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L’Enfant du goulot

De
120 pages

À travers le témoignage sans fard de son enfance vécue « dans la violence et l’alcool » et de sa jeunesse « pleine de bruit et de fureur », l’auteur se débarrasse du poids de son passé traumatique. Sans porter de jugement, il décrit l’influence qu’a exercé sur lui son charismatique père alcoolique. Hyperactif, dissipé à l’école et angoissé, le jeune garçon a longtemps été assailli par toutes sortes de phobies. Pour oublier le mal-être qui le ronge, il commence à boire dès l’âge de quatorze ans. À seize ans, il réalise qu’il est dépendant. Une bonne étoile le protège, malgré son comportement autodestructeur qui le conduit à faire plusieurs tentatives de suicide. Atteint du trouble de la personnalité borderline, sa détresse trouvera une issue grâce à la rencontre d’amis fidèles, mais surtout de sa compagne Isabelle. Chrétienne fervente, elle l’aide à retrouver un équilibre. Il suit de lourds traitements, consulte une psychanalyste et participe à des réunions des Alcooliques Anonymes pour vaincre son alcoolisme. Aujourd’hui apaisé, Pascal ne ressent ni honte ni ressentiment. Il a soif d’apprendre et de vivre le jour présent.


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Cet ouvrage a été composér Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-15004-0

 

© Edilivre, 2016

Remerciements

 

 

Ce témoignage aurait dût être achevé depuis longtemps déjà, le destin en a décidé autrement…

Mes remerciements vont à mon Parrain, « Maurice » Ami fraternel et bien plus… pour avoir apporté sa contribution en m’écrivant cette émouvante et admirable préface ! Il était bien trop modeste pour dire que c’est lui qui m’a aidé à faire mes premiers pas dans cette heureuse abstinence…

Mes remerciements vont de la même façon à « ma grande sœur » M. F précieuse et essentielle dans ma vie, pour avoir remarquablement collaboré à la finalisation de ce texte et de pour m’avoir écrit cette très belle postface !

Je veux également exprimer toute ma reconnaissance à toutes celles et ceux qui ont croisé ma route et qui ont illuminé ma vie par leur présence, avant, pendant, et après ma période d’alcoolisme. Je ne peux ici en dresser la liste, ce témoignage étant anonyme.

Ceci n’est rien d’autre qu’un simple texte ! Seulement mon histoire et mon expérience racontées à travers un récit et un témoignage d’alcoolique abstinent depuis l’âge de 24 ans… Puisse ce texte ouvrir davantage l’esprit à ceux qui connaissent mal cette maladie, et peut être ouvrir des portes à celles et ceux qui la vivent…

Préface

J’ai hésité avant de commencer à écrire.

Lire le texte de Pascal avant ou attendre d’avoir fait mon récit puis lire ensuite ? Les évènements ont décidé pour moi.

Pour ne pas m’ennuyer lors d’une visite en famille, j’ai lu.

Pour connaître un peu Pascal et sa vie, je puis dire qu’il est resté modeste et n’a pas exagéré sa réalité, signe des vraies histoires de vie.

Je m’appelle Maurice, j’ai 55 ans, fils d’un Espagnol Catalan réfugié politique en France.

Je suis alchimiste et écrivain et membre des A.A. depuis 17 ans.

Je ne sais plus vraiment comment j’ai connu Pascal… Une réunion ? Une permanence ? Le mystère des amitiés est ainsi fait. Je me souviens d’une boule de tendresse et d’anxiété. Il avait peur de prendre le train et je lui ai dit que j’avais eu ces peurs-là.

Curieusement, j’ai été hospitalisé longtemps dans l’hôpital psychiatrique dont il parle et à peu près aux mêmes années. Nous avons dû nous côtoyer sans nous voir, îles de solitude.

Un jour, il m’a demandé d’être son parrain et ça été le début d’une relation amicale et fraternelle.

Je l’ai aidé souvent, il a toujours répondu présent à mes appels.

Avec Isabelle, ils font partie des rares à avoir remboursé au centime l’argent que quelquefois ils nous demandaient à mon épouse et moi-même.

Chaque fois que j’ai eu besoin d’eux, chaque fois ils étaient là :

« Allô, Pascal, je voudrais aller chercher une grosse pierre ! » « On arrive. »

Jamais une engueulade ou un geste déplacé.

Puis, doucement, je l’ai vu se reconstruire. Ce fut lent. Pascal était comme un jeune loup qui devait apprendre à vivre parmi les moutons.

