L'Amérique latine de l'Indépendance à nos jours

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TABLEAUX STATISTIQUES ET GRAPHIQUES

Éléments statistiques de démo-économie et culture. Faits et chiffres : la population par pays (depuis 1850) ; l'explosion démographique ; investissements étrangers ; commerce extérieur. Quelques indicateurs sociaux : analphabétisme et produit intérieur brut par pays. Solde de la balance commerciale , 129 à 139

Mexique. Taux d'accroissement de la population et % urbain, 1900-1980, 199

Mexique. Indices de fécondité et descendances, 1900-1980 (graphique), 200

Amér. latine. Nombre d'enfants par femme : comparaisons, 1965-1980, 200

La contraception : évolution, 1970 à 1980, 200

Immigration nette en Argentine, 1970-1925 (graphique), 201

Immigration d'Européens et de Brésiliens, État de So Paulo (graphique), 202

Étagement des cultures et répart. des populations. Colombie (graphique), 217

Encours de la dette extérieure totale décaissée, 1981-1990. Amér. latine, 233

La dette 1988, 5 pays, 234

Structure de la production au Mexique, 1900 à 1965, 241

PNB par tête et espérance de vie (1960). Corrélations entre deux variables, 242

Distribution du revenu national au Mexique, 1950 à 1963, 243

Exportations argentines et termes de l'échange, 1900-1957, 259

Exportations du Venezuela, 1910-1960, 259

Prix mondiaux du pétrole, 1974-1990 (graphique), 262

Amér. latine : flux ou reflux de capitaux, 1983-1990, 276

Commerce des États-Unis avec l'Amér. latine, 1984-1990 (graphique), 277

Courbe de Lorenz comparant la répartition de la propriété des plantations de café en Colombie et au Salvador, 348

L'importance politique des grands éleveurs en Argentine de 1910 à 1943, 388

Colombie. Expansion des export. et phase d'industrialisation, 391

Dépenses d'éducation à Mexico, 1877-1910 (graphique), 453

Amérique latine. Nombre d'habitants par prêtre, 1949-1969, 481

Équateur. Recrutement et crise des vocations sacerdotales, 1945-1978 (graphique), 482

Mexique. Grands séminaires, 1965 à 1990 (graphique), 483

Amérique latine. Unions libres et naissances "illégitimes" en 1950, 483

Résultats officiels des élections mexicaines en 1988, 613

Brésil. Participation électorale, 1872-1945, 660


FIGURES, CARICATURES, ILLUSTRATIONS

L'Amérique centrale vue de Mexico : Violeta Chamorro présidente élue du Nicaragua, 1990, 130

Argentine : le nouveau "logo" de la Direction des Impôts (DGI), 235

Mexique : un fisc plus efficace ! (caricature, 1991), 236

La "blanchiment" des revenus de la drogue (figure), 271

A Buenos Aires des hiérarchies demeurent (caricature), 288

Origines indigènes et espagnoles des danses d'Indiens au Mexique (figure), 302

Amigos et clientèles dans la politique. Mexique (caricature), 320

Retour des champs. Naïf brésilien du Nordeste, 368

Un pôle urbain dynamique : So Paulo (affiche), 410

"L'Église populaire" au Nicaragua : affiche de la révolution sandiniste, 476

Le syndicat officiel au Mexique : Fidel Velázquez, 1936-1992 Ä (caricature), 530

Différentes versions mexicaines de la Révolution (caricature, 1959), 570

Fidel Castro vu au Mexique (caricature, 1990), 587

Perspectives de grand marché commun Mexique - États-Unis (caricature), 615

Argentine. Etendard de Rosas, 1833 (avec 4 bonnets phrygiens), 642

Affiche électorale Péroniste de 1987 : San Martín, Rosas, Perón, 647


CARTES

Amérique latine aux XIXe et XXe siècles, V

Mexique. Grandes infrastructures (1970-1992), 264

Amérique latine. Carte de la dépression de 1981-1989 : évolution du PNB/habitant, par pays, 278

