L’Endométriose : De l’Ombre à la Lumière

L’Endométriose : De l’Ombre à la Lumière

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Français
94 pages

Description

Après des années de douleur et d’incompréhension, à l’âge de 30 ans, les médecins me diagnostiquent une endométriose de stade 4.
Aujourd’hui plus que les autres jours, je suis au bord de l’explosion. Il y a une énergie enfouie au plus profond de moi, empreinte de joie, de solitude, de peine, d’amour intense, de frustration et de soulagement.
Je n’arrive pas à l’exprimer, à l’extérioriser, à mettre des mots sur certains sentiments qui m’étaient depuis longtemps inconnus.
Cette énergie, elle doit sortir.
La moitié de mon corps est déjà sortie de cette eau tumultueuse, mais l’autre moitié résiste encore.
Alors, que faire ?
Il faut que j’agisse vite, avant de plonger une nouvelle fois.
Témoigner de mon vécu avec cette fichue maladie, pourrait me soulager de ce poids lourd, si lourd, qui m’empêche d’avancer...


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Informations

Publié par
Date de parution 13 octobre 2017
Nombre de lectures 11
EAN13 9782414132027
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Copyright
Cet ouvrage a été composé par Edilivre 175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50 Mail : client@edilivre.com www.edilivre.com
Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN numérique : 978-2-414-13200-3
© Edilivre, 2017
« J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé. » Voltaire, Candide 1759
Préface
Christiane me fait l’honneur de rédiger la préface de son livre qui relate une histoire vraie de sa vie : l’Endométriose de l’ombre à la lumière. L’endométriose est une maladie qui touche plus de 200 millions de femmes dans le monde, une maladie complexe qui touche 1 femme sur 10 en âge de procréer. Faire le diagnostic est encore ignoré par la grande majorité du monde médical. L’endomètre est le tissu qui tapisse l’utérus. Chez les femmes atteintes, ce tissu migre à travers les trompes pour coloniser d’autres organes notamment les autres organes génitaux, l’appareil urinaire, l’appareil digestif… La douleur chronique et atroce est le maître des symptômes, en ma qualité d’algologue je me suis senti à plusieurs reprises en échec thérapeutique devant cette douleur qui emprisonnait totalement son esprit et son corps. Cette maladie a un retentissement important sur sa qualité de vie avec une incapacité à mener une vie normale professionnelle, familiale et intime. Elle montre à travers son livre, comment sa foi en Christ lui a permis de surmonter des étapes difficiles avec cette maladie.
Bon voyage aux lecteurs et aux lectrices !
Docteur Lazare NOUBOU,
Certains noms ont été changés pour préserver leur anonymat.
Chapitre I
Janvier 1985, j’ai 10 ans et 9 mois. Un violent mal de ventre me réveille. C’est très bizarre car je n’avais jamais ressenti une telle douleur. Alors, je me rends aux toilettes et je constate que mes règles sont arrivées. Ah non ! Déjà ! Mais je suis encore trop jeune pour avoir les règles ! J’appelle maman qui me donne une serviette hygiénique et des antidouleurs. Ensuite je retourne au lit. Je ne m’endors pas tout de suite. J’avais beaucoup de mal à mettre des mots sur ce qui m’arrivait. Mais d’aussi loin que je me souvienne, la colère faisait partie de mes ressentis. À l’époque, les règles, les relations sexuelles étaient des sujets tabous dans la famille. On ne parlait pas de ces choses-là. Donc pour moi, avoir les règles signifiait qu’on pouvait avoir un bébé et qu’avoir mal était tout à fait normal. Le lendemain, maman ne m’envoya pas à l’école. Je restai à la maison pour me reposer avec ce mal de ventre qui ne passait pas.
