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Kipling

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123 pages

Pour que Kipling soit plus et mieux qu'un nom associé à quelques titres célèbres, Alberto Manguel, avec l'élégante clarté qui lui est familière, a écrit cette brève biographie, irriguée par son érudition et sa culture.


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couverture

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Présentation

Présentation

Pour que Kipling soit plus et mieux qu'un nom associé à quelques titres célèbres, Alberto Manguel, avec l'élégante clarté qui lui est familière, a écrit cette brève biographie, irriguée par son érudition et sa culture.

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DU MÊME AUTEUR

UNE HISTOIRE DE LA LECTURE, Actes Sud / Leméac, 1998 ; Babel, 2000.

DERNIÈRES NOUVELLES D’UNE TERRE ABANDONNÉE, Babel, 1998.

DICTIONNAIRE DES LIEUX IMAGINAIRES (en collaboration avec Gianni Guadalupi), Actes Sud / Leméac, 1998 ; Babel, 2001.

DANS LA FORÊT DU MIROIR. ESSAI SUR LES MOTS ET LE MONDE, Actes Sud / Leméac, 2000.

LE LIVRE D’IMAGES, Actes Sud / Leméac, 2001.

STEVENSON SOUS LES PALMIERS, Actes Sud / Leméac, 2001.

CHEZ BORGES, Actes Sud / Leméac, 2003.

JOURNAL D’UN LECTEUR, Actes Sud / Leméac, 2004.

 

Ouvrage publié sous la direction

de Marie-Catherine Vacher

 

Titre original :

Kipling

Editeur original :

Bayeux Arts Inc., Calgary

© Alberto Manguel, 1998

 

© ACTES SUD, 2004

pour la traduction française

ISBN 978-2-330-09217-7

 

© Leméac Editeur Inc., 2004

pour la publication en langue française au Canada

ISBN 2-7609-2437-8

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ALBERTO MANGUEL

 

 

Kipling

une brève biographie

 

 

TRADUIT DE L’ANGLAIS

PAR CHRISTINE LE BŒUF

 

 
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A Victoria Amalia Daisy Rachel Claire Manguel

à “l’insatiable curiosité”

qui m’a apporté tant de commentaires sagaces

et posé tant de questions intelligentes,

ce livre est dédié

avec amour et gratitude.

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Foi, nourriture, lecture ou amitié,

A chaque âme son choix

Car qui poursuit plus d’un dessein

Dans plus d’une clarté trouve la joie.

Les Gloires

 

Qui a le cœur ouvert à son prochain

Et prend garde à ce qu’il aime ou pas

Dans toute épreuve aura le sang léger

Et la chance avec lui quoi qu’il engage.

 

Les Voisins

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Rudyard Kipling

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AVANT-PROPOS

Les Livres de la jungle font partie du petit nombre de ces histoires que nous paraissons tous avoir connues avant de les avoir lues nous-mêmes. Que l’on nous en ait fait la lecture dans la version originale en deux volumes, ou que nous les ayons découvertes dans une édition abrégée qui ne propose des contes qu’un choix réduit ; que nous les ayons vues se dérouler sur un écran dans le style familier de Disney ou dans la version “réaliste” de 1995 (tombée dans un oubli bien mérité), depuis plus de cent ans que Rudyard Kipling a publié, en 1894, le premier des Livres de la jungle, les aventures d’un petit Indien nommé Mowgli, élevé par une famille de loups, ont pris place dans notre imaginaire.

Mais de Rudyard Kipling, que savons-nous ? L’homme qui a inventé ces histoires a vécu une vie longue et difficile, en dépit du fait qu’il fut très tôt dans sa carrière salué comme l’un des plus grands écrivains du monde. C’était un homme très discret qui détestait les questions des journalistes et des critiques et qui refusa toujours les distinctions honorifiques car il souhaitait n’être connu qu’en tant qu’écrivain. Vers la fin de sa vie, il écrivit une très curieuse autobiographie intitulée, avec beaucoup de justesse, Something of Myself (Quelque chose de moi-même) – “quelque chose” parce que, loin d’être tout sur lui, ce n’était qu’un aperçu de certains détails de son existence qu’il acceptait de faire connaître à son public. Il disait avoir écrit ce livre “pour mes amis connus et inconnus”, et, ces amis, il en avait des millions : des lecteurs dans le monde entier dont Mowgli et les autres habitants de la jungle – la sage panthère Bagheera, le débonnaire ours Baloo et Shere Khan, le tigre redoutable – hantaient les rêves et les souvenirs personnels.

Donc, comme le dit un jour Kipling à qui l’on demandait quelle est la meilleure façon de raconter une histoire : “Commençons par le commencement.”

