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Une anomalie... Une sensibilité...

De
86 pages

« En 2015, peut-on imaginer qu'il existe un monde plus terrifiant que celui dépeint dans le film Vol au-dessus d'un nid de coucou ?
Voici mon vécu, ou du moins mon ressenti, à travers mon expérience en milieu psychiatrique...
Pourquoi partager cela ? Peut-être pour vous sensibiliser, et améliorer les conditions d'hospitalisation... »


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-96143-3

 

© Edilivre, 2015

 

 

L’histoire qui va suivre, est malheureusement vraie,

Qui n’a jamais été confronté à la psychiatrie,

va être immergé dans un bain,

dont on ressort indemne en tant que lecteur,

meurtri en tant qu’hospitalisé,

Une épreuve pour moi,

pire pour les proches,

À une différence,

je suis sédaté,

pas les proches…

J’emploie tout du long,

un humour particulier,

Un humour,

qui m’a permis de prendre du recul,

vis-à-vis de la réalité…

1
La descente aux enfers

Quiconque ayant le moral en berne, risquant de se mettre en danger, est invité à se présenter aux urgences, ou composer le 112…

C’est ce que j’ai fait, pour préserver ma famille, mes ami(e) s et mes collègues, d’une nouvelle tentative de suicide, peut-être réussie et libératrice, c’est ce que l’on pense malheureusement dans ces moments-là.

Quand j’ai fait le 112, les pompiers ont naturellement vérifié si je n’avais pas consommé de substances à altérer ma réalité. Pas besoin mes très chers…

Mon état, et mon passé psy ne les a pas fait hésiter longtemps sur le besoin de me prendre en charge jusqu’aux urgences, discrètement vis-à-vis du voisinage, et le plus rapidement possible…

Tout s’est bien passé, jusqu’au moment où j’ai passé un entretien avec un psy de garde, le Docteur R., le samedi 7 février en soirée…

Le Psychiatre, aux airs d’un fils à papa, prétentieux et humiliant. Mon amie présente lors de l’entretien a confirmé avoir perçu le même mépris…

Lui ayant appris mes divers autres séjours, dans cinq établissements en 2012, dont le sien…

Il a été tout aussi humiliant à propos de ses confrères, des d’autres établissements, que du sien.

En particulier une de leurs méthodes, ayant pourtant porté ses fruits. A savoir m’avoir redonné l’envie de vivre, une envie qui ne me quitte plus depuis, seulement là, je descendais à un niveau dangereux pour moi.

J’ai été accepté, non sans mal…

Enfin qui irait un samedi soir, volontairement faire un magnifique séjour aux urgences d’un hôpital, pour le moins sinistre ?

Je me suis retrouvé dans un brancard pour dormir, dans une chambre froide, ou presque, où le personnel qui tenait les couvertures, les protégeait autant que Picsou sa fortune…

La première chose quand on arrive en psychiatrie, on nous prive de tous nos vêtements, et nous invite à mettre une tunique d’été, enfin je ne sais pas, mais pas chaude du tout !

C’est mon amie qui a souhaité rester avec moi, pour dormir auprès de moi sur le brancard, dans une chambre de fortune. Elle me tenait un peu chaud. Elle m’a obtenu une deuxième couverture pour moi.

Elle me dorlote. Dans ces cas-là, on est gêné, mais on ne dit rien, sachant que c’est pour notre bien. Et très franchement, pas en état de discuter quoi que ce soit.

C’est d’ailleurs pour son bien que j’ai voulu être interné, mis en sécurité, elle qui ne se serait probablement pas relevée de ma tentative de la nuit d’avant.

Enfin, ce qui s’est passé par la suite a fait peur à tout mon entourage, y compris moi-même…

La veille, j’étais parti comme un voleur, et ayant marché dans le froid jusqu’à un banc loin de toute civilisation, ou tout dérangement. Comme papiers juste ma carte d’identité, sans les clés de la maison, ni rien…

Où je me suis posé, attendant le sommeil, par ce froid, aucune chance de se réveiller.

C’est d’ailleurs ce froid qui m’a empêché de m’endormir, repensant à tous ceux que j’abandonnais lâchement, qui comptaient sur moi, et mon amie laissée à la maison, sans savoir ce qui se tramait…

C’est quand on se referme vraiment sur nous même, que l’on voit comme seule libération, celle de partir définitivement…

Je passe souvent du coq à l’âne, j’en suis désolé, mais c’est ainsi dans ma petite tête…

Dans la chaleureuse nuit aux urgences de l’hôpital Henri Mondor, j’ai adoré la délicatesse infinie, du veilleur de nuit, qui a claqué la porte comme on claque une bétaillère…

J’ai également savouré un petit déjeuner de roi, où malheureusement une grande partie du thé avait été renversée sur le plateau. Malgré ça, les tartines déjà prêtes, restaient quasiment inattaquables…

Le transfert a été simple, un jeu de passe-passe, une infirmière souriante qui passe une porte avec un badge, et me remets à une autre infirmière glaciale.

