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Le soleil se lève à minuit

De
214 pages
Jean Biès livre ici quelques aperçus autobiographiques, poétiques et spirituels. De l'Algérie heureuse de son enfance au deuil de son épouse, se succèdent, se renforcent et s'éclairent les initiations d'un quotidien parfois dramatique qui finissent par faire la sagesse d'une vie. Ainsi ce livre propose-t-il à ses lecteurs un véritable viatique de sagesse au quotidien, une initiation à la portée de tous et de chacun.
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LE SOLEIL SE LÈVE À MINUIT

Initiation aux sagesses du quotidien

























Collecti Moéntaphysique au quotidien
dirigée par Bruno Bérard et Annie Cidéron

La colleMcéttaipohn ysique au quotidien entend diffuser auprès d’un public élargi
des doctrines métaphysiques vivantes ou, d’une certaine façon, « vécues » par ceux
qui les exposent.
Fondée par une démarche philosophique – ouverte, par définition –, la
collection encourage le dialogue avec d’autres domaines de la science comme la
psychologie, la physique, la logique, la cosmologie, l’éthique…
Pour faciliter la communication, les modes d’exposition retenus sont le
dialogue, l’ouvrage collectif et le témoignage.



D ÉJÀ P ARU :

Souvenirs métaphysiques d’Orient et d’Occide,n t François HECNIQUE , Entretiens avec
Christian Rangdreul, 2009.

Qu’est-ce que la métaphysiq,u e Co?llectif : ÉRBArRunDo ,B JeanI ÈBS, JeanO REBLLA ,
François CHENIQUE , « Martin EIHDEGGER », Aude DE KERROS , Kostas
M AVRAKIS , APMPHILE , AlaiANn TACSREU , WolfgangMI TSH , Emmanuel TOURPE ,
Jean-Marc VIVENZA , 2010.

Métaphysique des contes de fées, Bruno BÉRARD et JeaORn ELBLA , 2011.

L’art sans l’histoire de l’a,r Gt eorges Brunon, 2011.



ILLUSTRATION DE COUVERTURE :

Huile sur toile (130x89cm), Georges Brunon, 2000.








Jean IBÈS


LE SOLEIL SE LÈVE À MINUIT

Initiation aux sagesses du quotidien































Métaphysique au quotidien




















































































































































































© L’Harmattan, 2011
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-56862-4
EAN : 9782296568624



D U MÊME AUTEUR

www.jeanbies.org



Mont Athos, Albin Michel, Paris, 1A96th3os . ;Vo yargée éd.à la Sainte Monta,gn e
Dervy, Paris, 1980.
Les Églises des monts, Robert Morel, 1967 ; rééd. Les Deux Océans, Paris, 2009.
René Daumal, Pierre Seghers, Paris, 1967 ; rééd. 1973.
Empédocle d’Agrigente. – Essai sur la philosophie présocra,ti quÉeditions Traditionnelles,
Paris, 1969.
Connaissance de l’Amou,r Points et Contrepoints, Paris, 1970. Grand Prix de la
Société des Poètes français.
Littérature française et pensée hind,o ueC. Klincksieck, Paris, 1973. Prix de l’Asie, de
l’Académie des Sciences d’Outre-mer ; rééd. 1992.
Extases buissonnières , La Revue moderne, Paris, 1975.
Premières Saveur,s La Revue moderne, Paris, 1978.
L’Inde, ici et maintenant. – Lettres du pays de, l’DÊetrrevy, Paris, 1979 ;L esr ééd.
Chemins de la ferveur, Terre du Ciel, Lyon, 1995.
Les pourpres de l’Esprit, La Revue moderne, Paris, 1979.
Passeports pour des temps nouveaux, Dervy, Paris, 1982. TRraesud.rg :enci as del Espirítu en
un tíempo de destruccíon, Mandorla, Caracas, 1985.
Les chansons du Vêtu de ven,t Saint-Germain-des-Prés, Paris,1983.
Retour à l’Essentiel. – Quelle spiritualité pour l’homme d’aujo,u rdD’ehurvi y,? Paris, 1986 ;
rééd. L’Âge d’Homme, Lausanne, 2004.
Art, Gnose et Alchimie. – Trois sources de régéné,re sceLnece Courrier du Livre, Paris,
1987.
Trois Tragédies de jeunesse, Raymond Crès, 1989.
L’Initiatrice, Éditions Jacqueline Renard, Paris, 1990. – Diff. Le Dauphin.
La Porte de l’appartement des fe,m mÉesditions Jacqueline Renard, Paris, 1991. – Diff.
Le Dauphin.
Lettre recommandée aux professeurs malades de l’Enseignement , Le Rocher, Paris, 1993.


