Pied-noir, chef de harka et sans état d'âme

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264 pages
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L’auteur raconte son histoire et celle de sa famille : - La légende familiale constituée des souvenirs racontés par les parents et qui résument l’aventure humaine d’une famille de pied noir arrivée en Algérie vers 1850. - De sa naissance avec ses souvenirs vécus et les choses qu’il a vues et auxquelles il a participé jusqu’à son départ pour le service militaire. - Sa guerre d’Algérie comme chef de harka dans le Constantinois, ses joies, ses peines, ses peurs, et surtout l‘amour qu’il a éprouvé pour ces hommes qui ont servi sous ses ordres ainsi que pour leur famille, et leur abandon par l’armée. C’est aussi l’évocation de petites histoires qui décrivent la vie d’un chef de section de 20 ans, perdu dans la montagne et qui doit tout résoudre seul. C’est en résumé la synthèse de 21 mois à beaucoup marcher, à beaucoup observer, à beaucoup chercher, à se battre un peu mais avec intensité et à aiguiser la patience. C’est le retour à Alger en janvier 1962 avec tous ces morts et ces violences, puis c’est la fin d’une vie en Algérie heureuse, l’autre va commencer en métropole en juillet 1962.

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Date de parution 10 avril 2013
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EAN13 9782312009537
Langue Français