Deux jours, plus tard, me voici de retour à l’école. J’étais au CM2 et bientôt le collège. C’est ainsi que j’annonçai à mes copines de classe la raison de mon absence. Elles étaient très contentes, excitées et curieuses à la fois. Elles m’ont posé des centaines de questions telles que :
– Qu’est-ce que ça fait d’avoir les règles ? – Comment te sens-tu ? – Tu te sens différentes ou pas ? – Tu as mal ? – Tu es enfin une femme, tu dois être contente, n’est-ce pas ! Alors, je leur répondis : – Ce n’est pas du tout ce que vous croyez. C’est très douloureux et je déteste cela. Vous verrez quand votre tour viendra. À l’époque, j’étais la seule fille à avoir les règles dans la classe. L’heure de la récréation a sonné. Tout le monde s’amuse, crie, court dans tous les sens. Et moi, assise dans un coin me tordant de douleur. J’aimerais bien jouer comme toutes les autres. Mais j’avais peur que la serviette hygiénique ne tienne pas et que je me salisse. Je me souviens qu’à chaque fois que je demandais à la maitresse à aller aux toilettes, les filles regardaient mes mains, elles essayaient de voir à quoi ressemblait une serviette hygiénique. Au début, c’était très gênant, mais je me suis vite habituée. Je leur ai même montré une fois comment l’appliquer. Un grand moment de démonstration. Nous étions encore des enfants à cette époque. ème Trois années passèrent. Nous sommes en 1988, classe de 4 . Ce matin, je suis à l’infirmerie. J’ai un peu de fièvre et bien sûr mes douleurs menstruelles. Quand je suis dans cet état, j’ai du mal à me concentrer en classe et à pratiquer une activité sportive. De ce fait, j’étais dispensée de sport durant cette période. Les heures passées à l’infirmerie me faisait du bien.
0es infirmières étaient très gentilles et très à l’écoute. Elles donnaient beaucoup de conseils en matière d’hygiène, de prévention contre les infections sexuellement transmissibles.
Quelque mois plus tard, à l’âge de 14 ans, maman m’emmène chez le gynécologue pour la première fois, inquiète à cause des douleurs insupportables que j’ai pendant mes règles. On est à Fort-de-France à la rue Isambert. Je suis un peu anxieuse. Va-t-il enfin me donner un traitement qui soulagera mes douleurs ? Il me fait une échographie qui montre un kyste à l’ovaire droit. D’où la douleur intense à cet endroit me dit-il. Alors, le gynécologue me prescrivit la pilule. Mais c’est quoi un kyste ? Sur le moment, je ne compris pas vraiment ce que c’était. Sauf que c’était des petites boules de liquide qui se trouvaient là, que c’était normal et surtout pas méchant. Bref ! Les mots du médecin ne m’ont pas tellement aidée à comprendre ces corps étrangers qui font si mal.
Ainsi passèrent les années de traitement pour les kystes avec la douleur que je supportais tant bien que mal. Juin 2000. Mon compagnon et moi avions coutume de sortir souvent en bateau. Dieu seul sait à quel point j’appréciais ces moments privilégiés. Faire le tour de l’île de Saint-Martin où je vis, aller à la découverte d’extraordinaires anses, affronter les vagues, la vitesse. Il est 12h45. Ce jour-là, nous arrivions à Anguille sur l’une des plus belles plages au monde avec une eau cristalline turquoise, bleue. Cette journée était rythmée de joie partagée avec des amis, de bonnes grillades et de cocktails. La traversée d’une île à l’autre sur la mer des Caraïbes était parfaite.
Mais un soir après une journée mouvementée, j’ai eu cette violente douleur au bas ventre, de l’utérus, du vagin et de l’anus qui m’a tétanisée. C’est quoi cette douleur ? J’avais un mal de chien au point de me mettre en position du fœtus, de ne plus bouger afin de ne pas accentuer la douleur. Je pensais que la douleur était due aux règles.
Cependant, je me trompais car elle n’allait pas tarder à s’étendre au-delà de la période des règles.
Mon Dieu ! Que m’arrive-t-il ?