M iroir de Poési :e
Premières Saveurs. Le Livre des Morts. Connaissance de l’Amour. Initiatiques. Les chansons
du Vêtu de vent. Portique des Visions. Guerre sainte. Les pourpres de Grlo’upEesp rit.de
Recherches polypoétiques, Paris, 1994.
Paroles d’urgen,ce Terre du Ciel, Lyon, 1996. IlTurmaind.âr :i p entru vremurile de pe
urmâ, Mirabilis, Bucarest, 2001.
Voies de sages, Philippe Lebaud, Paris, 1996. – Diff. PiO ktCoasm. inhTor add.o :
Sábio, Triom, Sâo Paulo, 2001.
L’Arbre et l’Éveil. – Entretiens avec Jacque,s ABlrosbsein Michel, Paris, 1997.
Athos. La Montagne transfigur,é e Les Deux Océans, Paris, 1997. ATrthaod.s, : Mu ntele
transfigurat, Deïsis, Sibiu, 2006.
Sagesses de la Terre. – Pour une écologie spiritu,e Lllees Deux Océans, Paris, 1997.
eGrands Initiés du XX siècle, Philippe Lebaud, Paris, 1998. – Diff. Piktos.
Les Alchimiste,s Philippe Lebaud, Paris, 2000. – Diff. Piktos.
Par les Chemins de vie et d’œuvre, Les Deux Océans, Paris, 2001.
Returning to the Essential. Selected writings of J,e anW orBlièd s Wisdom, Bloomington,
IN.,U .S.A., 2004.
Petit dictionnaire d’impertinences spirituelle,s Dervy-Médicis, Paris, 2006.
John Tavener l’Enchanteur. – Une introduction à la Musique du Si, leLneces Deux Océans,
Paris, 2008.
Vie spirituelle et modernité. – Comment concilier l’inconciliable, L’Harmattan, Paris, 2009.
Orientations spirituelles pour un temps de crise. – D’un bon usage du m,o ndPea rmdèosd,e 2rne010.
Le Symbole de la Croi,x Arma Artis, 2010.
Empédocle. – Philosophie présocratique et spiritualité orientale, Almora, Paris, 2010.
Paysages de l’Esprit, Arma Artis, 2011.

Contributions sélectives

« René Daumal : chamanisme et Dosasiler chH.im, iLe’ »,g e d’Homme, Lausanne-
Paris, 1993.
« Spiritualité orthodoxe : contenu doctrinal et voie de réalisation », Actes du
ColloqueV,e rs la Tradition, 59, 1995.
« Frithjof Schuon et la primordialitéD osshieri ndoH ue., »,L ’Âge d’Homme,
Lausanne-Paris, 2000.
« René Guénon : les solutions et lCoenurna issbaincle adens » ,R eligio,n s Dervy, Paris,
65-66, 2002.
« René Daumal : un testament de vLies Ce »ah,i ers des 3 Mondes, 2, 2008.
« Prémices d’une résistance spiritSouelurcles,e 8 », 2008.
« L’autre côté de la parole : métaphysiQqueu’e st-ecte qpouée silae m»é,ta physiq,u e ?
L’Harmattan, Paris, 2010.












Si tu n’espères l’inespéré,
tu ne le trouveras pas.

Héraclite.




































































P RÉFACE :EN HOMMAGE !



On ne présente plus Jean Biès depuis des dséic entnianet s,est qu’il
n’ait jamais eu besoin de l’être. Onno n nepl ruésd idgee prpéafas ces à ses
livres : elles ne leur sont pas nés cequss’aà ilreusi n.o nLp’liudée incongrue
de le faire nous a cependant paru de ilmapo rtaplncues, hqauautnde bien
même nous n’y avions aucune autorité, fûté-realilree, léditotriale,
académique ou spirituelle ; et d’an’uatuntr a pljuasm aqiu’so n vu l’élève
présenter le professeur – fussent-ils amis !
Une seule et bonne raison aura suffit càe tptreé sidédceir sià on : nous
avions là, grâce à la publication chdea nccee dle ipvoruev,oi ur ner endre
hommage à un auteur qui aura par trop énveiurtsé elt esd onth oln a trop
grande discrétion méritait d’être quelqutetu ep.e u comba
Qui sait, par exemple, que, pour la soncoiblael ea,c tivnliatés sable-
ment exercée, de former de jeunes étudiaurntas, éJtée aénl aevé au grade de
Chevalier dans l’Ordre du Mérite ? Ialct iyv iaté sd,o ncq uodiesq ue menées
discrètement, qui ne seront pas pour autan tipanasspeéerçsues aux yeux de
la société. Dans le domaine non moins nonbtalgee eptu bdlaivac, celui de la
littérature, qui lui vaudra Légion d’iHoxnn euGro,n courn t prpour
L’Initiatrice (1990) aurait également pu sans doute – mpolu étdeûr –l eco
Grand Prix de la Société des Poètes Confrnaainsçsaanice s de( l’Amou)r, ou le
Prix de l’Asie, de l’Académie des Scmieer ncL(eitst éradt’uOrue trfera-nçaise et
pensée hindou)e.
D’autres témoignages et hommages plus diesntc retts dpoeiuvent
encore être rapportés. Mieux qu’une biographui’eun e oul onqgue
dissertation, ils dressent le portraiàt rde’nuconn trhero mdmee toute urg,e ncet,
à défaut de pouvoir le faire, rappel ld’eunet lœ’uovfrfera nàd elire, ou à
reliimrem édiatement :

« Eh bien, vous, mon cher Jean Biès, vouse laqvuez cheo seq que
beaucoup d’autres n’ont pas, et lorsque vcohuas ssaéu rlez’ ange du bizarre,
1vous serez roi de votre royaume » (Jea n ;C oc teau)

