Histoire de la Renaissance
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Description


La Renaissance marque le début des Temps modernes. En cela, elle constitue la source intellectuelle et esthétique de notre culture. À travers ses grands thèmes, ses grands événements et ses grandes figures, ce livre donne des repères pour comprendre cette époque florissante et sa place dans l'histoire de France. Organisé par domaine et par mots-clés, il propose de nombreux outils pédagogiques (synthèses, chronologies, cartes...) qui en font un ouvrage vivant, clair et accessible.




  • Une approche nouvelle


  • Un guide facile à consulter


  • Un livre complet




  • Politique


  • Religions


  • Société


  • Economie


  • Guerre et calamités


  • Sciences et techniques


  • Civilisation

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 07 juillet 2011
Nombre de lectures 456
EAN13 9782212867459
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0052€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Marie-Anne Michaux

Histoire de la Renaissance

2007
licence

Groupe Eyrolles
61, bd Saint-Germain
75240 Paris cedex 05

www.editions-eyrolles.com
Avec la collaboration de Patrice Beray
Mise en pages : Istria
Illustrations : © Marie-Anne Michaux

Le code de la propriété intellectuelle du 1er juillet 1992 interdit en effet expressément la photocopie à usage collectif sans autorisation des ayants droit. Or, cette pratique s’est généraliséenotamment dans les établissements d’enseignement, provoquant une baisse brutale des achats de livres, au point que la possibilité même pour les auteurs de créer des œuvres nouvelles et de les faireéditer correctement est aujourd’hui menacée. En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que cesoit, sans autorisation de l’éditeur ou du Centre Français d’Exploitation du Droit de Copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
© Groupe Eyrolles, 2007
ISBN 10 : 2-7081-3690-9
ISBN 13 : 978-2-7081-3690-8
Sommaire

POLITIQUE
Monarchie absolue
Conseil du roi
Une définition incertaine
Le rôle du conseil
Domaine royal
L’inaliénabilité et la diversité
Une souveraineté relative
Mariages, apanages et successions
Paris
Une capitale
L’administration royale
L’administration municipale
Un rôle politique essentiel
Vassalité
Un système obsolète
Le pouvoir nobiliaire
État
Bretagne
Une politique à long terme
Une succession complexe
Édits
Les édits des guerres de religion
États généraux
Un rôle politique
Les décisions des états
Une issue incertaine
La monarchie absolue contre les états généraux
Les états des ligueurs
Parlements
Des fonctions diverses
Noblesse
Cour
Une organisation précise
Un marché d’influence
Une population grandissante
Les fastes et les luttes de pouvoir
Favoris
L’absence de la haute noblesse
Les Valois et les favoris
Les dérives du favoritisme
Princes du sang
Une position enviable
Des privilèges politiques
Le respect de la tradition
S y n t h è s e

RELIGIONS
Catholicisme
Bénéfices
Les revenus ecclésiastiques
De nombreux abus
Concordat de Bologne
La pragmatique sanction
Une extension du pouvoir royal
Gallicanisme
Le gallicanisme contre l’ultramontanisme
La primauté du pape
De nouvelles expressions du gallicanisme
Des enjeux politiques
Vers un certain nationalisme
Indulgences
Une pénitence tarifée
Le marchandage de la foi
Ligues
Les premières formations
Des organisations incontrôlables
Le danger ligueur
Islam
Croisade
Un rêve
Un enjeu politique
Un acte héroïque
Une crainte infondée
Un ennemi commun
Empire ottoman
Une entente franco-ottomane
Des avantages économiques
Un choix politique difficile
Un allié incontournable
Réforme
Anglicanisme
Un divorce tumultueux
Une Église nationale
Un choix très politique
La reine Élisabeth
Calvinisme
Jean Calvin
La doctrine calviniste
Le Sud du royaume, terre d’accueil
Évangélisme
Érasme
Le Cercle de Meaux
Huguenots
L’étymologie
Les interprétations et les références
Réforme catholique
Athéisme
Une difficile interprétation
La raison et la religion
Un retour aux sources ?
Concile de Trente
Un concile chaotique
La réforme catholique
Une « contre »-réforme
Jésuites
Les enseignants et les missionnaires
Transsubstantiation
La présence réelle du Christ
Des dissensions
Un dogme catholique
S y n t h è s e

