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Le Bout du tunnel

De
116 pages

Ce récit conte l'histoire vraie d'un drame, tant personnel que familial et professionnel, dans lequel chacun peut se retrouver. Suite à un accident de la route dont je fus victime, ma vie et celle de mes proches a été bouleversée. Ce jour du 17 juin 1994, je suis « décédé » et un autre moi est né. Chacun a dû s’y adapter.
Cet ouvrage autobiographique a aussi pour but de sensibiliser les hommes aux dangers, causes et conséquences d’un accident de la route.


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-82341-0

 

© Edilivre, 2014

Hommage

Pour Éric

Faut-il vraiment une raison,

Afin de ne point t’oublier,

Toi qui fus plus que tout pour moi ?

Et même au plus profond de mon cœur,

Je pense à toi avec chaleur.

Et il ne se passe pas un jour pendant toutes ces années

Qui m’empêche de témoigner de notre amitié.

À toi mon frère, mon double

Qui restera gravé dans ma vie.

Le chagrin s’estompe avec les années,

Mais jamais cela ne me fera t’oublier.

Et bien des fois, je suis avec toi

Par la pensée, étant sûr que tu es toujours près de moi.

Inutile d’un calendrier pour me rappeler

De celui qui fut, non seulement mon meilleur ami, mais plutôt mon frère de cœur que je ne pourrai oublier pour le reste de ma vie sans toi à mes côtés, et ce même si j’ai dû te dire au revoir, car je sais qu’un jour, peut-être on se retrouvera.

Introduction

À trente-quatre ans, il n’est pas évident de se faire à l’idée de faire une crise cardiaque, surtout lorsque celle-ci survient lors des suites d’un accident grave de la route qui a conduit à un polytraumatisme grave. Ce qui est également difficile est de ne plus avoir peur de la mort et donc de refaire un infarctus. La mort n’est rien pour celui qui décède, mais elle reste malgré tout un assombrissement dans la vie de ceux qui restent. J’en sais quelque chose.

Chapitre I

Une fraction de seconde pour un souffle de vie ou de mort. Dans mon cas, durant la nuit du 17 au 18 juillet 1994, le temps de cette fraction de seconde a tué mon meilleur ami, m’a handicapé à vie et a laissé au conducteur une chance incroyable ! Pendant ce laps de temps, je vous le dis, on n’a pas le temps de décider quoi que ce soit, ni de penser d’ailleurs. Et dans ce cas-là, tout ce qui vous reste à faire, c’est de vous battre ! N’oubliez pas ce que je viens d’écrire, ainsi que tout ce que je vais encore vous décrire, car mon histoire peut devenir celle de n’importe lequel d’entre vous. Depuis cet incident, et ce malgré le handicap restant, le soleil est revenu grâce à mon frère qui a toujours été et qui estencore présent et à ma famille (mes parents, ma grand-mère ainsi que ma marraine et mon parrain) et avec mon petit prince et ma petite princesse (mes enfants, Éric et Madison). Pour en revenir à notre histoire, il restera toujours un coin assombri par la perte de mon meilleur ami et plus encore : je dirais mon frère. Il y a aussi la compagnie de mon cousin Christophe et de sa petite fille Océane, devenue ma filleule, dont l’histoire sera reprise plus loin. Il y a aussi Philippe qui est devenu depuis cet accident un de mes meilleurs amis (que je peux compter sur le bout des doigts d’une seule main) et il l’est toujours. Je lui tire d’ailleurs mon chapeau et le remercie d’avoir réussi à me retrouver, ainsi que d’avoir été présent tous ces dimanches d’hospitalisation pendant quasiment un an. Et ce, sans oublier Geoffrey qui est toujours resté à mes côtés dans les bons moments comme dans les mauvais. D’ailleurs, toutes les personnes citées ci-dessus sont toujours restées à mes côtés quoi qu’il arrive.

Mais avant d’en arriver au récit même de l’accident et des conséquences dramatiques que celui-ci a engendrées, il faut d’abord que je vous parle un peu de la vie d’un personnage clé et qui, même s’il me manque encore énormément, permettra de donner des explications sur la suite des événements.

Avec Éric, nous étions amis depuis la maternelle et, les années passant, nous nous sommes rapprochés de plus en plus. Le jour où, comme tous les jeunes, j’ai fait une bêtise, il fut la première et l’unique personne qui est venue à mon aide, et ce sans jamais trahir notre secret ni même me juger. Au lieu de tout cela, il a fait le nécessaire sans jamais rien me demander en retour. C’est à partir de ce moment que nous nous sommes encore plus rapprochés au point de ne plus savoir nous passer l’un de l’autre : raison pour laquelle il était, dans ma tête, et à mes yeux, mon grand frère. Surtout qu’il était fils unique et que nos sentiments d’attachement l’un envers l’autre étaient devenus réciproques. Je commençais une phrase, il la terminait. Quand on se voyait, on n’avait même plus besoin de se parler. Quand l’un allait mal, l’autre le savait automatiquement.

