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Michael Jackson : Itinéraire d'un passionné

De
414 pages

On pensait avoir tout lu sur Michael Jackson mais avons-nous vraiment fait le tour de son univers ?

Ce livre retrace la carrière de cet artiste de légende à travers l'histoire à part entière de ses chansons parues en single et le parcours d'un fan autodidacte.

Du processus créatif entouré de virtuoses jusqu'aux interprétations sur scène, en passant par les vidéos clips, replongez-vous comme il se doit dans ces œuvres intemporelles qui ont marqué l'histoire de la musique, mais également les souvenirs gravés dans nos inconscients.


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-55929-6

 

© Edilivre, 2014

Citation

 

« Quand j’entreprends un projet, j’y crois à cent pour cent. J’y mets toute mon âme. Je pourrais mourir pour le réaliser. Je suis comme ça. »

Michael Jackson, 1988

PREFACE

Sa vie, ses amis célèbres, ses amours, ses enfants, les rumeurs les plus folles, ses ennuis avec la justice. Dans la plupart des livres qui paraissent actuellement sur le Roi de la Pop, c'est ce que l'on peut lire : une biographie élaborée sur base d'articles de presse et sur base d'autres livres, par des auteurs qui n'ont généralement jamais rencontré personnellement Michael Jackson et qui n'ont pas suivi son parcours au quotidien. À quelques exceptions près.

 

« Itinéraire d'un passionné » est, sans aucun doute, totalement différent.

 

C'est courant 2012 que Brice a pris contact avec moi par Facebook. « J'ai un projet de livre et j'aurais quelques questions à te poser. » Des questions ? À moi ? Mais je ne suis pas éditeur... S'il avait l'air sympa et qu'il affichait une véritable expérience de fan (à lire ses messages sur certains forums Internet dédiés à Michael Jackson, on peut dire qu'il avait bien l'air de s'y connaître), je ne connaissais pas vraiment Brice. Et, il faut bien l'avouer, j'avais un léger doute quant à son projet : tant de fans décident, un jour, de mener un gros projet autour de Michael... mais n'y parviennent jamais. À l'époque, j'ai dû me dire que son idée de livre étaitbien sympa mais... verrait-elle le jour ?

 

Ensuite, les premières lignes que j'avais lues, alors qu'il n'avait achevé que quelques chansons, semblaient prometteuses... Mais ce nouvel auteur arriverait-il à mener à bien une analyse sur quasi toutes les chansons des albums du Roi de la Pop ? J'avais encore un doute. J'avoue !

 

C'était sans compter sur la détermination de Brice ! Il suffit de voir la manière qu'il a d'arriver à ses fins. Grand passionné du groupe Toto également, Brice est toujours de la partie pour aller saluer les membres de cette formation lorsqu'ils sont de passage en Europe. De même, pour entrer en contact avec les proches collaborateurs de Michael, Brice sait s'y prendre. Comme lorsqu'il a réussi à provoquer une rencontre avec Greg Phillinganes en backstage de la tournée « Immortal ». Comique pour un fan de Michael dont le pseudo sur MJFrance, le plus gros forum de fans de MJ, est... Phillinganes...

 

Aussi, lorsqu'à l'automne 2012, Brice m'informe qu'il est en train d'achever son chapitre sur « Bad », cela ne fait plus aucun doute pour moi : l'itinéraire de ce fan passionné le mènera à son but.

 

Mais loin de me contenter de féliciter sa détermination, je ne peux m'empêcher d'apprécier le contenu de cet ouvrage assez unique en son genre. Rares sont, en effet, les analyses poussées de la genèse, du contexte et du sens des chansons de Michael Jackson. Il existe bien certains ouvrages consacrés exclusivement à la musique du King of Pop. Mais pas sous cette forme. Et, il suffit de lire l'un ou l'autre extrait de « Itinéraire d'un passionné » pour constater que ce livre deviendra vite une référence dans votre bibliothèque Jackson.