SOCIÉTÉ
Ordres
Clergé
Le rite de la tonsure
Le passage dans les ordres majeurs
Valoriser et recruter des prêtres
Une formation insuffisante
Les évêques
Les ordres monastiques
Noblesse
Devenir noble
La vénalité des offices
Une classe privilégiée
Tiers état
Un rôle politique
Rédiger les coutumes
Français
Enfant
La première et la deuxième enfance
Un « petit » adulte
L’abandon
Famille
Le veuvage et le remariage
Le contrat d’affrèrement devant notaire
Femme
La nature de la femme
Le sexe faible
La femme dans la société
S y n t h è s e

ÉCONOMIE
Agriculture
Agronomie
Les publications
Une noble activité
Un état des lieux contrasté
Céréales
Une alimentation de base
Les céréales d’hiver
Les céréales de printemps
Les régions
Disette
Mercuriale
Une pratique ancienne
Le prix du pain
Une disparité des mesures
Moulin
Une source d’énergie
Un rôle économique
Rendement
Des rendements faibles
Progrès et déclin
L’absence de solutions
Un trésor naturel
Commerce
Banque
Différentes opérations
La France en retard
Découvertes
Le désintérêt français
Le Brésil
Luxe
Lois somptuaires
La production française
Mercantilisme
Un terme adapté ?
L’autosuffisance
Le stock d’or
Réguler le commerce
Des intérêts divergents
La puissance du royaume avant tout
Monnaie
Les métaux précieux
Les hôtels de la Monnaie
La fabrication
Le faux-monnayage
Les manipulations monétaires
Transports
Les routes
Le transport fluvial
Le transport maritime
Fiscalité
Budget
Le début des finances modernes
La centralisation
Les revenus et les dépenses
Le Trésor de la Bastille
Dette
Un déficit constant
Les finances du royaume
La perception de l’impôt
Impôt
L’impôt direct : la taille
La taille réelle
La taille royale
Les impôts indirects : les aides
Les traites
Les péages
Les droits de gruerie
Système financier
La recette
Pays d’élection versus pays d’état
La ferme
Les gens de finances
Industrie
Artisanat
L’apprentissage
Le compagnonnage
La fermeture de l’accès à la maîtrise
Une activité d’appoint
Industrie
L’industrie du fer
L’exploitation des mines
L’imprimerie
Métiers
Les différents corps de métiers
Les jurés
Des abus de pouvoir
Les grèves et les conflits
La réaction du pouvoir royal
S y n t h è s e

GUERRES ET CALAMITÉS
Guerres
Artillerie
Le transport
La fabrication des pièces
La poudre et les boulets
L’absence de normalisation
La propriété et le contrôle
Un rôle stratégique
Extraordinaire des guerres
Le paiement des troupes
Les fraudes et les malversations
Des conséquences « extraordinaires »
Gendarmerie
La lance
L’élite militaire
La furia francese
Calamités
Peste
Les « pestes »
Les épidémies
La famine et la pestilence
Éloigner le danger
Les problèmes d’hygiène
Les malades
Le fléau de Dieu
Le pouvoir civil mobilisé
Les conséquences sociales
Révoltes populaires
La passivité : une caractéristique française
Les révoltes en milieu rural
Un mouvement populaire
Une politique royale répressive
Les révoltes urbaines
Guerres de religion
Barricades
Une suite d’événements
L’influence extérieure
Le feu aux poudres
Un mouvement spontané
L’humiliation du roi de France
Une action qui a marqué les esprits
L’union des Parisiens
Saint-Barthélemy
Des noces attendues et tendues
Un attentat raté
Un climat de doute
La prise de décision
Des massacres incontrôlés
S y n t h è s e

SCIENCES ET TECHNIQUES
Sciences
Alchimie
L’alchimie des métaux
La distillation
L’alchimie spéculative
Anatomie
La dissection
Le modèle galénique
Astrologie
Les trois formes d’astrologie
L’astrologie judiciaire
La divination
Les humanistes et les réformateurs
Chirurgie
Les publications
Les barbiers-chirurgiens
Médecine
L’humorisme
La physiologie
Les progrès et les limites
Techniques
Imprimerie
L’invention de l’imprimerie
L’imprimerie en France
L’art des imprimeurs
Le monde de l’édition
La diffusion des idées
Jardins
Le jardin français
Une valeur humaniste
Urbanisme
Les villes idéales
Les villes nouvelles
Les plans d’urbanisme
S y n t h è s e

