//img.uscri.be/pth/cfa00d101ac4fb887c1f4d7890dfd4202727f793
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 1,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB - PDF - MOBI

sans DRM

LA ROUTE

De
174 pages

David est un petit peu chahuteur, mais tout jeune, il comprend la vie, avec ses bons et ses mauvais passages. Sa jeunesse est des plus intéressantes bien qu'il ne se consacre pas à de grandes études. Le héros tente de vous expliquer la création d’une route, avec des infos toutes plus folles les unes que les autres. C’est du vécu et beaucoup se retrouveront dans son récit, sans pour autant avoir jamais passé le cap...


Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

Couverture

Image couverture

Copyright

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-98978-9

 

© Edilivre, 2015

 

 

Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est bien le fruit du hasard, mais également celui de ma mémoire et de mon imagination. Tous les noms ont étés purement inventés et toute ressemblance avec qui que ce soit est bien le fruit de votre seule inspiration et fantaisie. Ceci bien entendu pour garder l’anonymat… et éviter les ennuis.

 

 

Tout est en un (Abraham)

Tout est sexuel (Sigmund Freud)

Tout est amour (Jésus-Christ)

Tout est relatif (Albert Einstein)

Tout est économique (Karl Marx)

Tout est route (David Plantade)

Et ensuite ?

Tout est fini (un voisin dépressif)

Tout est possible, mais cher ! (mon beau-frère Laurent)

Tout est prêt, viens manger ! (ma femme)

Tout est cassé, viens réparer (mes enfants)

Dédicace

A ma femme,

A mes enfants,

A mes parents…

Prologue

Comme toute autobiographie romancée qui se respecte, il faut partir de quelque chose que l’on connait, par cœur, que l’on aime, et que l’on a envie de partager. Pour moi c’est la route et les infos. L’hiver avec ses intempéries en passant par le printemps et la suite des saisons où nous retrouverons à chaque fois les avantages et les inconvénients de chaque mouvement climatique. Nous pouvons ouvrir une parenthèse sur ces derniers qui de plus en plus provoquent de nouveaux exodes, si l’on s’intéresse un minimum à ces nouveaux phénomènes. Nous nous apercevons facilement que nous sommes en train de subir des mouvements de population, suite (chacun aura son opinion) au réchauffement climatique. Je ne suis pas assez qualifié pour vous apporter une réponse respectable, mais je sais, j’en suis persuadé, qu’à court ou moyen terme, cela posera des problèmes pour vivre ensemble correctement (culture, religion, éducation…). Mais revenons à notre route et n’oublions surtout pas ce qui gère le quotidien de ces travailleurs de l’extrême (également surnommés « les légionnaires du TP ») : ce n’est autre que l’argent, le « pognon », chose, je pense, qui fait avancer n’importe qui à n’importe quel poste d’une entreprise. Nous ne pouvons pas vivre correctement sans nos souvenirs, d’où je l’avoue peut être un petit peu trop d’infos ou de piqûres de rappel qui irriterons peut-être certains d’entre nous. Sachez que personne ne vous oblige à lire cette œuvre d’art mais, si vous arrivez au bout, vous sortirez certainement grandis et pourrez profiter de ces nouvelles connaissances au quotidien avec vos ami(e)s.

Origine

La chaussée est plus communément appelée « route » par le commun des mortels et surtout dans les pays soi-disant industrialisés, civilisés. Dans certains endroits cela se nomme également : piste, sentier, voie, rue, allée, passage, via…

Ici nous l’appellerons la route, endroit où les gens circulent, travaillent, communiquent.

Sans celle-ci, rien ne serait possible, tout serait excessivement cher, les moyens de communication réduits voire inexistants, réservés uniquement à certaines populations, souvent aisée ou pire encore, à des voyous, des truands, des mercenaires (à ne surtout pas confondre avec les légionnaires) qui se retrouveraient dans leur havre de paix, des vagabonds de grand chemin qui se faufileraient dans les moindres recoins d’une forêt ou d’un hameau, endroit où la population se rassemblerait pour pouvoir faire face et s’organiser face à ce genre de personnes souvent peu fréquentables.

Nous retournerions donc à « l’age de pierre », où la terreur et la faim feraient agir certaines personnes de façon immorale et abominable. Pas de route, donc pas ou peu de communication, d’instruction (berceau de notre société), par conséquence la débandade, pire peut être encore. Voilà certainement comment cela se passerait.

