L'Angleterre victorienne

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Présentés en anglais accompagnés de commentaires en français, ces documents (témoignages, discours, articles, textes littéraires ...) témoignent d'une période prestigieuse de l'histoire de la Grande-Bretagne, l'époque victorienne. Plusieurs aspects essentiels de la civilisation sont abordés : les progrès techniques, le libéralisme, les questions sociales, le suffrage universel, les syndicats ouvriers, l'éducation, la religion et la science, la condition féminine, l'art, les colonies, tout ce qui a contribué à la grandeur de l'Empire britannique.

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EAN13 9782130638674
Langue Français

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Alain Jumeau
L’Angleterre victorienne
e Documents de civilisation britannique du XIX siècle
2001
Copyright
© Presses Universitaires de France, Paris, 2015 ISBN numérique : 9782130638674 ISBN papier : 9782130517313 Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales.
Présentation
Présentés en anglais accompagnés de commentaires en français, ces documents (témoignages, discours, articles, textes littéraires, ...) témoignent d’une période prestigieuse de l’histoire de la Grande-Bretagne, l’époque victorienne. Plusieurs aspects essentiels de la civilisation sont abordés : les progrès techniques, le libéralisme, les questions sociales, le suffrage universel, les syndicats ouvriers, l’éducation, la religion et la science, la condition féminine, l’art, les colonies, tout ce qui a contribué à la grandeur de l’Empire britannique. L'auteur Alain Jumeau Alain Jumeau, ancien élève de l’École normale supérieure, est professeur de e littérature et de civilisation britanniques du XIX siècle à l’Université de Paris-Sorbonne. Ses publications portent sur les écrivains victoriens et notamment sur George Eliot. Il a traduit R.L. Stevenson (Le Maître de Ballantrae) et Walter Scott (Le Nain noir).
Table des matières
Préface 1. Prélude 1 - Les progrès réalisés en un demi-siècle (1800-1850) 2 - L’Angleterre au début des années 1830 3 - Critique de la société victorienne par Dickens 4 - La pollution à Londres en 1850 5 - Le brouillard londonien 6 - Le danger du choléra 7 - Le grand dessein du prince Albert lors du lancement de l’Exposition universelle de 1851 8 - L’Exposition universelle de 1851 : triomphe personnel du prince Albert 9 - La mort de la reine Victoria, fin d’une époque 2. Les chemins de fer 10 - Le chemin de fer, frontière entre le vieux monde et le monde moderne 11 - Un des premiers voyages en chemin de fer 12 - L’ouverture de la ligne Liverpool-Manchester (1830) 13 - Les préjugés hostiles aux chemins de fer 14 - La résistance aux chemins de fer 15 - La folie spéculative suscitée par les chemins de fer 16 - Le paysage urbain bouleversé par les chemins de fer 3. L’industrie et l’agriculture 17 - Les conséquences de l’industrialisation dans le secteur textile 18 - Le travail des enfants et des adolescents en usine 19 - La carrière d’un ouvrier du textile dans le Lancashire 20 - Les conditions de travail dans les mines 21 - L’activité industrielle de Birmingham 22 - L’avènement de l’acier 23 - Le triste sort des ouvriers agricoles 24 - La crise agricole à la fin du siècle 25 - La discipline de fer dans les villages 4. Le libéralisme et ses adversaires 26 - Un meeting de l’Anti-Corn Law League 27 - Le ralliement de Sir Robert Peel à l’abolition de la taxe sur les grains 28 - Défense de l’individualisme et du libéralisme 29 - Carlyle, adversaire du laisser-faire (1) 30 - Carlyle, adversaire du laisser-faire (2)
