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Je sais des histoires

De
380 pages

« C’était le temps où, tout enfant mon grand-père Ayglon empruntait les pavés dépolis de son village natal de la Haute Ardèche... »
Depuis ce chemin de Monselgues où jouait son aïeul dans les années 1895, l'auteur nous fait pleinement partager ses souvenirs d’enfant.
Il nous livre ses émotions, ses joies, ses peines et ses découvertes.
Un monde mystérieux où l’imaginaire se heurte parfois au monde difficile des adultes et où, pourtant, s’éveille la fleur d’une passion dévorante : les « toros ». Un feu intérieur, qui, après avoir été longtemps sous l’éteignoir, viendra se rallumer quarante ans plus tard...


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-72724-4

 

© Edilivre, 2014

Tu penses à quoi ?

Je pense à toi.

À tout ce que je sais de toi sans te connaître.

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Dédicace

 

 

À mes enfants :

Corinne, Sébastien, Thierry, Patrick,

Mélanie, Estelle.

Et à mes petits-enfants.

T’as de beaux yeux, tu sais. Regarde !

« Le Gard est un pays entre mer et montagne.

Entre chèvres et bious, vignes et châtaigniers.

Quand les barques du Grau reviennent au rivage,

le haut pays nous offre l’arbre à pain et le murier.

Alors que les razeteurs s’envolent dans l’arène,

au-dessus de l’Aigoual, bergers et fileurs de soie, peuplent la Cévennes.

Manadiers ou chevriers, ils sont des poètes aux souffles créateurs.

Leurs talents sont chargés de mille et une histoires.

Le Gard est un géant aux bras chargés d’histoire. »1

Nîmes en est le point de convergence.

Couronnée des sept collines qui la rattachent, avec ses célèbres monuments, à un glorieux et antique passé, la ville est fière du titre de « Nîmes, la Rome française ! »

La Maison Carrée, le Temple de Diane, la Porte Auguste, le Castellum, la Tour Magne et les Arènes se disputent une prédominance dont en réalité chaque monument jouit, dans sa complémentarité avec tous les autres.

Située à mi-chemin de la Camargue et des Cévennes, la ville est bercée du symbole mythologique du taureau, et imprégnée du double signe des chevaux et des taureaux de Camargue.

La ville est également en osmose avec les pratiques taurines venues d’au-delà des Pyrénées. Les courses mortelles des noirs Toros, venus principalement d’Andalousie, d’Estrémadure ou de Castille, imprègnent les habitants et s’ancrent dans les mœurs. À tel point que Nîmes deviendra pour plus d’un « la Madrid française » !

C’est dans ces circonstances que notre récit débute, à l’ombre des Arènes nîmoises. Sous le double signe de la Rome Antique et du Toro de combat espagnol.

Nous sommes au lendemain d’une guerre d’extermination.

À Nîmes aussi les tickets de rationnement perdurent et les blessures demeurent à vif ; l’épuration sévit, les immeubles détruits sont autant de plaies béantes.

En ce temps-là, la France pleure ses morts et ses disparus…

Il était une fois…

Le vendredi 30 août de 1946.

Au premier étage du numéro 2 de la rue Saint-Antoine à Nîmes.

Vers les vingt heures trente.

Au terme de neuf mois de grossesse. Et d’un été caniculaire venait au monde…


1. Les piliers du Midi de R. Leydet par Régine Pascal.

Le rêve de mon père

1946 à 1952 (de zéro à six ans)

Introduction
Cette année-là : 1946

Événements :

– de Gaulle : le général démissionne après une divergence avec l’Assemblée nationale. Un référendum donne raison au général. La IVRépublique est constituée.

– Indochine : les négociations ont échoué entre Ho Chi Min et le gouvernement français à la conférence de Fontainebleau. Le Viêt-Cong attaque et la riposte est terrible : un bombardement fait 6000 victimes. C’est le début de la guerre d’Indochine.

– Début de la guerre froide : Churchill fait part à Truman de ses inquiétudes concernant les visées expansionnistes de l’URSS et du communisme : « un rideau de fer sépare pour longtemps le socialisme du monde libre ».

– Albanie : après avoir été sous l’emprise de l’Italie pendant la guerre, l’Albanie redevient indépendante avec le communisme.

– Nuremberg : Les criminels de guerre nazis ont été jugés par le tribunal international de Nuremberg : 11 condamnations à mort sont décidées.

Carnet :

– John M. Keynes : mort de l’économiste britannique qui a marqué le siècle avec sa théorie de l’État providence qui servit de base à la relance des États-Unis après la crise de 1929.

– H. G. Wells : L’auteur de La guerre des mondes, La machine à explorer le temps et L’île du Docteur Moreau, disparaît. Il s’était imposé comme maître en science-fiction.