William_Powell_Frith_Claude_Duval

Claude Duval, peint en 1860
par William Powell Frith. Le bandit de grand chemin.

Pour construire une route, il faut d’abord l’imaginer, et c’est souvent là que tout commence (bien ou mal, le Ying ou le Yang).

L’imagination : quand on emploie ce terme, cela ouvre souvent les esprits et laisse le passage à la folie parfois utilisée par certaines personnes influentes, comme les décideurs et les financiers de ces grands projets.

Les financiers : voici un terme que j’ai beaucoup de mal à utiliser, car ces personnes payent, donnent des ordres, sans savoir qui a réellement donné l’argent et très souvent elles ne connaissent pas ou très peu le travail de terrain.

Les meilleurs ont une morale et essaient de s’initier à ce métier au travers de formations, mais pour la plupart, cela se traduit souvent par de l’incompétence et donc de l’argent jetée par les fenêtres, et qui pourrait être utilisée de bien meilleure façon. Mais revenons à notre route. Pour la construire correctement il faut l’aimer et être un brin aventurier.

Une route comporte des carrefours, des sens interdits, des giratoires…

Mais elle ne s’arrête jamais. Beaucoup de personnes l’utilisent, et, de n’importe quel endroit où nous nous trouvons, vous, lecteurs, pouvez décider de prendre la route. Oui, maintenant. Allez, habillez-vous, mettez de bonnes chaussures (très important), n’oubliez pas le couvre-chef, très utile pour la pluie comme pour le soleil, un sac pas trop lourd et de quoi boire et manger !!!

On plante tout, et on part pour le tour du monde, ou tout simplement une grande balade, seul ou en famille. Qui n’en a jamais rêvé ? Si vous pensez que non, réfléchissez bien et vous trouverez certainement un écho à ce que je viens de vous soumettre. Je le reconnais, j’avoue y avoir souvent pensé, mais je n’ai jamais franchi le cap. Un jour peut-être. Pour ce genre d’aventure il faut posséder un brin d’inconscience, voire de folie, mais il faut souvent un élément déclencheur : maladie d’amour, perte d’un proche, je ne sais quoi encore, mais j’en suis intimement persuadé il faut un élément déclencheur.

Moi, David Plantade, je suis chef des enrobés dans une grande entreprise de travaux publics. Mon devoir, ma mission et mon expérience m’obligent à transmettre les valeurs de ce formidable métier, nous resterons debout et irons au bout du monde. Je vais essayer de vous raconter la création d’une route. Après l’avoir imaginé, il faut trouver un financier, chose qui n’est pas simple et qui demande un certain bagout, ce qui n’est pas à la portée de tout le monde. Je n’ai pas beaucoup de considération pour la moyenne et grande finance, car je m’informe par les médias, comme la plupart des gens, et j’entends trop souvent parler de situations de détresse mettant en scène des enfants, des femmes qui mériteraient plus d’attention de notre part. Ces hommes d’affaires, qui brassent tellement d’argent, sont déconnectés de la réalité et j’aurais tendance à être trop sévère avec eux. Mais tout ceci n’est pas à l’ordre du jour et ne nous éloignons pas de notre sujet qui est l’amour de la route. Une fois trouvé le financier, il nous faut un tracé, bien souvent déjà existant à plus de soixante-dix pour cent. En effet, la nature nous a souvent aidés en créant le tracé pour nous, au détour d’une montagne ou d’une rivière. Nos ancêtres, depuis la nuit des temps, n’ont fait que suivre les contours naturels. Et nous, en 2012, roulons, courrons, marchons sur leurs traces. Nous ne faisons que repasser sur les voies sur lesquelles nos ancêtre les gaulois ont pourchassé nos ennemis les romains sur leurs chars, preuve que ces voies n’étaient pas si mal construites car nous faisons maintenant plus de rénovation que de construction (je ne suis pas certain que nos création d’aujourd’hui soit aussi résistantes que celles de nos aïeuls). Une route est pour moi une œuvre d’art et avoir le privilège d’y travailler dessus est à mon sens un plaisir et une joie sans fin dans ce monde si beau et qui apporte autant de satisfaction que celui du travail. Tout les matins je suis bien au chaud dans mon lit douillet, je fais l’effort de me lever, je me douche je me rase. Mon lit n’est plus qu’un lointain souvenir et quand je pars sur la route je suis fier d’aller travailler même si parfois cela se révèle un peu plus compliqué sur le terrain.

