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Les Joies de l'enfer, mon cancer

De
302 pages

« Les scientifiques, les chercheurs et les médecins de la planète concentrent leur principale attention sur les aspects du cancer et ses origines. Il faut savoir que le cancer représente la cause majeure de décès dans le monde soit environ plus de sept millions d’individus par an. Je ne me risquerai pas à vous écrire une thèse sur cette maladie car je n’en ai pas les compétences cependant je soulignerai les principaux facteurs qui contribuent au développement du cancer sur les bases de généralités recueillies lors d’observations purement scientifiques. Le déni est à proscrire du quotidien lors d’une telle épreuve pernicieuse comme le cancer. Cependant, il suffit d’embellir chaque journée d’une romance aux armoiries de la passion pour adoucir notre nouvelle condition de cancéreux. »


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-68266-6

 

© Edilivre, 2014

Chapitre 1
Causes et préventions

Les scientifiques, les chercheurs et les médecins de la planète concentrent leur principale attention sur les aspects du cancer et la provenance de ses origines. Il faut savoir que le cancer représente la cause majeure de décès dans le monde soit environ plus de sept millions d’individus par an. Je ne me risquerai pas à vous écrire une thèse sur cette maladie car je n’en ai pas les compétences requises obligatoires pour disserter sur le sujet. Cependant je soulignerai les principaux facteurs qui contribuent au développement du cancer sur les bases de généralités recueillies lors d’observations purement scientifiques. Après avoir prospecté une tonne d’informations liées au cancer suite à l’annonce de ma maladie, j’ai recensé de multiples données afin de vous éclairer sur les causes principales de la progression du cancer dans nos sociétés modernes. Les cancérogènes se présentent sous de multiples aspects aux variantes chimiques ou biologiques souvent liés au mode de vie de tout à chacun. Mais d’autres facteurs comme la pollution concourent à l’émergence de cancers. Sachez qu’au-delà de quarante-cinq ans les cycles des fréquences des cancers augmentent. Comme nous évoluons dans des sociétés où l’espérance de vie progresse régulièrement, les cancers se développant tardivement se multiplient. L’épidémiologie démontre que l’absorption d’alcool et la consommation du tabac altèrent les communications intercellulaires et constituent ainsi le réveil de certains cancers. D’autres facteurs évidents comme la malnutrition, le surpoids, l’obésité, l’exposition prolongée aux ultraviolets naturels du soleil ou artificiels des cabines UV concourent à déclencher des tumeurs malignes parfois irréversibles. Aussi, les cellules malignes fourmillent dès lors qu’elles sont abreuvées des erreurs de nos attitudes à risques. Les mélanomes croissent du fait des comportements inconscients des personnes qui ne réalisent pas les dangers du soleil et des ultraviolets quelles que soient leurs origines. Les scientifiques considèrent que certains cancers pourraient être évités si les populations visées ou présumées concernées par la maladie optaient pour des comportements individuels davantage réfléchis. Un point important et nécessaire se doit d’être souligné concernant l’absorption des contraceptifs oraux chez la femme sur une période supérieure à dix années de prescriptions qui constitueraient une cause principale des cancers de l’utérus. Ces quelques exemples que je viens de vous citer ne représentent que la partie visible de l’iceberg Cancer. Réjouissons-nous de la ténacité des chercheurs qui font évoluer au fil des années des thérapies innovantes qui restent toutefois dans ce domaine médical au titre d’essais expérimentaux aux couleurs énigmatiques de la cancérologie. Nous pouvons assister au XXIème siècle à la rémission d’environ un cancer sur deux et à presque autant de guérisons. Si le cancer du sein est vécu comme une fatalité de l’existence pour certaines patientes, il se guérit de plus en plus malgré un taux de mortalité important. Je me permets de vous instruire du nombre conséquent de femmes diagnostiquées du cancer du sein, soit environ une femme sur neuf. Environ onze mille cinq cents décès ont été recensés en France en 2011. Un chiffre alarmant dans le monde du nombre de décès suite au cancer du sein, les deux sexes confondus, se chiffrant à environ quatre cent mille individus. Ne soyons pas trop pessimistes vu que le taux de guérison avoisine un cancer décelé sur deux. Cette succincte parenthèse informative clôturée, je vais vous guider maintenant sur les sentiers dédaléens de mon expérience de cancéreuse définitivement recensée sur les diagrammes hautement élaborés sur les bases de statistiques sérieusement établies.

La vie s’annonce comme un voyage jalonné d’escales où chacun conçoit les épisodes de son histoire au gré des inspirations et des déroutantes périodes improvisées de l’existence. La conceptualisation du cancer pourrait se schématiser à l’image d’une vie mais sur une période brève et comparable à la consumation d’une bougie. Le film de notre vie pourrait s’apparenter au destin de ce combustible éphémère. Avez-vous eu le loisir d’observer la combustion d’une bougie ?

