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Un enfant de la terre

De
258 pages

En 1940, les Gochel, céréaliers beaucerons, ont la joie d’annoncer la naissance de leur troisième enfant : Gérard.
Le roman narre ce qu’a été l’enfance de Gérard, son environnement, ses expériences heureuses, enjouées ou douloureuses, ses rébellions générées par une sensibilité exacerbée.
Il reçoit de ses chers parents une éducation morale fondée sur le travail, la volonté, l’honnêteté.
Se dégage de lui de la curiosité, une grande ambition. Il intègre en lui cette notion que Lucie, sa mère, lui a inculquée : « Vouloir c’est pouvoir ».
Parfois et malgré sa timidité, son manque de confiance en lui, avec fierté et orgueil, il se bat contre les obstacles et affronts.
Dans la réalité, ce roman est le reflet de ce qu’a été la propre enfance de l’auteur.


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Cet ouvrage a été composér Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-19301-6

 

© Edilivre, 2016

Chapitre I
Les Gochel

La Beauce, grenier de la France, productrice de céréales de première nécessité, se distingue d’autres régions, par l’immensité de ses plaines qui s’étendent entre le Bassin parisien, Chartres et Orléans.

Vivre en campagne de Beauce, peut être parfois triste de par l’absence de reliefs, de forêts et de fleuves, notamment durant l’automne et l’hiver, lorsque le ciel est gris ou brumeux pouvant aboutir à une attitude dépressive pour certains de ses habitants ; mais l’été, cette campagne revêt un tout autre caractère face à ses champs de blés dorés donnant irrésistiblement de la joie, de la gaîté, de la lumière, des senteurs ; d’ailleurs, notre très connu écrivain français Charles Péguy, n’en a-t-il pas fait de célèbres poèmes ?

Depuis l’année 1928 dans un petit village, un hameau au nom de MEIVILLE, situé à une vingtaine de kilomètres au Sud de Chartres, vivait un couple d’agriculteurs, les GOCHEL. Paul et Lucie TISON s’étaient mariés récemment. Tous deux étaient issus de familles d’origines terriennes et donc naturellement, à l’âge de travailler, empruntèrent la même voie professionnelle et traditionnelle de leurs ascendants.

C’est ainsi, qu’après leur mariage, ils firent l’acquisition de leur ferme, à l’importance moyenne certes, mais permettant de par l’exploitation rondement menée par Paul, d’aboutir à des résultats en terme de revenus, assez appréciables ; d’ailleurs, au fil des années, ils saisirent des opportunités d’achat et location de nouvelles terres qui se présentèrent à eux, aboutissant ainsi à une nette amélioration de leur chiffre d’affaires et donc de leur train de vie.

A cette époque, les fermes n’étaient pas encore dotées de machinisme moderne, comme elles le sont aujourd’hui, en particulier en tracteurs et faucheuses batteuses.

Ainsi donc, tous les travaux tels que les labours, préparations des terres, semailles, fauchages et ramassages des récoltes, battages consistant en la séparation des graines céréales de leur support végétal appelé communément la paille, livraisons des produits à la coopérative agricole, ne pouvaient s’effectuer que grâce à la puissance musculaire des chevaux sous la conduite du charretier.

Outre Paul, le dirigeant de l’exploitation des terres et Lucie, responsable de la bonne tenue de la maison, de l’ensemble des locaux indispensables pour le bon fonctionnement de la ferme, de la cuisine afin d’assurer les plats cuisinés du petit déjeuner, du déjeuner et dîner mais aussi de la mise à jour comptable, deux charretiers et une bonne, étaient employés comme salariés à postes fixes ; ces derniers, logeaient dans les locaux de la ferme à l’année, les charretiers dans des chambres jouxtant les écuries, tandis que la bonne elle, jouissait d’une chambre située dans la résidence des patrons.

A cette époque, l’on travaillait très dur ; tous, devaient être levés le matin très tôt vers les cinq heures et après les premiers travaux dans l’assistance des animaux, l’on observait une toilette sommaire ; car à l’époque, on ne disposait pas encore de baignoires ou de douches de confort ; les installations étaient plutôt rudimentaires, n’encourageant donc pas à pratiquer le même type d’hygiène comme celle qui est de règle aujourd’hui. Les employés se retrouvaient alors en compagnie de Paul, autour de la table du réfectoire pour un copieux petit déjeuner consistant en des œufs sur le plat, suivis de tranches de petit Sallé de porc bien gras pour en finir avec le fromage, le tout arrosé de l’indispensable vin rouge, lequel disait-on à l’époque, était un bon fortifiant pour les travailleurs de la terre.

Il était dans l’usage courant qui lorsque le maître de ferme ou le maître charretier, fermait son couteau de poche au moment où il considérait qu’il devait être mis fin au repas, il fallait que les autres employés fassent de même et devaient arrêter là, leur repas, se lever et se rendre à leur tâche, quand bien même si leur faim n’était pas rassasiée.

