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L'Aquitaine au temps du Prince Noir

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Edouard de Woodstock (1330-1376), dit « le Prince Noir », prince de Galles puis d’Aquitaine, comte de Chester et duc de Cornouailles, fils aîné d’Edouard III d’Angleterre et de Philippa de Hainaut, est le père de Richard II, dit « de Bordeaux », né en 1367 dans cette ville, qui deviendra par la suite roi d’Angleterre. Prince d’Aquitaine de 1362 à 1372, le Prince Noir arrive à Bordeaux dès 1355, en pleine guerre dite « de Cent ans », envoyé par son père pour protéger les possessions anglo-gasconnes dont il mobilise rapidement les principales ressources et l’ensemble des acteurs autour de lui.


Son entourage, son environnement, son action en Aquitaine et celle de ses contemporains, ainsi que les événements historiques qui en sont résultés, ont fait l’objet de ce colloque qui s’est tenu à Dax le 9 décembre 2009.


Contributions présentées : Le Prince Noir et les Landes : lieux, familles, personnes, par Jacques de Cauna ; La monnaie du Prince Noir, par Jean-Paul Casse ; Liens familiaux anglo-aquitains d’Alienor (1152) à la fin de la guerre de cent ans (1453), par Cyril Delmas-Marsalet ; Jean de Grailly, captal de Buch, connétable d’Aquitaine, par Denis Blanchard-Dignac ; Castelnaux, bastides et sauvetés de Gascogne, par Georges Courtès ; Les sites fortifiés de la guerre de Cent Ans à la frontière de la Gascogne et du Béarn, par Alexis Ichas ; Figures de routiers pyrénéens de la première moitié de la guerre de Cent Ans, par Christian Desplat ; Pour en finir avec quelques idées reçues sur le gouvernement du Prince Noir en Aquitaine, par Guilhem Pépin.


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Publié par
Nombre de lectures 1
EAN13 9782824051482
Langue Français
Poids de l'ouvrage 66 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0082€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

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21,95 €
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RPhotographie de couverture : gisant du Prince Noir, cathédrale de Canterbury.
Forteresse du Prince Noir à Blanquefort.
et ouvrage a été publié avec le concours financier du Conseil Régional
d’Aquitaine que nous tenons à remercier pour son soutien global à ce colloque C(Centre Généalogique des Landes.)
Tous droits de traduction de reproduction
et d’adaptation réservés pour tous les pays.
Conception, mise en page et maquette : © Éric Chaplain
Pour la présente édition :
© EDR/ÉDITIONS DES RÉGIONALISMES ™ — 2010/2016
EDR sarl : 48B, rue de Gâte-Grenier — 17160 CRESSÉ
ISBN 978.2.8240.0096.1
Malgré le soin apporté à la correction de nos ouvrages, il peut arriver que
nous laissions passer coquilles ou fautes — l’informatique, outil merveilleux,
a parfois des ruses diaboliques... N’hésitez pas à nous en faire part : cela
nous permettra d’améliorer les textes publiés lors de prochaines rééditions.
2sous la direction de
JACQUES DE CAUNA
L’AQUITAINE
AU TEMPS
DU PRINCE NOIR
actes du colloque de Dax
(19 décembre 2009)

3Sorde l’abbaye

L’abbaye de Sordes.
4Sommaire
Avant-propos, par Jacques de Cauna
Compte-rendu, par Alexandre de La Cerda
Résumés des communications
Les auteurs
Les bases et les marques du pouvoir du Prince
d’Aquitaine
- Le Prince Noir et les Landes : lieux, familles, personnes, par Jacques
de Cauna
- La monnaie du Prince Noir, par Jean-Paul Casse
Familles et proches : l’entourage du Prince Noir en
Aquitaine
- Liens familiaux anglo-aquitains d’Aliénor (1152) à la fin de la guerre
de cent ans (1453), par Cyril Delmas-Marsalet
- Jean de Grailly, captal de Buch, connétable d’Aquitaine, par Denis
Blanchard-Dignac
Des lieux et des hommes : l’environnement
aquitanogascon du Prince Noir en Aquitaine
- Castelnaux, bastides et sauvetés de Gascogne, par Georges
Courtès
- Les sites fortifiés de la guerre de Cent Ans à la frontière de la
Gascogne et du Béarn, par Alexis Ichas
Se battre et gouverner en Aquitaine
- Figures de routiers pyrénéens de la première moitié de la guerre
de Cent Ans, par Christian Desplat
- Pour en finir avec quelques idées reçues sur le gouvernement du
Prince Noir en Aquitaine, par Guilhem Pépin
5Le château de La Roque à Ondres.
