255 pages
Français

La Commune de Paris

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Description

Dans l'atmosphère pesante qui succède aux représailles, le cauchemar de la Commune fait place la légende. Les braves bourgeois commentent avec ahurissement et incrédulité les événements dont ils ont t les témoins volontaires. Rétablie après cette hémorragie, Marianne a retrouvé de sa jeunesse. Paris n'est pas toute la France. Les Français, qui ont égard leur bon sens, continuent alimenter leur bas de laine, détester les étrangers. Marianne s'arrondit : elle veut accoucher de la guerre mondiale.

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Date de parution 01 juin 2011
Nombre de lectures 73
EAN13 9782296459823
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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LA COMMUNE DE PARIS !
L’Écarlate 18 années d’édition Littérature, érotisme, essais critiques, rock’n’roll Déjà parus Dominique Agostini :La petite fille qui cachait les toursFrançois Audouy :Brighton Rock(s) François Baschet :Mémoires sonores Georges Bataille :Dictionnaire critiqueJeanLouis Derenne :Comment veux-tu que je t’embrasse… Louis Chrétiennot: Le chant des moteurs (du bruit en musique)Guy Dubois :La conquête de l’Ouest en chansonsBrigitte Fontaine :La limonade bleueErwann Gauthier :L’art d’inexister Pierre Jourde :La voix de Valère Novarina Akos Kertesz :Le prix de l’honnêteté Akos Kertesz :Makra Greg Lamazères :Bluesman JacquesAndré Libioulle: la déraille Marielle Magliozzi :Art brut, architectures marginales Alain Marc :Ecrire le cri (Sade, bataille, Maïakovski…)Claire Mercier :Figures du loupClaire Mercier :Désir d’un épiloguePierre Mikaïloff :Some clichés, une enquête sur la disparition du rock’n’roll André Németh :La Commune de Paris !Bernard Noël :L’espace du désir Ernest Pépin :Jardin de nuit Maria Pierrakos :La femme du peintre, ou du bon usage du masochismeEnver Puska :Pierres tombales JeanPatrice Roux :Bestiaire énigmatique NathYot :Erotik mental food Jean Zay :Chroniques du grenier
André Németh
LA COMMUNE DE PARIS ! Traduit du hongrois par Georges Kassai&Gilles Bellamy L’Écarlate/ L’Harmattan
Du même auteur Kafka ou le mystère juif, Jean Vigneaud, 1947 La vie du Vénérable Père François Libermann, L’Harmattan, 2008 Au chat qui louche, en collaboration avec Arthur Koestler, CalmannLévy, 1996
L’Écarlate – Jérôme Martin / Librairie Les Temps Modernes 57, rue N.D. de Recouvrance, 45000 Orléans ecarlate.jeromemartin@yahoo.fr
Ola ! à Serge Lauret Illustration écarlate de couverture : David Laplagne
© L'HARMATTAN, 2011 57, rue de l'ÉcolePolytechnique ; 75005 Paris ISBN : 9782296545236 EAN : 9782296545236
PRÉFACE1 A en croire le soustitre d’une monographie récente consacrée à André (Andor) Németh, cet écrivain hongrois, né en 1891 et mort en 1953, représenterait  ne seraitce qu’à cause de sa vie tourmentée  le prototype de « l’intellectuel centreeuropéen de la première e moitié du XX siècle ». Ballottée au gré des événements apocalyptiques de cette période, tour à tour interné civil en France pendant la première guerre mondiale, exilé politique à Vienne après la chute de la Commune hongroise de 1919, « exilé intérieur » en Hongrie entre 1927 et 1939, émigré en France, pendant la deuxième guerre mondiale, il connaît entre 1947 et 1950, une éphémère période de répit en tant que rédacteur en chef d’une importante revue littéraire hongroise, avant de succomber aux rigueurs de l’ère stalinienne. Mais les vicissitudes de son existence ne l’ont pas empêché de nous laisser une œuvre impressionnante, en partie inédite, constituée de romans, de nouvelles, de poèmes, de biographies historiques, de brillants essais littéraires et d’ébauches de traités philosophiques. Ami intime de certaines grandes figures de la littérature hongroise, comme Attila József, et universelle, comme Arthur Koestler, Németh est reconnu, réédité et commenté par une postérité éblouie par son érudition. Dans ses deux ouvrages traduits en français (Kafka ou le mystère juif,et La vie du Vénérable Père François