Une nuit d’insomnie, je me suis intéressée à ce phénomène. Les yeux écarquillés et comme hypnotisée par cette lueur incandescente, j’ai réalisé les préoccupations de ma vie qui se résument en fait à l’amorce d’une mort imposée. La magie opère sous le spectacle fusionnel de la chaleur luminescente du combustible. La bougie s’enflamme au regard de celui qui allume la mèche. Conçue à partir de produits composites dont la paraffine dérivée du pétrole associée à des extraits de graisses animales et végétales appelées la stéarine ; la matière de la bougie ne prendra vie que lorsque sa mèche introduite le long de son corps sera mise à feu. Par intermittence, la bougie s’enflamme puis se fige comme pour solliciter des instants de répits à sa combustion. Puis je l’ai contemplée se désagréger sous mon regard inquisiteur. Une fois qu’elle eût franchi tous les paliers de sa vie, sa flamme a vacillé, alors la bougie s’est liquéfiée puis s’est évaporée. Elle s’est éteinte en disparaissant physiquement sous mes yeux ébahis. La lueur s’est jouée de sa chaleur pour amorcer l’épilogue de sa fin laissant inerte quelques résidus de sa mèche dans le fond de son âtre. Alors comme une révélation, j’ai compris le sens de la vie. Je pouvais associer mon cancer aux périples de mon existence. Ma maladie n’était qu’un instant de vacillement parmi toutes les autres étapes de ma vie.

Mon intention en écrivant ce livre était de vous alerter sur les dangers de la méconnaissance du cancer en général, et plus particulièrement sur le cancer du sein dont j’ai été l’une des victimes en 2009. Je voudrai vous informer sur les causes probables mais également sur les conséquences dans la vie quotidienne de cette maladie universelle dénommée Cancer. Nous sommes tous de potentielles victimes de ce fléau qui se propage sur notre planète depuis des décennies. Bien que n’étant pas une maladie contagieuse, certains cancers sont génétiquement transmissibles donc hypothétiquement décelables. Aussi, chacun d’entre nous peut être sujet un jour à devoir affronter un cancer. C’est pourquoi ; le courage, l’opiniâtreté, la sagesse, la patience, l’écoute et la passion soutiennent notre volonté comme des piliers essentiels des fondements d’une bâtisse humaine afin de nous permettre de combattre au mieux tous les désœuvrements de l’individu face à la maladie. Nous bâtissons notre vie comme nous construisons notre maison.

