Un trait de khôl au bord des yeux

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102 pages
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En 1961, le sirocco ne balaie pas que le sable mais la vie de nombreuses familles installées en Algérie française. Le rêve disparaît… La mère de Laurence a vingt ans lorsqu’elle quitte son pays natal pour la France. Si l’exil marquera les destins, l’histoire des pieds-noirs restera. Le passé ne doit pas obstruer le présent, mais doit aider à le construire… En revenant sur le parcours de sa mère à travers cette chronique aigre-douce, Laurence Fontaine Kerbellec n’a pas voulu raconter l’horreur de la guerre, mais l’histoire d’une petite fille regrettant son pays natal et son amie d’enfance. Chacun sera touché à sa façon, se remémorera le meilleur comme le pire, oscillant entre réconfort, nostalgie et amertume.

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Date de parution 19 avril 2012
Nombre de visites sur la page 30
EAN13 9782748383508
Langue Français

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Un trait de khôl au bord des yeux
Laurence Fontaine Kerbellec Un trait de khôl au bord des yeux
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À ma mère, « On aime sa mère presque sans le savoir, Sans le sentir, car cela est naturel comme de vivre » Guy de Maupassant, Fort comme la mort, 1889.
À mes enfants, pour le devoir de mémoire.
N’oublie jamais de te souvenir
Introduction Pour comprendre la douleur des autres, il faudrait l’avoir vécue. Et quand bien même on l’aurait vécue, elle serait différente et elle nous échapperait encore. Décembre 2008 Le temps est très frais aujourd’hui. En effet, ce matin, une mince gelée recouvre l’herbe du jardin ; la porte du garage craque sous une mince pellicule de glace finement accumulée au petit jour. Ce froid, maman ne l’avait jamais connu pendant son enfance. Elle avait vécu en Algérie, et ce jusqu’à ses 19 ans ; âge où elle dut comme tant d’autres regagner le con-tinent français ! La fin de la guerre d’Algérie privait de nombreuses familles de leur beau territoire, leur pays d’enfance, de leur pays tout simplement, celui qu’ils con-sidéraient à eux quelques années auparavant… Ce sont tous les souvenirs que maman me raconte à chaque fois que l’on en a l’occasion, tout ce qu’elle a vé-cu, toute cette richesse « d’ailleurs » que je vais relater pour que tout un chacun puisse se représenter la vie de là-bas comme elle dit si bien.
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On retrouve une intonation dans sa voix, cet accent dé-jà, hérité de ses parents, mes grands-parents d’origine espagnole. Maman aime le soleil, la chaleur, et cela se comprend quand on a passé une partie de sa vie dans un endroit chaud, il est humain d’en ressentir le besoin ; moi-même je suis toujours en quête du soleil, j’aime le printemps et l’éveil des parfums, l’été et la chaleur du soleil. Ce soleil chaud d’Espagne, d’Alméria plus précisément, ville où mes arrières grands-parents étaient installés. Mes aïeux y possédaient une très jolie ferme. Quand j’étais petite, ma grand-mère me racontait sa jeunesse, je l’imaginais d’après tout ce qu’elle me décri-vait : un ranch, avec des chevaux blancs, des andalous bien évidemment. Ma grand-mère en a eu et elle les ado-rait. Elle prenait plaisir à les présenter comme cela : « le cheval andalou est un cheval fier, ma fille, mais à côté de cela il est généreux, tendre, et gracieux. Sa robe est blan-che tachetée de pois gris sur la croupe, son crin est fourni et légèrement ondulé, il est très attachant ». Elle aimait les chevaux et passait beaucoup de temps avec eux. Elle mon-tait sans selle, je pense qu’elle n’en possédait pas à elle. Mais elle était à l’aise comme cela… L’andalou descend des anciens chevaux espagnols et des barbes qui ont été introduits par les Arabes en Espa-gne. Je me représente facilement ce cheval dont elle m’a parlé et je le vois libre, courant sur la colline… Dans cette ferme, très jeune, elle a beaucoup travaillé, c’était une femme très active et qui ne pouvait pas rester sans occupation, elle était volontaire. Maman a hérité de sa joie de vivre, de son intérêt en toute chose et de sa viva-cité.
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