CIVILISATION
Vie quotidienne
Alimentation
Quelques données
L’alimentation et la religion
Amour
L’amour, un sentiment contraire au mariage
Une réalité très diverse
Éducation
Les théories humanistes
L’importance d’une bonne éducation
Un système éducatif précoce et inventif
L’art du langage
Une éducation réservée à l’élite
Langues
Le latin devient une langue morte
Une géographie linguistique complexe
La nécessité d’être bilingue
Propreté
Un changement d’attitude
Une propreté politiquement incorrecte
Arts
Arts plastiques
L’architecture
La sculpture
La peinture
Littérature
Jouer avec les mots
La poésie
La multiplication des écrits
Un besoin de rire et de rêver
L’art de la reliure
Musique
La poésie et la chanson
La musique au quotidien
Un art complexe
Une science
La musique et la Réforme
La musique et l’Église catholique
Un art au cœur des tensions religieuses
S y n t h è s e
POLITIQUE
La cérémonie du sacre mise en place à l’époque médiévale scelle pour le peuple l’union du monarque à son royaume. Mais à la Renaissance ce lien intangible entre le« corps royal » et le « corps du royaume » est plus clairement défini : les notions de justice et de dignité royale sont immortelles. Le souverain n’est que l’incarnation, certes sacrée maistoujours terrestre, de cette monarchie qui le dépasse. Sa mort signe la transmission immédiate de sa dignité royale à son successeur. Cette conception permet d’assurer la légitimité de l’autorité dusouverain sur son royaume et renforce l’idée de la supériorité du sang royal sur les autres.
Chronologie
Monarchie absolue

La monarchie absolue se définit par le rejet par le pouvoir royal de l’influence politique de « l’aristocratie » (le Conseil) et de la« démocratie » (états généraux, parlements). Au XVI e siècle, lepou voir absolu du roi fait craindre des dérives vers la tyrannie mais les guerres successives font que l’usage de ce pouvoir, normalement exceptionnel, se répèteet se normalise. L’opposition à l’émergence de la puissance absolue du roi reste cependant vivace dans la haute noblesse et les parlements.
Conseil du roi
À l’époque médiévale, le roi est assisté dans son gouvernement par la Curia Regis . Ces réunions traitent indistinctement detoutes les questions politiques et, dès le XIII e siècle, il apparaît nécessaire de soulager la de certaines charges : le parlement de Paris, chargé des affaires judiciaires, et lachambre des comptes, chargée des affaires financières, sont alors créés. C’est pour la même raison qu’en 1497, le conseil du roi donne naissance au Grand Conseil, une nouvelle section judiciaire quijuge les différends entre cours souveraines (les parlements, les chambres de comptes, les cours des monnaies). Le Grand Conseil, qui siège à Paris, peut aussi traiter les questions ecclésiastiquesauparavant jugées par les tribunaux ordinaires.

Curia Regis : assemblée de vassaux convoqués par le souverain, composant le conseil du roi.
Une définition incertaine
Au XVI e siècle, le conseil du roi est encore mal défini, non seulement dans la terminologie de ses différents conseils mais aussi dans ses compétences. Sousle règne de François I er , il est composé de deux conseils principaux.

Les conseils du roi sous François I er
Le conseil étroit, ou conseil secret, ou encore conseil des affaires, traite des affaires les plus importantes et ne compte que peu de conseillers, soigneusementchoisis par le monarque, généralement parmi la haute noblesse. Le conseil privé, ou conseil des parties, s’occupe d’affaires judiciaires et administratives plus ordinaires. On peut y retrouver lesconseillers du conseil étroit et des hommes de robe, toujours convoqués par le roi.
En 1564, sous Charles IX, apparaît un conseil des finances, qui disparaît au bout de dix ans. Henri III impose cependant le nom de conseil d’État à la place de conseildu roi et met en place une organisation plus précise à travers divers règlements. Le nombre de conseillers a beaucoup varié selon les périodes : de dix à vingt sous François I er , ilmonte à cent en 1572mais revient à cinquante-cinq en 1574, pour finalement se stabiliser à une trentaine de membres au siècle suivant.
Le rôle du conseil
Le conseil du roi est considéré à la Renaissance comme une limite à la monarchie absolue, puisque le souverain doit prendre en compte l’avis de ses conseillers.Néanmoins, le roi seul peut désigner les membres du conseil, ce qui diminue les risques d’opposition à ses décisions. Le pouvoir législatif du roi, qui se traduit par les « arrêts du conseil d’Étatdu roi » et les ordonnances, est en fait limité par le parlement de Paris qui valide ou n’hésite pas à critiquer ces actes. À la Renaissance, le parlement de Paris, ancienne émanation de la Curia Regis médiévale, est en quelque sorte le frein légitime à la monarchie absolue.


