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Itinéraire d'une bibliothécaire

De
284 pages
Cet entretien biographique entre deux amies permet de parcourir le chemin professionnel d'une bibliothécaire, depuis la responsabilité d'une petite bibliothèque de banlieue jusqu'à la rénovation de "la plus grande", en passant par la vulgarisation de fonds scientifiques. Au fur et à mesure du récit de vie, se déploie l'histoire des médias, depuis le livre jusqu'au document en ligne.
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Itinéraire d’une bibliothécaire
Histoire de Vie et Formation Collection dirigée par Gaston Pineau avec la collaboration de Bernadette Courtois, Pierre Dominicé, Guy Jobert, Catherine Schmutz-Brun, André Vidricaire et Guy de Villers Cette collection vise à construire une nouvelle anthropologie de la formation, en s'ouvrant aux productions qui cherchent à articuler "histoire de vie" et "formation". Elle comporte deux volets correspondant aux deux versants, diurne et nocturne, du trajet anthropologique. Le voletFormation s'ouvre aux chercheurs sur la formation s'inspirant des nouvelles anthropologiespour comprendrel'inédit des histoires de vie. Le voletHistoire de vie, plus narratif, reflète l'expression directe des acteurs sociaux aux prises avec la vie courante à mettre en forme et en sens. Dernières parutions Volet :Histoire de vie LAURE A.,L’esprit de combat. Lutte contre l’hépatite C, 2011. M. CAMEY,Chirurgien de l’impossible. 54 ans à l’Association française d’urologie,2011. P. GALVANI, Y. de CHAMPLAIN, D. NOLIN, G. DUBÉ (coord.),Moments de formation et mise en sens de soi, 2011. Jean FERREUX,Prise de ris[que]. Pamphlet autobiographique, 2011.Julie DOLLÉ,Vaincue, parfois… Résignée, jamais !, 2011.Jacques SERIZEL, Armelle ROUDAIRE,:André de Peretti rencontres et compagnonnages franco-marocains. Entretien avec Gaston Pineau,2011. Yves NIGER,La roue du hamster, 2010. Jean-Pierre WEYLAND,L’imparfait du subjectif, 2010. SAPHIRA X,Mémoires d’une fille paumée, 2010. Anne-Marie PIFFAUT,Les secrets de Lina, Persévérance,2010. Maurice ANDRE,Récit de vie d'un marin, 2010. Maryvonne CAILLAUX,Comme des orpailleurs. De la misère à la pauvreté, les relations comme chemins de libération, 2010. Martine LANI-BAYLE et Marie-Anne MALLET (dir.), Evénements et formation de la personne, Tome 3, 2010.
Catherine PETIT Martine BOSSHARDT Itinéraire d’une bibliothécaire
Préambule de Gérard Mordillat Préface d’Edith Chabot
L’HARMATTAN
© L'HARMATTAN, 2012 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-96200-2 EAN : 9782296962002
A toutes celles et ceux qui ont partagé ce chemin en
espérant qu’ils s’y reconnaîtront, A tous les bibliothécaires présents et à venir. Nous tenons à remercier Annie Bur pour sa relecture et ses précieux conseils.
