Une Vie

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172 pages
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Fernand Sage a vécu les formidables transformations de la société française à travers les grands progrès technologiques et deux guerres mondiales. Avec le regard de Jean Le Bot, il nous devient familier tant les diverses anecdotes, demeurées 60 ans après intactes dans la mémoire de l'auteur, semblent avoir eu lieu hier. Du bassin d'Arcachon au Havre de Rothéneuf, en passant par Verdun, Hédé, Paramé et Saint-Malo, ce témoignage offre de nombreuses images de la France d'autrefois.

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Ajouté le 06 novembre 2014
Nombre de lectures 3
EAN13 9782336362410
Langue Français
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Fernand Sage, notre Papé
labisquine
©D.R.En première :mariage de Papé et Mamé, . En quatrième : reproduction d'une aquarelle réalisée au Clair Logis â la Pentecôte 1964 par Jean Le Bot.
Jean Le Bot et Pierre Sage
Une Vie Jean Le Bot et Pierre Sage ǡ Fernand Sage notre Papé
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Fernand Sage r
Une Vie
Une Vie Fernand Sage, notre Papé
Jean Le BotetPierre Sage Une Vie Fernand Sage, notre Papé
Illustrations et photographies intérieures : © D.R. © L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-04587-0 EAN : 9782343045870
Sommaire
Avant-propos Préface Première partie : Fernand Sage, notre Papé Deuxième partie : Les souvenir de Mamé La biographie de Jean Le Bot Les publications de Jean Le Bot Table des matières
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Labisquine « La Cancalaise » à Binic pour les cinquante ans de Pierre Sage le 10 mai 2002 avec à bord, son père Max Sage et son oncle Jean Le Bot.
Avant-propos C’est à la fin de l’année 2009 que je fis la connaissance de Michel Verret, professeur de philosophie à Nantes, écrivain et sociologue de la classe ouvrière. À sa demande, je lui prêtai les deux livres sur Papé et Mamé réalisés entre 2003 et 2005 avec mon oncle Jean Le Bot. Michel en fit une très belle synthèse, c’est la préface de ce livre où il a su exprimer toute la beauté, la diversité et la richesse de ce témoignage sur mes grands-parents paternels, Fernand Sage « Papé » et Marie Dufaure « Mamé ». Jean, en lisant cette préface, me dit : « Voilà quelqu’un qui sait lire un livre ». Et c’est vrai, le sociologue a su apprécier d’emblée tout l’intérêt de ce témoignage pour les générations futures, une page d’histoire d’un homme ordinaire au vingtième siècle, mais une page oh combien passionnante : « La traversée des vies d'autrefois dans l'aujourd'hui » pour reprendre son expression. Michel me proposa de publier ce témoignage aux éditions L’Harmattan. Jean, consulté sur le sujet quelques semaines avant qu’il ne nous quitte, me donna son accord. Dans la préface de son livre « Les bateaux des côtes de la Bretagne Nord », Jean écrivait : « La mode est plus aujourd’hui à des animations du troisième âge qu’à une écoute attentive des anciens ». Jean qui avait tant reçu, qui voulait tant transmettre, se désespérait parfois du moindre intérêt que portent aujourd’hui les hommes « aux précieuses connaissances accumulées au cours de vies de travail ». En réalisant ce témoignage avec Jean, j’ai voulu être à l’écoute d’un homme de trente ans mon aîné dont j’ai découvert toute la richesse et la culture au cours de nos nombreux entretiens. Il se disait : « Dépositaire d’authentiques leçons d’art de vivre exprimées sans discours ». Ce livre, où il rend avec beaucoup de simplicité un vibrant hommage à son beau-père, est certainement l’une de ces « leçons d’art de vivre » qu’il aura réussi à nous transmettre et ma plus grande joie est d’avoir été à ses côtés pour la réaliser. C’est donc avec grand plaisir que je publie aujourd’hui ce témoignage écrit avec Jean et préfacé par Michel. Il regroupe deux livres, la vie de mon grand-père « Papé », une histoire écrite avec Jean Le Bot entre 2003 et 2005, et les souvenirs de ma grand-mère « Mamé » une belle page de poésie. Par cette publication, je souhaite que ce témoignage, que connaissent déjà ses petits-enfants, puisse devenir une page de l’histoire de notre pays, une page sur ces hommes qui ont façonné par leur action au quotidien au cours des siècles notre nation française telle que nous la connaissons aujourd’hui. Pierre Sage La Chapelle-sur-Erdre, le 3 avril 2013.7
Le « gentilhomme », Papé au mariage de son fils Max le 28 avril 1948 à Denain.