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Pied-noir, chef de harka et sans état d’âme
Jean-Jacques HANRIOT
Pied noir, chef de harka et sans état d’âme
LES ÉDITIONS DU NET 22, rue Edouard Nieuport 92150 Suresnes
© Les Éditions du Net, 2013 ISBN : 978-2-312-00953-7
Avant-propos
Il est toujours difficile de commencer, et peut-être ambitieux ou vaniteux de s’attaquer à l’histoire ou plutôt aux souvenirs de la famille, mais comme il s’agit de ma famille, j’en suis un peu propriétaire et j’ai quelques droits sur elle, mais le lecteur devra être indulgent, car l’enthousiasme, la pensée et les souvenirs entraînent, quelquefois, une certaine déformation ou plutôt, un embellissement des choses et des faits. Le temps passe et les souvenirs s’estompent, nos enfants qui n’ont pas vécu comme nous, c’est-à-dire entourés des grands-parents, des oncles, des tantes, des cousins et des cousines, n’ont pas été baignés, dès leur plus jeune âge, dans les histoires de la famille. Les grands-parents, mon père ou la tante Germaine, sa sœur qui faisait un peu office de griot ou de dictionnaire vivant, nous racontaient cette histoire. J’évoquais souvent ces souvenirs devant mes enfants, je parlais de ce passé, et vraisemblablement en répétant une fois de plus la même histoire, quand Frédéric, notre troisième fils, me lança : - Quand tata Germaine ne sera plus là, et toi non plus, tout cela disparaîtra. Très vite ton passé, votre passé n’auront plus beaucoup de signification pour nous. Tu devrais mettre sur le papier tous ces souvenirs, tu n’oublies pas non plus que nous n’avons pas de base arrière, votre départ d’Algérie l’a empêché. Cette histoire de la famille que j’appellerai un peu « La légende familiale », s’appuie sur les souvenirs des uns et des autres, sur ceux répétés à chaque rencontre, sur ceux glanés par-ci, par-là, sur un peu de recherche généalogique, donc avec quelques traces relevées sur des documents officiels, mais elle s’embellit au cours des années, et dans quelque temps, elle risque fort de ne plus avoir beaucoup de rapport avec la réalité. Mon ambition ou plutôt mon espoir, est d’essayer de raconter ce que j’ai entendu sur la famille pour le passé, sur mes aventures de jeune homme, sur ma guerre comme chef de harka à 20 ans, c’est l’objet de ce livre. Ensuite, mais là c’est une autre histoire que je raconterai peu être ultérieurement, c’est la vie de la famille que j’ai fondée avec Yolande et plus tard celle avec les enfants. Si mes enfants ont le courage de lire l’ensemble j’espère qu’ils vont trouver des racines ou s’en constituer, car malheureusement notre départ d’Algérie a fait disparaître cette base solide et terrestre, que notre vie de nomade à travers les différentes garnisons de France et d’Allemagne, où nous avons été affectés, n’a pas permis de construire sur des bases immobilières ou régionales. La tante Germaine, la sœur de papa, était un peu la mémoire de la famille, elle a gardé les pieds sur terre et surtout la tête bien claire, on peut ajouter aussi son plaisir de parler. C’était le conteur de la famille, le « griot africain ». C’est grâce à ses récits et aux souvenirs de mon père que j’ai commencé mes recherches à la poursuite des traces de la famille paternelle et maternelle. Pour remonter le plus loin possible j’ai écrit à Nantes qui, comme chacun le sait, est le lieu de naissance ou plutôt celui où sont regroupés les documents d’état civil de tous ceux qui ne sont pas nés en Métropole. À partir des renseignements obtenus, j’ai pris contact avec l’état civil des différentes mairies de notre région d’origine. C’est le BA. Ba de la généalogie. Après il faut se rendre sur place pour faire des recherches sur la période située avant la révolution où l’état civil n’existait pas. e Je vais raconter ma guerre comme chef de harka au 151 Régiment d’Infanterie Motorisé dans le secteur de Guelma dans le constantinois. J’ai longtemps hésité, mais depuis un certain temps, la télévision projette des films ou passe des émissions où on ne parle que de tortures et de massacres, comme si la guerre d’Algérie ne s’était illustrée que par ces actions, on ne parle pas de l’action sanitaire, humanitaire et éducative que l’armée
menait contre vents et marées dans des conditions très difficiles dans toute l’Algérie, en ne faisant que poursuivre l’action de nos anciens, ceux dont on ne parle jamais car on privilégie l’anticolonialisme, c’est plus facile et plus tendance, c’est plus porteur et va dans le sens de l’histoire écrite par certains qui obèrent la réalité du terrain. J’en arrive même à penser que mes enfants qui pourtant m’ont vu vivre et qui me connaissent, mais qui baignent dans ce qui se raconte, par les énormités qui se disent qui se lisent ou que l’on voit à la télévision, ont quelques réticences à comprendre ce que je raconte qui est souvent en contradiction avec ce qui se dit dans les médias. L’écriture aura peut-être plus de poids. C’est un peu comme la réaction des petits-fils de harkis à qui l’on a appris à l’école, en France, que leurs grands-parents qui servaient la France, étaient des traîtres, on oublie de leur dire que les traîtres c’était les autres, ceux qui s’attaquaient à la France, car l’Algérie était française jusqu’en juillet 1962 et ceux qui la servaient étaient des français, les autres des traîtres, des hors la loi. Enfin le combat pour convaincre est difficile et long, mais il ne faut pas baisser les bras. C’est un peu la raison qui m’a amené à choisi de mettre dans mon titre sans état d’âmes, car j’ai fait ce que je devais faire, du mieux possible, sans me poser de questions car j’ai pensé que mon pays, l’Algérie, était attaqué et qu’il fallait le défendre par tous les moyens. Lorsque je suis arrivé en métropole le 1 juillet 1962, j’ai tiré le rideau, une autre vie commençait, elle n’allait pas être très facile au début, mais étant d’une famille de pionniers, comme la plupart des pieds-noirs, j’ai regardé vers l’avant, il n’y avait plus rien derrière sauf les souvenirs. Ce que je vais écrire peut se diviser en trois parties. La première partie, c’est la légende familiale racontée par mon père et sa sœur Germaine. Je ne suis pas encore de ce monde. La seconde partie, c’est mon enfance et mon adolescence. Le bonheur dans l’insouciance, l’école, le collège, la fête malgré le début des « événements » e La troisième partie, c’est ma guerre comme chef de harka au 151 Régiment d’Infanterie Motorisée dans le secteur de Guelma dans le Constantinois, et mon action comme civil à Alger de janvier 1962 à juin 1962. J’ai écrit ces souvenirs au moment où je me suis retrouvé rapatrié d’Algérie en octobre 1962, hébergé chez mon oncle Raoul à Vaulx-en-Velin. Entouré de Yolande mon épouse et de mes parents. Nous étions logés tous les quatre, Yolande mes parents et moi-même dans une chambre de 8 mètres carrés avec un lit à deux places pour les anciens, un petit lit pour Yolande et moi je dormais par terre sur un matelas pneumatique. Nous ne savions pas quoi faire en attendant de trouver du travail. J’ai donc décidé de regrouper mes souvenirs sur des cahiers d’écolier. Pour les souvenirs anciens, ils faisaient partie de moi, pour ceux de la guerre, ils avaient entre trois ans pour les plus anciens et un peu plus de neuf mois pour les autres. Je pense que j’ai restitué tout ce qui suit comme si je le vivais encore. Il m’arrive parfois lorsque je me relie de me demander si cela a été réel, et pourtant je n’ai pas pu inventer tout ce que j’ai vécu et tout ce que j’ai écrit quasiment dans la foulée des événements.
Partie I
La légende familiale