– CNPF : le Conseil National du Patronat Français remplace la Confédération Générale du Patronat Français, dont les membres ont été accusés de collaboration. Il représente les sociétés commerciales et industrielles auprès des pouvoirs publics et des syndicats.

– Maisons closes : sur l’initiative de Marthe Richard, ancienne résistante, un projet de loi est voté, interdisant les « maisons de tolérance » (qui sont au nombre de 2000 en 1946) ainsi que le racolage sur la voie publique.

– Renaud-Barrault : le comédien Jean-Louis Barrault fonde avec Madeleine Renaud une compagnie de théâtre hébergée au théâtre Marigny. Symbole du théâtre français pendant un demi-siècle Jean-Louis Barrault adopte, dans sa mise en scène, des principes audacieux de spectacle total.

– Les Temps modernes : Sartre, Merleau-Ponty, Simone de Beauvoir, Michel Leiris créent cette revue mensuelle ouverte au reportage, au témoignage, à la littérature et à la philosophie.

– Festival de Cannes : Retardé par la guerre, le premier festival international du film de Cannes a lieu le 20 septembre. Il est une référence dans la reconnaissance du cinéma français et étranger.

Cinéma :

– La Belle et la Bête : Jean Cocteau adapte le conte de Mme de Beaumont et suscite le triomphe général alors que la vogue est au réalisme. Jean Marais et la magie de la mise en scène, où l’esprit est tout pictural, sont les raisons du succès.

– Le grand sommeil : les spectateurs sont tenus en haleine par un rythme saccadé des tueurs sans pitié, une intrigue basée sur l’attirance de Humphrey Bogart pour Lauren Bacall. Howard Hawks donne ses lettres de noblesse au film noir.

Musique :

– La Mer : Charles Trenet enregistre cette célèbre chanson, inspiré par un voyage. 40 000 enregistrements ont été répertoriés. Ce tube deviendra mondial sous le titre « The Sea ».

– Les feuilles mortes : Jacques Prévert et Joseph Kosma composent cette chanson pour le film « Les Portes du Paradis ». Sa traduction en anglais la rendra mondialement célèbre.

– La vie en rose : Édith Piaf imagine « La vie en rose » avec l’aide de son pianiste Louis Gugliemi. C’est Marthe Michel, l’amie d’Édith Piaf, qui écrit. La chanson deviendra un succès international.

– Compagnons de la chanson : le groupe de Jean-Louis Jaubert s’impose grâce à Édith Piaf, sa nouvelle conquête. Ensemble ils enregistrent « Les Trois Cloches ».

– Petit Papa Noël : Tino Rossi crée cette chanson pour le film « Destins ». Lisette Jambel et André Dassary vont s’emparer de ce grand succès.

Livres :

– J’irai cracher sur vos tombes : Boris Vian, sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, devient célèbre dans ce pastiche de série noire qui suscite le scandale. Le thème (racisme, violence, sexe) ainsi que le ton, se distinguent de ceux de ses autres romans (L’écume des jours, L’arrache cœur).

Jacques Prévert est un poète très populaire qui participe au surréalisme, puis au groupe Octobre. Sa poésie exprime un anticonformisme social et esthétique, et sa créativité littéraire.

Chiffres :

– Mao : 40 % des terres sont redistribuées aux paysans grâce à une réforme agraire en Chine.

– Confort de l’habitat en France :

– 37 % des logements ont l’eau courante (13 % dans les campagnes),

– 6 % seulement sont équipés d’une douche ou d’une baignoire.

Regarde
Les larmes qui brillent comme
des émeraudes aux yeux des filles

J’aime bien Joseph, l’oncle de mon père, même si la placidité dont il fait preuve m’est totalement étrangère. Comment en irait-il autrement alors qu’un jour les plus beaux chants seront pour moi des chants de revendication ! Lorsque ceux-ci aboutissent, ils peuvent changer la face du monde et la vie des hommes.

Il en va ainsi de la conquête des congés payés. Aboutissement de bien des misères et de terribles luttes ouvrières.

En ce temps-là les papas profitent des douceurs de l’après-guerre. L’importance prise en France par le Parti Communiste n’y est pas étrangère. Même si le très lourd tribut payé par ceux-ci dans la Résistance ne s’est exprimé dans un engagement collectif qu’après la rupture par Hitler du pacte Germano-Soviétique… Mon devoir de mémoire se refuse à la sélectivité !

Les congés payés sont en application depuis le Front Populaire de 1936. C’est pourquoi le renouveau des congés est à jamais lié à la conquête de la Liberté. Une liberté obtenue après de longues luttes sur le grand patronat et la grande industrie (armement, sidérurgie, charbon, automobile, textile, industrie pharmaceutique…).