6Avant-propos
Le colloque
L’AQUITAINE
AU TEMPS DU PRINCE NOIR
à Dax, le 19 décembre 2009
par Jacques de CAUNA
Thématique générale
Edouard de Woodstock (1330-1376), dit « le Prince Noir », prince
de Galles puis d’Aquitaine, comte de Chester et duc de Cornouailles,
fils aîné d’Edouard III d’Angleterre et de Philippa de Hainaut, est le
père de Richard II, dit « de Bordeaux », né en 1367 dans cette ville,
qui deviendra par la suite roi d’Angleterre. Prince d’Aquitaine de 1362
à 1372, le Prince Noir arrive à Bordeaux dès 1355, en pleine guerre
dite « de Cent ans », envoyé par son père pour protéger les possessions
anglo-gasconnes dont il mobilise rapidement les principales ressources
et l’ensemble des acteurs autour de lui.
Son entourage, son environnement, son action en Aquitaine et celle
de ses contemporains, ainsi que les événements historiques qui en sont
résultés, ont fait l’objet de ce colloque.
Appel à communications
La principauté d’Aquitaine naît du traité de Brétigny (1360)
qui reconnaît Edward III d’Angleterre souverain indépendant de
toutes les provinces qui la composent. Il la donne en fief à son
fils Edouard de Woodstock, devenu le légendaire Prince Noir bien
après sa mort. Dès ce moment, le duché devient une principauté
qui n’a plus à rendre hommage au roi de France et qui se trouve
simplement alliée de fait et de droit au royaume d’Angleterre. Ou,
si l’on préfère et pour être encore plus clair, l’Aquitaine
historique des Plantagenêt – on préférera cette dénomination à celle d’
« Aquitaine anglaise » –, aux dimensions bien plus importantes et
7« naturelles » que l’actuelle région administrative, constitue sur
l’échiquier européen un nouvel État (même si celui-ci avait déjà
existé auparavant en d’autres temps) qu’il convient d’organiser,
de défendre et de promouvoir.
Mais si l’on dispose bien de nombreuses et importantes
histoires de l’Aquitaine ou de la Gascogne dans lesquelles le sujet est
globalement évoqué à sa place dans la chronologie, aucun point
précis n’a été fait à ce jour dans une optique proprement locale
sur les principaux aspects d’une question qui a laissé beaucoup de
traces en Aquitaine, et a fortiori sur la manière dont on pourrait
la traiter.
Sans négliger les sources narratives des chroniqueurs et les
témoignages d’époque, souvent anglais, à manier parfois avec
précaution comme on le verra pour Froissart, on s’appuiera
naturellement sur les documents d’archives publiques ou privées,
dont on connaît les difficultés d’accès pour celles qui sont en
Angleterre (aux Archives nationales de Kew), et même parfois en
France, mais en privilégiant les archives locales, plus accessibles
(les titres d’Albret de la série E à Pau par exemple, véritable
« Trésor » royal). À défaut, on utilisera les publications de
documents (dont la plus connue est celle, très incomplète, des fameux
Rôles Gascons). On revisitera les grandes histoires générales de
l’Aquitaine Plantagenêt, les biographies du personnage, les
armoriaux, dictionnaires, encyclopédies…, et autres outils bien connus
des généalogistes, souvent présents ou relayés aujourd’hui sur
internet. On n’oubliera pas, pour finir, les sources « de terrain »,
c’est-à-dire la mémoire collective telle qu’elle s’exprime dans les
traces matérielles (patrimoine bâti essentiellement) ou
immatérielles (traditions, légendes…), et surtout les histoires et études
monographiques locales, c’est-à-dire aquitaines.
Ce colloque est donc l’occasion de partager pendant une
journée entière avec quelques grands spécialistes venus de toute la
région et même de l’étranger, les travaux de recherche les plus
récents sur un sujet peu ou mal connu malgré son importance
historique pour le grand quart sud-ouest de la France. Huit
communications scientifiques présentées par des spécialistes de
haut niveau et accompagnées de projections visuelles, porteront,
8dans la matinée, sur l’environnement et l’entourage d’Edouard
de Woodstock, Prince d’Aquitaine, et dans l’après-midi, sur les
événements historiques et leurs acteurs. Elles tenteront d’établir
un état des lieux historiographique et mémoriel de la question en
faisant la part de l’histoire et de la légende et en rappelant aussi
bien les exploits et ravages guerriers que la sage administration
du Prince qui ont fini par laisser de lui une image contrastée mais
toujours très prégnante.
On essaiera ainsi de procéder à un large balayage de la mémoire
collective ou historique aquitaine attachée à l’ensemble de la
période marquée par l’activité du Prince Noir en Aquitaine, avant
et pendant son principat, en examinant de plus près les traces
mémorielles et patrimoniales de sa présence ou de son action
en Aquitaine (lieux-dits, châteaux, églises…, mais aussi les signes
ou marques symboliques du pouvoir : cérémonies d’hommages,
emblèmes, armoiries, monnaie…), en apportant notamment les
nécessaires éclaircissements contextuels, notamment
généalogiques, sur le complexe écheveau de liens qui l’unissent aux grandes
familles aquitaines de l’époque et en posant par l’image le cadre
patrimonial des sites fortifiés, castelnaux, bastides et sauvetés de
Guyenne et Gascogne dans lequel se sont déroulés les événements
de sa période de gouvernement. Étant entendu naturellement que
l’on ne prétendra pas à l’exhaustivité, qui requerrait une tout autre
entreprise dans sa durée et ses sources, mais qu’on ambitionnera
plutôt et avant tout d’aboutir à un certain état des lieux.
