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Une partie d'échecs gagnante

De
114 pages

Il n'est pas habituel de se raconter et de s'exposer à la critique. C'est pourtant le choix de l'auteur qui nous fait part de difficultés scolaires d'une rare importance. L'engrenage et l'engrangement de ses échecs dans les cycles primaire et secondaire ont profondément affecté son image intérieure. Il eut pourtant, tardivement, la chance d'évoluer dans un milieu favorable où l'un de ses maîtres reconnut ses capacités. Passionné par les sciences, en particulier la biologie, il voulut forcer les portes pour assouvir sa curiosité, et s'ouvrir à un monde qu'il côtoyait et façonnait. Dès lors, l'auteur s'affranchit de bien des difficultés d'apprentissage qui lui valurent de nombreux succès universitaires et professionnels dans les domaines de la recherche médicale. Que cet ouvrage puisse redonner confiance aux personnes en situation d'échec scolaire, en constatant que ces échecs peuvent être dépassés pour s'élever et grandir !


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
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Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN numérique : 978-2-414-09359-5
© Edilivre, 2017
Pour mes parents, mes enfants et mes petits enfants… et au Pr Philippe Poindron
Photo prise par mon père Joseph Lestienne
Un rayon de lune traverse les rideaux de ma chambre et me réveille. En cet instant, je repense à mon exposé présenté une semaine auparavant sur mon activité de recherche depuis 40 ans. Cet exposé devait préparer mon « Retirement » ou retraite-ou grandes vacances. Une quarantaine de collègues assistait à ce dernier exercice scientifique, pour lequel plusieurs semaines de préparation avaient été consacrées. Il s’agissait d’exposer en langage simple, soutenu par des illustrations, les différentes étapes de ma carrière avec son cortège d’aléas et de succès qui la jalonnèrent, le 17 Mai 2014. D’emblée j’annonçais la couleur : éme éme «, j’ai échoué au BEPC, j’ai redoublé ma, j’ai redoublé ma 6 j’ai redoublé ma 9 ére 1 , j’ai échoué à mon baccalauréat. Aussi je vous prierai de bien vouloir excuser les fautes d’orthographe, de syntaxe ou de calculs que vous pourriez noter au cours de cet exposé ». Cette sentence mit à l’aise l’ensemble de l’auditoire, et je présentais, sous forme d’illustrations graphiques mes activités de recherche ponctuées de diplômes, dates, localisations, et statuts.
Premiers pas
Un soir d’orage, au début 1953, âgé de 2 ans 1/2, les fusibles avaient disjoncté dans l’appartement. Papa craqua une allumette sur un cierge qui s’illumina, posé sur un bougeoir en fer forgé. Je regardais vaciller cette flamme sous mon souffle. Après quelques moments, voyant couler la cire, je m’exclamais : « Oh, Maman, elle pleure la bougie ! ». Cette transposition ressentie d’un phénomène naturel devait m’accompagner toute sa vie, en cherchant à donner un sens aux événements. Une flamme, est-elle toujours accompagnée de larmes ?
Je portais fièrement une petite casquette formée de triangles bleus et rouges sur ma petite tête ornée de feuilles de choux selon les dires de ses sympathiques camarades… Une fois par semaine, maman faisait son marché et avait le plaisir de m’offrir un ballon rouge ainsi qu’un beau ballon bleu à ma jeune sœur. Nous étions âgés de 3 et 2 ans. Par un jour de grand vent, mon ballon rouge s’échappa de ma menotte. Le ballon s’enfuit vers les nuages à mon grand désespoir. Puis soudain, je me consolais : « mais maman, c’est pour Mamie qui est partie au ciel. ». En effet notre grand mère nous avait quittés quelques mois auparavant.
Comme tout enfant, j’adorais tout ce qui bougeait, et ne pouvais m’empêcher de rester fasciné pendant des heures au regard de jolis canaris jaunes en cage. J’observais comment le bec faisait tourner la graine lentement jusqu’au moment où il trouvait la petite fente, et continuait à la faire tourner et ainsi à se débarrasser de la coque. Par la finesse de ses pattes montées sur des ressorts invisibles, entourés d’une boule de plumes jaunes, son agilité naturelle me fascinait par la précision de son arrivée sur les barreaux de la cage. Parfois maman ouvrait la cage, et de manière plus cocasse l’atterrissage devenait beaucoup plus glissant sur le parquet ou sur le marbre posé sur le meuble. Ainsi que le chantait Juliette Gréco beaucoup plus tard, «un petit poisson, un petit oiseau, s’aimaient d’amour tendre… mais comment s’y prendre, quand on est dans l’eau ? »… Cette sympathique question rappelle que nous avions également un poisson rouge dans un bocal sphérique que l’on rencontre encore de nos jours. Un jour de petite colère à l’égard de ma petite sœur, je lui renversais l’aquarium sur la tête en prenant bien soin de ne pas briser le bocal. Le pauvre poisson se débattait sur le parquet, mais le canari chantait, croyant peut être son heure de rendez-vous enfin arrivée !!!! En face de l’appartement à Courbevoie où nous habitions au 3éme étage, j’assistais chaque jeudi à l’entraînement des pompiers sur le stade. Ils portaient de gros sacs de sable sur leurs épaules, et arboraient un joli casque argenté qui me faisait rêver tant leur rondeur et leur éclat me fascinait. Ils franchissaient de nombreux obstacles, et devaient monter sur une longue échelle. Peut-être serait-ce le début d’une vocation : s’entraîner pour sauver les autres ? Le 14 Juillet approchait, et ce fut l’occasion d’aller voir le défilé sur les Champs Elysées. Assis sur les épaules de mon père, je voyais défiler les chevaux de la