 

Certes, toujours humble, Brice se présente comme un fan qui mène son enquête sur les chansons de son idole. Certes, il ne prétend nullement à l'exhaustivité. Mais son livre apporte une foule d'informations, de commentaires de collaborateurs de Michael et d'analyses. Impossible de ne pas y faire des découvertes au détour de ses nombreuses pages. Et, pour moi, il ne fait aucun doute que ce livre sera un agréable compagnon de route pour de nombreux fans.

Christophe Charlot

Christophe Charlot est responsable du magazine MJBackstage, l'unique revue francophone encore totalement dédiée à Michael Jackson. Il est actif dans l'univers des fans du King of Pop depuis 1993, à l'époque où il éditait le fanzine Anti-Hector qui a changé de nom en 1999 pour devenir le MJBackstage.www.mjbackstage.be

Avant-propos

Pour commencer cet ouvrage, la moindre des choses est d’abord de se présenter : je m’appelle Brice, je vais sur mes trente-quatre ans et j’ai eu ce désir d’échanger sur Michael Jackson que j’écoute depuis mes huit ans.

Autant ce loisir fait partie de ma vie depuis l’enfance, autant le fait d’écrire à son sujet n’est pas si ancien : il m’est venu en participant à des forums de discussion sur Internet. Cette activité a débuté en juillet 2009, alors que le chanteur venait de nous quitter. Comme beaucoup de gens, j’ai ressenti en cette période le besoin de ne pas garder des émotions qui restaient ancrées en moi depuis fort longtemps et qui sont ressorties en un seul instant. J’utilisais ces forums depuis un certain temps comme moyen d’information et cette situation me convenait ainsi, sans imaginer que je pourrais y jouer un rôle actif en tant que membre.

Je revis donc mon jugement et finis par m’inscrire, tout en ignorant si cet acte serait temporaire ou une action sur du long terme. Cette inscription eut un effet bénéfique, davantage que je ne pouvais l’imaginer, au point de créer de nombreux sujets sur la carrière de Michael Jackson. Ces moments de réflexion, lors de ces phases d’écriture, me replongent dans de vieux souvenirs et le fait de les faire partager et de lire les réactions, positives ou non, me font apprécier encore davantage ce passe-temps. Dans mon esprit, cela doit rester un loisir avant tout, car si le plaisir n’est pas présent, on perd une certaine spontanéïté, et je garde à l’esprit que je ne suis qu’un fan qui exprime une opinion, sans pour autant me prendre pour un critique influent ou un spécialiste musical, consultant à ses heures.

Je retrouve cependant un plaisir à écrire, chose qui était déjà valable à l’école, mais le fait de rentrer dans la vie active m’avait fait complètement oublié ces instants. Ce rafraîchissement de mémoire me permet de rattraper le temps perdu, et je prends donc plaisir à développer sur cette passion pour la musique de Michael Jackson.

Le personnage est évidemment fascinant par de nombreuses facettes, mais j’ai toujours aimé me documenter sur la genèse de ses chansons, savoir si le texte venait bien d’une histoire personnelle, ou dans quelles conditions était venue l’inspiration d’une mélodie. Un autre aspect de cette documentation est de s’intéresser à ses collaborateurs, parfois restés dans l’ombre, et qui sont forcément les meilleurs en leur domaine, car une riche et longue carrière, c’est un talent individuel, certes, mais celui-ci sera décuplé par des choix amenant des virtuoses qui auront une influence positive sur le résultat.

Pendant toute mon adolescence, j’avais ce sentiment que Michael Jackson était le plus grand artiste de tous les temps et que son seul talent pouvait soulever des montagnes. Aujourd’hui, cette première affirmation est toujours valable, mais pour la seconde, j’ai revu mon jugement et je dois cela au claviériste de Toto, David Paich.

Il y a une dizaine d’années, j’avais assisté à un concert du groupe Toto : j’avais fait le déplacement par curiosité, sachant que certains de ses membres avaient joué sur l’album “Thriller”. Non seulement je suis devenu fan de ce groupe à part entière, mais cela a été comme une révélation. Paich s’est retrouvé seul sur scène afin d’effectuer un solo et s’est lancé dans une mélodie voluptueuse que je ne connaissais pas, mais qui m’a pourtant semblé familière. Ce régal pour mes oreilles m’a agréablement surpris, car en dehors de la lecture de son nom sur des livrets d’album, je ne savais pas grand-chose de ce musicien au chapeau et lunettes noires. J’ai donc fermé les yeux en cet instant particulier et j’ai eu cette impression d’être présent dans une session studio avec Michael, comme un privilégié que je n’avais jamais été.

