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Voyage au pays de la détresse

De
152 pages

Une immersion totale dans ce qui est, sans doute, le service psychiatrique le plus troublant et le plus bouleversant mais de très loin, le plus intéressant professionnellement ; les urgences d'un grand hôpital parisien.

Devenez le témoin privilégié de mes entretiens et partagez l'émotion qui me submerge souvent, apprenez à découvrir les membres les plus marquants de l'équipe soignante.

Plongez dans cet univers de la psychiatrie rencontré nulle part ailleurs, au travers de mon expérience d'infirmier.


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Cet ouvrage a été composér Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-92269-4

 

© Edilivre, 2015

Remerciements

En premier lieu, je tiens à adresser mes remerciements aux êtres qui me sont les plus chers ; je veux bien-sûr parler de mes deux filles Léa et Nina qui n’ont cessé de parler fièrement de leur « papa qui écrivait un livre ». Elles me font aujourd’hui l’immense honneur d’en être les premières lectrices.

Je remercie aussi chaleureusement toutes les personnes qui ont à un moment ou un à autre, lu certains extraits que je leur proposais.

Ma reconnaissance est acquise aux différentes personnes qui ont pris le temps de me corriger et de me donner leur avis ; je les laisse se reconnaître par eux-mêmes car toutes aujourd’hui ne font plus partie de mon environnement relationnel.

 

 

« Je suis ici Monsieur car je travaille trop, j’ai des problèmes de voisinage »… « Mes voisins ne comprennent pas Monsieur, ils refusent de communiquer, d’ailleurs ils m’agressent, ils m’insultent, hier des arabes m’ont traité de pédé dans la rue, oui Monsieur mais je n’ai pas répondu car je ne suis pas violent moi Monsieur, j’aurais pu me battre mais je sais que ça ne sert à rien, je suis bien plus intelligent que ça »… « Oui je hurlais à ma fenêtre car mes voisins m’emmerdent, vous savez tout ce qui se passe dans le treizième et surtout dans la rue de Tolbiac, c’est très sale le treizième »… « La police m’a amené ici mais je n’ai aucun problème, dix-sept ans de psychiatrie et j’ai remonté la pente tout seul, je n’ai pas besoin de voir un médecin, je suis médium et je perçois des ondes ici »… « J’ai été hospitalisé il y a environ un an mais c’est du passé, maintenant ça va, et j’ai été suivi par une psychiatre au centre médico-psychologique qui voulait me prescrire du Viagra mais je n’en ai pas besoin, je fonctionne bien même très bien, j’ai toujours été entouré par des femmes »… « Vous savez Monsieur, on peut avoir des problèmes avec ses voisins, ça ne veut pas dire qu’on est fou, moi quand j’étais petit, mon père battait ma mère et m’a élevé à coups de bâton, vous croyez que c’est comme ça qu’on élève ses enfants, c’est dur vous savez, j’aurais pu avoir un bac « C » avec mention et poursuivre mes études même si je les avais arrêté après, c’est pas grave mais mon père n’a pas voulu »… « J’étais fonctionnaire mais j’ai donné ma démission car ils n’ont pas su reconnaître les vrais compétences, à l’école je m’entendais bien avec tout le monde sauf certaines personnes et je n’ai jamais redoublé sauf en troisième, je suis un surdoué, il y a un professeur de physique qui s’en est aperçu car on avait un problème avec deux résolutions et moi j’en ai trouvé une troisième qui était logique »… « Je vis de mes économies mais je fais de la finance sur Internet, j’aurais pu faire l’école du Louvre mais je ne l’ai pas faite »… « Je vais au cinéma, le dernier film que j’ai vu c’est « La passion du Christ », j’avais fait deux portraits de Mel Gibson à main levée, un en 1997 sur une feuille bleue avec un feutre vert et le deuxième avec une plume directement à l’encre de chine et vous ne verrez pas de trace de crayon à papier ou de fusain, je pourrai vous les montrer si vous voulez »… « J’ai été hospitalisé mais c’est du passé, je me trouvais dans la rue et j’ai cassé le phare d’une voiture »… « Il y avait une dizaine de voitures qui roulaient avec leurs lumières en plein jour, c’est inadmissible d’ailleurs la police m’a donné raison, j’aimême rendu service car je suis très respectueux du code de la route, on ne doit pas rouler avec ses lumières en plein jour, en plus, il allait déposer un chèque à la banque, non mais il y a des gens vraiment qui ne respectent rien »… « Je n’ai rien à faire ici car je tiens à vous dire une chose, je ne suis pas fou et vous ne pouvez pas me garder, je connais mieux la loi que vous Monsieur »…

Monologue d’un patient schizophrène.