Bien évidemment, des plaisirs j’en trouve par ailleurs, et à mes yeux, le plus important reste la rencontre avec mon épouse, ma vie avec elle, et la naissance de nos deux enfants, Manon et Enzo qui, pour moi, et malgré les difficultés quotidiennes, m’apportent énormément de bonheur. Je me passionne pour ces repas en famille ou chacun y va bon train de son histoire, à chaque fois un peu plus grosse, tous ces moments qui, après un bon apéritif et un peu de bon vin trouvent toujours un équilibre parfait. Comme la route, il ne faut pas oublier un petit apéritif un peu de vin et un bon repas, sinon les trajectoires ne seront pas exactes. Comment, moi, insouciant et surtout n’ayant aucune idée de mon avenir futur, ai-je réussi à me retrouver à diriger une équipe d’enrobés (fleuron de toute entreprise de travaux public qui se respecte) ? Hormis ma passion exubérante pour le sport et la « fèstaïre », ma jeunesse se passait dans les champs de l’entreprise familiale. Quel bonheur pendant les vacances scolaire de se retrouver en famille dans la nature, avec parfois des moments difficiles car le travail de la terre n’est pas toujours de tout repos, mais que voulez-vous !!, j’étais jeune, beau, insouciant, un peu d’argent pour récompense, un toit (chez papa et maman) et toujours le ventre plein. Ces années-là furent plus enrichissante que toutes mes années d’études et commencèrent à forger mon esprit pour les années à venir. A dix-huit ans j’eu la malchance de me faire renvoyer de l’internat où je faisais mes études, rien de bien méchant, mais tout de même, on a beau faire le fort, quant cela nous arrive on est moins fier. Je n’ai pas besoin de vous expliquer l’explication qui a suivi avec mes parents quand je suis rentré à la maison, d’autant plus que quelques années auparavant, lors d’une rentrée scolaire, trop pris par la préparation de mes affaires pour l’internat, par peur qu’il ne me manque quelque chose, j’avais carrément oublié mon cartable dans la cuisine, à cent kilomètres de l’établissement ou j’avais prévu de faire mes études. J’ai passé deux jours et demi sans mes affaires de classe, heureusement, la rentrée était un mercredi. Déjà à cette époque (j’avais quinze ans), je m’étais bien fait réprimander par l’ensemble de l’équipe scolaire et par ma famille, seul mon frère cadet de trois ans me considérait comme un héros. C’est lors de cette période que je commençais à pratiquer le sport avec passion. Les sports de contact m’ont toujours passionné, mais avec un poids de 70 kg le rugby devenait difficile, surtout en jouant devant. Jamais je n’aurais pu continuer ce sport si l’enseignement de mon club n’avait pas été exemplaire et fusionnel avec les valeurs que mes parents avaient forgées dans mon esprit : combativité, compétitivité, respect honneur. Combien de fois après s’être un peu trop chamaillés à l’après match les dirigeants nous faisaient-ils la morale, comme à des enfants ? « – Quand vous sortirez, ce soir, en ville pas d’histoires, vous représentez le club, le village… ». Il fallait que nous soyons toujours impeccables, irréprochables et je le répète, jamais, je n’aurais pu tenir si les valeurs de ce club n’avaient pas été également les miennes. Oui je faisais partie de la Nicolaïte 15. J’avais quitté le foot sur un coup de tête, et je me retrouvais donc là, numéro sept parfois numéro deux au club de la nicolaïte quinze. Les coéquipiers étaient comme des frères, et plus de 20 ans après parfois j’en retrouve quelques-uns car jamais je n’ai pu me détacher complètement de cette seconde famille. En parallèle, je pratiquais le judo et la natation. Entre les filles, la fèstaïre, la fin de l’adolescence et les études, j’avais dû arrêter tous les autres sports. Je ne démarrais la natation que tardivement, option que l’on nous proposait pour le passage du brevet professionnel (parfois j’oubliais mon sac de classe mais je n’ai jamais oublié celui de sport), mais ce fut profitable car cela me permis d’obtenir mon examen avec la mention BIEN (dans le sport). Je parviens même à finir premier régional au cent mètre nage libre de ma promotion. Ce qui ne fut pas le cas dans les autres disciplines. La même année, j’obtiens ma ceinture noire de judo ce qui était un rêve depuis l’âge de sept ans, âge auquel j’avais commencé ce sport. D’ailleurs, si je n’avais pas eu un stupide accident de tatamis à l’âge de 30 ans je pense que je le pratiquerais toujours. J’ai d’ailleurs espoir de reprendre un jour car cela me démange de plus en plus. Je pratique bien le vélo et le footing avec mes enfants mais cela n’a rien à voir, les enjeux ne sont pas les mêmes et quoi que l’on puisse dire, à n’importe quel âge il y a toujours un peu de compétitivité.