On ne saura jamais l’amour immense qu’a dû avoir Isabelle pour affronter ces années, de même qu’on ne saura jamais les cauchemars de Pascal à vivre sans faire usage d’alcool.

Heureusement, il s’est éloigné des groupes A.A. tout en restant en contact avec des membres de l’Association.

Il était trop jeune, trop impétueux pour être à l’aise avec des A.A. plus âgés qui ne comprenaient pas toujours très bien sa violence et sa nervosité.

Je l’ai vu, nous l’avons vu, passer de petits appartements à une maison, de voitures épaves à des voitures en bon état.

Je l’ai vu essayer de travailler alors que je lui déconseillais cela, considérant qu’il était trop « animal » pour être commandé par des chefs sans psychologie.

Un jour béni, on l’a pensionné par une AAH et enfin une partie de leur inquiétude, à Isabelle et à lui, a été calmée.

Cette AAH aurait dû être attribuée 10 ans plus tôt, mais notre société est ainsi faite, elle ne sait pas reconnaître ses enfants en difficulté.

Il aura fallu près de 15 ans pour qu’il aille mieux, un temps d’adolescence ou une enfance, une deuxième jeunesse en somme pour refaire des pas que personne ne l’a aidé à faire.

Isabelle est trop une « sainte » pour écrire sûrement, mais elle aussi a participé à ce cheminement difficile.

Que dire de plus sur un ami sans tomber dans l’exagération ou la complaisance ?

Dans un roman, je pourrais raconter du croustillant, mais là, nous sommes dans la vraie vie. Comme Pascal, j’en écris bien moins que je n’en sais.

Pascal est un type bien. Il a été son père, puis un enfant en nous connaissant Isabelle et nous, et maintenant il devient péniblement un adulte.

Sûrement les Dieux l’ont néanmoins protégé afin qu’il n’aille pas en prison pour meurtre ou violence, ni qu’il ne meure par suicide ou dans un accident de voiture.

Continue ton chemin mon ami, mon A. Ami, mon filleul comme pourrait le chanter Renaud. Chemin qui sera encore pénible ou avec des ornières mais nous serons là, comme toi tu sais l’être aussi.

Reste sur le bord de la société comme tu as compris que tu devais faire.

Nous y sommes nombreux !

Je t’aime Pascal, tu as été facile à porter et c’est rare.

J’ai une pensée tendre pour Isabelle qui, à la façon des « manouches », t’a toujours soutenu.

Elle est de ces femmes avec qui il doit être moins dur d’être en prison physique ou mentale.

Je ne sais pas si ces lignes te suffiront, mais sache qu’elles sont chargées de mille souvenirs précieux.

Ton parrain,

Maurice

Fait le dimanche 7 août 2005

 

 

Je m’appelle Pascal. Je suis né une nuit d’été de 1966, J’étais un beau bébé : je pesais 3kg 970 quand j’arrivai sur cette terre où m’attendait mon destin. Je ne savais pas que les premières années de ma vie allaient être mouvementées. J’ai trois frères et deux sœurs…

Nous avons tous eu une enfance, une adolescence et un début dans la vie difficile. Chacun a son histoire et la raconterai différemment, heureusement aucun autre n’est tombé dans l’alcoolisme, et tout le monde s’en est bien sorti…

Les faits que je relate ci dessous sont dénués de tout jugement c’est simplement un constat car si je ressens la nécessité de remonter aux sources, c’est parce que je pense qu’il est important de savoir d’où l’on vient pour connaître où l’on va…

MON PÈRE

Originaire d’une famille modeste, mon père était peintre en bâtiment. Je dis « mon père » car je n’arrive plus à dire « papa », cela depuis l’âge de 15 ans. C’était mon père, mon ami, mon pote aussi avant tout.

Pour maman c’est différent. Quand je dis « mon père » c’est avec beaucoup d’affection, d’amour et de respect !

Mon père, il nous a tellement raconté sa vie que je la connais presque par cœur ! Il est né en 1939 en région parisienne. Il a eu une enfance difficile. Outre que, tout bébé, il a été plusieurs fois opéré de hernies ventrales, son début dans la vie n’a pas été baigné d’insouciance.