Lors de l’écriture de ce témoignage romancé, je m’investissais d’une mission. Une mission de prévention vis-à-vis de mes compagnonnes féminines, sans pour autant évincer des discussions, les maris, les concubins, les frères, les pères et les amis qui accompagnent les femmes confrontées au cancer du sein. Étrangement, je déplore la pénurie d’indices des symptômes annonciateurs. Nous assistons à un déferlement d’émissions télévisées sur le thème du cancer du sein mais, dans l’absolu, nous manquons irrémédiablement d’informations au sujet des signes précurseurs de cette maladie. Un grand nombre d’individus se croient immunisés contre cette maladie tant qu’ils ne perçoivent pas de douleurs physiques. Grossière erreur ! Nous sommes tous vulnérables face au cancer. Malgré toutes les recherches avancées sur ce thème du cancer, parfois encore tabou dans nos sociétés axées sur la rentabilité donc fondées sur des actifs en excellente santé ; nos démocraties feignent intentionnellement l’accès au travail pour les malades atteints de pathologies sérieuses, prétextant l’absentéisme cyclique et l’irascibilité des patients, pardon des employés. Cette explication abrégée et volontairement dépouillée de revendications politiques n’engage que ma propre responsabilité. Cependant, sachez que la vermine cancer attaque sa proie pernicieusement. Effectivement, des campagnes publicitaires informatives et de prévention sont diffusées régulièrement sur les médias mais sont elles aussi efficaces qu’elles le sous-entendent dans leurs slogans ! Leur objectif majeur d’impacter les esprits d’un maximum de citoyens est atteint grâce aux rouleaux compresseurs médiatiques. Mais, elles ne sont pas, à mon avis, suffisamment explicites sur le chapitre relatif aux prémices de la maladie. Puis, le temps imparti aux campagnes s’essouffle au fur et à mesure des redondantes médiatisations. Le temps que les données réactualisées cheminent vers les neurones réceptifs de notre cerveau, nous sommes déjà relatés à suivre une nouvelle programmation. Certes, la prévention s’inscrit comme un début de communication de l’information sur le cancer. En dépit de ces furtives démonstrations médiatiques, les personnes a priori en bonne santé n’imaginent pas une seule seconde la possibilité de l’intrusion du cancer en leur corps d’apparence parfaitement sain. Le plan consistant au dépistage du cancer du sein à partir de cinquante ans ne contrôle qu’une tranche d’âge de la population féminine. Je ne conteste pas cette démarche médicalement assistée par les pouvoirs publics mais je déplore le manque d’investissements financiers qui condamnent ainsi une partie de la population féminine à espérer en leur bonne étoile pour ne pas contracter un cancer du sein. L’optimisation des risques encourus perd littéralement toute son efficacité lorsque l’on n’anticipe pas de protéger toutes les tranches des populations concernées par la potentialité d’engager aussi un cancer féminin. Sectorisation ou compartimentation des sexes sur le lieu du travail, la révolution sexuelle n’aura pas lieu dans le monde de la médicalisation. Un conseil averti, n’attendez pas que la sécurité sociale ou votre médecin traitant vous prescrive une mammographie. Prenez vous-mêmes l’initiative de faire vérifier votre carrosserie. Une révision des organes internes avant qu’ils s’imbriquent d’une façon insidieuse au centre d’une maladie aux traitements protocolaires. Une phrase ironique mais communicative. Mon expérience démontre ce cas de figure d’une malade bien portante. Si je n’avais pas eu l’instinct de me faire dépister la maladie en me faisant passer pour une hypocondriaque repentie, aujourd’hui je ne serais plus là pour témoigner sur le thème du cancer du sein. Je serais certainement décédée sans même avoir eu le temps nécessaire de songer à boucler les dernières valises de ma vie, trop abrutie par des doses de sédatifs et de narcotiques délivrés sous ordonnances. Un endormissement progressif avant d’atteindre la dernière sortie de secours. Plus simplement le chemin décisif vers la mort. Je tente, avec des moyens limités dans l’appréhension de la psychologie de relier les situations épiques corrélatives à mon expérience vécue de la maladie, afin de vous expliquer mon évolution psychologique pendant cette période. Je ne ressentais aucune douleur physique, une fatigue avérée mais pas davantage de symptômes préoccupants. Plus stupéfiant encore, aucune grosseur ne s’était manifestée me laissant supposer un quelconque danger pour ma santé. Les cellules malignes avaient implosées et s’étaient dispersées dans l’intégralité de mon sein gauche. En vous renseignant sur les préambules qui m’ont conduite à m’orienter vers les services d’oncologie, je sauve peut-être la vie de quelques personnes. Aussi, je vous recommande fortement de suivre mes conseils prévenants. L’avènement du cancer survient en un éclair de temps. J’ai emprunté contre ma volonté ce chemin de la maladie avec la conviction que je guérirai. Toutefois, je vis désormais avec les inévitables affres d’angoisses liées à l’éventualité d’une résurgence de la maladie. Le malin cancer pourrait à sa fantaisie ressurgir et me persécuter à nouveau de ses envahissements cellulaires incontrôlables par mon corps. Et par défaut, pas forcément sous la même apparence ! Et, plus tragiquement, sous la forme d’un cancer généralisé où mes espoirs de réconciliation avec l’existence seraient inopportuns. La suprématie du doute de la réapparition du cancer ternit parfois mon objectivité sur les probabilités d’un avenir serein.

Les raisons qui conduisent l’écrivain à produire une œuvre autobiographique sont rarement formulables. C’est pour l’auteur comme une évidence ou l’inconscient joue un rôle majeur. Pour ma part, mes véritables raisons de m’atteler à l’écriture d’une autobiographie romancée, s’apparentent davantage à une volonté farouche du désir de partager des passerelles de ma vie, évoquées par l’amoncellement de mes joies et de mes épreuves endurées sur des morceaux choisis de mon existence. En somme, une partition musicale. Alors s’est installée une écriture méthodique presque automatique. J’ai construit mon histoire à partir d’une trame concrète relatant des passages vécus de ma vie associés aux adjuvants nécessaires à la romance. Pendant la maladie l’incertitude du lendemain est venue se greffer à mes journées, pendant lesquelles j’affrontais les innovations relatives à mes épisodes de soins. Je savais que je ne renoncerai pas à la vie malgré quelques nostalgies envahissantes. J’apprenais au quotidien à déjouer les pièges de mes ressentis conflictuels avec le cancer. En bagarres perpétuelles ! Tout au long de ce trajet de vie viendront se mêler les improvisations subtiles de la romancière en proie aux délires d’accentuer et de magnifier son existence. Poétesse dans l’âme, j’ai éprouvé le besoin viscéral de séduire mes lecteurs. Telles étaient mes ambitions, au moment précis de l’exorde de ce manuscrit, malgré la maladie porteuse des cellules corrodantes de quelques-unes de mes facultés physiques.

Chapitre 2
Dédicaces nécessaires

Dédicace à mes lecteurs

J’ai le plaisir de dédier ce livre aux opiniâtres qui ne renoncent jamais. Le renoncement à ses passions annihile l’espoir et conduit l’homme à sa perte. L’humain se perd dans le néant de l’oisiveté destructive dès lors qu’il broie du noir. Le vivant bipède ou quadrupède axe le déroulement de sa vie sur la construction, la destruction et la reconstruction de ses idées et de son environnement. L’humanité ne laisse que peu de place à l’improviste, nous sommes tous tellement prévisibles finalement.

