La guerre d'Espagne vue de Barcelone

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Une littérature souvent brillante a fait connaître la guerre civile espagnole (1936-1939) du point de vue des milices (communistes, anarchistes). Le point de vue des militaires professionnels, notamment les gardes civils restés fidèles à la République, est pour sa part moins diffusé dans le grand public.
Les mémoires de José(-María) Colera (1905-1990), un combattant qui fut d’un grand nombre de batailles décisives sur le front de l’Est et à Barcelone, nous plongent dans le quotidien des soldats républicains en Catalogne, leur imaginaire, leurs préoccupations, et ravivent le souvenir des occasions manquées et des trahisons qui les ont finalement conduits à la défaite et à l’exil. Annoté et traduit par Christophe Colera, un petit-fils de son auteur, ce texte rappelle que l’esprit de lutte n’a jamais abandonné ces hommes qui le perpétuèrent après 1939 dans la Résistance française puis pendant la guerre d’Algérie.
Une contribution vivante à une histoire trop souvent figée dans des clichés.
José Colera Vidal (Mazaleón 1905, Jurançon 1990), fils d'un garde civil aragonais, intégra lui-même ce corps d’armée en 1931. Fervent républicain, il est en poste à Barcelone au moment du coup d’État du 18 juillet 1936. Après avoir combattu sur le front d’Aragon et été promu lieutenant de la garde nationale républicaine, il défend jusqu’au bout les institutions légales. En exil dans le sud-ouest de la France, il participe activement à la Résistance, puis milite pour le renversement de la dictature franquiste. Il fut en 1979 président de l’Amicale des anciens internés espagnols du camp de Gurs.

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Date de parution 01 janvier 2008
Nombre de visites sur la page 6
EAN13 9782849241127
Langue Français

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La Guerre d’Espagne vue de Barcelone
Mémoires d’un garde civil républicain
(1936-1939)
traduit de l’espagnol et annoté par Christophe ColeraCollection « Traces »
Dans la même collection :
Le monde ignoré des testeurs de médicaments
de Michelle Julien
Germaine Loisy-Lafaille ou la vie incroyable d’une comédienne
de Maggy De Coster
Confessions d’un intermittent d’un pigiste
de Julien Jouanneau
Confessions d’un intermittent du spectacle
de Henri Cachia
© Éditions du Cygne, Paris, 2008
editionsducygne@club-internet.fr
www.editionsducygne.com
ISBN : 978-2-84924-112-7José Colera
La Guerre d’Espagne vue de Barcelone
Mémoires d’un garde civil républicain
(1936-1939)
traduit de l’espagnol et annoté par Christophe Colera
Éditions du CygneAvant-propos
Au temps lointain de mon enfance, mon grand-père,
José(-María) Colera Vidal, faisait partie de ces anciens
combattants nombreux dans les provinces françaises qui ne
pouvaient passer un repas familial sans se lancer dans le récit
détaillé, avec force éloquence et force effets de suspense, de
telle ou telle anecdote, vécue au cours de la guerre civile
espagnole ou dans la résistance en France : de ces récits qui
provoquent l’admiration à la première fois qu’on les entend,
puis un agacement amusé à la quinzième narration – surtout
si l’on repère, d’une version à l’autre, de légères
modifications qui en rendent suspecte l’authenticité
historique. Ces récits étaient cependant si circonstanciés, et
assortis d’une telle précision de lieu et de date, que, dans
l’ensemble, ils paraissaient largement véridiques.
Leur incessante répétition donnait le sentiment étrange
que, d’une certaine façon, la vie de mon aïeul s’était arrêtée
dans les années 1940, et, du reste, il avait passé les décennies
suivantes à ne rêver que du rétablissement de la République
espagnole, et de son retour dans son pays natal, pour que
soit enfin réparée la terrible injustice : le renversement d’un
gouvernement démocratique par une insurrection fasciste, et
l’abandon total de cette république et de ses partisans par les
puissances occidentales, en 1936, en 1939, et pour toujours
finalement quand celles-ci finalement acceptèrent la
restauration monarchique souhaitée par Franco.
