//img.uscri.be/pth/b56b390f41011503bcff343635a948ec053b666e
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 1,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : MOBI - EPUB - PDF

sans DRM

Les Routes du Bonheur

De
330 pages

Ce livre est né grâce à la famille, les amis, les fabuleuses rencontres faites lors de notre aventure...

C’est le récit d’un couple ordinaire avec deux véhicules hors du commun...


Il est temps de partir, venez, dépêchez vous, embarquez pour un fantastique voyage, le vent vous poussera en Suisse, France, Allemagne, Belgique, USA, Canada, Guadeloupe, Martinique, Marie-Galante, Maurice, Rodrigues, Colombie, Equateur, Pérou, Chili, Argentine et Uruguay. Nous accosterons dans les plus beaux ports, Anvers, Hambourg, Emden, Havre, Rouen, Montoir, Point-à-Pitre, Fort-de-France, Bilbao, Dakar, Conakry, Freetown, Banjul, Rio, Santos, Paranagua, Zarate, Montevideo, Buenos-Aires, Carthagène...


Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

Couverture
Copyright
Cet ouvrage a été composé par Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com
Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN numérique : 978-2-332-92926-6
© Edilivre, 2015
« Va où le vent te mène, va »
Angelo Branduardi
Je pourrais commencer par « il était une fois », mais ma formule sera
« J’y ai rêvé si fort que j’y suis arrivé… »
Bonjour, je suis Marie. Premier voyage en 1983, sac à dos, destination Chili, Pérou, Venezuela, premier voyage en cargo pour la Patagonie, et c’est là que j’ai contracté le virus de la bougeotte et du voyage…
Un dimanche soir de l’an 2006, nous sommes devant la télé et nous sommes captivés par un reportage sur une famille partie faire le tour du monde en camping-car et sur un couple qui a transformé un car de voyage en camping-car. Là, Didier me dit : « Si nous achetions un car pour en faire un camping-car » ? L’idée est lancée, puis vient le défi… « Si tu trouves un car et qu’il est devant la maison, je t’offre ton champagne préféré… » C’est parti ! Le lundi matin me voila téléphonant à toutes les entreprises de car de Suisse. Manque de bol, de nouvelles normes sont passées et les cars sont tous vendus à l’est. Mais le hasard m’envoie à 70 km de chez nous, un car postal Scania n’est pas encore vendu. Le mardi soir, on va le voir, on l’achète, il sera déposé devant la maison le jeudi. Super ! Enfin presque, car j’ai un arbre devant l’entrée de la maison, donc mettre le car devant, pas possible. Mercredi matin, je vois passer sur la route une pelleteuse, je cours, je l’arrête, je demande au conducteur s’il peut me déplacer l’arbre et hop ! c’est une affaire qui roule. En une heure, c’est fait ! Didier me téléphone à midi, il me demande ce que j’ai fait ce matin, je lui réponds : « Rien, j’ai juste déménagé l’arbre ». Un grand silence… Notre car débarque le jeudi soir devant la maison, défi rempli… C’est un vrai car avec les sièges et tout et tout, il faut donc tout enlever. Cela commence le week-end avec le plus jeune de nos fils. Déboulonnage des sièges, et là c’est : « J’ai trouvé une pièce », « J’ai trouvé un crayon », ils trouvent plein de trucs. Alors moi aussi, je m’arme d’outils et j’arrive, je me retourne vers Didier et lui dis : « Tu vois que je trouve une chaîne ou un bracelet en or… ». Deux secondes plus tard, le bracelet en or est là, un peu sale, mais il est là… c’est un signe… Le dimanche soir, le car est vide, 12 mètres de vide. Didier est dedans, il pense que l’on est un peu fous… Mais allez, c’est parti, on travaille pendant tous nos moments de libre dessus. Je vous passe les heures de recherches pour une pièce, l’installation de l’eau – l’eau, c’est terrible, ça fuit tout le temps –, de l’électricité ; on avait prévu 50 mètres de câble, à l’arrivée, il y aura 120 mètres. De plus, toutes les tracasseries administratives pour le passer à l’expertise… Enfin, on y est arrivés, il est à 90 % fini en août 2007. Il possède une belle chambre à coucher avec deux lits séparés, deux lits superposés, une salle de bains avec W.-C. et baignoire assise, une cuisine complète avec frigo, congélateur, micro-onde, four, plaque quatre feux, un coin repas, une immense banquette-salon, un bureau, un siège conducteur et deux sièges passagers, des rangements partout… et son nom, hyper important : Ambroise. Départ pour la première sortie en août 2007, Valence, France ; une rencontre avec des personnes qui ont aussi construit leur car. On parle voyage est c’est là que le virus est réactivé… Une fois rentré de notre escapade, on termine le car et la petite graine plantée germe et grandit. Le plus grand de nos fils est loin