Les charretiers se devaient d’être responsables, dans la nourriture, l’abreuvage, la propreté, la bonne forme des chevaux qui leur étaient affectés. Les GOCHEL étant propriétaires de six chevaux, chaque charretier en avait donc en charge, trois. Chaque jour, ils avaient à renouveler leur litière faite de paille de céréale, à leur servir le fourrage et l’avoine réputée comme étant un élément ayant une action fortifiante et très appréciée par ces animaux de race Percheronne.

Quant à la bonne, elle avait en charge les huit vaches laitières qu’il fallait traire matin et soir, assurer leur toilettage, leur nourriture et la bonne tenue de l’étable dans le renouvellement de la litière.

Les Percherons sont des chevaux très trapus, faits de muscles, donc particulièrement robustes, résistants et parfaitement destinés aux travaux de traits. Ils étaient attelés en jumelé pour tous travaux tels que les labours, les semailles, le fauchage des récoltes ; très souvent, les charretiers avaient donc à piloter, pour la plupart des types de travaux à accomplir, deux chevaux associés. De façon tout à fait involontaire, ils étaient acteurs, avec leurs homologues employés dans d’autres fermes, dans l’animation du village ; en particulier durant les horaires de départs et retours pour ou après de longues heures de labeur aux champs ; ils se devaient de traverser le village, plus ou moins espacés les uns des autres, par l’artère principale, ce qui valait un long défilé de travailleurs juchés en amazone sur l’un de leurs deux équidés pour les uns ; plus rarement pour les autres qui étaient debout dans une charrette, brides en mains afin de diriger l’unique cheval. Tout ceci se déroulait dans une ambiance de mélange de bruits de sabots ferrés sur la chaussée, dans une cadence désordonnée ou de grincements de roues faites de bois et cerclées de fer, le tout assisté de hennissements divers et d’odeur caractéristique de déjections chevalines.

Fréquemment, Paul faisait appel aux deux autres chevaux qui lui étaient réservés pour des travaux dont le genre était en fonction des saisons mais équivalents à ceux de ses employés. De par sa fonction de dirigeant, il ne pouvait consacrer tout son temps à ces tâches car en plus de son rôle de contrôleur et d’organisateur, étant élu conseiller municipal de sa commune, il devait se rendre de temps à autres, aux réunions animées par le Maire ; de plus, le Mercredi, il se déplaçait à Voves, le chef-lieu de canton, dans un but de rencontres avec des homologues ou syndicats agricoles, afin de discuter, de débattre de politiques agricoles et des tendances tarifaires des céréales du moment. C’était d’importance pour lui, car en dépendait les décisions à prendre, quant aux ventes au meilleur prix, des céréales stockées dans ses divers greniers.

Tout campagnards qu’ils étaient, les GOCHEL, aimaient la ville ; il ne s’écoulait pas un seul Samedi, sans qu’ils ne se rendent à Chartres le chef-lieu du département, afin d’y effectuer différents achats alimentaires ou vestimentaires. A l’époque, le seul moyen de locomotion dont ils disposaient, était la voiture hippomobile, sorte de cabriolet à deux roues avec capote escamotable, pouvant transporter quatre à cinq personnes. Cette voiture était attelée par un cheval d’une grande élégance, du même type de ceux que l’on peut voir sur les champs de courses. Les bons soins de ce cheval étaient assurés par Paul, ou à défaut, par l’un des deux charretiers.

Les GOCHEL aimaient jouir d’un certain luxe, d’ailleurs dans leur village, ils étaient considérés comme faisant partie d’un certain niveau social et de par leur nature, ils estimaient devoir observer un certain standing ; il leur fallait par conséquent, un véhicule et un cheval à l’esthétique plutôt remarquable pour leurs fréquents déplacements.

Pour Lucie et Paul, se rendre à Chartres était un réel plaisir mais aussi une façon de se détendre l’esprit et d’échapper pendant quelque temps, aux travaux de la ferme, lesquels sans nul doute, étaient souvent générateurs de grande fatigue physique.

Souvent qualifiée de femme élégante et distinguée, par les nombreux avis des habitants de MEIVILLE et des villages avoisinants, Lucie, toujours vêtue de ses plus belles tenues associées à l’un de ses indispensables chapeaux, ne se promenait jamais dans les rues commerçantes Chartraines, sans être accompagnée du bras de son bien aimé mari. Lui-même, était toujours costumé, cravaté et coiffé d’un chapeau de feutre gris ; ils avaient vraiment fière allure, tous deux.

