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Lettre et histoire inventées

De
254 pages

Cela fait sept mois et demi que Pauline Narada est enceinte quand elle doit donner naissance à son enfant. A cette arrivée prématurée s’ajoutent de nombreuses complications.
Pauline succombera à cinq heures du matin en emportant son bébé cette année 1885...


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-64840-2

 

© Edilivre, 2014

Lettre et histoire inventée

 

 

Tribunal d’instance.

Madame, Monsieur,

Je me permets de vous écrire pour vous demander de bien vouloir avoir l’amabilité de me tenir informée des suites réservées à mon dossier déposé auprès de vos services, il y a plus de deux ans, en 1996. Depuis cette date, je n’ai reçu aucune nouvelle.

Je n’ai actuellement aucun papier officiel. Si bien que je suis contrainte de rester enfermée chez moi de peur de me faire contrôler. S’il n’y a aucune chance de voir mon dossier aboutir, je vous saurais gré de me le confirmer afin que je n’entretienne pas d’espoirs inutiles.

Je suis mademoiselle Rexéne-Deupe Ulpaga. J’habite Bat, London Riot A034 depuis le 23 décembre 1997.

Mon ancienne adresse est Bat West end J054.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.

Fait à Canterbury, le 18 février 1998.

 

 

Vendredi 1er janvier 1999, à minuit, l’euro est devenu la monnaie officielle de 291 millions d’habitants dans 11 des 15 pays membres de l’union européenne.

Du fait du décalage horaire, c’est la Finlande qui a la première basculé dans l’univers euro.

Les 11 pays concernés par l’euro sont la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, l’Autriche, le Portugal, la Finlande et l’Irlande. Tous les pays européens se sont réunis pour consumer à nouveau les Africains. Balladur et ses confrères ont voulu que la monnaie africaine soit inférieure à celle des autres pays habités par des Blancs. Leur objectif est de manipuler les gouvernements africains, dépouiller leurs biens, dévorer leurs habitants et absorber leurs économies. Depuis des années, ils ont essayé de supprimer ceux qui l’occupaient. Les pays occidentaux se joignent à l’Otan afin d’assurer leurs défenses mutuelles et établir des liens de confiance en cas d’agression d’autres pays. Pourtant, ce sont les Européens qui agressent les pays du Sud et qui nous donnent les armes pour qu’on s’entre-tue. Ils ont mis l’Afrique à l’ONU, pour confisquer les produits de la terre et ses marchandises. Ils interdisent aux Africains de commercialiser leurs produits. Les Occidentaux se sont donné la main pour recréer la haine, la persécution contre l’Afrique et priver ses gouvernants de la parole et de l’autorité pour diriger leur pays.

 

 

Monsieur le Directeur,

Je tiens à vous faire part de mon indignation quant à l’information de ce jour selon laquelle l’embauche d’une personne noire n’est pas possible dans votre entreprise.

Je trouve inadmissible qu’un agent de votre société se permette un tel racisme. Je suis moi-même de race noire et suis très bien intégrée en Angleterre. Je ne comprends pas une telle intolérance. J’aurais aimé être une future cliente mais de tels actes me scandalisent.

J’espère que vous sanctionnerez cette personne. Chacun doit avoir sa chance sans qu’une question de couleur ou de religion n’intervienne.

Tout le monde sait aujourd’hui que les gens qui s’enferment dans le racisme sont étroits d’esprit. Apprenons à être juste et bon envers tout le monde.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de mes salutations distinguées.

Fait à Canterbury, le 28 janvier 1999.

 

 

Madame, Monsieur de Canal +,

J’ai lu l’article vous concernant dans le Charlie Hebdo du 24 février 1999, et je vous écris pour vous faire part de mon mécontentement concernant votre critique d’ARTE.

Je voudrais vous informer que si ARTE avait été une chaîne payante, j’aurais préféré m’y abonner plutôt que d’être abonné à votre chaîne. En effet, ARTE est une chaîne propice à la réflexion, qui informe ses téléspectateurs. Contrairement à votre chaîne qui nous endort.

ARTE nous montre que la pensée humaine n’est pas infaillible. ARTE est une chaîne qui instruit ceux qui veulent s’instruire.