Préface À feuilleter seulement ces textes, on est saisi d'une familiarité, « j'ai déjà vu ça ». Non pas ça, mais des grands parents comme cela, et bien sûr, c'étaient les miens... Proximité de la grand-parentalité, ce rapport si confiant, si fier de double fierté, si souriant et indulgent, qui donne à la parentalité ses arrières protecteurs et correcteurs, critiques parfois, et autocritiques. Mais aussi partages de l'époque de vie de ces grands-parents là, et de la culture propre qui y fut la leur, la grande culture laborieuse du Peuple, dans la majuscule que lui donne Michelet. Culture ? On le voit bien en ce vaste balayage des cultures de métiers, transposées et enrichies de l'une à l'autre, jusqu'à ce polytechnicisme pratique, où se passe et se dépasse sans cesse cette vie de travail. Car que n'a-t-il fait, le Papé ? Cueillir les huîtres, pêcher au lamparo, faire la pyramide dans les fêtes, remonter le Pont Maudit, ce pont cassé, et puis « sapeur du rail » dans la guerre maudite, s'y faire bombarder et blesser, infirmier-brancardier à l'occasion. Et puis, la paix revenue, technicien des métiers de pointe, « fée électricité », revenir électrifier les campagnes, sans zigzag entre les fermes, tant pis pour le cidre. Et puis, huit déménagements ça suffit, bâtir et équiper sa maison. Et puis, « y'a pas qu'là terre, y'a la mer », canoter, naviguer, « l'Araok (En avant)», baliser (capitaine d'armement), non sans les jurons qu'il faut « pute borgne, pute manchot », et le tour « faut pas m'embêter », dont héritera visiblement le petit-fils Pierre dès sa première photo en nourrisson... Manquent les chevaux, vous me direz. Mais les chevaux, c'est la Mamé, dans ses Landes natales : « Les bruits de l'écurie, du roulis, les seaux d'eau pour la soif, le sucre pour le mulet ». Cela n'empêchera pas les travaux d'aiguilles, une constante des femmes dans les généalogies. Généalogies, car si le grand-père était grand praticien des espaces, le petit-fils est grand praticien des remontées du temps. Nul n'apparaît ici, jusque dans les cousinages, sans sa lignée et son lignage, le plus royal y étant naturellement le Papé qui, à écouter son petit-fils par là même couronné, descendrait tout droit de Charlemagne, via Hugues Capet, Louis VI, le Prince d'Anduze et le Seigneur de Maubec. On ne s'étonnera pas après cela que le dit Papé, au jugement général, ait toujours su « boire le vin en gentilhomme », quitte à confier à la tenue du sucre dans la tasse de café l'indication météorologique du temps qu'il fera demain, indispensable au marin. Grands tableaux donc, calendriers, et dès qu'une liste est possible, la liste la plus complète. Mais les graphes ne tuent pas ici les images, les images plutôt les font vivre, livre mémoire des visages. Mais tout autant des objets familiers, aussi multiples que cet homme multiple, coquillages ramenés de Nouméa par le père, objets ramenés par soi-même de la guerre, les douilles, les petites sculptures, mais aussi le grand casque à pointe échangé d'un prisonnier allemand contre une miche géante, photos d'électricité « il regardait moins les paysages que les pylônes ». Et puis, les autos, de la Renault Torpédo 1924 à la « deudeuche », en passant par la Jeep récupérée au fond d'un étang. N'oublions pas les bateaux, ni surtout les outils, les appareils, les appareillages, dont le petit-fils, non moins polytechnicien que son grand-père, quoique autrement, nous livre l'usage, dans un lexique si précis, que le profane (moi-même) y sent d'emblée sa nullité.
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