1 Lettre du 15 juin 1959.
9Jean Biès est un « homme libre », doint té « rlel’oèrvieg idnea lson
indépendance à l’égard des tabous et dens s »,i nsutni thuotimmoe « animé
2par une invincible espérance » (Marie-Mvayg)d e;l eine Da

« J’ai lu tant d’ouvrages sur l’Ind ee, nfietn –l ee stv ôtorei g–inal »
3(Arnaud Desjardins );

« À vrai dire, il s’agit à Lpe’Iinitneia tridce’],u nmraomiasn p[lutôt de ce
que nous pourrions appeler un poème autobioger,a phéciriqut dans une
langue somptueuse, d’un exceptionnel écla t raerte d’puinessance
d’évocation. Jean Biès est un ‘‘méditer rahnoémemn’e’ ,d ulu ongos : chez lui,
la parole est chez elle, la lurmfiumèsr e chbarûntlenet » et( Jelaen s pa
4Borell a;)

« Vous avez écrit sur l’Inde le meiel ljeu rc oonnuavirassgee […qu] je
5n’ai rien à y ajouter ni à en retrancrbheertr) »; ( Jean He

Jean Biès est un homme particulièrement beit egnvéenéireluxl, amnais,
6comme tout éveilleur, il ne mâche paacs quseels imonets K»e l(;Je n)

« Les ouffle, chez Jean Biès, vient en effet d’u,n cleileuui ordiesg inel
épopées et des cosmogonies. Son ample parolre dqéumeon tla création ne
cesse pas de continuer et qu’elle est aà preolphlétie-em êm» e (Pis erre
7Emmanuel).

Au-delà de ce bref extrait de recensi,o ns coémlmeognt ifeausderasit-
il donc couronner une œuvre aussi considélraeb lceom p?te Eeln effet près
d’une quarante livres, parfois traduidtse, nroémébdrieutéxs , articles,
maintes études.
Surtout, elle couvre l’espace et les temps :
Né en Occident (Bordeaux, 1933), Ocr’ienst qdu’e parviendront à
Jean Biès les enseignements de l’Lhititérnadtourie smfrean ça(ise et Pensée
hindoue, Les Chemins de la ferv)eu,r ceux du bouddhiLsm’eA rb(re et l’É)ve,i l
plus tard, ceux du taLoeïss meA lch(imiste,s La Porte de l’appartement des f,em mes
« Victor Segalem : un poète taoïste »).
Si c’est Sdeup tentrion que lui est venu, à douze ans, le coup de
8foudre littér,a icre’est dMu idi qu’il apprendra « l’amour mystique »
enseigné par un maître soufshiei,k h lHeâd j Adda Bentounès (rencontres

2 Terre du Ciel, n° 41, 1997.
3 Lettre du 28 juin 1979.
4 Connaissance des Religio,n s VI/4, 1991.
5 Lettre du 12 juillet 1979.
6 Terre du Ciel, n° 57, 2001.
7 Les Pharaon,s n° 28, 1976.
8 À la lecNtuilrse Holdgers sons underbara resa genom Sve riLg(ee Merveilleux Voyage de Nils
Holgersson à travers la Su èd–e 1906-1907) de Selma Lagerlöf (1858-1r9e4 0)f,e mpmreem ià è
recevoir le Prix Nobel de littérature (1909).
10algériennes en 1Vo95ies3 ,d esages), ou encore l’animisme africain d’un
eHampaté Bâ G(rands Initiés du X Xsiècl)e.
Spéléologue Ndua dir et penseur des profondeurAs rt,( Gnose et
Alchimie, Les Alchimiste)s, c’est à l’aZppéenlith duq u’il répondra dès ses
premières publicationnst A(Mtho,s Les Églises des mo,n Atsthos. La Montagne
transfigurée).
À ces six directions de l’espace ne m anqduiemraen sipoan s la
temporelle, arpentant le temps hidsetso ripqruées,o cratiques à
l’aujourd’hui. Ainsi, en 1957, Jean présente en Sorbonne auin ltr av
diplômant sur Empédocle, récemment amplifiét é.e tC ’érté aédintit ciper
de quelques décennies le retour en forcrea tideqsu epsr.é soMcais jamais la
prise en compte des grands passés de l’holmmte ran’ occhuez lui la gravité
prégnante du hic et nu,n c qu’il s’agisse de la crise Ldett re l’enseignement (
recommandée aux professeurs malades de l’enseingtn,e me« Éducation transdisci-
plinaire »), de la « crise du mPonadreol esm odd’eurrgneen ,ce V»i e (spirituelle et
modernité, Orientations spirituelles pour un temps de ),c risoeu encore, de certaines
déviations importantes (« Les trois tentatioansl imosndtes », « Universalité
et mondialisation »).
Mais tout ce champ de l’espace-temps n’eusrt ariuteann…t qupo’il ne
révélerait pas sa sourSceo ph:ia upenere nn isvenue du fonds des âges ou de
l’immanence (« Nature : une gnose de l,’ inim man’neincndei q»u)erait son
propre au-delà : le Transcendant. C’esot uras,i nàs iy, rteouvjenir, que Jean
invite inlassablement sesL esl peoucrtpereusr s de( l’Esp,r iRt etour à l’essen,t Lieel
Symbole de la Cr)oi.x
Cet ensemble ne serait encore rien, se’ni lpa rtan’gétéa iat vebci ses
différentes sortes de lecteurs. Pour ce afauirar e,é poJueséa npresque tous
les genres littératriagreéds ie: cllaas sique – il en compose, dès l’âge de
seize ans, qui seront tardivement Tprouibs lTiraégeédsie s (de jeuness)e, le
roman autobiographiqLu’eIn iti(atrice), lréec it de voyageAs tho(s, La
Montagne transfigurée, Les Chemins de la fer)ve,u r elssa’i littéraire ou
philosophiqVuoeies (de Sag,e sPaysages de l’Esp)r,it ltéme oignage S( agesses de
la Terre), ldeic tionnaire P(etit dictionnaire d’impertinences spiritu)el leset la
poésie surtout Co(nnaissance de l’Amou,r Extases buissonnières, Premières Saveu,r s
Les Chansons du Vêtu de ve,n Mtiroir de Poési)e : une somme de quelque neuf
mille vers sur la Geste immémorialre qDuie us,e ljaou eC réeantion et
l’Homme. Ainsi n’est-il pas un lecteurv epro uàr msea ltr oud’entrer dans
cette œuvre par une porte ou par une autre.

