Le berceau du monde
28 pages
Français

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Le berceau du monde

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Description

Comment continuer à espérer après avoir vécu l’horreur des camps ? La nouvelle Le berceau du monde est l’un des très rares documents littéraires du XXe siècle témoignant du réapprentissage de la vie après l’expérience de l’extrême souffrance.
Boris Pahor y raconte ces quelques heures qui suivent son retour de l’enfer, le 1er mai 1945. Sa sortie du train, à Lille. Ses déambulations dans les rues, accompagné de deux camarades rescapés ; eux, les revenants vêtus de toile rayée, parmi tous les autres hommes...
Un témoignage puissant et subtil qui redonne foi en l’humanité.
Écrivain slovène reconnu à travers le monde, Boris Pahor continua toute sa vie à combattre toutes les formes de dictature. Son œuvre (Printemps difficile, Pèlerin parmi les ombres...) est un message à la fois de vigilance et d’espérance.
Cette première édition numérique du Berceau du monde est accompagnée d’un entretien vidéo inédit avec Boris Pahor.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 11 juillet 2012
Nombre de lectures 0
EAN13 9782363151629
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0007€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Le berceau du monde
Boris Pahor
traduit du slovène par Andrée Lück-Gaye et Claude Vincenot
ISBN 978-2-36315-162-9

StoryLab Editions, 2013 et Les Lettres Européennes, 2013


Les éditions StoryLab proposent des fictions et des documents d'actualité à lire en moins d'une heure sur smartphones, tablettes et liseuses. Des formats courts et inédit pour un nouveau plaisir de lire.
www.storylab.fr


Les Lettres Européennes sont une association pédagogique et culturelle de droit français visant à reconnaître et à soutenir le patrimoine littéraire européen.
www.leslettreseuropeennes.eu
Table des mati res

Préface
LE BERCEAU DU MONDE
"CROIRE ENCORE DANS LE MONDE" : l'interview vidéo de Boris Pahor
Biographie
DU MÊME AUTEUR


Quand Ulysse revient à Trieste , éditions Pierre-Guillaume de Roux, 2013
L'Appel du navire , éditions Phébus, 2008
Dans le labyrinthe , éditions Phébus, 2003
La Porte dorée , éditions du Rocher, 2002
Jours obscurs , éditions Phébus, 2001
Arrêt sur le Ponte Vecchio , éditions des Syrtes, 1999
La Villa sur le lac , éditions Bartillat, 1999
Printemps difficile , éditions Phébus, 1995
Pèlerin parmi les ombres , éditions de la Table ronde, 1990
Préface

MA PETITE SŒUR L'ESPÉRANCE

Il faut écrire de la poésie après Auschwitz : je pourrais synthétiser ainsi dix ans de rencontres et d’échanges avec Boris Pahor, écrivain rescapé des camps de la mort, le 1 er mai 1945, qu’est venu, à soixante-dix-sept ans, couronner le succès littéraire international, suite à la parution en français de Pèlerin parmi les ombres (éditions de la Table ronde, 1990, du titre original Nekropola ) .
« Écrire un poème après Auschwitz est barbare », disaient le philosophe allemand Adorno et toute l’Université française avec lui. Longtemps, je me suis rangé à leur point de vue, qui faisait autorité. Et puis, en 2003, voilà que je découvre le recueil de nouvelles Arrêt sur le Ponte Vecchio (éditions des Syrtes, 1999). Je dirigeais alors la résidence pour écrivains Villa Mont Noir, dont le conseil général du Nord m’avait confié la création, dans la propriété d’enfance de Marguerite Yourcenar.
C’est donc une lettre d’invitation, adressée en 2003 à un romancier slovène de quatre-vingt-dix ans pour lui proposer un séjour dans le berceau flamand de l’illustre romancière, qui m’a permis, en juin 2004, de découvrir un jeune homme nonagénaire, natif de Trieste, vivant et écrivant dans cette ville après avoir connu l’horreur concentrationnaire du Struthof, de Dachau, de Dora, de Bergen-Belsen : Boris Pahor, l’homme du « triple non », — au fascisme, au nazisme, au communisme —, l’auteur de la nouvelle Le berceau du monde (traduite par Claude Vincenot et Andrée Lûck-Gaye, éditions des Syrtes, 1999), découverte quelques mois plus tôt au hasard de mes lectures, était devant moi.
Avec les romanciers argentin et français Eduardo Berti et François Perche, résidents comme lui de la Villa Marguerite Yourcenar cet été - là, il parlait poésie, littérature et philosophie, sur les pentes du mont Noir, à la frontière entre France et Belgique, à quarante kilomètres de Lille. Soixante ans après s’être extirpé de Bergen-Belsen et de ses fours crématoires en uniforme zébré, le voilà revenu tout près des « rues de Lille, où il était arrivé, le matin du 1 er mai 1945, au moment du lever du soleil, pour s’apercevoir, très vite, que l’image d’une humanité repacifiée était une puérile et naïve illusion, née sur le bord d’un monde en déclin […] » ( Mirage chez Hadès , texte inédit écrit à la Villa Marguerite Yourcenar).
Et pourtant, qui lit l’œuvre de Pahor, et, singulièrement, Le berceau du monde , comprend la formule de Charles Péguy, et son invitation à tenir par la main « ma petite sœur l’Espérance ».
Je souhaite ici, bien simplement, feuilleter les pages du Berceau du monde , et les commenter à la façon d’un professeur partageant avec un jeune auditoire son émotion de lecteur. Cette nouvelle est l’un des très rares documents littéraires du XX e siècle qui témoigne du réapprentissage de la vie après l’expérience de la souffrance extrême dans l’extrême oppression : Boris était trentenaire, étudiant au séminaire, quand la tyrannie fasciste lui a fait connaître la barbarie du système concentrationnaire nazi. Mais voilà qu’au printemps 1945, un coup de dés de l’Histoire lui permet, à trente-deux ans, de s’extirper de l’enfer, et le voici qui s’initie, quelques jours, à la sortie d’un train de hasard, à balbutier à nouveau le b.a.-ba de l’alphabet humain. Dans le Nord de la France, à Lille, dans le quartier de la gare.
Pourquoi Péguy ? Pourquoi cette référence à un poète chrétien français, fauché par les premières rafales de la Première Guerre mondiale, pour saluer un écrivain natif de Trieste qui a respiré la fumée des crématoires et qui a perdu la foi dans cet enfer ?