Cela fait deux ans qu’on ne regarde plus Canal +, bien qu’on vous paie tous les mois. Pourquoi on ne regarde pas votre chaîne ? Parce que vous rejoignez TF1. Et ce n’est pas vous et TF1 qui relèverez les défauts de vos semblables sans les caresser dans le sens du poil. TF1 aborde plutôt le monde uni. Pourtant le monde n’est pas ainsi. Vous, Canal +, vous êtes des pollueurs de quelques bons esprits.

Si vous continuez à nous enfoncer au point de ruiner notre bonne conscience, mon ami et moi décidons de résilier notre abonnement chez vous.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

Fait à Canterbury, le 24 février 1999.

 

 

Cher Bilbi,

Je t’écris afin de prendre de tes nouvelles que j’espère bonnes. J’espère aussi que tu apprends bien à l’école tout ce que l’on t’enseigne.

Comme toi, je suis africaine. Je viens du Congo que j’ai quitté en 1988 pour m’installer en Angleterre. Je n’oublie pas mes racines. Je sais d’où je viens. L’Afrique fait partie de moi. L’Afrique est une mère qui a besoin de ses enfants. C’est pour cette raison que j’ai décidé de participer à l’action de parrainage. Ici, nous fêtons la fin du millénaire. Et nous abordons un nouveau siècle. J’espère que les hommes ouvriront les yeux sur l’espoir que représentent les enfants. Cher Bilbi, j’espère que ce parrainage t’aidera pour que tu puisses à ton tour aider tes proches. J’espère que le savoir que tu auras acquis te permettra d’enrichir ton esprit et de devenir un homme juste et raisonnable.

Il ne me reste plus qu’à te dire que si j’ai pu m’associer à cette idée du parrainage, c’est grâce aux gens qui ont pu mettre ce soutien en place. Et je les en remercie beaucoup. Je t’embrasse bien.

Fait à Canterbury, le 22 octobre 1999.

 

 

Madame, Monsieur,

J’aimerais mieux payer les études de Bilbi jusqu’au baccalauréat et même l’enseignement supérieur s’il désire poursuivre ses études.

S’il ne le souhaite pas, je préfère ne pas m’occuper d’un autre enfant, car je trouve que cela ne sert à rien. Je n’aime pas faire les choses à moitié.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.

 

 

Madame, Monsieur,

Je vous écris afin de vous informer de ma situation.

Je m’appelle Rexéne-Deupe Ulpaga. J’habite Tottenham et je travaille depuis 1993 à Soutien à l’emploi, dans la zone industrielle. Handicapée reconnue à l’Institution of Civil Engineers à quatre-vingts pour cent, il m’est assez pénible de faire le trajet à pied, chaque jour, pour aller à mon travail et en revenir, parfois sous la pluie et dans le froid. Je sais qu’il y a un bus qui, le matin, dessert la zone industrielle, mais malheureusement, ses horaires ne coïncident pas avec ceux de mon travail : ils me feraient arriver en retard.

Pour rentrer chez moi le soir, le problème est tout autre. En effet, le bus desservant la zone industrielle ne passe pas par Tottenham. Il va directement à la gare, et si je le prenais, cela m’obligerait à faire le trajet suivant : zone industrielle, direction gare de Canterbury. Et là, je devrais attendre un autre bus, plein à craquer et sans places assises, pour retourner de la gare à Tottenham. Que de temps perdu !

Je ne suis pas un cas isolé, nous sommes beaucoup à devoir faire face à cette pénurie de tous. En effet, nous sommes plusieurs à être obligés, matin et soir, cinq jours par semaine, quel que soit le temps, de faire contre mauvaise fortune bon cœur, et ceci, malgré les difficultés que nous avons à nous déplacer. C’est pour cette raison que je tenais à vous exposer ce problème et les contraintes qu’il implique.

J’espère de tout cœur que vous prendrez en considération ma lettre, et que vous accéderez à notre requête.

Les heures de l’atelier sont : 8 heures/17 heures Nous vous serions reconnaissants de bien vouloir solutionner notre problème de transport.

Dans l’attente d’une réponse que j’espère favorable, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

Fait à Canterbury, le 27 novembre 2000.