Puis on s’attachera à examiner la qualité de la gouvernance du
Prince en Aquitaine, c’est-à-dire pour l’essentiel la manière dont
fonctionnait une administration dont la caractéristique essentielle
paraît être de se contenter de contrôler ce qui est déjà en place.
Quelles en sont les faiblesses et les qualités, le rapport aux
coutumes (c’est en gascon que s’ouvre la cérémonie d’hommages à
Bordeaux) et aux pouvoirs locaux préétablis (il s’appuie sur les
cadres sociaux gascons traditionnels à travers les seigneurs et les
villes) ? Quel type de gouvernement, pratiquement, a-t-il apporté
à toute l’Aquitaine (la région élargie) ? Peut-on parler, pour finir,
comme on dirait aujourd’hui, d’un gouvernement « de proximité »
très éloigné d’une vision centralisatrice « jacobine », fondé sur
9une connaissance intime des diverses composantes territoriales
aquitaines et soutenu par la participation de tous à la défense
armée du pays ? Comment, pour finir, pendant plus de dix ans, a
pu exister et fonctionner sur ses propres ressources une
Aquitaine quasi indépendante et « gagnante », une « principauté » qui
constituait en réalité un véritable petit État souverain, jouissant
d’un statut particulier entre deux puissances dont l’une (la France)
n’était encore qu’en formation mais présentait déjà une menace
alors que l’autre (l’Angleterre) lui était chère à divers titres, ne
fut-ce que par fidélité dynastique et parce qu’elle constituait un
proche horizon, ou débouché, étranger qui lui était familier depuis
de longues années ?
À l’heure ou beaucoup de questions surgissent autour du
débat controversé sur l’identité nationale, on examinera celles qui
existaient déjà à l’époque en revenant, pour les réfuter ou les
conforter sur quelques idées reçues, et en concluant sur l’essentiel :
a-t-il bien gouverné ? Ses sujets ont-ils bénéficié de sa présence
et de son action (ou : que leur a-t-il apporté finalement ?) ? Enfin,
quel souvenir a-t-il laissé, avec peut-être des variantes locales, ou
encore : pourquoi son image est-elle restée aussi forte en Aquitaine,
et comment a-t-il pu, politiquement s’entend, combler l’éternelle
part du rêve de ses administrés ?
Les actes de ce colloque seront rapidement publiés dans le
courant de l’année 2010 avec tout l’appareil scientifique et
iconographique requis.
10Programme
CENTRE GÉNÉALOGIQUE DES LANDES
COLLOQUE
L’AQUITAINE
AU TEMPS DU PRINCE NOIR
samedi 19 Décembre 2009 à 9 H 30
Hôtel SPLENDID à DAX
Programme
Matinée : Allocutions de bienvenue et de présentation du
colloque
me9 h 30 - M Marie-Madeleine Vignau Lous, présidente du CGL ;
M. Gabriel Bellocq, Maire de Dax ; M. Henri Emmanuelli, Président
du Conseil Général des Landes ; M. Alain Rousset, Président du
Conseil Régional d’Aquitaine.
Environnement et entourage.
Présidence : Christian Lacrouts (CGL)
10 h 00 - Jacques de Cauna (docteur d’État, Université de Pau et
des Pays de l’Adour, CGL) :
Le Prince Noir et les Landes : lieux, familles, personnes
10 h 30 - Jean-Paul Casse (historien, ancien président du Centre
Généalogique du Sud-Ouest)
11 La monnaie du Prince Noir
11 h 15 - pause
11 h 30 - Cyril Delmas-Marsalet (professeur d’histoire,
Mont-deMarsan, CGL) :
Grandes familles d’Aquitaine autour du Prince Noir
12 h 00 - Georges Courtès (président de la Société Archéologique
et Historique du Gers) :
Castelnaux, bastides et sauvetés de Gascogne
12 h 45 - Déjeuner au Splendid.
Après-midi :
Personnages et événements historiques.