Mais la proximité de la guerre n’a pas permis d’en profiter bien longtemps. Et les conquêtes ouvrières sont bouleversées par la guerre de quarante. Une guerre qui permet aux « marchands de canons » de créer des empires financiers, dans le sang et la merde de la guerre. Car de la Ruhr à la France, par toute l’Europe, les Maîtres des Forges et de l’Argent huilent leurs bénéfices dans le sang de millions de morts innocents.

Il faut attendre la fin de la guerre pour que le gouvernement de Salut Public, mis en place par De Gaulle, réintroduise certains acquis sociaux.

Au rang des douceurs de cet immédiat après-guerre, figurent donc les congés payés !

Bonjour la vie ! Bonjour la joie !

Bonjour les départs à bicyclettes dans les petits matins frisquets !

Bonjour les jupes qui volent au vent, des rires et de la vitesse !

Bonjour aux corsages des filles qui s’égrènent dans les vallons.

Bonjour ivresse de la jeunesse qui, parce qu’elle aime la vie, aura toujours vingt ans !

Qui te dira assez ce que représentent les pique-niques d’antan ? Une folie !

Le pique-nique, c’est d’abord le bon gros pain de campagne, empli de « l’âme du boulanger ». Un pain que tu as roulé dans un torchon afin qu’il ne sèche pas. Ce bon pain sur lequel tu traces religieusement le signe de la croix. Puis, à côté, il y a deux ou trois gousses d’ail, quelques radis, et une poignée d’olives.

– Des picholines bien sûr, eh ! Estranger !

Alors, nous n’avons pas besoin de nous charger des couverts. Seul le couteau, apanage du père de famille, sortira le moment venu de sa poche. Avec cérémonie il le dépliera, avec crainte nous verrons briller la lame. Comme si les avertissements du père « attention qu’elle coupe (!) » nous faisaient craindre que la lame nous saute à la figure.

Et le sauciflard !

– Que dis-je, le sauciflard ! Un bout du monde, oui ! Un vrai jésus !

Et tu es de la race des ignares si tu t’étonnes de nos traversées mouvementées des villages, et même à proximité de quelques fermes isolées. Avec les chiens qui nous poursuivent en meute.

Mais c’est l’odeur de notre pique-nique qu’ils poursuivent ces fadas ! Il est si extraordinaire ce saucisson que mon papa nous dit avoir toujours gagné à un jeu qu’il a lui-même inventé. Et du haut de mes cinq ans, je suis émerveillé !

Tu coupes une rondelle de saucisson, tu lui enlèves la peau, et tu les poses toutes les deux sur une même ligne, à une courte distance l’une de l’autre. Puis, tu places à quelques pas de là un beau matou, affamé par le manque des souris et des rats dont il a lui-même causé la disparition.

– Et alors ?

– Alors mes enfants, nous dit le père, je fais un pari que je gagne toujours ! Il est si bon ce saucisson que c’est toujours par la peau que le chat affamé commence son repas !

Mais hélas ! Je n’ai jamais pu reproduire ce pari avec mes propres enfants… Où sont les délectables boyaux qui enrobaient les saucissons d’alors ? Depuis bien longtemps ils ont été remplacés par d’incomestibles parois synthétiques !

Tout à côté du saucisson se trouve le fromage. Et l’on se demande encore si son odeur ne fait pas la nique au cochon, et parfois ameute, elle aussi, les clébards. « Quelle compagnie, collègues ! » Chez nous le roquefort du pauvre s’appelle plus modestement le bleu.

À moins que ça ne soit l’odeur de celui qui « marche tout seul » et qui souvent s’expatrie au fond du cageot tellement il coule. Bienfait des cahots de la route et de la chaleur confondus sur le camembert.

Au rang des fromages il y a le roi de nos Cévennes, le pélardon ! Ce fromage qui au goût de mon papa n’est jamais trop sec. L’odeur qui se dégage est telle que les mouches téméraires qui s’approchent chutent en plein vol. C’est assez dire, avec modestie bien sûr, les mérites du Pélardon.

Si tu n’as jamais eu ton appétit décuplé, ta goûtance exacerbée, par les cris de ta mère et ses :

– Quelle horreur, Émile !

Alors, arrête, tu ne mérites pas d’être de ce pique-nique !

Car enfin, dans le cageot fixé au porte-bagages par des élastiques, sous le drap tapis-nappe qui le protège des coups de chaleur, il y a le saint des saints.

Le litron, le canon, le pinard, le gros rouge qui tache.

– Nous avons ce bon vin des Costières de Nîmes, qui « à côté de la piquette de ton pays »…

– Et puis, té vaî, il est tellement bon ce pinard que s’il nous fait pas chanter, c’est la Sainte Vierge qu’il fera pleurer !

