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Le Cheveu sur la soupe

De
172 pages

« Il m’apparaît assez clair que les personnes entassées dans cette rame de métro n’atteignent pas les objectifs de joie quotidienne qu’elles se sont fixés, si elles s’en fixent encore. Je souris. Au milieu de tous ces légumes ramollis, j’ai envie de me mettre à danser et à chanter. J’ai envie de prendre mon vieux voisin par la main et de le faire bouger, de coller des sourires sur leur visage fatigué. Si seulement j’avais l’audace, je me lèverais et j’irais me présenter :

- Bonjour, je m’appelle Antoine. Aujourd’hui, je pars en Australie ! »


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-83013-5

 

© Edilivre, 2014

Dédicace et remerciements

 

 

En hommageà Shooty, jeune homme généreux et audacieux, à l’humour irrésistible, que je considère comme mon ami, et qui, malheureusement, mit fin à ses jours le 25 octobre 2011, après plusieurs mois d’attente dans les centres de détention de Christmas Island et Villawood, où l’Australie accentua sa souffrance.

Remerciementsà Jen et Carrie pour l’hébergement d’urgence. A Graham, Alex, Jenny et Aloysia pour l’opportunité professionnelle. A Mark, Rathana, Andreea, Maria, Seuwandi, Jun, Claire, Ben, Nat, Nick, Alex, Shanghi et Jeff pourl’amitié fidèle. A Aude pour la photographie. A Pierre, Vincent, Marcos, Alice, Juliette,Luc, Émeline, Edouard et Christellepour la relecture et les apports précieux.Et évidemment à Bérengère, Stanislas, J-P, Catherine, Nathanaël, Antoine, Anne, Vincent, Victoria et Antoine pour le reste.

 

 

Précisons qu’il s’agit d’une œuvre de fiction et que toutes les personnes qui se reconnaîtront dans ce récit se tromperont peut-être.

Le cheveu

La Renault 5 s’engagea très lentement dans la rue Dupleix. Nous allions affronter un véritable déluge. A la tombée de la nuit, la capitale avait été prise d’assaut par un vent furieux et une pluie battante. Mon père conduisait avec précaution, au milieu des rues désertes et sombres, en direction de l’hôpital Saint-Michel du quinzième arrondissement de Paris. J’ignore s’il se préoccupait de la santé du bébé ou s’il faisait attention à ne pas endommager la seule chose qu’il possédait à l’époque : une petite automobile bleue ornée, au niveau du pare-choc, d’un fin trait vert pomme. Il avait surtout à l’esprit les conseils prodigués, quelques jours auparavant, par l’un de ses collègues de bureau :

• Tu n’as pas besoin de te presser, le bébé prend tout son temps.

• Tu crois ?

• Oh oui ! Il y a toujours une batterie de tests inutiles avant que ta femme soit admise en salle d’accouchement. Allez-y tranquillement sinon vous allez attendre des plombes. Crois-moi, ta femme te remerciera de lui avoir épargné les longues heures d’attente.

Mon père s’était préparé ainsi, avec les anecdotes des uns et des autres, mais sans jamais ouvrir le moindre ouvrage traitant de l’arrivée d’un enfant ; l’effet eut été, sur lui, soporifique.

Lorsque ma mère avait perdu les eaux, au beau milieu d’un dîner, mon père avait tranquillement terminé son plat. Puis il s’était préparé, en jouant la décontraction la plus totale, une tasse de café dans leur cuisine-chambre-salle à manger de l’époque.

• Mais qu’est-ce que tu fous ? avait-elle demandé avec un mélange de surprise et de colère dans la voix ?

• Je me prépare un café pour la route, avait-il commenté en souriant.

• Maintenant, là ?

• Fais-moi confiance, chérie, ça sert à rien de se presser, avait-il dit. On attend toujours des heures.

• J’aimerais bien savoir quand est-ce que tu es devenu expert en la matière !

Après un temps de réflexion, il avait menti :

• Figure-toi que c’était écrit dans le livre que tu as laissé sur la table de chevet.

• Tu l’as lu ?

• Evidemment, avait-il répondu avec aplomb.

Elle s’était immédiatement adoucie :

• Je t’aime, tu sais.

• Je sais, avait-il acquiescé en pensant qu’elle l’interrogeait sincèrement.

Sur le trajet, mon père continuait de paraître détendu. Il conduisait presque au ralenti, contrairement à son habitude. Il filait généralement sur les grands boulevards en slalomant entre les voitures. Ce soir-là, pourtant, pour la première fois dans sa vie, il ne se sentait pas l’âme d’un pilote. Il réfléchissait.