de la maison, le deuxième finit ses études au mois de juin 2008, et si on larguait tout… Début 2008, un peu dur : en avril, perte de travail, décès de notre chienne de 12 ans, moments très pénibles, alors nous regardons devant et cette fois nous en sommes de plus en plus sûrs, on va partir. Le car est prêt… Nous allons partir pour l’Amérique du Sud, nous sommes en train de regarder le moyen de transport pour le car. Il n’y a pas beaucoup d’options ni de compagnies. Ce sera Grimaldi Cargo avec douze passagers et environs vingt-cinq jours de traversée du Havre en France, à Buenos Aires en Argentine… Cela veut dire tout laisser et tout vendre. Est-ce que l’on est vraiment prêts ? Bonne nouvelle en juin, notre fils termine ses études avec succès, que du bonheur ! Août 2008, nouvelle rencontre au milieu de la France avec les amateurs de car transformé comme nous, moments formidables, nous sommes déjà sur une autre planète, moments privilégiés avec de belles personnes. En rentrant, nous prenons la décision. Vous savez, le moment le plus difficile dans la vie d’un homme, ce n’est pas avant, ni après, c’est le moment où il faut décider, ce temps qui dure une seconde… Sur le mail de réservation, nous appuyons sur envoi. Cette fois, nous voilà Amérique du Sud ! Nous venons de réserver le cargo pour le 23 décembre pour le car et nous, c’est parti mon kiki ! Enfin bon, c’est vite dit, il faut tout liquider : maison, voitures, meubles, tout quoi, et là, il y a du boulot… Et préparer la famille aussi… Comme on dit, tout s’aligne comme des noix sur un bâton ou presque… Didier va faire le contrôle médical obligatoire pour le permis camion et le médecin nous convoque d’urgence. Didier a un taux de diabète très haut, alors prise de médicaments qui ne font rien, sauf de bons effets secondaires, tremblements, importante prise de poids. Ensuite on passe à l’insuline, une dose, puis deux, puis trois, puis quatre, rien ! On va au centre pour diabétique et là, lorsque nous disons que nous allons partir, je passe pour une tueuse, je vais le tuer, je l’envoie à la mort… Stop ! Là, on arrête tout, on redescend l’insuline, plus d’insuline, plus de médicament. Je contacte notre assurance maladie, pas facile pour l’étranger, c’est la croix et la bannière. Eh bien, tant pis, on partira sans… On regarde pour une assurance véhicule internationale. Là non plus, rien ! On partira sans, on trouvera sur place. Nous avons prévu de partir le 16 décembre de Suisse, de passer par les Vosges dire au revoir à des amis. Ils nous emmènent à Colmar, nous mangeons une choucroute gargantuesque et le mot est faible… C’est la pluie, la neige, le froid. Direction Le Havre. Didier veut voir les plages du débarquement et nous visitons le cimetière américain Omaha. Nous nous arrêtons pour dormir dans le petit village d’Arromanches, haut lieu du débarquement, visite du musée et nous partons pour Honfleur. Pas facile, tout est interdit au plus de 3,5 tonnes et on est dans un car qui fait 12 tonnes, je l’admire Didier, quel conducteur ! On arrive sur une immense place à Honfleur, au pied du pont de Normandie, jolie petite ville. En plus, ils fêtent le départ du navigateur Champlain qui, il y a 400 ans, allait fonder la ville de Québec. On va au Havre, on cherche le quai d’embarquement, on dort une nuit à la capitainerie, mais le quai d’embarquement se trouve en fait juste en bas du pont de Normandie, donc retour à Honfleur. Prise de nouvelles pour le départ : retard du bateau, pas avant le 28 décembre. Nous passons donc Noël sur la place, on est soixante camping-cars et là, il fait froid, il pleut, c’est pourri… Une nuit, notre chauffage s’arrête, plus de gaz. J’ai beau être roulée en boule sous une