C’était vraiment bizarre, comme si l’un était la moitié de l’autre. Par exemple, quand mon histoire d’amour avec Isabelle, le premier amour de ma vie (et qui l’est toujours malheureusement pour moi), s’est terminée, je ne voulais plus aller en cours, c’était trop dur. Mes parents ont cru à ce moment-là que j’étais malade et ils m’ont envoyé voir le médecin traitant qui m’a d’ailleurs mis au repos pour quelques jours. Après être rentré de chez le médecin, je suis allé chez Éric, histoire de lui dire bonjour. Et là, il m’a épaté en me disant : « Je sais que tu n’es pas malade, mais je sais aussi que c’est normal que tu ne te sentes pas bien. À ta place, je me sentirais mal aussi. Mais la vie continue et je vais t’aider. Demain, tu passes la journée avec moi et samedi on sort et tu ne me dis pas non ! »

Sans même lui dire quoi que ce soit, il savait ! Il savait que, Isa et moi, c’était fini et que c’était pour cela que je ne voulais pas aller en cours (Isa et moi étions dans la même classe). Ni vous ni moi n’arriverions à comprendre comment il le savait. Personne d’ailleurs ne le lui avait dit !

Puis il y avait aussi les blagues que l’on faisait à des potes. D’ailleurs, il y en a une que je vais vous raconter et qui vous rendra mort de rire…

Nous étions donc le 17 juin 1994, il ne me restait plus que deux examens à passer. J’étudiais alors la métacommunication, soit l’art de communiquer sur la communication. Ces deux examens étaient préparés durant toute l’année puisqu’il fallait simplement défendre un travail de groupe. Je décide donc de me permettre un temps de détente en invitant mon frère de cœur.

Il vint donc me rejoindre au centre-ville pour une sortie de fin d’examens et pour se marrer un coup, comme d’habitude lorsque l’on sortait en boîte. Il était italien d’origine et belge par adoption. On peut dire en quelque sorte que son cœur était coloré par deux drapeaux, celui de la Belgique et celui de l’Italie.

Cette double culture et son grand cœur le rendaient d’ailleurs que plus intéressant. Ce jour de sortie, il m’avait prévenu de son retard, car même s’il n’était pas fan de football, dès qu’il s’agissait de la coupe du monde, il ne ratait jamais un des matches de l’Italie ou de la Belgique.

Sachant qu’il s’agissait d’un jour important pour lui, je décidai alors de rester sobre dans l’attente de son arrivée, étant membre desResponsible Young Drivers(RYD), avant même la création de son antenne liégeoise, et il est important de préciser qu’à l’époque on ne parlait pas encore de « Bob ». Les RYD sont nés d’une fondation appelée « Tanguy Moreau » de Melen par un papa qui a perdu son fils lors d’un accident de voiture. Dès lors, j’avais pris l’engagement moral de ne pas boire au volant. Depuis ce jour, je n’ai plus touché un verre d’alcool, ni même une bière, ni même du vin ou quoi que ce soit qui se rapporte de près ou de loin à de l’alcool au volant.

Bref, respectant son choix, je décidai donc de lui proposer que l’on se retrouve en ville après le match de foot et, comme une bonne sortie l’intéressait toujours, il accepta. Je suis donc allé au karaoké qui existait encore à l’époque sur le boulevard d’Avroy, devenu aujourd’hui une taverne, et j’étais sûr de retrouver des potes à la voix aussi belle que déconnante et d’autres à la voix nulle de chez nulle. Mais on s’en foutait, pas comme l’époque actuelle où les jeunes ne savent plus s’amuser sans boire ; nous, on se marrait pour un oui ou pour un non, et ce sans complexe, tout en sachant tout de même rester sérieux lorsqu’il le fallait.

Une fois arrivé au karaoké, j’y ai donc retrouvé des copains et des copines. Ce soir-là, je m’amusais à tel point que j’ai osé monter sur scène pour un « bœuf » avec mes potes. Au début, qu’est-ce qu’on chantait faux ! Puis, pour finir, on a massacré la chanson, non plus en la chantant, mais en la gueulant. Ensuite, je ne saurais plus dire maintenant l’heure qu’il était tellement cela remonte à loin, qui vois-je arriver ? Éric ! Et je me suis alors rendu compte qu’il était accompagné d’un copain à lui que j’avais déjà vu, car il habitait le village, mais que je ne connaissais pas beaucoup, du moins pas autant qu’Éric.

D’ailleurs, un jour, bien avant le fameux soir de notre accident, avec Éric, on a vu arriver ce garçon mort bourré au Real, la discothèque dans laquelle nous nous rendions quand même assez souvent. Et comme aucun de nous deux n’avait bu, Éric me demanda de le ramener chez lui pour éviter l’accident. Ce qui fut dit fut fait. Et c’est donc ainsi que ce soir-là, il était rentré chez lui non seulement sain et sauf, mais en plus il avait gagné la confiance d’Éric qui me confia d’ailleurs qu’il pensait arriver à le rendre plus responsable qu’auparavant.

