Brésil de la monarchie à l'oligarchie

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Français
184 pages
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L'histoire intellectuelle et politique du Brésil est ici retracée, de l'Indépendance à l'aube des années Vargas. Cet ouvrage invite le cas brésilien dans une histoire globale de la représentation politique et de la construction de l'Etat moderne. Il montre aussi comment l'expérience des "pays périphériques" (comme le Brésil) a été conditionnée par les représentations existantes des pays centraux (EU, France, Grande-Bretagne).

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Date de parution 01 septembre 2011
Nombre de lectures 131
EAN13 9782296469099
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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BRÉSIL DE LA MONARCHIE À L’OLIGARCHIE Construction de l'État, institutions et représentation politique (1822-1930)
Recherche et traduction financées parla FondationCasa de Rui Barbosa, Rio de Janeiro. © L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-56392-6 EAN : 9782296563926
Christian Edward Cyril LynchBRÉSIL DE LA MONARCHIE À L’OLIGARCHIE Construction de l'État, institutions et représentation politique (1822-1930) Préface de Pierre Rosanvallon, Professeur au Collège de France
Recherches Amériques latines Collection dirigée par Denis Rolland et Joëlle Chassin La collectionRecherches Amériques latinespublie des travaux de recherche de toutes disciplines scientifiques sur cet espace qui s’étend du Mexique et des Caraïbes à l’Argentine et au Chili. Dernières parutions J.-P. BLANCPAIN,Les Européens en Argentine. Immigration de masse et destins individuels (1850-1950), 2011. J.-P. BERTHE et P. RAGON (eds),Penser l’Amérique au temps de la e e domination espagnole, Espace, temps et société, XVI – XVIII siècle, Hommages à Carmen Val Julian, 2011. Henri FAVRE,Changement et continuité chez les Mayas du Mexique, Contribution à l’étude de la situation coloniale en Amérique latine, 2011. Marcos EYMAR, La langue plurielle. Le bilinguisme franco-espagnol dans la littérature hispano-américaine (1890-1950),2011. Pauline RAQUILLET,Alfred Ebelot. Le parcours migratoire d’un e Français en Argentine au XIX siècle, 2011. Pierrette BERTRAND-RICOVERI,Mitología shipibon2010. German A. de la REZA,Les nouveaux défis de l’intégration en Amérique latine, 2010. João Feres Júnior,Histoire du concept d'Amérique latine aux Etats-Unis, 2010. Marie-Cécile BENASSY-BERLING,Sor Juana Inés de la Cruz. Une femme de lettres exceptionnelle. Mexique XVIIe siècle, 2010. Florencia Carmen TOLA,Les conceptions du corps et de la personne dans un contexte amérindien, 2009. Marcio Rodrigues PEREIRA,Le théâtre français au Brésil de 1945 à 1970 : un outil de la diplomatie française contre le recul de son influence culturelle, 2009. Alain KONEN,Rites divinatoires et initiatiques à La Havane, 2009. Montserrat VENTURA i OLLER,Identité, cosmologie et chamanisme des Tsachila de l’Équateur, 2009. Henri FAVRE,Le mouvement indigéniste en Amérique latine, 2009. Thomas CALVO,Vivre dans la Sierra zapotèque du Mexique (1674-1707), 2009.
Pour Wanderley Guilherme dos Santos, maître de la politologie brésilienne
Préface L’ouvrage de Christian Lynch retrace l’histoire intellectuelle et politique du Brésil de 1822 à 1930, de l’Indépendance à l’aube des années Vargas. Il est passionnant à un double titre : par son contenu et par sa méthode. Il invite d’abord à reconsidérer les histoires simples et linéaires de la démocratie, décrivant de façon répétitive la transformation d’un monde initial dominé par des élites libérales et régi par le suffrage censitaire en un monde réglé par le suffrage universel. Celles-ci mettent communément en scène l’éclosion progressive d’un modèle qui aurait eu sa dynamique déterminée dès son origine et n’aurait fait que s’élargir et s’accomplir sous la pression des revendications populaires autant qu’avec les progrès de l’éducation et le développement d’une urbanisation symbole de rupture avec l’ordre traditionnel. Le problème est que seule la Grande-Bretagne a en fait suivi ce schéma, l’histoire du gouvernement représentatif y ayant été clairement rythmée par les trois grandes réformes élargissant le droit de suffrage au e XIX siècle. Les États-Unis eux-mêmes ont suivi une évolution différente, la démocratie des mœurs y ayant précédé une démocratie des institutions plus discutée. Quant à la France, elle a donné l’exemple d’une histoire chaotique dans laquelle se sont succédé les avancées et les régressions, les réalisations démocratiques les plus audacieuses ayant alterné avec la valorisation de ses caricatures les plus sinistres. L’idée qu’il existerait un modèle démocratique universel doit pour cela céder le pas à la considération de la diversité des histoires ou des expériences. La démocratie n’a pas seulement une histoire. Elleestune histoire. Elle est indissociable d’un travail d’exploration et d’expérimentation, de compréhension et d’élaboration d’elle-même. Christian Lynch contribue de façon éclairante à cette compréhension dynamique et renouvelée du fait démocratique en élargissant le champ d’appréhension de son histoire. En
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invitant à intégrer le cas brésilien, et aussi de façon secondaire, ceux de l’Argentine et du Chili, dans une histoire globale de la représentation politique et de la construction de l’État moderne, il enrichit cette dernière. L’ouvrage participe de cette façon d’une fort nécessaire désoccidentalisation de l’histoire du phénomène démocratique. Il doit d’abord être salué à ce titre. Les indépendances latino-américaines, la révolution haïtienne, e les processus de décolonisation duXXsiècle : autant d’histoires qu’il est désormais indispensable de considérer comme aussi essentielles que celles des révolutions américaines et françaises. Mais Christian Lynch va plus loin. Il a aussi voulu montrer de façon détaillée comment l’expérience des « pays périphériques » (comme le Brésil) avait été conditionnée par les représentations existantes de l’expérience des « pays centraux » (les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne) et par les éléments de langage constitutifs de celles-ci. Le récit de l’auteur est là tout à fait passionnant. Il montre de façon lumineuse les conditions du choc entre les conceptions contracturalistes fondant les idéaux de liberté et d’égalité, empruntés à l’Europe, et la réalité géographique, sociale et culturelle d’un pays comme le Brésil à e l’aube duXIX siècle. La présence de populations autochtones, l’immensité et la segmentation des territoires, la faiblesse des moyens de communication : toutes ces réalités empêchaient de donner un caractère instrumental à l’idée d’un peuple acteur du changement. La nation avait certes été rhétoriquement célébrée pour motiver la sécession d’avec Lisbonne. Mais ce n’était qu’une « nation de papier », sans consistance sensible. D’où le choix des élites du pays d’opter pour une « politique positive », forme modernisée du vieux despotisme éclairé. D’où la centralité conséquente du comtisme au Brésil. Auguste Comte y a été, avec John Stuart Mill et Lastarria (leur vulgarisateur chilien), la référence qui a permis de lier le « neuf » de la modernité politique au « vieux » de la réalité du pays à cette époque. L’ouvrage de Christian Lynch, de cette manière, ne constitue pas seulement un apport de premier plan à l’histoire du Brésil. Il contribue aussi de façon magistrale à enrichir l’histoire générale de la démocratie, à en faire ressortir une tension essentielle. Il faut saluer sur ce point la vaste culture théorique
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