tonne de couvertures, cette nuit-là, je gèle, mais au sens propre du terme ; il fait - 4 dans le bus, il a gelé dedans, il me faudra énormément de temps pour me déplier, car j’ai peur de me casser tous les os… Enfin, bonne nouvelle, on part le 28. Nous voilà sur le quai et, devant nous, le géant des mers avec sa gueule énorme qui engloutit tout, camions, autos, hélicoptères, bateaux, tanks, moissonneuses-batteuses et bien d’autres choses, il va nous avaler nous aussi… Le marin qui nous reçoit paraît un peu dépité quand il voit le car. Oui, 12 mètres, j’ai l’impression qu’il ne sait pas où nous mettre. En fait, ce n’est pas qu’une impression ! Didier rentre le car dans le cargo, mais à un moment je crie « stop », il ne va jamais passer en hauteur à l’endroit prévu ! Non, en effet, cela ne passe pas. Alors Didier se fait une terrible marche arrière pour se retrouver sur le quai, chapeau bas pour le conducteur… On remettra ça demain. Cette fois, il rentre en marche arrière. On est cinq pour le guider, une rampe à monter, puis un contour à 90 degrés, puis il doit tourner autour des moissonneuses-batteuses et se parquer entre deux. Ouf ! cette fois on y est, Didier a perdu deux kilos… Nous sommes Suisse Romand, la Suisse se compose de quatre parties linguistiques, Suisse allemande où on parle allemand, Suisse romande où on parle français, Suisse italienne ou Tessin où on parle italien et une partie est de la Suisse où on parle le romanche, un mélange d’allemand et d’italien, cela ne s’explique pas… Nous faisons connaissance avec nos compagnons de route. Nous avons donc un autre couple de Suisses, mais des Romanches. C’est troublant, car Didi a le même âge que moi, il a aussi été en 1983 en Amérique du Sud, en Argentine, sac à dos. Suzanne, elle, ne connaît pas. Je parle castillan avec lui et Didier parle anglais avec elle. C’est magique la Suisse, hein ! Nous avons un couple d’Autrichiens, Greti et Gerart, sympas, que nous ne reverrons plus, mais avec qui nous garderons contact par le net. Ils feront un super trip de cinq ans en Amérique du Sud. Il y a aussi un Français de 65 ans, seul avec son 4x4, un couple de Hollandais qui se fait plaisir sur un cargo Hambourg-Buenos Aires et retour Buenos Aires-Hambourg et enfin un couple allemand qui fait juste Hambourg-Buenos Aires. Bon, on peut partir, nous sommes au complet. Eh bien, non ! Nous devons attendre le 30, car nous sommes en France et qui dit France dit grève… Enfin, le 30, le cargo s’ébranle, nous sortons du Havre, puis la Manche, puis l’océan Atlantique, l’aventure commence. Un cargo, c’est 214 mètres de long, 32 mètres de large ; au niveau de notre pont, juste en dessous du pont de commandement, c’est 35 mètres au-dessus du niveau de l’eau ; c’est 70 tonnes de consommation de fioul lourd par jour, une trentaine de matelots philippins, une dizaine d’officiers italiens et douze passagers. Tout se passe sur un niveau : cuisine, salon, salle à manger officiers et passagers, salle à manger du personnel, cabines, buanderie, salle de fitness et voilà ! Ce n’est pasLa croisière s’amuse! Nous sommes sur le pont, il fait froid, mais nous chantonsEmmène-moi,Cargo de nuit, Deux ans de vacances,L’île mystérieusede Jules Verne. Cette fois, on a vraiment largué les amarres, l’aventure nous ouvre les bras, nous sommes heureux avec, bien sûr, un gros pincement au cœur, car nous laissons ceux que nous aimons et surtout, pour la communication, cela va être dur. Un cargo, ce sont des horaires de maison de retraite : 7 heures, déjeuner, 12 heures, dîner, 18 heures souper. Nous nous retrouvons, officiers et passagers, dans la salle à manger. Comme nous étions les derniers à monter à bord, il reste les places « restante ». Notre ami français se retrouve donc à table avec les Autrichiens et les Suisses allemands, il passera toute la traversée les bras croisés sans dire un mot aux repas ; nous, nous sommes avec la Hollande et l’Allemagne. Le 31 décembre arrive, ce jour mémorable restera gravé à jamais dans notre existence. Apéro et petits fours de bienvenue à 19 heures, puis repas à 22 heures. Comme il faut
