Histoire de Siguiri

Histoire de Siguiri

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Français
304 pages

Description

Si l'histoire de la Guinée est peu connue, celle des entités socio-culturelles qui la composent l'est encore moins. Cet ouvrage, qui s'appuie sur un vaste champ documentaire : témoignages, cartographie, archives coloniales, photographies..., s'ouvre par un bref aperçu de la situation précoloniale de la région de Siguiri en évoquant les contradictions internes qui ont engendré, parfois, des luttes acharnées entre chefferies rivales pour la conquête du pouvoir. Sont abordées les péripéties de la résistance africaine dont l'échec a abouti à la mise en place du système colonial.

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Date de parution 01 avril 2017
Nombre de lectures 69
EAN13 9782140033964
Langue Français
Poids de l'ouvrage 5 Mo

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Cheick FantamadyCONDE
Histoire de Siguiri De l’implémentation coloniale à l’indépendance (18881958)
Préface de Baba Cheick Sylla
Histoire de Siguiri
Cheick Fantamady CONDE
Histoire de Siguiri De l’implémentation coloniale à l’indépendance (1888-1958)
Préface de Baba Cheick Sylla
Du même auteur, chez L’Harmattan LE FOOTBALL GUINÉEN. Des origines à l'indépendance (1925-1958),2015SPORT ET POLITIQUE EN AFRIQUE. Le Hafia Football-Club de Guinée,2009© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-10906-0 EAN : 9782343109060
PRÉFACE
L’histoire d’un pays ne peut être correctement écrite que par ses propres fils. C’est le pari audacieux que l’Université guinéenne avait voulu réussir lorsque le cycle de chaque étudiant s’achevait par la présentation d’une thèse relative au passé ou aux réalités de la Guinée. Sékou Fantamady Condé s’était vu proposer alors le thème portant sur la «Monographie historique de Siguiri de l’implantation coloniale à l’indépendance ». Il se mit au travail avec enthousiasme et présenta en fin d’année un document de bonne facture que le jury apprécia à sa juste valeur en lui décernant la meilleure mention qui soit. Une quarantaine d’années après, l’auteur nous replonge dans le dédale du même sujet aussi vaste que captivant, emporté par la fougue de l’étudiant qu’il n’est plus depuis longtemps. Avec talent, il nous fait revivre les grandes étapes de la conquête coloniale et de la résistance africaine dans l’actuelle préfecture de Siguiri. Il présente le système mis en place après la mainmise française sur la région. Il nous conforte dans l’opinion que l’ordre colonial a revêtu les mêmes aspects partout où il fut instauré. Toutefois, le mérite de son travail est de ne pas s’en tenir seulement aux points communs à toutes les anciennes zones d’influence française en Afrique. Il relève les traits spécifiques à la région de Siguiri, en exhumant des faits auxquels les chercheurs ont consacré peu de place, donnant ainsi un intérêt supplémentaire à ce livre. L’auteur y parvient grâce à une approche remarquable, véritable synthèse entre la tradition orale et les renseignements contenus dans les bibliothèques et les archives. Mais par-dessus tout, ce livre se veut surtout un exemple à suivre. Il fait penser aux centaines de travaux identiques effectués par les différentes promotions de l’Université guinéenne. Des sujets multiples et variés ont été développés, permettant au chercheur, au lecteur de disposer d’une source de renseignements, irremplaçable sur la Guinée. En effet, depuis plus de cinquante ans que l’Université guinéenne s’est engagée dans cette voie, le bilan est impressionnant et élogieux à
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plus d’un titre. Toutefois, le monde étant l’objet de changements et de bouleversement incessants, les affirmations, les certitudes datant d’hier méritent parfois d’être revues, corrigées ou abandonnées. Il en est des œuvres de l’esprit comme des bâtiments anciens. De temps en temps, on leur donne du lustre pour mieux résister au temps. C’est ce chemin que l’auteur a choisi d’emprunter en nous offrant une édition expurgée et enrichie. Ses efforts méritoires devraient nous inspirer tous, d’autant plus que le besoin d’écrire l’histoire de la Guinée se pose avec acuité. Un vide existe incontestablement à ce niveau. Il est à combler et ne pourra l’être que grâce au travail de tous et de chacun. C’est pourquoi, nous félicitons l’auteur. Nous encourageons vivement tous ceux qui sont en mesure de faire autant à se mettre instamment au travail. Il est de leur devoir de le faire avec l’espoir que les pouvoirs publics et les bonnes volontés opérant dans le secteur privé ne s’abstiendront pas, le cas échéant, à leur apporter le soutien dont ils ont besoin. Docteur Baba Cheick SYLLA  Professeur d’histoire  Directeur de la Bibliothèque Nationale (1999-2016)
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INTRODUCTION
La réhabilitation du passé de nos peuples recommande à l’historien africain de fonder son travail sur la documentation traditionnelle. De nos jours, le moyen immédiat pour y parvenir est celui des études monographiques. Et c’est pour illustrer cette actualité que nous avions choisi comme thème de notre mémoire de fin d’études supérieures, "La monographie historique de Siguiri de l’implantation coloniale à l’indépendance ". Le thème revêt un intérêt historique évident, car Siguiri fait immédiatement penser au grand Empire du Mali qui a été le berceau d’une des civilisations les plus brillantes et les plus solides de l’époque médiévale. À ce titre, il n’est nullement étonnant d’apprendre que la préfecture de Siguiri reste l’un des plus importants sites historiques de notre pays. Véritable musée national, elle a le privilège de renfermer une somme considérable de vestiges qui en font un lieu historique par excellence. Pour s’en convaincre, il suffit de citer le centre archéologique de Niani, partie intégrante de la République de Guinée et ancienne capitale des intrépides guerriers que furent le fils de Sogolon Kédjou et ses descendants. Siguiri pour l’historien, c’est aussi la sous-préfecture de Niagassola où une véritable archivation de l’histoire en musique est entretenue par la présence du fameux balafon deSumanguru Kanté, le SOSO BALLA. Monumental instrument de musique qui berçait le repos de l’énigmatique "roi-sorcier" entre deux campagnes, ce balafon vieux de 9 siècles environ (809 ans selon les dernières estimations) est soigneusement conservé par les descendants de Balla Fasseké, obéissant en cela aux instructions laissées par le grand mécène que fut Soundiata Kéita. Niagassola doit aussi sa réputation à son fort dont la construction remonte à l’an 1885, symbole de la résistance héroïque que ses fils opposèrent à l’invasion française. Son "cimetière européen" où reposent plusieurs soldats du corps expéditionnaire français, le "cimetière des tirailleurs, témoignent de
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