Les Arenberg

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Maison souveraine du Saint-Empire, comportant des branches en Belgique, en Allemagne, en France et en Autriche, la famille d’Arenberg est un observatoire de l’aristocratie du gotha au XIXe siècle. Dans une époque marquée par les révolutions en tous genres, confrontée à la marginalisation de la propriété foncière, aux concurrences bourgeoises et à la démocratisation de la vie politique, l’aristocratie se voit imposer la réinvention de modèles économiques et sociaux. En réponse, les Arenberg développent de nouvelles stratégies, s’inscrivant dans des contextes nationaux et régionaux qui offrent des opportunités inégales et supposent une adaptation permanente des modalités de domination sociale.
Toutes les échelles d’analyse ont ici été envisagées, dans le cadre d’une périodisation fine et de l’exploitation d’archives privées inédites. La dimension transnationale apparaît notamment cruciale, car les Arenberg se caractérisent par un ultramontanisme militant, un engagement colonialiste et des pratiques socioculturelles qui attestent une maîtrise singulière et précoce de l’espace et du temps.

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EAN13 9782130790167
Langue Français

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Ouvrage publié sous la direction scientifique de Johann Chapoutot, Jean Vigreux et Arnaud Houte
ISBN 978-2-13-079016-7
re Dépôt légal – 1 édition : 2017, janvier
© Presses Universitaires de France, 2017 6, avenue Reille, 75014 Paris
Cet ouvrage est publié avec le généreux concours de :
la Fondation Arts et Culture de Lausanne, la Fondation d’Arenberg (Enghien, Belgique), le Centre d’études et de recherche en histoire culturelle (CERHiC) de l’université de Reims-Champagne-Ardenne, l’Institut universitaire de France, et le Laboratoire d’études rurales (LER) de l’université Lyon-2 Lumière.
Ce document numérique a été réalisé parNord Compo.
REMERCIEMENTS
C e livre est issu de ma thèse de doctorat en histoire contemporaine, soutenue en 2006 à l’Université Lyon 2 Lumière sous la direction du Professeur Claude-Isabelle Brelot, à laquelle je tiens à exprimer mon immense gratitude pour les conseils avisés qu’elle m’a prodigués, ainsi que pour la disponibilité intellectuelle et humaine, aussi généreuse qu’enthousiaste, dont elle a constamment fait preuve à mon endroit dès mes premiers pas de jeune chercheur et n’a cessé de me donner de multiples preuves depuis lors. Ma reconnaissance est grande envers les membres de mon jury de soutenance de thèse, les Professeurs Philippe Boutry (qui en fut le président), Étienne François, Paul Janssens, Jean-Luc Mayaud et Éric Mension-Rigau. Mûris au cours des ans et approfondis lors de rencontres ultérieures, leurs conseils ont orienté la