Suite au roman intitulé « Au soleil des homicides cannois », roman sans prétention, juste pour distraire un public désireux de suspens, écrit d’une traite et enjolivé de peu de fioritures littéraires ; j’entrepris l’écriture de cette autobiographie romancée. À peine avais-je achevé les dernières syllabes du roman policier que je songeais déjà à une suite imminente. Puis, j’ai détourné mon attention créative. J’ai gouverné la concentration intellectuelle de mon esprit vers un manuscrit d’une véracité plus intimiste, un témoignage doté de promesses sur l’avenir. Un jour, une révélation ! Je devais immortaliser mes souvenirs brouillons. Je me sentais dans l’obligation de vous soumettre quelques rameaux de mes saisons d’ondées ensoleillées, fédérées par mes anicroches vipérines de santé. La métaphore amenuise les fourberies des cellules malignes du cancer. Toutefois, ce témoignage fondé sur des faits réels, s’inscrit parmi une pluralité de faits imaginaires, basés sur des réflexions existentielles recueillies au cours de mon singulier parcours.

Bonne lecture à ceux qui accorderont du temps au décodage de ce témoignage d’une mendiante des mots décrivant ses maux. Alerte aux récits bouleversants, aux pages noircies des souvenirs accablants, aux propos libertaires, aux trahisons filiatives, aux sons cacophoniques, aux odeurs automnales des feuillages, aux chaleurs des canicules estivales, aux dénonciations caustiques, aux amours frivoles, aux couleurs libertines, aux promesses d’une victoire sur la vie, aux fantasmes frileux, aux tendresses dissimulées et toutes les formulations amphigouriques de mes sentiments spéculés lors d’une telle épreuve. Une farandole d’observations, de contestations, de suspicions et de vives émotions vous véhiculeront sur l’autoroute du sursis et de l’espoir confondus.

 

 

Dédicace à mon conjoint

Depuis notre premier baiser, les années se sont écoulées en courants incessants profondément marquées par notre relation perdurant. Tout au long de notre aventure de duettistes, puis à trois, puis à quatre, puis à cinq parfois, nous nous sommes confié l’un à l’autre, et nos pensées se sont conjuguées à tous les modes et à tous les temps. Mes sentiments se sont renouvelés à chacune de tes prévenances. Nos sens en éveil, nos regards suffisent à comprendre l’autre dans ses distinctions. Nos imperfections ne stigmatisent nullement l’évolution sentimentale de notre couple. En toute confiance et sans aucune impertinence, je t’ai adressé mes confidences dont toi seul connais l’existence. Tu es désormais en possession du code secret du coffre-fort de mon cœur. Surtout ne perd pas la mémoire et n’oublie pas les chiffres de notre amour car je n’aurai pas de clefs à te céder.

À tes côtés, j’ai le cœur en apesanteur dès que tu m’offres des fleurs. Si par le passé je t’ai suspecté d’avoir à mon insu convoité d’autres femmes, pardonne-moi ma carence en confiance. La jalousie, sentiment influençant le comportement de chacun d’entre nous, s’inscrit au début des histoires d’amour. Malheureusement, je n’ai pas dérogé à cette règle. Le manque d’assurance de nos sentiments influe sur nos capacités à débattre de la confiance réciproque. Mais ces années de tâtonnement du territoire de l’autre sont révolues. Aujourd’hui, nous partageons un univers commun où nous évoluons au quotidien avec l’aisance des gens qui s’aiment. Nous en avons parcouru du chemin depuis cette soirée où mon regard flou azuréen-émeraude t’avait envouté. Nous avons franchi des époques éthérées d’un bonheur simple ainsi que des périodes douloureuses de perturbations déconcertantes. Nous avons résisté à toutes les phases de notre vécu amoureux assuré de plus d’une décennie. Le temps brasse notre union de rebondissements d’une variété d’invraisemblables aventures et de frasques incomparables. Ta présence quotidienne me réconforte malgré le dédain infantile que je te renvoie parfois.

Décidemment, j’avoue là mes imperfections sans paraitre suffisante. Reconnaitre ses erreurs est une forme d’intelligence respectable. Ton soutien me convient et j’espère que tu ressens le retour de mon attention bilatérale envers ta personne. Aussi, je tente chaque jour de répondre à tes attentes. Toutes ces compréhensions réciproques évidentes confirment la fusion de notre amour. L’amour n’est pas réduit à la seule fusion de deux êtres mais également aux devoirs d’intégrité et à l’obligation de respect que l’on observe mutuellement jour après jour. Concessions, confessions, loyautés, coopérations, réconforts, secours, séductions et une intense communion d’amour sont les ingrédients essentiels pour réussir son couple. Le temps pourvoit à améliorer et à bâtir les fondations stables d’une relation du binôme le plus complexe de l’humanité. L’image de la fusion de deux êtres en amour. Je devais m’acquitter de ces phrases envers toi afin que tu réalises la profondeur de mes sentiments. La pudeur m’empêche de te couvrir de mots d’amour, mais tu sais aux yeux de tous désormais que je t’aime. Et même si tu me quittes un jour, je te serais à jamais redevable de ta présence lors de mon épreuve de santé communément appelé Cancer. Il me sera impossible de ne plus t’aimer quelle que soit l’évolution de nos sentiments l’un pour l’autre. On pourra appeler cette façon d’aimer, la fidélité de l’époque de notre vie en couple. Les chemins que nous avons parcourus ensemble furent arpentés de tant de rosiers épineux à fleur de peau que je ne garderai en mémoire que le parfum de leurs roses.