Aussi, sans plus attendre, d’un même élan, nous mettons pied à terre et nous rangeons nos bicyclettes contre la haie voisine.

À l’ombre des châtaigniers, à deux pas du frais ruisseau, nous écartons les bogues. Sur le sol nous étendons le drap qui nous servira de table.

– Et ne t’avise pas à marcher dessus ! On a de l’éducation dans notre famille !

Pour ne pas faire injure à Bacchus, on va rafraîchir le litron de rouge, calé entre deux pierres dans le ruisseau, où l’on pénètre les pieds nus. Et c’est alors un bien-être immense.

Un bien être tout à la fois décuplé par la fatigue et le soleil, l’eau glacée et les pieds dénudés, l’équilibre instable des galets et les promesses d’une sieste bien méritée.

Tu apprendras toi aussi à connaître les délices des pique-niques à bicyclette et ceux, plus secrets, des siestes champêtres. Tout cela participe du rire !

Un grand rire, un immense, magnifique, inépuisable, intarissable et inénarrable rire.

Le rire des enfants que nous ne cessons d’être, lorsque son souvenir surgit du désert brûlant où il demeurait enfoui. Et ce rire jaillit des profondeurs de la terre avec une formidable puissance. Une force qui brûle les poitrines et poignarde les ventres.

Avant de nous arracher, comme pour l’en remercier, des larmes de joie.

Car vois-tu, je sais bien que ces fous rires, ces pique-niques, ces sorties… je sais bien que tous ces souvenirs sont là, afin de donner du sens à nos larmes… Secrètes celles-là.

Mais ces merveilleux souvenirs d’après-guerre participent à ceux, déjà proches, que nous allons engranger.

Lors de nos vacances à Chasseradès.

Chasseradès !

Voilà bien un souvenir qui aux oreilles de notre famille éveille les échos endormis des jolis mois d’été. À l’ombre des grands sapins, tout au long des prés verdoyants ou au creux des ruisseaux qui paresseusement les serpentent.

Pour aller à Chasseradès je dois d’entrée te prévenir qu’il faut le mériter !

Tout d’abord tu dois savoir qu’en ce temps-là règne sans partage le TPV (!) à vapeur. Et ce n’est pas peu dire que les trains à vapeur vont à Très Petite Vitesse ! Le Nîmes-Paris, par le Massif Central, n’échappe pas à la règle.

Dans sa partie méridionale, la ligne dessert les villes d’Alès et de La Grand Combe dès 1841, afin de répondre aux besoins croissants des mines de charbon. Mais il faudra attendre un quart de siècle pour que ce tronçon soit relié à Clermont Ferrand.

Il ne faut pas moins de deux puissantes locomotives, attelées l’une à l’autre, pour venir à bout des plus fortes pentes. Des pentes si fortes que les deux locos vont arriver exténuées, haletantes et poussives. À te faire regretter de les avoir peut-être surnommées des monstres d’acier.

À la gare de départ, la forte odeur des quais noircis par la fumée te met déjà dans l’ambiance.

Et puis à la vapeur s’ajoute la fumée, et à la fumée la suie du charbon. Le charbon qui fait bouillir l’eau de la chaudière, qui fait tourner le piston, et avancer la machine… Exactement comme dans une centrale nucléaire, si tu remplaces simplement le charbon par de l’atome !

Toujours est-il qu’arrivés au terminus nous serons noirs comme des charbonniers que leur propre mère ne reconnaîtrait pas.

Le sifflet du Chef de Gare tu te l’apprends par cœur, tellement il y a des gares, et dans chacune, un nouveau Chef. Et l’on s’arrête à toutes, même que parfois, là où l’on s’arrête, il n’y a pas de village (sic). C’est te dire !

Non…, rien…, personne n’habite là…, mais il y a une gare et un chef, alors on s’arrête !

Il fait soif et il fait faim. Il ferait même sommeil si seulement mon estomac…

Si seulement mon estomac… et mon ventre, ne rendaient l’âme. Mais hélas…, et pas seulement dans la cuvette dont nous sommes équipés pour chaque trajet. Une cuvette qui nous préserve des salissures mais sûrement pas des odeurs aigres et…

Bon, j’arrête, car je suis sûr que tu t’es remémoré des souvenirs et que tu partages… mon aigreur !

Et ces impraticables toilettes, avec leur cuvette de wc au fond de laquelle tu vois défiler à toute vitesse les traverses de bois et le ballast. Au risque de tomber !

Et je préfère ne pas te parler des innombrables tunnels qui te permettent de passer sous toutes les montagnes ! Et il y en a tellement des montagnes, et il y en a tellement des tunnels, que le plus souvent il fait tout noir.