Durant cette période d’insouciance, je sortais souvent. J’avais une vingtaine d’année, les nuits blanches, l’alcool, la bonne nourriture, mon travail qui devenait de plus en plus prenant et cette douleur qui m’accompagnait. Je ne m’en préoccupais pas. Euh ! Correction. En fait oui, car je prenais beaucoup d’anti inflammatoire et anti douleur pour pouvoir tenir. Mais pas de changement. Au contraire, cette douleur amplifiait de jour en jour, de semaine en semaine, puis finit par être une douleur chronique. La gynécologue, le docteur CB qui me suivait depuis deux ans n’avait aucune réponse à me donner. Elle disait juste que mes douleurs étaient dues aux règles et me prescrivait toujours les mêmes antalgiques. Un beau jour, après une énième sortie en bateau, je me tordais de douleur. Cette douleur était si forte que j’avais l’impression que mes entrailles sortaient de mon corps. Elle
enveloppait tout mon être. C’est comme si on me plantait des aiguilles dans le ventre. Mon compagnon était là, à côté de moi en train de me regarder et disait : « Au lieu de te plaindre, de te tordre de douleur, pourquoi ne vas-tu pas chez le médecin ? Pourquoi ne fais-tu rien pour cela » ? Ensuite, il partait de la maison pendant de longues heures, ne supportant me voir dans cet état. Je n’avais pas la force de réagir et de comprendre sa réaction. Je voulais juste qu’il me soutienne, qu’il me câline, qu’il prenne ma main. Juste qu’il s’occupe de moi. Alors, seule couchée dans mon lit, je prenais ma bible que j’ouvrais à la page du Psaume 23. Et à ce moment, je commençais à prier, à parler à Dieu. Je l’interrogeais en lui disant : – Mais que se passe-t-il ? – D’où sort cette douleur ? Il est vrai qu’avoir quelqu’un à ces cotés est peut être l’une des choses les plus importantes qui puissent nous aider à mieux vivre la maladie. Malheureusement, je n’avais pas eu la chance d’avoir un compagnon compréhensif, qui puisse m’accepter comme j’étais.
Après un an de vie commune, mon compagnon et moi, nous nous séparions.
Conseils et astuces : si vous êtes déjà atteinte d’endométriose et que vous avez un mari, un compagnon, un petit copain ou autre, partagez toutes les informations avec lui, faites des recherches ensemble sur cette fichue maladie qui vous pourrit la vie. Car elle atteint aussi bien votre physique que votre psychique. Il comprendra mieux et acceptera votre moral à zéro, vos sautes d’humeurs, vos pleurs, vos douleurs… …
Un autre souvenir me revient. Quand j’avais des douleurs, j’écoutais, l’album « A Day Without Rain » d’Enya dans son intégralité. Elle est l’une de mes chanteuses préférées. La chanson « Only Time » m’avait particulièrement marqué. Alors, les yeux fermés, je me laissais emporter par ses musiques aériennes afin d’apaiser la douleur. Janvier 2001. Ainsi passaient les mois. Toujours cette violente douleur qui me tuait. Je continuais à penser que c’était probablement à cause des règles douloureuses que j’avais depuis les premières en date de Janvier 1985. Alors, je me plongeais dans mon travail tant bien que mal avec des hauts et des bas. Je n’avais pas de traitement à propre dit pour la douleur, juste quelques comprimés par ci par là.
Chapitre II
Nous sommes au mois de Mai 2003. Aujourd’hui, c’est la soirée d’anniversaire d’une de mes collègues. Tout se passe bien. On danse, on boit, on s’amuse. Tous les éléments sont réunis pour faire de cette soirée une soirée réussie. Brusquement, sur la piste de danse, je ressens une violente douleur au bas ventre. Je sens mon ventre grossir. Je me dis dans mon fort intérieur que ce n’est pas normal. Et au moment d’aller m’asseoir, je m’écroule par terre. Je m’évanouis. Voyant cela, les filles m’ont aidé à reprendre mes esprits, m’ont enlevé le pantalon et la culotte qui me serraient beaucoup. Je portais juste un chemisier et une serviette de bain autour de la taille. Parmi les invités, il y avait une infirmière. Elle me...