Récit d
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Récit d'une vie ordinaire... À la lumière de Jean-Christophe

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Description

Le récit de ma vie, à la lumière de Jean-Christophe, oeuvre de Romain Rolland, ne la rend pas pour autant extra-ordinaire. Néanmoins, Jean-Christophe a servi de révélateur, me dévoilant les forces cachées qui m’ont poussée à être ce que je suis, et qui m’ont permis d’avancer.
Ce livre ne raconte pas les événements qui ont jalonné ma vie, mais parle des personnes qui ont croisé mon chemin. Certaines m’ont, imperceptiblement, donné une joie de vivre et une force de vie, grâce auxquelles j’ai pu faire face à la souffrance, inhérente à toute vie. Elles m’ont permis de développer une vie intérieure, refuge contre l’adversité du monde. Il a fallu le silence de l’écriture pour que je le comprenne.
Parce que ma vie est une vie ordinaire, elle peut parler à chacun d’entre nous. Parce que les gens que j’ai croisés dans ma vie sont des gens ordinaires, tout le monde peut en rencontrer. Ainsi, à travers le récit de ma vie, c’est de LA vie qu’il est question dans ce livre.

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Date de parution 30 mai 2017
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EAN13 9782823120684
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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Claire Bourguignon
Récit d’une vie ordinaire… À la lumière de Jean-Christophe
Biographie
Éditions Persée
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© Éditions Persée, 2017 Pour tout contact: Éditions Persée – 38 Parc du Golf – 13 856 Aix-en-Provence www.editions-persee.fr
Quand on va vers la lumière, elle finit toujours par luire.
(R. Rolland) Romain Rolland à propos deJean-Christophe: Je n’écris pas un roman. J’écris une vie. Je ne sui s pas pressé d’arriver; je sais ce qu’il y a au terme – ce qu’il y a au terme de toute vie. La seule différence est dans l’âme qui passe. Regardez-la passerpoin; et, si vous êtes amis, ne lui reprochez pas de ne t passer assez vite. (in « Une amitié française »,Cahiers Romain Rolland, Paris:Éditions Albin Michel, 1955, p. 77)
À mes grands-parents, À mes parents, qui m’ont apporté la lumière.
À mes filles, À mes petits-enfants, pour qu’ils trouvent la lumière.
À tous ceux qui cherchent la lumière. Il y a un minimum de bonheur que l’on peut demander. Nul n’a droit à davantage: c’est à soi-même de se donner le surplus; les autres ne nous le doivent pas. (R. Rolland, 2007, p. 509)
AVANT-PROPOS
l [Romain Rolland] imagine un roman qui, au lieu de nouer une intrigue ou analyser un Isentiment, évoque celui-ci, le fait revivre, et com me la musique, s’adresse non à l’intelligence critique du lecteur, mais à son âme.C’est ainsi que Bernard Duchatelet 1 parle deJean-Christophe. Telle fut ma lecture, dans sa biographie de Romain Rolland d eJean-Christophequi m’est apparu, à cet égard, comme la mise en scè ne d’une foi profonde en la vie. Si la vie n’est pas un roman, u n roman peut éclairer une vie. Ainsi, Jean-Christopheière que j’ai eu envie dea éclairé ma vie, et c’est à la lueur de cette lum la raconter. Pour autant, il est difficile de ne se référer qu’àJean-Christophe, tant les thèmes qui sont chers à Romain Rolland, apparaissen t à travers toute son œuvre. C’est la raison pour laquelle, dans ce récit, d’autres œu vres seront citées. Je pense, en particulier àColas Breugnon, qui, d’une manière plus légère, chante la beauté de la vie. Il n’est pas non plus possible d’ignorer les autobiogr aphiesMémoires etLe Voyage intérieur,pas plus que les biographies,Vie de Beethoven, Vie de Michel-Ange, Vie de Tolstoï,œuvres qui, à leur tour, servent à éclairer la lecturede Jean-Christophe. C e ne sont pas des évènements qui ont jalonné ma vi e, dont je vais parler dans ce livre. Je parlerai des personnes qui ont croisé mon chemin. Certaines m’ont, imperceptiblement, donné une joie de vivre et une f orce de vie, grâce auxquelles j’ai pu faire face à la souffrance, inhérente à toute vie. Elles m’ont permis de développer une vie intérieure, refuge contre l’adversité du monde. Il a fallu le silence de l’écriture pour que je le comprenne. Parce que ma vie est une vie ordinaire, elle peut parler à chacun d’entre nous. Parce que les gens que j’ai croisés, sont des gens ordinaires, tout le monde peut en ren contrer. Ainsi, à travers le récit de ma vie, c’est de LA vie dont il est question dans ce l ivre. C’est pourquoi je n’ai retenu, dans le récit de ma vie, que ce qui peut avoir un sens p our tous. À travers ce récit, j’ai voulu partager des émotions que chacun est susceptible de ressentir dans son existence. Ce livre peut être vu comme une autobiographie, à l a fois testimoniale et testamentaire. En tant que témoin de ma propre vie, à travers le regard distancié de l’écriture, je souhaite léguer à mes enfants et pet its-enfants, mais aussi à l’ensemble des lecteurs, une foi en la vie quin’est pas triste, même sielle a des heures tristes, et une sérénité face à la mort. Enfin, je m’excuse par avance auprès des lecteurs, pour les allées et venues entre le passé et le présent, ainsi que pour les va-et-vient entre différents épisodes de ma vie. Ce peut rendre la lecture parfois difficile. Malheureu sement, il n’est pas aisé de rendre compte de la complexité des émotions, fruits de not re histoire, à travers une écriture linéaire.