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I ENFANCE BONHEUR ET DÉSOLATION

RUDYARD KIPLING est né en Inde, à Bombay, le 30 décembre 1865. Selon l’une de ses tantes, il devait son prénom inhabituel au fait que ses parents avaient fait connaissance à l’occasion d’un pique-nique au lac Rudyard, en Angleterre, mais Kipling contestait cette explication.

Ses parents avaient quitté l’Angleterre depuis peu pour s’installer en Inde. Sa mère s’adaptait difficilement aux coutumes locales et au climat chaud et humide, et elle faillit mourir en couches. Plus tard, Kipling racontait volontiers qu’afin d’aider Mrs Kipling dans cette épreuve l’un des serviteurs hindous se précipita dans la cour pour y sacrifier un chevreau à la déesse Kâlî. Toute sa vie durant, Kipling devait éprouver de la reconnaissance envers les dieux indiens sous les cieux desquels il était né et qui l’avaient aidé à survivre.

Son père avait été envoyé en Inde pour prendre la direction d’une école d’art à Bombay. John Lockwood Kipling était un homme intelligent, bienveillant et très compétent, plein de respect pour toutes les formes d’art. Au lieu de se conformer aux dernières modes européennes, il encourageait vivement dans son école l’étude des arts indiens traditionnels tels que la sculpture sur pierre et la peinture de miniatures. La mère de Kipling, Alice MacDonald, était issue d’une famille d’écrivains et d’artistes : son père, George MacDonald – le grand-père de Kipling –, était un célèbre romancier pour enfants, auteur de The Princess and the Goblin (La Princesse et le Farfadet), et deux de ses sœurs avaient épousé des peintres renommés, tous deux appelés Edward : Edward Poynter et Edward Burne-Jones.

Après avoir été longtemps un lieu de peu d’importance économique ou politique, Bombay était devenue à la fin du XIXe siècle une ville florissante, bruyante et encombrée, débordante d’histoires. En un sens, sa prospérité était un résultat de la guerre de Sécession. A cause de cette guerre, l’Amérique avait interrompu ses livraisons de coton à l’Angleterre et, pour répondre à la demande anglaise en coton destiné à la confection des vêtements, des usines modernes et efficaces avaient surgi partout dans Bombay.

L’Angleterre entretenait depuis le XVIIIe siècle des relations commerciales avec l’Inde – dont faisaient partie ce qui est aujourd’hui le Pakistan, le Bangladesh et une partie de la Birmanie – mais elle décida bientôt que les bénéfices qu’elle en tirait n’étaient pas suffisants et qu’il lui fallait jouer un rôle plus important dans l’économie indienne. Dans ce but, en 1858, sept ans à peine avant la naissance de Kipling, le British Colonial Office déclara que l’Inde faisait partie de l’Empire britannique et la reine Victoria, souveraine de la Grande-Bretagne, fut proclamée impératrice des Indes. Les parents de Kipling arrivèrent donc en Inde en tant que membres d’une classe dominante et Kipling fut élevé dans la conviction qu’en naissant anglais il avait hérité d’une situation de prestige et de pouvoir. En prenant de l’âge, il défendit néanmoins l’idée que l’exercice de l’autorité sur d’autres peuples, considérée par la plupart de ses compatriotes comme relevant d’un droit divin, n’était en vérité pas un droit mais une responsabilité, un privilège qu’il fallait mériter.

L’Inde était – et est encore – un pays où cohabitent plus de sept cents langues et dialectes et quantité de religions : hindoue, musulmane, chrétienne, sikhe, bouddhiste, zoroastrienne et bien d’autres. Entourés d’une telle multitude de dieux, les enfants grandissaient avec la conscience qu’il y avait de nombreuses façons de nommer une maison, un chat ou un ami, et que le langage qu’ils parlaient chez eux n’était en aucun cas le seul dans lequel on pût se faire comprendre. Le jeune Kipling fut élevé par une ayah (une nounou) originaire de Goa et par un serviteur hindou et, bien que ses parents lui apprissent l’anglais, sa première langue, celle qu’il apprenait des domestiques, fut l’hindoustani. Il fallait souvent lui rappeler de parler anglais en présence de ses parents, qui ne voulaient pas que leur fils oubliât sa langue maternelle.

La maison natale de Kipling n’existe plus. Elle se trouvait dans l’un des quartiers parsis de Bombay, près des tours du silence, ainsi nommées parce qu’elles servaient de cimetières en plein ciel. C’était là, au sommet de ces tours, que les parsis déposaient leurs morts, offerts en pâture aux vautours – saine méthode pour se débarrasser des cadavres sous un climat chaud. Selon Kipling, une main d’enfant tomba un jour dans leur jardin, et sa mère en fut bouleversée – mais ce peut n’être qu’une histoire inventée par lui des années plus tard afin d’ajouter à ses Mémoires une nuance d’horreur, car les vautours ne se nourrissent que sur place et ne s’envolent jamais en transportant leur proie.