J’ai donc souvent affirmé cet intérêt pour Toto au sein des forums Jackson, au point de laisser parfois penser que j’étais davantage fan du groupe californien que du Roi de la Pop. J’essayais simplement d’expliquer que cela m’avait plongé dans la genèse de nombreuses chansons de cette riche discographie, dans un processus créatif dont David Paich était l’un des artisans et à laquelle il m’avait invité lors de son solo. Suite à cet instant particulier dans ma vie de fan, j’ai aimé me documenter sur ces fameux collaborateurs car il devait y avoir d’autres musiciens de talent à découvrir : je n’ai pas eu à chercher bien loin et j’ai trouvé d’autres réponses parmi les membres de Toto, même si cette liste n’était pas exhaustive.

Après quelques années à développer ce sujet sur les forums, j’ai souhaité immortaliser mon témoignage par la parution d’un livre. Projet complexe, mais tellement prenant, que j’ai voulu le mener à son terme. Cet ouvrage est composé de chapitres qui relatent chacun la sortie d’un single de Michael Jackson entre 1979 et 2008. Ce sont des sortes de contes musicaux où la vedette est la chanson avec tout son environnement créatif.

Vous pouvez vous plonger dans le chapitre que vous affectionnez, telle une lecture aléatoire sur une platine CD. N’hésitez pas à laisser cette dernière près de vous lors de votre lecture. Vous pouvez vous laisser imprégner par l’ambiance de la chanson qui correspond à chaque chapitre, tout comme je l’ai fait lors de ma phase d’écriture, ravivant de nombreux souvenirs auxquels cette musique est liée. Savourez ces instants de retrouvailles avec l’univers Jackson, et surtout prenez votre temps car, de toute façon, la musique est éternelle…

Don’t Stop’Til You Get Enough

« Pour réaliser une chose extraordinaire, commencez par la rêver. Ensuite, réveillez-vous calmement et allez jusqu’au bout de votre rêve sans jamais vous laisser décourager. »

Walt Disney

“Don’t Stop’Til You Get Enough” fut le premier single extrait de l’album “Off The Wall” et est l’introduction idéale pour aborder la carrière de Michael Jackson. Je veux, bien entendu, via cette œuvre, évoquer l’émancipation artistique et adulte d’un jeune homme de vingt-et-un ans avec l’avenir devant lui. Pour autant, je n’occulte pas les années Motown dans ma perception artistique du chanteur : son enfance vécue sous les projecteurs a forcément influé sur l’homme et l’artiste qu’il est devenu par la suite. Simplement, j’ai envie de débuter par ce virage important amorcé en juillet 1979 avec ce disque qui coïncidait avec sa majorité.

J’ajouterai, sans vouloir me mettre en première ligne, que je suis né en mai 1979 et qu’ayant grandi avec sa musique, j’ai plaisir à évoquer mon ressenti ainsi que mon vécu lors de nombreuses écoutes de ses nombreux tubes.

J’ai donc le sentiment qu’il est plus naturel et sincère de ma part de commencer par ce classique indémodable.

Ma première anecdote au sujet de ce morceau sera complètement paradoxale vu que j’ai mis en avant le lien entre cette œuvre et l’émancipation artistique et solo de notre idole.

Pourtant, l’histoire de cette chanson a débuté avec un autre membre de la famille Jackson.

Tout a commencé en 1978 lorsque Michael a commencé à se mettre la mélodie en tête, errant de pièces en pièces à Hayvenhurst, en chantonnant. Il finit par se diriger vers le studio vingt-quatre pistes de la maison familiale et demanda à son frère Randy s’il pouvait le suivre.

Le choix du frère cadet pour l’accompagner n’est pas un hasard, car c’est le musicien le plus polyvalent de la fratrie Jackson : il sait jouer de nombreux instruments, et Michael avait une grande estime pour ses talents musicaux, le considérant comme le plus doué de ses frères.