révision intégrale du texte qui avait été soumis à leur sagacité. Très précieuses ont été les discussions que j’ai pu mener avec d’autres spécialistes européens de l’histoire des noblesses (Laurent Bourquin, Michel Figeac, Ewald Frie, Mirella Marini, Natalie Petiteau, Jonathan Spangler, Martin Wrede), ainsi qu’avec Catherine Nicault, Frédéric Gugelot et Véronique Beaulande, mes collègues à l’Université de Reims et au CERHiC (Centre d’Études et de Recherches en Histoire Culturelle). Je tiens à remercier les détenteurs d’archives privées qui m’en ont ouvert les portes. Avec l’accord de son père, feu le duc Jean-Engelbert d’Arenberg, le duc (alors prince) Léopold d’Arenberg m’a permis de travailler aux Archives et Centre culturel d’Arenberg, à Enghien (Hainaut). Qu’il me soit permis d’évoquer la mémoire du comte Renaud de Laguiche, qui m’a accueilli au château d’Arlay (Jura) avec une prévenance dont ne se sont pas départis son épouse, son fils et sa belle-fille, le comte et la comtesse Alain de Laguiche, au fil de mes passages répétés en Franche-Comté. Je suis également redevable au prince Pierre d’Arenberg des conditions exceptionnellement généreuses dans lesquelles j’ai pu étudier les archives du château de Ménetou-Salon (Cher), ainsi qu’aux dépositaires de fonds privés soumis à autorisation dans des dépôts d’archives publiques, qu’il s’agisse de feu le duc de Gramont, de feu le marquis de Vogüé ou du comte de Merode. Ma reconnaissance va aussi aux divers archivistes qui m’ont aidé dans mes recherches, ainsi qu’au personnel des dépôts et bibliothèques que j’ai fréquentés. Claude de Moreau de Gerbehaye, aux Archives Générales du Royaume à Bruxelles, et les conservateurs successifs des Archives départementales du Pas-de-Calais méritent à cet égard une mention spéciale. Jamais un tel travail n’aurait pu être mené à bien sans le soutien d’institutions qui m’ont accordé des postes temporaires d’enseignement et de recherche (Universités Lyon 2 Lumière, Aix-Marseille 1 et Toulouse 2), ainsi que des bourses doctorales (Fondation Thiers) et de mobilité (programme « Aires culturelles » du MESR) ; en m’octroyant un CRCT, l’Université de Reims m’a permis de mener à bien la réécriture – intégrale et fortement condensée – du manuscrit en vue de la présente publication dans des conditions optimales.
La publication de cet ouvrage n’aurait pas été possible sans le généreux soutien financier du CERHiC, du LER (Laboratoire d’Études Rurales) de l’Université Lyon 2 Lumière, de l’IUF (Institut Universitaire de France) par l’entremise de ma collègue rémoise Sylvie Joye qui en est membre junior, de la Fondation d’Arenberg (Enghien) et de la Fondation Arts et Culture (Lausanne) que président respectivement le duc Léopold d’Arenberg et le prince Pierre d’Arenberg. Qu’ils trouvent tous ici