elPrésidence : C Ch. Tastet (CGL)
14 h 30 - Alexis Ichas (Académie de Béarn) :
Les sites fortifés de la guerre de Cent Ans à la frontière de
la Gascogne et du Béarn sur le gave d’Oloron
15 h 00 - Christian Desplat (professeur émérite, Université de Pau
et des Pays de l’Adour, Académie de Béarn) :
Les routiers du château de Lourdes
15 h 45 - pause
16 h 00 - Denis Blanchard-Dignac (président de l’Académie du
Bassin d’Arcachon) :
Jean de Grailly, captal de Buch, connétable d’Aquitaine
16 h 30 - Guilhem Pépin (Docteur et chercheur en histoire médiévale,
Université d’Oxford) :
Pour en fnir avec quelques idées reçues sur le gouvernement
du Prince Noir en Aquitaine
17 h 00 - Conclusion générale
12Compte-rendu
par Alexandre de La Cerda
(La Semaine du Pays Basque, 22-28 janvier 2010)
’est un magnifique cadeau de Noël que le Centre
Généaelogique des Landes a offert pour son 22 anniversaire à Cses adhérents et à un public venu nombreux malgré les
intempéries en les invitant au colloque L’Aquitaine au temps du Prince
Noir qui s’est tenu le samedi 19 décembre 2010 à l’hôtel Splendid de
Dax. Les amateurs éclairés d’histoire et de patrimoine landais, et plus
généralement gascon et aquitain, ont en effet eu l’opportunité, assez
rare pour être soulignée, de partager pendant une journée entière
avec quelques grands spécialistes venus de toute la région et même
de l’étranger, les travaux de recherche les plus récents sur un sujet
peu ou mal connu malgré son importance historique pour notre région.
Huit communications scientifiques de haut niveau, accompagnées de
projections visuelles et portant dans la matinée sur l’environnement
et l’entourage d’Edouard de Woodstock, Prince d’Aquitaine, et dans
l’après-midi sur les événements historiques et leurs acteurs, ont été
ainsi présentées et discutées tour à tour.
Après les traditionnelles excuses de personnalités empêchées et les
allocutions de bienvenue, dont celle de M. Vincent Matéos, du Conseil
Général, c’est dans un premier temps sous la présidence de Christian
Lacrouts, vice-président du CGL, que le professeur Jacques de Cauna,
docteur d’État de la Sorbonne et récent lauréat du prix des Trois
Couronnes, a établi l’état des lieux historiographique et mémoriel de la question
dans les Landes en faisant la part de l’histoire et de la légende et en
rappelant aussi bien les exploits et ravages guerriers que la sage
administration du Prince qui ont fini par laisser de lui une image contrastée
mais toujours très prégnante dans toute l’Aquitaine historique.
Le professeur Cyril Delmas-Marsalet, secrétaire-général du Centre et
généalogiste réputé, a ensuite apporté les nécessaires éclaircissements giques dans le complexe écheveau de liens qui unissent notre
héros aux grandes familles aquitaines de l’époque, avant que le Président
de la Société Archéologique et Historique du Gers, Georges Courtès,
ne pose par l’image le cadre patrimonial des castelnaux, bastides et
13sauvetés de Gascogne dans lequel se sont déroulés les événements,
paysage qu’est venu compléter la lecture donnée par Christian Lacrouts
de l’intervention sur les sites fortifiés de la frontière béarnaise, à travers
l’exemple du petit village d’Auterrive du Gave, d’Alexis Ichas, de
l’Académie de Béarn, retenu à Paris par ses hautes fonctions militaires.
Après une rapide présentation par Jacques de Cauna des figures de
routiers pyrénéens du château de Lourdes dans la première moitié
de la guerre de Cent Ans sur lesquels devait intervenir le professeur
Christian Desplat, bien connu à Pau et en Béarn où il était lui aussi
malheureusement retenu, la séance vespérale, présidée par le colonel
Christian Tastet, vice-président du CGL, a débuté par la présentation
très savante du sujet très mal connu de la monnaie du Prince Noir (les
fameux « guyennois ») par l’historien paléographe et héraldiste
JeanPaul Casse, ancien président du Centre Généalogique du Sud-Ouest.
Denis Blanchard-Dignac, fondateur du même centre et Président de
l’Académie du Bassin d’Arcachon, a ensuite fait revivre par ses talents
d’historien et d’orateur confirmé, la fabuleuse geste du fameux captal
de Buch, ce grand héros aquitain que ses aïeux côtoyaient de près,
avant que Guilhem Pépin, docteur et chercheur médiéviste à
l’Université d’Oxford, ne parachève le tableau général en revenant, pour les
réfuter et conforter tout ce qui avait été dit, sur quelques idées reçues
à propos du gouvernement du Prince Noir en Aquitaine.
Il revenait pour finir à Jacques de Cauna, tout en remerciant les
intervenants, le public et tous ceux qui avaient participé à l’organisation
sous la houlette de la présidente Marie-Madeleine Vignau-Lous et de la
vice-présidente Marie-Françoise Civiale, de tirer les enseignements de
ces riches échanges scientifiques en relevant plus particulièrement, en
ces heures de sinistrose rampante et de débat controversé sur l’identité
nationale, l’étonnant état de grâce qu’avait pu vivre pendant quelques
années cette principauté d’Aquitaine souveraine et victorieuse et la part
de rêve dont avait pu ainsi bénéficier nos aïeux de l’époque, chez eux,
menés par un homme exceptionnel à la tête de ce qu’on appellerait
aujourd’hui « une équipe qui gagne », avant que l’histoire de France en
marche ne les rattrape.