combler le trou entre l’apéro et le repas, je propose aux passagers un tournoi international de baby-foot. Tout le monde dit oui, sans grande motivation, mais juste par politesse. Je vous rassure, il n’y en aura pas d’autre. Pour le repas, accrochez-vous : pieds de porc à l’eau, sans sel ni poivre, et lentilles sans sel ni poivre, c’est pas le pied… Trois jours se passent, les repas sont une vraie cata… Didier me dit : « Marie, fais quelque chose » ! Super, mais quoi ? Je ne vois ni boulangerie ni supérette, rien à l’horizon, donc je décide d’aller voir le cuisinier… Avec mon italien rouillé, je prends des mots simples, mais percutants. Le voilà notre cuisinier, il est le nez dans une grosse casserole avec sa louche, je lui dis bonjour et je me jette à l’eau. Humour, humour, quand tu nous tiens, je le regarde droit dans les yeux et je lui dis : « Ta cuisine, c’est de la merde » ! Il en lâche la louche, je crois ma dernière heure venue, mais non, il m’explique qu’il est un remplaçant, que ce n’est pas lui qui a rempli les chambres froides et qu’il va nous montrer ce qu’il a. Nous visitons les chambres froides, il y a de beaux potirons, je lui donne des idées, une belle soupe, mais moi je pense à un velouté. Résultat : il nous sert des morceaux cuits à l’eau, toujours sans sel ni poivre. Vous l’aurez compris, la cuisine aura été une cata du début à la fin. Didier perdra 7 kg… Nous avons une cabine sympa entre la Hollande et l’Allemagne, mais les parois sont si fines que l’on voit à travers, et surtout on entend tout aussi ! Ce qui fait que les documentaires de nos voisins allemands sur la vie sexuelle des fourmis, bien entendu en allemand, cela ne le fait pas. Didier règle rapidement le problème… En fait, nous avons très peu de contacts entre passagers, juste aux repas, c’est pas top. Heureusement, Didier avait pris beaucoup de films sur ordi et moi beaucoup de sudoku… Maintenant, il fait bon, nous approchons de Dakar. Les petits bateaux-pilotes viennent toujours nous chercher pour l’entrée et la sortie des ports. Voilà Dakar, il fait chaud, 35 degrés, une espèce de moiteur nous entoure, tout le port est très sale et une mauvaise odeur vous enveloppe direct… Nous nous « parquons », les voitures pour l’export finissent là. Ce sont les officiers italiens qui se chargent de descendre les voitures. Là, c’est la course dans le cargo, on entend de temps en temps un grand boum, c’est un virage mal négocié, une aile tapée, un arrière défoncé, un phare qui pendouille… À peine sorties, les voitures sont négociées là, direct sur le port, les rouges n’ont pas la cote. Les travailleurs, vus de 35 mètres de hauteur, ressemblent à des Playmobil avec leur petit casque et les matelots philippins auront le surnom de « ping-pong »… Adieu Dakar, nous partons pour la Guinée, Conakry. C’est encore plus chaud, encore plus sale et l’odeur de pire en pire… Adieu Conakry, nous partons pour Sierra Léone, Freetown, même ambiance. Depuis Dakar, il y a la valse des passagers sur le pont armé des ordinateurs pour essayer de voler un Wifi… Mais peine perdue, sauf pour nos copains « ping-pong », eux ont un truc : une super-antenne au bout d’un manche à balai et cela fonctionne… Nous voilà partis pour six, voire sept, jours de plein océan, la grande traversée Freetown-Rio… Nous avons droit au fameux exercice de sauvetage, film d’un bateau qui coule et nous voilà sur le pont, casques et gilets, nous allons même dans le bateau de sauvetage et une franche rigolade s’engage, car au moins deux passagers seront morts avant les autres : le Hollandais de plus de 2 mètres, pas de combinaison pour lui, et mon Didier, taille XXXL, pas de combi non plus… Comme Didier est un bon en technique, il a installé un programme couplé au GPS qui gardera toutes nos traces. Voilà que le bateau n’avance plus… On tourne en rond… Je vais m’informer. Eh bien oui, on tourne en rond, car une pièce du gouvernail s’est mise de travers, donc on doit recaler l’histoire. Et oui, même un cargo a ses petits problèmes.