Introduction

Je me trouvais là isolé dans cette fourmilière que sont devenus les centres commerciaux placé entre un stand de fenêtres isolantes et un kiosque de viennoiseries.

Sept jours était la durée du contrat qui me liait à ce lieu de passage incessant. Ma mission, je l’avais acceptée, était de faire connaître la société que je me plaisais à présenter comme mienne et de vendre mes produits. En fait de chef d’entreprise ma fonction véritable était commerciale, je devais vendre des éléments en bois pour maisons individuelles (marquises, abris voitures, kiosques…). Comment en étais-je arrivé là ? Par hasard. Une rencontre lors d’une recherche d’emploi à la suite d’un énième licenciement pour non-respect des objectifs de ventes. J’étais un vendeur médiocre et j’en avais pris conscience, mais là c’était différent, je ne devais plus atteindre un objectif de vente pour mon employeur puisque je travaillais enfin pour moi et à mon compte. Nous étions deux, un « investisseur » et moi-même. Cette carrière d’indépendant s’acheva après huit mois d’existence de la société. Décidément mes résultats de ventes trahissaient mon incapacité à faire ce métier. Face à mes clients potentiels je me disais ; « sois plus offensif, si tu ne signes pas tout de suite, ils signeront plus tard avec d’autres ». Je n’ai jamais réussi à leur forcer la main. Je croyais naïvement que de travailler à mon compte allait faire disparaître toutes les contraintes des métiers du commerce et notamment celle des objectifs de ventes. Je n’ai pas eu envie et ce à aucun moment de m’imposer cette pression du résultat, je n’étais fondamentalement pas fait pour ce métier. Je m’étais retrouvé vendeur pour une multitude de sociétés qui s’apercevaient plus ou moins vite de mon inaptitude ; mes contrats allant de quelques mois à quelques jours. Mes emplois étaient de plus en plus « alimentaires » et par là-même de moins en moins enrichissants.

Mes premières amours étaient tournées vers la gestion des ressources humaines. Une formation universitaire adéquate m’avait permis d’assurer un poste à responsabilités dans une grosse société de télécommunication. Il me plaisait notamment de régler des problèmes sociaux en faisant face à des salariés furibonds et de parvenir à les calmer en entretien. Il m’était donné le pouvoir de déterminer les promotions et les augmentations individuelles en gérant les budgets de chaque direction. Et pourtant la crise en a voulu autrement, la gestion des ressources humaines s’est lentement transformée en gestion de plans sociaux. Mes besoins vitaux restant les mêmes, je me suis alors tourné vers le commerce, dernier secteur protégé de la crise.

J’observais le vendeur de fenêtres qui parvenait avec grande facilité à arrêter les passants dans leurs élans vertigineux. Il leur expliquait les avantages de ses produits par rapport à ceux de la concurrence. Les bons vendeurs réussissent à vous faire acheter des objets dont vous n’avez pas besoin en vous donnant l’impression de faire des affaires.

Je me questionnais sur mon avenir professionnel chaque jour un peu plus. Il me revenait en mémoire des moments intenses de ma seule activité pleinement satisfaisante. Le bénévolat mené lors des différentes campagnes des « Restos du cœur » lorsque j’étais encore étudiant. Jamais je ne m’étais autant investi, cette sensation d’utilité me comblait.

Je repensais également à ce jour malheureux où ma vie tout droit sorti de l’adolescence a basculé. Un « enfer » dont je porte encore aujourd’hui les stigmates et qui a nécessité neuf mois d’hospitalisation. Je comprendrais plus tard qu’il s’agissait d’une période de gestation avec la naissance d’un nouveau moi.

L’obscurité de cette nuit était particulièrement profonde, le froid et la bruine me fouettaient le visage, mon cyclomoteur se faufilait avec difficulté dans cette pénombre et l’humidité de la campagne environnante. Puis, comme si le cours du temps s’était arrêté, ma reprise de conscience fut progressive. Je me retrouvais allongé sur la route totalement abasourdi. Je pouvais deviner autour de moi une grande agitation mais je ne parvenais qu’à distinguer le tournoiement incessant des gyrophares bleus de la police et des pompiers. Un policier s’acharnait à me demander mon nom, mon état de conscience étant partiel, j’ai dû mettre plusieurs minutes à comprendre sa question. Il m’est alors venu à l’esprit de me lever et d’en finir avec ce mauvais rêve. Je n’ai été capable que de me reposer sur les coudes. Ces premiers mouvements ont réveillé dans tout mon corps des sensations douloureuses insoutenables. Je pouvais maintenant observer l’affairement des pompiers et des policiers qui donnait une impression de désorganisation cédée à un état de panique. Je me sentais étranger à toute cette agitation. Mes yeux enfin se sont posés sur mon corps allongé et j’ai compris brutalement la gravité de mon état. La blessure de ma jambe droite était telle qu’il m’était possible d’en faire l’inspection détaillée. J’ai eu le sentiment que ce membre partiellement sectionné ne m’appartenait déjà plus. Ce choc m’a projeté en arrière sur la route pluvieuse de ce mois de janvier. Cette réalité insupportable m’a fait réclamer un traitement pour faire cesser la douleur qui m’envahissait, et m’endormir comme pour tout effacer.