Kipling vécut à Bombay, libre de s’adonner à l’exploration et aux découvertes, jusqu’à l’âge de six ans. Son père lui passait tous ses caprices et faisait pour lui des dessins et de petits poèmes. Un jour qu’une poule en colère avait pourchassé l’enfant autour du jardin, son père composa un limerick pour l’occasion :

 

Il était une fois un petit gars de Bombay

Qui fuyait devant une poule.

Quand on lui dit : Tu es un bébé,

Il répliqua : Peut-être bien,

Mais je n’aime pas ces poules de Bombay.

 

Le serviteur hindou de Kipling l’emmenait dans les temples, où il lui racontait les histoires des dieux anciens, ainsi que sur la place du marché où l’enfant entendait hommes et femmes bavarder et discuter des nombreux événements de la vie quotidienne. L’ayah qui le mettait au lit le soir lui expliquait qu’une tête empaillée de panthère accrochée au mur en face de lui était là pour veiller sur son sommeil. Des années plus tard, quand il devint écrivain, les dieux indiens réapparurent dans des récits comme Les Bâtisseurs de ponts, où, durant une nuit d’orage, ils se réunissent pour décider du sort d’un ingénieur anglais et du pont qu’il vient d’achever. Quant à la panthère, baptisée Bagheera, elle allait enseigner au petit Mowgli les lois importantes des Livres de la jungle :

 

Se laver tous les jours du bout du nez au bout de la queue ; boire abondamment, mais jamais plus qu’il ne faut.

Se rappeler que la nuit est le temps de la chasse, et ne pas oublier que le jour est le temps du sommeil.

 

Lorsque Kipling avait deux ans, ses parents eurent un deuxième enfant. Afin d’éviter les difficultés qu’ils avaient connues lors de la naissance de leur fils, ils retournèrent en Angleterre pour l’occasion et la famille séjourna chez les MacDonald, dans un petit village sur la Severn. Kipling se montra insupportable, piquant des crises quand il n’obtenait pas ce qu’il voulait, imposant à tous ses exigences, se plaignant de ce que ses grands-parents eussent “pris pour eux-mêmes la plus belle chambre de la maison”. Le vieux George MacDonald, son grand-père, souvent lassé du gamin turbulent, l’envoyait se promener dans le village. Kipling annonçait sa venue en criant : “Ruddy arrive, Ruddy arrive !” et, si on ne faisait pas attention à lui, “Ruddy arrive en colère !”

Le nouveau bébé reçut le prénom de sa mère, Alice, mais on l’appela toujours Trixie parce que, contrairement à son frère, elle était très timide et silencieuse et ses parents disaient d’elle qu’elle était a tricky baby, un bébé délicat. Dès le début, Kipling éprouva pour elle un amour intense et protecteur. Ensemble, Trixie et lui furent aussi heureux que peuvent l’être des enfants auxquels on accorde une liberté presque absolue. Apparemment, personne ne leur disait jamais “non” et dans leur ville de Bombay pleine d’odeurs et d’images merveilleuses ils pouvaient faire peu ou prou ce qu’ils voulaient. Ils exploraient le bazar, faisaient du poney, se mêlaient à toutes sortes de gens étranges et fabuleux, s’inventaient des histoires, se fabriquaient des jouets avec des oranges et des noix. Ce bonheur dura trois ans. Ensuite, dit Kipling, “j’appris ce qu’est l’enfer”.

Voici comment.

Les Anglais installés en Inde – les “Anglo-Indiens” – considéraient toujours l’Angleterre comme leur patrie. L’Inde restait à leurs yeux un pays étrange et dangereux, où l’on ne pouvait pas élever des enfants. Il est vrai que le climat était assez malsain, surtout pendant la saison pluvieuse de la mousson, mais on pensait surtout que des enfants anglais grandissant dans les colonies deviendraient trop proches des indigènes, qu’ils perdraient la notion des différences entre leur race anglaise théoriquement “supérieure” et celle, “inférieure”, des gens du pays. Les parents de Kipling, bien qu’ils eussent sans doute l’esprit plus ouvert que la plupart de leurs compatriotes “anglo-indiens”, se plièrent aux usages de leur nation et le firent d’une façon qui semble particulièrement cruelle.

Ils lurent un jour, dans un journal, une annonce par laquelle “un commandant de vaisseau à la retraite et son épouse”, à Southsea, sur la côte anglaise, proposaient de prendre en pension des enfants anglo-indiens. Au printemps 1871, quand Rudyard avait six ans et Trixie trois, la famille s’embarqua à Bombay pour l’Angleterre et, quelques mois plus tard, le frère et la sœur se retrouvèrent aux mains de deux parfaits inconnus. Afin de ne pas attrister les enfants, leurs parents ne les avaient pas avertis de leur départ et ne leur avaient pas donné de baisers d’adieux. Cinq ans allaient passer avant qu’ils se revoient.