Nous approchons du passage de l’équateur, je suis désignée presse-bouton pour immortaliser ce moment historique sur le PC, tandis que Didier va faire une visite des machines. Moi ça va, mais lui, quand il rentre… je suis morte de rire, on dirait un chat à qui on a lancé un seau d’eau ; il est complètement décomposé, la température vers les machines est chaude, mais alors super chaude… Rio se profile devant nous. Que dire ? Magnifique ! Nous sommes dans la baie de Rio, le Christ et le pain de sucre à notre gauche, la plage de Copacabana en face et une partie de la ville à droite. Il n’y a pas de mots… On dort une nuit dans cette baie magique, puis on s’enfonce dans un chenal. Il fait bien 40 degrés, l’air est sec, il n’y a pas de mauvaises odeurs, que du bonheur… Départ de Rio, on suit la côte pour rejoindre Santos, un autre port du Brésil. En fait, quand on arrive, il y a cinquante cargos en attente pour une place. On stoppe les machines, on jette l’ancre, mais notre commandant est marié avec une Brésilienne de Santos, l’affaire est rondement menée, on passe devant tout le monde… Santos nous voilà ! À peine la porte est-elle en bas que le commandant s’en va. Une heure après son départ, je suis sur le pont avec mon ami français. Une explosion retentit et un nuage noir sort de la grosse cheminée, mais énorme le nuage ! Didier est resté dans la cabine, tout est hors-service, plus de courant et les génératrices de secours sont out aussi… Il n’y a plus qu’à réparer avant que le commandant ne revienne. Je vous promets que cela ira vite, très vite… Nous poursuivons notre route, l’ambiance à bord n’est pas top… Les Allemands se la jouent perso : ils commandent du vin à table, mais n’en offrent pas, les Hollandais sont super choqués et le pompon c’est quand même moi qui mange en face de l’Allemande ! Elle engouffre la nourriture, une tranche de tomate, une tranche de mozzarella, une tranche de tomate, une tranche de mozzarella, mais quand il y a trop, elle recrache tout dans l’assiette ! Je dis à Didier que, la prochaine fois qu’elle fait ça, je la passe par-dessus bord… Notre Français se confie à nous pour nous dire qu’il a du diabète et que, depuis qu’il est parti, il a un taux normal. Bonne nouvelle, Didier aussi, c’est super ! Les Autrichiens ont super bien préparé leur voyage. Ils ont déjà l’assurance pour le camion, ils ont plein de points GPS, nous, rien ! On sait que l’on débarque à Buenos Aires et voilà… Cette fois, on quitte Santos pour Buenos Aires. Le bateau file comme le vent… Nous sommes en approche de Buenos Aires. Là aussi c’est spectaculaire ! Bientôt, nous allons mettre pied à terre, l’Amérique du Sud… Arrivée le 19 janvier 2009, un bon 40 degrés. La personne de l’immigration monte à bord, tamponne passeport et importation temporaire du car. On nous presse, on doit quitter le cargo rapidos. Nous voilà avec nos bagages dans le car, tout va bien, pas de dégât, il tourne comme une horloge. Le hic, on se retrouve que tous les deux pour le sortir, alors que nous étions cinq au Havre. Moi, je fais de mon mieux, mais je n’arrive quand même pas à me diviser. On s’énerve et, à un moment, Didier a un étrange pressentiment. Moi aussi, je hurle « stop »… On a failli faire le saut de la mort, une énorme marche près de la rampe de sortie, nous aurions cassé le châssis en deux, ouf ! Trente minutes plus tard, nous voilà prêts à sortir du cargo, le « ping-pong » de service nous fait adieu de la main, il n’y a plus d’immigration et on nous dirige vers la sortie. Nous voilà, on a passé la douane, on est juste dehors du port. On réalise que nous n’avons pas nos passeports ! Arrêt sur une belle place jaune, la police est juste là. Allez ma fille, tu as cinq secondes pour rassembler ton castillan. Je leur explique et, bon visiblement, ils me comprennent. On saute à la guérite, ils téléphonent au type de l’immigration. Il a déjà emmené les autres équipages sur une place de parc, il revient et lui n’a rien. Je garde le car et Didier retourne au bateau, et là, c’est notre joyeux « ping-pong » qui a oublié de nous remettre les papiers.