PREMIÈRE PARTIE L’ÉCRITURE EN PARTAGE
Les écrivains d’aujourd’hui s’évertuent, disait-il, à décrire des raretés humaines, ou bien des types qui n’existent que dans des groupes anormaux, en marge de la grande société des hommes agissants et sains. Puisqu’ils s e sont mis eux-mêmes à la porte de la vie, laisse-les et va où sont les hommes. Aux ho mmes de tous les jours, montre la vie de tous les jours: elle est plus vaste et plus profonde que la mer. Le moindre d’entre nous porte en lui l’infini. L’infini est en chaque homme qui a la simplicité d’être un homme, dans l’amant, dans l’ami, dans la femme qui paie de ses douleurs la radieuse gloire du jour de l’enfantement, dans celui qui se sacrifie obscurément et dont nul ne saura rien; il est le flot de vie qui coule de l’un à l’autre , de l’autre à l’un… Écris la simple vie de ces hommes simples, écris la tranquille épop ée des jours qui se succèdent, tous semblables et divers, tous fils d’une même mère, de puis le premier jour du monde. Écris-la simplement. Ne t’inquiète pas des recherches sub tiles où s’énerve la force des artistes d’aujourd’hui. Tu parles à tous: use du langage de tous. Il n’est de mots ni noble s ni vulgaires: il n’est que ceux qui disent ou ne disent pas exa ctement ce qu’ils ont à dire. Sois tout entier dans tout ce que tu fais: pense ce que tu penses, et sens ce que tu sens. Que le rythme de ton cœur emporte tes écrits! Le style, c’est l’âme. Romain Rolland,Jean-Christophe, Paris: Éditions Albin Michel, 1931,2007, pp.1066-1067 Jean-Christophe: Le révélateur de ma vie ansLe voyage intérieur (Songe d’une vie)R. Rolland écrit qu’onne lit jamais un livre. DOnse lit à travers les livres, soit pour se découvrir, soit pour se contrôler. Il est vrai, à cet égard, queJean-Christophe n’a pas été, pour moi, tant une révélation qu’un révélateur. Si les aventures de Christophe, le jeun e musicien allemand contraint de s’exiler en France m’ont intéressée, c’est l’atmosp hère générale qui se dégage deJean-Christophe,œuvre littéraire écrite comme une symphonie, qui a suscité chez moi les émotions les plus vives. C’est comme si, après m’êt re plongée complètement dansJean-Christophe, la force de vie qui se cache derrière les évèneme nts les plus simples de la vie, m’était apparue au grand jour. La vie de Chris tophe, si différente qu’elle soit de la mienne, m’a permis de décrypter ma propre vie, avec un nouveau regard, et une plus grande maturité. Néanmoins, la rencontre entre un lecteur et une œuv re n’est jamais fortuite. La lecture d’un livre est une activité d’interaction, située d ans le temps entre un lecteur et un auteur. Pour ce qui me concerne, je m’approchais d’une étap e qui constitue un carrefour dans une vie. J’allais avoir soixante ans et, de manière concomitante, j’allais prendre ma retraite. À ce moment, pour reprendre les mots de R omain Rolland,l’apaisement venu des désirs qui s’élancent, des espoirs qui se brise nt, on [peut embrasser] l’ensemble de 2 la route parcourue, d’un regard lavé et d’un cœur d étaché .Ce n’est pas tant le souhait de faire un bilan qui m’a animée, que celui de démê ler les fils de ma vie pour en dégager le sens. Cela m’est apparu comme une évidence, pas pour m’adonner à un exercice intellectuel visant à combler le vide suscité par l a mise en retraite d’une vie professionnelle, riche et bien remplie. Une force m e poussait à réfléchir à mon histoire pour poursuivre ma route sereinement, à l’heure où la nature vous lâche un peu, beaucoup, et où vous vous rendez compte que le mond e continuera à tourner, même si