Néanmoins, celui qui découvrirait Jeaan siBion èsd eà cle ’olccivre
serait en droit de se demander – s’ilde nle ’veintrenvt oipar s à travers ce
bref panorama –, ce qui fait l’objeotd udc’tiuneon . teLal lréep onsper est
11aussi simple et limpide que l’œuvrede . vaSosnt e uniet é preoft onson
unique objet : faire partager au plusc egttrea nd innvoimbtraet ion à la
musique, aux mots, et à la musique desg emro tsd,e à« vLo’yaautre côté de
la parole », à trapvoertrisqeuer dles e Visions. C’est que la musique est
métaphysique, elle lie l’âme humainde àe t,l ’sâumreto utd,u imnotrno-
duit directement à son au-delà : Jolhne TaSvienler enlc’eEn cha(nteu)r. Les
mots procèdent de la Musique comme la Musidequ ed u prSoicèlence : la
poésie aussi est donc bien métaphysique i(«q uMeé taepth yPsoésie ») ; ainsi
les mots chorégraphient-ils l’Essencdee,s Cohfemfriensnt -ide lvise et d’œu,v res
et témoignent-ils de cette invitation qçuoei t cehna cpuron verenance de
l’Ailleurs. Ainsi Jean Biès est-irloc hen r dlroPieoèstt es det rleas ppDieux
(Ésotérisme et littératu re– à paraître).
Explorateur de l’ésotérisme – au meilerlmee u–r , sedenss dsua gtesses
du monde et de l’invisible, Jean gu,i dàe trsaevse rls elctesu rspaysages
d’une Nature théophaniqPuaeys ag(e de l’Espr,i tSagesses de la T,er Lrea Porte de
l’appartement des femm…es), auprès des « sages » de tous tempsi etu xd e tous l
(Aurobindo, Râmakrishna, Tagore, Lanza del ubVears,t o, SilBouane
l’Athonite, le Dalaï Lama, Deshimaru, HSienmroine LWe iSalu,x Héhaka
Sapa, Ibn Arabi…), sur la voie d’une ri« tuaelclhAiert m,i » eG( nsospei et
Alchimie, Retour à l’Essen)ti,el vers l’uniSqoupheia , à la rencontre de la
« Ténèbre plus que lumineuse » d’un Denys ilte’.A réopag

Le livre que l’on va découvrir icip tineo n. faLeist apapes rçeusx ce
autobiographiques, poétiques et spirituxe lsesn s (aduu xt edremeu), ne sont
prétextes qu’à montrer la loi paradoxals e codmepsl éomppeonstéaires, des
équilibres compensatoires, qui veut que obnossc ur«e snu i» tsportent en
germe, tâtonnantes, la lumière et la, jloiees . muDlès tilploress titres qu’il
était fondé d’envisager ! Issus de léao- cthrarédtiiteinneon :ju d« Plus qu’un
9veilleur n’attend l, ’aduer oresa » version taoïste : « Le soleil se lève à
minuit » ou « À minuit, l’aube est dle à s»a, voue rseincono rec oranique :
« Il fait entrer le jour dans lLae nFueir).t »S i(,s oucroammte l’affirme
10l’ouverture de ce chant liturgique :l u«m iTaèr en uidet sme,i radci’e s»t
bien parce Lque eS oleil se lève à .m inuit
Et en effet, de l’heureu sdee Alsag éjrieuenesse à la cruelle maladie de
l’aimée, se succèdent, se renforcent e t ls’ienésitc ialtioansi dre ntJean Biès
aux sagesses du quotidi,en nous offrant ainsi un vérviatiaqubel à e la portée de
chacun.
Bruno Bérard

9 Psaume du Veilleu,r CXXIX : « Mon âme attend le Seigneur,v epillusl equ’r un n’attend
l’aurore ».
10 Isaïe, LVIII. Paroles de Michel Scouarnec, mAukseipsqiuema ds.e Jo
12