5eDès que je commençai à m’intéresser à l’histoire du XX
siècle, lors de mon entrée au collège, en 1981, j’ai fait partie
des personnes qui, dans ma famille, encouragèrent mon
grand-père à écrire ses mémoires. « Puisque tu prétends
qu’on nous ment sur la guerre civile, écris toi-même ce que
tu as vécu », lui disions nous. Il s’y attela sur une vieille
machine à écrire, à Jurançon (France – Pyrénées-Atlantiques)
où presque toute notre famille (trois de ses enfants sur
quatre et leur progéniture) vivait. Son texte en version
espagnole fut achevé en février 1984, sous le titre « Toda una
vida de guerra ». Mon grand-père avait presque 79 ans, et
j’avais 13 ans et demi. Je m’essayai à le traduire en français
dans les années qui suivirent, mais j’abandonnai la tâche
quand, à dix-huit ans, il me fallut partir pour Paris où je
devais poursuivre mes études.
À vrai dire ce texte, dont une version fut donnée à
chacun des quatre enfants de son auteur encore vivants,
provoqua une certaine déception dans la famille. Son style
était difficilement lisible : on y trouvait souvent des phrases
interminables, presque sans aucune ponctuation, avec des
fautes d’orthographe, l’ensemble était assez décousu,
dépourvu de transitions, bien que la chronologie fût
scrupuleusement respectée. Sur le fond, il omettait souvent
de resituer les événements dans leur contexte, évitait de
décrire les personnages et les situations – ce qui peut-être
aurait rendu le récit plus vivant -, et surtout, le texte s’arrêtait
à 1939, sans rien dire des combats des Républicains
espagnols (et de mon grand-père) en France, sous
l’Occupation, et plus tard, jusqu’aux années 1970. Mon
grand-père justifia ce choix par la crainte de la police
française (qui l’avait interrogé dans les années 1960). Il refusa
aussi de retravailler ses mémoires dans le sens que je lui
indiquai, estimant avoir tout dit dans ces pages.
6Il décéda le 11 février 1990 et fut inhumé en terre
béarnaise dans un cercueil recouvert du drapeau républicain.
Pendant une quinzaine d’années je dus réfléchir au
moyen de rendre ce tapuscrit publiable. Je le transmis à des
historiens des universités de Nanterre, de Pau et de
CergyPontoise travaillant sur la guerre civile espagnole, qui,
accaparés par leurs propres recherches, ne manifestèrent
guère d’intérêt pour ces pages.
Pourtant, plus j’avançais dans mes recherches en
sociologie (comme doctorant au Centre de Sociologie
Européenne) plus je me persuadais que ce texte méritait
d’être diffusé. La grande histoire est généralement écrite avec
les mémoires des chefs : ministres, généraux, archevêques,
hauts fonctionnaires et intellectuels, ce qui souvent fait
manquer le point de vue de ceux qui en sont la cheville
ouvrière, et sans lesquels pourtant il n’y aurait pas d’histoire
du tout : les modestes, les sans-grades. À travers le
témoignage de mon grand-père, c’est une autre parole qui se
donne. Une parole qui n’est pas à proprement parler celle du
peuple, au sens trop général que les classes supérieures
donnent à ce terme. Il s’agit d’une composante particulière
des classes populaires, une composante que les sociologues
situeraient peut-être à un point d’intersection entre les
ouvriers, les paysans, et une sorte de petite bourgeoisie
d’État que constituait la Garde civile espagnole en ce
tempslà. Et c’est une parole qui se dit directement, sans le
truchement des écrivains publics ou des associations
consacrées à la conservation de la mémoire historique. Ainsi,
elle livre, jusque dans ses fautes grammaticales, dans le choix
des mots, des expressions, des thèmes abordés, tout ce qui
structurait réellement sa vision du monde, ou du moins ce
7qu’elle croyait devoir être structurant dans l’espace d’un récit
écrit.