*
*       *

Depuis plus d’une semaine, pris par le boulot et des horaires extrêmes, je n’ai pas pris la plume. Enfin un lundi un peu plus tranquille, je trouve un instant pour me remettre à l’ouvrage sur ce qui deviendra, je l’espère, mon futur chef-d’œuvre et qui, je l’espère aussi, vous comblera et répondra à toute vos attentes.

Mais revenons à la route. Une fois trouvé le financier, le tracé, il reste encore beaucoup de choses à voir : les géomètres, le laboratoire… Il existe 2 types de travaux routiers : création, ou tout simplement rénovation.

Pour la création aussi petite soit-elle (la route), une même structure est toujours nécessaire. Nous commencerons par le terrassement. Généralement 1 m de profondeur, nous y trouvons de très gros engins : bulldozer, scrapeur, pelle à chenilles, tombereau (sorte de gros camion utilisé uniquement sur chantier), les machines que nous trouvons en terrassement sont magiques et font rêver n’importe quel enfant ou adulte. Moi le premier, je me délecte devant ces monstres d’acier qui vrombissent tous plus fort les uns que les autres et il faut quand même être une personne aguerrie pour se rendre compte avec quelle précision ces engins sont capables de travailler. En terrassement nous travaillons généralement à plus ou moins10 cm de précision, sachant que plus le projet avance et plus cette précision augmente, de l’ordre du millimètre. Mais ça, nous le verrons par la suite. Le terrassement est généralement long voire très long dans le temps.

Certains chantiers peuvent durer jusqu’à un an. Donc quatre saisons et les aléas à chacune d’entre elle.

L’hiver

L’hiver ! La saison la plus dure pour le matériel comme pour le personnel. Nous souffrons dans la boue, sous la pluie, le vent, le froid. Mais il existe une formidable machine qui ne s’arrête quasiment jamais, c’est celle que forme l’ensemble du personnel du chantier. Comme sur un terrain de sport, dans l’adversité et dans des conditions difficiles, c’est là que se forment les grandes amitiés, et souvent, bien des années plus tard, quand on se retrouve on ne sait où, parfois sur un chantier à des centaines de kilomètres, ou tout simplement un dimanche après-midi en se promenant, on se remémore très souvent les souvenirs, des problèmes qui sur le moment nous paraissaient insurmontables mais qui au fil des ans se sont souvent amenuisés, des moments de joie, des anecdotes qui provoquent à chaque fois toujours autant de rigolade et bien souvent encore plus après avoir pris un petit Ricard dans un verre à ballon. Mais toujours avec une grande modération, car, en deux mille douze nous faisons très attention à ce genre de chose. Les entreprises, comme les services de police font une chasse à l’alcool. Chose que je conçois tout à fait et qui est, je serais tenté de dire, une bonne chose pour ma profession, que j’aime énormément.

Le printemps

C’est une saison que j’adore. C’est le renouveau, les éclosions les première fleurs et toujours ces monstrueuses bête mécanique qui ronronnent de plus en plus fort et dont il semble qu’elles ne vont jamais s’arrêter. Les enduits redémarrent, les équipes d’enrobés sortent de leurs sommeil. Mais j’oubliai : les enduits, qu’est-ce que cela peut bien signifier ? Je vais tenter de vous l’expliquer. Cela consiste à améliorer une route a faible circulation par l’apport de couches successives alternant bitume et différents granulats (cailloux). Et les enrobés, alors ? Généralement, pour les routes à circulation plus dense, cela consiste à structurer ou restructurer toute ou partie de la chaussée. Ils sont constitués principalement de granulats et de bitumes. Bien sûr, nous avons d’autres ingrédients secrets et les formules sont bien à l’abri dans des laboratoires spécialisés. L’épaisseur sur une chaussée classique est d’environ cinq centimètres et l’enrobé est bien sûr un peu plus onéreux que les enduits mais un matériau bien plus noble ainsi que bien plus résistant dans le temps.

