Guérir / Tuer
207 pages
Français

Guérir / Tuer

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Description

LQVWLWXWLRQV DXWRXU GH JUDQGV WKqPHV G·DFWXDOLWp DERUGpV GDQV OD SHUVSHFWLYH UpÁH[LYH GH 1 4 cahiers 14 d’anthropologie sociale Guérir Tuer L’Herne CAHIERS D’ANTHROPOLOGIE SOCIALE L’Herne Ouvrage publié avec le soutien du Collège de France © Éditions de l’Herne, 2017 22, rue Mazarine 75006 Paris lherne@lherne.com Guérir / Tuer Ce Cahier a été dirigé par Andréa-Luz Gutierrez Choquevilca L’Herne Cahiers d’anthropologie sociale Comité d’honneur Claude Lévi-Strauss (1908-2009), Françoise Héritier, Nathan Wachtel Directeur Philippe Descola Coordinateurs de la collection Salvatore D’Onofrio, Dimitri Karadimas Comité de rédaction Julien Bonhomme, Andréa-Luz Gutierrez Choquevilca, Monique Jeudy-Ballini, Frédéric Keck Secrétaire de rédaction Christophe Sabouret Les Cahiers d’anthropologie sociale publient les journées d’étude et les séminaires du Laboratoire d’anthropologie sociale (LAS), unité mixte de recherche du Collège de France, de l’École des hautes études en sciences sociales et du Centre national de la recherche scientifique. Sommaire Andréa-Luz Gutierrez Choquevilca Introduction. Transformer la nature, anthropologie dupharmakôn ........................... Élisabeth Motte-Florac Pharmakônet pratique thérapeutique. L’exemple de lalimpiaau Mexique ........... Samir Boumediene Visions du diable ? Les conflits autour du pouvoir des plantes « hallucinogènes » en Nouvelle-Espagne à l’époque moderne ...................

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Date de parution 14 avril 2017
Nombre de lectures 20
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