 

 

Dédicace à mes enfants

Ce discours ne s’avoue pas une confession. Je ne l’ai pas écrit pour vous faire mes adieux. Au contraire ! Malgré le témoin cancer qui exploite parfois mes fluctuantes pâmoisons ; je vous propose l’image d’une mère en pleine éclosion de son âge avec l’énergie suffisante pour vous stimuler les audaces de vos cœurs tout en vous adressant mes messages d’espoir. Du chemin parcouru ensemble, je vous ai légué mes tendresses, mes doutes, mes craintes, mes conseils et quelquefois mes douces aliénations dérivées d’un amour exclusif.

Parfois, exubérante de joie, je vous taquinais et c’était de bon aloi. Reconnaissez que je vous ai éduqués dignement selon des principes basics inculqués par vos grands-parents et selon ma vision objective de l’humanité dans ses généralités. Je vous ai conduits vers un enseignement du libre arbitre de vos choix sans jamais m’interposer. Non pas que je sois laxiste, mais votre avenir vous appartient et vous devez par vous-mêmes considérer vos choix personnels. Vos erreurs vous grandiront et vous pourrez détourner votre conscience vers vos priorités. Faites le moins d’erreurs possible pour me soulager des inquiétudes collatérales qui risqueraient de me nuire. Égoïste ? Non pragmatique.

Je vous ai suggéré des conseils avisés que vous-mêmes m’aviez sollicités. Je vous ai enseigné le devoir d’accéder au doute de concevoir la trame de vos vies qui vous reliera aux aspirations de vos envies. Si je vous ai heurtés lors de discussions houleuses, veuillez ne pas vous sentir outragés. Vous avez souvent collaboré aux tribulations de mes voyages et de mes passions. L’engouement pour mes choix ne fut pas toujours présent, mais j’admets que trop souvent je m’enhardissais à penser que vous approuviez toutes mes péripéties. Toutefois, je vous mets en demeure d’admettre mon ambition d’écrire pour tous ceux que j’aime et de m’accorder quelques impertinences chapardées vous concernant. Mes confabulations ne seraient alors que des actes d’amour irréfléchis sans le moindre fondement pertinent. Je m’acquitterai de mes engagements seulement le jour de mon exil perpétuel vers l’abime obscur des cieux hostiles. Bref, le jour de mon départ pour l’ultime voyage dont je ne prendrai que l’aller. À cet instant-là, peut-être je me confesserai ! Si ce n’est pas le cancer qui me tue, ce sera la vie elle-même qui me conduira aux portes de la mort. J’ai souvent revisité les classiques de l’éducation collective aux contenus archaïques et pédagogiques ainsi que ses principes fondamentaux. Je foudroyais les méthodes d’enseignement par des jurons pour lesquels je ne réclame aucune distinction. Cependant, je valorisais vos initiatives selon vos besoins du moment. Je n’ai point à me justifier, j’ai mobilisé mes actions en fonction de vos comportements respectifs. Enfin, quelquefois ! Déconcertante cette mère que je vous ai imposée ! Mais mon amour pour vous résistera au-delà de mon passage dans vos vies. Toutes mes saisons se sont enregistrées sur le thème de l’amour que je vous porte. Je vous ai dévoilé le film de mes tendresses envers vous mes chéris. Avant que la mémoire me quitte, j’irai vous cueillir des lilas mauves et des lilas blancs ou encore un panier de fraises dont vous affectionnez tant les saveurs. Je vous écrirai des poèmes en fêtes pour vous faire rire à chaudes larmes, puis en alternance, des poèmes aux intrigues dramatiques pour vous faire essuyer vos yeux et revoir après vos grains de larmes, vos doux sourires espiègles. La maladie ne sera jamais un frein à rompre mes adorations pour vous. Je vous aime mes enfants, tous autant, mais certainement pas d’une manière unique. Les sentiments que je vous porte m’exaspèrent tant ils sont exaltés et sincères. Nos étreintes de tendres câlins resteront à jamais les frissons de mes plus belles histoires d’amour ; celles entre une maman et ses enfants. Trois anges aux ailes déployées ont illustré mon existence des plus belles pages d’amour. Ces dépositaires de mes arguments sauront retirer de ma méthode d’éducation, les satisfactions correspondant à leurs expectatives. Ne soyez pas jaloux, je vous aime à tire-larigot et ce sentiment ornera votre quotidien d’une palette des couleurs du bonheur.