l’expression de mon immense gratitude. Merci encore au soutien sans faille de proches et d’amis qui ont partagé les réflexions, les enthousiasmes, les interrogations et les doutes qui ont jalonné cette longue entreprise : je dois beaucoup à Michaël Amara, Fabien Archambault, Béatrice Bonniot, Mélanie Bréhier, Yann Calbérac, Johann Chapoutot, Albane Cogné, Aurélia Dusserre, Julien Hage, Guillaume Lasconjarias, Delphine Laurens et,last but obviously not least, Ronan Ludot-Vlasak. Enfin, ma reconnaissance va à ma famille et surtout à mes parents, auxquels je ne saurai jamais trop dire tout ce que je leur dois.
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Fig.
ABRÉVIATIONS
Archives et Centre culturel d’Arenberg (Enghien)
Annales du Centre Archéologique d’Enghien
Archives départementales du Cher
Archives départementales du Jura
Archives départementales du Nord
Archives départementales du Pas-de-Calais
Archives départementales de la Seine
Archives diplomatiques de Nantes
Archives générales du Royaume (Bruxelles)
FA : Fonds d’Arenberg (Sa : Fichier Sabbe ; La : Fi chier Laloire ; MG : Fichier Moreau de Gerbehaye)
FM : Fonds Merode
FMW : Fonds Merode-Westerloo
FU : Fonds d’Ursel
Archives municipales de Douai
Archives nationales (Paris/Pierrefitte-sur-Seine)
Archives de la Préfecture de Police de Paris
Archives des Palais Royaux de Bruxelles
Bulletin du Comité de l’Afrique Française
Bibliothèque nationale de France
Bibliothèque de l’Université catholique de Louv ain
Centre des archives du monde du travail (Roubai x)
Le Figaro
GPStA
HHStA
JdB
JdC
KA
LASt
LASa
SHAT
Geheimes preussisches Staatsarchiv (Berlin)
Haus-, Hof- und Staatsarchiv (Vienne)
Journal de Bruxelles
Journal du Cher
Kriegsarchiv (Vienne)
Landesarchiv Steiermark (Graz)
Landesarchiv Salzburg
Service historique de l’Armée de Terre (Vincenn es)
INTRODUCTION
e L ’ XIX . F ARISTOCRATIE DU SIÈCLE EST UN MONDE À LA FOIS FAMILIER ET MAL CONNU AMILIER PARCE ’ , L QU IL HANTE DE GRANDES PAGES DE LA LITTÉRATURE EUROPÉENNE DE LA DUCHESSE DE ANGEAIS AU PRINCE BOLKONSKY,DUPRINCE SALINAÀLADUCHESSEDE GUERMANTES ;PARCEQUILESTASSOCIÉÀQUELQUES  , ’ C -P 1847 SCANDALES PASSÉS À LA POSTÉRITÉ DE L ASSASSINAT DE LA DUCHESSE DE HOISEUL RASLIN EN À ’ H -E 1907-1909, V L AFFAIRE ARDEN ULENBURG EN DES PÉRIPÉTIES MATRIMONIALES DE ALENTINE DE C -C B C ; , , ARAMAN HIMAY AUX EXTRAVAGANCES DE ONI DE ASTELLANE PARCE QUE SES EFFIGIES AUTOGRAPHES MEUBLESETmemorabiliaPULLULENTDANSLESCHÂTEAUX,SURLESCIMAISESDESMUSÉES,DANSLESSALLES  ’I . Q DES VENTES ET SUR L NTERNET U ELLE SOIT ÉRIGÉE EN PARANGON DU RAFFINEMENT DES ÉLITES EUROPÉENNES ’ 1914 V C , D AVANT OU EN INCARNATION DE LA DÉLIQUESCENCE DU IEUX ONTINENT ELLE EST ASSOCIÉE À UNE Weltanschauung , ET UN ART DE VIVRE PROPRES À CRISTALLISER PETITES ET GRANDES LÉGENDES QUE  , ’ , VÉHICULENT VOLONTIERS UNE PARTIE DE LA PRESSE MONDAINE DE L ÉDITION DU CINÉMA ET DES SÉRIES , ’ TÉLÉVISÉES ET QUI ENTRETIENNENT LES FANTASMES QUE SUSCITE L ARISTOCRATIE DANS L IMAGINAIRE ET l’inconscient collectifs. POURAUTANT,CEMONDEDEMEUREMALCONNUENTERMESSCIENTIFIQUES. ARMORIAUX,GÉNÉALOGIES, 1 nécrologies mondaines participent en effet d’une « culture d’ordre » qui vise avant tout à exalter  . A LA NOBLESSE EN EN ENTRETENANT LA COHÉSION ET LA MÉMOIRE BONDAMMENT PUBLIÉS DÈS LE e XIXSIÈCLE,LESÉCRITSMÉMORIALISTES,DIARISTESETÉPISTOLAIRESPROCÈDENTDELAUTO-VALORISATION QUAND ILS ÉMANENT DES RANGS NOBILIAIRES OU METTENT EN SCÈNE UNE ARISTOCRATIE CRISTALLISANT LE  ’ ’ , COMPLEXE D INFÉRIORITÉ DES AUTEURS QUI N Y APPARTIENNENT PAS ET QUI SELON LES PERSONNALITÉS ET LES  , EXPÉRIENCES INDIVIDUELLES SUCCOMBENT VOLONTIERS À LA FASCINATION COMPLAISANTE OU À L ANIMOSITÉ . L REVANCHARDE A LITTÉRATURE ET LES ARTS FIGURATIFS OPACIFIENT TOUT AUTANT L APPRÉHENSION DU MONDE  : B ’ F S -G ARISTOCRATIQUE ALZAC EST MOINS HABILE À DÉCRIRE L ÉLITE DU AUBOURG AINT ERMAIN QUE LES 2  . O ’« HOBEREAUX DE PROVINCE OU LES PETITS BOURGEOIS R L ON NE SAURAIT COMPRENDRE LA SOCIÉTÉ SANS 3 en comprendre les sommets » . L A PRÉVALENCE HISTORIOGRAPHIQUE DE PARADIGMES QUI NE VOYAIENT DANS LES NOBLESSES  ’ « » POSTRÉVOLUTIONNAIRES QU UN ARCHAÏSME FOSSILE FRAGILISÉ PAR L ESSOR DE BOURGEOISIES  ’ ’ . CONCURRENTES AU SEIN DES SPHÈRES ÉLITAIRES ET VOUÉ À L EXTINCTION EN A DURABLEMENT OBLITÉRÉ L ÉTUDE L ’ – –a fortiori E PRÉSUPPOSÉ D ILLÉGITIMITÉ ACADÉMIQUE ET IDÉOLOGIQUE DES ÉTUDES NOBILIAIRES EST  ’ , . P D H , ACCRU EN CE QUI CONCERNE L ARISTOCRATIE DONT LA DÉFINITION EST MALAISÉE OUR AVID IGGS ELLE  « , [ ] COMPREND LES FAMILLES TITRÉES COMPÉTENTES ET HABILES QUI SE SONT MAINTENUES DANS LES  , […] , ANTICHAMBRES DU POUVOIR DANS LES CENTRES DE PATRONAGE DE POSITION OU DE MONDANITÉ DU
4  » . U ( , SIÈCLE NE DÉFINITION FONDÉE SUR LE CUMUL DE TOUTES LES EXCELLENCES DE LA NAISSANCE DE LA , , ’ , FORTUNE DU POUVOIR POLITIQUE DU RÉSEAU DE CONNAISSANCES ET D AMITIÉS DE LA CULTURE ET DES VALEURS)ESTTOUTEFOISPRÉFÉRABLE,ENCEQUELLENERÉDUITPASLARISTOCRATIEAUXSEULSNOBLES ’ , D ANCIENNE EXTRACTION FORTUNÉS ET INFLUENTS MAIS INTÈGRE LA FRANGE SUPÉRIEURE DES ANOBLIS RÉCENTS ET DESGRANDSBOURGEOISDANSCESCREUSETSDÉLITESQUESONTLESVILLES-CAPITALES. UNETELLEACCEPTION e TAITDAILLEURSRÉPANDUEDÈSLEXIXSIÈCLE,YCOMPRISDANSLESMILIEUXTRADITIONALISTES,COMME É en témoigne la définition fournie en 1859 par Anatole de Barthélémy :
L’ ’ ’ , ARISTOCRATIE EST L ENSEMBLE DES CITOYENS QUI L EMPORTENT PAR LEUR SAVOIR PAR LEUR , , . […] I INFLUENCE PAR LEUR FORTUNE PAR LEURS SOUVENIRS DE FAMILLE QUI SONT UNE GARANTIE L  ’ , NE PEUT Y AVOIR D ARISTOCRATIE SANS NOBLESSE PROPREMENT DITE MAIS IL NE PEUT PAS EXISTER 5 de noblesse sans aristocratie.
