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Les Coulisses du monde hospitalier

De
76 pages

Dans cet ouvrage autobiographique, Elisabeth Long retrace les grandes étapes de sa carrière d'infirmière dans le milieu hospitalier. Des années d'études à Paris loin de sa Bretagne natale aux premiers remplacements en passant par la découverte d'un quotidien émotionnellement intense, la timide jeune femme se transforme en professionnelle aux lourdes responsabilités. Elle tient la vie de patients entre ses mains et malgré le poids de la hiérarchie, aime prendre soin de la santé des autres. Au fil des ans, elle s'inquiète de la détérioration des conditions de travail, qui oblige le personnel soignant à déserter l'hôpital pour partir travailler en libéral ou dans des cliniques mutualistes. Elle se réjouit que la retraite lui offre enfin le luxe de penser à son bien-être personnel, en toute liberté.


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre 175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50 Mail : client@edilivre.com www.edilivre.com
Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN numérique : 978-2-414-15329-9
© Edilivre, 2017
Introduction
Je vais vous raconter mon parcours à partir de l’année 1978, j’ai 19 ans, depuis que je suis née, je vis en Bretagne à Lorient dans le Morbihan. Je vis au sein d’une famille aimante avec ma sœur plus jeune de 2 ans ½. Mes parents travaillent, mon père est un ouvrier dans la miroiterie et ma mère est sténodactylo à la mairie de Lorient, un peu plus tard, elle se lancera dans la mise en place de l’informatique en faisant des stages et sera programmeur. Après avoir vécu dans le centre de Lorient dans un appartement, mes parents ont décidé de construire une maison dans un quartier de Lorient, mon père y fera beaucoup de travaux. Je viens d’avoir mon bac de gestion, en fait je n’ai pas envie de faire un métier dans ce domaine mais il me faut ce diplôme pour envisager de faire des études. Je suis contente de l’avoir eu sans repêchage. Je n’ai pas voulu aller voir les résultats, c’est ma mère qui est allée voir les affichages, peu d’élèves de ma classe l’ont. C’était un examen où il fallait la moyenne dans la partie théorique et dans la partie professionnelle. Ensuite, j’ai été vérifier par moi-même que j’étais bien reçue. J’envisage d’être infirmière depuis quelques années étant attirée par le domaine médical, personne de ma famille n’est dans cette branche. Pourtant je trouve que je n’ai pas beaucoup de dextérité, je suis très timide, ça m’a un peu pénalisée pendant mes études. J’ai du mal à supporter les odeurs d’éther, d’urines etc… Quand je vais rendre visite à quelqu’un je fais des malaises. Le médecin agréé trouvait aussi que morphologiquement, j’étais un peu trop fluette pour ce métier. Il m’a cependant donné un avis favorable. Rien ne pouvait m’arrêter dans ma décision Bien que possédant le bac il y a un examen pour entrer à l’école d’infirmières appelée aujourd’hui IFSI, les effectifs sont moindres qu’aujourd’hui. Je m’inscris à Lorient, ville où je ère réside. Je passe la 1 partie comportant une rédaction sur un sujet actuel et des tests ère ème psychotechniques. Pour la 1 épreuve, pas de difficulté, la 2 m’est moins adaptée. Il ème faut réussir cette partie pour aller à l’oral. J’échoue, je suis 20 sur la liste d’attente, l’année précédente il y a eu 21 désistements. Malheureusement, cette année-là il y en a eu moins. J’ai 19 ans et il faut que je fasse quelque chose. Je me renseigne à l’école d’infirmières d’Auray, commune proche de Lorient. Ils n’ont pas de place mais ils connaissent une école à Sarcelles dans la région parisienne où plusieurs élèves bretonnes font leurs études. A Sarcelles, ils acceptent que je vienne à un entretien. Etant timide, je n’excelle pas dans cette épreuve. J’y suis allée avec ma mère en train, les grandes gares, le métro et les grands immeubles de Sarcelles, la population d’immigrés ne sont pas très engageant, en fait je me dis que je ne viendrai jamais faire mes études dans cet endroit. Le résultat arrive à la maison et il est négatif. Le jour de la rentrée, je suis à la maison. Le lendemain, je reçois un appel de Sarcelles, quelqu’un a renoncé à faire la rentrée, j’ai une place mais je dois arriver le lendemain. Pas le temps de réfléchir et je dis oui, il y a une place à l’internat. Pour amener les bagages il faut aller en voiture, mon père ouvrier demande un jour de congé, il a eu des difficultés à l’obtenir et a eu quelques représailles par la suite. Ma mère, employée communale, a eu plus de facilités. L’école est le bâtiment le plus agréable de Sarcelles et la chambre à l’internat est bien.
L’internat
La chambre est agréable, équipée d’un cabinet de toilette avec douche, un lit, un bureau, un grand placard. Je l’ai décorée avec des posters. Nous sommes plusieurs bretonnes. Lorsque nous allons en Bretagne, au retour, nous nous retrouvons à Montparnasse, nous faisons le chemin ensemble, il y a d’abord de longs couloirs pour aller au métro qui nous emmène à la gare du Nord, puis la gare de sarcelles et enfin un parcours à pied dans un terrain vague assez dangereux. Nous arrivons tard en soirée, il y a déjà 5 heures de train, il faut ajouter 2 heures de plus pour arriver à destination. Je pars le dimanche après-midi, le week-end est court. J’ai un abonnement au train. J’ai subi 2 vols dans le métro après les week-end en Bretagne où il n’est pas nécessaire de prendre trop de précautions, j’ai vu mon sac ouvert et plus de porte-monnaie. Etant très réservée, je ne suis pas proche de mes camarades. Je m’arrange avec une bretonne Mauricette