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La Guinée - Requiem pour une révolution

De
70 pages
D'une enfance paisible au bord de la Soumba, à Dubréka, située à 50 kilomètres de sa ville natale Conakry, l'auteur est très tôt happé par un système totalitaire et pervers. Malgré les difficultés du régime qu'il retrace dans ce livre, celui-ci lui a permis de découvrir un univers qui lui était jusqu'alors inconnu : la vie de village. Oudoumakoro, le premier village de Sakhodougou est devenu aujourd'hui le sien. Après 17 ans passés en France, il s'est installé à Kankan, comme son grand-père déplacé à l'époque par les conquêtes samoriennes. Avec Hélène, sa femme française et leur fille Kensa, ils vont régulièrement à Ouudoumakoro.

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LA GUINEE REQUIEM POUR UNE RÉVOLUTION

(Ç)L'Harmattan, 2003 ISBN: 2-7475-5414-7

MandioufMauro SIDIBE

LA GUINÉE REQUIEM POUR UNE RÉVOLUTION

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

AVANT-PROPOS
Après la mort d'Ahmed Sékou TOURE, beaucoup de livres ont été écrits, pour la plupart par des victimes de son régime. A travers cet ouvrage, je voudrais apporter un témoignage sur cette époque.

CHAPITRE I
Premier contact avec Sékou TOURE

J'étais jeune lorsque j'ai entendu pour la première fois parler d'Ahmed Sékou TOURE. Je suis né à Conakry, la capitale de mon pays, dans la maternité de l'hôpital BALLA y (du nom du premier gouverneur colonial de Conakry), rebaptisé depuis Ignace DEEN. J'ai appris plus tard par ma mère qu'elle résidait à l'époque dans sa famille car elle était en désaccord avec mon père pour une raison que je ne connais pas. Mon grand-père maternel m'a baptisé le 7ème jour après ma naissance et m'a donné le nom de mon grand-père paternel. Le jour du baptême, mon père est venu chercher ma mère, après avoir appris que son enfant était un garçon; il en était fier et heureux. Mon grand-père maternel m'a toujours parlé de cet épisode de ma vie en disant avec orgueil que, grâce à lui, deux moutons avaient été sacrifiés pour l'occasion, au lieu d'un seul, comme le voulait la tradition. Le premier avait été acheté par mon grand-père, Je second par mon père. La présence de ma mère chez ses parents à ma naissance n'est pas un fait rare en Afrique. Très souvent, en cas de conflit dans un couple, la femme prend ses affaires et repart dans sa famille. Cette séparation est de durée variable selon l'ampleur de la mésentente. Le couple se donne du recul et reçoit les conseils des membres des deux familles. Il finit le plus souvent par renouer. Je pense que ce phénomène peut expliquer Je nombre peu élevé de divorces. Pour mes parents, la naissance d'un fils a dissipé tous les malentendus et ma mère est retournée vivre à Dubréka où mon père exerçait comme agent technique des grandes endémies. Nous vivions à deux cents mètres d'une rivière, dans une maison rectangulaire, faite de briques rouges et surmontée d'un toit de tôles ondulées. J'ai dormi dans une grande chambre avec ma mère jusqu'à l'âge de trois ans. En Afrique, les parents dorment dans des chambres différentes, ce qui permet à la mère de garder son enfant avec elle et de l'allaiter. Pendant cette