//img.uscri.be/pth/2143b974f71c48a9df2933b46cee84e1441b9b4a
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

La force de toutes mes douleurs

De
149 pages
J'ai écrit ce livre suite à mon histoire. Les successions de décès, de douleurs et de méchancetés m'ont fortifiée. Le fait qu'on n'ait jamais dit pardon à ma famille m'a appris à dire "pardon" car je sais qu'un simple mot parfois peut tout changer. Le fait d'être sans emploi aujourd'hui dans un pays inconnu alors que je suis intégrée dans la fonction publique de mon pays m'a appris qu'il faut encore un grand changement de mentalité en Afrique pour évoluer.
Voir plus Voir moins

La force de toutes mes douleurs

www.1ibrairieharmattan.com Harmattan! @wanadoo.fr @L'Hannattan,2005 ISBN: 2-7475-9287-1 EAN : 9782747592871

Prisca OLOUNA

La force de toutes mes douleurs

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique;

75005 Paris

FRANCE
L'Hannattan Hongrie Konyvesbolt Kossuth L. u. 14-16 1053 Budapest Espace L'Harmattan Kinshasa L'Harmattan Italia L'Harmattan Burkina Faso

Fac..des Sc. Sociales, Pol. et Adm. ; BP243, KIN Xl Université de Kinshasa - ROC

Via Degli Artisti, 15 10124 Torino ITALIE

1200 logements villa 96 12B2260 Ouagadougou 12

(( Finalement

nous sommes restés comme des

champs de mines, comme fa guerre. )

LA DOULEUR

Q!Ii peut réellement exprImer ce qu'est la douleur? Un mal, une expérience, un résultat? L'âge apporte parfois le regret, dit-on, avec des souvenirs tristes qui s'imposent à nous. Ombres du passé, précises et claires, images d'êtres chers perdus ou présents mais tous inaccessi bles. Je me rappelle mes douleurs d'il y a encore quelques mois; Je me rappelle ma souffrance d'il y a encore quelque temps; Je me rappelle mes angoIsses d'il y a encore quelques nuits; Je me rappelle tous ces maux qui m'ont fait souffrir et marquée à vie comme on marque l'appartenance à une écurie au fer chaud sur un cheval; Je me rappelle ces horreurs, cette succession d'invraisemblances, cet enchaînement d'épuisements, de tensions, ci'égarements, de bouleversements mentaux, moraux, psychiques et physiques et là un jour, un soir, une nuit, je dis « non! », je dis « ça suffit! ».

De toute épreuve, il faut sortir la tête haute et là je cherche mon issue, mon ouverture, une raison de . .. . crOIre que Je peux vIvre, que nous pouvons VIvre, que nous avons le droit de survivre quand le pilier de nos maisons s'effondre. Et de cette empreinte brûlante sur moi, sur ma famille, je décide de tirer une Force. Pas n'importe quelle FORCE. La Force qui m'a permis de rester debout quand je croyais avoir tout perdu. La Force qui a permis à ma famille de se relever quand on nous a humiliés. La Force qui nous a permis de croire qu'aucun bonheur ne peut être perdu quand on n'a commis aucun crime. La Force, la Puissance que j'ai tirée de tous mes combats d'amour, de vie, de paix et surtout de vérité.

10

«Je dédie ce livre aux morts de ma famille: mon père, mon frère, et je le dédicace spécialement à ma mère pour qu'elle sache que l'amour qu'elle nous a inculqué, enseigné est devenu une douleur puis une véritable arme nucléaire. »

Il

Chapitre

1

Le soleil apparaissait lentement quand je suis née en 1973 sous le signe du scorpion, un matin de bonne heure. Mon père à ce moment occupe une position sociale déjà très importante. A ce niveau hiérarchique diplomatique, on le nomme
«

Excellence ». Il est diplomate en Afrique, et de cette

diplomatie il sera affecté vers une autre en Europe. Ma mère comparée à mon père est plus jeune d'environ dix ans. Elle épouse mon père qu'elle nommera toute sa vie «GAGAS», dès l'âge de dix-huit ans. Elle le côtoie dès l'âge de seize ans. Avec lui elle fonde une famille de sept enfants: deux garçons et cinq filles. Chaque enfant accaparera une place stratégique dans le cœur des parents car il a une personnalité forte et affirmée. C'est comme cela que le petit dernier tentera d'être notre petit Papa avec une grande attirance pour la politique, l'armée et il prendra même un malin plaisir à avoir pour amis les collaborateurs de notre père. Stanis, le dernier, donc fin analyste, prendra une place privilégiée d'abord du fait de son rang dans la famille puis du fait d'être le deuxième garçon donc, celui qui a été attendu longtemps et surtout parce qu'il porte le nom de son grand-père paternel.

Ma sœur aînée est plutôt forte de caractère assez imposante, déterminée et ferme, ainsi en grandissant elle prendra sans le vouloir la place de l'aîné, qui lui en voudra un peu. Elle deviendra incontournable pour Papa qui lui fera de grandes confidences. Moi, plutôt réservée pendant longtemps, remplie de défis à relever comme mon signe du zodiaque le prédit, je suis battante, observatrice et rancunière. Je suis suivie d'une sœur plutôt calme, renfermée mais violente verbalement donc véridique et impulsive. L'avantdernière des filles est la pl us sensible; elle se cache derrière un masque de gaieté permanent, ne tergiverse jamais, va droit au but; elle est bonne vivante et sans aucune diplomatie, sa devise est «œil pour œil, dent pour dent». La dernière, la plus douce, se fendrait le cœur à la vue d'un bébé mal boutonné mais sous cette carapace se cache une adorable petite ambitieuse, solide en cas de guerre. Enfin l'aîné, notre garçon soldat de formation se comportait en tant que tel et abusait de son autorité même en famille. C'était un véritable bulldozer prêt à détruire à la moindre fausse alerte, ce qui lui valait malgré son amour profond et sincère pour la famille des regards dégoûtés et des rejets tout en sachant qu'avec lui aucune de nous ne risquait rien au cas où un être humain quelconque et quelle que soit sa position sociale aurait voulu lui nuire. Avec tous ces traits de caractères différents, nos parents nous ont inculqué des bases solides qui devraient perdurer dans la maison: entre nous, avec le personnel et hors de la maison. Ces bases reposaient sur trois axes en particulier: l'amour, la modestie et la forte

14