 

 

Madame, Monsieur,

Je vous écris suite au visionnage, le 31 juillet 2001, sur la chaîne ARTE, du film que vous avez réalisé sur les enfants des rues en Afrique du Sud. J’ai été profondément touchée par leur histoire. Je trouve inadmissible qu’à une époque qui se prétend moderne, nous laissions encore des enfants vivre de telles existences et que nous ne fassions rien pour ceux qui ne sont pas nés du bon côté. Je sais que c’est un cliché que de dire que les enfants sont l’avenir du monde, mais je déplore que certaines personnes n’en soient pas persuadées. Pour s’en convaincre, il suffit de voir comment sont traités les enfants dans certaines sociétés que je ne vous ferais pas l’affront d’énumérer, car vous en connaissez sûrement plus que moi sur le sujet. Je vous écris tout d’abord pour vous remercier de votre travail, mais aussi pour que vous m’aidiez à prendre contact avec les associations qui s’occupent de ces enfants afin que de mon côté je puisse leur venir en aide.

Je regarde ARTE tous les jours, et suis fidèle à Charlie Hebdo, et au Monde diplomatique, qui m’aident à ne pas m’endormir et à être consciente du monde dans lequel je vis. Trop de gens vivent les yeux fermés. Vous autres, les journalistes, vous devez être notre regard. Je vous exprime ma profonde reconnaissance, car vous nous permettez de voir, d’entendre et de comprendre le monde tel qu’il est aujourd’hui, et non comme on voudrait nous le présenter.

J’espère qu’ARTE ne deviendra pas comme les autres chaînes, et qu’elle restera la chaîne qui fait réfléchir.

Je vous remercie de bien vouloir me communiquer les coordonnées de ces associations.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.

Fait à Canterbury, le 9 août 2001.

 

 

Madame, Monsieur,

Je vous écris afin de vous demander de bien vouloir me faire parvenir l’acte de naissance complet de mon père Bicinti-Bin Ferno, né à Yolo-Nord en 1939.

J’ai déjà tenté de l’obtenir auprès de plusieurs organismes, mais ma demande est restée infructueuse. Tout ce que j’ai pu obtenir, c’est un acte de naissance incomplet dont je vous joins la photocopie, ainsi que l’extrait de mon acte de naissance.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.

Fait à Canterbury, le 17 septembre 2001.

 

 

Madame, Monsieur,

Je vous écris afin de vous remercier de votre courrier. Je n’ai toujours pas pu acquérir la nationalité anglaise, mais j’ai obtenu une carte de séjour valable dix ans au mois d’avril 2001. J’ai aussi fait renouveler mon passeport.

Pour la nationalité anglaise, on me demande l’acte de naissance de mon père, Bicinti-Bin Ferno, afin d’établir la filiation. Mais, jusqu’à ce jour, ma demande est restée infructueuse. Tout ce que j’ai pu obtenir, c’est un extrait d’acte de naissance (incomplet).

J’ai écrit au consulat du Congo, qui m’a répondu que je devais m’adresser à Home Office, mais j’ai déjà effectué cette démarche auprès d’eux et cela n’a rien donné. Ils m’ont répondu que mon acte de naissance ne figurait pas dans leurs registres.

Je voudrais obtenir la nationalité anglaise, mais je ne sais pas comment m’y prendre. Je vous remercie de bien vouloir m’indiquer la marche à suivre et l’administration à laquelle je dois m’adresser.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.

Fait à Canterbury, le 9 novembre 2001.

 

 

