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Un jour, j’ai porté le monde

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Description

Le cerveau humain est complexe et mystérieux, et il nous entraîne parfois sur des sentiers bien étranges. Renée Charron en a fait l’expérience, frappée de psychoses dans la jeune trentaine. Grâce à ses efforts, au soutien de ses proches et au suivi médical, elle est néanmoins sortie grandie de la traversée difficile qu’elle raconte dans ces pages.
La schizophrénie est une maladie méconnue ; son nom seul fait frémir, et les personnes qui en souffrent sont souvent stigmatisées, associées malgré elles aux rares épisodes de violence qui en découlent mais qui font la manchette et marquent l’imaginaire. Dans ce texte lumineux et plein d’espoir, l’auteure offre des clés afin d’apprivoiser, de comprendre et de soigner la schizophrénie.
« Il ne faut pas négliger l’apport des malades eux-mêmes ni [celui] de nombreux artistes qui savent rendre tangibles et davantage compréhensibles les souffrances humaines, écrit la psychiatre Lucie Fortin dans sa préface. Le livre de Renée Charron s’inscrit tout à fait dans cette perspective. En plus d’être elle-même atteinte d’un trouble schizoaffectif, Renée est une auteure d’une grande sensibilité, qui sait trouver les mots justes, empreints d’une certaine poésie. »
Un soir, je crus que les médicaments allaient me tuer si je les prenais. Le pauvre infirmier chargé de me les faire avaler ne savait plus comment s’y prendre. Je gardais la bouche fermée avec obstination. C’était un vrai combat, et pour lui c’était perdu d’avance. Il partit à la fin en soupirant.

J’entendis, venant du corridor, cette phrase prononcée par l’infirmier : « Renée n’a pas voulu prendre ses médicaments. » Je trouvais cela étrange ; pour moi, c’était comme d’entendre : « Renée n’a pas voulu mourir », et je trouvais cela cruel. J’avais hâte de savoir ce que Laurie allait penser de cela, elle qui était de mon côté.

Il fallait que je vive, j’en étais persuadée. Aussi souffrant que fût mon quotidien, j’avais l’espoir, et j’étais persuadée qu’un jour la vie serait belle.

Porter l’espoir, même lorsque nous délirons, est peut-être ce qui fait la différence entre vivre et s’éteindre, que le corps soit ou non vivant. Michel me disait souvent : « Tu vas sortir victorieuse, et tu vas être très contente. Tu vas voir, ce sera une guérison complète. » Je vivais car je ne voulais pas rater ces jours où je serais bien, enfin.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 28 octobre 2016
Nombre de lectures 0
EAN13 9782764432648
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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