Randy suivit donc les consignes de Michael, tout d’abord au piano, puis dans les percussions, et l’accompagna pour l’ébauche de “Don’t Stop’Til You Get Enough”.

À noter que le petit frère sera crédité en tant que percussionniste sur la version finalisée en studio : ce sera le seul membre de The Jacksons à contribuer et à collaborer à la carrière solo de MJ en tant que musicien, ce qui confirme l’estime amplement méritée de son aîné à son sujet.

Cette démo fut découverte lors de la réédition de “Off The Wall” en septembre 2001, Sony Music publiant, peu de temps avant la sortie de l’album “Invincible”, les anciens opus remasterisés et accompagnés de bonus sous formes de titres inédits ou de démos : des sortes de pépites ressorties des coffres et devenues accessibles à tous.

Le batteur John Robinson évoqua les sessions studios de “Off The Wall” dans le magazine Vibrations en 2009 :

« Il y a beaucoup de souvenirs liés à “Off The Wall”, mais un des meilleurs, c’est le fait qu’on m’a laissé être présent pendant toutes les phases de création du disque.

Au lieu de juste venir au studio faire mes parties de batterie et puis partir ailleurs, je revenais au studio et j’observais Quincy dans son travail de production.

La première fois que je suis venu au studio, c’était pour faire les overdubs de la première chanson “It’s The Falling In Love”, ainsi que “Girlfriend” de Paul McCartney. J’avais bien ficelé l’affaire en quelques prises.

Je pouvais voir Quincy et Bruce (Swedien) en train de murmurer, et ensuite j’ai pu entendre dans mon casque ce qu’ils disaient : « Tu fais quoi lundi ? » J’ai répondu : « Rien ». Ils m’ont demandé si je voulais revenir enregistrer le reste de l’album, et bien évidemment j’ai accepté. C’est à cette occasion que j’ai rencontré le clavier Greg Phillinganes. C’est ce lundi qu’on a enregistré “Don’t Stop’Til You Get Enough.

MJ avait lui aussi évoqué sa composition dans son autobiographie “Moonwalk”. Rien de mieux donc que de lire notre idole pour ressentir et comprendre l’importance de cette chanson dans sa carrière :

“Don’t Stop’Til You Get Enough a une intro parlée au-dessus de la ligne de basse, en partie pour faire monter la tension et surprendre les gens avec le déferlement des cordes et des percussions.

C’était une chanson inhabituelle à cause de mes arrangements vocaux.

Sur ce titre, je double ma voix à l’infini, comme si c’était un groupe qui chantait à l’unisson.

J’ai écrit une voix très haute, que moi-même je n’arrivais pas à chanter, pour aller avec la musique que j’entendais dans ma tête, et les instruments ont remplacé le chant.

La chute que Q a trouvée était fabuleuse avec les guitares qui jouent comme le kalimba, le piano africain.

Cette chanson est très importante pour moi, parce que c’est la première que j’ai écrite entièrement.

“Don’t Stop’Til You Get Enough” a été ma première chance, et elle est devenue aussitôt numéro un. C’est cette chanson qui m’a valu ma première récompense officielle.

Quincy a réussi à me donner assez de confiance en moi pour la faire en studio tout seul. Puis, il a ajouté des cordes, comme le chef met la touche finale. »

“Don’t Stop’Til You Get Enough” arriva dans les bacs en juillet 1979. Le succès fut honorable puisque cette chanson entra dans le Top 10 de nombreux pays comme les USA, l’Angleterre et même l’Espagne, en avance sur la France ou l’Italie pour apprécier le phénomène Jackson.

Le clip fut tourné sous la direction de Nick Saxton et apparaît comme le témoignage des débuts solo (en tant qu’adulte) de Michael Jackson qui, l’année de sa majorité, s’émancipait du reste de sa famille et voulait montrer qu’il pouvait réussir seul.