L’un et l’autre, paraissaient jouir de ces moments de détente ; souvent ils arboraient un large sourire lorsque, par hasard, ils faisaient des rencontres de gens connus d’eux ; c’est alors que s’engageaient de longs bavardages sur le trottoir, du style : « Ah quel plaisir de vous voir !! Comment allez-vous ? La santé de la grand-mère, comment évolue-t-elle ? En ce moment, le temps est désagréable, il pleut sans cesse, nous prenons beaucoup de retard dans les travaux de semailles !! Le prix du blé est en ce moment des plus élevé, c’est sans doute le bon moment de le vendre, qu’en pensez-vous ? Peut-être faut-il attendre que les tarifs s’élèvent encore ?… ». De temps à autre, ils allaient boire un café au Grand Monarque, là où avait eu lieu leur repas de mariage ; de se rendre à cet endroit, c’était leur rappeler un merveilleux souvenir, celui de la consécration de leur union et sans doute était-ce également la joie de se trouver dans l’établissement le plus prestigieux de la région Chartraine.

S’il est vrai que dans leur train de vie, ils avaient accès, quelques fois, à de petits écarts en dépenses de plaisir, il n’en était pas moins vrai que leur vie était basée avant tout sur le travail, le sérieux dans la gestion de leur exploitation, l’économie dans l’épargne, car pour évoluer avec d’indispensables investissements, il fallait un minimum de trésorerie.

Ils avaient l’un et l’autre, horreur du gaspillage, il fallait éviter d’allumer les lumières inutilement, laisser couler l’eau du robinet plus qu’il n’était nécessaire, de jeter le pain, car selon eux, c’était un sacrilège dans la pensée que quantité de sujets sur notre globe, mourraient de faim… Chacun, y compris les employés, se devait d’observer toutes ces conditions, considérées par les GOCHEL, comme incontournables. D’ailleurs, il n’était pas rare que Paul ou Lucie, en fasse le rappel lors de constat d’écarts.

Par ailleurs, ils étaient souvent pris de compassion pour certaines familles qui traversaient des moments difficiles causés, soit par le deuil, par des déceptions occasionnées par l’un de leurs enfants ou encore par la maladie ; Lucie, accompagnée ou non de Paul, allait alors leur rendre visite pour les réconforter, les encourager, les aider.

Chez eux, se dégageaient beaucoup de bonté, était-ce par ce qu’ils étaient croyants en Dieu et donc, se devaient d’appliquer les commandements de l’église, oui sans doute en partie, mais avant tout, de par leur nature, ils étaient ainsi.

Ils étaient des gens vrais, « être avant de paraître », était la conduite qu’ils s’imposaient.

Ils tournaient en dérision, mais sans aucune méchanceté, certaines de ces femmes et elles étaient assez nombreuses, qui ne se rendaient à l’église le Dimanche à la messe, que dans le seul souci, pour certaines, d’épater en exposant leur garde robes et pour d’autres, de s’adonner à toutes sortes de minauderies ridicules face au bénitier, ou devant l’autel ou encore face à une statue divine ; ceci, dans le seul et unique but de se faire remarquer afin que l’on puisse dire d’elles : « Ah, quelle sainte femme !! » Peut-être aussi était-ce une façon de se donner bonne conscience pour certaines d’entre elles, dont il n’y avait pas pire comportement dans leur vie de tous les jours, dans la malhonnêteté, la médisance, la méchanceté, les tromperies de tout genre.

En 1929, naquit Odile, Paul fut un peu déçu, car il eut préféré, un garçon, lequel devenu adulte, eut pu devenir, dans un premier temps, l’adjoint rêvé dans la direction de la ferme et dans un second temps, le successeur idéal dans la reprise de l’exploitation, l’âge de la retraite pour Paul étant arrivé. Mais Paul étant un homme du genre sensible et aimant, oublia très vite sa déception et fut très fier de sa jolie petite descendante ; Lucie, n’en fut pas moins heureuse.

L’un et l’autre désiraient d’autres enfants et étaient persuadés que l’épanouissement de leur couple n’en serait que plus fort, donc assorti d’un bonheur accru.

Lucie tomba à nouveau enceinte et donc en 1930, Odile eut la grande joie d’avoir un petit frère se prénommant Jérôme ; enfin, le rêve de Paul fut exaucé, car naquit l’héritier rêvé et tout désigné pouvant répondre à ses desseins reposant sur l’avenir de son exploitation ; encore, fallait-il que Jérôme, à l’âge de se déterminer dans son choix professionnel, choisisse le métier d’agriculteur, ce qui n’était pas évident, même si à cette époque, le fils aîné d’une famille d’exploitant agricole, arrivé à l’âge adulte, se devait de s’associer d’office avec le père de famille dans la direction de la ferme ; mais Paul était un homme philosophe et comme il n’aimait pas faire subir la contrainte, il disait souvent à qui voulait bien l’entendre : « Je ferai tout pour l’encourager à s’orienter dans la même voie professionnelle que ses ascendants mais c’est Jérôme qui décidera en dernier lieu !! ».