L’été

L’été, souvent propice aux vacances, mais il faut le reconnaître, en faisant ce métier, il est difficile de prendre des congés en été. Mon équipe et moi même essayons de prendre ces dernières en décalé afin de perturber le moins possible la vie de nos chantiers et emmener au plus haut les jeunes et les moins jeunes dans la connaissance de ce métier formidable.

Le trou

Mercredi neuf janvier : je reprends le stylo que j’avais laissé depuis quelques jours. Les fêtes se sont déroulées à merveille, maintenant place aux vœux de remerciement et aux soirées officielles de célébration de cette nouvelle année. Ces dernières ne m’intéressent guère, ce n’est pas un milieu pour moi, ni pour mon épouse. Nous ne sommes pas à notre aise. Le train-train habituel a repris : boulot, école… Sauf pour ma fille qui n’a pas était bien à la fin des vacances scolaires, ce qui l’a obligé à reprendre l’école avec deux jours de retard. Pour elle, c’est très grave. Je pense quelle est encore petite et que cela lui passera. Moi, quand je pouvais manquer un peu l’école, j’étais plus heureux que perturbé. Bref, je ne pense pas être un bon exemple à ce sujet et je me garde bien de le lui dire ! Tant que l’école lui plait, tout est parfait. Depuis le cinq Janvier, j’ai attaqué officiellement mon grand projet de piscine (olympique), clôture et garage. Cela ne fait que quatre jours et malgré un temps qui n’est pas au beau fixe (pluie, trois degrés en moyenne), je suis prêt à couler la dalle. Ce sera demain matin. J’ai quand même rencontré pas mal de problèmes : panne du tractopelle, des outils à trouver au dernier moment ou carrément matériaux à acheter, mais en y mettant du cœur et quelques prières je pense y arriver. En si peu de temps, je suis déjà passé par les extrêmes : d’un côté la joie de se lancer dans ce projet, mais aussi l’appréhension. Il ne faut pas oublier que c’est ma première « piscine », et bien que je sois bricoleur, cela reste quand même délicat. Sur quatre jours de préparations, je compte quand même quatre pannes, et pas des moindres : flexible hydraulique qui lâche, (et forcement inaccessible) et axe dessoudé pour la pelle, et le pompon pour le dernier jour de préparation : le laser qui me lâche. J’ai fini à l’ancienne, à la règle et au niveau. Ce n’est pas grave, j’ai déjà montré que j’avais un moral en acier et j’espère que les jours suivants seront moins pénibles. Ce soir à dix-huit heures, je suis presque prêt, il ne me reste qu’une demi-heure de préparation pour demain, mais j’ai préféré rentrer au chaud car je n’y voyais plus grand-chose et j’étais gelé. Quand on est fatigué ou que les conditions ne sont pas réunies, on ne fait pas du bon travail ! Il vaut mieux garder mes forces pour les jours suivants, je risque d’en avoir besoin. De toute façon, la toupie de béton n’arrive que vers neuf heures. Le jour se lève a huit heures, j’aurais donc le temps de finir. De plus, deux amis viennent me prêter main forte pour tirer cette toupie le plus correctement possible. Si cela se passe comme je le souhaite, demain soir je pourrais souffler un petit peu. Je suis satisfait car la météo annonce pour la semaine prochaine un temps et une température qui, je pense, ne seront pas des plus agréable pour travailler dehors. Il faut quand même reconnaître que nous sommes mi-janvier et que c’est tout simplement un temps de saison, voire un beau temps, alors je ne me plains pas. Si demain soir, ma dalle et les fondations sont réussies, je serai content. Une fois la première phase des travaux achevée, le reste n’est plus que du « petit » bricolage, et ça, je maîtrise !