L’ENFANT D ’EN FACE












































































I

P REMIÈRES RENCONTRES AVEC LE RÉEL



C’est avec une lenteur extrême que j’aeinc e pridus jcoensuc ides
opposés et des complémentaires, des alterhnaencveêtsr éesn cde l’ombre et
de la lumière, des innombrables mutatiexoins stdeontc enos s sont tissées.
Oh ! Sans doute soupçonnais-je instinctivemiesnte ncle’ edx’espaces
inconnus, voire dangereux, au seuil derseq,u elcosm mei nscsruir les
premières cartes de l’AHficr isquunet le:on es. Mais longtemps, mon enfance
resta ce continent de lumière invioleée mseu r pelncehqeu elenc ojre avec
autant d’étonnement que d’émotion. Cette joiael lcrinest epta illsea, ns qui,
assure un texte hindou, manifeste l’Être tiramvmeortse lto utàes les
créatures, ma jeune âme l’a certes ress efnoties. bFiauetne dde points de
comparaison, je n’en étais nullement cotntseci ejnot ie: mc’eapparaissait
comme l’état naturel à la condition huntmreapianreti esa nsp oscsio ble ; plus
certaine encore par sa seule évidence.
J’occupais le centre d’une roue sur leaquietl lc’oanvfefergcteion
familiale. Sur la proche périphérie psèere ,t edna’iune nt pumionssance
contenue, faite d’équilibre et de logècieq uede :r ocu nei nnersvpé de
pudique tendresse, et ma mère, rêveuse, sroiuvmeéent dséapns raison : tout
un buisson de nostalgies, mais sachanta rêftorie s apulsseii nep d’humour et
de fantaisie. Plus loin, un batail lnoen ds’eamïbelulaiese nt qugiuère
affectées par l’âge, et une armée de esr.i eUunes esé duccoaustinon libérale,
la mystérieuse douceur d’une demeure sous, ldes dpéablutsm escolaires
sans à-coups viendraient me confirmer dans uel ’ildeée boqnheur est
l’étoffe dont ce monde est fait.
Mes arrières ainsi assurés, je provoquéa iqus e lj’’aauutorraiits dû
craindre. Dès l’école enfantine, pour gdailstreariere elt am e faire valoir,
j’imitais le coq. Dans le silencaes sest,u dije uxl adenç alisa dcel temps à
autre un magnifique Cocorico ! sonore à snqouéhraint,t , tricoomphal.
Tout le monde éclatait de rire ; sa uf celttea cmhaîtrrmeasnste,
mademoiselle Lamouche, qui craignaitj epe ult-êat rep iqcuoera sse... Elle
avait beau me faire les gros yeux,e là lpee irnee tousr’nééeta ivte-rs le
tableau, que je lançais de nouveau maoyn anat ppàe ll. aS ’ecsoslère, la
15timide institutrice m’envoyait au pi qbuect. aEut lmuàr, lune fois les
hostilités apaisées, dans le silemncaei s redveerneu,c hejfe mcoln acri de
guerre : Cocorico ! Cocorico ! Mes camaarfafadeise nst’ edsec lplus belle. Et
ce Cocorico ! vengeur – on me croira si, jle’ ofn usv ebuit e–n étonné de le
retrouver beaucoup plus tard dans son insoélgrentsese ,a laul final du
concerto en ré majeur pour violon de Brahms.
Ce comportement était en tout cas – combiean ils-’jieg noarlors ! –
typiquement chamanique, tel qu’on le tromuevent cfrhéqeuze mles enfants,
qui, s’identifiant à eux, imitent à esl ach epevarfuexc tihoen nnilssants et
piaffants, les singes épluchant des g ratignerse,s ofue ulaesnt dans la
jungle. Voulais-je déjà, « m’épuisant , en convfearntfiare s m»es
contemporains à l’éveil ? Il n’imponrtter.i eCe ttdei saefifrto assez l’enfant
heureux que j’étais.
Un peu plus âgé, je m’amusais à composer oides s du« etempmlps
réjouissants », établis à l’inverse dse pacer uxl efos meantdéultes. Ainsi, je
formulais des listes de promenades dansi els eds e orBaingrekrhadem ou les
vignes de Tixeraïn, suggérais des goûtaetr s fuamua ntc,h oacgolrémentés de
tartines beurrées ou de patates douces culiate s bradains e, confiture
d’abricot par-dessus. Divers contretemps poufvairen t que rien ne se
réalisait de ces projets. Mais je L’n’eessn enativaeils éctuarie.t dans le fait
de les imaginer plus encore que de les vivre.
Ces jours dansants, ces jours chantants cu lamiu nasoiiern t de Noël ;
un Noël qui n’offrait rien de spécialxe, memnat irse ldiontg ile’uarbre
étincelant surgissait de la nuit avelc ousredis esm âtudre s laumières,
transmettait à merveille quelque choseon ded.’ unC haquutre amnnée,
sous forme de sapin, le paradis mettainst là al ’maincrseon . d