L’immigration nous mène sur la place vers les autres. Il y a les Suisses allemands, le Français et à peine sommes-nous sur la place que le vigile vient nous dire que nous sommes trop gros et que nous ne pourrons rester. Au même moment, les Autrichiens arrivent, ils ont bien pensé que nous ne pourrions pas rester. Ils viennent nous chercher pour les rejoindre sur un autre lieu qu’ils ont trouvé. Les Suisses allemands ne nous suivent pas, mais le Français oui. Alors là, je dis vive l’Autriche ! Tout au bas de Buenos Aires, il y a Achaval Rodrigez, une énorme rue avec un grand quai et des dizaines de cabanes pour boire et manger. Une fois parqués, on part ensemble trouver nos copines les banques pour avoir un peut de cash avec nous. re 1 banque, personne ne peut retirer. e 2 banque, le Français peut retirer, mais trois fois rien. e 3 banque, Didier se fait bloquer le code. e 4 banque, je peux retirer une bonne somme, mais l’Autrichien lui rien, il devient rouge de colère et sa copine peut retirer un minimum. On a tous des euros, on trouve une caisse de change. Pour nous, la journée est pleine, nous retournons au car et nous souperons tous ensemble le soir en fêtant notre arrivée en Amérique du Sud à coup de bière, coca et de hamburgers. Miam que c’est bon ! Les Autrichiens ont trouvé la super-antenne Wifi des « ping-pongs ». Ils nous donnent l’adresse. Le lendemain matin, je sors vers les 7 h 30. Qu’elle n’est pas ma surprise de voir le 4x4 de notre ami français, portes grandes ouvertes. Je m’approche, il dort, il ronfle… Plus tard, on lui pose la question et il nous dit tout simplement qu’il avait trop chaud. Eh bien, il y en a qui ne sont pas inquiets ! Départ pour la chasse à l’assurance. La France et la Suisse au taquet. Que des refus ! On se tape la ville en long et en large. Vers 14 heures, on en trouve enfin une. Maintenant, il faut tout redescendre. Arrivés presque au car, on s’oblige une pause ; Didier coule, il a froid, il tremble… Vite au car, prise de température : 39 °C, un gros coup de chaleur ; c’est clair, il n’avait pas mis sa casquette… Nuit pénible. Le lendemain, je pars chercher des médicaments. Hourra ! En Argentine, on peut tout acheter : antibio, pénicilline… je demande un truc qui me le remette debout rapidos. Mercredi soir sur pied. Le Français est parti aujourd’hui, nous demain après-midi si tout va bien… juste le temps d’acheter la super-antenne… L’aventure est là. On sort de Buenos Aires plein sud, une première halte au milieu de nulle part sur une place de bus. Didier, très fatigué, s’endort rapidement. Première coutume aussi de l’Argentine, l’Argentin sort à 22 heures avec toute sa famille pour faire un barbecue, faudra s’y faire. Toujours plein sud. Arrivée vers une belle lagune, petits soucis : dix campings, mais un seul où l’on peut rentrer ! Trop haut, trop long, pas évident. Petit repas, uneparilla, je pars aux toilettes, Didier et son premier contact argentin. Le cuisinier affûte sont grand couteau, le serveur lui demande d’où il vient et il ne comprend rien, alors le cuisinier lui dit « English », Didier dit « non, France ». Il l’a échappé belle, car à cause de la guerre des Malouines, l’Anglais n’est franchement pas le bienvenu… On reste quelques jours, Didier est super fatigué et on tape les 54 degrés dans le car. On roule plein sud vers une grande ville, Mar del Plata, et là, va donc savoir pourquoi, il se fait toute la rue principale au feu rouge, remplissage du frigo. Il était temps, maintenant trouver une place pour dormir… Didier a repéré un endroit le long du trottoir, il coupe le contact et deux secondes plus tard il dort. Il y a quand même un truc : toute la nuit j’entends un bus qui s’arrête à notre hauteur et des gens qui parlent. Bien sûr, en regardant bien le lendemain matin, on avait piqué l’arrêt de bus. Ils sont cool les Argentins, ils n’ont rien dit.