Éric avait toujours en lui ce don d’aider les plus faibles, et ce en ayant toujours confiance en la nature humaine. Pour lui, celle-ci ne pouvait rester fixe, mais pouvait toujours évoluer, soit en bien lorsqu’aidé par une personne saine et intègre comme il l’était, soit en négatif avec une influence contraire. Et pour Mathieu, il avait mis toute son âme et son cœur, ainsi que l’espoir de le rendre meilleur. Cependant, l’histoire prouvera le contraire. Je pense d’ailleurs que c’est une des raisons pour lesquelles nous étions si proches, comme deux frères.

Lorsque l’un commençait une phrase, l’autre la terminait ou on savait ce que l’autre pensait d’un simple regard, comme si nous étions télépathes. C’était comme si l’un pouvait percevoir le moral de l’autre, et ce sans même se parler.

Mais revenons à cette soirée du 17 au 18 juin 1994. Ayant vu Éric arriver, et ce même s’il était avec ce « phénomène », j’étais le mec le plus heureux du monde d’avoir un ami aussidisponible, et pas que pour les sorties d’ailleurs ! Éric, c’était vraiment le grand frère que je n’ai jamais eu, même si j’adore mon petit frère Xavier, mes sentiments étaient les mêmes pour Éric.

Tout comme je mettrais ma vie entre les mains de mon frère Xavier, à cette époque, je l’aurais mise dans celles d’Éric. Ils sont donc entrés dans le karaoké et on a bu un verre. Bien que l’on s’amusât bien, nous avions aussi besoin d’autres choses, c’est-à-dire danser et bouger. Nous n’avions pas besoin de boire pour nous amuser, certes, mais nous avions besoin d’en faire un maximum et donc de déconner en dansant surtout ! Parfois, on s’amusait à danser comme si on était en train de peindre, je vous laisse imaginer ce que cela pouvait donner. Et pourtant ça fonctionnait, on commençait tous les deux et on finissait à danser de la même manière avec vingt ou trente personnes. Du bar karaoké, nous sommes donc allés à pied dans une discothèque, l’Up-side. Quelle fut notre surprise lorsque nous nous sommes rendu compte qu’il y avait à peine cinq ou six personnes en plus de nous. Je me souviens qu’on a décidé d’y boire un verre en pensant que la discothèque allait se remplir au fur et à mesure. Plus nous avancions vers les deux heures du matin, moins la piste de danse se remplissait. C’est alors que, après concertation, Éric, Mathieu et moi-même avons décidé de nous rendre dans notre discothèque préférée, c’est-à-dire le Real. Naïvement, j’avais cru qu’Éric avait pris sa voiture. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je vis que nous ne partirions pas dans la voiture d’Éric, mais plutôt dans celle de son copain cité ci-dessus. Cela dit, à cette époque, en 1994, on ne parlait pas encore de faire des alcootests entre nous et ils n’étaient d’ailleurs pas en vente libre et réservés à la police. Mathieu semblait marcher droit et ne montrait pas de signe d’ivresse, surtout que je l’avais déjà ramené chez lui une première fois par le passé. Je me suis dit que si j’avais confiance en Éric, je pouvais avoir confiance également en celui qui allait prendre laresponsabilité de prendre le volant. LesResponsible Young Driversn’existant toujours pas à Liège, j’étais donc un des premiers membres de cette association à Liège. Dès lors, si j’avais aperçu ne fusse qu’un simple signe d’ivresse de la part du conducteur, c’est-à-dire Mathieu, jamais je ne serais monté dans sa voiture, jamais je n’aurais incité Éric à monter dans cette voiture. Mais le conducteur marchait droit et avait bu exactement la même chose qu’Éric et moi dans cette boîte de nuit, c’est-à-dire un gin-tonic. Comment aurais-je pu deviner qu’il avait déjà bu avant même de venir nous retrouver à la discothèque ?

Nous voici donc tous les trois en route vers la discothèque le Real, discothèque dans laquelle nous allions régulièrement, car l’ambiance était telle que l’on ne pouvait que s’y plaire, en tout cas à cette époque. Tout le trajet de Liège jusque sur la chaussée de Tongres se passa sans problème. Le conducteur respectait toutes les limitations de vitesse, les priorités à droite, les feux de signalisation, les passages pour piétons, bref, il respectait absolument toutes les lois régissant la conduite d’un véhicule.

Ce n’est donc que sur la chaussée de Tongres qu’il a commencé à accélérer. Quatre-vingts kilomètres-heure, quatre-vingt-dix kilomètres-heure, jusque-là rien de bien compliqué ni même de dangereux, car il ne faut pas se leurrer, tout le monde un jour ou l’autre dépasse de temps en temps les limitations de vitesse, même moi ! Celui qui me dira le contraire ne serait qu’un hypocrite. Bref,...