Les mois qui ont suivi se sont lentement écoulés à l’hôpital. Six mois sans autres sorties de mon lit que pour passer sur les brancards me menant aux blocs opératoires et aux salles d’examens. J’ai durant cette période adopté l’hôpital comme ma résidence principale. Les personnels soignants sont devenus des membres de ma famille et mon alitement m’est apparu progressivement comme la normalité. Il m’a fallu trois mois de rééducation pour me permettre de retrouver une position verticale. J’ai dû attendre quatorze longs mois pour retrouver mon corps sans appareillage puisque ma jambe a été bloquée pendant onze mois avec neuf broches vissées et reliées entre elles par des barres métalliques (fixateurs externes) puis pendant trois mois à l’aide d’une attelle en cuir et en métal (orthèse). Malgré mes nombreuses questions durant mon hospitalisation quant à mon pronostic de marche, je n’ai su que bien plus tard que je ne replierai jamais mon genou droit. Ma seule certitude était que je ne serais plus jamais le même. Je découvrirai plus tard que ce sont les regards des gens qui se chargeraient de me rappeler à chaque instant mon « handicap » que je porte encore aujourd’hui, et ce depuis l’âge de 18 ans. Ce statut ne m’a jamais été reconnu officiellement par l’organisme expert de l’époque ; la COTOREP1.

Assis sur ma chaise, je ne parvenais même plus à distribuer mes documentations. Je ne trouvais pas la motivation nécessaire pour m’investir dans cette activité. Je ne tirais aucune satisfaction de ces pseudos relations que les commerciaux aiment à entretenir avec leurs clients pour paraître sympathiques. Cette dimension lucrative des rapports m’empêchait de m’épanouir professionnellement.

Il m’était impossible de me projeter dans l’avenir sans réagir rapidement. J’avais besoin de m’investir dans une profession qui me permette modestement d’exprimer ma philanthropie. Cette évidence m’est apparue au décours d’un de ces moments de réflexion. Il fallait que j’intègre ce milieu qui a tant fait pour moi ; l’hôpital. Je me sentais enfin capable d’utiliser mon expérience de patient, quinze ans après cet accident.

Il me fallait alors associer mes compétences en Ressources Humaines et cette institution que je tenais à intégrer ; travailler dans un service du personnel d’un hôpital. Rentrer dans la fonction publique nécessite la passation d’un concours. Au moment où je me suis fixé de passer le concours d’adjoint cadre administratif, je me suis aperçu que mon inscription arrivait une semaine trop tard. Ne pouvant me permettre d’attendre une année, je me suis tout naturellement tourné vers le concours suivant avec comme seul objectif d’intégrer le monde hospitalier. J’ai donc passé un peu par hasard le concours d’infirmiers et par chance y ai été reçu. Je me suis retrouvé parachuté dans une classe d’une trentaine de personnes, toutes beaucoup plus jeunes que moi. J’étais l’un des seuls à avoir une expérience professionnelle, ce qui paradoxalement a été un handicap pour mon adaptation à ces études. J’ai découvert à mes dépends que la formation d’infirmier repose sur la recherche d’une non autonomisation, peut-être pour ne pas s’opposer au pouvoir des médecins. Ma personnalité revendicative associée à mes expériences diverses dans le monde du travail ne me faisait pas rentrer dans le moule du parfait jeune infirmier. J’avoue avoir eu certaines difficultés à me faire valoir avec mes acquis et mon mauvais caractère dans cet univers aseptisé. La formation des infirmiers s’adresse aux bacheliers, c’est-à-dire à des jeunes tout droit sortis de l’adolescence à qui on apprend à soulager la souffrance morale et la douleur physique des futurs patients dont ils auront la charge. Au bout de ces trois ans d’études, ils doivent connaître superficiellement toutes les pathologies de toutes les spécialités en médecine. Jusqu’en 2009, date de la réforme des Instituts de Formation en Soins Infirmiers la formation reposait sur un système pédagogique rigide. Aujourd’hui, l’enseignement est universitaire ; il repose sur le travail personnel et la liberté laissée aux étudiants de gérer leur apprentissage.

Durant trois ans il a fallu que je m’adapte à ce système très scolaire, cela ajouté à mon sens de la révolte n’a pas facilité mes rapports avec le monde hospitalier en services généraux.