Kipling baptisa la pension de Southsea “la Maison de la désolation”.

“Quand un homme mûr, écrivit-il plus tard, s’aperçoit qu’il a été abandonné par la Providence, privé de son Dieu et laissé sans aide, sans réconfort ni sympathie dans un monde qui est pour lui nouveau et étrange, il est généralement admis que son désespoir, qui peut trouver à s’exprimer par une vie dissolue, par l’écriture de ses expériences ou par cette diversion plus satisfaisante qu’est le suicide, est impressionnant. Un enfant, dans une situation tout à fait semblable pour autant qu’il sache, n’a guère la possibilité de maudire Dieu et de mourir. Il hurle à en avoir le nez rouge, les yeux enflés et mal à la tête.” C’est exactement ce que firent Kipling et Trixie.

Le commandant de vaisseau était un vieil homme tranquille qui racontait volontiers des histoires de sa vie en mer. Il avait à la cheville la cicatrice d’un coup de harpon qu’il montrait aux enfants, lesquels l’admiraient “avec un intérêt horrifié”. Il se montrait gentil avec eux mais, étant de santé fragile, il mourut peu après leur arrivée. Son épouse, qu’ils devaient appeler “tante Rosa”, était une femme dure et froide, superstitieusement religieuse et très étroite d’esprit. Elle privilégiait son propre fils, de plusieurs années plus âgé que Kipling, et le laissait brutaliser le petit garçon venu d’Inde. Trixie était mieux traitée, peut-être dans le but de créer une faille entre le frère et la sœur. Chaque soir, tante Rosa venait dans la chambre des enfants et interrogeait le gamin ensommeillé sur les événements de la journée. Toute erreur était considérée comme une tentative de la tromper et punie en conséquence. Kipling était régulièrement battu.

“Si on soumet un enfant de sept ou huit ans, écrivit-il dans son autobiographie, à un interrogatoire concernant ce qu’il a fait dans la journée (surtout lorsqu’il a envie de dormir) il se contredira de belle façon. Si chaque contradiction est recensée comme mensonge et expiée au petit-déjeuner, la vie n’est pas facile. J’ai subi une certaine dose de brutalité, mais, là, c’était une torture calculée – religieuse et scientifique. Néanmoins, cela attira mon attention sur les mensonges que je trouvai bientôt nécessaire de raconter : et c’est là, je suppose, que la création littéraire trouve son fondement.” Afin de se protéger, Kipling dut apprendre à mentir, à inventer des histoires, à imaginer pour lui-même un monde de rêves. Toutes choses, dirait-il, qui contribuèrent à faire de lui un écrivain.

Un jour, pour l’humilier, tante Rosa inscrivit le mot MENTEUR sur un carton qu’elle cousit au dos de sa veste et elle ordonna à l’enfant d’aller se promener ainsi affublé. “Si vous m’obligez à faire ça, lui dit-il très calmement, je mettrai le feu à cette maison et peut-être que je vous tuerai. Je ne sais pas si je pourrai vous tuer – vous êtes si osseuse – mais j’essaierai.” Si étrange que cela paraisse, cette menace ne lui valut pas de punition. Pour une fois, il avait réussi à faire peur à son bourreau.

Il n’est pas juste de lire l’œuvre d’un écrivain en la comparant de trop près à sa vie, car nous ne pouvons jamais savoir, nous autres lecteurs, comment ou dans quelle mesure cette vie a été transformée afin de s’adapter à l’histoire. L’écriture est un processus magique, à jamais mystérieux, même pour l’auteur. Mais il semble probable qu’une expérience comme celle que vécut Kipling dans la Maison de la désolation ne pouvait que ressurgir dans ses rêves d’écrivain.

Parce qu’il savait, à titre personnel, ce qu’il en était d’un enfant abandonné, il décrivit dans ses livres cette situation déchirante. D’une manière ou d’une autre, plusieurs de ses personnages sont, eux aussi, privés de leurs parents. Kim, le merveilleux jeune héros de Kipling, qui guide un religieux tibétain dans sa quête d’une rivière sacrée, a perdu sa mère à trois ans (elle est morte du choléra) et son père quelques années plus tard (il s’éteint dans une fumerie d’opium). Mowgli, l’enfant élevé par des loups, a été abandonné tout bébé par ses parents dans leur fuite devant Shere Khan, le tigre. Et pourtant, les héros de Kipling, comme lui-même, réussissent toujours à surmonter leurs pertes.