vous êtes descendue du manège professionnel. Bizarr ement, le plus énigmatique pour moi, était le calme avec lequel j’abordais ce nouve au tournant! Je serais malhonnête de dire que les marques du tem ps me laissent de marbre. En revanche, si nombre de mes collègues universitaires ne comprirent pas que j’arrête de travailler à soixante ans, alors que notre statut n ous autorise à travailler jusqu’à soixante-sept ans, rien n’était plus logique pour moi. Ma vi e ne se réduisait pas à mes travaux de recherche, même si j’y mis toute mon énergie. J’éta is consciente que la vie, c’était autre chose. Je sentais en moi une force de vie qui me po ussait, comme ça avait toujours été le cas, en fait, vers une vie simple, je dirais vers la vie, tout simplement. C’est l’origine de cette force que je voulais débusquer. Or,i[l faut, pour faire le jour au fond de son esprit – ] – l’aide de circonstances, le calme des années, la maturité d’un esprit à la fin dégagé du vertige de la vie, qui jouit du recueillement, chèrement acheté, et peut recueillir en paix le fruit de l’expérience de la dernière heure du jour. À combien de privilégiés ce don – jamais gratuit – est-il accordé? Le chaos de l’enfance, le torrent de la jeunesse, l e joug des passions et le bât de l’État, du métier, de la famille, l’inextricable rets des s oucis quotidiens, la roue de l’habitude… À quel jour, à quelle heure de sa vie un homme parmi les hommes est-il libre? Libre de se 3 connaître enfin, – ou plutôt de se chercher? .Ce jour est arrivé! Je suis à la retraite. Suis-je une privilégiée d’avoir tout le loisir defaire le jour au fond de mon esprit? Je ne sais pas. En tous les cas, quelle chance de pouvoir se délecter, avec bonheur, à sonder les fins fonds de son âme pour en extraire la lumiè re qui éclaire la vie, dans ce qu’elle a de plus ordinaire. Voilà peut-être ce que l’on pour rait appeler un don. Mais d’où vient-il? Il ne nous est pas donné. Il se construit au cours d’une vie. Certains ont eu la chance dès leur naissance, comme moi, d’avoir des guides, à un âge où seuls les sens sont en éveil, pour leur éclairer la voie vers la lumière, vers la vie tout simplement. D’autres n’ont pas cette chance, pour autant, ils savent capter la lum ière, où elle se trouve. Tel fut le cas pour Christophe:açantes, desdes clameurs, des ombres mouvantes, des formes grim douleurs, des terreurs, des rires, des rêves […] – Et, parmi ce chaos, la lumière des yeux amis qui lui sourient, le flot de joie qui, du corp s maternel, du sein gonflé de lait, se répand dans sa chair, la force qui est en lui et qu i s’amasse énorme, inconsciente, l’océan bouillonnant qui gronde dans l’étroite pris on de ce petit corps d’enfant. Qui saurait lire en lui en verrait des mondes ensev elis dans l’ombre, des nébuleuses qui 4 s’organisent, un univers en formation. Personne ne s’est évertué à faire connaître le mond e à Christophe; en revanche, il a découvert la vie à travers les rencontres qu’il a f aites, celles auxquelles sa naissance l’a exposé, et celles au-devant desquelles il est allé plus tard. Stefan Zweig, dans sa merveilleuse biographie de Romain Rolland écrit:mais, qu’est-ce, au fond, la connaissancet-ce que la vie? Pas autre chose qu’une somme d’expériences. Qu’es ? 5 Une somme de rencontres. Ne voulons-nous pas trop « connaître » plutôt que « découvrir »? Pourquoi écrirais-je un livre pour que vous appreniez à me connaître à t ravers une succession d’expériences que je vous raconteraise livre pourrait? Encore, si j’étais une notoriété, la lecture de c répondre à une forme de curiosité à laquelle nous s uccombons tous ponctuellement, soyons honnêtes. Qui ne se précipite pour lire les « journaux people » chez le coiffeur ou chez le dentiste alors qu’il en parle au quotidien avec le plus grand mépris! Mais je ne suis pas une notoriété. Qu’apprendrez-vous de crous tillant en lisant ma vie, une vie, somme toute ordinaire, comme celle que mènent la pl upart d’entre vous? Mon dessein est tout autre. Si connaître ma vie est sans intérê t, découvrir d’où vient cette force de vie qui m’a toujours animée, à travers l’histoire de me s rencontres, et comment elle m’a aidée à surmonter les épreuves peut permettre à tou t un chacun de rechercher en lui ce coin de soleil qui illumine la vie. Je souhaite que ce récit, à sa manière, soit une rencontre avec les lecteurs, comme j’ai rencontréJean-Christophe.