31 - Le « collectivisme » omniprésent 32 - Le socialisme à l’anglaise 5. La société victorienne et les questions sociales 33 - Anatomie de la société victorienne 34 - L’ascension sociale : l’idéal de la société victorienne 35 - La ségrégation sociale à Manchester 36 - Un autre regard sur la pauvreté 37 - L’inhumanité de l’assistance aux pauvres : règlement intérieur d’unworkhouse 38 - Unworkhousede Londres 39 - Les personnes âgées assistées à la fin du siècle 40 - Les exclus de l’East End de Londres 41 - Les ferments de la désagrégation sociale et de l’anarchie 6. La conquête du suffrage universel, la revendication ouvrière et les syndicats 42 - La réforme électorale de 1832 43 - Les limites de la réforme électorale de 1832 : discours d’un radical aux ouvriers 44 - Défense d’un chartiste 45 - La troisième pétition chartiste déconsidérée à la Chambre des communes (1848) 46 - Une grève à Manchester 47 - Le débat sur la journée de travail de dix heures en 1846 48 - L’admission dans un syndicat vers 1860 49 - Les objectifs d’un syndicat victorien 50 - La grève des dockers londoniens en 1889 et le rôle du cardinal Manning 7. L’éducation 51 - Le modèle pédagogique des utilitaristes 52 - La vie d’un élève de lapublic schoolde Rugby 53 - L’instruction religieuse, clef de voûte du système éducatif de Thomas Arnold à Rugby e 54 - L’Université d’Oxford au milieu du XIX siècle 55 - Le nouveau concept du « gentleman » 56 - L’ignorance de la classe ouvrière 57 - W. E. Forster présente sa grande réforme de l’éducation en 1870 58 - L’éducation libérale 59 - La science et la culture 60 - Plaidoyer pour un enseignement secondaire 8. La religion et la science 61 - Le respect du sabbat 62 - Le Mouvementévangéliquedans une petite ville des Midlands au cours des années 1830
63 - La religion dénaturée par l’esprit victorien 64 - Le recensement de 1851-1853 sur la pratique religieuse 65 - La classe ouvrière et la religion à la fin de l’époque victorienne 66 - Newman, prédicateur à l’église Sainte-Marie d’Oxford 67 - La religion et la recherche scientifique 68 - Le débat sur le darwinisme à Oxford en 1860 69 - La véracité historique de la Bible remise en question 9. Les femmes à l’époque victorienne 70 - La dépendance des femmes 71 - Le mariage, seule profession pour les femmes 72 - La maternité, vocation de la femme 73 - La « nature féminine », produit d’un conditionnement culturel 74 - Le discours de la médecine victorienne sur la sexualité féminine 75 - Lettre d’une prostituée au rédacteur en chef duTimes 76 - Le statut légal de la femme 77 - Plaidoyer pour le droit de vote des femmes 78 - Florence Nightingale et sa vocation d’infirmière 10. L’Irlande 79 - Chant patriotique :A Nation Once Again 80 - Chant patriotique :Down by the Glenside 81 - Mesures d’urgence lors de la Grande Famine 82 - Chant d’émigrants :The Shores of Amerikay 83 - Chant d’émigrants :Paddy’s Green Shamrock Shore 84 - Le projet de Home Rule proposé par Gladstone en 1886 85 - L’opinion de Parnell sur le projet de Home Rule en 1886 86 - Les malheurs du capitaine Boycott 11. Les colonies et l’Empire 87 - L’inutilité économique des colonies au début du siècle 88 - Disraeli offre le canal de Suez à l’Angleterre 89 - Disraeli défenseur de l’Empire 90 - La politique étrangère de Gladstone 91 - La nécessité de maintenir l’Inde sous la tutelle anglaise 92 - Joseph Chamberlain, chantre de l’impérialisme 93 - Une explosion de patriotisme : la libération de Mafeking 12. L’art victorien 94 - Défense et illustration du réalisme 95 - L’hostilité aux préraphaélites 96 - La nature du gothique : de la critique d’art à la critique sociale
97 - Le mystère de Turner 98 - Léonard de Vinci, artiste de la Renaissance 99 - Aux sources de l’esthétisme fin de siècle 100 - L’art pour l’art Bibliographie choisie
Préface
et ouvrage n’a d’autre ambition que de faire mieux connaître, et si possible Caimer, une période particulièrement prestigieuse et complexe de l’histoire de la Grande-Bretagne : l’époque victorienne. L’expression est prise ici au sens large et dépasse manifestement les limites strictes du règne de Victoria (1837-1901). Mais ce règne a été si long, il a apporté une telle grandeur au pays qu’il s’est identifié à toute une époque. Les historiens ne s’entendent guère lorsqu’il s’agit d’en préciser les limites. Certains voudraient la faire commencer en 1815, après la victoire définitive des Britanniques et de leurs alliés sur Napoléon à Waterloo, mais la période de la Régence s’inscrit e encore dans la suite naturelle du XVIII