rogers, C. et Kinget, G. (1962). Psychothérapie et relations
humaines. Louvain : publications Universitaires et Paris : Béatrice-Nauvwelaerts.
24 Etre congruent, selon Rogers correspond à établir un équilibre quasi parfait entre
sa conscience et son vécu. La congruence avec l’authenticité et l’acception
inconditionnelle de l’autre constituent les ancrages majeurs et nécessaires à la
posture d’accompagnement. Cf. Rogers, C. (1968/1998). Le développement de la
personne. Paris : Dunod.
25