En revanche j’ai eu une vraie révélation en termes d’échanges avec le personnel soignant lors de mes stages dans les services psychiatriques. J’ai décelé une différence importante sur le plan intellectuel entre la médecine générale et la psychiatrie. La prise en charge d’un patient en médecine ou en chirurgie est essentiellement technique par manque de temps et d’autonomie.

En revanche on trouve en psychiatrie une dimension de réflexion intellectuelle. Dans cette spécialité on travaille avec l’impalpable ce qui impose de prendre du recul avec la pathologie et un regard plus global sur le sujet. La psychiatrie correspondait plus à mes aspirations dans la gestion du travail autant auprès des patients qu’au sein des équipes soignantes.

Au-delà du choix de cette spécialité reposant sur le mode de prise en charge des patients, on dit qu’il n’y a pas vraiment de hasard à se retrouver soignant en psychiatrie. Le rapport aux patients y est très particulier car il peut nous renvoyer à nos propres difficultés et carences, je veux parler de nos névroses. Cette relation permet aux soignants de mieux se connaître et de pouvoir, dans certains cas, mieux appréhender les obstacles, de mieux gérer le stress. L’atteinte de cet équilibre psychique passe souvent et nécessairement par un travail en psy. Je me passerai de détailler les carences de mon enfance, le chao de mon adolescence et le traumatisme de mon accident de la voie publique mais il m’est facile de trouver mille raisons d’avoir fait ce choix.


1. La loi Handicap, promulguée en 2005, a apporté trois nouveautés pour une prise en charge personnalisée et globale du handicap : le droit à compensation, la création des maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), le remplacement de la COTOREP par la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH). Cependant, elle ne modifie pas les aides et les prestations qui relèvent de l’Assurance Maladie et les allocations qui relèvent de la Caisse d’Allocations Familiales.

Prologue

J’ai travaillé six ans dans un service d’urgence psychiatrique d’un grand hôpital parisien. Seul service en région parisienne prêt à accepter tous les patients (au-delà de 15 ans) sans interruption et sans rendez-vous. Chaque patient arrive dans le hall du service ; d’où débute un couloir qui mène à la salle d’attente distribuant latéralement les différentes pièces : bureaux médicaux, salle de soins, bureau infirmier et chambres. Un fléchage hasardeux et trompeur mène invariablement les patients au fond du service alors que l’accueil est assuré par l’équipe infirmière à l’entrée dans le local qui nous sert de bureau. Sa surface fait penser à une cellule carcérale mal reconvertie en salle de travail alors qu’elle est destinée à une demi-douzaine d’infirmiers… On y trouve comme mobilier des bureaux et des armoires qui pourraient sembler avant-gardistes si leur usure ne trahissait pas des années d’utilisation et surtout leur très mauvaise qualité. Le sol plastique laisse apparaître par endroits où les passages sont les plus fréquents la dalle béton. Les panneaux d’affichage multiples et divers en matériaux débordent de feuilles aimantées ou punaisées. Elles reprennent une multitude de protocoles, consignes, informations administratives et donnent l’impression de s’annuler les unes les autres. De toute façon, personne n’y porte plus aucun intérêt en dehors de certaines nouvelles réveillant chez l’équipe des perspectives de fêtes. Il s’agit bien souvent de l’annonce de pots, organisés par et pour le personnel.

Avant l’interdiction de fumer dans les lieux publics, le manque d’espace lié au nombre important de fumeurs au sein de l’équipe rendait l’atmosphère du bureau tout à fait suffocante. Malgré des travaux destinés à camoufler une certaine carence d’un budget qui restera inlassablement insuffisant, l’état général du service au petit matin rappelle la « salle des pas perdus » d’une grande gare parisienne. L’équipe est unanime quant au dysfonctionnement de la nouvelle distribution des pièces depuis cette date, où un « technocrate surdiplômé » a décidé unilatéralement la restructuration du service. Afin de respecter une tradition que je ne saurais décidément comprendre, le choix des couleurs s’est fait sur une palette « coquille d’œuf », offrant à l’administration une infinité de variantes allant du beige au marron clair. L’ambiance du service s’en trouve, vous vous en doutez, particulièrement « exotique ».

Contrairement à un mythe populaire, les urgences psychiatriques n’accueillent pas uniquement des individus agités, enserrés dans des camisoles de force et escortés par des colosses en blouses blanches.

La majorité des patients de passage dans le service viennent de leur plein gré, seuls ou accompagnés, pour des raisons multiples et diverses, allant de la simple crise d’angoisse à une recrudescence délirante. D’autres en revanche, nous sont amenés par la police, menottés ou au contraire...