Madame, Monsieur,

Arrivée en Angleterre depuis 1988, j’ai une carte de résidente et aimerais aujourd’hui pouvoir obtenir la nationalité anglaise. Malheureusement, mes démarches restes bloquées, car je n’ai pu jusqu’à présent obtenir l’acte de naissance complet de mon père, Bicinti-Bin Ferno afin d’établir ma filiation. Sans ce document, il m’est impossible de monter un dossier de naturalisation. Je possède la photocopie d’un document, que vous trouverez ci-joint, reconnaissant ma naturalisation. Lorsque j’ai obtenu ce document, je ne comprenais pas l’anglais et le parlais très mal. J’ignorais totalement que mon père avait entrepris ces démarches. Déjà titulaire d’une carte de séjour, j’avais présenté ce document à la police pour qu’il soit authentifié. La femme policière qui m’avait reçue m’avait confirmé la validité du document et m’avait retiré immédiatement ma carte de séjour en me signifiant que je n’en avais plus besoin car j’étais anglaise. Habitant à l’époque à Brighton, j’ai déménagé pour venir m’installer à Canterbury où j’ai trouvé un logement et un travail grâce à l’Institution of Civil Engineers. J’ai écrit à Home Office pour obtenir l’original de mon acte de nationalisation. Mais on m’a répondu qu’il n’y avait aucune trace de ce document. Je me suis alors adressée au tribunal de Canterbury, mais toutes mes démarches sont restées vaines. Ma situation est devenue pénible. Ne pouvant faire la demande afin d’obtenir une carte d’identité, et étant dans l’impossibilité de prouver que j’avais une carte de séjour, je me suis retrouvée sans papiers. Une situation invivable, avec ce que cela comporte de frustrations et de peur. Il a fallu attendre 2001 pour que ma situation soit enfin régularisée grâce à l’obtention d’une nouvelle carte de séjour valable jusqu’en 2011. Originaire du Congo, je suis née à Goma le 15 juillet 1971. Je ne renie pas mon pays que j’aime, et c’est là-bas que sont mes racines, mais c’est ici, en Angleterre, que j’ai fait ma vie. Au Congo, je n’ai rien, et personne ne m’y attend. J’ai eu votre adresse par l’intermédiaire de la Cimade. C’est pourquoi je me permets de vous écrire afin de solliciter votre aide. Je joins à mon courrier la photocopie de la lettre de la Cimade, ainsi que d’autres documents mentionnant les démarches entreprises.

Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

Fait à Canterbury, le 10 décembre 2001.

 

 

Madame, Monsieur,

Conformément à la réponse donnée par Gisti concernant mon problème relaté dans mon courrier dont je vous ai fourni une copie, je prends contact avec votre cabinet afin de vous demander de bien vouloir intercéder en ma faveur pour que je puisse obtenir la nationalité anglaise.

J’attends une réponse de votre part pour remplir un formulaire de l’aide juridictionnelle.

Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

Le 7 janvier 2002.

 

 

Madame,

Comme convenu, je vous fais parvenir les photocopies des documents qui vous permettront d’étudier mon dossier.

Je me suis rendue, ce vendredi, au tribunal d’instance de Canterbury. La personne qui m’a reçue a refusé de me faire une déclaration fondée sur la possession d’état sous prétexte que j’ai été déclarée anglaise par erreur.

Je me suis ensuite rendue à la sous-préfecture afin de me procurer un dossier de naturalisation dont je vous joins la photocopie. Comme vous pouvez le constater, je dois fournir l’acte de naissance de mes deux parents ou bien l’acte de mariage. Ce qui semble impossible.

Je ne sais pas quoi faire. Je n’en suis qu’au début de mes démarches, j’en suis bien consciente, mais je suis tout de même inquiète. Je suis de bonne foi et je ne voudrais pas que les actes de mon père adoptif me causent des problèmes.

Je vous prie d’agréer, Madame, l’expression de mes sentiments distingués.

Le 11 mars 2002.

 

 

Madame,

Le lundi 17 juin, j’ai été convoquée au tribunal d’instance de Canterbury par le juge d’instance. J’ai signé des papiers comme quoi je désirais acquérir la nationalité anglaise et il m’a remis le récépissé ci-joint.

Je vous le transmets afin de compléter mon dossier.

Veuillez agréer, Madame, l’expression de mes sentiments distingués.

Le 20 juin 2002.

 

 

Madame,

Je me permets de vous faire parvenir la photocopie du courrier recommandé que j’ai reçu du tribunal d’instance m’informant que ma déclaration de nationalité m’avait été refusée.

D’après ce qui est écrit dans ce courrier, la nationalité m’a été refusée, car je n’ai pas fourni les preuves attestant que je réside bien en Angleterre depuis 1988, c’est-à-dire depuis plus de dix ans.