Dans l’intervalle il faut se précipiter pour ouvrir les fenêtres tant la chaleur nous fait suffoquer ! Mais prends garde à toi si tu n’as pas refermé à temps les fenêtres ! Car la fumée, la suie et les escarbilles pénètrent alors dans tout le wagon.

Tu les subis dans les yeux, le nez, la gorge, les corsages, et tu les retrouves même dans les petites culottes ! Mais il fait si chaud qu’au sortir du tunnel, dès qu’il fait jour, chacun se précipite pour les rouvrir.

Des fenêtres qui nous préservent de la suffocante fumée et qui, ouvertes, laissent circuler l’air chargé de la chaleur étouffante qu’amplifient les rayons du soleil sur les tôles à nu !

Cela ne s’arrête jamais et il faut des heures et des heures avant que la voix du Chef de Gare fasse retentir l’annonce salvatrice :

– La Bastide ! La Bastide ! Trois minutes d’arrêt ! Les voyageurs à destination de Mende restent du même côté de la voie afin de prendre leur correspondance !

C’est le point culminant de la ligne, 1025 mètres d’altitude, tout à côté de la gare.

Qu’elle est jolie la petite micheline rouge et jaune. Initialement les roues sont équipées de pneus spéciaux, mis au point par la société Michelin, d’où son nom. Elle est si reconnaissable, avec son klaxon et tous les voyageurs qui sont réunis à l’intérieur, en l’absence de compartiments ! Après les grosses locomotives que nous venons de quitter, les panaches gris bleutés de son moteur diesel nous sont bien sympathiques.

Deux ou trois arrêts encore, et nous sentons bien que l’air n’est plus le même. Et puis nous arrivons à notre terminus. Abrutis de bruit et de fatigue, assoiffés et affamés, nous descendons, incrédules, stupéfaits d’avoir enfin atteint la Terre Promise, notre Nirvana : Chasseradès !

Le paysan qui loue le logement est là ! Il n’a pas pris de retard pour remplacer son juteux marché noir, d’une guerre dont il n’aura retiré que des bénéfices. En l’absence de maquis, il n’aura même pas été approché par la Résistance. Un bienfait, car les maquisards auraient pu réquisitionner ses provisions !

Nous sommes en 1948 et c’est par la location estivale de deux logements qu’il supplée aux pertes de revenus des temps de guerre. Le cher, très cher, homme ! Il a intérêt de savoir compter, autrement que ses seuls bénéfices. Car un jour assurément il lui faudra rendre bien d’autres comptes… Ici-bas, ou ailleurs !

Mais il ne reste plus qu’à hisser les valises et les malles, les femmes et les enfants.

Le propriétaire des lieux lâche un juron. Armé d’un long bâton il pique les fesses de ses bestiaux. En avant ! Mon Dieu, qu’il est reposant de se déplacer… en char à bœufs !

Nous remontons de la gare vers le village que nous longeons par la droite. À sa lisière, les prés forment comme une longue robe ouvragée de milliers de fleurs multicolores. Nous longeons quelques murets de pierres sèches, sans fils de fer barbelés le long des prés et des enclos.

Aucune interruption visuelle et matérielle en ce temps où les prés et les bois ne sont pas clôturés. De quelle utilité seraient les clôtures, alors que les troupeaux de vaches sont gardés à peu de frais par de jeunes enfants.

Les orphelins, ou les catalogués délinquants, sont confiés par la DASS, moyennant finances, toujours les sous (!), à des gavots qui les utilisent parfois sans vergogne, puisqu’ils n’en ont pas. À moins que le troupeau puisse être gardé par un ancien ou une ancienne de la famille. Mais alors le gamin risque fort d’être employé à des tâches autrement plus rudes.

Arrivés à la ferme nous entrons dans la grande pièce commune.

Le choc !

La fraîcheur du lieu, son obscurité et la forte odeur d’étable, saisissent le visiteur. C’est que tout à côté de la pièce commune et de la souillarde se trouve l’étable, séparée par une mauvaise porte de bois.

Je suis subjugué par des rubans rouge et noir qui descendent du plafond. Quelle surprise de découvrir que ces rubans sont couverts de glu rouge sur laquelle s’agglutinent des milliers de mouches !

Une immense cuisinière à bois assure la cuisson des aliments, et le chauffage les trois quarts de l’année. La rusticité des lieux est patente. Une massive et très longue table, avec ses bancs de bois, un buffet, une malle.

Et la monumentale cheminée, avec sous son manteau, côté droit du foyer, un banc de pierre pour deux personnes. Ainsi nous est rappelée la rigueur des hivers.

Mais la patronne fait déguerpir la volaille qui est occupée à débarrasser la table des brisures de pain du petit déjeuner… Les gallinacées caquettent leurs protestations avec une véhémence qui dit bien les habitudes prises en ce lieu.

Les chiens viennent renifler mes jambes et s’y coller, dans l’espoir d’un improbable déjeuner ?