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institutions autour de grands thèmes d’actualité abordés dans la perspective réLexive de
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cahiers14 d’anthropologie sociale
Guérir
Tuer
L’Herne
CAHIERS D’ANTHROPOLOGIE SOCIALE
L’Herne
Ouvrage publié avec le soutien du Collège de France
© Éditions de l’Herne, 2017 22, rue Mazarine 75006 Paris lherne@lherne.com
Guérir / Tuer
Ce Cahier a été dirigé par AndréaLuz Gutierrez Choquevilca
L’Herne
Cahiers d’anthropologie sociale
Comité d’honneur Claude LéviStrauss (19082009), Françoise Héritier, Nathan Wachtel
Directeur Philippe Descola
Coordinateurs de la collection Salvatore D’Onofrio, Dimitri Karadimas
Comité de rédaction Julien Bonhomme, AndréaLuz Gutierrez Choquevilca, Monique JeudyBallini, Frédéric Keck
Secrétaire de rédaction Christophe Sabouret
Les Cahiers d’anthropologie sociale publient les journées d’étude et les séminaires du Laboratoire d’anthropologie sociale (LAS), unité mixte de recherche du Collège de France, de l’École des hautes études en sciences sociales et du Centre national de la recherche scientifique.
Sommaire
AndréaLuz Gutierrez Choquevilca Introduction. Transformer la nature, anthropologie dupharmakôn...........................
Élisabeth MotteFlorac Pharmakônet pratique thérapeutique. L’exemple de lalimpiaau Mexique ...........
Samir Boumediene Visions du diable ? Les conflits autour du pouvoir des plantes « hallucinogènes » en NouvelleEspagne à l’époque moderne .........................................................................................
AndréaLuz Gutierrez Choquevilca Un art de la maîtrise amérindien : pour une approche relationnelle du poison .....
Claudie Haxaire Quand la semence se fait poison : organisation de la pharmacopée gouro autour des troubles de la fécondité ........................................................................................................
Sabrina Krief et Florence BrunoisPasina L’interspécificité dupharmakôndans le parc Kibale (Ouganda) : savoirs partagés entre humains et chimpanzés ? ..........................................................................
Céline Valadeau Pharmacopées hybrides et corps composites chez les Yanesha du piémont péruvien .........................................................................................................................................
Julie Laplante Devenir humainplante aux abords volcaniques de l’océan Indien .................................
David Dupuis Pharmacopées indigènes et internationalisation ducuranderismopéruvien : le cas de Takiwasi (Haute Amazonie)................................................................
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Introduction. Transformer la nature, anthropologie dupharmakôn
AndréaLuz Gutierrez Choquevilca
«Mortua dat vitam mortem quae viva dedisset»
Thériaque d’Andromaque
L’homme façonne et continue de transformer, plus que n’importe quelle autre espèce sur la planète, le monde dans lequel il évolue : on cite une nouvelle ère géolo-gique, l’anthropocène. Si les débats scientiiques fusent autour des conséquences écologiques et politiques d’un tel bouleversement, il semble urgent d’ouvrir une rélexion anthropologique sur la notion depharmakôn, remède et poison, et sur les manières variables qu’ont les peuples dans le monde d’inventer de nouvelles tech-niques pour transformer la vie ou la détruire, créer de nouvelles catégories pour comprendre le vivant, y inscrire leur empreinte. Philosophes et sociologues des sciences rappellent volontiers que la cible de l’anthropologie moderne est un empire médian, situé entre « natures » et « sociétés », voyant émerger des objets hybrides rele-vant des unes comme des autres, baptisés « quasi-objets » et « quasi-sujets » (Latour, e 1993). Le tournant est fait. Il est devenu impensable aude continuer à user siècle des catégories de nature et de culture comme on le ferait d’entités discrètes de la pensée. Sciences de la nature et sciences humaines voient avec bonheur leur objet converger autour de la notion de vie, concept qui peut sembler à la foiscreux– tant son extension embrasse large – etheuristique, puisqu’il reste, en tout cas d’un point de vue strictement empirique, pertinent. En effet, la « vie » comme concept ethnogra-phique, a retenu l’attention de tous les peuples dans le monde. Il n’est pas une société qui ne possède sa propre conception de la genèse, de la mort ou de la reproduction.
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L’anthropologie des remèdes offre un terrain fécond d’observation de ces processus qui gouvernent la transformation des corps et des organismes. Elle pointe du doigt la complexité desfrontières vivanteset leslieux de partageimprobables qui se dessinent entre acteurs humains et non-humains, à travers l’expérience de la maladie, de la mort, du soin ou de l’ivresse. Chaque cas ethnographique révèle le chromatisme des petits intervalles qui séparent et relient les humains à ces sujets-objets hybrides, remèdes ou poisons, qu’ils ont eux-mêmes, tels des démiurges, mis au monde. Ce volume peut être envisagé comme une exploration de ces frontières. Sous le maillage dense des ethnographies portant sur le savoir médical et botanique des Gouro de Côte d’Ivoire, celui des chimpanzés et des Batooro dans l’ouest de l’Ou-ganda, celui des chasseurs et des spécialistes rituels amérindiens du Mexique à l’Amazonie, celui des maîtres duJamuà Java ou celui des missionnaires du Nouveau Monde, les contributeurs de ce volume proposent une rélexion épistémologique sur la façon dont les collectifs humains et non-humains construisent le vivant et contri-buent à sa reproduction ou à sa destruction à travers le prisme dupharmakôn. Parce qu’il existe plusieurs façons de rendre intelligibles les phénomènes biologiques et la classiication du vivant, les auteurs questionnent les déinitionsemic etetic de catégories conceptuelles partagées, comme la thérapeutique, la notion demateria medica, et celle de processus physiologique. L’anthropologie des remèdes révèle que la plupart des sociétés humaines intègrent les savoirs sur lepharmakôn– remède ou substance toxique – et la classiication du vivant dans un processus plus général de transformation de la nature et de construction du savoir thérapeutique et religieux dans un champ commun, réunissant un réseau complexe d’acteurs humains et non humains. Quelles variations peut-on identiier entre ces modes de transformation de la nature d’une société à l’autre ? Comment les sociétés humaines décrivent-elles l’ac-tion attribuée aux remèdes, aux poisons et aux substances toxiques sur un organisme vivant ? L’ambivalence constitutive des remèdes a généré pour chaque discipline 1 une déinition implicite ou explicite des notions d’eficacité ou de toxicité . Eficacité d’un principe actif, eficacité thérapeutique ou eficacité relationnelle, une rélexion épistémologique transversale sur les méthodes des sciences expérimentales et des 2 sciences humaines est l’une des pistes de recherche à l’origine de cette publication. Ce concept est dans ce volume mis à l’épreuve de l’ethnographie. Plusieurs contri-butions mettent en regard de façon critique les interprétations médicale, anthro-pologique et phytochimique dupharmakôn. Si l’eficacité de certains remèdes ne peut être quantiiée pharmacologiquement, quels sont les critères employés par les sociétés étudiées, humaines ou animales, pour distinguer ces substances entre
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