C – P ETTE CONFRÉRIE DISPOSANT DE CAPITAUX MULTIFORMES SELON LES CATÉGORIES FORGÉES PAR IERRE 6 Bourdieu – FONCTIONNE COMME UNE ASSOCIATION D INTÉRÊTS COMMUNS ASSURANT LA SOLIDARITÉ DU UPE,MALGRÉDESCONTRADICTIONSETTENSIONSINTERNES. UNETELLEDÉFINITIONVOIEAUCONCEPT GRO N RE  ’ SOCIOLOGIQUE D ÉLITES CONÇUES COMME LES INDIVIDUS ET GROUPES PRÉÉMINENTS DANS LES DIVERSES SPHÈRESDACTIVITÉ. ENCORELANOTIONDÉLITENEPREND-ELLESENS,POUR VILFREDO PARETO,QUAUSEIN 7 DUNEACTIVITÉPARTICULIÈRE:ILYAURAITDONCAUTANTDÉLITESQUEDECATÉGORIESDACTIVI.TÉÀCETTE PTIONÉTROITE,QUITENDÀFAIREPRÉVALOIRLERÔLELEPLUSVISIBLEPARMILAMULTIPLICITÉDECEUX ACCE  ’ QUE PEUVENT JOUER LES INDIVIDUS ET GROUPES EN SITUATION ÉLITAIRE ET QUI OCCULTE LE CUMUL D ACTIVITÉS  ’ , P B OÙ S EXERCENT LEUR SUPÉRIORITÉ ET LEUR DOMINATION IERRE OURDIEU A SUBSTITUÉ UNE GRILLE DINTERPRÉTATIONPLUSCONFORMEÀLACOMPLEXITÉDUSOCIALENCONCEPTUALISANTLANOTIONDÉQUILIBRE  – DYNAMIQUE EN TERMES DE CHAMPS CONÇUS COMME DES ESPACES SOCIAUX STRUCTURÉS OÙ SE DÉROULENT DESLUTTESDEPOUVOIRAYANTLEURSPROPRESNORMESETQUIENGENDRENTDEhSabitusSPÉCIFIQUES 8 prenant en considération la diversité des principes de légitimité . LESHISTORIENSDIX-NEUVIÉMISTESONTINTERROGÉLESMODALITÉSETLAPÉRIODISATIONDUNE « » ’A R . S FUSION DES ÉLITES DONT LES PREMIERS SIGNES ÉTAIENT PERCEPTIBLES DÈS L NCIEN ÉGIME I ’ ( É ) L AVÈNEMENT POSTRÉVOLUTIONNAIRE DES NOTABLES ET LA PÉRENNITÉ VARIABLE SELON LES TATS EUROPÉENS 9  , DU SUFFRAGE CENSITAIRE SEMBLAIENT LA CONSACRER SUR LE TERRAIN POLITIQUE ELLE EST RESTÉE INACHEVÉE ETAMBIGUË. DANSLECASPARISIEN,QUINESAURAITOCCULTERLAVARIÉTÉDESCONFIGURATIONS e10 provinciales, elle ne s’opère qu’au début du XX siècle selon Cyril Grange , alors que Suzanne e11 F XIX . D , IETTE LA FAIT REMONTER AU SECOND TIERS DU SIÈCLE E SURCROÎT DE TELLES ASSERTIONS NE CONCERNENTQUELAFRANCE,LASUPPRESSIONJURIDIQUEDELANOBLESSEEN1790,PUISLABSENCEDE  R VÉRITABLE RESTAURATION NOBILIAIRE APRÈS LA ÉVOLUTION ET LES EXPÉRIENCES RÉPUBLICAINES ONT ACCÉLÉRÉ et favorisé le processus – sans aboutir toutefois à une totale symbiose. T OUS LES PAYS EUROPÉENS NE VOIENT PAS SE PRODUIRE UN TEL RAPPROCHEMENT ENTRE NOBLESSE  , « FORTUNÉE ET GRANDE BOURGEOISIE CE QUI RÉVÈLE LES DÉCALAGES DANS LES DEGRÉS DE PERSISTANCE DE 12 ’A R » V C . E A , L NCIEN ÉGIME À TRAVERS LE IEUX ONTINENT N LLEMAGNE NON SEULEMENT LES ÉLITES SONT  – ’ 1918 SÉGRÉGÉES SELON LE CRITÈRE NOBILIAIRE LEQUEL CONSERVE JUSQU EN UNE VALEUR SOCIALE , ÉMINENTE GRÂCE À UNE VIE DE COUR QUI RESTE AU CŒUR DU FONCTIONNEMENT POLITIQUE ET À UN MODÈLE  ’ –, CULTUREL QUI LA MET HORS D ATTEINTE DU RESTE DE LA SOCIÉTÉ MAIS DES DISTINCTIONS JURIDIQUES  S -EH (ochadel) HÉRITÉES DU AINT MPIRE PERSISTENT ENTRE LA HAUTE NOBLESSE ET LES AUTRES NOBLES
(Niederadel). L , : B , A ELGIQUE PRÉSENTE QUANT À ELLE UNE CONFIGURATION INTERMÉDIAIRE SI L EXISTENCE DUNEMONARCHIEETDUNSTATUTLÉGALTRÈSSTRICTDELANOBLESSETENDÀINDIVIDUALISERLARISTOCRATIE TITRÉE,CELLE-CIESTIRRIGUÉEPARLE «SANGNEUF »DESANOBLIS,SOUVENTISSUDUNEBOURGEOI S SIE DAFFAIRESQUISIMPOSESURLETERRAINÉCONOMIQUEETPOLITIQUETOUTENRESTANTDURABLEMENTATTACHÉE 13 aux modèles notabilitaires . AUSSILETERMEDE «GOTHA »EST-ILLEPLUSAPPROPRIÉPOURDÉSIGNERLAHAUTENOBLESSE, e , , XIX . I , ,Almanach ANCIENNE FORTUNÉE ET TITRÉE DU SIÈCLE L RENVOIE PAR MÉTONYMIE AU FAMEUX  1764 G (A ), PUBLIÉ ANNUELLEMENT À PARTIR DE DANS LA PETITE VILLE DE OTHA LLEMAGNE QUI COMPILE LES  M , ’ INFORMATIONS GÉNÉALOGIQUES RELATIVES AUX AISONS RÉGNANTES AINSI QU AUX PRINCIPALES FAMILLES  ’E . C ’ « » NOBLES D UROPE E VOCABLE ILLUSTRE L AMBIGUÏTÉ DE CE TOUT PETIT MONDE METTANT EN JEU DES 14  ’ . N LOGIQUES TRANSNATIONALES À ÉCHELLE EUROPÉENNE MALGRÉ L ÉTROITESSE DE SON RECRUTEMENT ON  ( ) SEULEMENT CES LIGNAGES DÉTIENNENT LES DOMAINES FONCIERS ET SOUVENT LES PATRIMOINES LES PLUS  , , . D IMPORTANTS DE LEUR TEMPS MAIS ILS CONCENTRENT HONNEURS DIGNITÉS ET FONCTIONS POLITIQUES ONNANT  , C S P , D C V , LE TON AUX MILIEUX ÉLÉGANTS DE ARLSBAD À PA OU LOMBIÈRES DE EAUVILLE À ANNES OU ENISE DE PARISÀ LONDRES, VIENNEOU SAINT-PÉTERSBOURG,ILSINCARNENTLAQUINTESSENCEDELAPERSISTANCE  ’A R ’EUROPEDAVANT 1914. AINSI,LE «GOTHA »ESTUNNON-LIEUQUIPORT DE L NCIEN ÉGIME DANS L E  ’ ’ , PARADOXALEMENT À L EXTRÊME LA SURCONSOMMATION D ESPACE CARACTÉRISTIQUE DE LA NOBLESSE AVEC DESRÉSEAUXFAMILIAUXFOISONNANTSETMULTI-CONNECTÉS,DESÉCHANGES,DESFORMESDEMOBILITÉQUISE ENTDESFRONTIÈRESETUNFOISONNEMENTDESIGNESETDUSAGESQUISINSCRID SDESTERRITOIRES JOU VENT AN  . U MAÎTRISÉS ET MODELÉS PAR LES ACTEURS À DES FINS DISTINCTIVES