Pour mieux situer encore cette parole, il faut dire ici un
mot des origines de son auteur. José-María Colera est né le
13 juillet 1905 à Mazaleón dans l’Est de la province de
Teruel (une zone influencée linguistiquement par la
Catalogne), au sud de l’Aragon (ce qu’on appelle le «
BasAragon », qui allait devenir le fief de la révolution anarchiste
en 1936). Son père (Nicolás-Isidro Colera Monserrat) était
garde civil. Comme mon grand-père le signale dans son récit,
ce père avait eu une vie assez romanesque : orphelin à 8 ans,
à Saragosse, il est placé dans un internat aux frais d’un
gouverneur civil ami de son père. Selon la légende familiale il
s’engage à 18-19 ans comme volontaire quand la guerre
éclate à Cuba en 1898. Il y serait resté 8 ans. Il est prisonnier
des Américains pendant un an et revient des Caraïbes
souffrant d’une maladie qui le cloua au lit pendant
longtemps. Un jeune de Mazaleón lui aurait appris que son
frère y vivait encore. Pour désengager les nombreuses terres
familiales hypothéquées, il entre dans la Garde civile dans
l’espoir de toucher au bout de quatre ans une prime lui
permettant de récupérer ses terres. L’itinéraire de ce père le
rattache à toute une génération d’Espagnols embrigadés dans
la guerre coloniale perdue contre les États-Unis qui, dans les
années 1920, constituait encore des clubs d’anciens
combattants dans les villages (les habaneros), un milieu qui
compta beaucoup dans la formation ambiguë de mon
grandpère : à la fois militaire, disciplinée, et « de gauche »
c’est-àdire, anti-colonialiste, pacifiste, et méfiante à l’égard de tous
les hauts commandements et hauts dignitaires.
Une tradition familiale voulait que le grand-père de
JoséMaría Colera, Teodoro, ait possédé de très nombreuses
8terres dont il aurait gaspillé les ressources en œuvres de
bienfaisance pour les gens de Mazaleón (notamment le
financement d’une chorale), et qu’il aurait perdu ce bien au
profit des descendants d’une épouse en troisième noce –
toutefois un testament du 6 mai 1886 retrouvé en 2006
confirme la cession des terres, mais elle ne semble pas porter
sur un grand nombre de biens. Les diverses branches de
l’arbre généalogique montrent un enracinement profond en
Aragon. Le plus ancien ancêtre connu sur la branche Colera,
1Juan, était du chef-lieu de canton Alcañiz (où il épousa
Ursula Canales, le 25 avril 1667), une cité autrefois prospère.
Toute sa descendance est née dans cette bourgade, tandis
que les autres branches sont pratiquement toutes issues des
provinces de Teruel ou de Saragosse jusqu’au début du
eXVIII siècle.
Ces particularités sociologiques et géographiques sont à
prendre en compte pour cerner la nature du regard qui est ici
porté sur la guerre civile, ainsi que, plus largement, sur la
société espagnole qui l’a engendrée.
Dans l’Espagne pauvre des années 1920 et 30, mon
grand-père, pour aussi mal loti qu’il fût – il avait dû
interrompre ses études à l’âge de 14 ans pour travailler à
l’usine –, pouvait encore faire figure de privilégié, et se
revendiquer membre d’une certaine élite. Son appartenance à
un corps militaire très respecté (la Garde civile), le fait qu’il
sache lire et écrire, et qu’il s’intéresse à la politique, le
soustraient à la condition commune des paysans et des
ouvriers. D’un point de vue sociologique, il se trouve dans
1 Le nom « Colera » est très répandu dans les archives paroissiales
d’Alcañiz. La famille d’architectes que cite Santiago Soldevilla dans son
article de la revue Filosofía y Letras de 1925 (p. 769-818), ainsi que le
prêtre archéologue Evaristo Colera de Valdeltormo n’appartiennent pas,
quant à eux, à la liste des ancêtres de José-María Colera.