Amérique latine. Ethnies et milieux naturels, 290

Argentine. Carte des zones de propriété dans la pampa, 352

Carte du réseau ferroviaire argentin en 1910, 353

Colombie. Le peuplement antioqueño : son expansion, 392

Le Brésil, 403

Le Mexique, 554

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EAN13 9782130737124
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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1993
François Chevalier
L'Amérique latine de l'Indépendance à nos jours
Copyright
© Presses Universitaires de France, Paris, 2016 ISBN numérique : 9782130737124 ISBN papier : 9782130451273 Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales.
Présentation
S’il eût été écrit dix ans plus tôt, ce livre serait déjà dépassé, dans la mesure où l’histoire aide à comprendre le présent, voire en partie l’à-venir. De fait, « l’Amérique » est devenue la seule super-puissance mondiale après la « Pérestroïka ». Ce livre se limite certes à sa partie « latine » si différente du nord. Mais une avant-garde de cent millions de Mexicains va entrer dans l’énorme marché commun que les Etats-Unis proposent au continent. C’est là en tous sens une mutation historique que suivent d’autres conversions – le tout impensable il y a peu, même pour les Angloaméricains bilingues déjà du Tex as à la Californie. Parallèlement dans ce livre se font jour les nouvelles lectures de l’histoire qui, au-delà du socioéconomique essentiel, donnent leur place ém inente d’acteurs politiques à e e l’idéologie et aux mythes, puis au religieux. Si l’Etat-nation des XIX -XX siècles est en retrait devant les unions en cours, des cultures s’affirment dans une nouvelle conscience des ethnies et de tant de marginalisés qui veulent leur place au pouvoir. De là les récents et indéniables progrès de la démocratie.
Table des matières
Introduction(François Chevalier et Yves Saint-Geours) Abréviations()
Documentation
Bibliographie : l'Amérique Latine en général(François Chevalier et Yves Saint-Geours) Sources et documents de base Bibliographie sélective par pays(François Chevalier et Yves Saint-Geours) Faits, dates et chiffres Des préalables. Les nouveaux États ibéro-américains(François Chevalier et Yves Saint-Geours) L'occupation des espaces Vue d'ensemble de l'Amérique indépendante Caractères spécifiques des nouveaux États Chronologie(François Chevalier et Yves Saint-Geours) Statistiques. L'Amérique latine depuis un siècle et demi : éléments statistiques de démo-économie(François Chevalier et Yves Saint-Geours) Conceptualisations de l'histoire Plusieurs lectures de l'histoire(François Chevalier et Yves Saint-Geours) Points de vue marxistes La production historique aux États-Unis De la dominante économique au sociopolitique et au culturel Vers une autre approche : conceptualiser la « modernité » égalitaire en Amérique latine ? L'histoire ibéro-américaine aux confins des autres sciences(François Chevalier et Yves Saint-Geours) Géographie et démographie L'économie Des anthropologies à l'ethno-histoire D'autres voies du culturel Une frontière importante : les sciences du politique Techniques interdisciplinaires. Corrélations. Informatique Démographie et peuplement. Des « frontières » ?(François Chevalier et Yves Saint-Geours) Sources et problématique Un fait essentiel : l'explosion démographique
Migrations et peuplement : des « frontières » ? Économie et croissance Economie et croissance(François Chevalier et Yves Saint-Geours) Modalités ibéro-américaines des paramètres économiques(François Chevalier et Yves Saint-Geours) Les prix Les salaires Vicissitudes de la rente Profits, productivité Crédit et investissements La dette, récent et grave problème Recettes fiscales et budgets Notes sur le coût des transports Notes sur le revenu national Une comptabilité nationale dans le passé ? Economies d'exportation et croissance(François Chevalier et Yves Saint-Geours) Deux conceptions et deux attitudes Le cas du guano péruvien d'après Levin Le sucre, le café Le pétrole au Venezuela Un nouveau pays pétrolier : l'Équateur Le Mexique : du pétrole aux sous-traitances (maquiladoras) Un cas particulier : cocaïne et narcodollars Bilan Épilogue : vers un grand marché américain ? Au-delà du socio-économique dans l'histoire : permanences et évolution Au-delà du socio-économique dans l'histoire : permanences et évolution (François Chevalier et Yves Saint-Geours) Des sociétés hétérogènes(François Chevalier et Yves Saint-Geours) Le trend : de la hiérarchie à l'homme égalitaire Les communautés indiennes L'acculturation De l'indien à la « culture de pauvreté ». Déculturation ? Caudillos, caciques et structures dominantes Notes sur les militaires Des anciennes aux nouvelles structures (notes) Les structures latifondiaires(François Chevalier et Yves Saint-Geours) Les pays tradition indigène : Mexique et pays andins
Un pays vide a forte immigration européenne : L'Argentine Les zones tropicales de plantation, dont Brésil Épilogue Forces nouvelles : centres urbains, « entrepreneurs » et pôles industriels(François Chevalier et Yves Saint-Geours) Centres urbains et expansion Les « entrepreneurs » dans l'ère industrielle Des pôles industriels de croissance Culture, valeurs, comportements Idées-forces et sociabilités(François Chevalier et Yves Saint-Geours) Rythmes communs et ruptures dans la pensée ibérique Le traditionalisme. Les conservateurs Le libéralisme et les nouvelles sociabilités Le « positivisme » scientiste L'anarchisme. Des socialismes aux populismes. Le marxisme D'autres mouvements de pensée Éducation. Enseignement Religion(François Chevalier et Yves Saint-Geours) Puissance et faiblesse de l'église ibéro-américaine Géographie ethnique et statistique de la pratique religieuse Le contenu divers de la foi Les déséquilibres politiques et sociaux
Crises, soulèvements, révolution(François Chevalier et Yves Saint-Geours) Crises politiques et révoltes élitistes « Ceux d'en bas » : soulèvements paysans et insurrections populaires Révolution : une modernité égalitaire de rupture ? « Révolutions d'indépendance » et révolutions libérales. Le « peuple souverain » au Mexique La révolution mexicaine depuis 1910 La révolution en Bolivie. 1930 à nos jours Notes sur le contexte de la révolution à Cuba Etat. Nation. Systèmes politiques(François Chevalier et Yves Saint-Geours) Des Caraïbes aux Andes Perspective de 1977-1979(François Chevalier et Yves Saint-Geours) D'hier à aujourd'hui et à demain. Perspective de 1993(François Chevalier et Yves Saint-Geours) Index(François Chevalier et Yves Saint-Geours)
Introduction
François Chevalier Professeur émérite à Paris I - Sorbonne
Collaboration de Yves Saint-Geours Agrégé d'histoire, ancien directeur de l'Institut français d'études andines.
l paraîtra sans doute présomptueux de la part d'un ou deux historiens de vouloir Ioffrir une histoire contemporaine de l'Amérique latine dans son ensemble, alors qu'on assiste tout en même temps à une singulière accélération de cette histoire, à l'éclatement interdisciplinaire du concept même de science historique et à l'explosion du nombre des ouvrages qui traitent de l'Amérique latine passée et présente. Il est de plus en plus clair qu'une telle histoire ne peut et ne pourra vraiment s'écrire qu'en équipe. En ce sens, les entreprises existent, telle la fort utileCambridge History of Latin Americaen cours, œuvre d'éminents spécialistes (parfois nationaux des pays traités), fût-ce dans un sens strictement historique, pragmatique, avec l'événement au centre — ce qui a aussi du bon. Quant à nous, de façon infiniment plus modeste et limitée, du moins avons-nous bénéficié de l'excellente et générale collaboration d'Yves Saint-Geours, spécialiste des pays indo-andins, malgré les hautes fonctions dont il a été chargé entre-temps au Quai d'Orsay. D 'autre part, nombre d'américanistes, collègues, anciens élèves et amis — au premier rang desquels François-Xavier Guerra, mon successeur à Paris I - Sorbonne — ont bien voulu participer à l'œuvre de différentes façons et nous faire bénéficier de leur connaissance particulière de telle aire ou tel thème. A la suite tous sont nommément cités et leurs contributions précisées, car elles