Ce sont les actes de ce colloque, revus et présentés dans une logique
de lecture suivie, avec tout l’appareil scientifique et iconographique requis,
qui font aujourd’hui la matière de la publication de cet ouvrage.
14Résumés des communications
Le Prince Noir et les Landes : lieux, familles,
personnes
Edouard de Woodstock, devenu le légendaire Prince Noir bien
après sa mort, a laissé beaucoup moins de traces dans les Landes
que dans d’autres parties de son duché d’Aquitaine. En dehors la
présence de ses armes dans quelques églises et de rares châteaux
dits « du Prince Noir », l’historiographie locale n’a que très peu
retenu de lui, notamment pour les ravages de sa chevauchée vers
Toulouse dans l’Est de l’actuel département ou son passage par
Dax à l’occasion de l’expédition d’Espagne. Le registre des
hommages qui lui sont rendus à l’occasion de son accession à la tête
du duché révèle toutefois, dans un certain désordre, les noms des
quelques lignées seigneuriales qui lui étaient traditionnellement
attachées par fidélité dynastique, et les rares personnages landais
de son époque qui ont émergé de l’anonymat par leurs activités
guerrières, restent des plus marginaux.
Mots-clés : duché et principauté d’Aquitaine, juridictions
médiévales et pouvoirs locaux, hommages, chevauchées, lignages landais,
patrimoine, mémoire collective.
La monnaie du Prince Noir
Après une rapide introduction sur le Prince Noir en Aquitaine
et le monnayage médiéval, seront présentés le monnayage
Plantagenêt en Aquitaine, et plus particulièrement celui du Prince Noir,
d’abord comme lieutenant du roi (1355-1356), puis comme prince
d’Aquitaine (1362-1372) : mise en place du système monétaire
guyennois, ateliers, production, types. Il sera insisté sur l’aspect
idéologique de la monnaie par l’analyse de la titulature et des
représentations portées par les espèces (léopard, représentation
du prince etc.).
Liens familiaux anglo-aquitains d’Aliénor (1152) à la fin
de la guerre de cent ans (1453)
L’objet de cette étude consiste à examiner dans quelle mesure
15les liens tissés entre les rois-ducs et l’Aquitaine du milieu du XIIe
esiècle au milieu du XV siècle ont pu s’exprimer au niveau des
lignages, des solidarités familiales. Nous allons donc nous intéresser
aux principales familles de la noblesse aquitaine afin de voir, sur le
long terme, comment le lien « anglo-aquitain » a pu se traduire
en termes de généalogie. Il faudra bien sûr distinguer plusieurs
périodes de l’histoire de ces relations, puisque les mariages
sont bien évidemment le résultat de stratégies qui prennent en
compte à la fois les questions patrimoniales et les alliances plus
« politiques » ou militaires, qu’elles viennent souvent renforcer.
On s’attachera à présenter quelques exemples significatifs, en
particulier les vicomtes d’Orthe et les Montferrand.
Mots-clés : Lignage, généalogie, rois-ducs, Aquitaine, Gascogne,
Angleterre, Guerre de Cent ans, Orthe, Montferrand…
Jean de Grailly, captal de Buch, connétable
d’Aquitaine
L’exposé portera sur la biographie du grand captal de Buch Jean
de Grailly, de sa formation à sa disparition (1331-1377) et fera
le tour des références et sources historiques sur le personnage
dont on tentera de percer à jour la personnalité exceptionnelle
pour la mieux comprendre à travers ses passions, son caractère,
son grand amour caché…, tout en examinant les grands choix du
seigneur et de l’homme afin de faire la part des choses sur des
jugements souvent défavorables à son égard et de restaurer une
image souvent maltraitée par l’histoire.
Castelnaux, bastides et sauvetés de Gascogne
Nos villages et nos bourgs « ne sont pas de toute éternité » :
on peut assez facilement dater leur construction ; avant l’an mil le
village n’existait pratiquement pas et 300 ans plus tard nous avons
à quelque chose près l’habitat groupé tel que nous le connaissons
aujourd’hui. L’insécurité et la pression démographique ont amené
les populations à se regrouper et à concevoir de nouvelles formes
d’habitats adaptées aux circonstances nouvelles.