Quand j’ai quitté mon mari, j’ai eu la chance de lo uer un appartement dans la maison d’une femme exceptionnelle, madame P., une de ces p ersonnes qui savent trouver les mots qu’il faut, pour rallumer en vous cette lumièr e de vie que vous croyiez éteinte, tant vous êtes terrassé par les évènements qui vous ento urent. Tel était mon cas à l’époque. Ce n’est pas un hasard si madame P. fut la cofondat rice, au Havre, de l’association d’aide aux mourants, JALMAV (Jusqu’À La Mort, Accom pagner la Vie). Elle savait parler à tous ceux qui étaient terrassés par la maladie. E lle savait trouver les mots justes pour alléger leurs souffrances. Alors qu’elle avait envi ron 80 ans quand je la connus, elle se rendait plusieurs fois par semaine, en bus, à l’hôp ital, pour accompagner les malades qui se trouvaient dans le service des soins palliatifs. Quelle bonté, quelle générosité, et quel don de soi! Elle aurait pu profiter du confort matériel dans lequel elle vivait, pour se faire plaisir, à elle seule. Mais non, sa vie était tourn ée vers les autres. Son bonheur était de soulager le malheur des autres. Cette femme s’était mariée très jeune à un avoué (officier ministériel chargé de représenter les par ties auprès des cours d’appel), profession qui disparut en 2012. Au début de la Sec onde Guerre mondiale, et l’année qui suivit son mariage, son mari fut déporté vers un ca mp de travail. Elle déménagea à Lyon, alors en zone libre et monta une association de fem mes de déportés. Elle n’avait que 19 ans, et son but était, à la fois une entraide dans la souffrance, mais aussi une réflexion sur les moyens à mettre en œuvre, pour libérer les « hommes de leur vie ». Une de ces femmes était une prostituée qui avait eu un enfant avec un des hommes qu’elle avait rencontrés, et dont elle était éperdument amoureuse . Cette femme invita madame P. chez elle. Elle habitait dans l’entresol sinistre d ’une maison sordide. Quand madame P. entra dans son modeste appartement, composé d’une s eule pièce, sa vue fut immédiatement arrêtée par la présence d’un tourneso l dans un vase, sur la table. Le tournesol, vous le savez, cette fleur qu’on appelle aussi soleil! « Eh bien, Claire, vous voyez, me dit madame P., dans les situations les pl us tragiques, il y a toujours un petit coin de soleil. » Cette image ne m’a jamais quittée . Il y a, il y a toujours eu en fait, 6 quelque part en moi, un tournesol,une oasis dans la vieque rien ne pourra assécher. Comment ne pas croire que coule en nous tous, un fl euve de vie qui, au-delà de nos différences, nous unit. La fleur préférée de maman est également le tournesol. À chaque occasion, nous lui offrions un bouquet de tournesol s, car c’étaient des rayons de soleil qui illuminaient son appartement, disait-elle. Mama n est aujourd’hui atteinte de la maladie d’Alzheimer. Maman, ma mère, mon amie, ma c onfidente, mon soutien infaillible, il y a quelque temps, lors d’une visite que je te f aisais, dans l’établissement où tu résides maintenant (il s’agit d’un EPHAD, établissement d’h ébergement pour personnes âgées dépendantes), tu m’as dit: « irementAu fond, je ne te sers plus à rien. » Quel déch d’entendre un tel cri de douleur! Comment lui dire qu’au fond, c’est peut-être, au- delà des apparences, maintenant que son aide m’est le pl us utile? C’est vrai, je ne peux plus décrocher le téléphone, ou aller lui rendre visite pour lui raconter mes tristesses et mes souffrances qu’elle soulageait de ses simples mots doux et apaisants: « Ne t’en fais pas, ma Clara! » Pourtant, quelle force elle me transmet, quelle leçon de vie elle me donne, quand, pendant de longues minutes, elle me parle av ec émotion des sapins qu’elle voit de son lit. Comme les tournesols éclairaient son ap partement, les sapins qu’elle voit de sa chambre l’apaisent.ts [de sa vieIl semble que, dans sa communion de tous les instan ] 7 avec la nature, [elle] ait fini par s’en assimiler les énergies profondes. Tout ce qui occupait sa vie d’avant s’en est allé. Elle ne lit plus; elle ne joue plus au bridge; le souvenir de ses nombreux voyages a disparu; même la télévision ne lui est plus d’aucun secours, pour tromper sa solitude. Les seules activ ités auxquelles elle s’adonne, sont celles proposées aux résidents de son établissement qui souffrent des mêmes troubles qu’elle; ses seuls voyages sont les quelques pas dans le p arc de la résidence. De l’institutrice adulée par ses élèves, et par leurs parents, pour son dévouement et son professionnalisme, il ne reste rien. Mais il lui re ste un bien précieux,le soleil et la vie