sont importantes et nous ont été précieuses. Malgré des déficiences dont nous sommes bien conscient, notre projet n'est peut-être pas aussivain from the start que quelqu'un a pu le dire de la première édition de l'ouvrage. Il faut aussipenser ce continent d'une vingtaine d'Etats, tous théoriquement issus de la « souveraineté du peuple » et de la modernité des Lumières. En fait, dans ces « républiques » formelles et un empire libéral, le « peuple » et la « nation » se réduisirent plus ou moins longtemps à des groupes de citoyens devenus parfois d'étroites oligarchies, voire à quelques clans familiaux de coupe libérale, sinon aux clientèles mêlées des caudillos occasionnels ou plus durables. La dominante était de filiation hispanique et (ou) latine (y compris pour la forme dans la république noire d'Haïti). A ce niveau institutionnel, comment ne pas voir dans la longue durée, avec les langues ibéro-latines et l'Eglise catholique romaine, le règne de tant de juristes imbus de droit romain : de droit écrit lié à une tradition impériale qui dégage d'un réel très divers la loi ou la constitution abstraites, si différentes des normes coutumières ou
pragmatiques qui règnent ailleurs ? Une modernité libérale de rupture avec les légitimités traditionnelles, selon le modèle de la Révolution française, est bien partout à l'origine des constitutions politiques dans les nouveaux Etats indépendants d'Amérique latine. Mais il va sans dire qu'Europe et modernité y souffrent là mille avatars. Au-delà des spécificités très marquées, voire d'une « duplication » libérale, peut-on voir là une inclination « latine » à légiférer, à conceptualiser, à abstraire, à proclamer ou imposer un idéal universel ou une idéologie messianique, ou bien à e e laïciser un catholicisme universaliste, voire par la Révolution ? Aux XIX et XX siècles, de telles tendances ne se traduisent-elles pas partout dans « les révolutions libérales » comme héritières des Lumières ; dans le grand succès encore d'un positivisme comtien ou spencérien à la fois au Mexique, au Venezuela, au Brésil surtout, au Chili et ailleurs — des pays alors avec peu de relations entre eux ? ; plus tard enfin, avec l'essor du marxisme dans les intelligentsias du subcontinent, non sans réactions à sa mesure ? Il faudra rappeler aussi, bien sûr, les interférences du modèle anglo-américain, d'abord vers l'indépendance, puis, après des éclipses, de façon rapidement croissante beaucoup plus tard, dominante sans doute depuis cette fin de siècle. Enfin des intuitions latino-américaines peuvent devancer l'Europe avec l'adoption « en avance » et définitive du modèle théorique d'Etat-nation républicain qu'en France même interrompaient deux Empires et une Restauration. Ou bien, à moindre échelle, en Argentine par exemple, l'étonnante « contestation » étudiante de Córdoba en 1918, répercutée aux universités du subcontinent, ne précède-t-elle pas celles de 1968 à Berkeley, Paris, Mexico et ailleurs, avec des revendications exactement parallèles à celles des étudiants français cinquante ans plus tard ? Nous aurons donc à nous interroger sur ce qui paraît être, au niveau de l'Etat, des constantes d'ordre institutionnel, politique, culturel, de civilisation ; à en comparer les éléments dans différents pays. Ces constantes, jusqu'aux civilisations elles-mêmes, ne sont ni immuables ni éternelles, comme le montrerait d'ailleurs la rupture des légitimités traditionnelles lors de l'indépendance. Au présent et au futur, ne peut-il, ne pourra-t-il, y avoir là des mutations dans l'étonnante accélération de l'histoire que nous vivons ? Nous y reviendrons. Quant à ces côtés juridiques, institutionnels et politiques de l'histoire liés à des groupes ou élites éclairés (demi oubliés il y a peu), ils ne peuvent certes pas être isolés de leur contexte d'« économies et sociétés » globales ou de masse (indûment privilégiées alors) pour une vraie compréhension du passé et du présent. Nous nous attacherons alors à « ceux d'en bas » et à des ensembles sociaux bien plus larges, divers et complexes dans leur fondamentale