Le jeune homme, dans ce court-métrage, porte un smoking tout comme sur la pochette de l’album : une idée de Mike Salisbury, l’auteur de ce cliché. Ce photographe très expérimenté dans l’univers d’Hollywood a su apporter sa vision du potentiel de cet artiste en devenir et il s’en souvient aujourd’hui comme si c’était hier :

« Je pensais que Michael Jackson avait le potentiel pour devenir un grand – le plus grand – alors jai proposé à son agent de me laisser développer quelques idées. Je lui aiexpliqué que je créais une métaphore. Je lui ai dit queMichael était un môme qui venait juste de sextraire de la coupe de son père et que je pensais que la pochette de lalbum devait montrer que ses débuts en solo allaient être aussi grands que Sinatra montant sur scène à VegasAlors je lui ai fait porter un smoking. »

Revenons à la vidéo et à cette intro parlée au cours de laquelle on peut voir un MJ s’imprégner progressivement de cette force et de ces vibrations positives jusqu’au moment où il pousse un cri pour symboliser sa délivrance. Ce cri, qui deviendra sa marque de fabrique, exprime pleinement sa joie de voler de ses propres ailes, et son large sourire pourrait à lui seul résumer ce court-métrage.

Les paroles expriment elles aussi pleinement l’état d’esprit dans lequel il se trouvait à ce moment-là : celui de vouloir rentrer dans l’HIStoire de la musique en battant tous les records. Il ne s’arrêtera pas tant qu’il n’y sera pas parvenu, et ira même au-delà, finissant par être en compétition avec lui-même… Michael exprime une joie de vivre, fier du message positif qu’il nous transmet, celui de faire preuve de volonté pour aller au bout de ses envies.

Le texte pourrait être interprété dans un sens sexuel, mais je pense qu’il faut y voir une vision plus large, une sorte de force qui nous donne la volonté d’accomplir tous nos rêves.

C’est ainsi que ce jeune artiste plein d’avenir ressent que le meilleur est à venir : des paroles prophétiques annonçant que ce jeune homme veut conquérir le monde, ce qu’il parviendra à faire lors de la parution de son album suivant. Ce n’est pas pour autant qu’il en aura assez : il ne s’arrêta pas justement et voulut prolonger son œuvre.

Comme nous l’avons lu, MJ a évoqué une récompense pour ce tube incontournable dans sa biographie : celle obtenue lors des American Music Awards 1980 dans la catégorie “Favorite Soul Single”. Cette même année, il reçoit également un Grammy Award dans la catégorie “Meilleure performance vocale masculine”.

De la même façon, il n’a pas fallu attendre la période “Thriller” et les fameux spots Pepsi pour voir Michael Jackson sur les écrans publicitaires : ce titre fut en effet utilisé dans un spot pour la marque japonaise Suzuki avec pour thème “Love is My Message”.

En cette occasion, les collectionneurs de vinyles auront de quoi profiter de leur passion vu que de nombreux produits nippons furent publiés à l’époque. Ces sublimes collectors, toujours activement recherchés dans tous les coins du monde, font partie de l’univers de cette chanson.

Évoquer une chanson, c’est également raconter son histoire à travers des performances scéniques, que ce soit pour des soirées de gala ou des tournées mondiales.

En ce qui concerne ce premier extrait de l’album “Off The Wall”, il fut interprété lors de la seconde partie du “Destiny Tour” en 1979.

Bien qu’étant sur les routes avec ses frères, Michael fait le choix d’inclure ses titres solos lors des tournées, et les tubes de “Off The Wall” n’y font donc pas exception.

Cette première prestation n’est malheureusement pas facilement trouvable en vidéo sur le web. Je n’ai jamais réussi à en dénicher une version intégrale, me contentant de bribes issues de documentaires. Espérons que ce ne soit pas toujours le cas à l’avenir : il reste tant de trésors visuels à découvrir !…

La tournée suivante de The Jacksons, le “Triumph Tour”, est davantage documentée : cet album live fut pendant de longues années l’un des rares témoignages audios de Michael sur scène sur un support officiel.

Michael disparaissait à la fin de “Workin’Day And Night” pour réapparaître dans un nuage de fumée pour interpréter “Don’t Stop…”. Un schéma classique qui sera appliqué jusqu’au “Dangerous Tour”, bien que ce sera ensuite et définitivement “Beat It” qui profitera de ce tour de magie dès le “Victory Tour” trois années plus tard.

Ce titre aura donc été celui de nombreuses premières fois dans divers domaines.