L’annonce de ma venue au monde avait causé bien des soucis au cercle familial. Les mots amers de mon grand-père revenaient en boucle dans la tête de mes parents :

• Je ne suis pas surpris mais simplement déçu d’avoir un bâtard comme petit-fils.

Ils n’étaient pas mariés lorsque je me suis annoncé. Dans une famille catholique, pratiquante à certaines heures cruciales, une telle affaire mène nécessairement au drame. L’enfant né avant l’échange de consentements, remake du péché originel, devient une énorme verrue au milieu du visage familial. Personne, du côté paternel, n’avait épargné les jeunes tourtereaux. La grand-mère, les oncles et les tantes, même la sœur et les cousins s’étaient rangés à l’avis du chef de clan. Ils nous avaient détestés. La tribu, unie contre le couple impie, s’en était donnée à cœur joie en multipliant les coups de téléphone incendiaires, les remarques désobligeantes à table et les incantations maléfiques.

Mon père, blessé par le comportement de ses proches, avait engagé des représailles, à vrai dire légères, pour répondre au commentaire acerbe du patriarche et aux injures de ses sbires : il avait menacé de m’appeler Alfred ! Un affront certain à la bourgeoisie revendiquée par le petit cercle. Durant quelques semaines, le chantage avait produit son effet puisque la majorité s’était tue. Mais, bien vite, sous les menaces toujours plus financières, il avait cédé à la loi du gourou et tenté de panser la blessure clanique par un échange d’anneaux. Un mariage d’amour forcé. Malheureusement, le mal était déjà fait et, malgré la cérémonie justificatrice, ou purificatrice, la famille avait gardé pour toujours une cicatrice en forme de moi.

Ma mère entra directement en salle d’opération. Contrairement à ce qu’avait prédit le collègue très expérimenté, elle ne remercia pas mon père pour cette attente minimale dans la salle de pré-travail. Le médecin et la sage-femme ne cachèrent pas non plus une certaine irritation :

• Vous attendiez peut-être qu’elle s’évanouisse pour nous l’amener, s’emporta la sage-femme.

• Avec la tempête, je n’ai pas osé appuyer sur le champignon, s’excusa mon père.

• C’est un crétin, expliqua ma mère.

• Chaque seconde perdue est un risque de complications pour l’enfant, rajouta le médecin avec une vanité toute professionnelle que mon père aurait souhaité remercier d’un coup de poing dans la gueule.

J’arrivais à n’en pas douter au moment importun. Les éléments se déchaînaient dehors. Les gens autour de moi voulaient s’étriper. Je n’étais pas encore né que j’exaspérais apparemment mes parents, un médecin, une sage-femme et le ciel. J’étais ce qu’on appelle communément un cheveu sur la soupe, tombé au mauvais endroit au mauvais moment. En entendant tout ce chahut, depuis mon cocon, je crus comprendre que ma vie serait un enchaînement de malentendus. J’attrapais une corde qui traînait là et je tentais de me pendre. Bonjour, au revoir !

C’était sans compter sur la dextérité du médecin qui dénoua délicatement le cordon ombilical enroulé autour de mon cou et me sauva in extremis. Avec un peu de recul, je me félicite de l’échec de ma première et unique tentative de suicide car je m’étais trompé sur un point. Certes ma naissance avait sérieusement perturbé l’écosystème dans lequel j’arrivais mais tous les gens présents semblaient finalement heureux de m’accueillir. Les sourires me rassurèrent et je compris que personne ne dirigeait vraiment sa colère contre moi. Mon père haïssait l’interprétation familiale de la religion. Ma mère était simplement exaspérée par l’air outrageusement serein de son mari. Le médecin avait été réveillé au milieu de sa nuit. Et la sage-femme dirigeait son courroux contre les éléments. Quant au ciel, il s’énervait sans raison clairement établie.

Bref, la conclusion naturelle que je tirais de mes premières heures sur terre, à savoir que j’étais né pour semer la zizanie, me porta à prêter une attention particulière, peut-être même excessive, à tous les signes qui confirmeraient ma singularité.