9une zone charnière qu’on pourrait peut-être qualifier de
« petite-bourgeoise » qui à la fois le rend sensible au sort des
humbles et nourrit en lui une fidélité aux institutions.
On le voit dans ses mémoires déployer cette
contradiction à travers simultanément son adhésion au
discours anti-classes dominantes de ses parents victimes des
eguerres civiles du XIX siècle et de la guerre de Cuba, et son
refus du désordre qu’incarnent à ses yeux les milices
anarchistes (alors pourtant que pendant son adolescence il a
participé à des grèves anarchistes dures en Catalogne dans
l’industrie textile et que son petit frère Vicente combattra,
lui, dans ces mêmes milices anarchistes).
Ce positionnement social de mon grand-père aboutira à
la fin des années 1920 à son adhésion au courant
radicalsocialiste actif dans la région de l’Èbre et au syndicat
socialiste l’UGT (Union générale des travailleurs). Cet
activisme était clairement réformiste aux yeux de la classe
ouvrière anarchiste catalane. Il est pourtant « rouge » et
révolutionnaire aux yeux de la droite conservatrice qui tient
les campagnes espagnoles et cultive une vaste clientèle de
paysans et ouvriers agricoles dans le monde rural.
Un tel engagement, dans le cadre spécifique d’une Garde
civile encore dominée par des pratiques de droite, était en
réalité extrêmement courageux, et faillit valoir à mon
grandpère, au début de la République, dans les années 30, de
perdre son emploi – spécialement lors de son affectation en
Andalousie. Il le devint encore plus pendant la guerre civile
où mon aïeul mit en péril sa vie au service de ses idées de
gauche.
Outre le fait qu’il s’agit du point de vue d’un homme des
classes moyennes inférieures, l’intérêt de ces mémoires tient
au fait qu’elles sont aussi la voix d’un militaire. Le rôle des
gardes civils progressistes dans la défense de la République a
10été longtemps minimisé par l’historiographie, et dans la
vision que le grand public eût de cette guerre. Toutes les
grandes œuvres, qu’elles se situent dans le camp des
anarchistes, des POUMistes (George Orwell, repris au
cinéma par Ken Loach), ou même communiste (André
2Malraux, Ernest Hemingway ), célèbrent dans une veine
romantique les milices populaires et les brigades
internationales. L’importance des gardes civils n’est
reconnue que depuis peu dans l’opinion publique catalane, à
travers notamment la réhabilitation – et le projet de
béatification par le Vatican - du Colonel Escobar (qui était le
supérieur hiérarchique de mon grand-père), ce qui, en retour,
3paraît influencer les recherches historiques . Les mémoires
de mon grand-père quant à elles, peignent le rôle des milices
sous un jour inaccoutumé : composées de gens du peuple
valeureux qui sont utilisés comme de la chair à canons, elle
sont surtout instrumentalisées au service des intérêts des
partis et syndicats qui gardent les stocks d’armes en réserve
en vue de leur propre révolution sans se soucier de la vie des
combattants ni de la défense de la République. C’est un
aspect de la réalité trop souvent passé sous silence.
En outre José-María Colera était un militaire qui avait le
sens du commandement. La rareté de ce genre de
compétence dans le camp républicain lui permit de gravir les
échelons, puisque, alors qu’il restait un homme du rang dans
la garde civile, il fut lieutenant de la Garde nationale
républicaine. Cet esprit de commandement lui fait avoir le
2 Pour le rapport d’Hemingway à l’Internationale communiste, voir
Stephen Kock et Marie-France Girod, Adieu à l’amitié, Paris, Grasset,
2005.