Préambule Catherine Petit I presume ? Il y a des aventuriers qui courent aux quatre coins de la planète - et trouver les coins d’une sphère est une aventure en soi - et d’autres qui préfèrent rester dans leur coin, laissant la planète venir à eux avec ses creux et ses bosses, faute de coins… Prenons Catherine Petit, par exemple qui est à la fois exploratrice et aventurière puisqu’elle est bibliothécaire. Sa rencontre avec Martine Bosshardt pourrait bien un jour faire de l’ombre à celle de Stanley et de Livingstone, un « Catherine Petit I presume ? » remisant au grenier des mémoires le célèbreLivingstone I presume « Dr ? ».une chercheuse à la Quand quête de récits de vie, spécialement de vie de femmes dans leurs métiers rencontre une bibliothécaire tout juste à la retraite, qu’est-ce qu’elles se racontent ? Des histoires de bibliothèques. Catherine Petit en connaîtra sept au fil de sa carrière, sept comme le chiffre même de la création ; et c’est dans cette jungle que Martine Bosshardt nous conduit, ouvrant la route à grands coups de questions comme d’autres le font à la machette. La vie d’une bibliothécaire, et celle de Catherine Petit en particulier, peut se comparer à l’accomplissement d’un rite initiatique tant l’univers des bibliothèques est codé et ritualisé. Pour y entrer, quand on débute, il faut adopter le costume de la tribu : la jupe droite, le chignon et les chaussures plates ; pas question d’excentricités ni de pantalon ni – horreur ! – de fréquenter les hommes des réserves, ces monstres lubriques des sous-sols. A ce moment là on est « sous-bibs » (sous-bibliothécaires) c’est-à-dire pas grand chose, une fantassin des travées, au front pour repousser l’attaque des champignons, à l’infirmerie pour désinfecter les livres, à la buanderie pour les passer à l’étuve. Le sous-bib est un toubib des livres sans en avoir le titre. Par ailleurs il faut sacrifier chaque jour à la cérémonie de la fiche cartonnée. Une fiche (dix, vingt, cent fiches !) qu’il faut scrupuleusement remplir du nom de l’ouvrage, de l’auteur, de l’éditeur avant que la conservatrice donne sonimprimaturque les et secrétaires se mettent à la machine. Les fiches dûment 9
dactylographiées seront aussitôt rangées dans de grands tiroirs qui, il faut s’en souvenir, sont si bien cirés qu’ils luisent « comme des ostensoirs ». Conservatrices, bibliothécaires, sous-bibs, secrétaires et dactylos, toutes (et tous si l’on compte les ombres masculines qui hantent les locaux) révèrent et célèbrent un seul dieu : le dieu Catalogue, à propos duquel on pourrait aisément paraphraser le Notre Père voire le grand air du Don Juan de Mozart. Une bibliothèque n’existe pas sans son catalogue. Sans catalogue la bibliothèque est comme le fameux couteau sans manche auquel il manque une lame de Lichtenberg. Vénérer le catalogue, le répertoire, le classement, les fiches, cela ne fait pas une vie, surtout pour Catherine Petit, hispanisante, révoltée permanente, femme de gauche, bouleversée comme tous ceux de sa génération par la mort de Salvador Allende, le seul homme politique dont on peut encore aujourd’hui pleurer la mort. Alors, sitôt titularisée elle se lance dans un projet qui est à la fois un symbole et une métaphore de ce que sera son aventure, la création d’une bibliothèque « La Cité des poètes ». Tout est dit, tout est là : la bibliothèque, la cité, les poètes… Pour Catherine Petit une bibliothèque n’est ni un garage à livres ni un mouroir à mots, c’est un outil, voire une arme. En tout cas un instrument qui doit lui permettre de mettre en actes son analyse économique et politique du monde. Se battre pour la lecture, c’est se battre pour la liberté et sans livres il ne saurait y avoir de liberté de pensée. Renonçant aux aventures exotiques en Amérique Latine ou à Cuba, la bibliothèque sera son champ de bataille, le lieu choisi pour y mener le combat de sa vie. Un combat que Catherine Petit engage dans la cité, c’est-à-dire au cœur même du quotidien d’hommes, de femmes, d’enfants si souvent ostracisés par leur origine, leur condition, leur habitat. Une population dont elle se sent totalement solidaire et partie prenante de ses espoirs, de ses luttes ; espoirs et luttes nourris de romans, d’essais mais aussi de disques, de CD et plus tard de DVD. Chaque livre lu est une victoire contre l’idéologie meurtrière qui professe que le capitalisme est le stade ultime de l’organisation humaine, que le marché c’est la démocratie et qu’il n’y a pas d’autre choix que de se taire et endurer. Lire, faire lire, apprendre à lire, voilà les armes de Catherine Petit. Ce ne sont pas des armes dérisoires. Il a souvent suffit d’un mot pour transformer le monde… Qui sont alors les poètes ?
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