Les années s’écoulèrent, sans grand évènement marquant, mais toujours dans une ambiance familiale des plus heureuses. Les GOCHEL travaillèrent toujours avec force et courage ; leur ferme était souvent citée en exemple, tant elle aboutissait à la réussite dans les rendements exceptionnels des récoltes de céréales. Leurs deux enfants grandissaient dans une ambiance d’amour mais suivant une éducation assez stricte et sévère.

La famille GOCHEL, avait des opinions politiques orientées vers la droite modérée ; ils détestaient les idées extrémistes, qu’elles soient de gauche ou de droite.

En 1936, il y eut la crise sociale de l’ampleur que l’on sait et soutenue par une coalition des partis français de gauche, alors composée du parti communiste, de la SFIO et du parti radical.

Que de défilés aux banderoles à dominante rouge, assortis de slogans revendicatifs et extrêmes, visant de façon générale, les patrons, le régime capitaliste. Que d’usines en grève et occupées par les ouvriers, aboutissant en conséquence, à une économie française totalement anéantie.

Cette coalition « le Front populaire » fut dirigée par Léon Blum et remporta les élections de Mai 36 en prenant donc le pouvoir.

Paul et Lucie en furent malades, comment pouvait-il être possible que la France ait au sein de son gouvernement, des extrémistes communistes apparentés bolcheviques ?… Qu’il y ait des ministres socialistes ou radicaux, passe encore… Mais des extrêmes gauches, c’est inconcevable !! Que la classe ouvrière connaisse de meilleures conditions de salaire et de vie familiale, c’est tout à fait louable, mais que les évènements aient pris une telle ampleur à l’extrémisme inacceptable pour notre démocratie, c’est exaspérant !! Disaient-ils. Beaucoup de gens dans leur environnement, des cultivateurs, d’autres personnes aux activités différentes, certains ouvriers agricoles, malgré le profit immédiat qu’ils allaient sans doute en tirer, exprimaient le même avis et en étaient outrés.

Il est vrai, que le front populaire fit, sur le plan social, de nombreuses réformes telles que la semaine de 40 heures, les congés payés, les conventions collectives… ETC. Ce qui était une avancée sociale considérable. Malgré tout, parmi les gens de gauche, si certains applaudirent,

d’autres, estimèrent que les réformes n’étaient pas encore suffisantes.

A droite, comme certains autres à sensibilité gauche modérée, s’inquiétèrent des conséquences économiques sur le plan national et qu’allaient donc subir, de façon inévitable, les industries, les commerces et l’agriculture. En effet, les charges salariales allaient augmenter de façon importante pour toutes les entreprises. Les GOCHEL n’allaient donc pas échapper aux nouvelles conditions, ce qui n’allait pas être sans conséquence dans le projet qui était le leur, celui d’investir dans un véhicule automobile… Quel dommage ! C’était un rêve de plusieurs années qui s’envolait ; eux qui avaient tant espéré acquérir une Citroën de type C 4, une neuf chevaux d’occasion mais en parfait état, qu’ils avaient découverte, il y a quelques semaines chez le concessionnaire Chartrain. Il fallut donc, hélas, qu’ils attendent plusieurs années avant de satisfaire leur rêve.

En raison des évènements graves se déroulant en Espagne, qui ont eu pour effet de diviser la classe politique dirigeante en place, le gouvernement Léon BLUM connut une crise aboutissant à sa dissolution.

Ramadier, de sensibilité radicale socialiste, alors président du conseil du nouveau gouvernement formé en 1938, considéra que la France, de par la crise économique en vigueur et ce malgré les graves menaces d’agression proférées par Hitler chancelier d’Allemagne, n’avait pas à développer ou à équiper l’armée de moyens plus modernes, les estimant suffisants pour la défense en cas d’attaque de l’ennemi… Ce qui fut une grave erreur avérée, puisque après l’envahissement de la Pologne par les troupes nazies, en 1940 la France fit la déclaration de guerre à l’Allemagne conquérante. Mais cette dernière, de par sa force militaire o combien mieux équipée, finit par occuper, seulement après quelques jours de bataille, la chère patrie Française, avec hélas, les conséquences que l’on sait.

Durant cette période dramatique, en Juin et afin de fuir l’ennemi qui était sur le point d’occuper la ville de CHARTRES trop proche de MEIVILLE, les GOCHEL, comme beaucoup de leurs voisins et concitoyens, firent l’exode.

 

Chapitre II
L’exode

Les GOCHEL quittèrent donc leur ferme, accompagnés de leurs enfants, Odile et Jérôme ainsi que de leurs trois employés, vers une destination inconnue mais éloignée d’une grande ville et en direction du Sud, dans un secteur par conséquent non encore envahi par les Allemands, selon les informations reçues.

Après avoir déménagé et chargé le strict nécessaire en victuailles et équipements, dans deux charrettes et une carriole, auxquelles furent attelés tous les chevaux de la ferme, ils partirent accompagnés de beaucoup de leurs voisins, suivant un long défilé parcourant les routes de campagne.