C’est en effet pour cette performance que Michael porta un smoking noir comme dans le clip, une tenue faisant partie intégrante de l’univers de la chanson au point d’être visible sur scène après l’avoir été à la télévision. À cette époque, Michael n’était pas encore le roi des vidéos-clips, mais nous montrait via cet événement que cet art avait une place primordiale dans son univers.

C’est également avec cette prestation que Michael a voulu incorporer divers effets spéciaux et trucages lors de ses concerts.

Une prestation intéressante où les musiciens ont pu s’exprimer en sortant du schéma basique de la version studio, l’artiste offrant à cette époque des versions live non-calquées sur celles entendues sur les albums. Dommage qu’il se soit progressivement éloigné de cette pratique pour les tournées suivantes…

L’album “Live” de The Jacksons reste donc un document à la fois passionnant et frustrant : nos oreilles sont ravies, mais nos yeux aimeraient également vivre pleinement cette prestation.

Entendre Michael feindre de se plaindre lorsqu’il disparaît de “Workin’Day And Night”, puis cette explosion qui annonce “Don’t Stop…” nous donnent envie de découvrir ces images dans de bonnes conditions. Prions pour que ce concert sorte un jour en DVD ou Blu-Ray afin de compléter cet album sensationnel et que tous nos sens soient rassasiés.

Comme je vous l’ai dit plus haut, “Don’t Stop’Til You Get Enough” sera évincé au profit de “Beat It” lors du “Victory Tour”. Un clin d’œil à ce titre aura tout de même lieu lors de “Shake Your Body”, que ce soit en 1984 pour le “Victory Tour” ou en 1987 pour la première partie du “Bad Tour”. Ainsi, les possesseurs du DVD pirate du concert de Yokohama ont sans doute remarqué Michael chantant quelques paroles de la chanson lors du break.

Les chanceux ayant vu la seconde partie de la tournée “Bad” en 1988 auront eux profité d’une version instrumentale, tandis que la plupart d’entre nous l’a seulement découvert lors de la sortie du DVD Live at Wembley.

“Don’t Stop’Til You Get Enough” fera son retour en septembre 1995 : Michael reprend son intro parlée pour inaugurer un medley inédit aux MTV Video Music Awards. Il reproduira cette performance en 1999 pour les concerts “MJ & Friends”.

Un medley de l’album “Off The Wall” sera interprété pendant une bonne partie du “HIStory Tour” : “Rock With You” ouvrira le bal, suivi de “Off The Wall”, et “Don’t Stop’Til You Get Enough” en sera la conclusion.

Il reste tout de même intéressant de revoir son auteur l’interpréter en 1996, malgré un play-back à la limite du grossier. Il faut cependant reconnaître que Michael reproduisait des pas de danse qu’on n’avait pas revus depuis des décennies.

J’ajouterai qu’il a souvent fait signe au guitariste David Williams (qui est crédité sur la version studio) de venir jouer près de lui au-devant de la scène : ce moment de complicité me rappelle le MJ lors de tournées plus anciennes, et je savoure ce détail pour apprécier pleinement cette performance, car cette proximité avec les musiciens s’est trop estompée au cours de cette tournée.

C’était la tournée “HIStory” et l’album “Off The Wall” fait partie de cette HIStoire musicale, fabuleuse et complexe à la fois.

Rock With You

« La danse, un minimum d’explications, un minimum d’anecdotes, et un maximum de sensations. »

Maurice Béjart

“Rock With You” est un tube indémodable et reste un des classiques de la discographie Jackson. Un des joyaux de l’album “Off The Wall” dont il est bon de rappeler le contexte de création.

Le choix de Quincy Jones à la production a été primordial de la part de Michael qui a trouvé en son aîné une sorte de figure paternelle artistique prête à lui montrer le chemin pour mûrir, sans l’empêcher de s’exprimer dans le processus de création des chansons, chose qui n’avait jamais été possible avec Berry Gordy, le patron de Motown.

On a souvent mis en doute la qualité artistique du premier film de Michael, “The Wiz”, mais c’est lors de son tournage que Smelly (surnom dont MJ sera affublé par Jones) a croisé le chemin de ce producteur, toujours accompagné de son ingénieur du son, Bruce Swedien, tous deux impliqués dans la bande originale de ce long-métrage.