 

 

Dédicace à mes parents

J’aurai voulu leur dire et leur écrire tous les mots qui coïncident aux sentiments que j’éprouve pour eux. J’aurai voulu partager avec eux davantage, oh oui, bien davantage d’émotions. Mais le fil des saisons se déroulait en une course folle où les années s’accumulaient plus rapidement que les bolides des vingt-quatre heures du Mans. De l’humour encore et toujours de l’humour, certainement des signes précurseurs d’un amour perpétuel. Ils m’ont tant appris et tellement donné de leur temps que je supposais qu’ils y étaient obligés. Je me rappelle mon enfance quand je me laissais cajoler sans raison apparente juste pour le plaisir de me blottir dans leurs bras. Et toutes ces concessions afin que je souscrive aux meilleures institutions. Certes ils ont commis des erreurs comme tous les parents dignes de cette appellation, mais ils m’ont secourue à de maintes occasions où d’autres auraient renoncé. Au nom de l’enfant que je reste pour eux et au nom de ma souffrance de ce cancer inintelligible ; je leur dédie toute mon existence. Au nom de leurs doctrines savamment établies, j’accepte le sort qui m’est réservé. Sans plus de discours, je leur déclame mon amour.

À l’annonce du diagnostic, un profond sentiment de lâcheté me contraignait à me satisfaire de mon sort. La peur évidente d’assister aux départs de mes proches me terrifiait. Je savais pertinemment que je serai foudroyée par le départ de mes parents. Mais les espoirs cohérents d’atteindre mes objectifs me firent prendre conscience que je refusais de mourir, ni aujourd’hui ni même un autre jour. On ne badine pas avec l’émotivité de ses parents au protocole de leurs hivers. Oh mon papa chéri ! Ce jour encore, j’aurai l’envie, pour ne serait-ce qu’une fraction de temps, avant de recevoir ton affection et te contraindre à me serrer dans tes bras. Quant à toi, maman, laisse-moi me griser de tes attentions permanentes et de tes paroles excessivement aimantes. Les gens de leur génération, c’est-à-dire de l’après seconde guerre mondiale, ne s’exposaient pas à diffuser leurs sentiments profonds et sincères de façon tactile. « On ne propage pas ses sentiments de la sorte, disait-elle, les mots et les regards attentifs suffisent à vous faire prendre conscience de l’amour que l’on vous porte. » Alors les rares moments de câlins s’inscrivaient en nous, les petits enfants du baby-boom, comme des trésors d’amour inestimables. Nous abordions ces démonstrations de cajoleries comme à l’abordage des vaisseaux selon les manœuvres des pirates de l’amour. Comme dans la chanson si tragiquement interprétée par l’illustre Édith Piaf, « Laissez le moi encore un peu mon amoureux ». Moi, je chanterai à mes parents « Laissez-les moi encore un peu ces gens heureux, ce sera l’un de mes derniers vœux. » Juste ces quelques phrases concises pour vous bredouiller ces mots d’une candeur enfantine mais des mots probants : je vous aime. Certes les preuves de cet amour filial ne dureront que le temps de nos vies. Mais ces quelques lettres ajoutées l’une après l’autre respireront tant d’amour qu’elles resteront inscrites pour l’éternité dans notre livre d’or familial. Les gens qui sèment la tendresse récoltent l’amour en retour. Naïve réflexion lorsque l’on a conscience que l’amour ne se mérite pas mais survient au hasard des chemins empruntés. Quelques bémols et quelques dièses pour la mélodie du bonheur. Je ne vous remercierai jamais assez de m’avoir éduquée vers un destin où se mêlent mes rêves et mes passions.

Chapitre 3
Qui suis-je ?