Mais incontestablement, cette transparence , édcéenittqeu eatmosphère
de conte de fées iraient s’altérant. Comémaetu reto utie ncacrrnée, je serai
bientôt soumis à quelques-uns de ces désaugiré menonuts qrappellent à
nos limites, et nous sont d’autant plus ’ài lchsa rngoues éqtuaient restés
inconnus : petites maladies infantileprsi, ceprse mdiéçeurs, cangoisses
nocturnes. J’en fus à soupçonner qu’aux déitiésb lpaeis,s faites de lumières
éblouissantes, porteuses de présents et des, bqiuien fami’tavaient fait
escorte jusque-là, s’en adjoignaient d’caouptr es,m oibnse au
recommandables, voire malfaisantes et gcouerrtotaucnté emso,n passage
dans des défilés montagneux, ourdissant des s eambuû cfhoend de ravins
obstrués de brumes, et telleBsa rdqou-eTh ödlol em e les ferait découvrir plus
tard.
Au nombre de ces déités terrifiques étarigte ldea lco’ncéicoele, d’une
laideur à peine soutenable, aux yeulx oebuxlorbeiutxé s coemtm eg ceux des
16démons tibétains dont elle semblait lcl’iauncdaircnatinteo n,e t maugréante,
nous poursuivant à gestes débraillés en epsr ofébroarbnto rygdmes de
malédiction, et nous faisant éprouver pouèrr el faoi psr edmei notre vie, à
nous pourtant déjà passablement dégourdis, muen nt sedneti peur avérée.
C’est dans la cour de cette école q ueun jsp’eactsasiclstaei sa uàssi cruel
pour un gamin qu’une corrida pour un adultreti .no n Laesv eplus grands
savaient l’art d’aplanir de leurs epra ulmeas tetr rede potuars sen faire une
espèce d’arène miniature, qu’ils déluilmieutaseiment dm’étuin ccheval de
frise en allumettes. À ces préparatifesn t iulne s aappplporitaciation
voluptueuse et sadique, œuvrant avec leas tessû redteé s dbeo urgreaux
chevronnés. Nous nous pressions autour d’eux, s adv’iadsesister à un
spectacle que nous n’avions pourtant que trop vu.
Ricanant grassement, ils sortaient d’une bcoeîtes sucno rpdions des
pierrailles, connus sous lanedr octnonmu s,d ’« tueur d’homme », couleur
d’ambre et de résine, lourd, maussade, êmtérceo nteréntv edi’llé. Il laissait
osciller en panache une souple queue antnemleénte, . seDésl ic
tortionnaires le déposaient sur l’ailreu iré sejrevtéaei ent quelque insecte
vif : son repas de condamné.
Un silence impressionnant se faisait. Ld’s unm edtetas igt raln e feu aux
allumettes, dont crépitait l’enceint e.l aI nqucihaétlé epaurr, l’androctonus se
mettait à inspecter le cercle, y chee, rcshea ihte uurntea iit sspuartout à la
flamme. Alors, il retournait au centr,e badett asiat pdrei sosnes appendices
céphaliques comme pour applaudir à l ’adrsetuscseé s;ur psueis s,pattes,
dans un geste grandiloquent pointant son aein gvuirgluloen , d’un coup il
se l’enfonçait dans la tête, tombait mort.
Les cris n’étaient point d’admiration paouter ucr ed ug lrègandei animal
qui ne s’était pas rendu vivant, mais èrpel, uttôout s dese cdolisputant sa
dépouille à demi calcinée. Pour moit , émju’ étdaei sp istuirtéo u; j’en fus
longtemps à croire qu’il n’y avait dsea cmriorft iqcue vpoalr ontaire.
Les souvenirs de l’entomologiste Fabre men t réqvuéel, erai
contrairement à la croyance, le scorpio n à nenu lrelcoeu rtespèce de suicide.
Il s’agite au milieu du feu, drebsaset ssuar lquueiue, , sel ab rûrlae par
inadvertance, finit par s’immobiliseer :da nso nlcraoi tc onqfusion de ses
mouvements, il s’est infusé son propre veniln (llueiq ueserait en effet
mortel). Mais le retire-t-on même inertien fedruna lce, rcle voilà qui
reprend vie. J’apprendrai même que cet étcohnnanint dea rachélicérate
pouvait jeûner un an et résister à des ucrladéiaaitrieosn s trnois mille fois
plus puissantes que celles qui détrmuaiisen.nt Mla ’êctormep ahssuion à son
égard chuta de plusieurs degrés.
17Parmi ces brusques déchirures ouvrant sur téu neob jreéactliive figurait
aussi, chaque automne, le sacrifice duj aprodric n dad’nsu nel evoisine,
madame Perrin-Terrin (que ma sœur appelaiitn tiPne).rr iDn-eT notre
terrasse, on pouvait voir l’énorme bête lunie gotatébel esu rde cuisine,
maintenue de force par des aides-charclutiers eden tacubir et en bras de
chemise, prêts à plonger le couteau daen s ll’a nigmoargle. dAu milieu de
baquets d’eau bouillante, celui-ci, rea vaéntg ormgêém,e podu’sêstait
d’atroces grognements. La lame avait rj, elté as onb aéscslianei se remplissait
de sang, les soubresauts de la bêtei ballilssaaint,e nt sess’ acfrfias stridents
s’achevaient en râles gutturaux. On l, ’éboon uill’élveannttraitt, on la
démembrait. Pour la dépecer, on la metta istu r à segse nopuaxttes de
devant. (« Le cochon fait sa prière »n, sdei tl-oni).v raL’iot ensuite à toutes
sortes de savantes confections qui, parmi rs lmeésp hivatipeques d’une
obscure sorcellerie, ne s’achevaient que le soir.
Mais il y eut bientôt de plus sombresA idnséico,u vdeerste sa. ttaques
aériennes sur la ville. Aux hurlem eintsl defas lsilraèneist, quitter les songes,
descendre, tout sommeilleux, par une maulvaei, sed anésc hlela buanderie
récemment étayée, tenter de se rendormir aue s brbuaitte rdies. Parfois,
j’étais admis à assister, du haut deé gél apa rm auin saon uvperont, à des
carrousels d’avions. Les projecteurs baela yadent le urcs ifaisceaux y
capturaient les bombardiers qui brils lpraiis eant,u xi rnseetcs teoscillants de