Quelle tristesse dans la vue de tous ces gens, fuyant pour aller on ne sut où, comme désemparés avec le sentiment d’un avenir incertain et de tout perdre… Qu’allaient-ils devenir ??

Bien que Paul et Lucie eussent bien fermés volets et portes, bien protégés les meubles et accessoires de leur habitation, restés sur place, ils se posèrent la question, de savoir dans quel état ils allaient retrouver leurs biens, dans l’optique d’un retour supposé et espéré au délai le plus court… Ils étaient conscients que tout dépendrait de l’évolution de la situation guerrière ou de l’attitude de l’armée Allemande occupante. En quittant leur ferme, ils furent pris d’une grande émotion faite de douleur, ils en pleurèrent avec Odile blottie dans les bras de son père et Jérôme dans ceux de sa mère. « La vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille !! » se dirent-ils.

Ce défilé d’exode parcourut ainsi sur deux jours, environ quatre-vingt kilomètres avec quelques haltes et repos en pleine campagne. Pour leur besoin en sommeil, ils eurent pour seul abri, leurs charrettes ou carrioles. Ils purent se nourrir des victuailles prises à la hâte avant leur départ dont la quantité fut suffisante pour tenir plusieurs jours.

Ils arrivèrent ainsi dans un village complètement déserté de ses habitants qui avaient, eux aussi, décidé de fuir vers le Sud. Seuls quelques chats, chiens, poules, moutons ou vaches, abandonnés sur place, semblaient perdus, effarés et affamés. Ils ne reconnaissaient pas dans ces nouveaux arrivants, leurs maîtres. La méfiance se lisait dans leur attitude, ils étaient devenus comme sauvages et s’éloignaient, se dispersaient en courant dans tous sens ; eux aussi, avaient leur vie toute bouleversée et étaient dans la crainte.

Comme leurs compagnons, les GOCHEL, s’installèrent dans une maison dépendante d’une petite ferme. Ils durent faire sauter la serrure de la porte d’entrée, car comme de bien entendu elle était fermée à double tour.

Cette habitation se composait d’une assez grande pièce faisant office de cuisine et salle à manger pourvue d’une vaste cheminée équipée d’un grand chaudron en fonte, suspendu à une crémaillère, ce qui fut intéressant pour préparer la cuisine au feu de bois et permit, par ailleurs, d’assurer le chauffage de l’ensemble de la maison, car curieusement, malgré la saison d’été naissante, les nuits s’avéraient être fraîches ; les parents GOCHEL tenaient à protéger leurs deux enfants de tout risque de s’enrhumer ou de provoquer chez Odile, une otite dont elle était sujette ; par chance, un bûcher était rempli de bûches de chêne bien sec et tronçonnées à longueur adaptée au foyer.

Du côté cuisine, un évier taillé dans la masse d’une grosse pierre, permit, à partir d’eau puisée dans un puits situé en plein milieu de la cour, de laver la vaisselle et les légumes que l’on put récolter dans un potager bien pourvu ; la maison n’étant pas dotée de salle de toilette, cet évier put être utilisé pour assurer un minimum d’hygiène dans le toilettage.

Du côté salle à manger, une grande table rustique, telle que l’on en trouvait très couramment dans les fermes, était disposée dans un angle avec deux bancs de chêne disposés de chaque côté ; un buffet de type Napoléon 3, était installé en face de la cheminée, il était très bien pourvu en vaisselle de toute sorte : assiettes verres, couverts, casseroles, marmites… Etc.

Pour leurs nuits, Paul et Lucie choisirent la grande chambre, tandis que l’autre chambre, plus petite mais équipée de deux lits, fut destinée à Odile et Jérôme qui occupèrent le lit à deux places, l’autre lit d’une place étant réservé à la bonne.

Comme ce fut l’usage à cette époque dans les fermes, une chambre située proche de l’écurie et de l’étable, fut occupée par les deux charretiers.

Tous les lits étaient pourvus de leur sommier et matelas ; fort heureusement, dans les armoires, de bonnes piles de draps et couvertures étaient minutieusement rangés permettant ainsi aux GOCHEL et leurs employés, de dormir dans les meilleures conditions de confort et de survie.

Cette maison n’était certes pas dans un état de propreté irréprochable, car de ci, de là, sur le carrelage, des taches qui apparaissaient comme étant de terre, ternissaient la teinte rougeoyante des pavés. Au plafond, de grosses araignées bien noires avaient élu domicile et semblaient bien profiter du lieu tant leurs toiles étaient nombreuses, lesquelles avaient stockées quantités de victimes que sont les moucherons et divers insectes. Des poils de chien mélangés à des amas de poussières se jonchaient dans certains angles des pièces de la maison. Dans le coin cuisine, des pelures asséchées d’oignons, de carottes et de pommes de terre, mélangées à des restes de couennes de porc, étaient jetées au sol, sous l’évier. Des odeurs difficilement définissables, de type âcre, émanaient on ne sût d’où, sans doute les murs en étaient-ils imprégnés depuis de longues années sans que les propriétaires occupants, ne s’en soient souciés ; il aurait suffi par exemple d’assurer régulièrement, un nettoyage et aération de leur gîte. Après tout, cette odeur leur appartenait et assurément, s’en accommodaient.