Contemplative, réservée face à mes mots désorganisés qui défilaient sur le clavier Azerty de mon ordinateur, je me réjouissais par anticipation des esquisses de mon futur roman. Férue de littérature, une envie irrésistible ou plus exactement une obsession inexplicable d’écrire sommeillait en moi. La confusion des faits et de mes afflictions contraignait mon esprit à reconsidérer mes vérités. Combien d’histoires, par le passé, ai-je eu à raconter ou à sublimer ? Des histoires à foison, réelles, imaginaires ou interactives et en option des témoignages affranchis des oppressions de la société. Dès qu’un semblant d’émotion parait sur un visage enclin à exposer ses sentiments, il y a matière à écrire. Alors, la feuille de papier vierge et encore stérile de représentations graphiques s’imbibe de l’encre des mots à y consigner. Le cancer s’est imprégné jusqu’au sang dans mes veines, protégées par le cathéter de l’apaisement d’une douleur persistante. Les évènements se sont enchainés à une rapidité humainement réprouvée par ma personne. J’ai dû, à plusieurs reprises, contrecarrer la planification de mon agenda personnel. Je fus dans l’obligation de me résoudre à vivre sur le même tempo que mon cancer. Je ne prétends pas que ce fut une période mélodramatique, mais plutôt une succession d’épisodes improvisés par la complexité des contraintes liées aux traitements du cancer parfois sauvagement désorganisés. De temps à autre, je déjouais les assauts de la maladie par des effractions aux codes de la cancéreuse déchue de sa bonne santé initiale. Cette époque décousue par divers questionnements sur mon cancer dépeçait ma vie de cauchemars encellulés. Je broyais les soirs de doute, les souvenirs des balourdises qui avaient empoisonné cette période agitée. Alors, j’ai dialogué avec tous les gens que je rencontrais au fur et à mesure de mes déplacements quotidiens. Je sollicitais l’attention des autres afin qu’ils me sollicitent en retour de leurs parler de mon expérience sur la maladie que je côtoyais désormais. La curiosité de mes interlocuteurs me démontrait à quel point cette maladie interpelle le quotidien de chacun. J’éprouvais une sincère satisfaction à témoigner de cette épreuve avec humilité. Les conversations expansives, très nombreuses au sujet de ma maladie à autrui, m’obligeaient à une interprétation saine et rigoureuse des enchainements de chaque étape revendiquée par le protocole de mon cancer du sein. Je redoublais d’efforts pour paraitre la femme affranchie que j’avais toujours été par le passé. Quelquefois, je scénarisais dans ma tête tout un tas de résolutions de l’après Cancer. À d’autres moments, affaiblie par les soins, comme je suppose de nombreuses victimes de cette maladie, j’envisageais un exil vers d’autres horizons. Pensée utopique mais cependant, j’aménageais dans un coin de ma tête, une errance virtuelle en des territoires étrangers. Certes, j’étais consignée à résidence afin de suivre mes traitements dans les meilleures conditions, mais je ressentais un besoin vital de m’évader. Alors, je m’éclipsais virtuellement des lieux en renouant avec mes premières révélations artistiques dont la poésie qui s’inscrivait inévitablement au tableau de mes loisirs. Délivrée des carcans de la société actuelle, la poésie délie mes rêves à ma réalité. Au-delà de la fiction des thèmes abordés, les perceptions des intentions de l’humanité ressurgissent au travers des vers et des proses exprimés. Les mots dégagent inéluctablement des sons et des leçons de vie. Entrainez-vous à lire des poèmes à haute voix et vous découvrirez tous les sons existants. Par la même, aux sons se combineront les images, tel un synopsis cinématographique. Alors, comme il fallut bien que je me divertisse, je puisais l’énergie nécessaire à mon combat contre la maladie par la démonstration de mes qualités de poétesse. J’avais besoin de me ressourcer aux terrains de jeux familiers de mon enfance dont la poésie me semblait un refuge salutaire. Fragilisée par les soins, je ne pouvais pas m’accorder le luxe de reprendre la danse, alors je choisissais ma seconde option de divertissement ; l’imaginaire. En fait, à cette période de ma vie, diminuée physiquement, je m’étais recentrée sur mes possibilités d’échappatoires envisageables du moment. Je me suis donc alliée à mes facultés pour l’écriture de poèmes et je me suis appliquée à la restauration casuelle de mes vieilles reliques poétiques du temps jadis. Naguère, j’avais négligé ce potentiel du désir de fondre mes mots sur la feuille blanche. J’étais endolorie par les traitements, et paradoxalement, je m’éveillais à ma vérité. La maladie m’a sortie de mon renoncement à l’écriture. Chacun apprend de ses épreuves et c’est là que réside les points positifs voire objectifs de ce genre d’infortune. Avec le cancer, on compose avec ses capacités à réagir face à cet obstacle au premier abord insurmontable. Il faut bien gérer les temps de répits. On découvre la profondeur de son être. On scrute les moindres recoins de ses pensées. La première indication sur ma personnalité qui m’est apparue fut dans un premier temps de réflexion, mon opportunisme refoulé. Je n’avais jamais su profiter des opportunités qui s’étaient présentées à moi avant ce cancer. Dès que je devais m’investir sans filet dans une aventure inconnue, je renonçais systématiquement. Je me réfugiais derrière le paravent de la sécurité. Je ne transgressais quasiment jamais mes craintes, ni mes peurs. J’adoptais des attitudes contradictoires à ma personnalité non encore dévoilée. Ne jamais s’engager si des risques subsistent était ma devise. Quelle erreur monumentale ! J’ai appris à mes dépens qu’il faut s’atteler à ses rêves et essayer de les réaliser quelles que soient les concessions à faire pour y parvenir. J’ai donc écrit ce livre pour ceux qui doutent et pour tous les autres sans exception. Aucune discrimination, nous sommes des humains avec nos qualités et nos défauts. Simpliste réflexion mais tellement véridique !