On trouve un camping. Sympa, il y a une épicerie. Ils font aussi de petits repas et, en ville, on a trouvé du Wifi, repos bienvenu… Nous sommes placés vers les sanitaires hommes et personnes ne nous parle, mais je repère le manège d’un vieux qui doit être prostatique, il va vingt fois aux toilettes par jour en nous regardant… Il est temps pour nous de refaire le plein des bacs d’eau. Didier a le tuyau dans les bacs et je tiens l’autre bout, au robinet. On ne peut pas se voir. Voilà mon prostatique, il se lance à l’eau et me demande si l’on est Suisses. Cela défile à une vitesse folle, tout y passe, pour en arriver à ce que son grand-père est d’origine suisse et qu’il a encore le passeport suisse. Lui ayant parlé, les autres personnes ont vu que je parlais castillan, la glace est rompue, sauf pour le pauvre Didier, car le prostatique va le trouver et lui tient je ne sais pas quel discours, mais il a bien du voir qu’il n’y pigeait que dalle. Impossible de le sauver, car on ne se voyait pas… Un marchand de commerce qui dort au camping pêche unecorvinade 7 kg. Étant tout seul, il nous invite à la partager avec une famille argentine. Super soirée et la famille, trop heureuse de rencontrer des étrangers, nous programme unassadopour le soir suivant. C’est là poulet aussi que nous faisons connaissance avec lessapos, énormes, mais énormes crapauds, la moitié de l’avant-bras… Découverte aussi de la voiture de notre marchand de commerce, une vieille Ford Falcon de 1970, transformée au gaz. Et oui, tout fait maison, le plancher du coffre ouvert comme avec un ouvre-boîte pour placer la bouteille de gaz, un raccord et roulez jeunesse… Enfin bon, les normes, on s’en cogne tant que cela fonctionne… On apprend par Wifi que le plus jeune de nos fils a programmé de nous rejoindre le 14 février à Buenos Aires. OK, on remonte donc à Buenos Aires. À Buenos Aires, il y a directement l’autoroute qui rentre dans le parking aéroport, mais quand je demande le prix, 8 dollars de l’heure, on me dit de ressortir et de faire comme tout le monde, d’attendre au bord de l’autoroute et de rentrer au dernier moment. Donc sortie, reprise de l’autoroute et ressortie pour être sur l’autoroute direction aéroport. Alors, petit cours de quelques règles indispensables pour survivre en Argentine : Règle 1 : ne jamais rouler la nuit, car en principe l’Argentin n’a plus de phares ou économise les ampoules. Règle 2 : sur l’autoroute, exemple Buenos Aires, à midi – oui, on l’a fait –, deux voies et une voie d’urgence deviennent cinq voies, donc avoir des yeux vraiment partout… Règle 3 : sur l’autoroute, vous verrez un marchand de glace à contresens, des vélos, des policiers qui dorment dans la voiture sous un arbre, des joggeurs, des essais de quads, des voitures qui rentrent sur l’autoroute par la sortie, une maison construite au milieu de l’autoroute (si, si !), donc gardez bien à l’esprit que vous êtes en Argentine et que tout est possible… Donc nous avons dormi sur l’autoroute, puis l’aéroport. Enfin notre fils est là, belles retrouvailles… Départ pour Buenos Aires sur les quais d’Achaval Rodrigez pour manger les meilleurs hamburgers d’Argentine. Nous décidons le lendemain de poursuivre la route au nord. On longe le Paraná, arrêt dans un camping et repas du soir dans un superbe restaurant. Puis les kilomètres défilent, Santa Fe, Rosario, nous dormons dans les stations-service, pratique point de vue place, nous nous mettons avec les camions. Ensuite, il y a souvent du Wifi, à boire et à manger. Un soir, on arrive sur une place de parc où il y a une famille qui pique-nique. Didier manœuvre et d’un coup une jeune femme se lève avec son bébé dans les bras, vient droit sur nous. On pense que nous les avons dérangés, mais pas du tout, c’est une Suisse allemande qui vit ici depuis un an et qui a halluciné de voir « ein post auto » suisse ici, traduction : « un car postal » suisse… Diamante, petite ville au bord du fleuve Paraná, avec son camping. On s’installe, on sort les chaises, puis soudain vers 17 heures, un nuage, une marée d’une espèce de gros frelons noirs