Nous nous asseyons, le temps d’avaler en grimaçant la lampée de limonade tiède qui accompagne le maigre biscuit, choisi parmi ceux qui ne sont pas moisis… Une seule chose nous importe : payer le séjour, prendre les clés et nous installer ! L’important est de déguerpir de cet endroit inhospitalier !

C’est ce que nous faisons, trop heureux de quitter ce lieu et ces gens qui nous sont par trop étrangers.

Durant l’été papa nous rejoint pour y passer les deux semaines de ses congés annuels. Ce sont des séjours durant lesquels il troque les pastis et les parties de belotes pour la pêche à la truite et les canons de rouge. Une passion que cette pêche qu’il pratique des heures durant. Il s’adonne également à l’escalade, aux longues marches et aux siestes.

Ces congés sont pour lui un vrai bonheur, alors il chante ! C’est incroyable, mon papa chante ! Il a une très belle voix de baryton qui lui valut d’être durant des années de la chorale de son lycée.

Il est heureux et toute la famille participe à son bonheur. Maman bien évidemment est radieuse, au souvenir de cette chanson du temps pas si lointain de leur jeunesse. À la promesse peut-être d’une sieste amoureuse. Comme aux plus beaux jours de leur amour, en un code secret connu d’eux seuls ! Cette chanson que nous nommions :

La chanson d’Auguste

Quand j’ai glissé à votre doigt,

L’anneau scellant notre promesse

Vous frémissiez d’un doux émoi,

Mon cœur était plein d’allégresse.

Nous sommes unis à jamais,

Par un lien que rien ne brise.

Et tout heureux je pensais

En sortant de la vieille église,

L’un près de l’autre nous irons dans l’existence,

Dans le Bon Dieu nous placerons notre expérience,

Vos chagrins seront mes chagrins,

Et mes bonheurs seront les vôtres.

Si la chanson te paraît un rien ridicule, garde là en mémoire lorsque je te conterais mon attitude envers ma grand’mère Ayglon. Tu réaliseras alors que l’essentiel est au cœur des sentiments.

Que c’est beau un papa lorsqu’il est heureux !

Regarde
Les portes de la vie refermées
par hasard

Mon grand-père Michel est né le dimanche 28 avril 1889, dans la toute récente commune de La Vernarède. Au pied du col de Portes, sur le versant de Chamborigaud. Une commune créée en 1875.

Il est le patriarche, fier, autoritaire, usant du fouet et de la punition publique envers son fils. Il est l’omnipotent chef de famille.

Il est un homme respecté. En ce début de siècle, son métier de mécanicien d’automobiles est considéré avec admiration. Et puis, il a le verbe rare de ceux qui ne parlent pas pour ne rien dire et de ce fait en impose !

Ma grand’mère a vu le jour le mardi 7 février 1893 à La Vernarède. Elle aussi est cévenole. Née Thérèse Lamat, elle est issue d’une famille qui exerce, de père en fils, le dur métier de mineur.

Très tôt elle s’occupe déjà de son frère de dix ans son cadet et de sa mère dont la santé est chancelante. Thérèse a déjà eu la douleur de perdre son frère Émile en 1918, en fin de guerre. Puis, le 5 avril 1920 Marie, sa sœur cadette… décède de maladie.

Ma grand’mère est âgée de vingt-six ans lorsque sa maman se suicide en se jetant dans le puits familial… Alors, Thérèse et Émile accueillent et élèvent le jeune frère, Joseph, alors âgé de seize ans.

Ils se sont mariés en 1914 à l’âge de vingt-cinq et vingt-et-un ans. Mais le bonheur des noces ne dure pas longtemps… La Grande Guerre de 1914-1918 éclate ! Il l’a fait de bout en bout et y perd Eli, son frère aîné.

Le bassin houiller des Cévennes était devenu l’un des principaux centres industriels Français et sa population passe de 8 000 à 24000 habitants entre 1845 et 1896. Mais ensuite la population stagne. Et surtout, la seconde moitié du XIXe siècle, est marquée par les catastrophes agricoles et celle déterminante qui frappe la sériciculture. Car l’âge d’or de la soie cévenole va prendre fin brutalement.

Des élevages entiers de vers sont dévastés par les maladies, la flacherie et surtout la pébrine. C’est la ruine dans les vallées cévenoles. Les chiffres sont éloquents : en 1850, la production de cocons s’élève jusqu’à 25 000 tonnes, tandis que quinze ans plus tard elle n’est plus que de 300 tonnes. La trouvaille de Pasteur pour sélectionner les graines saines ne suffira pas cependant à sortir les Cévennes de l’impasse

Avec la soie, la vie s’en est allée des vallées cévenoles. Ces désastres se traduisent par un fort exode rural vers les villes et le dépeuplement des Cévennes.