Avant que je vous invite chers lecteurs à prendre possession de mon histoire, je vous adresse mon opinion sur la poésie, l’art qui m’a évité la dépression, en vous délivrant l’un de mes poèmes favoris, intitulé Passeport pour la Poésie.

La sculpture est liée à l’expressivité,

D’utilisation de matériaux encensés,

Privilégie d’intégrer la sublimation,

De ses modèles caricaturés d’émotions.

La peinture, art ancestral des évolutions,

Au fil des siècles s’affranchit de transgressions.

Les révélations maintenues sur la toile,

Génèrent les impulsions des sens qu’on vous dévoile.

La musique, la danse, sciences des cadences,

Insufflent à nos sens leurs extravagances.

La danse anoblit par enchainements les corps.

La musique transcende nos spleens en gaités d’accords.

Des arts reconnus ; révélée, la poésie,

Comble les notions précédemment établies.

Le poème démet la matière pour la fougue,

De ses nuances d’illusions et de courbes.

Si je te voue un culte, pour toi poésie,

Je ne néglige pas pour autant, tous les styles

Des œuvres littéraires que l’auteur a choisis

De nous délivrer d’essais, de romans subtils.

Je ne suis qu’aux balbutiements de mes rimes,

Mais mon inspiration s’intensifie encore,

J’imagine que mes vers, le lecteur les sublime,

Pour l’autorisation d’accès au passeport

Le poète talentueux non reconnu par ses pairs se sent accablé d’une brutale sanction, à la limite de l’injustice et de la condamnation de sa liberté d’expression. Il s’insurge contre les critiques ignorantes de la philosophie de la poésie. Le poète, mécène de sa prose et de ses vers, fédère des émules à ses compositions mélodieuses. Bien que différent de l’écrivain par sa démarche intellectuelle antinomique à ce dernier, il conjugue parfois les deux matières. L’un comme l’autre revendiquent une totale jouissance de leur art lorsque leur œuvre requiert la reconnaissance des liseurs. Laissez-vous guider par la trame de ces chapitres dérobés d’une autobiographie condensée. Lors de l’épilogue de ce livre consacré à quelques-unes de mes pages de vie, je m’inspirerai peut-être dans l’avenir de leurs contenus pour bâtir les fondations de ma rubrique nécrologique et l’épitaphe de mon choix dont je serai l’auteur. Commun des mortels, dans l’ignorance du jour de ma mort, je vis le présent intensément pour prévenir des lacunes du futur. J’aime tellement la vie ! Alors pourquoi ne flagornerai-je pas la mort ! Comme chacun d’entre nous, j’ai pressenti mon dénouement de terrienne dès mes premiers raisonnements ; c’est-à-dire depuis à peu près ma sixième année de vie. Je vous énumérerai au cours de cet ouvrage l’ensemble des questions innombrables que je me posais à l’annonce du cancer. J’aurai pu élaborer un tableau énumérant les points positifs dans une colonne et les points négatifs dans une seconde colonne juste pour évaluer toutes les phases de la maladie avec objectivité. Mais voilà, un cancer ne se traduit pas sur une feuille de papier comme une liste de commissions au préalable établie en famille. Un cancer appartient véritablement à celui qui le subit dans sa chair. Une facette ambigüe de la maladie correspond aux relations entre les soignants et les malades. La particularité de cette maladie ; c’est l’aisance des médecins à répondre à nos interrogations tant qu’il s’agit du protocole adapté à notre cas. Mes sollicitations dépassaient l’entendement des praticiens. Je voulais leurs soutirer l’éventail des issues envisageables consécutives à mon cancer. De nombreuses réponses furent formulées pour expliquer les étapes du protocole. L’oncologue, le gynécologue chirurgien, la psychologue et le docteur du service de cancérologie s’impliquent concrètement dans les séances de discussions préopératoires et postopératoires mais leurs rôles d’accompagnateurs ne les autorisent pas à se prononcer sur leurs pressentiments quant à l’issue d’une thérapie sur un malade du cancer. Ils ne peuvent pas formuler d’opinions prévisionnelles sur un patient avant d’avoir réalisé l’intégralité des étapes d’un protocole. Quoi qu’on en pense, le destin d’un patient n’est pas de l’unique ressort de ses médecins. Je persévérais à tenter d’extorquer le plus d’informations possibles sur mon état général. Lucide vis-à-vis des limites des interprétations des professionnels de santé quant à mon espérance de vie ; je tentais de déstabiliser cette équipe de choc en usant de mon charme naturel et la mauvaise foi parfois. En fin de rendez-vous, je devenais plus audacieuse et j’abordais la question sur l’éventualité d’une non-guérison, c’est-à-dire la possibilité que mon décès survienne comme une résultante de la maladie. Malgré mes insistances sur le sujet d’une mort envisagée, le cortège des blouses blanches ne se prononçaient pas...