Le 28 mai

La porte de Champerret, dans le dix-huitième arrondissement de Paris, un 9m2, avec des fissures aux coins des murs, un peu de moisissure sur les rebords des fenêtres, un sol gondolé, quelques meubles mal assortis dont un bureau qui attaque sournoisement les genoux et un vieux lit qui grince – Je tourne sur moi-même pour examiner une dernière fois cette chambre qui fut mon point de repère pendant cinq interminables années d’études, et je reprends la lecture de ma liste :

• 7 paires de chaussettes (dont 3 sur lesquelles figurent des dessins de Batman et Robin)

• 7 boxers (Petit bateau en taille 16 ans)

• 2 pantalons (un jean rouge et un pantalon noir)

• 1 bermuda

• 2 serviettes de toilette

• 2 pulls (avec des cols en V)

• 7 chemises (dont 3, trop grandes, à mon père)

• 4 t-shirts

• Chaussures de sport

• Préservatifs (au cas où)

• Nécessaire de toilette

• Passeport et portefeuille

• Carnets (Moleskine) et crayons

Je compte à nouveau mes piles de linge, disposées avec soin sur le lit, avant de les ranger dans ma valise. Le rituel est inutile puisque je dois tout emporter. Demain, en quittant les lieux, je laisserai seulement les clés et mon dernier chèque de loyer dans la boîte aux lettres. Le gros de mes affaires est déjà reparti à Rennes (à Cesson-Sévigné pour être précis) le weekend précédent, dans la voiture de mon père. Mes parents se sont installés en Bretagne quelques mois après ma naissance. C’est là-bas que j’ai vécu la plus grande partie de ma vie. Avant l’appel du large. Pour être fin prêt, il ne me manque plus que ma brosse à dents et la mousse à raser, que je prendrai demain après ma douche. Il est 21 heures déjà et je dois me lever aux aurores si je ne veux pas rater mon avion. Je me glisse sous la couette.

L’excitation m’empêche de trouver le sommeil. J’allume mon ordinateur portable pour passer le temps. En Une de la page Google Actualités, je compte huit articles sur les déboires d’un homme politique français avec la justice américaine. Une histoire glauque avec la femme de ménage. Il est écrit, en substance, qu’on manque d’information et qu’il faudra attendre d’en savoir plus… En somme, on n’apprend rien en des centaines de lignes tout de même. Treize articles sur cet abruti. Il faut descendre tout en bas de la page dédiée à l’actualité internationale pour lire un article sur le conflit civil en Lybie, plus intéressant à mon goût. Je ressens une grande lassitude en pensant aux centres d’intérêt si frivoles de mes compatriotes. Alors que je m’apprête à consulter ma boîte mail, mon téléphone portable sonne.

• Allô ?

• Oui allô, c’est maman.

• Ça va ?

• Oui et toi ?

• Je suis paré !

• Tu as pris des cols roulés ?

Je m’esclaffe.

• Ne t’inquiète pas maman, c’est l’Australie, je ne vais pas en avoir besoin.

• Donc tu ne m’enverras pas un message pour te plaindre que tu as mal à la gorge, dit-elle sur un ton de reproche.

• Maman… tout va bien se passer.

• Bon, tu m’appelles quand tu arrives.

• Sans faute.

• Attends, ton père veut te dire un mot ! Bon voyage mon chat, conclut-elle précipitamment.

• Allô, dit mon père.

• Hé !

• Ta mère est un peu nerveuse, explique-t-il.

• J’entends ça.

• Tu as tout ce qu’il te faut ? Les sous, tes papiers ?

• Des papiers, quels papiers ? Faut des feuilles de canson ?

• Des choses pour te protéger ? demande-t-il sans relever ma plaisanterie.

• Je viens de dire à maman, il ne fera pas froid.

• Ce dont je te parle se pratique aussi au soleil, répond-il espiègle.

Je marque une pause avant de répondre.

• Oui, j’ai également prévu ces protections là, mais je suis toujours avec Léa, tu te souviens ?

• On ne sait jamais, dit-il sagement.

Je ne veux pas lui donner raison sur le champ. Ceci étant dit, j’ai moi aussi un mauvais pressentiment concernant la suite de ma relation amoureuse. Léa ne s’est pas montrée particulièrement enchantée à l’idée que je parte à l’autre bout du monde. Nos derniers échanges ont été pour le moins houleux. Il faut dire que tout s’est décidé très vite. Trop vite peut-être. Je dois la voir à l’aéroport, juste avant mon départ, pour un au revoir qui risque de sonner comme un adieu.

• Bon, je ne vais pas tarder à me coucher moi, dis-je.

• C’est vrai, tu pars tôt demain. N’oublie pas de nous appeler quand tu arrives, sinon ta mère va nous faire un infarctus.

• Je n’y manquerai pas.

• Allez, bye.

• Bye.

J’entretiens une excellente relation avec mes parents. Je regrette simplement, parfois, leur intransigeante quête de normalité. Ils m’apparaissent chaque jour un peu plus comme des gens banals, aux comportements forgés par les interdits et les peurs véhiculés autour d’eux. Je m’apprête à partir dans un autre hémisphère. Je voudrais raccrocher et me dire qu’ils ont compris pourquoi je pars et qu’ils me soutiennent. Mais mes parents parlent de cols roulés et de préservatifs car, face à l’inconnu, leur réflexe est défensif. Je ne partage pas les mêmes appréhensions. Et je me demande, en éteignant mon ordinateur, comment je suis devenu si différent. Je me convaincs qu’ils ont éprouvé des sentiments similaires, à un moment de leur vie, avant que le mixeur les mélange aux autres légumes. C’est peut-être bien ce qui m’arrivera un jour. En y pensant, j’ai la boule au ventre, celle qui me pousse à partir en Australie, de l’autre côté du globe. Je ne veux surtout pas me fondre dans la soupe française.