qui habite à Hennebont, commune très proche de Lorient, Brigitte qui habite dans la région Guérandaise, elle obtient sa mutation en deuxième année parce qu’elle est fiancée, pendant ses études, elle se marie et m’invite, un bon moment puis nous avons correspondu quelques temps. Au mariage, je fais la connaissance d’un garçon, il viendra me voir à Lorient un week-end, je lui ai réservé une chambre d’hôtel, il a essayé de me séduire mais je n’étais pas prête, ça s’est donc terminé. J’ai de bons contacts aussi avec une interne de deuxième année, elle est malmenée par les autres. Il y a un règlement à l’internat, ce n’est pas facile à supporter à 19 ans après une vie libre à la maison. Mes parents font installer le téléphone pour pouvoir me joindre, le téléphone portable n’existe pas, son accès est règlementé. Nous avons une surveillante qui nous considère comme ses filles, elle essaye d’être autoritaire, elle a surnom, la vache landaise, il rappelle son nom on l’utilise pour indiquer quand elle est dans les parages. Au fond elle est gentille. Je veux avoir mon DE et je travaille beaucoup, j’ai besoin de calme et je suis gênée par le bruit que font les camarades. Au niveau nourriture, à chaque repas nous avons une pomme, fruit le moins cher mais ils auraient pu le cuisiner : tarte, compote, pomme cuite, non, c’était la pomme à peler. Depuis, j’ai une aversion pour les pommes, ce n’est pas mon fruit préféré. Je ne supporte pas les œufs, avec un certificat médical, j’avais le droit à autre chose. Cet internat très huppé organise des soirées avec les grandes écoles, nous devons porter des tenues de soirée, robe longue, je n’en ai pas, Mauricette m’en prêta une. Il y a un buffet impressionnant et un bal. J’ai subi deux agressions, la première au retour d’un stage dans le terrain vague, un homme blanc m’a mis la main aux fesses, je lui ai fait une remarque, il est devenu agressif, je me suis échappée en courant. L’autre, un soir, je suis allée au cinéma à Sarcelles avec Mauricette, je portais une jupe, j’ai senti que quelqu’un nous suivait, dans un endroit peu éclairé, un homme blanc a glissé ses mains sous ma jupe, Mauricette assez masculine lui a sauté dessus, assailli, il a préféré renoncé, il m’a griffée et j’ai eu très peur. Nous ne sommes pas retournées au cinéma. Il nous arrivait d’aller en boites de nuit, quand nous sortions, le métro était arrêté et nous devions attendre qu’il redémarre, ça m’est arrivé d’aller directement en stage sans dormir. J’ai fait la connaissance d’un homme qui m’a montré Paris la nuit en voiture, il était veuf avec des enfants, j’ai compris qu’il cherchait une mère pour ses enfants et je n’étais pas prête pour ça. La Bretagne me manquait et la vie à Paris ne me convenait pas du tout, courir dans les couloirs du métro, connaitre les grèves, serrée contre les intimités des autres. Quand je suis arrivée à Paris, j’avais l’intention de rentrer une fois par mois, visiter. Je ne pouvais pas,
ç’était trop dur et je rentrais tous les week-end avec la fatigue du voyage. Mes parents m’ont proposé d’arrêter mais je ne voulais pas, ils payaient l’internat, le train, je ne pouvais pas leur faire ça. D’autre part les études étaient intéressantes. Elles duraient 28 mois et l’année suivante elles passaient à 3 ans. Comme le programme était chargé, nous avions souvent stage le matin et cours l’après-midi. L’attention était difficile. L’école était située dans le sud de Paris auparavant et avait conservé ses lieux de stage, d’où la vie parisienne avec 1h30 de transport 2 fois par jour.
Les études
L’école d’infirmières Chaptal est un établissement privé à but non lucratif, c’est Mademoiselle Chaptal qui est à l’origine de cette institution en 1905. Infirmière ayant une vision avant-gardiste sur son époque. Elle a eu pour souci de venir en aide à la population ème pauvre du quartier de Plaisance du 14 arrondissement de Paris et de lutter contre les inégalités sociales et les fléaux de l’époque, tuberculose, maladies vénériennes, mortalité infantile et alcoolisme. C’est le besoin de se faire aider par des personnes qualifiées et le sentiment que la formation infirmière n’était pas reconnue qui l’a conduite à créer l’une des premières écoles d’infirmières en France œuvrant ainsi pour la professionnalisation des infirmières. Elle a défendu la place de l’initiative privée dans le domaine de la formation de l’infirmière et de l’assistante sociale Délocalisée en 1974 à Sarcelles dans le département du Val d’Oise, l’institution reste jusque dans les années 90, une école d’infirmières, mais son statut particulier d’école « privée » l’oblige à s’adapter, afin de répondre au mieux aux besoins de son desserte et des instances politiques. La « Maison Ecole d’infirmières Chaptal » devient fondation. Ce changement de statut lui permet alors de faire reconnaître l’ensemble de ses nouvelles activités : formation de jeunes et de public « en difficulté » pour faciliter leur intégration professionnelle, ouverture vers des soins aux personnes fragilisées. Les orientations du projet d’établissement évoluent de la formation vers les soins, rejoignant ainsi celles dessinées par Mademoiselle Chaptal à l’origine. Aujourd’hui, la Fondation Léonie Chaptal propose deux activités : l’une dédiée à la formation continue et professionnelle, la seconde dédiée aux soins et à l’accompagnement social. Le plus touché par mon départ de la maison a été mon père, il connaissait les risques qui existent pour une femme à Paris. Au début, il continuait à mettre mon couvert à table. L’école a une très bonne cote avec 100 % de réussite à l’examen du diplôme d’état. Toutes...