Mais la France était en guerre, il ne fallait donc pas être trop difficile, il y avait sans doute pire situation ; de plus en cet endroit, il y avait le minimum d’équipements, pour permettre à notre charmante famille et à leurs compagnons, de vivre décemment à l’abri de tous risques guerriers.

Les GOCHEL n’étaient pas isolés, puisqu’ils avaient pour voisins les mêmes que ceux de MEIVILLE ; cela était de grande importance pour leur moral, car se connaissant, ils pouvaient donc dans leurs conversations, échanger des points de vue parfois différents, certes mais il y avait quelque chose de rassurant, notamment pour ceux aux tendances dépressives, pour lesquels des paroles encourageantes étaient exprimées par d’autres au tempérament plus solide dont les GOCHEL faisaient partie.

Ils s’entraidèrent en faisant des échanges des produits des fermes ou maisons respectivement occupées ; car en effet dans certaines, il y avait encore des vaches, des chèvres, des poules, des lapins ou des cochons, permettant ainsi de combler les insuffisances pour certains.

De la même façon, pour les animaux ayant accompagné les émigrants, il y avait de quoi les alimenter, car les granges et greniers étaient bien garnis de foin, d’avoine de blé et de paille de céréale. Il était de grande importance que les chevaux en particulier, demeurassent en bonne forme physique pour un éventuel retour à MEIVILLE, souhaité dans les plus brefs délais mais hélas, dépendant de la situation et de l’évolution de la guerre.

Paul et Lucie ainsi que leurs amis, se tinrent informés de l’évolution des évènements, grâce à un poste de radio TSF en place dans la ferme qu’occupaient la famille RENAUD, par ailleurs, proches voisins à MEIVILLE. Ils apprirent que les troupes allemandes occupaient de plus en plus de territoire français en progressant vers le Sud.

De par le passage fréquent d’avions ennemis, dans le ciel de leur village d’emprunt, les bruits incessants de bombardement, sans doute dans la ville la plus proche, ils comprirent que l’armée allemande avait conquis la région dans laquelle ils se trouvaient.

Mais quelle était donc la bonne décision à prendre ? Les GOCHEL et leur compagnons furent dubitatifs, ils en débâtèrent longuement ; fallait-il rentrer à MEIVILLE, au risque de se faire tuer en cours de chemin ? Ou au contraire, fallait-il encore attendre une hypothétique amélioration de la situation ? La bonne réponse n’était pas évidente à trouver.

Quelques jours plus tard, ils apprirent que le maréchal PETAIN, fut nommé chef du gouvernement français et à ce titre, conclût aussitôt l’armistice avec l’Allemagne et l’Italie ; il devenait alors chef de l’état français à Vichy et investi des pleins pouvoirs par l’assemblée nationale.

Face à l’Allemagne d’HITLER, la France avait donc capitulé, quelle honte !! S’exclamèrent les GOCHEL. Sans nul doute, le gouvernement de Vichy allait être sous les directives du despote Allemand. Les français dans leur ensemble n’allaient plus travailler pour eux-mêmes ou pour leur patrie mais bien pour l’Allemagne fasciste selon ses lois, ses exigences… Le peuple français allait être pris en otage par une dictature de la plus inflexible et cruelle… Pour combien de temps ? Face à HITLER et PETAIN, allait-il y avoir une réaction française faite de patriotes et de résistants pour éradiquer à jamais, cette situation qui s’annonçait terrible ? S’interrogeaient Paul et Lucie dans le plus grand pessimisme.

Cependant, si certains de leurs compagnons se rangeaient du côté de leur opinion, d’autres au contraire, avaient une tendance à se féliciter de l’armistice, car selon ces derniers, c’était la seule façon enfin, de retourner à MEIVILLE et donc de reprendre possession de leur demeure et activité qui leur étaient respectives ; presque convaincus qu’après tout, le régime nazi apporterait peut-être quelle chose de salutaire à la France.

Ces différences de point de vue, n’étaient pas sans générer des débats dont le ton allait souvent vers des dérives faites de disputes ou querelles pouvant aller jusqu’à l’insulte mais Paul et quelques autres, étaient là pour atténuer ces fâcheux différends, faute de quoi, ils auraient pu déboucher sur des échanges de coups ; il fallait absolument rester solidaires et faire preuve de tolérance et de respect face aux différences d’opinions.

