Politiques urbaines et image du territoire

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Les acteurs du développement urbain (Etat, collectivités territoriales, intercommunalités, entreprises) se positionnent en fonction de leur perceptions particulières des enjeux du territoire. L'élargissement du champ des compétences des collectivités territoriales implique une diversification des politiques urbaines. Dans des espaces confrontés à de multiples handicaps, tels que la Seine-Saint-Denis, le marketing territorial apparaît comme l'outil de promotion des politiques engagées et le moyen de revaloriser une image négative.

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Date de parution 01 avril 2008
Nombre de visites sur la page 229
EAN13 9782296195073
Langue Français

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INTRODUCTION GENERALE
Les acteurs publics et privés de la Seine-Saint-Denis se sont lancés, depuis un certain nombre d’années, dans des politiques consistant à modifier l’image négative du territoire. Dans ce concert, le Conseil général tient une place à part. Il se veut le garant de l’établissement et de la mise en œuvre d’une politique de développement qui répond aux enjeux auxquels fait face son territoire. En a-t-il les moyens ? Le fonctionnement et les outils du Conseil général de la Seine-Saint-Denis, sont-ils suffisamment pertinents pour arriver à un tel objectif ? C’est une des questions que pose cet ouvrage. Le cadre départemental doit pour cela permettre une mobilisation et une implication des différents acteurs présents en Seine-Saint-Denis, etvaloriser les ressources locales (matérielles et humaines). C’est la nécessité d’apporter des réponses innovantes auxproblèmes qui sont posés, à la création d’une réelle synergie autour des handicaps économiques, qui a conduit à déplacer les problèmes et à rechercher dans l'urbanisme,vsi l'organisation desoire l'architecture, les solutions, comme « formes urbaines » pouvait, en elle-même, contribuer à résoudre les difficultés économiques et sociales. Repenser le territoire consiste alors, très souvent, à ne rechercher que l'émergence d'un modèle permettant de créer de nouvelles activités, « d'un standard » : standardiser le territoire et promouvoir la différence. Les territoires tendent à se ressembler au point de ne plus ressembler à rien. Devant le chômage et les perspectives qu'offre le tertiaire en termes d'emplois, la tentation est grande de transformer les centres-villes et lesvilles en général en ZT (Zones Tertiaires). Cette conception standardisée de laville est le pire danger qui la guette aujourd'hui parce qu'elle tend à transformer les espaces publics, les lieuxde convivialité et d'échanges qui donnent un sens particulier à chaqueville, en espaces d'emplois, donc à chasser les résidents des lieuxd'appropriation collective de l'espace.
Une des caractéristiques des politiques territoriales est que « l'information » sur les produits offerts (technopôle, ZI....) se fonde sur une représentation forte du territoire lui-même,visant à créer unvéritable produit.Aborder la question du territoire de la Seine-Saint-Denis et de son image nous incite avant tout à analyser les processus qui ont conduit à la construction de celle-ci. Les marqueurs historiques conditionnent avec force les caractéristiques économiques, socioculturelles et urbaines qui façonnent le territoire et son image. Ces derniers permettent à la fois de replacer les actions menées par les pouvoirs publics dans un contexte propre à la Seine-Saint-Denis et de comprendre les logiques suivies par les acteurs.
La question d’image, si elle interpelle l’ensemble des pouvoirs publics, préoccupe a fortiori l’institution départementale, directement concernée par l’image du territoire qu’elle représente. Cette dernière, par son implication dans 7
de multiples politiques urbaines, affirme explicitement savolonté d’agir sur l’image. Le domaine de compétences du Conseil général, même s’il est élargi, ne lui permet pas, a priori, de traiter la question d’image par une approche globale. Celle-ci doit intégrer les dimensions économique, sociale et urbaine du territoire et oblige chacun des acteurs (dotés d’un pouvoir d’action plus ou moins élargi), à s’ouvrir auxdifférentes formes de partenariat. Le Conseil général s’inscrit-il dans une telle démarche ?
Comment le Conseil général peut-il contribuer ainsi à améliorer l’image du territoire ? Quelles actions met-il en œuvre pour promouvoir son action ? Celle-ci induit généralement, en parallèle, des actions de communication,visant à promouvoir ses choix. Si stratégie marketing ilya, il est nécessaire de définir les moyens qu’elle emploie, les objectifs qu’ellevise, et de mesurer le degré d’adéquation de celle-ci avec les actions menées par le Conseil général. La valorisation de l’image à travers le marketing urbain passe par des actions de communicationvisuelles (presse, affichage public, sites, plaquettes…) mais aussi par le discours des acteurs. Les deuxse conjuguent pour donner forme aux projets et politiques menés.
Pour répondre à ces questionnements nous aborderons deuxaxes dépendants l’un de l’autre dans le cas de figure de la Seine-Saint-Denis, ceci afin d’étudier la politique du Conseil général en prenant en compte les différentes formes de partenariat dont celle-ci fait l’objet. Conscients des enjeuxauxquels la Seine-Saint-Denis est confrontée et mobilisée pouryfaire face de façon solidaire, l’ensemble des collectivités publiques -l’Etat, la Région, le département de la Seine Saint-Denis, les communes et leurs regroupements - s’accorde pour conduire une actionvolontariste souvent dans un cadre partenarial.
Si la redynamisation économique du territoire est déjà bien entamée (ce qui pousse certains à employer le terme de « décollage »), celle de la restructuration de l’espace et du cadre urbain reste une préoccupation partagée par tous les acteurs, car considérée comme un des principauxhandicaps du département. Le potentiel exceptionnel dont dispose la Seine-Saint-Denis est en effet aujourd’hui grevé par une accumulation de handicaps économiques, sociauxet urbains, d’ampleur.
Au travers de la mise en évidence d’une divergence qui se creuse entre le social et l’économique, le diagnostic territorial pointe d’emblée une double déficience de la cohésion territoriale de la Seine-Saint-Denis. La dissociation entre les dynamiques sociale et économique met en cause l’équilibre du territoire.
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Dans le cadre des compétences qui sont les siennes le Conseil général cherche à apporter des réponses face aux enjeux auxquels doit faire face la Seine-Saint-Denis. Certains sont propres à son territoire et d’autres à l’institution départementale. Parallèlement à l’étude de la dynamique économique, il nous semble important d’aborder l’action du Conseil généralvisant à traiter le cadre urbain (réhabilitation et restructuration) à travers trois questions qui se situent au cœur des déséquilibres dont souffre la Seine-Saint-Denis : les déplacements et les transports qui permettent de soulever la question de l’accessibilité et de la desserte de l’espace ; l’habitat qui marque directement l’image du territoire par les spécificités liées à son type, par ses formes architecturales et par son agencement dans l’espace urbain ; le cadre environnemental et paysager qui prend une dimension principale dans un espace fortement marqué par l’implantation de l’industrie et l’existence de nombreuses friches.
Cet ouvrage a pour ambition de dégager les principauxenjeuxdu veloppement du territoire de Seine-Saint-Denis et de son image et d’analyser parallèlement l’action et la perception des édiles urbains. Notre première partie s’intéressera particulièrement à la stratégie de restructuration du territoire du département face auxenjeuxde cohésion sociale et spatiale. Notre seconde partie abordera la stratégie de redynamisation économique du territoire face auxdéséquilibres qui handicapent lourdement le développement homogène de la Seine-Saint-Denis. Nous traiterons enfin la stratégie marketing du Conseil général et son positionnement envue devaloriser l’image de la Seine-Saint-Denis. L’évolution des fonctions de l’échelon départemental sera analysée dans le cadre du paysage institutionnel actuel.
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