Ce mariage musical paraît aujourd’hui un choix évident pour offrir le meilleur album possible. Pourtant, beaucoup ont pensé que Michael faisait une erreur en collaborant avec Q. Ce dernier était réputé dans le domaine du jazz, mais ne semblait pas, selon certains spécialistes, le meilleur choix pour un jeune artiste voulant lancer sa carrière solo.

C’était sous-estimer grandement cet homme expérimenté qui savait être à la page en restant toujours informé des sons de l’époque, d’autant que son travail de production pour les Brothers Johnson, d’un âge proche de celui de Michael, avait montré ses capacités en ce domaine. Non sans oublier l’apport de Swedien, l’un des meilleurs de sa catégorie, dont le rôle est d’enregistrer et de purifier les sons, issus des voix et des instruments, pour mixer l’ensemble afin de nous faire profiter de la chanson dans des conditions optimales.

La renommée internationale de Q était telle que tous les virtuoses des studios de Los Angeles aimaient ou rêvaient de collaborer avec lui, et son apport à la production lui permettait d’avoir un carnet d’adresses bien rempli en ce qui concerne les musiciens.

Cet élément se confirme lors de l’écoute de son album de 1981 “The Dude” : la majorité des collaborateurs impliqués pour les opus “Off The Wall” et “Thriller” sont présents, dont Michael Jackson lui-même qui est crédité sur le livret de l’album en tant que choriste sur la chanson titre.
Bien qu’il ne soit pas présent sur le restant de cette œuvre, c’est un disque que j’aime me passer en boucle, même si ma favorite reste “Turn On The Action”. Cette dernière est interprétée par Patti Austin (partenaire de MJ sur le duo “It’s The Falling In Love”) et c’est une nouvelle occasion pour Rod Temperton de confirmer ses talents de compositeur.

Il est bon de rappeler que le nouveau producteur de Michael avait justement été interpellé, à l’origine, par sa chanson “Boogie Nights” du groupe Heatwave en 1977. Il savait que ce genre de composition serait sublimé par les talents vocaux de son nouveau protégé. Le son funk de cette formation britannique n’était donc pas à exclure en vue de trouver le meilleur son possible pour l’album “Off The Wall”.

Rod Temperton était l’auteur de ce titre mais aussi le claviériste de ce groupe. Quincy lui passe alors un coup de fil en lui demandant de venir apporter sa pierre à l’édifice. Au départ, Rod refuse, car il est en plein travail à New York pour un nouvel opus de Heatwave qui va s’intituler “Hot Property”. Le musicien vient de décider son retrait en tant que membre du groupe, mais reste impliqué dans le processus de création. Il écrira et composera neuf des dix titres présents sur ce disque.

Malgré ce motif de refus plus que légitime, Quincy insiste et propose de lui payer le billet d’avion pour Los Angeles. Rod Temperton finit par accepter cette proposition : après tout, c’est dans le but d’exploiter ses talents de compositeur qu’il vient de quitter le clavier de Heatwave.

Il faut tout de même savoir que ce sont, pour ce dernier, les premières sessions studios en dehors de sa formation d’origine.

Tout cela représente un beau challenge pour le Britannique qui le racontera quelques années plus tard dans les bonus audios de la réédition de “Off The Wall” :

« L’autre chose que je savais grâce à ses disques précédents, c’est qu’il adorait le travail des harmonies. Et c’est ce que j’ai apporté avec moi de mon travail avec Heatwave, parce que c’était un groupe qui était vraiment dans le travail des harmonies. Donc, j’ai mélangé les segments harmoniques de ma musique avec cette idée de mélodies à notes courtes pour Michael. Et ça a donné “Rock With You. »

John Robinson, le batteur présent sur de nombreux titres de “Off The Wall”, déclara quant à lui en 2009 au magazine Vibrations :

“Rock With Youest un des plus gros hits de Michael, et peu de gens réalisent que sur ce titre c’était mon groupe Rufus qui jouait, avec David Wolinsky aux claviers et Bobby Watson à la basse.