Bien que Paul et son épouse Lucie étaient comme traumatisés par la tournure des évènements, au fond d’eux-mêmes ils furent avec leurs enfants, dans la joie de pouvoir enfin retourner à MEIVILLE et donc retrouver leur ferme, peut-être l’ensemble de leurs meubles et accessoires, voire certains de leurs animaux. Toutefois, ils ressentirent une certaine appréhension, car leur ferme aura été sans doute occupée par des étrangers qui, comme eux, auront fait à tort, l’exode. Comment donc ces occupants se seront comportés ? Auront-ils maintenus les lieux dans un bon état de propreté ? N’auront-ils pas été tentés de dérober certains objets ou meubles de valeur ? Leurs compagnons se posaient évidemment, les mêmes interrogations.

Vint enfin, le jour du retour vers MEIVILLE ; après une toilette succincte et un bref petit déjeuner, chacun s’activait, avec une certaine joie, dans la préparation des valises, des caisses de toutes sortes, dans le nettoyage et rangement des lieux occupés, dans l’attelage des chevaux aux charrettes et carrioles, dans le chargement des paquets, vêtements et accessoires, dans celles-ci, ce qui prit un certain temps malgré les échanges dans les aides de toutes sortes.

Vers les onze heures, toutes les familles avec les GOCHEL, furent fin prêtes pour le retour d’exode vers leur village tant aimé. Ce fut à nouveau, un long défilé sur les routes départementales de campagne. Le retour prit trois jours et trois nuits avant de pouvoir réintégrer les résidences respectives.

Ce retour fut fait de peurs, d’appréhensions, car à plusieurs reprises ils croisèrent des troupes Allemandes motorisées et bien entendu, armées ; elles n’étaient pas sans impressionner nos braves habitants de MEIVILLE, en particulier les enfants, car de toute évidence, l’armée hitlérienne, consciente de sa victoire et de sa force, manifestait une attitude de supériorité face au peuple français.

Les animaux peu habitués à ce vacarme provoqué par les moteurs de chars ou de véhicules blindés, manifestèrent de la crainte ; certains chevaux se cabrèrent, des chiens étaient pris de tremblements convulsifs ou aboyèrent de façon plaintive, les plus petits enfants pleurèrent… Ce spectacle traduisait un peuple Français, désormais sous le joug des occupants Allemands. Les GOCHEL en étaient conscients et avaient quelque mal à s’y résoudre… Allaient-ils rester durant leur vie, sous cette domination insupportable… Sans aucun doute, beaucoup de Français allaient se rebeller et s’engager dans de la résistance afin de retrouver un jour, la liberté.

Enfin ils arrivèrent à MEIVILLE, le village était comme désertique, pas un chat, pas un chien ; les rues étaient jonchées de détritus de tout genre, des papiers, des cartons, des couvertures, parfois, de la vaisselle ; manifestement MEIVILLE avait était occupé par des migrants qui avaient dû en toute hâte, quitter le village sans trop se préoccuper de son état de propreté.

Les GOCHEL furent pris d’émotion lorsqu’ils arrivèrent dans leur ferme ; quel bonheur de pouvoir retrouver son chez soi ; les serrures n’avaient pas été forcées, donc leur maison n’avait pas été occupée ; ils purent donc retrouver l’intégralité de leurs meubles et accessoires… C’était pour eux, quelque chose de miraculeux.

Cependant, Paul eut quelque amertume, car les animaux laissés sur place et certains outils, pour le travail de la terre, qui avaient été entreposés dans une grange, avaient disparus ; mais ne fallait-il pas relativiser ? Car enfin c’était bien peu de chose par rapport à d’autres qui avaient dû subir bien pire situation.

Toujours sous le contrôle de Paul, et après une brève réorganisation de la ferme, les travaux dans les champs ainsi que ceux à l’intérieur des locaux, reprirent suivant un bon train, ainsi les retards pris, furent vite comblés.

Jusqu’à ce retour dans leur domicile, les GOCHEL avaient tenu en secret l’arrivée prochaine d’un autre enfant. Tant Lucie en révélait l’évidence de par sa transformation physique, il était donc temps d’en informer en premier lieu et de façon très logique, Odile et Jérôme qui étaient les premiers concernés et ensuite, le voisinage qui de toute façon s’en était déjà rendu compte. D’ailleurs avant même l’information officielle, l’évènement avait fait le tour du village et de ceux environnants ; les commentaires allaient bon train du genre : « Pourquoi ne nous ont-ils pas mis au courant de l’évènement ??… Pourquoi tant de temps avant de nous annoncer la nouvelle d’autant plus que ça se voit ?? » Ou encore « Ils ne sont plus tout jeunes pour avoir d’autres enfants, pourquoi ont-ils laissées s’écouler tant d’années entre les ainés et cette nouvelle naissance ?? » D’autres à l’inverse, se réjouissaient de cette bonne nouvelle et allaient en féliciter Lucie et Paul.