quelque énorme araignée phosphorescente. ’Leasc htairnras isent sur eux.
Les balles traçantes formaient de longnds ulchaantsp el; etcs anons et
mitrailleuses improvisaient d’impressdi’aonrnatintsf ifceu.x Comment tant
de lumière pouvait-elle naître de tant de nuit ?
Le matin, il n’était point rare de t roaulvelr édeas ns dul ejsardin des
petits fragments de carlingue, des résiidlusl ede. Pmeinsatrnat que l’enfant
ne comprenait pas, on se racontait librem elnt uide vadents histoires
funèbres. On chuchotait qu’en ouvrant ses pes,r siuennn eménagère avait
trouvé, accroché au balcon par son parachdautver,e ld’eu ncaviateur
italien. Une femme et un Américain ayante rtést é dadénsc oulv’étreinte,
criblés d’éclats, il fut impossibl eJ oudea nt llees sdéipastrrear.it, je ne
perdais rien de ce qui se disait. Sapnrsè s doruite,n, àd apens ule monde
de l’enfance, n’est véritablement perçud eàs ladau lftaeçso. n Parce qu’elle
est plus impressionnable, et que les diêtmrens ieonts ddess choses s’y
trouvent rarement reliées à leurs causess, rtaoutit ognnerolsslit aux yeux
innocents, se dramatise dès lors que le’lord re nhvaibeintt uà être dérangé.
La voix d’un inconnu furieux emprunte ses ua ctcoennentrsr ea, les mots
incompris sonnent comme des verdicts défini ticafsv.e Labée comme une
18mine de charbon où l’enfant devine toute tuineo npdoepu lnains
s’apprêtant à le dévorer.
Parce que le monde où je vivais étaie t edt’ idenc onsjcoiieenc, que les
armoires n’y grinçaient pas sinistrement,u req ue t frpoaiudvreté n’en
franchissaient pas le seuil, et parcets qeuet gmreasn ds-pparrennts
dressaient alentour un rempart vigilant e,d e toutte,n dreà sspeine ce
rempart franchi, prenait sur-le-champ dese naaçalntlesu,r ess e m faisait
sortilège, maléfice. Plus sensible plaré menantst ureso mbareusx dée
l’existence, et le regard non encore teerx eqrcuée là quye sc alpueurs, la fin
de mon adolescence avait totalement retoeurmnéi èmres aprpproches de
la vie. De plus en plus horrifié deu n creé elqu e trorpe cléonagitetmps
insoupçonné, j’acquis la certitude qu’e n namîetr e faicsia-ntbas, l’existence
m’avait joué une mauvaise plaisanterie.
*
* *
Encore n’avais-je découvert que la surafaicree pdeels ltéinèbcruels. Il
n’était pas en mon pouvoir de seulement soulpçeosnn erh orreurs dont
j’étais contemporain, dont ne me parvenaies nt écqhueos dveite assourdis :
villes détruites en lointains pays, aicnrveass,i onds,é portmatissons
d’enfants de mon âge. Longtemps encore, avec ndeunuer csans égale,
j’ignorerai de quels trophées s’étaie,t pdaonrté lcea slieècntle divulgation
m’assurerait que, seule, l’ignorance devs eniéprr eupveersm età aux
humains de ne pas rebrousser chemin au rpsl uls evuir tea vavent-naissance.
Il me souvient seulement que ce n’étaiet cpaesr tasianes ujnubilation,
dont m’échappait la cause, que je voyapièrse mfoan igrrea nda-vancer, à
l’aide d’épingles, sur une grande ca rtefi lmusr adlee ,l adeisne qui, de
semaine en semaine, se refermaient sur l’eAls lunse,m aroguneg,es, venant
de Pologne, les autres, bleus, montant edet dPr’oAvlesncaec e.
Le tam-tam obstiné et les modulations d’easmtiplnéis tàu debr oudiller
les émissions de Radio-Londres font égale mdeents psaourtvienirs de cette
époque. L’oreille clouée au poste, graindt- pèrde ecsasaptyer LES
FRANÇAIS PARLENT AUX FRANÇAIS, et ces déroutants « Messages
personnels » à l’adresse des Résistants.e nuAd,u ljte tdroeuvverai dans ces
fatrasies loufoques dkeô anv radui sp lus pur style zen, auxquels donner par-
delà leur signification d’urgence, p ravgémriatiabqluee, aunmeplification
spirituelle. J’ai toujours gardé en mhémraoisere lcaentctei nanpte,
surréalisteL a: lum« ière va plus vite à re cu»l.o nsUne lumière-écrevisse en
quelque sorte. Une lumière capable uden svei trestsier esru péàr ieure aux
300.000 kilomètres/seconde de sa propagati on pl! aMiasiasnterie à part, que
pouvait bien signifier cette formule ’éanibgormda tià quseon , nidveau
immédiat de lecture ? Peut-être la liuonm idéèsrie genan iqtu-esltle quelque
19maquisard qui avait à regagner sa b alsee sa rmrieièrle ldaeunsrs délais ? Plus
brutalement, ces quelques mots pouvaient ord«o nneDyr nam:itez ce
pont », ou « Faites dérailler ce train ».
Mais à un autre niveau, de pure métaphyfsoiqsu,e onc eptotuev ait
imaginer, par exemple, la Lumière parint movredirs alsone Orriegfliune, en
une sorte de rétrogression accélérée, une lfoei sm oncdreé,é à seule fin de
lui rendre possible son plein épanouissemn,e nte. xiOul éb iau sein des
obscurités de la manifestation cosmique , hosrtruipéffiaéi t,comme seul
Dieu peut l’être au vu de ce que lets dheo mmseas Corénta tfiaoin, peut-
être pouvait-on comprendre que Dieu rentrai ts e« rseatnosurner » en lui-
même, et laissait les hommes se débvreouci ll’éenor mese uglâcsh ias dont
ils s’étaient rendus coupables.
Plus que tout cela, quelque chose pourataintt m;’ icnt’riétagit de voir
grand-père, la tête sous une couverture commheo toglraepsh esp
d’autrefois, se tenir blotti contre l e atptoistteu.d e Cedtete prostration
répandait dans la maison une atmosphère de spuesupir,c idoen, de
culpabilité mêlées. Pourquoi grand-père ilse aciacnshia idte-s siens ?
Subissait-il une punition, et pour quelle faute ?