1 György Tverdota : Németh Andor, Budapeet, Balassi Kiadó, 2009.
Libermann), il semble attiré par le mysticisme, le surnaturel et l’irrationnel. Comment cet auteur aux multiples facettes, cet exégète inspiré, en estil venu à publier, en 1931, un ouvrage qui deviendra, selon sa propre expression, chronique des événements et tentative d’explication de la Commune de Paris de 1871 ? Pour répondre à cette question, il faut rappeler le contexte politique de l’époque. La Hongrie, qui a perdu les dieux tiers de son territoire à la suite de la première guère mondiale, traverse une période particulièrement difficile de son histoire : frappée de plein fouet par la crise économique mondiale, secouée par la grande er manifestation ouvrière du 1 septembre 1930, elle n’a pas oublié la Commune de 1919, impitoyablement réprimée par le régime en place. Un éditeur de gauche, l’écrivain László Dormándi, futur écrivain à succès des Editions Gallimard, propose alors à Németh de retracer l’histoire de la Commune de Paris. « Etrange commande, commente Tverdota dans sa monographie, surtout de la part d’un intellectuel à la mentalité bourgeoise », mais, dans ses Mémoires, Németh en explique l’actualité : « Nous attendions tous quelque grand tournant, un vrai miracle. Or, la commune de Paris en fut un, même si elle n’a duré que trois mois. » Pour mener à bien son entreprise, l’écrivain dispose de la documentation « étonnamment riche », ditil, réunie par l’ancien directeur de la bibliothèque municipale de Budapest, le sociologue et historien Ervin Szabó. Il y trouve, naturellement, l’ouvrage classique de Karl Marxguerre civile en France, 1871 La qu’il ne manque pas de confronter aux faits historiques. Si certains de ces derniers ne semblent pas justifier la présentation qu’en fait l’auteur, Németh ne manque pas de rendre hommage à sa perspicacité, à l’habileté dont il a fait preuve, en adoptant, en l’amplifiant, la thèse d’Adolphe Thiers sur le rôle prépondérant de
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l’Internationale ouvrière. Car, en réalité, en dehors de quelques membres de l’Internationale, qui, comme le Hongrois Leo Frankel, appartenaient à l’équipe dirigeante de la Commune, celleci se montra plutôt timorée dans son œuvre législative, trop respectueuse, selon Németh, de la légalité. Cependant, souligne le biographe de Németh, celuici, tout en s’efforçant de rester objectif et impartial, ne manque pas de manifester sa sympathie envers la Commune, dénonce l’attitude égoïste de l’Assemblée nationale qui a contraint la Commune à prendre des mesures de plus en plus radicales, l’acculant à la « semaine sanglante », et montre comment la reconquête de Paris par le gouvernement « légal » a abouti à une véritable boucherie qu’une politique plus circonspecte aurait pu éviter. Németh est avant tout écrivain et sa Commune de Paris se distingue par ses qualités littéraires. Sensible aux aspects pittoresques de la période dont il traite, l’auteur, qui excelle dans la présentation dramatique des événements, brosse de certains personnages  Marx, Napoléon III, Delescluzes, Pyat, Leo Frankel, etc.  des portraits hauts en couleurs. Sa conclusion semble refléter son scepticisme : la Commune de Paris constitue, malgré tout, une énigme, une parenthèse absurde dans l’histoire de France, mais aussi un mythe, annonciateur d’autres événements de portée universelle.
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LIVRE I