hétérogénéité que « la classe politique » proche du pouvoir, composée de Blancs-créoles, de métis ou mulâtres clairs touchés par les Lumières et jaloux de leur indépendance. Ajoutons-y la créativité politique de ces masses et l'usage dans des sociétés pluri-ethniques des relations de pouvoir. Cette modernité ibéro-américaine latine, presque semblable à elle-même à travers le continent, se trouvait confrontée d'abord avec les anciennes civilisations indigènes présentes dans les mouvances aztèques, mayas, incas. Le seul Mexique s'en était prévalu contre la métropole espagnole dès avant et pendant l'Indépendance, puis
après, avec la « Vierge brune » de Guadalupe — encore qu'ailleurs des Indiens apparaissent parfois dans la symbolique officielle (au Brésil par exemple). Le Mexique, premier pays indigéniste sur un plan religieux et intellectuel, l'a été aussi e au XX siècle en pratique et sur le terrain, on le verra. En dehors de soulèvements durement réprimés, les initiatives pourtant vinrent presque toujours de milieux non indigènes. Les Indiens privés de leurs autorités naturelles par la conquête étaient réduits en effet à des communautés rustiques, restructurées par trois siècles d'ancien régime espagnol et quasi immobiles souvent jusqu'à nos jours. A cet égard des changements s'annoncent-ils ? On y reviendra. Les « Indiens » ne sont pas les seuls dans le peuple et chez « ceux d'en bas ». Il s'y ajoute des descendants d'esclaves africains vers les côtes. Ces derniers sont plus nombreux au Brésil, et dans les peuples des Caraïbes ils restent même à peu près les seuls aux côtés des mulâtres ou métis les plus démunis de ressources. e Pour le Mexique du XIX siècle, F.-X. Guerra a fort bien conceptualisé et mis en valeur le modèle de ces deux mondes différents et quasi étrangers l'un à l'autre : un Etat moderne issu des Lumières et dirigé par une petite minorité individualisée de citoyens conscients d'une part, face à une énorme société qui restait largement d'ancien régime colonial marqué par le monde indigène d'autre part, avec ses acteurs collectifs et ses corps hiérarchisés grands et petits. C'était d'abord l'Eglise comme ordre, les corporations, les cités, villes etpueblos, les communautés indiennes ou non, des haciendas et enclaves seigneuriales, les m ilices, les lignages et familles, les fidélités ou clientèles avec leurs relations verticales de sujétion et protection... et bien d'autres encore. Ce vaste ensemble issu d'un Moyen Age hispanique ou préhispanique présent dans la coutume sinon dans la loi était formé d'ethnies différentes et decastasfortement et diversement métissées. Ces derniers, gens libres de sang-mêlé africain, payaient jadis comme tels un impôt spécial, aboli certes par l'Indépendance, mais qui portait encore à une discrimination coloniale lente à s'effacer dans les esprits[1]. Entre deux mondes aussi différents les relations étaient conflictuelles : des articulations difficiles en étaient les caciques ou caudillos ambivalents, plus ou moins proches de l'Etat moderne, mais aussi têtes de file de réseaux locaux, voire nationaux, de fidélités anciennes relayées par des clientèles. Ainsi assuraient-ils la communication entre milieux si étrangers l'un à l'autre. e Ce modèle élaboré pour le Mexique du XIX peut sans doute aider à comprendre l'histoire d'autres pays d'Amérique centrale et des Andes qui comptent d'importantes populations d'origine indigène, notamment communautaires. Qu'en est-il dans les zones à fortes composantes d'origine africaine, au Brésil et surtout dans les Caraïbes, voire dans « le cône sud », plus hispano-latin dans sa masse ? Le livre ne pourra répondre à toutes ces questions. Notons seulement que dans la mesure où le modèle implique et aide à expliquer le métissage, la « cholification » et l'acculturation, les liens personnels et relations verticales, les clientèles, le caciquisme et le caudillisme..., il semble ne pas être sans points communs à travers le passé national du continent latin tout entier. e En fin du XX siècle, bien des traits de cette société « holiste » ont disparu ou