C’est ainsi que, dans les années trente, la famille Michel se fixe à Nîmes, y fait construire une maison et y ouvre un garage au rez de chaussée. De son côté Joseph y exerce le métier d’ébéniste.

Le couple de Thérèse et Émile ont une fille aînée, Solange, qui le moment venu travaillera comme secrétaire pour une association. Elle épouse plus tard « une pâte d’homme », l’oncle Henri, employé à la S.N.C.F. Ils auront deux enfants : Magali et Pierre.

Ils ont aussi un fils, de quatre ans plus jeune, Emile, mon papa, qui est né à La Vernarède, au cœur des Cévennes, le mardi 2 juillet 1918.

Il exercera la profession d’ouvrier mécanicien sur véhicules automobiles. C’est un métier qu’il a appris de son propre père, lui-même ajusteur pour les Mines de Houilles, puis mécanicien et enfin garagiste.

Dans un environnement en majorité protestant, la société cévenole est marquée par le climat qui y règne : dur, dépouillé et austère. Mon papa est largement à cette image, à celle de sa famille et des gens qui l’entourent : honnête, dur à la tâche, austère et réservé. Voire introverti. Des préalables de vie difficiles à endosser par un homme dont la sensibilité est à fleur de peau. Ils ont une vie effacée, de peu de joie, soutenue par la seule consolation du devoir accompli, et de la religion catholique qu’ils pratiquent avec assiduité.

Dans la famille Michel-Lamat, la femme reste en retrait, silencieuse…

Encore répandu à l’époque, il n’est pas concevable pour mes grands parents que la mère de famille soit à table avec les invités. Surtout si c’est un jour de fête et que toute la famille est réunie !

En ces occasions, la famille se compose bien évidemment des grands parents, de Joseph ainsi que de leur père, le papé Lamat. Sont également présents autour de la table les enfants et petits-enfants. Solange, la sœur de papa, avec mon oncle et nos deux cousins. Et puis mes parents, ma sœur et moi.

La sœur du pépé Michel habite au rez de chaussée, mais elle n’est jamais là. C’est que la tante Hélène est très superstitieuse et avec elle nous serions treize ! Alors, on zappe tante Hélène…

Et la famille festoie ainsi, avec l’aïeule, toujours debout, qui n’a de cesse de remplir, encore et encore, des assiettes qui ne doivent pas rester vides. Elles sont ainsi remplies de toute l’affection que l’on serait bien en peine d’exprimer clairement. Et c’est ainsi que nous devons ingurgiter « durant des heures », jusqu’à l’apoplexie, des mets succulents qui nous réservent des soirées aux digestions difficiles, lorsque les ventres alourdis des enfants et leurs estomacs surchargés protestent, parfois même à l’excès !

Le goût du travail bien fait et du sérieux dans le travail, sont des valeurs qui ont toujours caractérisé mon papa. Tout comme sa droiture et son incapacité à réaliser un coup tordu, son sens de la camaraderie, de la parole donnée et de la justice sont chez lui poussé à l’extrême. Et qui peuvent hélas devenir dangereuses.

Des valeurs qui lui occasionneront trop souvent bien des déboires et des désillusions. Et qui peuvent hélas devenir dangereuses.

Mais je ne puis te parler de mon papa sans te conter ce qui a très certainement été la plus irréductible des épreuves qu’il n’ait jamais connues.

Lorsque de Nîmes tu pars en direction du nord vers Prévenchère, tu empruntes forcément la très ancienne voie Régordane, qui te permet d’arriver au petit village cévenol de Génolhac.

À quelques encablures de celui-ci, à proximité immédiate de la route, tu peux découvrir, aux jours de canicule, des délices méconnus.

Totalement dissimulée aux regards étrangers, au creux de la montagne, se trouve « la piscine municipale » de Génolhac, à l’époque, libre d’accès. Le torrent y est aménagé en retenue d’eau et une plage de béton est propice aux bains de soleil pour deux ou trois personnes… Pas plus ! L’eau y est, dit-on, glacée, mais je crois qu’il s’agit là de propos médisants. À la vérité cette piscine naturelle t’assure l’eau la plus pure et… la plus tonique qui puisse exister !

Puis, dès que tu pénètres dans Génolhac, sur la gauche, se trouve l’unique garage du Canton. Hors ce garage est à vendre au lendemain de la guerre.

Toujours est-il que papa, en accord avec maman, forme le projet de l’acquérir. Un rêve d’enfant qui se présente à portée de main ! Travailler à son compte, devenir garagiste comme son père ! Un père tout à la fois craint et admiré, qui suscite chez son fils le désir d’aller sur ses traces.