Garde Républicaine avec leurs cavaliers qui portaient également des casques brillants parés d’une… queue de cheval. Le défilé des polytechniciens (je ne savais pas encore ce que cela signifiait) m’impressionna le plus car leurs brillantes épées suivaient les mouvements rythmés de leurs bras. Aussi avait-je l’impression qu’ils avaient des bras métalliques… Le temps passait, et un heureux événement devait élargir la famille. Cependant à cette époque, la tuberculose était encore présente, et maman fit une primo infection pendant sa grossesse. En plus, le futur bébé donnait des signes de liberté prématurée, et de ce fait ma mère était alitée et me prodigua mes premiers enseignements scolaires. Je devais avoir 3 ans ½, 4 ans, et mes parents étaient sûrs que j’étais doué puisque j’étais leur premier enfant, et ils avaient mis tous leurs espoirs et frustrations en moi… Aussi, devais-je apprendre les lettres de l’alphabet. Pour ce faire, maman avait découpé de belles lettres dans du carton bleu pour les
consonnes, et rose pour les voyelles. Elle cherchait désespérément à me faire comprendre les différences entre b et d, p et q, ces quatre lettres lui posant un problème insoluble. Je compris enfin pourquoi. Une seule lettre représente exactement ces quatre lettres, mais dans des orientations spatiales différentes !!! En effet : b=d=p=q. A cet âge, j’avais inconsciemment des prédispositions pour la symétrie, et l’organisation spatiale !!! Ami des animaux, Je n’en n’éprouvais pas moins de curiosité à savoir ce qu’il y avait à l’intérieur des différentes petites bêtes. Par des jours de pluie au bord de la mer du nord, vers 8 ans, à Wimereux, au bord de la Manche, J’avais un bon cousin-copain de son âge, Paul, lui aussi un peu sadique sur « les bords »
Premiers pasde liberté
Les escargots sortaient par ce temps humide, et nous en fiment plusieurs cueillettes abondantes. Je ne sais quelle mouche nous piqua, mais nous priment un malin plaisir à les envoyer de toutes nos forces sur le mur arrière de la villa « Les petits carreaux » appartenant à ma grand mère. Nous observions ainsi les mouvements visqueux de leur intérieur aux couleurs brunes et bleues peu appétissantes. Les actes de cruauté se sont aussi tournés vers les insectes, en particulier sur les mouches. Je prenais un malin plaisir à les coincer dans l’angle d’une fenêtre, à les attraper puis à leur enlever les ailes (une pour voir comment elle tourne vite), ou les pattes pour observer leur atterrissage. Ces expériences me remémorent, en tant qu’adulte, la célèbre histoire transmise de génération en génération par les polytechniciens, cherchant à découvrir le site de l’audition chez ces insectes. Après de multiples expériences, et signaux sonores, on enleva les ailes. La mouche ne bougea pas au signal sonore. Conclusion : l’organe auditif est situé dans les ailes… En revanche, en possession de seaux et épuisettes, nous grimpions sur les falaises du cap Gris-Nez où les mares regorgeaient de tritons, et de têtards. Quel bonheur de penser que ces sortes de spermatozoïdes allaient se transformer en quadrupèdes en quelques mois, reflétant ainsi l’histoire de l’humanité (très schématiquement)… Quelques minuscules grenouilles émergèrent, et survécurent au voyage, après que leurs pattes arrières soient sorties près de la queue de nos têtards. Je les nourrissais avec du steak haché. Un jour cependant, je les mis dans le même aquarium que ma petite tortue marine. Je revenais quelques temps plus tard, et constatais que le têtard n’avait plus de queue… Ceci en accord avec le caractère carnivore de la tortue. En réalité, il manquait des moucherons pour faire en sorte que les grenouillettes deviennent de vraies grenouilles, à l’instar de celles décrites par Jean Rostand à qui je m’identifiais plus ou moins consciemment. En effet il habitait à Ville d’Avray, pas loin de chez nous et était spécialiste incontesté de tout ce qui touchait à ces batraciens.
Mais j’aimais quand même les insectes, et en particulier les papillons et les bourdons, abeilles et autres insectes ailés voire piquants. Muni d’une soucoupe et d’un verre, je me dirigeais vers les arbres fleuris, lilas en particulier, et les plates-bandes jonchées de fleurs. Après avoir étudié les circuits de ces volatiles, et leur repos sur un support, je posais délicatement un verre renversé sur la soucoupe, capturant ainsi le papillon ou l’abeille. Un morceau de coton imbibé d’éther endormait définitivement notre jolie créature. Elle fut ensuite déposée avec soin puis épinglée dans une belle boite en carton de chaussures de collection.
Dans la cave de la maison, une chaudière à charbon réchauffait nos corps et cœurs. Ce gros tas de charbon, apporté par de courageux charbonniers par un escalier étroit en colimaçon, était proche de la chaudière, au fond de la cave, et nous devions alimenter la chaudière quotidiennement, ce que nous fîmes en l’absence de mon père. Il fallait dégager les cendres également. Tout ceci n’était que routine d’hiver. Toutefois, certains hivers rigoureux étaient accompagnés de pluies diluviennes avec pour conséquence l’inondation de la cave, toutes proportions gardées, environ 10 cm sur toute la surface. Papa installa donc des poutres pour accéder au dispositif de chauffage. Ce fut une aubaine !!! En effet l’inondation de la cave permettait de mettre en œuvre un nouveau projet : faire naviguer nos petits bateaux de vacances de mer… J’avais reçu « le petit physicien » à Noël, et avais emprunté à mon petit frère Marco, un bateau en plastique, le porte-avion « le...