La soupe

Au cours des dix dernières années de ma vie, j’ai eu le sentiment d’avoir été cuisiné. Il fallait petit à petit se fondre puis se confondre avec les autres. La société nous épluchait, nous découpait, nous ébouillantait et nous écrasait pour que nous devenions mous, que nous suivions sans « maudire » la cadence imposée par la cuillère. Je me sentais différent, peut-être plus résistant que mes congénères, mais tout aussi coincé qu’eux dans l’espace. Impossible de sortir du bol où nous étions servis au reste du monde. Nourri par cette vision défaitiste, que je reconnais volontiers simpliste, j’ai toujours fourni un minimum d’efforts. Je n’ai pas poussé le vice jusqu’à rater les rituels nationaux, à savoir le baccalauréat et le permis, parce que je voulais à tout prix éviter qu’on me remarque. J’ai simplement fait en sorte de tourner au même rythme que les autres.

Pour autant, la condition de légume me révulsait. Pendant tout le lycée, j’ai lorgné sur la rue, attiré par quelque chose que je ne parvenais pas à formuler, un avenir que la conseillère d’orientation – cette vieille bique – ne proposait pas. J’ai atteint la Terminale sans éprouver le moindre intérêt pour une carrière professionnelle. Au fond, je ne voyais pas bien la différence ; j’allais de toute manière rester dans le bol de soupe. Pour m’aider, on a choisi de m’inscrire à l’université, destination particulièrement prisée par les cheveux, avant qu’ils ne se transforment, eux aussi, en légumes. Je suis donc entré à l’Université Paris 1, plus connue sous le nom de Panthéon-Sorbonne, en Licence de Droit. La décision de retour dans ma ville natale avait été prise par mon père qui estimait que les facultés de province – il avait étudié à Nancy – n’étaient pas à la hauteur.

En assistant à quelques cours, puis en traînant à la sortie du centre René Cassin, j’ai reçu mes premiers coups de cuillère sur la tête et j’ai sombré, pour quelque temps, dans la soupe. Par mimétisme, j’ai fait l’acquisition de vêtements juridiques : des clarks, un pantalon en toile, une chemise, un cardigan et un manteau long, noir de préférence. Ainsi déguisé, j’ai cru que j’appartenais enfin à un groupe distinct de légumes. J’en oubliais presque le bol autour de nous. Ravi de pouvoir m’assimiler, pour une fois, j’ai pris part à la désignation des clans ennemis, en dévorant des hamburgers au Mc Donald de la Place des Gobelins. Tous ceux qui n’avaient jamais entendu parler de l’arrêt Jacques Vabre du 24 mai 1975 ou de l’arrêt Nicolo du 20 octobre 1989 en prenaient pour leur grade :

• A l’ESCP, ils seraient prêts à vendre leur mère.

• Les fils à papa de Sciences Po…

• Plus fermés que les médecins, tu ne trouveras pas.

• Trouve-moi un ingénieur capable d’écrire une phrase sans faute d’orthographe et je fais les Champs Elysées à poil !

Je n’avais pas encore réalisé que ce qui poussait mes camarades juristes à critiquer si virulemment leurs pairs, c’était souvent une profonde frustration. Pour la plupart, ils auraient voulu faire autre chose.

Ce constat m’a frappé au cours d’un dîner de famille. L’un de mes oncles vantaient les mérites d’HEC et décriait l’université par la même occasion lorsque mon père l’a coupé :

• De toute façon, on ne peut pas y entrer sans piston.

C’était un aveu : mon fils ne peut pas faire mieux sans aide extérieure. Et c’était surtout une critique : personne autour de cette table n’est en mesure de fournir une assistance. Très clairement, il insultait mon intelligence, estimant que si j’étais en licence de droit, c’était parce que je ne pouvais pas suivre des études d’ingénieur ou rentrer dans une prépa hypokhâgne…

Les membres de la tribu ont hoché la tête, plus ou moins convaincus par l’argument de mon père. Plutôt moins. Ils semblaient au moins d’accord sur mes limites intellectuelles. Il paraissait évident que, si j’avais pu, j’aurais choisi une autre voie, plus éminente. Dans l’esprit de chacun...