N TEL CONCEPT PERMET DE RENDRE  ’ COMPTE DES PRATIQUES MALLÉABLES ET MULTISCALAIRES QUI FORGENT L IDENTITÉ SOCIALE DE CETTE CATÉGORIE ÉLITAIRE, «AULIEUDERÉIFIERLESGROUPES (ORDRES,CLASSES,CITÉSTRIBUS,ETC.)ETDEPRENDREPOUR , ’ ( , DONNÉE SUR LA BASE D UNE BATTERIE DE CRITÈRES ESSENTIELS UNE POSITION LIGNAGÈRE UNE POSITION , .), ÉCONOMIQUE ETC L APPARTENANCE DES INDIVIDUS À DES GROUPES QUI LES ENFERMENT ET LES 15 définissent » . L ES HISTORIENS DES NOBLESSES SE SONT MÉFIÉS DE CE CÉNACLE PARADANT AU SOMMET DES SOCIÉTÉS e  XIX . L EUROPÉENNES DU SIÈCLE E POIDS DU PARADIGME QUANTITATIVISTE EN HISTOIRE SOCIALE ET LA  ’ CRAINTE D ÊTRE TAXÉS D UNE COMPLAISANCE ÉLITISTE PEU COMPATIBLE AVEC LES MODÈLES DOMINANTS DE ’ – L INDIVIDUALISME DÉMOCRATIQUE ET LIBÉRAL SINON D UNE FASCINATION COUPABLE EN UNE ÉPOQUE DE  – CRISE DES HÉROS EXPLIQUENT LEUR DURABLE RECOURS À DES APPROCHES RÉGIONALES OU NATIONALES POUR  « » APPRÉHENDER LES MODES DE SURVIVANCE ET DE RÉINVENTION NOBILIAIRES AINSI QUE LES RELATIONS  – ENTRETENUES AVEC LES BOURGEOISIES PARTICULIÈREMENT CRUCIALES DANS LES QUESTIONNEMENTS SUR LÉCLATEMENTDELEMPIREDESHABSBOURGAPRÈS1918OUSURLESonderwegALLEMANDQUIADOMINÉ ’ -R ’ 1990. Q , L HISTORIOGRAPHIE OUTRE HIN JUSQU AUX ANNÉES UANT AUX MONOGRAPHIES FAMILIALES ENCORE e  XIX RARES POUR LES ÉLITES NOBILIAIRES DU SIÈCLE AU REGARD DES TRAVAUX DÉJÀ ENGAGÉS POUR L ÉPOQUE MODERNEOUDECEUXPORTANTSURLESDYNASTIESPATRONALESDELÈREINDUSTRIELLE,ELLESONTSURTOUTÉTÉ CONSACRÉES À DES LIGNAGES REPRÉSENTATIFS DE LA NOBLESSE PROVINCIALE OU À DES FAMILLES TARDIVEMENT ANOBLIES (ÀLNSTARDESTITRÉSDU PREMIER EMPIRE),AUDÉTRIMENTDELARISTOCRATIEDI ANCIENNE EXTRACTION –LAdelgeschichteGERMANIQUEFAISANTTOUTEFOISEXCEPNCEQUICONCERNETION E LES médiatisés (Standesherren) anciennement régnants dans le Saint-Empire. P – – ’ RIVILÉGIANT DES OBJETS TELS QUE LES PRATIQUES CULTURELLES ET DES GRILLES D ANALYSE COMME CELLEDUGENRE –QUIRELÈGUENTLESPROBLÉMATIQUESTERRITORIALESAUSECONDPLAN,LECHOI S X  - ( ) MÉTHODOLOGIQUES DES TRAVAUX LES PLUS RÉCENTS ONT CONTRIBUÉ À SOUS ÉVALUER VOIRE À OCCULTER LA  ’ ’ . L STRUCTURATION D ESPACES ARISTOCRATIQUES D ENVERGURE EUROPÉENNE A COMBINAISON AMBIGUË ENTRE DESSENTIMENTSDAPPARTENANCEDIFFUSETMULTIPLESDANSLARISTOCRATIE –QUIVOITDAVANTAGEEN