Info

Depuis le quatre janvier, je ne vous ai donné aucune info, ce n’est pas raisonnable. En mille huit cent neuf, le quatre janvier, ce fut la naissance de Louis Braille en Seine et Marne. Devenu aveugle à l’age de trois ans, il créé par la suite un système d’écriture en point saillant pour les aveugles. Ce même jour, mais en deux mile dix, inauguration à Dubaï de la « Burj Khalifa », la plus haute tour du monde, culminant à huit cent vingt-huit mètres de haut. Son coût de construction est estimé à environ un milliard d’euro. Mais où est donc passée la crise ? Pas ici, en tout cas !

Burj Khalifa

Le cinq janvier mille neuf cent quatre-vingt-trois, dissolution du (FLNC), Front de Libération National Corse. Quatre janvier deux mille, année historique, changement du millénaire, Peggy Bouchet devient la première femme Française et la troisième mondiale à boucler la traversée de l’Atlantique à la rame en solitaire après quarante-neuf jours de mer (chapeau !). Le six janvier mille quatre cent douze, naissance de Jeanne D’Arc à Domrémy, un petit village des Vosges. Cette dernière sera brûlée sur le bucher le trente mai mille quatre cent trente et un, à seulement dix-neuf ans, à Rouen. En si peu de temps elle aura réussi ce que la majorité des êtres humains ne feraient pas en une vie : surnommée « la pucelle d’Orléans », fille d’un laboureur aisé, très pieuse, elle entend à treize ans une voix l’engageant à délivrer Orléans, ville assiégée par les Anglais. Après avoir été reçue par le Roi Charles XVII, elle prend la tête d’une petite armée et joue un rôle décisif dans la délivrance d’Orléans. Plusieurs victoires sur les armés Anglo-Bourguignone (dont celle de Batay) lui permet d’obtenir les faveurs du Roi. Elle monte sur Paris, et en tentant de sauver Compiègne, en mille quatre cent trente, elle est capturée et remise aux Anglais. Déférée au tribunal d’inquisition de Rouen, présidé par l’évêque de Beauvais, Pierre Cauchon, elle est jugée, sans défenseur, en procès pour hérésie. Déclarée hérétique et relapse, elle est brûlée vive en place publique en mille quatre cent trente et un. A la suite d’une enquête diligentée par Charles XVII, elle est réhabilitée en mille quatre cent trente six. Jeanne a été béatifiée en mille neuf cent neuf et canonisée en mille neuf cent vingt. Jeanne d’Arc a inspiré de nombreuses œuvres tant lyriques qu’écrites… Ce même jour, mais en mille neuf cent cinquante-neuf, publication en France des ordonnances instituant l’école obligatoire jusqu’à seize ans. Ha ! L’école ! Si détestée tant qu’elle est obligatoire, si enviée par ceux qui n’y ont pas accès et si regrettée par ceux qui l’ont quitté. Tout les parents, je pense, disent la même chose à leurs enfants. Le sept janvier mille neuf cent vingt sept, première communication téléphonique entre Londres et New York. Les années mille neuf cent ont été une véritable petite révolution. Le huit janvier mille deux cent quatre-vingt-dix-sept, naissance de la dynastie Grimaldi. Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. Je reprendrai mes infos sur la vie de tous les jours un peu plus tard. Ce week-end j’ai laissé tomber le chantier colossal de ma piscine. Hier, j’ai accompagné les enfants au sport. Enzo avait un tournoi de ping-pong ou il réalisé une belle performance tandis que son cousin Thomas termine premier de sa catégorie. Ils sont aux anges. Manon, quant à elle, continue la gym et le tennis et elle est toujours aussi dissipée à la maison.

Peine

Avec mon épouse, ainsi que Laurent son frêre et sa femme Patricia, nous décidons de rendre visite à Benoît, leur cousin gravement malade, atteint d’un cancer généralisé. Il a mon âge et trois enfants, c’est très dur. Nous savons tous qu’il n’en a plus pour très longtemps. Après avoir discuté longuement avec lui, je me demande si lui-même est conscient de l’état dans lequel il est. Tant pis, tant qu’il ne souffre pas trop, cela peut aller, mais il nous a quand même confié que parfois il éprouve de grandes douleurs. Ses trois enfants étaient la, ce fut un moment assez émouvant, on décide de les laisser un peu entre eux, je pense que ces instants-là sont très importants. Nous finissons par rentrer, le cœur serré car nous savons tous qu’elle en sera l’issue. Ils l’ont transféré dans une chambre individuelle, dans un service où les enfants de moins de quinze ans (sauf dérogation exceptionnelle) n’ont...