Oui, quand on va en psychiatrie, où que ce soit, c’est sécurisé, des fois qu’on change d’avis, et veuille fuir cet enfer. Oh pardon, qu’on veuille fuir les soins…

C’est également trop souvent qu’en psychiatrie, le personnel est exécrable, une spécialité dans votre formation ?

En psychiatrie à Henri Mondor, il y a absolument tout pour remonter le moral, des murs gris ou violets, sinistres et pourtant tout frais, à se flinguer. Les ingénieurs ont dû cogiter longtemps avant de faire des choix aussi adaptés…

J’ai eu la chance d’avoir la chambre 19, sombre, avec une fenêtre sombre qui donne sur un couloir intérieur.

Ça remonte encore le moral de n’avoir comme temporelle que les lumières allumées ou éteintes, jour/nuit. Une fenêtre qui donnerait sur le ciel ne leur serait pas venu à l’esprit ?

La chambre, cinq étoiles, juste à côté de la porte du STAF, toujours délicatement fermée, je veux dire claquée, au mieux toutes les 5mn, même la nuit. Un environnement apaisant et relaxant est idéal pour remonter la pente, ou du moins ne pas descendre plus bas.

Je devais marcher, en raison de ce qu’ils avaient consulté sur ma pathologie.

Au début ils m’ont proposé des piqûres d’anticoagulant, ou marcher…

Ça rappelle toujours de bons souvenirs, par exemple de celui de son père, mort d’une hémorragie cérébrale, après avoir fait une chute, aggravée ou déclenchée, par les fameux anticoagulants. Je les avais pourtant mis au courant, mais rien à cirer…

J’ai eu droit à plusieurs piqûres d’anticoagulant…

Après, je me suis aventuré dans ce couloir lugubre, avec du personnel très attentif, qui ne n’avait pas d’autre mot à la bouche : « que vous êtes grand », ils ont réussi à me faire fuir définitivement du couloir…

Ne restait alors comme seul terrain pour faire de l’exercice, que cette chaleureuse chambre 19.

Après avoir passé l’après-midi à pleurer, et attaquer sérieusement le stock de mouchoirs, à me ronger les sangs, sans jamais que du personnel ne vienne aux nouvelles. En psychiatrie, c’est normal de laisser pourrir un patient…

C’est au patient de venir parler, ben justement s’ils avaient un peu analysé ce que je leur avais expliqué, lors de mon admission, notamment le repli sur moi-même. Ils sauraient que jamais je ne serai allé les voir, pour quoi que ce soit au monde.

Je me suis lancé dans une série d’exercices, en me prenant pour un chat, tout ce qui pouvait devenir terrain de jeu le devenait.

Si j’avais glissé, j’aurais pu me fracasser le crâne de nombreuses fois… Eh bien non, je suis agile…

Ça s’est gâté, quand une aide-soignante a fait irruption sur mon territoire, et m’a appelé…

En bon chat qui se respecte, je me suis fait invisible, du haut de mon arbre (sur le placard à maigre rangements)…

La personne n’a même pas pris la peine de regarder en l’air, par exemple en direction du placard, qui me faisait plus penser à un placard à balais. Ça a jamais dû leur traverser l’esprit qu’un jour quelqu’un puisse y monter.

Recroquevillé, parce quand on mesure 1m92, le plafond est d’autant plus proche. Il n’y a déjà pas beaucoup de place, pour une personne avec un gabarit plus habituel…

Ils ont entamé une chasse dans tout l’étage, à ce qu’ils ont mis dans leur rapport, que j’ai appris bien plus tard. Fermé toutes les issues, c’est moi ou eux qui suis malade ?

Pendant ce remue-ménage, j’ai rejoint tranquillement mon lit. Et quand une nouvelle personne est rentrée, j’ai fait mine de ne pas avoir bougé de mon lit. Innocemment comme le font nos amis les félins !

On n’est pas plus dupe avec eux qu’avec moi…

Le psy présent m’a embrouillé, c’est facile quand on est complètement vidé de toute énergie vitale, la raison pour laquelle je suis venu me faire soigner.

Il a pensé que je me foutais de sa gueule, ce n’est pas faux, je n’avais pas les bons mots. Et même en forme, ça n’aurait pas été facile à justifier dans un endroit normal, alors en psychiatrie…

Depuis son entrée dans la chambre, j’avais senti les ondes néfastes de loin du psy…

Mais, c’est un malin, ce n’est pas lui qui est venu en premier, c’est différentes personnes de son équipe, comme je n’ai absolument pas tendance à me répéter, j’ai horreur de ça, j’ai employé des tournures différentes…

Ces ordures m’ont pourtant demandé de reproduire mes exercices, et leur montrer ce que je pouvais bien faire autour de ce placard à balais. De la gym, comme on peut, avec les moyens du bord…

Là, ils ont dû se dire, celui-là, il a un sérieux toc…

J’ai eu deux choix :

Soit être sédaté et transformé en légume.

Soit il allait appeler ma famille, pour en faire de même, ou peut-être bien garder un peu ma tête…

C’est ce qui s’appelle faire un pacte avec le diable, lui avec ses grands airs de roi, moi recroquevillé dans mon lit, comme un enfant attendant sa sentence…

Pourtant, soit disant très dangereux pour...