Qu’il est loin, ce temps immergé dansd s lde’us nbpraoussié ldlesa r
plus fragmentaires, dont pourtant maints dnté tareistléss isontacts au point
que je n’aie nulle peine à en reco ns!ti tEut erc omlbia ent raplmeus loin
encore, ce jeune garçon que j’observe commnge er un ! étLra’enfant
qu’assurément je suis toujours se plaîtr àc ecto nsaiudtérree enfant que j’ai,
paraît-il, été, cet enfant vivant et joeua nlt ’caomumtre dcôté de la rue,
l’enfant d’en face.
Au vrai, cet enfant qui n’est plus moie mdpes,p uiest leto ngdtemeure
à jamais moi. Mais il ne peut manqueen r cdh’aêtcruen da’uesnstire nous,
puisqu’en chacun sommeille à jamais mpuonr te nfapentu. qIule cielui-ci
ait eu d’autres parents, ait vécu en , d’auitrte s conlnu ied’uaxutres
circonstances, que celui-là, ou que uce tcaeut trea,u troeu eqncore... Point
n’est ici de différences génétiques quei trtéifoendnnse ntd.e Ll’humain les
transcende toutes pour constituer un véritabalge c–l moan is par le haut. Et
le clonage d’en haut ne porte plus ceo mmnoem c;o mmiunlio n,s e n
solidarité fraternelle.
Cet enfant, Lecteur, tu l’as été aussiso,i sq,u ie t qule ’atus toujours en
toi. En l’ultime pointe de ton être, nsfuû,t- cequ eàl qtuone ichose s’en
empare et s’en souvient confusément. Ainsi,a reln atnet dpe moi, c’est bien
aussi de toi que je t’entretiens. Les’ arvoamainteintq udeis t.l Tout comme
moi, tu as éprouvé des heures de peineess seest, dd’easl rlupétgurres et des
retrouvailles, aucune identique, toute;s tsue mbals asbulbie s l’ombre des
20maladies, accueilli l’heureux enscseasi, ms adveosu réc ondvea lsecscrèetes
amours et pleuré des êtres chers – témoiten rnadenc ecs eqs uia lne cessent
de se transformer en d’autres, interdisetnut attoiuoten osui état définitif.
Tout comme moi, tu as connu l’amertume des traécvheerscés , la plate
étendue des moments d’incertitude, et découvdaerit n, souà l’instant le
moins attendu, une issue, une éclaircioen , luineb érsaotlriutcie. Tout
comme moi, au fond des coupes de lumièrei, nt tud ea sd ecvrianer des
germes suspects d’altération, comme, auxl a’ontbrsecsu r,d e tu as vu perler
des gouttes d’espoir. Et tout cela, eet, ttouu t ll’ea s revéstcu, comme moi,
dans le même esprit de candeur, d’attendte éspuerprrdiuese, , de crainte et
de joie à perpétuité enfantines.
Sois donc bien assuré qu’en me regardant evi vlrei veren cqui ne se
veut que simple miroir, c’est toi-même t,q uej et ul v’oeisspè re, reconnais
déjà.


























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