Mais pour ce faire, il faut disposer d’un solide apport financier personnel. Et emprunter auprès de la banque. Seulement, en l’absence d’argent provisionné et de garantie bancaire, l’affaire se présente mal ! Sauf que justement ses parents disposent de quelques économies et de deux maisons d’habitation qui sont autant de cautions.

Incroyable ! Mon papa, si fier, fait la démarche de quémander auprès de ses parents l’aide indispensable. Une aide dont il ne doute pas que son père, satisfait que son fils s’engage sur ses traces, lui apporte.

J’ai toujours un pincement au cœur en apercevant la construction où mon papa a rêvé d’échapper à son quotidien en étant garagiste.

Mais l’histoire d’une vie ne s’écrit pas en conte de fées. Papa n’est pas écouté, et revient à la maison humilié, le cœur brisé. Son rêve ne se réalisera jamais.

Le dialogue tourna-t-il court ? Le refus fut-il méprisant ? Toujours est-il que le ressort était cassé.

La difficulté à s’exprimer clairement, l’absence de communication, engendreront des incompréhensions puis des rancœurs. Chacun va finir replié sur soi. Devenir étranger à son propre sang.

Ainsi s’édifient, aux hasards de la vie, les fondements de bien des malheurs, conjugaux ou familiaux.

Durant toute son existence, mon père a pu vérifier, chaque fois qu’il traversait ce village, la justesse de son projet. Le garage débordait de véhicules ! En l’absence de concurrent direct, l’affaire était particulièrement rentable. Papa avait anticipé l’exode rural, les congés payés, le tourisme vert et les migrations des fins de semaine.

Lorsque j’aborde Génolhac et que je devine les vestiges du garage, disparu depuis peu, je n’avouerais pour rien au monde que je suis au bord des larmes.

Pourtant, j’écris avec tendresse ces quelques lignes. Car je sais que grâce à la lecture que nous en faisons, tous ensemble nous redonnons vie.

Au rêve de mon père.

Regarde
Les voiles déployées,
quand le vent n’est pas là

Ma grand’mère Ayglon, Juliette Brun, est née le lundi 20 juin 1892 à Uzès. Elle est issue d’une famille nombreuse et peut être fière de deux « titres de noblesse ! » L’un, pour être native du Premier Duché de France ! Le second, pour avoir exercé le dur labeur de Lavandière à l’Hôpital d’Uzès, créé en 1214 !

C’est en 1565 que Charles IX élève le comte de Crussol à la dignité de duc. Et 1632, le Duc d’Uzès est élevé à la dignité de 1er Duc de France.

Contemporaine de mes parents et grand parents, une grande Duchesse (1847-1933), marque son époque en devenant Premier Pair de France à la mort de son mari dont elle eut quatre enfants. C’est un esprit libre, très en avance sur son temps, connue et reconnue pour son influence, ses relations, sa notoriété, son dynamisme, ses qualités artistiques, son féminisme, ses chasses à courre. Elle fut la première femme titulaire du permis de conduire automobile en 1897, et la première femme à recevoir une contravention pour excès de vitesse (15 km/h au lieu des 12 km/h autorisés) !

C’est au début de notre ère, aux pieds de la ville, sur le bord de l’Alzon, que les Romains ont captés l’eau abondante de la source de l’Eure, qu’ils acheminent jusqu’à Nîmes par un aqueduc de 50 km, dont le Pont du Gard est la partie la plus remarquable.

L’importance de la ville en fait un évêché dès le Ve siècle, et jusqu’à la Révolution les évêques battent monnaie et rendent la justice : prérogatives qui témoignent de leur grande puissance.

Pour en revenir à ma grand’mère Juliette, celle-ci peut surtout, en réalité, être fière du courage hors du commun qu’elle déploie dès son plus jeune âge et sa vie durant. Une vie si dure qu’elle ne lui a jamais permis d’apprendre à lire et à écrire. Pauvre, aînée de six enfants, elle n’a jamais connu de l’existence qu’un labeur harassant et elle se marie à 18 ans.

Son mari, c’est Étienne Ayglon, qui décèdera bien jeune, à l’âge de 46 ans. Quinze ans après la fin de la Grande Guerre, il est l’une des victimes à retardement des dégâts occasionnés par les terribles gaz.

Il est né le dimanche 14 juin 1885 à Montselgues, d’une famille de huit enfants. Le hameau d’une petite centaine d’habitants se situe à 1050 mètres d’altitude, en Ardèche.

L’histoire de Montselgues a été principalement marquée par les muletiers qui passaient par là pour aller au Puy en Velay. Rien d’étonnant à cela puisque l’un des hameaux de la commune, Le Petit Paris, est un lieu de passage ancestral, comme en témoigne la voie romaine par laquelle César en lutte contre les Gaulois serait passé. Et depuis des...