J’ai en ma possession toutes les preuves requises. Les certificats médicaux. Les bulletins de salaires. La déclaration de revenus. La facture d’EDF, la facture de téléphone, la photocopie de mon ancienne carte de séjour (à ce propos, ne serait-il pas possible de se renseigner auprès de la préfecture qui doit avoir gardé une trace de cette carte ainsi que ma date d’entrée sur le territoire ?) et la notification de l’Institution of Civil Engineers. Il est indiqué en bas de la lettre que je peux contester cette décision devant le tribunal de grande instance territoriale. Qu’en pensez-vous ?

Veuillez agréer, Madame, l’expression de mes sentiments distingués.

Le 5 juillet 2002.

 

 

Madame, Monsieur,

D’origine congolaise, je vis en Angleterre depuis 1988. Ayant réussi à me construire une vie dans mon pays d’adoption, je désire aujourd’hui faire une action en faveur des enfants d’Afrique. Je pense que les enfants sont notre chance pour l’avenir, si on leur donne la possibilité d’aller à l’école pour apprendre à lire et à écrire, afin qu’ils puissent se défendre et faire avancer la démocratie dans leurs pays. C’est pourquoi je me permets de vous écrire afin de vous demander de bien vouloir me transmettre une documentation sur les actions que vous menez en faveur des enfants pauvres dans le monde.

Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

Le 1erdécembre 2002.

 

 

Cher Bilbi.

Je t’écris pour prendre de tes nouvelles. Je t’ai déjà écrit, mais je n’ai pas reçu de réponse en retour. J’aimerais savoir si tu vas bien, ce qui te plaît à l’école, quel métier tu aimerais faire plus tard. Bien sûr, je reçois de tes nouvelles par l’association, mais j’aimerais que tu me dises toi-même, en quoi ce que tu apprends à l’école va t’aider à te construire. Je connais ta situation, et sais comment la vie peut-être difficile. Moi-même, je suis originaire du Congo. J’ai perdu mes parents lorsque j’étais petite, et j’ai immigré en Angleterre, car la vie était trop dure dans mon pays. Il n’y a pas d’aide chez moi comme en Europe. Si tu ne te bats pas pour t’en sortir, personne ne le fera pour toi. C’est pour ça que je suis devenue marraine. Je voudrais que tu travailles bien à l’école. L’école est là pour t’apporter le savoir et la connaissance. Elle t’arme afin que tu t’épanouisses, que tu prennes conscience de ta valeur et que tu deviennes un homme responsable.

Tu ne dois jamais oublier les autres. L’aide que tu as reçue doit t’inciter à être généreux avec celui qui aura moins de chance que toi. Réussir sa vie, c’est ne pas penser qu’à soi, c’est s’ouvrir aux autres, savoir prendre mais aussi savoir donner.

Apprendre, c’est une richesse pour l’esprit. Une richesse qui ne sert à rien si elle n’est pas partagée. Apprendre, c’est découvrir et comprendre. C’est s’informer, analyser et regarder plus loin que les apparences.

Ici, on dit que quand quelqu’un montre la lune, seul l’idiot regarde le doigt.

Je t’encourage à travailler à l’école. Je suis heureuse de tes progrès et j’espère que tu pourras continuer à forger ton esprit.

J’aimerais que tu me dises si tu es en bonne santé. Quels sont tes loisirs, à part le foot, car je sais que tu joues au foot. Nous sommes samedi. Dehors, il neige. Il fait très froid. Un vent glacial s’est levé. J’ai failli glisser en sortant ma chienne. J’étais pressée de rentrer me mettre au chaud. Nous venons de fêter le Nouvel An. Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, nous sommes passés de 2002 à 2003. La tradition veut que nous nous souhaitions une bonne et heureuse année. Alors, de tout mon cœur, je te souhaite le bonheur, la santé et la réussite dans tes projets, et je t’embrasse très fort.

Fait à Canterbury, le 4 janvier 2003.

 

 

Madame, Monsieur,

D’origine congolaise, je réside en Angleterre depuis 1988. Ayant réussi à me construire une vie dans mon pays d’adoption, je désire aujourd’hui faire une action en faveur des enfants d’Afrique.