3 D’où par exemple la publication en 2007 d’un travail de Manel Risques
Corbella sur le lieutenant Pedro Garrido (dont la figure est souvent
évoquée dans ces mémoires).
11souci de la vision d’ensemble de la situation de la République
assiégée, des man œuvres des troupes, des moyens concrets
de la défense loin du lyrisme révolutionnaire, aussi bien que
du pathos sentimental autour des « victimes de l’histoire ».
Cet aspect factuel et rationnel est aussi un apport précieux à
la connaissance des événements et à la compréhension des
raisons de l’échec final.
À mesure que le parti communiste va prendre de
l’importance dans les institutions républicaines, à partir de
1937, le loyalisme de mon grand-père va le conduire à se
rapprocher de lui, comme le firent d’ailleurs une bonne
partie des militaires de gauche, sans pour autant adhérer à
ses dogmes.
À la fin de la guerre, les Escadrons de sécurité de
Catalogne commandés par les lieutenants Colera et Francia
aux ordres du Colonel Torrandell seront une des dernières
forces militaires structurées aux ordres de la République à
passer la frontière, et un des noyaux de l’espoir de la
reconquête. Le récit détaillé de leur retraite organisée dans
des conditions héroïques sous le feu des Junkers allemands
tel qu’on le trouvera dans les dernières pages des présentes
mémoires illustre ce que le courage, l’inventivité et la
discipline permettent encore de faire quand tout semble
perdu. Cet épisode mériterait sans doute une meilleure place
dans la mémoire collective européenne. Il montre que
l’armée républicaine, du moins dans certaines de ses
composantes, encore dans les derniers jours de la guerre était
loin d’avoir un moral de vaincus, ce qui explique aussi qu’elle
ait continué de jouer un rôle (clandestin) à partir de 1939 en
France.
Certaines anecdotes sur cette armée républicaine
espagnole (qui est aussi, et peut-être surtout une armée
catalane) nous familiarisent avec ses hommes, leur quotidien
12en temps de guerre. En exhumant leurs noms, leurs mots,
elles nous rapprochent d’eux. Elles sont, pour l’historien des
révolutions mais aussi pour tous les citoyens curieux, une
source de réflexion sur ces formations militaires d’extraction
populaire qui, mal armées et encerclées, réalisent néanmoins
des prouesses inattendues, à l’image de l’Armée rouge en
Russie et des armées de libération du Tiers-Monde.
En dehors de cet aspect purement militaire, les
mémoires de mon grand-père, nous replongent aujourd’hui
dans un monde largement disparu. Un univers espagnol où
des paysans et des ouvriers vivent avec trois fois rien –
comme dans les pays les plus déshérités aujourd’hui –, tandis
que les classes supérieures, sûres de leur bon droit,
accumulent les profits à la tête de grandes usines ou
d’immenses exploitations agricoles. Dans ce monde où les
classes moyennes sont rares, les approches « centristes » le
sont aussi. On ne plaisante alors pas avec la politique. De
gauche ou de droite, les opinions sont tranchées, et l’on est
prêt à se battre à coups de poings ou, après 1936, à coup de
fusil, pour elles. On lit les journaux, on espère, on s’inquiète.
La révolution russe, les guerres coloniales (celle du Rif), la
montée de Mussolini et d’Hitler, tout interroge, tout fait
sens, et l’action collective est à l’ordre du jour dans ce
contexte difficile.
Je me suis efforcé de traduire le texte original de Toda
una vida de guerra en essayant de conserver la simplicité du
vocabulaire initial, en n’en modifiant que les aspects les plus
rébarbatifs (notamment les répétitions de mots). J’ai
également glissé la ponctuation qui me semblait convenir à
l’intelligibilité du texte et découpé le récit en chapitres. Pour
éclairer les allusions au contexte historique qui émaillent le
récit de mon grand-père, j’ai ajouté des notes de bas de page
13