L’arrivée prochaine d’un petit frère ou d’une petite sœur provoquait chez Odile et Jérôme, la liesse.

 

Chapitre III
La naissance de Gérard

Rappelons que l’Allemagne nazie, après vingt jours de combat, foudroya l’armée Polonaise ; c’est ainsi qu’après accord avec la Russie soviétique, la Pologne fut partagée entre ces deux pays totalitaires.

Du 10 Mai au 22 Juin 1940, une guerre éclair fut menée dans la région des Ardennes et hélas, les forces militaires Françaises furent lamentablement anéanties… Le Maréchal Pétain demanda alors l’armistice sans condition… Ce fut donc la capitulation face au fascisme.

Par suite à cette défaite, les Anglais furent donc les seuls à poursuivre la lutte contre le nazisme envahisseur.

Face à cette débâcle, le Général De Gaulle, pratiquement inconnu des Français à ce moment-là, quitta clandestinement la France à bord d’un avion anglais, il s’installa alors à Londres et le 18 Juin 40 dans un studio de la BBC, fit l’appel historique et inoubliable à tous les Français, les incitant à s’unir autour de lui pour lutter contre l’ennemi afin que la France revienne aux Français.

Les GOCHEL, les oreilles collées à leur poste TSF, entendirent le message et se félicitèrent avec une certaine joie, qu’un certain Général De Gaulle eut pris cette décision de faire de la résistance et d’en prendre la direction depuis Londres. Mais que faire pour apporter sa contribution dans la détermination de cet homme, lequel deviendra peut-être le sauveur de la France ? Telle était la question que se posait Paul, lui qui avait fait la guerre de 14/18 en vaillant soldat il eut vraiment aimé apporter sa quote-part de combat. Mais ce désir était impossible à mettre en place car reposaient sur ses épaules, les lourds travaux et la direction de la ferme. Par ailleurs il se devait d’assumer sa petite famille, sa femme, ses deux enfants et très bientôt un troisième, il y avait là un devoir, il fallait être réaliste.

Il ne pourrait donc pas apporter l’aide dans l’action pourtant indispensable pour le succès du Général mais assurément il devra se contenter avec l’appui de Lucie, d’apporter un soutien moral et indéfectible. Il est à espérer, se dirent-ils, que parmi le peuple Français, bon nombre de patriotes s’associeront à De Gaulle en formant une efficace résistance et donc contribuer à la victoire contre Hitler.

Les jours s’écoulèrent dans une certaine routine, si ce ne fut que MEIVILLE et ses environs étaient souvent traversés par des convois de véhicules militaires Allemands rappelant donc que la France était toujours sous l’emprise du fascisme envahisseur… d’ailleurs il ne fut pas rare que des militaires Allemands se ravitaillassent en fruits, légumes, volailles, œufs ou porc dans nombre de fermes et bien entendu, en se positionnant comme prioritaires à quiconque d’autres… Ainsi donc, les mois de Juillet, Août et Septembre passèrent assez rapidement tant les travaux des champs furent importants ; il y eut comme de coutume, la moisson à assurer, le travail des terres afin d’assurer les prochaines semailles.

Vers la fin de ce mois de Septembre 40, Lucie connut les premières manifestations d’un accouchement très proche… Paul contacta par téléphone le Docteur Villée dont le cabinet se situait dans le village de RAVRAY, à environ 7 Kilomètres de MEIVILLE. Après avoir exprimé dans le détail, l’état dans lequel se trouvait Lucie, le Docteur Villée rassura Paul en lui expliquant que les symptômes se situaient dans la normalité mais traduisaient les prémices à un accouchement pour le lendemain au matin et il précisa qu’il arriverait en leur domicile vers 9 heures… Toutefois il insista auprès de Paul pour que celui-ci n’hésite surtout pas à le contacter durant la nuit si la situation ne pouvait attendre.

Assurément Lucie allait accoucher bien avant les 9 heures prévues, car en pleine nuit, les douleurs se firent intenses il fallait donc que le Docteur Villée intervienne dans l’instant ou du moins très vite ; Paul se rendit chez les Durand, les seuls dans le village à être équipés d’un poste téléphone ; Il fut très gêné d’aller réveiller les chers voisins car sans aucun doute à 23 heures 30, ils devaient être en plein sommeil mais il n’avait pas d’autres choix. Paul frappa donc très fort sur les volets de la chambre présumée des Durand… Ces derniers, mari et femme s’écrièrent quelque peu affolés :

– « Qu’est-ce que c’est ? Qui êtes-vous ? »

– « Je suis Paul, pardonnez-moi de vous réveiller à une telle heure mais je n’ai pu faire autrement car Lucie est sur le point d’accoucher et il me faut contacter de toute urgence le Docteur Villée pour qu’il intervienne très vite ! » s’exclama...