Enfant, il vivait chez ses grands-parents, petits agriculteurs en province. Juste après sa naissance ma grand mère avait dû fuir Paris à cause de la guerre. Elle avait pris le train avec ses enfants (mon père avait une sœur et un frère) et s’était réfugiée à la campagne, vers chez ses beaux parents. Son mari était resté dans la capitale où il « travaillait » et ils ne se voyaient que rarement. Mon père ne se souvenait que de deux rencontres et seulement pendant sa petite enfance. Notamment une fois où son père, qui était « flic », lui avait passé les menottes, comme ça, pour rire, alors qu’il était tout petit !

Ma grand-mère avait « fauté » et lors de sa troisième visite, mon grand-père a trouvé sa femme avec quelqu’un qui devait devenir plus tard son deuxième mari. Je n’ai jamais pu considérer ce dernier comme un grand père ce qu’il ne semblait pas désirer d’ailleurs – Il apprit du même coup qu’une petite fille était née de cette relation, petite déclarée sous le nom de mon grand père…

Bien sûr il demanda le divorce « pour faute » ce qu’il obtint et ma grand-mère fut déchue de ses droits maternels.

Alors mon père et mon oncle furent placés chez leurs grands-parents et leur sœur, ma tante, chez des amis, ou de la famille, à Paris. Au moment où j’écris ce texte je ne porte aucun jugement de valeur, je ne sais pas grand-chose de sa vie – excepté qu’elle était sténodactylo – Elle a eu deux autres enfants, que j’ai peu connus ! J’en ai de vagues souvenirs plutôt sympathiques !

C’était pendant la seconde guerre mondiale. Son grand-père avait pris des risques en cachant des armes, et avait échappé de justesse aux recherches des Allemands…

Dans le même temps, mon grand père paternel accomplissait des actes héroïques. Il avait auparavant effectué ses obligations militaires, au 58e régiment d’artillerie colonial, en 1927 à Beyrouth.

À son retour, il fut maintenu « affecté spécial » pour une durée indéterminée, puis muté au centre mobilisateur de cavalerie en 1933. Les années suivantes, il intègre la police par une affectation spéciale, ensuite le FFI ! Il est alors lieutenant et nommé chef d’un groupe policier de Saint Denis – 100 hommes – « Résistant de la première heure, qui s’est distingué avant et pendant l’insurrection », faisant notamment des allemands prisonniers et attaquant le fort de l’Est, il libère 23 de ses camarades qui allaient être fusillés.

Lui-même s’est retrouvé au poteau d’exécution, où il a fait face avec courage et dignité, avant d’être libéré in extremis par ses hommes. Ceci n’est qu’une infime partie de très nombreuses « actions » dont je possède les écrits.

Bien évidemment, il a participé activement à la libération de Paris et pour tous ses actes il a reçu :

La légion d’honneur.

La croix de la libération.

La croix de guerre avec étoile de vermeil.

Après la guerre il a continué sa carrière dans la police jusqu’à devenir commissaire divisionnaire, au fameux 36 quai des orfèvres.

Il avait refait sa vie à Paris, avait eu d’autres enfants d’après ce que j’ai entendu dire !! Ce sont des oncles et des tantes que je n’ai jamais vus, mon père ne les connaissait pas plus et ignorait jusqu’à leurs prénoms…

Mon oncle (le frère de mon père) est le seul à les avoir rencontrés une fois.

Mon grand-père est décédé en juillet 1955, à – Paris – il avait 48 ans !

Mon père avait 16 ans et n’a pas pu assister aux obsèques, ce qui l’avait beaucoup affecté. ll s’en est souvenu toute sa vie durant !

Mon père est allé à l’école jusqu’au certificat d’études. Après il a fait une formation professionnelle, dans la ville voisine, et a reçu son diplôme de peintre en bâtiment en 1957. Il était reconnu sur la place de cette ville de province, car il était toujours partant pour prendre les risques dont d’autres ne voulaient pas, comme repeindre la façade des tours jumelles de la ZUP, quartier populaire, 18 étages… suspendu à une corde, le seau dans une main, le rouleau dans l’autre… En ce qui concerne son travail, il été très compétent, il était très sollicité et pouvait se permettre de choisir son entreprise !

À 20 ans, en septembre 1959, il était sous les drapeaux au 16e RIMA. Le capitaine qui passait dans les rangs a trouvé un jour qu’il avait mal fait son nœud de cravate. Il lui a ordonné de faire cinquante pompes, sous la pluie. Mon père s’en sortait fort bien, le capitaine voyant cela, lui a imposé d’en faire autant avec, cette fois, la crosse du fusil écrasée sur la main. Mon père a fait quelques pompes, puis s’est relevé et… l’a dérouillé ! Il a eu vingt-quatre heures pour dire au revoir à sa famille et a été envoyé dans un camp disciplinaire et ensuite muté au 4e BCP – bataillon de chasseurs à pied dissout après l’Algérie – !