Les villages gascons peuvent se rattacher à l’un des trois groupes
suivants : sauvetés, castelnaux ou bastides… Nous analyserons
16quelques cas particuliers pris en Armagnac, en Chalosse et dans
les Landes…
Les sites fortifiés de la guerre de Cent Ans à la frontière
de la Gascogne et du Béarn
L’intérêt d’une étude monographique approfondie de la petite
bourgade d’Auterrive, proche de Labastide-Villefranche, est que,
située au départ en Guyenne anglaise, elle constitue une zone
frontière avec la vicomté de Béarn et la Navarre. Dès 1313,
Edouard III avait fait aménager les rives du Gave et de l’Adour
et fait cesser les exactions autour de Guiche, Peyrehorade et
Sorde. Mais peu après l’accession en 1343 de Gaston Fébus à la
vicomté de Béarn, il dut faire évacuer ses soldats et libérer tous
ces petits sites fortifiés pour concentrer ses forces à Bayonne et
en Normandie. Les Anglais quittèrent ainsi Auterrive et son site
fortifié du Barry en 1346, peu avant la grande épidémie de peste
noire (1348-1350). Cette situation ne fut apparemment pas
remise en cause par l’écrasement des troupes françaises de Jean le
Bon à Poitiers (1356) dont le Prince Noir, fils d’Edouard III, sortit
grand vainqueur, ni par le traité de Brétigny (1363), pas plus que
par l’entrevue de Peyrehorade et Bayonne (1366) entre Pierre le
Cruel, roi de Castille, et le Prince Noir. De sorte qu’à partir de
1370, Gaston Fébus fait à nouveau fortifier les sites abandonnés
par les Anglais et qu’une convention intervient en 1372 entre les
habitants d’Auterrive et ceux de Labastide pour la délimitation
de leurs frontières. On ne revit le Prince Noir dans cette région
frontière avec le Béarn qu’en 1373, lorsqu’il est signalé au prieuré
d’Ordios, sur son chemin vers l’Espagne. Auterrive retomba toutefois
dans le giron anglais lorsque les Anglais reprirent l’année suivante
les petits châteaux le long du Gave dans des luttes sanglantes et
avec des fortunes diverses, trois ans avant la mort d’Edouard III
qui intervint en 1377.
Figures de routiers pyrénéens de la première moitié de
la guerre de Cent Ans
L’époque du Prince Noir est marquée par la présence de
nombreuses troupes irrégulières de « routiers », compagnies de
17mercenaires qu’il utilisa, entre autres, lors de sa campagne
d’Espagne. Peu après, dans les années 1360-1370, ceux du château de
Lourdes devinrent quasiment légendaires par la résistance qu’ils
opposèrent longtemps aux tentatives de reconquête françaises
alors que toute la Bigorre était prise. Ils étaient commandés par
Pierre-Arnaud de Béarn, seigneur d’Esgoarrebaque, fils d’un bâtard
du vicomte Gaston II de Béarn et par conséquent cousin naturel
de Fébus dont il était l’homme de confiance et que Froissart dit à
tort avoir été sauvagement assassiné à Orthez par ce dernier. Son
frère et compagnon Jean de Béarn, dit Jean de Lourdes, seigneur
de Hontanx et sénéchal de Bigorre en 1379, lui succéda et est
aussi qualifié de « routier », avec Arnaud-Guilhem de Lourdes, dans
l’hommage qu’il rendit à Fébus à Mazères en 1372 (J. de Cauna,
Cadets de Gascogne, réédition Pau, Princi Negue, tome II, p. 50-51).
C’est dans cet hommage que l’on trouve par ailleurs les noms de
leurs compagnons du château de Lourdes.
Pour en finir avec quelques idées reçues sur le
gouvernement du Prince Noir en Aquitaine
Lors de ses recherches portant sur l’Aquitaine anglo-gasconne,
Guilhem Pépin s’est aperçu que le gouvernement de la principauté
d’Aquitaine (1362-1372) par Edouard de Woodstock, prince de
eGalles, appelé depuis le XVI siècle le « prince noir », a été mal
eperçu par les historiens, surtout depuis le XIX siècle, et que
nombre d’idées reçues à son sujet n’étaient pas corroborées par
l’étude des documents originaux. Il a publié en 2006 un article en
anglais dans The Nottingham Medieval Studies remettant en cause
la plupart des idées reçues sur la principauté d’Aquitaine et le
gouvernement de son prince. Il présente donc dans ce colloque
pour la première fois en français le résultat de ses recherches qui
réhabilitent le rôle du prince noir en Aquitaine.
18Les auteurs
Jacques de Cauna
Né à Bordeaux d’une ancienne famille landaise, il a été
diplomate, historien et professeur pendant vingt-cinq ans dans la
Caraïbe. Commandeur de la Légion d’Honneur et du Mérite d’Haïti,
Docteur d’État de la Sorbonne habilité à diriger les recherches,
il est aujourd’hui professeur à l’Université de Pau et des Pays
de l’Adour et conseiller scientifique des Archives de France, du
Centre de recherche international du Cnrs sur les esclavages à
l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, et de plusieurs
sociétés savantes et musées.
Lauréat de l’Académie des Sciences d’Outre-Mer pour Au
Temps des Isles à Sucre (Ed. Karthala, 1987, réédité en 2003), de
la Société Haïtienne d’Histoire pour Haïti, l’éternelle Révolution
(Ed. Deschamps, Port-au-Prince, 1997, réédit. Monein, PyréMonde,
2009), de l’Académie Nationale des Sciences, Belles-Lettres et
Arts de Bordeaux pour L’Eldorado des Aquitains, Gascons, Basques
et Béarnais aux Îles d’Amérique (Ed. Atlantica, Biarritz, 1998), il vient
de recevoir le prix des Trois Couronnes pour Cadets de Gascogne.