siècle. D’autres proposent un point de départ plus plausible : 1832, avec la première réforme électorale qui fait entrer le pays dans un processus de réformes pour le moderniser. Dans les deux cas, on précède manifestement le début du règne. La tâche n’est pas plus facile lorsqu’il s’agit de fixer le terme de la période. La date de 1901 n’est pas satisfaisante, parce qu’elle ne marque l’achèvement d’aucun processus. La guerre des Boers commencée en 1899 ne sera terminée qu’en 1902 et lorsque la reine meurt en janvier 1901, son issue reste encore incertaine. Beaucoup d’historiens préfèrent donc arrêter la période quelques années plus tard, en 1910, à la fin du règne d’Edouard VII, qui s’inscrit, à bien des égards, dans la suite de celui de sa mère. Mais comment ne pas retenir le jalon essentiel de 1914, début d’un conflit mondial sans précédent, qui a meurtri toute une génération, et vers lequel on s’acheminait inévitablement pendant les premières années du siècle ? Du fait que les historiens rencontrent des difficultés dans leur entreprise de « périodisation », l’époque victorienne telle qu’elle est ici présentée aura des contours assez flous, qui précéderont 1837 ou dépasseront 1901 selon les questions abordées. Les différents chapitres ont été définis pour les commodités de la présentation et leurs frontières, elles aussi, sont relativement floues. Il arrive qu’un sujet abordé ici réapparaisse là sous une autre forme. Les liens entre eux sont d’ailleurs soulignés grâce à un système de références et de renvois, l’intention étant de montrer que les questions économiques et sociales ne peuvent se dissocier de l’histoire des idées et de l’art, qu’il n’y a pas de solution de continuité entre le pays et son empire… Ainsi l’époque victorienne forme un tout. Pourtant, elle est si longue que ce tout ne saurait être uniforme. Elle recouvre en effet au moins trois générations qui n’ont pas vécu de la même façon. La première (early Victorian, jusqu’en 1850) a connu une crise économique grave avec des tensions sociales qui ont fait douter de l’avenir. La deuxième (mid-Victorian, de 1850 à 1875) a goûté les joies de la prospérité, de l’élévation générale du niveau de vie, du prestige national et de la suprématie économique. La troisième (late Victorian, après 1875) a connu la grandeur, elle aussi, surtout avec l’extension et la consolidation de l’Empire, mais également la fin de la suprématie économique avec l’arrivée de puissances rivales comme les États-Unis et
l’Allemagne. Toute généralisation reste donc hasardeuse si l’on ne tient pas compte des dates et de l’évolution du contexte historique. Cette mise en garde vaut tout spécialement dans le domaine social, où il serait téméraire de condamner sans nuances ce pays qui amasse tant de richesses grâce au développement de l’économie, et qui dans le même temps traite les ouvriers — et surtout les femmes et les enfants dans les usines et dans les mines — de façon si inhumaine. En fait, les Victoriens étaient les prem iers à s’indigner de certains abus choquants et à vouloir y remédier. Ils avaient la passion des réformes et ils étaient décidés à améliorer sans cesse ce qui n’allait pas dans leur pays. Ils croyaient au progrès et ils en vivaient quotidiennement, avec un réel enthousiasme — du moins jusqu’à ce qu’un certain Darwin les trouble avec ses « hypothèses » qui substituaient la notion d’évolution à celle de progrès. Désormais, il était difficile de penser que chaque changement était nécessairement un pas en avant. Et si l’évolution consacrait la survie des plus aptes, rien ne garantissait qu’il s’agissait des meilleurs. Période de grandeur et période de crise, période de certitudes et période de doutes, période de progrès et période d’adaptation, l’époque victorienne se caractérise par sa complexité et ses contradictions. Si les documents de civilisation ici présentés — à l’attention d’un public large, allant de l’honnête homme à l’étudiant angliciste ou historien — parviennent à refléter cette réalité dans sa richesse et sa variété, le vœu de l’ « éditeur » sera exaucé.