Domaine royal
Le domaine royal, ou domaine de la couronne, désigne les possessions en propre du roi : le domaine corporel, c’est-à-dire les terres, est distingué du domaineincorporel (droits, redevances).
L’inaliénabilité et la diversité
L’une des lois fondamentales du royaume garantit l’inaliénabilité et l’imprescriptibilité du domaine. Cette loi non écrite sera invoquée par le parlement de Paris pourcasser le traité de Madrid de 1526, par lequel François I er , alors prisonnier de l’empereur, donnait à Charles Quint la pleine souveraineté sur une partie du domaine royal, la Bourgogne.Cette loi coutumière est finalement consacrée en 1566 par l’ordonnance de Moulins. À la fin du XV e siècle, le domaine royal est encore entrecoupé de fiefs appartenant aux grandes maisonsde la noblesse française : les Armagnac, les Albret et Foix dans le Sud, les Bourbon dans le Centre, les ducs de Bretagne à l’Ouest. Cet ensemble géographique de territoires disparates, domaineroyal et fiefs, constitue le royaume de France.
Une souveraineté relative
Bien qu’officiellement le roi soit « empereur en son royaume », son autorité dans les fiefs de ses seigneurs n’est pas toujours bien respectée par ces derniers.L’intégration de ces territoires au domaine royal apparaît pour les monarques français comme un moyen simple d’étendre effectivement leur souveraineté dans le royaume. La conquête par les armes n’estpas justifiée puisque dès la fin du XV e siècle la noblesse reconnaît faire partie du royaume de France (mais non du domaine royal) et n’a plus la volonté indépendantiste qu’un duc deBourgogne a pu montrer quelques décennies plus tôt. Cependant, différents procédés légaux s’offrent aux rois pour unifier leur territoire et assurer leur autorité.
Mariages, apanages et successions
« Que dites-vous en France de Monsieur de Bourbon […] Soutenant le parti des Français : pour toute récompense, il a perdu le Bourbonnais. »
Chanson flamande, populaire en France après la mort de Charles de Bourbon.
Les alliances par mariages d’un membre de la famille royale à l’héritier ou l’héritière d’un fief garantissent l’extension du domaine à plus ou moins court terme.L’histoire de la Bretagne, entrée définitivement dans le giron royal en 1532, est un bon exemple d’alliance réussie. Les lois de succession favorisent aussi la couronne : de nombreux fiefs sontdes apanages, c’est-à-dire qu’en cas d’absence d’héritier, le territoire revient au souverain.


Le cas du Bourbonnais souligne cependant la complexité des successions. Charles de Montpensier épouse en 1505 Suzanne, duchesse de Bourbon, héritière de cet apanagequi, à sa mort, reviendra donc à ses enfants ou au roi. Cependant, au moment du mariage, Louis XII octroie à Charles le titre de duc de Bourbon, ce qui l’autoriserait à garder le Bourbonnais si safemme venait à mourir. Cette décision entraîne une querelle de succession lorsque Suzanne de Bourbon meurt en 1521 sans enfant : Louise de Savoie, cousine de Suzanne et mère de FrançoisI er , conteste la légitimité de Charles et réclame une partie des fiefs. Le litige est discuté et les opinions divisées jusqu’en 1523, date à laquelle Charles de Bourbon trahit FrançoisI er pour se rallier à l’empereur Charles Quint. La couronne confis-que alors purement et simplement les biens de Charles de Bourbon qui, outre le Bourbonnais, couvrent aussi l’Auvergne, leBeaujolais et le Forez.