Alors qu’il n’aurait pas dû faire l’Algérie, quelque temps plus tard il y partait, en première ligne, sans aucune permission. Il y a appris à tuer disait-il, boosté par la hiérarchie militaire ! Il en avait bavé, mais même s’il parlait souvent de l’Algérie quand il été ivre, – à jeun il n’en parlait jamais-, il restait néanmoins discret sur ce qu’il avait vécu, ses « non-dit » en disaient beaucoup sur ce qu’il avait dû subir…

Au retour d’Algérie, en Janvier 1962, il avait 22 ans et demi, et voulait devenir « flic » comme son père. Renseignements pris, il lui fallait pour cela retourner en Algérie, ce qui était pour lui hors de question…

MAMAN

Maman, je ne sais pas grand-chose sur elle. Elle n’a jamais étalé sa vie. Je sais seulement qu’elle a eu un début difficile tout bébé, car elle est née juste avant la fin de l’occupation, les allemands passant tous les jours à midi chez ma grand-mère avaient provoqué une rupture définitive du lait maternel, alors maman a vécu les premiers mois de sa vie chez sa grand-mère à la campagne, elle possédait une chèvre dont le lait lui a sauvé la vie !

Sinon j’ignore tout, mais je pense qu’elle a peut être eu une enfance normale à la campagne, que sa mère était dure mais juste et qu’elle, non plus, n’a jamais connu son père.

Elle dit qu’il ne lui a jamais manqué. Il faut dire qu’elle a eu un beau-père formidable qui la considérait comme sa fille. L’école et sa vie à la campagne, c’est à peu près tout ce que je sais d’elle.

Elle ne parle jamais de son enfance, sans doute par pudeur.

Tout ce que je sais c’est que, bien des années plus tard après son divorce, elle est devenue dépendante des médicaments pendant de longues années, je n’étais plus à la maison, mais je le constatais pendant mes brefs passages chez elle.

Elle s’en est sortie sans aide extérieure !

Ma grand-mère avait deux fils et deux filles, (ma mère étant la dernière,) issus de son premier mariage. Son premier mari étant mort très jeune, elle se remaria et eut un autre enfant de son deuxième mari. Ma mère s’est toujours sentie très proche de ce jeune frère.

Mon autre oncle, le cadet, qui s’entendait bien avec mon père, avait épousé ma tante atteinte d’une sorte de myopathie.

Il a été formidable pour moi, nous avons eu une relation intense. Il est rapidement tombé malade et a dû être amputé des deux jambes. Lui aussi avait une « grande gueule » et ne se gênait pas pour dire ce qu’il pensait. Sa vie ne fut pas facile, la maladie, puis l’Algérie l’ont fait sombrer et bien qu’un peu plus âgé, il est décédé la même année que mon père !

De ce coté de ma famille il y a eu des choses non dites, notamment en ce qui concerne Sœur Elizabeth. Sœur Elisabeth était une des sœurs de mon premier grand père, une tante de maman. Personne ne souhaite en parler. J’ai pourtant posé des questions sans obtenir de réponse !!

Je ne sais pas… je n’ai jamais rien pu savoir de sa vie, comme si cette femme entrée dans les ordres était aussi rentrée dans l’oubli collectif !

Je ne sais pas exactement pourquoi mais cette femme me paraît importante dans ma propre vie. Je garde une photo d’elle, récupérée par mon frère.

Je ne juge en aucun cas les membres de ma famille qui savaient, c’est un constat qui me permet seulement de comprendre et d’expliquer une bonne partie de mon enfance…

Par contre ma grand-mère maternelle que j’allais voir de temps en temps me confiait certaines choses de sa vie passée ! Elle m’a surtout dit comme il était important de lire pour apprendre, et de s’informer.

Malgré ses 92 ans elle continuait, me disait-elle, à apprendre des choses. Elle tenait son journal, seul écrit qu’elle pouvait encore lire !

Alors que mon père était né en région parisienne, maman était originaire d’un petit village de province. Quand elle rencontra mon père, elle était serveuse…

À cette époque, mon père avec sa bande de copains, tournait dans les bals et cela se terminait quelquefois en bagarre…

Jusqu’au jour où il a rencontré ma mère, dans un bar. Ils sont partis vivre à Paris, où mon père travaillait chez « Vogue » il m’a raconté bien...