La Maison de Marsan de Cauna (Pau, Princi Negue, 2002-2006, 4
vol.) et l’ensemble de son œuvre en histoire régionale.
Il a publié récemment L’Ensenhamen du troubadour gascon
ArnautGuilhem de Marsan, ou Code du parfait chevalier (Monein, PyréMonde,
e2007), La traite bayonnaise au XVIII siècle (Ed. Cairn, Pau, 2009),
les Mémoires du général Toussaint Louverture (Ed. La Girandole,
Guitalens l’Albarède, 2009) et a collaboré au Dictionnaire
encyclopédique des Antilles, au Guide Gallimard d’Haïti, au Dictionnaire de
Bordeaux (Toulouse, Ed. Loubatières, 2006), au Guide des sources
de l’histoire de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions
des Archives de France (Paris, La Documentation française, 2007)
et à la conception et la mise en œuvre des nouvelles salles du
Musée d’Aquitaine sur Bordeaux, le commerce atlantique et
l’esclavage en 2009 (catalogue, Bordeaux, Ed. Le Festin, 2010). Il prépare
actuellement avec le Ciresc un Dictionnaire des Esclavages et avec
l’université de Bordeaux 3 une encyclopédie du Monde maçonnique
e siècle.au XVIII
19Jean-Paul Casse
Médiéviste de formation, après une maîtrise, en 1988, sur Les
eBordeaux du XI s. à 1327 (lignage et puissance), suivie d’un mémoire
de DEA, en 1989, sur, Les Grailly-Foix-Candale et l’héritage des
Boredeaux (1327-1594) en prévision d’une thèse de 3 cycle qu’il dut
abandonner, Jean-Paul Casse est historien-paléographe-héraldiste
indépendant. Il donne des cours de généalogie et de paléographie
à l’Université du temps libre d’Aquitaine. En 2009, il a participé au
e134 congrès national du CTHS avec une communication portant
sur Waïfre, l’infortuné « prince d’Aquitaine à la tour abolie » en avril,
eet en octobre au 14 colloque de l’Entre-deux-Mers avec une
communication sur La place de Bénauges dans la seigneurie des
GraillyFoix-Candale. Depuis deux ans et demi il a entrepris d’étudier les
e eprinces wascons des VII et VIII siècles, et vient de faire paraître
dans la dernière livraison du Léopard (décembre 2009), organe
du Centre généalogique du Sud-Ouest, son premier article sur
le sujet : Les princes des Wascons : de l’Histoire à la Geste épique - I
- Présentation historique. Membre du Centre généalogique du
SudOuest, qu’il présida en 1999 et 2000 en même temps que l’Union
généalogique Aquitaine-Pyrénées, de la Société archéologique de
Bordeaux, c’est en tant que membre de la composante de celle-ci,
le Cercle Bertrand Andrieu, qu’il intervient est intervenu dans ce
colloque sur La monnaie du Prince Noir.
Cyril Delmas-Marsalet
Professeur d’Histoire-géographie depuis 1991, en poste depuis
une dizaine au Lycée Victor-Duruy de Mont-de-Marsan, il est
passionné depuis plus de 25 ans de généalogie, en particulier de
celle des familles notables des Landes sur lesquelles il a créé un
site connu de tous les généalogistes et fort apprécié.
Auteur, en 1990, d’un Mémoire de maîtrise sous la direction
du professeur J.-B. Marquette « Recherches sur le peuplement
et l’occupation du sol en Pays d’Orthe des origines à la fin du
Moyen âge », il a publié également divers articles et
communications, en particulier pour le Bulletin du Centre Généalogique des
Landes (Dax) : « Le temps des capitaines : Blaise de Monluc et les » (2001), « Châteaux en Pays d’Orthe » (« Journée des
20châteaux » au château d’Amou, 2003), « Les seigneurs de Tingon
(2006) », ainsi que divers travaux sur l’histoire du thermalisme
dacquois et sur le « devoir de mémoire » lié aux deux guerres
mondiales.
Georges Courtès
Georges Courtès est professeur d’histoire et de géographie
honoraire. Il préside actuellement la Société archéologique, historique,
littéraire et scientifique du Gers et, en tant qu’élu départemental, la
Commission Aménagement du Territoire du Conseil général du Gers.
Il s’intéresse particulièrement à la démographie et à son évolution
en liaison avec les mouvements migratoires, de longue durée ou de
passagers (comme l’utilisation des chemins de Saint-Jacques), à la
localisation de l’habitat dispersé en hameaux ou en villages. Parmi
de nombreuses publications, il a notamment dirigé un important
Dictionnaire biographique du Gers.
Alexis Ichas
Alexis Ichas occupe de hautes fonctions militaires. Il est membre
de l’Académie de Béarn et du CGL et auteur de précieux travaux
(quatre ouvrages et une douzaine de monographies) sur la région
des gaves, notamment autour d’Auterrive, lieu d’origine de sa
famille. Après de nombreuses études d’histoire locale sous forme
de monographies de villages ou châteaux ou de biographies, il a
notamment publié récemment chez Atlantica en octobre 2008 un
passionnant Historial des Gaves.