Charles de Bourbon (1490-1527)
Sans doute peut-on considérer le connétable Charles de Bourbon comme le dernier grand vassal de la couronne : compagnon de François I er dans lesguerres d’Italie, sa naissance (il est prince de sang)et ses possessions lui assurent une influence considérable sur le plan politique. Cette puissance a peut-être inquiété le roi qui, lors desproblèmes de succession qui entourent la mort de la femme du connétable en 1521, prend clairement parti contre lui et confisque le Bourbonnais. En 1523, Charles de Bourbon quitte la France et partservir l’empereur Charles Quint. Il semble que nombre de contemporains n’aient pas considéré cet acte comme une trahison à la couronne mais comme le geste d’un vassal dont l’honneur avait étéinjustement bafoué par son suzerain, le roi de France. Charles de Bourbon meurt au combat comme ennemi de la France en 1527 mais reste admiré comme représentant de cet idéal d’honneurchevaleresque.
En 1531, ces terres ducales deviennent définitivement des possessions royales. Les hasards de la succession au trône ont aussi permis d’unifier le territoire : en1589, Henri de Navarre succède à Henri III sous le nom d’Henri IV et apporte à la couronne les derniers grands fiefs nobiliaires qui étaient encore séparés des propriétés du roi. À la fin du XVIdomaine royal et royaume de France se confondent enfin, à la fois géographiquement et dans l’esprit des contemporains. Les rois de France se trouvent ainsi à la tête d’un État dont l’unitégéographique leur permet d’étendre et d’assurer leur souveraineté sur tout le territoire.
Paris
En 1528, François I er , de retour de sa captivité espagnole, déclare dans une lettre envoyée à l’échevinage parisien qu’il a désormais l’intention de fairede Paris sa résidence principale. Pourtant, jusqu’à la fin de son règne, le roi maintient un mode de vie itinérant, ne s’attardant jamais très longtemps dans la capitale, une habitude héritée dessouverains médiévaux.
Une capitale
Bien que délaissée par les rois, Paris, la plus grande ville d’Europe avec ses quelque 300 000 habitants, accueille des institutions essentielles augouvernement : un parlement, dont l’autorité s’étend sur la moitié nord du pays, une chambre des comptes, une cour des aides, la cour des monnaies, une partie de la chancellerie et la Sorbonnedont la réputation dépasse les frontières du royaume.
L’administration royale
Paris est gérée par l’administration royale et municipale. Le roi nomme un gouverneur de Paris et de l’Île-de-France, qui exécute les ordres royaux concernant l’ordrepublic et la levée d’impôts extraordinaires. Un autre représentant du pouvoir royal, le prévôt ou garde de la prévôté, siège au Châtelet, il est en charge de la justice et de la police. Le corps deville quant à lui s’occupe de la voirie et de l’approvisionnement. Les rivalités entre ces différentes administrations ne sont pas rares. Contrairement au personnel royal, appointé par le souverain,les membres du corps de ville sont élus par chaque quartier. Bien que ces élections reposent sur un corps électoral très oligarchique et soient de plus en plus influencées par le roi, les Parisiensacceptent mieux l’autorité municipale que celle du Châtelet.

Oligarchie : dans une oligarchie, les droits politiques, comme le droit de vote, sont détenus par un groupe de personnes, quelquesfamilles des classes privilégiées. L’oligarchie se distingue de l’aristocratie où le pouvoir est héréditaire.
L’administration municipale
La municipalité de la ville de Paris, qui dispose d’une organisation relativement efficace et du soutien constant de la population, a toujours été soucieuse de garderson autonomie vis-à-vis du pouvoir royal. Cette volonté était encore renforcée par les prétentions politiques du parlement de la ville. Paris n’a ainsi jamais accepté d’abriter une garnison detroupes royales dans ses murs : celle-ci aurait donné à la monarchie un moyen de pression trop important. Le guet et la garde des portes de la ville sont assurés par la milice bourgeoise, forméepar les citoyens et dirigée par seize quarteniers, représentant chaque quartier.
Un rôle politique essentiel
« Paris vaut bien une messe »,
mot très probablement apocryphe d’Henri IV.
L’importance politique de Paris au XVI e siècle est comprise par les rois de France et par les Parisiens eux-mêmes : un roi qui n’a pas le soutien deParis n’est pas vraiment roi de France. Henri III l’apprend à ses dépens lors de la journée des Barricades le 12 mai 1588 : le roi se sentant menacé fait rentrer sa garde dans Paris, violantainsi les privilèges de la capitale. L’insurrection des Parisiens contre cette « tyrannie » est immédiate et Henri III doit fuir Paris.
Vassalité
La structure sociale de la France médiévale se fondait sur les liens de vassalité, c’est-à-dire le lien personnel entre un vassal qui jure fidélité à son seigneur etce dernier qui l’assure de sa protection. Ce système, qui commençait avec le simple seigneur de province pour remonter jusqu’à l’ultime suzerain, le roi, a permis aux souverains français d’établirleur légitimité dans le royaume en faisant des grands lignages nobiliaires leurs fidèles vassaux.
Un système obsolète
À la Renaissance, les liens vassaliques se relâchent sans pour autant disparaître complètement.

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