Christian Desplat
Professeur émérite de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour,
il a longtemps présidé la Société des Sciences, Lettres et Arts de Pau et
l’Académie de Béarn où il avait succédé à Pierre Tucoo-Chala après
avoir collaboré avec lui. Historien moderniste, il est l’auteur de
nombreux ouvrages de référence sur la vie et la société béarnaise,
des élites paloises aux communautés pastorales pyrénéennes, et
le grand spécialiste de l’histoire locale, une histoire de la terre et
des hommes pour reprendre les sous-titres des deux volumes de
sa thèse consacrée au Béarn au XVIIIe siècle, ses travaux
s’ins21crivant par ailleurs par leur pertinence dans des problématiques,
plus larges, nationales ou internationales. Il est l’auteur notamment,
avec Pierre Tucoo-Chala, d’une Histoire générale du Béarn souverain
(Princi Negue, 2007).
Denis Blanchard-Dignac
Titulaire d’une maîtrise de droit et d’un DESS en sciences
politiques de l’université de Paris I Sorbonne, Denis Blanchard-Dignac
est l’auteur de nombreux ouvrages littéraires et historiques et le
fondateur du Centre généalogique du Sud-Ouest. Il est aujourd’hui
président de l’Académie du bassin d’Arcachon (dont il a écrit l’histoire
chez le même éditeur), directeur de société et élu de La Teste
de Buch où il restaure une demeure historique, l’hôtel familial
de Baleste, sis rue Jean de Grailly à La Teste. Après de nombreux
romans, il prépare actuellement une somme biographique sur le
captal de Buch.
Guilhem PépinPépin est docteur en histoire médiévale de
l’Université d’Oxford. Il travaille actuellement à cette même université
à la publication complète des rôles gascons, la source historique
emajeure sur le duché d’Aquitaine des rois d’Angleterre (XIII
-preemière moitié du XV siècle). Originaire d’Agen, il a tout d’abord
commencé des études d’histoire à l’Université de Bordeaux, a
obtenu un master d’histoire médiévale à la Sorbonne et a ensuite
soutenu un doctorat d’histoire à l’Université d’Oxford. Il est depuis
longtemps passionné par l’histoire de l’Aquitaine-Gascogne
médiévale et a donc écrit plusieurs articles sur ce thème, en français
et en anglais, dans des revues historiques. Il s’intéresse également
à l’histoire de la langue gasconne et de la culture gasconne et
a récemment écrit et publié en collaboration avec Jean Lafitte
un ouvrage intitulé La langue d’oc ou les langues d’oc ? (éd.
PyréMonde) qui détaille les différentes dénominations usitées depuis
le Moyen Âge pour désigner les parlers de la moitié méridionale
de la France et nuance fortement les conceptions actuelles sur
ele sujet qui sont apparues au cours du XIX siècle.
22LE PRINCE NOIR ET LES LANDES :
LIEUX, PERSONNES, FAMILLES
par Jacques de Cauna
Un état des lieux : les Landes,
terra incognita ou no man’s land ?
ucun point n’a été fait à ce jour sur la question et a
fortiori sur la manière dont on pourrait la traiter. Un Arapide état des lieux bibliographique et des sources
nous amènerait à distinguer quatre types de documents de
référence selon leurs origines, comme j’ai eu l’occasion de le faire
dans quelques publications, dont le bulletin du CGL, il y a déjà
quelques années :
- les documents d’archives (publiques ou privées), dont on connaît
les difficultés d’accès pour celles qui sont en Angleterre (aux
Archives nationales de Kew, dont Guilhem Pépin nous reparlera
sans doute dans ce colloque), et en France, essentiellement les
archives locales (les titres d’Albret de la série E à Pau par exemple,
véritable « Trésor » royal). À défaut, on utilisera les publications
de documents (dont la plus connue est celle, très incomplète –
pas plus du tiers –, des fameux Rôles Gascons, à ne pas confondre
avec les Registres Gascons de Bayonne).
- les grandes histoires générales de l’Aquitaine Plantagenêt, les
biographies du personnage, les armoriaux, dictionnaires,
encyclopédies…, et autres outils bien connus des généalogistes, souvent
présents ou relayés aujourd’hui sur Internet.
- les sources narratives des chroniqueurs et des témoignages
d’époque, souvent anglais, à manier parfois avec précaution comme
on le verra pour Froissart. On notera sur ces deux derniers
points qu’il serait bien inutile de chercher dans ces documents la
mention du Prince Noir puis que celle-ci n’est apparue que
tare siècle, et qu’il n’est donc le plus divement après sa mort, au XV
souvent désigné que par son prénom ou son titre, « Edouard »
(ou « Edouard de Woodstock »), le « Prince » (ou le « Prince de
Galles », le plus souvent, ou « d’Aquitaine » après 1362).
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